00:00Je pense qu'il faut faire attention de ne pas qualifier ce mouvement pour autre chose que ce qu'il
00:06est.
00:07C'est un mouvement social de lycéens, et il se trouve que ce mouvement social de lycéens,
00:12il est ici ou là pris en otage par un certain nombre de groupuscules,
00:17mais le problème du gouvernement, c'est d'engager le dialogue,
00:21c'est de reconnaître la réalité de la situation,
00:23ce n'est pas de céder à la tentation de rechercher des boucs émissaires.
00:26Un gouvernement ne doit pas céder à cette tentation-là.
00:32C'est une diversion selon le gouvernement.
00:34L'intérêt du gouvernement, c'est d'agir, c'est de dialoguer, d'écouter et d'agir.
00:39Il doit donc aller beaucoup plus loin dans cette logique d'écoute, de dialogue et d'action
00:45avec tous ceux qui sont concernés, les collectivités locales, les régions, les lycées.
00:49Vous n'avez pas tout à fait répondu à la question de Jim Trin.
00:51Par exemple, quand Badi Bagayoko, prenons un exemple,
00:53dit que la violence, dans certains cas, peut être légitime,
00:57alors qu'on a l'habitude de dire que le monopole de la violence légitime appartient à l'État.
01:01Comment vous percevez ce genre de propos ?
01:03Il ne m'appartient pas de décrypter le langage de Badi Bagayoko,
01:07d'autant qu'il est revenu sur ses propos.
01:10Une chose est claire.
01:11La violence n'est jamais légitime,
01:14mais je vais plus loin quand on est gouvernant.
01:17La violence, le risque de violence, il faut l'anticiper.
01:21Et ce n'est pas en se plaçant sur son aventin
01:24et en regardant la situation se développer sans rien faire
01:27ou en faisant peu de choses que l'on limite le risque de violence.
01:31Donc je suis pour un gouvernement engagé sur le terrain
01:33pour répondre à l'inquiétude de ces jeunes,
01:36pour apporter des réponses et des solutions,
01:38pour mettre en place une méthode.
01:39Vous savez, l'État, aujourd'hui,
01:43c'est le grand responsable de tous les dysfonctionnements
01:46qui existent dans notre pays.
01:47C'est parce que l'État ne répond plus
01:49que les risques financiers, économiques et sociaux se multiplient.
01:55Il faut donc reprendre le contrôle de la situation,
02:01anticiper les risques et agir, apporter des réponses,
02:06se mobiliser.