00:00Le Grand Matin Sud Radio, Parlons Cash.
00:04Et dans Parlons Cash, on parle ticket restaurant, 25 euros chez le traiteur, 10 euros au supermarché,
00:10un compromis a-t-il été trouvé pour sauver tout le monde ? Bonjour Clara.
00:14Bonjour Jacques.
00:15Les tickets restaurant tels qu'on les connaît sont peut-être donc en train de disparaître,
00:18on parlerait désormais de titre repas avec deux plafonds distincts,
00:22selon l'endroit où on dépense, qu'est-ce que ça change ?
00:26Le principe c'est d'enteriner une distinction qui n'existait pas avant.
00:30Depuis le Covid, les salariés peuvent utiliser leur ticket au supermarché.
00:33C'était une mesure temporaire, censée s'arrêter fin 2026,
00:37mais l'idée circule aujourd'hui à l'Assemblée de la rendre permanente
00:41en fixant deux plafonds différents, 25 euros par jour chez les restaurateurs
00:46et 10 euros par jour en grande surface.
00:49Ce que les uns voient comme un équilibre,
00:50les autres le voient comme une menace directe sur leur chiffre d'affaires.
00:54Eh oui, les restaurateurs sont contre évidemment,
00:56mais concrètement, pourquoi cette mesure les inquiète tant ?
00:59Parce que ça se voit déjà dans les chiffres.
01:00En 2024, les supermarchés ont capté plus de 31% des dépenses en tickets restaurant
01:06contre 39% pour les restaurants.
01:08Et cet écart se réduit chaque année.
01:10Les restaurateurs ont l'impression de perdre un avantage
01:13qu'ils considèrent comme le cœur même du dispositif,
01:16celui de donner envie aux salariés de sortir manger dehors.
01:20Avec un plafond supermarché même limité à 10 euros,
01:23ils craignent que l'habitude se prenne
01:25et que le repas au restaurant devienne l'exception.
01:27Et du côté des salariés,
01:29qu'est-ce qu'ils perdent dans ce scénario par rapport à aujourd'hui ?
01:31Aujourd'hui, ils peuvent utiliser jusqu'à 25 euros en supermarché,
01:35le même plafond qu'au restaurant.
01:36Si la réforme passe à 10 euros pour les cours,
01:39c'est une perte sèche du pouvoir d'achat
01:41pour ceux qui faisaient leurs achats du midi avec ces tickets.
01:44Plus de 5 millions de salariés sont concernés.
01:47C'est précisément ce point, Jacques.
01:49Est-ce qu'on peut vraiment prétendre que 10 euros en supermarché,
01:52c'est un compromis équilibré ?
01:53Que vous allez voir avec votre invité.
01:55Et l'invité, c'est Christophe Néguelen, député des Vosges.
01:58Bonjour, monsieur Néguelen.
02:00Vous êtes président du groupe Liotte à l'Assemblée nationale.
02:03La Commission des Affaires Sociales a donc examiné et validé le texte
02:07ce mercredi avant un passage en séance plénière.
02:11Est-ce que vous, ce texte vous satisfait ?
02:14Alors, j'ai bien écouté ce qu'a dit votre chroniqueuse,
02:17sauf que, que ce soit dans le texte initial,
02:20comme dans la majorité des amendements qui ont été déposés,
02:23le double plafond 10-25 n'existait pas.
02:26Moi, je ne l'ai jamais porté à l'amendement.
02:28Il n'était pas dans le texte initial.
02:32Ce qui est sorti, la version sortie de la Commission
02:36est satisfaisante sur bien des points.
02:39Il y a un écueil qui est, en effet, le double plafonnement
02:43où on n'a pas tous réussi à se mettre d'accord.
02:46Donc, on a jusqu'à lundi pour travailler sur un compromis
02:50parce que je pense qu'il est important, en effet,
02:52d'avoir un double plafonnement
02:53parce que le ticket restaurant,
02:54qui n'a pas vocation à être appelé ticket repas,
02:56c'est un ticket restaurant tel qu'il était créé à la base en 1967.
03:01Mais c'est vrai que les mœurs sont évoluées.
03:03Et donc, le fait que les salariés puissent l'utiliser
03:06pour de l'alimentaire en grande surface,
03:08ça reste aussi important.
03:10Le but, pour moi, et c'est l'amendement que j'avais porté,
03:13c'est qu'on reste à 25 euros pour tout le monde.
03:15Donc, il n'y a rien qui change en termes de pouvoir d'achat
03:19pour les salariés.
03:21Mais par contre, on crée un plafond supérieur
03:24parce qu'il faut valoriser le travail à façon.
03:26Il faut valoriser le travail des restaurateurs,
03:29la partie main-d'œuvre,
03:30et donc en mettant un seuil supérieur à 30, 35 pour les restaurateurs.
03:36Mais le but, en tout cas dans la vision que je porte,
03:38c'est de ne pas perdre de pouvoir d'achat.
03:39Alors non, de ne pas perdre de pouvoir d'achat,
03:41mais en fait, de fait, il y a quand même deux possibilités.
03:44Soit vous allez chez le traiteur ou chez le restaurateur
03:46et vous dépensez vos 25 euros,
03:48soit vous utilisez vos 10 euros au supermarché.
03:51On est bien d'accord sur ce double plafond ?
03:54Non, non. Aujourd'hui, c'est 25 euros dans l'un et dans l'autre.
03:58Et dans la proposition de loi que je porte,
04:01c'est 25 euros dans l'un ou dans l'autre.
04:03Et dans la version sortie de commission,
04:04c'est 25 euros dans l'un ou dans l'autre.
04:07Je ne sais pas d'où sort le seuil de 10 euros.
04:09Il n'y aura pas de 10 euros au supermarché ?
04:12Non, non. Pour l'instant,
04:13telle que sortie de commission
04:14et telle que dans ma proposition de loi initiale,
04:16on est à 25, 25.
04:18Alors je vais vous dire d'où ça venait.
04:19Ce double plafond était une demande
04:21de l'union des métiers et des industries de l'hôtellerie.
04:23C'était ça l'idée de ce dispositif.
04:26Mais ce n'est pas grave.
04:28Comment, en tous les cas, aujourd'hui,
04:29les choses peuvent évoluer sur cette proposition ?
04:35Je vous dis le dernier point.
04:37Et moi, je le répète,
04:39je crois au double plafond
04:40pour la valorisation des restaurateurs.
04:43En fait, c'est un texte qui a pour but
04:45d'être le plus équilibré possible
04:47entre pouvoir d'achat des 6 millions de salariés
04:50qui ont des titres restaurants
04:51et reconnaissance du travail des restaurateurs.
04:54Donc aujourd'hui,
04:55et depuis un certain temps,
04:56les gens sont habitués à avoir 25 euros, 25 euros.
04:59Moi, je suis plutôt favorable
05:00à ce qu'on garde ce plafond de 25 euros,
05:02mais qu'on mette un plafond supérieur
05:05pour l'utilisation dans les restaurants.
05:08Et c'est d'ailleurs une autre avancée de ce texte,
05:10la possibilité d'utiliser le ticket restaurant
05:11du lundi au dimanche.
05:13Aujourd'hui, dans la plupart des cas,
05:15ce n'est pas possible.
05:16J'ai libéralisé ça en laissant la possibilité
05:19d'utiliser comme on voulait,
05:20donc du lundi au dimanche.
05:21Et donc, le fait d'offrir un montant supérieur,
05:24d'acter un montant supérieur pour les restaurateurs.
05:27Encore une fois, est-ce que ce sera 30 ?
05:28Est-ce que ce sera 35 ?
05:30On est en train d'en discuter avec les collègues
05:33il y a jusqu'à 7 après-midi, 17 heures,
05:34pour déposer un amendement de compromis.
05:38On verra où se situe la barre.
05:40Mais le but est qu'il y ait l'impact
05:41sur le pouvoir d'achat ne soit nul,
05:44qu'on garde, idem, le pouvoir d'achat
05:47de nos concitoyens.
05:48Mais qu'en même temps, on reconnaisse
05:50une valorisation pour les restaurateurs.
05:52L'entrée en vigueur du nouveau cadre
05:54serait fixée au 1er janvier 2028.
05:57C'est bien cela ?
05:59Oui, tout à fait.
06:00Parce qu'en fait, comme on s'oriente
06:01vers de la dématérialisation,
06:02donc le fait d'avoir une carte
06:03et qu'un ticket restaurant est valable 14 mois,
06:06il faut que s'épure tout le reste
06:09des tickets restaurant format papier.
06:11C'est pour ça qu'on l'a fait rentrer
06:14au 1er janvier 2028.
06:15Merci Christophe Néguelen, député des Vosges
06:17et donc président du groupe Liotte
06:19à l'Assemblée nationale.
06:20Sous-titrage Société Radio-Canada
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