- il y a 1 semaine
Cette Agora de l'Humanité, centré sur les enjeux de la transition énergétique, vous propose un entretien avec Jacques Olivier, président du SIAAP, syndicat interdépartemental d’assainissement des eaux unique en Europe, qui nous parle diversification des missions, notamment via la production de bio méthane par la valorisation de leurs boues et résidus.
Une interview de Didier Cachard, directeur du département énergies et environnement de l'entreprise Berim, spécialisée dans les domaines du bâtiment, des techniques urbaines et de l'environnement, qui à partir de la large palette de leurs modes d'intervention dans l'énergie, nous aide à comprendre la diversité et la complexité des leviers de la transition énergétique.
Le débat qui en suit aborde, en plateau et en visio, les questions de la place du service public (EDF) dans ce mécanisme d'acteurs nombreux et très différents, de l’intervention de l'État et des politiques publiques, de l'utilité du plan de relance et de ses objectifs, avec :
- Nicolas Nace, chargé de campagne Transition énergétique à Greenpeace
- Sébastien Menesplier, secrétaire général de la fédération nationale des mines et de l’énergie de la CGT
- Hélène Denise, chargée de plaidoyer et de mobilisation à la Fédération Abbé Pierre.
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Une interview de Didier Cachard, directeur du département énergies et environnement de l'entreprise Berim, spécialisée dans les domaines du bâtiment, des techniques urbaines et de l'environnement, qui à partir de la large palette de leurs modes d'intervention dans l'énergie, nous aide à comprendre la diversité et la complexité des leviers de la transition énergétique.
Le débat qui en suit aborde, en plateau et en visio, les questions de la place du service public (EDF) dans ce mécanisme d'acteurs nombreux et très différents, de l’intervention de l'État et des politiques publiques, de l'utilité du plan de relance et de ses objectifs, avec :
- Nicolas Nace, chargé de campagne Transition énergétique à Greenpeace
- Sébastien Menesplier, secrétaire général de la fédération nationale des mines et de l’énergie de la CGT
- Hélène Denise, chargée de plaidoyer et de mobilisation à la Fédération Abbé Pierre.
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NewsTranscription
00:16Bonjour à tous et bienvenue pour nos agoras de l'humanité consacrés à l'énergie et à la transition énergétique.
00:23J'ai le plaisir et la joie de recevoir en visio et en plateau trois intervenants pour parler de ces
00:32enjeux.
00:33Alors, premier intervenant, Nicolas Nass, vous êtes chargé de campagne énergie pour Greenpeace.
00:39Deuxième intervenant que je salue aussi, Sébastien Ménespillier, vous êtes secrétaire général de la fédération mine-énergie de la CGT.
00:48Et en studio, cette fois-ci à côté de moi, j'ai le plaisir de recevoir Hélène Denise.
00:54Bonjour Hélène. Vous êtes donc chargée de plaidoyer et de mobilisation à la Fondation Abbé Pierre.
01:00Alors, pourquoi nous parlons aujourd'hui d'énergie ?
01:03C'est parce qu'il y a beaucoup de choses qui se passent dans ce secteur, des lois qui vont
01:07arriver,
01:08qui ont été prises en 2019 et qui vont arriver avec la Convention citoyenne.
01:14Et puis, par ailleurs, il y a un gros projet de réorganisation d'EDF.
01:19Enfin, j'utilise le mot réorganisation, mais notre invité Sébastien Ménespillier va peut-être utiliser d'autres mots.
01:25Donc, des choses bougent sur ce secteur.
01:27Pour lancer ce débat, nous sommes allés voir deux intervenants.
01:30Un acteur de la construction et du BTP qui s'appelle Bérim,
01:35et un acteur de l'eau et de l'assainissement de l'eau, le SIAP.
01:40Tous ces deux acteurs ont finalement intégré dans leur process l'énergie et la transition énergétique.
01:47Ils vous expliquent comment et après, on revient en plateau.
01:49Regardez.
01:50C'est le cœur du métier de Bérim.
01:52C'est d'aider les maîtres d'ouvrage à prendre des décisions.
01:54Parce qu'aujourd'hui, l'environnement législatif, il évolue régulièrement.
01:59Ça devient très complexe.
02:01Il y a des composantes techniques, mais pas seulement.
02:03Juridiques, financières.
02:05Donc, effectivement, très en amont, les maîtres d'ouvrage se demandent comment faire pour développer un réseau de chaleur.
02:10Comment ça va coûter ? Comment ça va apporter ?
02:12Quelles sont les contraintes ?
02:13Il y a plusieurs façons de faire.
02:15Des régies, des concessions.
02:16Et pourquoi ?
02:17Telle ou telle solution.
02:18Donc, très en amont, on va être là pour aider les maîtres d'ouvrage à prendre des décisions.
02:23À partir du moment où il a pris sa décision, par exemple, construit un réseau de chaleur,
02:26de lancer une délégation de 6 mètres publics, il a besoin qu'on l'aide à choisir quel est le
02:33meilleur prestataire en exploitant,
02:35aussi à l'aider dans le suivi du chantier quand il va falloir construire un réseau de chaleur dans la
02:39ville.
02:40Également, dans la ville, le réseau de chaleur, ensuite, à son exploitation,
02:43s'assurer que les engagements sont respectés, le prix de l'énergie, etc.
02:48Donc, l'accompagnement, il est vraiment sur la durée de vie du réseau.
02:52Nous sommes actuellement maîtres d'œuvre sur un projet de construction d'un réseau de chaleur-biomasse,
02:57sur le Bussy-Chain-Georges, par exemple, où on accompagne un futur exploitant.
03:02Alors là, il est une position où on n'est pas assistant maître d'ouvrage, on est maître d'œuvre,
03:04mais on accompagne l'exploitant dans la conception et réalisation d'une chaufferie biomasse,
03:09biomasse et gaz, donc bois et gaz, et aussi sur la construction du réseau.
03:14Donc, on peut effectivement soit intervenir pour le maître d'ouvrage, directement, la ville,
03:19soit intervenir pour l'exploitant qui a aussi besoin d'ingénierie,
03:22donc ce sont les deux schémas sur lesquels on peut se positionner sur un réseau de chaleur.
03:26Ah oui, les énergies renouvelables, oui, ça prend une part de plus en plus importante,
03:29effectivement, parce que déjà, elles s'inscrivent dans la stratégie nationale bas carbone de l'État
03:37sur l'augmentation du taux de 2NR, le taux d'énergie renouvelable dans les réseaux de chaleur,
03:41avec tout un tas d'incitations, notamment à la TVA.
03:44Aujourd'hui, les collectivités bénéficient d'une TVA à taux réduit,
03:47à condition qu'elles aient plus de 50% de NR, d'énergie renouvelable.
03:52Donc, elles sont, j'ai envie de dire, obligées de trouver des solutions,
03:56les chaufferies qui étaient au départ au gaz, sont, voilà,
03:58qu'est-ce qu'on va, est-ce qu'on va faire de la géothermie, est-ce qu'on va
04:00faire de la biomasse,
04:01ou les deux ?
04:02Effectivement, les énergies renouvelables, c'est, voilà, c'est aujourd'hui, on en parle beaucoup.
04:06Disons que c'est le bouquet d'énergie renouvelable qui est en train de s'étendre.
04:11Aujourd'hui, on s'inscrit, par exemple, très clairement dans le plan de relance de l'État.
04:15Donc, on est en train de parler d'hydrogène, par exemple.
04:18Aujourd'hui, enfin, trois mois en arrière ou six mois en arrière,
04:21on n'aurait pas forcément trop parlé d'hydrogène.
04:23Alors qu'aujourd'hui, ça y est, il y a beaucoup de gros budgets qui sont a priori prévus
04:28pour développer ce nouveau mode de stockage d'énergie.
04:33Donc, par exemple, ça, c'est typiquement une technique qui n'était pas encore à notre disposition.
04:38Et aujourd'hui, on s'inscrit pleinement, par exemple, dans l'hydrogène.
04:49Jacques-Olivier, vous êtes directeur général du SIAP,
04:53qui est le syndicat interdépartemental pour l'assainissement de l'agglomération parisienne.
04:58Le cœur de métier historique du SIAP, c'est l'eau et l'assainissement.
05:02Mais depuis quand le SIAP s'est-il intéressé et a-t-il intégré les exigences climatiques
05:07et les questions d'énergie dans son métier ?
05:10Alors, je dirais que c'est une vieille histoire,
05:13puisque la première usine du SIAP, c'est une usine de Cénabal,
05:17qui a été construite en 1940, mise en service en 1940,
05:21et qui produisait déjà du biogaz.
05:23Du biogaz, pourquoi ?
05:24Parce que dans l'assainissement, on enlève toutes les matières solides de l'eau,
05:28donc on rend de l'eau propre à la rivière,
05:30et après il reste ce qu'on appelle les matières des boues.
05:33Ces boues, en se décantant, étant mises dans un méthaniseur,
05:36produisent du biogaz, et ce biogaz a été utilisé pour l'énergie,
05:40soit pour hygiéniser les boues, comme on l'a fait pendant longtemps,
05:42ou bien pour d'autres procédés, notamment aujourd'hui, sur Cénabal, par exemple,
05:48alimenter des turbines électriques,
05:50qui produisent de l'électricité pour les besoins de l'usine.
05:55Ça, c'est un des premiers gisements, je dirais, d'énergie.
05:59Le deuxième, c'est celui contenu dans les eaux usées,
06:02puisque les eaux usées sortent, je dirais, du traitement biologique
06:08à environ 13 à 14 degrés.
06:11Et bien sûr, c'est de la chaleur qu'on peut récupérer
06:13et qu'on peut utiliser dans d'autres procédés.
06:15Et nous avons notamment un certain nombre, je dirais, de projets
06:17pour utiliser la chaleur de ces eaux usées.
06:22Quels sont ces projets, justement ?
06:23Alors, il y en a un qui va devenir très concret,
06:26puisque c'est notamment sur l'usine de pré-traitement de Clichy,
06:29donc à la sortie de Paris.
06:31Il faut savoir que les égouts parisiens convergent tous sur Clichy.
06:37Ces eaux sont envoyées après sur les différentes usines du Siappe,
06:40mais à Clichy, nous pouvons utiliser cette chaleur des eaux usées.
06:44Et là, nous avons un projet de récupérer cette chaleur
06:47pour la vendre, donc à un producteur de chaleur
06:52qui lui-même alimente, je dirais, le Clichy ainsi que le Valois-Pierret.
06:57Nous sommes sur un projet assez important avec nos collègues du SICTOM,
07:01le SICTOM qui est le syndicat intercommunal de traitement des ordures ménagères.
07:05Et nous avons un projet qui est un projet assez phare
07:08pour mélanger à la fois les bouts provenant des eaux usées
07:11avec les matières fermées anticipées des ordures ménagères.
07:15Tout ça pour augmenter, je dirais, cette production biogaz
07:18que nous allons transformer en biométhane
07:19pour après, je dirais, être versé dans les réseaux de GRT-Gaz ou de GRDF.
07:26Après, donc, sur d'autres projets, nous avons beaucoup de sollicitations,
07:30notamment de la part de GRDF ou de GRT-Gaz,
07:33qui sont obligés au travers de la loi, d'ailleurs,
07:35de verdir leur approvisionnement.
07:37Et donc, bien évidemment, il y a là un gisement qui est important.
07:40On a besoin de toutes les formes d'énergie,
07:42notamment, je dirais, dans notre pays, dans d'autres pays.
07:45Et donc, c'est en ce sens de complémentarité que nous intervenons.
07:48Et au final, alors, vous vous considérez comme un acteur de la transition énergétique ?
07:52On est un acteur de la transition énergétique,
07:54dans la mesure, effectivement, où, je dirais,
07:57les stations de dépollution des eaux usées
08:00ont maintenant, je dirais, vraiment l'ambition
08:04de tirer parti de toutes les ressources qu'il y a dans les eaux usées,
08:06donc la partie, les bouts,
08:07mais il y a aussi dans l'eau du phosphore qui vient de la lessive,
08:11il y a l'azote qui vient de nos urines et tout ça.
08:13Et donc, on a effectivement une volonté de récupération de ces ressources
08:17pour les mettre, donc, au service de l'ensemble des citoyens
08:22et notamment pour, je dirais, préserver les ressources de notre planète.
08:26C'est en ce sens où, effectivement,
08:27qu'on peut se définir comme un acteur de la transition énergétique.
08:29Nous voulons être doublement acteurs,
08:31à la fois parce qu'il y a un intérêt, je dirais,
08:33et une perspective nationale, et une volonté nationale,
08:35de cette transition énergétique, mais aussi parce que notre boulot,
08:38c'est de faire aussi que, je dirais,
08:40notre métier coûte le moins cher possible aux usagers.
08:44Jacques-Olivier, merci beaucoup.
08:46Merci.
08:47Alors, Nicolas Nass,
08:49vous avez entendu
08:51nos deux témoignages.
08:52Je rappelle que vous êtes,
08:54vous représentez Greenpeace,
08:56pardon, pour nos agoras de l'humanité.
09:00Donc, vous avez entendu nos deux intervenants
09:02qui expliquaient comment ils se sont saisis au fur et à mesure
09:05des enjeux d'énergie et de transition énergétique,
09:08alors que ce n'était pas forcément leur métier de départ.
09:12Donc, ils parlent de transition énergétique,
09:15ils parlent de sources d'énergie différentes,
09:18même de réchauffement climatique.
09:20Alors, vous, à Greenpeace,
09:22vous êtes sur ces enjeux-là depuis très, très, très longtemps.
09:26Faisons un point avec vous
09:28sur la transition énergétique
09:30et la lutte contre le réchauffement climatique.
09:33Où en est-on actuellement
09:34de la tendance de la France ?
09:39Globalement, elle est assez mauvaise.
09:41Le gouvernement, il a fêté récemment
09:43les cinq ans de la COP21,
09:45donc en grande pompe,
09:46donc l'accord climat le plus en plus généralisé,
09:49pas assez ambitieux selon les scientifiques
09:51et surtout non contraignant pour les États.
09:55En France, il y a eu beaucoup de blabla,
09:58beaucoup d'annonces.
09:59Emmanuel Macron, autoproclamé, champion de la Terre,
10:02le mec en planète,
10:03mais au final, assez peu de concrets et de résultats.
10:06Si on regarde les chiffres
10:08en termes d'émissions de gaz à essai de serre
10:09sur le territoire,
10:11ce qu'on appelle l'inventaire national,
10:13on a eu une baisse depuis les années 2000
10:15qui se ralentit dans les cinq dernières années.
10:19Mais si on prend en compte l'ensemble des émissions,
10:22y compris les importations de ce qu'on appelle
10:24l'empreinte carbone,
10:26on voit qu'on n'a aucune progression en 20 ans.
10:29Donc c'est un échec de la politique du gouvernement
10:32qui nous dit qu'il atteindra la neutralité carbone
10:35en 2050.
10:37Dans les faits, on est loin du compte
10:38et pas du tout sur la bonne trajectoire ou dynamique.
10:41Là, on a un plan de relance de 100 milliards
10:43qui a été fait pour la France de demain.
10:45Et selon le Haut Conseil pour le climat,
10:48sur ces 100 milliards,
10:49il y en a 29 milliards seulement
10:50qui sont favorables à une baisse des émissions
10:53et plus de 70% donc
10:55qui ne baissent pas les émissions
10:57et qui ne permettent.
10:58Ils restent en fait dans le monde d'avant
10:59sur une trajectoire vers plus 3, plus 4, plus 5 degrés.
11:03Et enfin, si on regarde la Convention citoyenne
11:05pour le climat,
11:06il y a une expérience démocratique très intéressante
11:07avec des propositions qui ont abouti,
11:10qui sont ambitieuses et concrètes.
11:14Mais le gouvernement n'a fait que
11:15les décrits de côté avec des jokers
11:17et notamment les mesures les plus phares
11:20et les plus structurantes.
11:21Donc la taxe sur les dividendes,
11:23le maratoire sur la 5G
11:24et les entrepôts d'e-commerce,
11:26l'interdiction des extensions des aéroports
11:30et la rénovation globale obligatoire des logements.
11:34Donc tout ça, ça a été écarté
11:36et globalement, le gouvernement
11:37essaie de faire passer le pibule
11:39avec un référendum
11:40dont on n'est pas trop sûr
11:42de sur quoi il va aboutir.
11:44Alors, on a bien compris
11:46qu'autant on avait pu faire une petite fête
11:49pendant la COP21
11:50pour fêter les accords de Paris il y a 5 ans.
11:54Bon, passé ce laps de temps,
11:57le compte n'y est pas vraiment,
11:59même pas du tout.
12:00Greenpeace,
12:01alors quelles sont les revendications de Greenpeace
12:04ou les axes forts d'action
12:06pour arriver à lutter efficacement
12:09contre le réchauffement climatique ?
12:11Vous avez commencé à en esquisser quelques-unes,
12:13mais quel est le projet global ?
12:17Alors, ce qu'on porte à Greenpeace,
12:19c'est en fait,
12:19avec une partie de plus en plus importante
12:21de la société civile,
12:23c'est la volonté de repenser en profondeur
12:25nos modèles de société
12:27pour construire ce qu'on appelle
12:28le monde d'après.
12:29Et ça passe par repenser
12:32toute notre dépendance
12:33à l'ensemble des secteurs d'émission.
12:38Pour en citer quelques-uns,
12:40il y a la question de l'alimentation
12:42et de l'agriculture,
12:43avec notamment notre forte dépendance
12:45et émissions liées à l'élevage.
12:47Et notamment l'élevage industriel
12:49qui importe énormément de soja du Brésil
12:52et qui contribue à la déforestation.
12:54Il y a aussi la question des transports.
12:56On l'a vu avec la crise du Covid,
12:59on ne peut plus continuer
13:02dans une volonté de croissance de l'aviation.
13:04Il faut arrêter immédiatement
13:06tous les projets d'extension des aéroports.
13:09Un peu la même chose
13:09pour le transport individuel,
13:11il faut programmer la sortie
13:13des voitures individuelles thermiques et fossiles
13:17et les substituer par des réseaux
13:19de transports en commun fortement développés,
13:21notamment autour du ferroviaire.
13:23Sur les bâtiments, je l'ai évoqué aussi,
13:26il faut un vaste plan des rénovations énergétiques globales
13:28des logements et des bâtiments publics,
13:31accompagné d'aides pour les petits propriétaires
13:32et les vailleurs.
13:34Globalement, il faut à chaque fois
13:36prendre en compte à la fois
13:37les aspects climatiques, écologiques
13:38et les aspects sociaux.
13:40Parce qu'on l'a vu avec la crise des Gilets jaunes,
13:42les deux sont intimement liés
13:44et on ne s'en sortira pas
13:45si on ne réduit pas les inégalités.
13:48Alors, on voit bien que ce que vous proposez,
13:51c'est un vrai projet de société.
13:53Alors maintenant, il reste à savoir avec qui on le fait.
13:56Du coup, là, je me tourne vers Sébastien Ménespillé.
14:00Donc, vous êtes secrétaire général
14:02de la Fédération des mines et énergie de la CGT.
14:06Vous menez actuellement avec les autres syndicats
14:11d'EDF et de l'énergie, des énergéticiens,
14:16une grande mobilisation contre le projet Hercule
14:19qui vise à remodeler EDF
14:21en fonction d'impératifs du marché
14:24et grosso modo en scindant d'un côté
14:28les activités de production qui coûtent cher
14:30et puis celles qui rapportent
14:32en les ouvrant à la privatisation.
14:36Donc, ça pose la question
14:38de qui fait quoi dans cette transition énergétique ?
14:41Qui l'apporte ?
14:43Les services publics ?
14:44Est-ce qu'ils sont dedans ou pas ?
14:46Comment vous, vous voyez l'évolution ?
14:49Oui, en effet, on a un véritable enjeu aujourd'hui
14:52sur le secteur énergétique.
14:56Alors nous, tout d'abord,
14:58la lutte que l'on mène,
14:58elle est pour l'intérêt général.
15:01On considère que l'énergie,
15:03c'est un bien de première nécessité.
15:05Et qu'il est important qu'on puisse offrir aux citoyens,
15:10aux usagers de l'énergie,
15:13un accès réglementé de l'énergie,
15:17donc que ce soit l'électricité ou le gaz,
15:21donc un tarif réglementé.
15:23Et aujourd'hui, malheureusement,
15:25les directives européennes et les lois françaises
15:30contribuent à mettre en péril ce système
15:33qui, depuis 1946,
15:36a été organisé par un service public en France.
15:39Ça s'appelle donc la libéralisation du marché du gaz et de l'électricité,
15:44qui n'a fait augmenter que la précarité énergétique,
15:47puisqu'on atteint aujourd'hui un niveau de 13 millions de précaires énergies en France.
15:52On voit bien donc que ce système libéral ne convient pas du tout à la société
15:58et qu'il faut repenser un système beaucoup plus solidaire
16:01qui permette aux citoyens lambda,
16:05qui habitent dans les pays d'outre-mer,
16:07en France, donc en métropole,
16:09à la campagne, à la montagne,
16:11ou dans les grandes villes,
16:12de pouvoir bénéficier d'un accès à l'énergie
16:14à un tarif réglementé.
16:17C'est ça la lutte que mènent aujourd'hui
16:19les électricités et gaziers
16:21dans les industries électriques et gazières.
16:24Mais, par contre,
16:26je pense très sincèrement
16:27qu'il faut qu'on met un débat
16:29de fond réel
16:32et surtout au-delà des citoyens,
16:34car on ne peut pas leur faire croire
16:37que demain,
16:39avoir une dépendance énergétique
16:43individuelle
16:44ou organisée
16:45à la maille départementale ou régionale,
16:48parce qu'on aura démultiplié
16:50les systèmes d'énergie renouvelable notamment,
16:53ça va suffire
16:54à équilibrer un réseau
16:56et leur permettre
16:58du 1er janvier au 31 décembre
17:00de pouvoir accéder
17:01à l'énergie,
17:03à un tas de réglementés
17:06qui pourra être intégré
17:09dans l'économie
17:11du foyer.
17:12Et je pense notamment,
17:13malheureusement,
17:14aux foyers les plus précaires
17:16qui aujourd'hui ont déjà du mal
17:17à pouvoir se chauffer
17:20quand il fait froid
17:21ou même ne serait-ce que pouvoir
17:23se laver à l'eau chaude
17:25ou en tout cas utiliser
17:28les appareils énergétiques
17:30pour pouvoir faire à manger.
17:31Et c'est ça la réalité d'aujourd'hui.
17:33– Donc la réalité d'aujourd'hui
17:35impose un grand débat public.
17:37Est-ce que vous avez des soutiens ?
17:40Est-ce que vous pensez
17:41que la bataille peut être gagnée ?
17:45J'imagine que oui.
17:47– Écoutez, en tout cas,
17:48on se bat pour.
17:49On voit bien que du côté
17:51des élus politiques
17:52de l'opposition,
17:54il y a beaucoup d'interventions
17:56dans les débats de l'Assemblée.
17:58On a aujourd'hui l'espoir
18:02en tout cas d'être soutenu
18:04par l'ensemble de nos positions.
18:06Ça ne suffira pas.
18:07Il faut qu'on arrive aussi
18:08à convaincre la majorité,
18:12les maires de France,
18:13mais aussi l'ensemble des élus
18:14finalement qui se situent
18:15dans les territoires.
18:17On a réellement besoin en France
18:19d'une politique énergétique
18:21qui certes, de toute façon,
18:22doit s'inscrire en effet
18:25dans la lutte contre
18:26le réchauffement climatique.
18:27Ça, c'est incontournable.
18:29Je crois que, pour le coup,
18:31on a besoin d'une prise
18:32de conscience générale
18:33sur le sujet.
18:35Mais en même temps,
18:36on ne peut pas faire croire
18:37à tout le monde
18:38que finalement, demain,
18:40parce qu'on va installer
18:40une éolienne
18:41ou des panneaux photovoltaïques
18:44sur son toit
18:45et une éolienne dans son jardin,
18:46ça va suffire
18:47avec vous pour le problème.
18:48Non.
18:49Il faut que la France,
18:50elle puisse se douter
18:52d'abord d'une production
18:54d'énergie pilotable,
18:56c'est-à-dire une énergie
18:57qui permette de pouvoir
18:59équilibrer le réseau
19:01d'électricité.
19:02Et quand on a
19:05du vent
19:05ou quand on a
19:06une période climatique
19:08dégradée,
19:09quelle que soit la saison,
19:10si on n'a pas
19:11un équilibre du réseau
19:12aujourd'hui,
19:14ça peut engendrer
19:15des délestages
19:16qui peuvent avoir
19:17des conséquences dramatiques
19:19pour les foyers.
19:20Et c'est ça
19:21qu'il nous faut éviter.
19:23Malheureusement,
19:24la solution aujourd'hui
19:25en France,
19:25parce qu'on ne peut pas
19:26stocker l'énergie,
19:28c'est en effet
19:29de pouvoir avoir
19:31une production pilotable
19:34qui existe réellement
19:37par son parc hydraulique,
19:38par le parc nucléaire.
19:40En tout cas,
19:41avec les énergies renouvelables,
19:42on ne peut pas aujourd'hui
19:45faire croire
19:47que cette production,
19:48elle est notable.
19:49Ce n'est pas vrai.
19:49Je me tourne
19:50vers notre troisième intervenante,
19:53donc Hélène Denise
19:54de la Fondation Abbé Pierre.
19:57Il se trouve que
19:57la Fondation Abbé Pierre
19:59parle depuis très longtemps
20:00de précarité énergétique
20:02pour expliquer
20:03qu'il y a toute une partie
20:04de la population française
20:05qui n'a pas accès
20:07ou mal accès
20:08à l'énergie,
20:09qui a du mal
20:09à se chauffer.
20:11Déjà,
20:11est-ce que vous pouvez
20:12nous définir
20:13cette
20:17idée
20:17de précarité énergétique ?
20:19Et puis après,
20:19on verra
20:20quels sont les leviers
20:21pour lutter
20:22contre la précarité énergétique.
20:24Oui,
20:25déjà,
20:25je vais déjà rebondir
20:26sur les vidéos
20:27que vous nous avez montrées.
20:27Nous aussi,
20:28à la Fondation Abbé Pierre,
20:29ça fait quelques années
20:29qu'on parle de ce sujet,
20:31mais finalement,
20:31on a quand même été habitués
20:32à parler de logement,
20:34de mal logement.
20:34On était très peu invités
20:36pour parler d'écologie.
20:38Et pour nous,
20:39le sujet qui vient vraiment
20:41rencontrer les questions
20:42écologiques et sociales
20:43du mal logement,
20:43c'est la précarité énergétique.
20:45Donc pour ceux
20:46qui ne savent pas,
20:47pour l'expliquer,
20:48la précarité énergétique,
20:49ça concerne les personnes
20:50qui ne peuvent pas
20:51se chauffer,
20:52qui n'y arrivent pas
20:52ou qui n'en ont pas
20:53les moyens du fait
20:54de leurs difficultés financières
20:55ou bien des mauvaises
20:56performances thermiques
20:57de leur logement.
20:58Et comme l'ont très bien dit
20:58mes co-intervenants,
21:0012 millions de personnes
21:02sont concernées en France,
21:03ont froid chez eux
21:04avec des conséquences sanitaires
21:06et sociales
21:07qui peuvent être très,
21:07très graves,
21:08des développements de maladies,
21:10notamment chez les enfants,
21:10qui peuvent être dramatiques.
21:12Et souvent,
21:13ces personnes vivent
21:14dans des passoires thermiques,
21:15dans des logements
21:15qui sont très mal isolés,
21:17qui affichent une consommation
21:19de plus de 330 kWh
21:21par mètre carré par an
21:22en énergie primaire,
21:23ce qui correspond
21:23à des niveaux F et G
21:26sur le diagnostic
21:29des performances thermiques
21:30qu'on peut voir
21:31sur les logements.
21:33Et donc,
21:34c'est une vraie question,
21:35c'est un vrai problème
21:37et surtout,
21:37c'est un phénomène
21:38qui est émergent
21:39depuis quelques années,
21:40notamment à cause
21:41de la hausse
21:41des prix de l'énergie,
21:42mais aussi de la mauvaise
21:43performance des logements
21:46en France
21:46et puis la hausse
21:47de la précarité.
21:48Et ça,
21:49c'est un sujet
21:49qui nous inquiète énormément
21:50en ce moment
21:51avec la crise
21:52qui voit une vraie augmentation
21:53de la précarité.
21:54On voit 30% de plus
21:56de demandes d'aide alimentaire
21:57et le paiement des factures,
21:59ce n'est pas prioritaire.
22:00C'est-à-dire que les personnes,
22:01elles vont d'abord
22:02essayer de se manger,
22:03elles vont essayer
22:03de payer leur loyer
22:04et donc on a très peur
22:06de voir une vague
22:07d'impayés des factures
22:08qui va arriver,
22:09déjà,
22:10qu'on a déjà vu
22:11avant la crise
22:12entre 2018 et 2019
22:13avec près de 17%
22:14d'augmentation
22:15des impayés de factures
22:17et puis les personnes
22:18qui passent plus de temps
22:19chez eux,
22:20qui sont du coup
22:21à avoir des factures d'énergie
22:22qui vont augmenter
22:22et puis également
22:23des personnes
22:24qui sont confinées
22:25chez eux,
22:26qui télétravaillent
22:27dans des logements humides,
22:29mal isolés,
22:30mal ventilés
22:30et qui peuvent avoir
22:31des conséquences très graves.
22:32Alors aujourd'hui,
22:33les réponses c'est quoi ?
22:35C'est d'aider
22:36les gens
22:36à payer leur facture
22:37d'énergie
22:37mais le problème
22:38c'est que ce n'est pas forcément
22:39une réponse très écologique
22:40parce qu'on les aide
22:42à dépenser plus
22:43dans des logements
22:44qui sont polluants
22:44ou alors
22:45la vraie réponse
22:47à long terme
22:47la plus efficace
22:48c'est la rénovation thermique
22:50en mettant vraiment
22:51une priorité
22:51dans la rénovation
22:52des passoires thermiques
22:53habitées par des ménages modestes
22:55parce que c'est là
22:55que le taux d'effort financier
22:57est le plus grave
22:57que là où les conséquences
22:59sociales sont les plus graves
23:00également
23:01et là aussi
23:02où les économies d'énergie
23:04sont les plus faciles
23:05à faire
23:06Alors est-ce que vous pensez
23:08donc vous parlez
23:08de rénovation thermique
23:10il me semble
23:11que ça intervient
23:12dans le plan de relance
23:14du gouvernement
23:15est-ce que vous pensez
23:16que là
23:17c'est à la hauteur
23:18des enjeux
23:19ou alors
23:19est-ce que vous militez
23:21pour plus ?
23:22Oui parce que
23:23un des principaux freins
23:24à la rénovation thermique
23:25des logements
23:26notamment pour les plus modestes
23:27c'est des niveaux d'aide
23:29qui ne sont pas suffisants
23:30c'est-à-dire qu'un ménage
23:32très modeste
23:32même avec des aides
23:34qui vont couvrir
23:3665% du devis
23:39c'est pas suffisant
23:403000 euros même
23:41de devis
23:43pour eux
23:44c'est trop
23:44un prêt
23:45c'est pas forcément possible
23:46pour tous les ménages
23:47donc les aides
23:48elles ne sont pas du tout
23:49à la hauteur
23:49le Haut conseil pour le climat
23:50il a même dit récemment
23:51qu'il faudrait quadrupler
23:52les subventions publiques
23:53pour pouvoir atteindre
23:54les objectifs
23:55et ces objectifs
23:56ils ne sont pas du tout
23:56à la hauteur
23:57c'est-à-dire que
23:58le président de la République
23:59avait chiffré
24:01500 000 rénovations
24:02thermiques par an
24:03on n'y est pas du tout
24:04une baisse
24:05de la précarité énergétique
24:07de 15% en 5 ans
24:09on n'en est qu'à 7,5
24:10donc c'est pas du tout suffisant
24:11et avec le plan de relance
24:13en effet
24:13c'est positif
24:14ils ont ajouté
24:15sur la table
24:152 milliards d'euros
24:16en 2 ans
24:18pour les ménages
24:19alors par contre
24:20c'est via une aide
24:21MaPrimeRénov'
24:21qui est du coup
24:22maintenant ouverte
24:23à tous les ménages
24:23qui étaient avant
24:25seulement pour les ménages
24:26modestes et très modestes
24:28c'est pas suffisant
24:29un milliard par an
24:30pendant 2 ans
24:31c'est pas stable
24:32on n'a pas de visibilité
24:33à long terme
24:35il faut les quadrupler
24:36comme dit
24:36au Conseil pour le climat
24:38et puis surtout
24:39c'est des aides
24:39qui vont devoir
24:40du coup être partagées
24:41par un plus grand nombre
24:42de ménages
24:43au détriment
24:44des plus modestes
24:45et donc il faut
24:46vraiment aller vers
24:47des aides publiques
24:48qui soient suffisantes
24:49et qui permettent
24:49un reste à charge
24:50qui soit vraiment minimum
24:51pour les ménages modestes
24:53en passoire thermique
24:54on voit bien
24:55dans vos trois témoignages
24:57que la transition écologique
25:00est nécessairement
25:02une transition énergétique
25:03mais qui doit allier aussi
25:04les enjeux sociaux
25:06alors Nicolas Nass
25:09pour Greenpeace
25:10comment vous envisagez
25:12on en a parlé
25:13avec Sébastien Ménespillé
25:14comment vous envisagez
25:16le service public
25:17de l'énergie
25:17à l'intérieur
25:18de cette transition
25:24globalement
25:25pour la transition énergétique
25:26il faut que l'ensemble
25:27des services publics
25:28soient renforcés
25:29et restent forts
25:31parce que ce n'est pas
25:31qu'en ouvrant le marché
25:32à outrance
25:33qu'on va améliorer les choses
25:34on le voit
25:35dans différents secteurs
25:36de la société
25:37sur la question
25:38du mix électrique
25:39de demain
25:40c'est effectivement
25:41une question
25:42qui doit se poser
25:43dans la société
25:44et un vrai débat
25:45doit avoir lieu
25:46débat qui aujourd'hui
25:47n'existe pas
25:48est très caricatural
25:49et absolument pas maîtrisé
25:51par les politiques
25:52que ce soit
25:53d'un côté
25:54ou de l'autre
25:55des échiqués politiques
25:57la question qui se pose
25:58c'est
25:59celle du remplacement
26:00des réacteurs nucléaires
26:01actuels
26:01qui vont être prolongés
26:03on ne sait pas
26:04jusqu'à quand
26:04mais en tout cas
26:05à horizon 2050
26:06ils seront quasiment
26:07tous arrêtés
26:08ou arrêtés
26:09du cours
26:10et la question
26:11c'est par quand
26:12on les remplace
26:13progressivement
26:14il y a le choix
26:15entre aller
26:16vers le nouveau nucléaire
26:19construire massivement
26:20ce qu'on appelle
26:21des EPR
26:22mais se pose la question
26:24de la faisabilité
26:24industrielle
26:25notamment suite
26:26à une gestion
26:27assez catastrophique
26:28de la direction
26:29d'EDF
26:29depuis plusieurs années
26:30un échec industriel
26:31et économique
26:32à l'EPR de Flamanville
26:33et globalement
26:35pas mal de problèmes
26:36notamment liés
26:37à le recours
26:38systématique
26:39et à la sous-traitance
26:40et avec un manque
26:41de contrôle
26:41de la part
26:43des institutions
26:45la question
26:46c'est
26:46qu'est la part
26:47du nucléaire
26:48qu'est la part
26:48des ENR
26:49ça c'est quelque chose
26:50qu'aujourd'hui
26:50on ne peut pas dire
26:51aujourd'hui
26:51effectivement
26:52on ne peut pas
26:52faire un scénario
26:53100% ENR
26:54en France
26:55en 2020
26:55on ne demande pas
26:57à fermer
26:57tous les centrales
26:57aujourd'hui
26:58la question
26:59c'est à horizon 2050
27:00quel mix énergétique
27:01on veut
27:02quelle part
27:03d'énergie renouvelable
27:04et c'est ça
27:05la question
27:05qui doit se poser
27:06dans la société
27:07comment progressivement
27:09on va faire évoluer
27:10un mix énergétique
27:13avec le développement
27:14des nouvelles
27:14avec le développement
27:15de la recherche
27:16sur le stockage
27:17la question de l'hydrogène
27:19qui est potentiellement
27:20porteuse de nombreux emplois
27:22et comment progressivement
27:25si on fait un choix
27:26ou l'autre
27:26on va reconvertir
27:28les emplois
27:29vers une industrie
27:30ou une autre
27:31notamment
27:31par exemple
27:32en développant
27:33une vraie industrie française
27:34des énergies renouvelables
27:36qui aujourd'hui
27:37est insuffisante
27:39Sébastien Ménespillé
27:40donc est-ce que vous
27:41vous intégrez
27:42dans vos revendications
27:44le fait que
27:44finalement
27:45les français
27:46ont eux aussi
27:46envie de participer
27:48à la transition
27:49qu'effectivement
27:49ils ont envie
27:50de mettre
27:51parfois des panneaux solaires
27:53ou de travailler
27:54sur la rénovation thermique
27:55de leur habitation
27:57ou alors
27:57d'y mettre une éolienne
27:59ou quoi que ce soit
28:00et comment
28:01comment vous conjuguez
28:02cette aspiration-là
28:03à participer
28:04et puis
28:04un acteur
28:06public fort
28:10Oui
28:10de toute façon
28:11on a besoin
28:11d'impliquer
28:13l'ensemble des citoyens
28:14sur ces enjeux
28:15de société
28:17c'est
28:18avant tout
28:19pour protéger
28:20la planète
28:20mais on a besoin
28:21de penser
28:22à nos enfants
28:24et puis
28:25aux petits-enfants
28:26enfin je veux dire
28:27les générations
28:28qui vont
28:29venir se succéder
28:30et qui
28:31espérons-le
28:32pourront vivre
28:32dans des conditions
28:35meilleures
28:36et donc
28:37finalement
28:38les choix
28:38qui auront été faits
28:39auront été
28:41positifs
28:42ça se démontrera
28:43donc je ne pense pas
28:44qu'on soit peut-être
28:47là nous
28:47pour les vérités
28:48en tout cas
28:48on peut contribuer
28:49en effet
28:50par nos actions
28:52diverses et variées
28:53à aboutir
28:55à des nouvelles solutions
28:57alors individuellement
28:58de toute façon
28:59il faut avoir
29:00aujourd'hui
29:00conscience quand même
29:01que
29:01pour s'inscrire
29:03dans ces enjeux
29:05de société
29:06il faut quand même
29:07avoir beaucoup d'argent
29:08parce que
29:09installer une éolienne
29:10dans son jardin
29:11ou des panneaux
29:11plutôt voltaïques
29:12il n'y a
29:14rien de gratuit
29:15et si
29:16on n'a pas
29:17des prêts
29:18même à taux
29:19zéro
29:20ou taux
29:20on va dire
29:21très bas
29:22dans tous les cas
29:23c'est quand même
29:23un investissement
29:24qui est conséquent
29:26donc aujourd'hui
29:27tous ceux qui ont
29:28les moyens
29:28peuvent le réaliser
29:30il faut être honnête
29:31et regardons
29:34aujourd'hui
29:35partout en France
29:35comment
29:36l'habitation
29:39a évolué
29:40il est clair
29:41qu'il y a
29:42quand même
29:42beaucoup de progrès
29:43à faire
29:43encore une fois
29:45je ne sais pas
29:46si l'éolien
29:46dans son jardin
29:47qui est un autre
29:48plutôt voltaïque
29:48sont des solutions
29:50nous ce qu'on pense
29:51c'est que
29:51de toute façon
29:52quel que soit
29:53le mix énergétique
29:55qu'on aura décidé
29:57finalement
29:58de se doter
29:59pour le pays
30:00alors nous
30:01on a des solutions
30:02je pense que
30:03de toute façon
30:03le mix énergétique
30:05à l'avenir
30:05il doit intégrer
30:06l'ensemble
30:08des solutions
30:12donc ça veut dire
30:13que le nucléaire
30:13il a toute sa place
30:14les énergies renouvelables
30:15aussi
30:16que ce soit
30:18pourquoi pas
30:19l'hydrogène
30:21à l'avenir
30:22mais ce qu'on dit
30:23c'est qu'il nous faut
30:23une maîtrise publique
30:24ça veut dire
30:25qu'il nous faut
30:25développer des filières
30:26qui sont maîtrisées
30:27dans un service public
30:30et pas
30:31par des capitaux privés
30:34il faut quand même
30:35être honnête
30:37aujourd'hui
30:38l'ensemble
30:38de ceux
30:39qui organisent
30:41les parcs éoliens
30:42en France
30:44sont détenus
30:45par des sociétés privées
30:47elles ont été financées
30:49par les factures
30:50énergétiques
30:51des usagers
30:52qui sont taxées
30:54pour avoir rémunéré
30:55aujourd'hui
30:55ces acteurs
30:57et en plus
30:58on incite EDF
30:59à baisser sa production
31:01issue
31:02du nucléaire
31:03pour pouvoir
31:03mettre ces énergies
31:05sur le réseau
31:05et c'est EDF
31:07qui doit
31:07au bout du bout
31:08s'effacer
31:09et financer
31:10ces opérateurs
31:12pour pouvoir
31:12leur permettre
31:14d'emmener
31:15l'énergie verte
31:16alors on peut
31:17en effet
31:17faire plein de publicité
31:19autour de l'énergie verte
31:20qui part de Ikea
31:22et qui arrive
31:22à la maison
31:23mais en attendant
31:24on a forcé EDF
31:26à payer
31:27ses opérateurs privés
31:29pour effacer
31:30sa électricité
31:31produite par le nucléaire
31:32pour permettre
31:32à l'énergie verte
31:33d'être sur le réseau
31:34c'est un système
31:35d'incohérence
31:36et d'estructurant
31:37qui est inadmissible
31:39et tout ça
31:40vanté par les directives
31:41européennes
31:41encore une fois
31:42et les lois françaises
31:44donc une maîtrise publique
31:46quelles que soient
31:46les filières énergétiques
31:48c'est ça
31:49le plus important
31:51s'il n'y a pas
31:51de maîtrise publique
31:52si on laisse
31:53l'ensemble
31:53des opérateurs privés
31:55aujourd'hui
31:55finalement avoir
31:56le dernier niveau
31:57quant à la manière
31:58dont on va organiser
31:59l'équilibre
32:00du réseau d'électricité
32:01égalé en France
32:03franchement
32:04on peut toujours parler
32:05de réduire
32:05la précarité énergétique
32:07mais moi
32:07la solution
32:08je la prenais déjà
32:09elle ne fera qu'augmenter
32:11y compris les tarifs
32:13puisque depuis 20 ans
32:14le gaz
32:15augmente
32:1675%
32:17et l'électricité
32:18de 35%
32:20la facture énergétique
32:21d'un foyer
32:22aujourd'hui
32:22c'est 33%
32:24de taxes
32:25vous voyez un petit peu
32:26le modèle libéral
32:27où c'est terrible
32:28il a emmené les affaires
32:30donc si on veut
32:31en effet
32:31équilibrer un système
32:32d'un mix énergétique
32:34pour lequel je pense
32:35qu'on arrivera
32:36tout le monde
32:36à trouver des solutions
32:39sur finalement
32:40l'avenir
32:42il faut impérativement
32:43que l'état
32:44soit détenteur
32:46des entreprises
32:48qui vont demain
32:51être le service public
32:53de l'énergie
32:54et donc nous on dit
32:55à la fédération
32:56la solution
32:58qui serait
33:00idéale
33:00finalement aujourd'hui
33:01c'est qu'on puisse avoir
33:02un établissement
33:03qui regroupe
33:04l'ensemble
33:06de la production
33:07d'électricité
33:08et un établissement
33:10qui rassemble
33:11l'ensemble
33:12de la partie
33:14infrastructure gazière
33:15alors on dit
33:15production d'électricité
33:16j'entends bien entendu
33:17production
33:18distribution
33:19transport
33:20commercialisation
33:21c'est revenir
33:22à des établissements
33:23publics
33:24industriels
33:24à caractère commercial
33:25nationalisé
33:26détenus par l'état
33:28et c'est l'état
33:29avec les usagers
33:31et les élus politiques
33:33qui à un moment donné
33:34prennent des décisions
33:35cohérentes
33:36qui permettent
33:36à tout le monde
33:37d'y retrouver
33:38et surtout d'évacuer
33:40ceux qui aujourd'hui
33:41finalement
33:42s'enricissent
33:43avec un produit
33:45de première nécessité
33:46alors je me tourne
33:47vers vous
33:47Hélène de Nice
33:48donc pour la fondation
33:49Abbé Pierre
33:50on a entendu
33:51à travers les propos
33:52de Sébastien Ménespillé
33:54qu'il y avait
33:54des questions
33:56liées aux factures
33:57comment vous
33:58vous voyez
34:00quel levier
34:01vous pensez
34:02vous imaginez
34:03pour justement
34:05limiter la précarité énergétique
34:06et puis permettre
34:07à tout le monde
34:07d'avoir accès
34:08à une énergie
34:09pas trop chère
34:13et disponible
34:13tout le temps
34:14comme je le disais
34:15tout à l'heure
34:15il y a la réponse
34:17en urgence
34:17c'est-à-dire
34:18l'aide à l'acquittance
34:19via le dispositif
34:20par exemple
34:21des chèques énergie
34:22qui sont alloués
34:23aux ménages
34:25précaires
34:25pour les aider
34:25à payer
34:26leur facture d'énergie
34:27mais ça c'est la réponse
34:28en urgence
34:29la réponse à long terme
34:30c'est la rénovation énergétique
34:33thermique
34:33de leur logement
34:34comme l'a dit Sébastien
34:35ça peut coûter
34:36très très cher
34:37on a un programme
34:37à la fondation Abbé Pierre
34:38qui s'appelle
34:38SOS Toddy
34:39qui est un programme
34:40d'éradication
34:41de l'habitat indigne
34:42et on aide
34:44en subventionnant
34:45une partie des travaux
34:47pour combler
34:48les aides locales
34:49pour que le reste à charge
34:50des ménages
34:51soit le plus faible
34:52et parfois
34:53on a des devis
34:53qui atteignent 70 000 euros
34:5570 000 euros
34:56de travaux
34:57pour un ménage
34:58s'il a 30%
34:59de reste à charge
35:00s'il n'a pas des aides
35:01comme celle de la fondation
35:01Abbé Pierre
35:02ou des aides locales
35:03c'est impossible
35:04il ne pourra pas
35:05lancer les travaux
35:06donc il faut vraiment
35:07donner la priorité
35:08et massifier
35:10la rénovation thermique
35:11des logements
35:12il n'y a que comme ça
35:13qu'on pourra réduire
35:14la facture
35:15ou aussi
35:16bien sûr
35:16en réduisant
35:17le coût
35:18de l'énergie
35:19bien sûr
35:20Alors nous arrivons
35:21au terme
35:22de notre agora
35:24sur l'énergie
35:25juste
35:26pour conclure
35:28chacun
35:29je voudrais
35:29vous proposer
35:31un petit exercice
35:32essayer de définir
35:34en quelques mots
35:34les mots clés
35:36ce que vous mettriez
35:37derrière la définition
35:38d'une transition
35:40énergétique
35:40on peut peut-être
35:41commencer par
35:42vous
35:43Nicolas Nass
35:44de Greenpeace
35:46alors bon
35:47vous avez moins de temps
35:48que les autres
35:48pour réfléchir
35:49à cette question
35:50mais essayez de vous lancer
35:51alors quel mot
35:53vous mettriez
35:53derrière transition énergétique
35:57en premier lieu
35:58sobriété
35:59c'est à dire
36:00ne pas consommer
36:01de l'énergie
36:01qui n'est pas nécessaire
36:03ensuite
36:04efficacité
36:05donc réduire
36:06les pertes
36:07notamment sur la
36:08rénovation thermique
36:10et ensuite
36:10une vision
36:11une vraie vision
36:12pour la trajectoire
36:14du mix énergétique
36:15français
36:16qui n'existe pas
36:17aujourd'hui
36:19bravo pour votre esprit
36:21de synthèse
36:22et pour vous être prêté
36:23au jeu
36:23alors Sébastien
36:24Ménespillier
36:25maintenant
36:25à votre tour
36:26quel mot clé
36:28vous mettez
36:28derrière transition énergétique
36:32accès à l'énergie
36:36l'efficacité
36:37me semble
36:38un mot aussi
36:39important
36:40et performance énergétique
36:43service public
36:47maîtrise publique
36:49quand on a
36:50maîtrise publique
36:51et service public
36:51ça veut dire
36:52qu'on a derrière
36:53des choix politiques
36:54qui sont forcément
36:56cohérents
36:56finalement
36:59garanties
37:02de tarifs
37:03réglementés
37:03alors
37:04dernière
37:05à se prêter
37:06à ce jeu
37:07Hélène Deniz
37:07de la fondation
37:08Abbé Pierre
37:09quel mot clé
37:10derrière la transition énergétique
37:11une transition
37:12juste
37:13et sociale
37:14déjà
37:14une transition
37:16qui
37:17viennent d'une ambition
37:19de la part
37:19une vraie ambition
37:21des pouvoirs publics
37:23vers
37:23notamment
37:24la rénovation énergétique
37:25et il faut suivre
37:26aussi
37:26les préconisations
37:28des citoyens
37:29qu'on a pu voir
37:30c'est vrai
37:30qu'on déplore
37:32que certaines mesures
37:33ne soient pas portées
37:35elles sont ambitieuses
37:37justes
37:37et réalistes
37:39finalement
37:39donc voilà
37:41je dirais
37:41d'être ambitieux
37:42et juste
37:43merci beaucoup
37:44d'avoir participé
37:46à notre agora
37:47sur l'énergie
37:48donc merci à vous
37:49Hélène Deniz
37:50je rappelle que vous êtes
37:51à la fondation
37:52Abbé Pierre
37:53en charge
37:53des questions
37:54de précarité énergétique
37:57Nicolas
37:57Nass
37:58je vous rappelle
37:59et je vous remercie
38:00d'avoir participé aussi
38:01je rappelle que vous êtes
38:02à Greenpeace
38:04chargé des questions
38:05d'énergie
38:05et de climat
38:06et puis
38:07Sébastien
38:07Ménespillé
38:08de la fédération
38:10mini-énergie
38:10de la CGT
38:11merci beaucoup aussi
38:12de vous être prêté
38:13au jeu
38:14et puis
38:14à bientôt
38:15pour un nouveau rendez-vous
38:16sur ces thématiques