00:00Les personnels des maisons de retraite étaient en grève mardi partout en France
00:04pour réclamer davantage de moyens afin de s'occuper dignement des personnes âgées.
00:09Une mobilisation inédite portée par l'ensemble des syndicats
00:12et soutenue par les familles de résidents et les directeurs d'établissements.
00:16A Paris, un rassemblement s'est tenu devant le ministère des Solidarités et de la Santé
00:21où une délégation était reçue.
00:23Soignants, élus, représentants syndicaux ou encore retraités
00:27y ont exprimé leur légitime colère face à la maltraitance institutionnelle des aînés
00:32qui touche de près ou de loin chacun d'entre nous.
00:35On a 10 minutes pour faire une toilette et quand c'est plus long,
00:39tous les résidents en pâtissent une douce ou par semaine parce qu'on n'a pas le choix.
00:43On ne peut pas faire autrement que dire j'arrive, je reviens et puis les délaisser au final.
00:49Moi je suis la nuit, je suis toute seule pour 54 personnes.
00:52Donc quand il y a des urgences, il y en a qui sont couchés à minuit parce que je ne
00:56peux pas faire autrement.
00:56J'ai choisi ce métier-là, c'est parce que j'aime faire ce métier-là.
01:00Là maintenant j'ai deux tendinites au bras, je vais travailler, j'ai mal partout quand je rentre chez moi,
01:05je dois m'occuper aussi de ma famille et ce n'est pas admissible, ce n'est pas admissible du
01:12tout.
01:12On en arrive à un stade où on a des burn-out, des dépressions, des collègues qui ne viennent plus,
01:16des arrêts maladie, à tout va.
01:17On se retrouve bien souvent trois soignantes sur sept le week-end.
01:21Enfin on parle de nous, on est mis en lumière mais surtout on parle de la maltraitance institutionnelle
01:26qui n'est pas due aux soignants, qui est due aux directives nationales prises depuis 30 ans.
01:31Et c'est ça le plus important aujourd'hui, c'est de dire au gouvernement
01:34maintenant le point est là, la lumière est faite, qu'est-ce qu'on fait ?
01:38Quand on souffre dans son travail, forcément ça a des répercussions sur ceux que vous côtoyez au quotidien.
01:44J'ai passé une journée la semaine dernière dans un EHPAD de la région parisienne,
01:48j'ai vu les réalités de ce qui se passe, c'est-à-dire du personnel qui dit on gère
01:53les urgences
01:54mais on ne s'occupe plus des gens, et donc il faut des moyens, et 50 millions ce n'est
01:57vraiment pas suffisant,
01:58il vaut mieux écouter le personnel, eux ils savent exactement ce qu'il faut.
02:02À partir du moment où on dégage des enveloppes financières qui seraient à la gestion propre des ARS,
02:08on sait pertinemment que dans les grands groupes marchands,
02:10ces enveloppes passeront principalement dans la poche des actionnaires ou dans les fonds de pension.
02:15Donc nous ce qu'on demande c'est des moyens, mais en effectif en homme.
02:19Je suis éducatrice spécialisée dans un foyer de vie pour personnes handicapées,
02:22je me sens pleinement concernée par la cause d'aujourd'hui,
02:26mes proches en maison de retraite, on est tous concernés par la cause, tout le monde.
02:30Moi j'ai personnellement une amie qui a 103 ans, qui est en fin de vie,
02:33elle vivait tout seule chez elle, et là elle a été hospitalisée en urgence,
02:39et avec 1600 euros de retraite par mois, elle n'avait pas les moyens de se payer une EHPAD.
02:44C'est absolument honteux.
02:46On vit dans un pays où pour naître c'est gratuit,
02:49une femme accouche gratuitement à la maternité,
02:52pourquoi on ne pourrait pas mourir gratuitement dans des lieux qu'on supporte,
02:56et qu'on ne parle pas d'argent, avec 60 à 80 milliards d'évasion fiscale par an,
03:01moi je vous finance tout très rapidement.