00:01Bonjour Mélanie, bonjour à tous, bienvenue dans les cas de vérité, mon invité est donc Boris Vallaud. Bonjour Boris Vallaud,
00:06président des députés PS.
00:08Près de 2000 arrestations hier, 400 lycées fermés aujourd'hui. Le gouvernement estime que plutôt qu'une contestation lycéenne, il
00:14a affaire à des violences urbaines.
00:16Est-ce que vous êtes d'accord avec ce constat ?
00:18Moi je trouve qu'il y a dans la réponse et l'appréciation du gouvernement une forme d'esquive d
00:24'un mouvement qui est un mouvement légitime, avec des revendications légitimes,
00:27qui est d'abord un mouvement lycéen. Il y a des violences, il faut les condamner, on ne s'en
00:31prend ni aux établissements scolaires, ni aux personnels enseignants,
00:35et de la même manière, on ne mène pas des mouvements de maintien de l'ordre avec la brutalité à
00:42laquelle nous avons parfois assisté hier.
00:43Qu'est-ce que vous voulez dire ?
00:44Mais moi je voudrais que l'on parle du mouvement des lycéens.
00:46On va y revenir, mais qu'est-ce que vous voulez dire ? Vous dites vous, c'est pas des
00:49violences urbaines.
00:49Moi je dis, il y a des violences, elles doivent cesser, mais c'est d'abord un mouvement lycéen.
00:53Il faut entendre le mouvement lycéen. Dire ça, c'est au fond dire à cette jeunesse qu'elle n'est
00:58pas capable d'apprécier elle-même
01:00la dégradation de ses conditions de travail, d'éducation, qu'elle n'a pas le droit d'être légitimement inquiète.
01:05C'est méprisant ?
01:06C'est non seulement méprisant, mais c'est irresponsable. Or le gouvernement, après dix ans de macronisme,
01:11huit ministres de l'éducation nationale est évidemment pleinement responsable de la situation.
01:15Alors l'actuel ministre de l'éducation nationale reçoit aujourd'hui le représentant des lycéens.
01:18Il y a beaucoup de revendications, pas assez de preuves des bâtiments qui ne sont pas en bon état, la
01:22fin de parcours sup.
01:23Il ne peut pas répondre à tout, d'un seul coup, du jour au lendemain.
01:26Mais qu'il commence par répondre. Et d'ailleurs, c'est depuis dix ans qu'il aurait dû répondre.
01:29Mais aujourd'hui, qu'est-ce qu'il doit faire, par exemple, pour arrêter le mouvement ?
01:32Aujourd'hui, il doit engager une discussion, une concertation avec les lycéens et leurs représentants,
01:37avec les parents d'élèves, avec les organisations syndicales professionnelles de l'éducation nationale,
01:42avec les collectivités.
01:43Mais vous pensez que ça suffira pour arrêter le mouvement ?
01:45Mais ça dépend ce qu'il en dit.
01:47Si le gouvernement continue de gérer depuis la place Beauvau, et non pas du ministère de l'éducation nationale,
01:52un mouvement de jeunesse, duquel on peut d'ailleurs aussi se réjouir,
01:57des jeunes qui demandent à pouvoir travailler, à pouvoir faire des études, à préparer leur avenir.
02:02Bien sûr, parce qu'elles sont légitimes, leurs revendications.
02:04Oui, et leurs revendications.
02:06Et leurs revendications, parce que beaucoup de ce qu'ils disent aujourd'hui,
02:09ils le disent depuis longtemps maintenant, ils s'en inquiètent avec leurs enseignants,
02:12avec leurs professeurs, et il faut rendre hommage à tous ces professeurs et aux corps enseignants,
02:16les conditions de travail sont dégradées.
02:18Vous croyez que cette jeunesse, elle n'a pas lu le rapport PISA,
02:21elle n'a pas vu la dégradation des résultats ?
02:24C'est eux qui payent aussi la facture de l'actualité du gouvernement.
02:26Alors, puisque vous parlez de facture et d'argent, on va parler du budget de 2027.
02:30Le gouvernement a présenté son projet hier,
02:32les discussions vont commencer dans quelques jours à l'Assemblée nationale.
02:34L'an dernier, à cette époque-là, vous aviez mis sur la table l'idée d'un accord de non
02:38-censure.
02:39Est-ce que vous le remettez sur la table cette année ?
02:42Je regardais hier, dans le détail, le projet de budget qui était...
02:47Juste, est-ce que l'accord de non-censure est encore là cette année ?
02:49Je vais vous répondre.
02:50Le Premier ministre nous a écrit pour nous dire qu'il était prêt au compromis.
02:53Mais moi, je n'ai rien vu qui puisse ressembler au commencement d'un compromis
02:56dans ce qui a été posé sur la table.
02:59Il y a 12 milliards d'économies faites sur le dos des ménages,
03:02des hommes et des femmes qui n'ont que leur travail.
03:04Il y a une forme d'exonération de l'effort fiscal,
03:06de la solidarité nationale, de ceux qui peuvent payer.
03:08Donc, qu'est-ce que vous en concluez ?
03:10Pas d'accord de non-censure.
03:12Écoutez, pour l'instant, il n'y a pas le commencement du compromis
03:16que le Premier ministre appelle lui-même de ses voeux.
03:18Non, mais je vais vous répondre.
03:19Vous aviez dit accord de non-censure l'an dernier.
03:21Comme le président du groupe socialiste,
03:22les socialistes n'ont pas de leçon de responsabilité à recevoir.
03:26Mais vous répondez par mes questions.
03:26La responsabilité, si, si, je vais y répondre, la responsabilité, elle est simple.
03:29Que le Premier ministre, qui plaide pour des compromis,
03:32nous dise ce à quoi il est prêt à renoncer dans ce budget brutal et injuste.
03:35Qu'il nous dise quelles sont les mesures du pouvoir d'achat.
03:39Il doit renoncer à quoi, par exemple ?
03:40La désintexation des retraites ?
03:43Vous savez, il y a 12 milliards d'économies faites sur le dos des ménages.
03:45Il y a une préparation indigente, voire inexistante,
03:48de l'adaptation au changement climatique après l'été que nous avons tenu.
03:50Mais alors prenons les retraites, par exemple.
03:52Vous savez, il y a la possibilité, ce que veut mettre le gouvernement,
03:55de désindexer les retraites au-dessus d'eux.
03:57Je dis que s'ils demandent des efforts,
03:59qu'ils commencent par les demander à ceux qui n'en font pas.
04:01Sur les retraites, il n'y a pas de discussion à avoir.
04:03Mais qu'ils commencent par se poser la question
04:05de la contribution à la solidarité nationale des multinationales
04:09qui ne payent pas leur juste des infos.
04:10Mais le débat n'est pas fermé sur les retraites, sur l'abattement fiscal.
04:13Et moi, je pose la question au Premier ministre.
04:15Est-ce que sur la taxe Zucmane, sur la taxation des très gros héritages,
04:19sur le pouvoir d'achat, sur l'adaptation au changement climatique,
04:22sur... Moi, je ne veux pas qu'il y ait de gel des APL.
04:25Vous savez qu'il y a 20% des jeunes qui bénéficient des APL.
04:33Je ne veux pas que l'on fasse des économies sur la santé.
04:36Et sur la désindexation des retraites ou le gel de l'abattement
04:39ou la suppression de l'abattement ?
04:40Eh bien, je dis non, dès lors que nous n'explorons pas
04:45la possibilité de taxer les milliardaires, les multinationales,
04:48les gros revenus, les gros héritages.
04:49Ce n'est pas un nom définitif, c'est seulement...
04:51C'est du donnant-donnant.
04:52Ça s'appelle la justice fiscal.
04:52C'est du donnant-donnant.
04:53Si vous tapez sur les riches, alors on peut discuter des autres points.
04:55Mais en réalité, il n'a commencé à servir aucune de nos propositions,
05:01aucune de nos demandes.
05:02Il les connaît puisqu'il a discuté avec nous.
05:04Cette année, je dois dire que...
05:06J'aime apparaître d'abord une provocation.
05:09Donc c'est une censure.
05:10Olivier Faure, il parle de censure.
05:12Ça peut se terminer comme ça.
05:13Mais en tout cas, nous allons nous opposer
05:14avec détermination à ce budget injuste.
05:18Si le Premier ministre parle de compromis, qu'il commence.
05:22Donnant-donnant.
05:23Le débat sur la primaire du Parti socialiste hier.
05:25Vous, vous soutenez Raphaël Guxman, qui est de place publique.
05:27Vous êtes pourtant du Parti socialiste.
05:29Vous devriez normalement soutenir le numéro 1 d'Olivier Faure.
05:31Olivier Faure, pardon.
05:32Pourquoi ce n'est pas lui que vous soutenez ?
05:34Parce que j'ai choisi celui qui est le mieux préparé.
05:36Parce que Raphaël Guxman est le mieux préparé et le plus sincère.
05:40Hier, je crois qu'on l'a vu, c'était assez rassurant.
05:42Nous avons un candidat qui est prêt à s'engager dans cette bataille des élections présidentielles,
05:47qui peut remporter l'élection présidentielle.
05:49Et puis, il est au Parti socialiste européen, Raphaël Guxman.
05:53Il est donc, comme moi, comme d'autres, socialiste.
05:56Il en a fait la démonstration hier, avec un ancrage dans la vie des gens,
05:58avec un ancrage dans nos territoires, avec un ancrage à gauche,
06:01avec des propositions qui permettent de s'élérer un vrai projet.
06:04Il y a un absent sur cette affiche qui devait être dans la compétition.
06:07C'est Philippe Brun, député de l'Eure, qui a été exclu de la primaire suspendue du PS,
06:11à la suite d'un signalement d'une femme pour des faits de violence.
06:14L'an dernier, il a été l'un de vos porte-parole, notamment lors des débats du budget.
06:17Quelle place il va avoir au groupe socialiste, là ?
06:19Mais il a été, comme au Parti socialiste, suspendu.
06:23Donc, il ne fait plus partie d'autre groupe.
06:25Il ne fait pas plus partie de notre groupe.
06:26Vous avez dit, c'est une mesure conservatoire de suspension.
06:28Ça ne dit rien de son innocence ou de ses culpabilités.
06:31Nous ne sommes pas juges.
06:33Donc, Philippe Brun ne fait plus partie du groupe socialiste.
06:35À l'instant, il est suspendu du Parti socialiste et du groupe.
06:37Et du groupe.
06:38Une chose encore, Mediapart a publié des nouveaux documents en testant les propos antisémites
06:42accrédités à Jordan Bardella, numéro 1 du RN.
06:45Quelles conséquences politiques ça doit avoir ?
06:46Vous avez vu, Ségoïne Royal a dit hier qu'il devrait quitter le Parlement européen.
06:48La conséquence que ça doit avoir, c'est qu'il faut battre dans les urnes le Rassemblement national.
06:53Au fond, cet épisode montre que ça n'est pas une brebis galeuse de plus.
06:59Parce que beaucoup de brebis galeuses, ça fait un troupeau.
07:00Voilà ce que le Rassemblement national.
07:02Un parti créé par des antisémites, avec des antisémites.
07:05Donc, Jordan Bardella n'a pas acquitté le Parlement européen.
07:07Et il demeure l'ennemi mortel de la République.
07:12Il n'a pas acquitté le Parlement européen à vos yeux.
07:13Il aurait même acquitté, d'une certaine manière, la vie politique.
07:17Mais je demande aux électeurs, aux républicains authentiques, aux démocrates, de le faire dans les urnes.
07:21Merci Boris Vallaud d'avoir été sur le plateau des 4 vérités.
07:24Vous nous avez dit que pour le budget, vous attendez un geste du gouvernement sur les hauts revenus et les
07:28patrimoines.
07:29Merci, à vous Mélanie.