- il y a 5 heures
Sur CNews, chaîne d’information propriété de Vincent Bolloré, les heures qui ont suivi l’annonce de la mort de Jean-Marie Le Pen ont autant été marquées par l’apologie des thèses du fondateur du Front National que par des comparaisons douteuses avec Jean-Luc Mélenchon. Avec Florent Le Du, journaliste politique, on revient sur le traitement médiatique de la disparation du fondateur du Front National.
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NewsTranscription
00:00Florent Ledue à ma droite, journaliste à la rubrique politique, spécialiste notamment de l'extrême droite.
00:05Tout à fait.
00:06Voilà, donc Jean-Marie Le Pen est décédé.
00:09Et on va discuter ensemble à la fois des choix du journal du traitement de Jean-Marie Le Pen
00:13et puis aussi de revenir un peu sur la vie de Jean-Marie Le Pen
00:18pour comprendre un petit peu, revenir sur quelques éléments particulièrement nauséabonds.
00:22Il y a eu des papiers sur les réactions de la gauche, des papiers sur les réactions de la droite,
00:24il y a eu des papiers aussi sur les réactions des médias.
00:27Je pense notamment à un récit d'Anthony Cortez sur le traitement médiatique de CNews.
00:33C'est ça, en fait, Anthony, il a pris, donc, Anthony Cortez du service politique de l'humanité,
00:41a pris à partir de 13 heures, à partir de l'annonce, il s'est branché sur CNews
00:44et a pris les deux premières heures de la couverture médiatique de CNews
00:48pour voir ce qui est dit de Jean-Marie Le Pen, plus que de sa mort.
00:55Et ça en dit long sur ce qui est devenu CNews, mais avec des choses quand même étonnantes,
00:59parfois des prises de distance et surtout des comparaisons, mais qui ne sont pas seulement du fait de CNews,
01:05mais des comparaisons honteuses avec Jean-Luc Mélenchon,
01:10où directement, en fait, par beaucoup de gens, il y a un dessin de Plantu
01:15qui arrive très, très vite après la mort de Le Pen, c'est-à-dire que sa première réaction à
01:20Plantu,
01:21mais comme à beaucoup d'autres.
01:22Donc Plantu, un dessinateur de presse bien connu.
01:24Non, mais t'inquiète, je vais faire les sous-titres, c'est aussi mon boulot.
01:27Qui est un peu viré.
01:29Donc Plantu qui fait deux dessins,
01:33un de Jean-Marie Le Pen avec la fameuse phrase sur les chambres à gaz,
01:38qui sont pour lui un détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale,
01:41et l'autre de Jean-Luc Mélenchon quand il dit que l'antisémitisme est résiduel en France.
01:47Donc il met les deux sur le même plan en mettant comme commentaire
01:50« Jean-Marie Le Pen n'est pas mort ».
01:52Et donc la première réaction de Plantu, mais aussi d'autres gens,
01:57beaucoup du printemps républicain, je pense à un autre dessinateur, Xavier Gors,
02:01qui est allé là-dessus aussi, sur CNews, mais quelques éditorialistes aussi.
02:06La première réaction, c'est pas de se dire
02:09« Attention, l'héritier de Jean-Marie Le Pen, c'est nul autre que sa fille,
02:15qui a à peu près le même programme, qui a le même parti, qui a le même nom.
02:18Non, non, si on doit chercher un héritier, c'est Jean-Luc Mélenchon,
02:24qui a combattu toute sa vie les idées du Fond National,
02:27dont on peut dire beaucoup de choses, mais en tout cas on ne peut pas reprocher ça.
02:31Oui, on peut être très critique de Mélenchon, ça c'est pas un problème.
02:34Je recherche, parce que dans l'article d'Anthony, il y avait une citation sur,
02:38en gros, l'antisémitisme d'hier c'est Le Pen, l'antisémitisme d'aujourd'hui c'est Jean-Luc Mélenchon,
02:43mais j'aimerais bien retrouver la citation exacte, et surtout qui l'a dit.
02:46Ça ne te dit rien, Florent, aide-moi.
02:48Si, mais je ne sais plus qui le dit exactement.
02:51Bon, de toute façon, allez lire tous les articles qu'on a écrits.
02:53Oui, je sais que Mathilde Vaillogrin remarque celui-là, je vais peut-être vous le mettre dans le chat.
02:57Je crois qu'il est en accès libre en plus, il me semble.
03:01Ah oui, c'était Goldanel.
03:02Enfin bref, parce que c'est bien, moi j'ai beaucoup aimé lire ce papier,
03:06parce qu'il y a à la fois le côté un peu récit, où on suit un peu heure après
03:09heure,
03:10à partir de l'annonce jusqu'à les premières analyses.
03:14Et puis en même temps, ça permet aussi de donner à voir tout un éventail de personnalités,
03:19des éditorialistes, des dessinateurs de presse, des journalistes de CNews,
03:23enfin tout un tas de gens qui s'accordent à dire ce que tu disais,
03:26que finalement Jean-Luc Mélenchon et Jean-Marie Le Pen, un peu même combat.
03:29Je ne sais pas jusqu'où ils en sont allés pour arriver à ce genre de conclusion.
03:33En fait c'est marrant parce qu'on voit, ils pensent tous plus ou moins la même chose sur l
03:38'actualité.
03:40Mais ils n'ont pas tous du tout le même rapport à Jean-Marie Le Pen,
03:44les gens qui sont sur le plateau de CNews à ce moment-là.
03:50Donc il y en a pour qui, enfin qui ont grandi, comme nous, comme beaucoup de gens,
03:55avec l'image de Jean-Marie Le Pen comme, voilà, j'ai dit un infréquentable, mais non, c'est trop
04:01peu.
04:01L'image du racisme et de l'antisémitisme en France, c'est Jean-Marie Le Pen.
04:07Donc eux ont grandi avec ça, donc n'ont pas de sympathie pour lui.
04:10Mais par contre, comme ils épousent maintenant à peu près les idées du Rassemblement national,
04:15eh bien il y a une espèce de mécanique de vouloir désolidariser les deux.
04:21C'est-à-dire d'un côté dire, bah oui c'est vrai, en fait, Jean-Marie Le Pen avait
04:24raison,
04:25avec à chaque fois des évidemment, bien sûr, comme si...
04:28Ça coulait de source.
04:29Il n'y avait pas de débat, il avait raison sur l'immigration, il avait raison sur l'islam.
04:33Ça c'est le lendemain, Pascal Praud, je crois qu'il sort une phrase comme ça, il dit...
04:38Il dit, voilà, il y a quand même beaucoup de choses quand on voit les archives,
04:41où Jean-Marie Le Pen était précurseur, l'immigration bien sûr, mais aussi l'islam.
04:46Et puis, bon, pas de contraction évidemment.
04:48Mais voilà, donc il y a les gens qui vont prendre Le Pen,
04:53mais avec un rejet quand même de globalement ce qu'a été l'histoire de Jean-Marie Le Pen,
04:57ses dérapages, tout ça, pour dire, bon, bah les dérapages maintenant c'est fini,
05:00en fait ils sont du côté de la gauche maintenant, et d'autres qui eux sont des compagnons de route
05:06de l'extrême droite depuis à peu près toujours, et qui vont en fait réhabiliter l'image de Jean-Marie
05:13Le Pen,
05:13ce qu'a fait totalement le Rassemblement National, vraiment dans son ensemble.
05:19Je n'ai pas vu passer un seul élu du Rassemblement National,
05:23même ceux qui combattaient Jean-Marie Le Pen dans une autre vie,
05:27lui reprochaient quoi que ce soit aujourd'hui.
05:29Je veux une question, est-ce que ces outrances prennent vraiment,
05:32j'aimerais avoir votre avis, c'est tellement gros ?
05:34C'est vrai qu'à nous, nous, Florent et moi, et à vous, tout un autre chat,
05:37ça nous paraît tellement gros, mais j'ai quand même l'impression que ça,
05:40à force de répéter et d'assommer ce genre d'imbécilité, d'outrance, comme tu dis,
05:45est-ce que ça ne finit pas par reprendre, Florent ?
05:47On peut faire plusieurs analyses différentes.
05:49Déjà, il y a ce que va chercher, je suppose qu'on parle des outrances de Jean-Marie Le Pen.
05:55Je pense qu'on parlait de ce que répète CNews à longueur de journée,
06:00sur le rapprochement Jean-Luc Mélenchon, Jean-Marie Le Pen.
06:05Je pense que c'était ça dont le viewer ou la vieuse voulait parler.
06:09Est-ce que, quand CNews nous rabâche ça à longueur de journée,
06:12est-ce que les gens finissent par être convaincus ?
06:14Que finalement, Mélenchon...
06:15En tout cas, ça sort de CNews.
06:17Donc, il y a un moment, oui, moi, j'imagine que ça ne peut que convaincre des gens.
06:22Après, c'est très dur de quantifier ça.
06:26Mais ce qu'on peut mesurer, c'est que, oui, des choses comme ça, ils franchissent.
06:29C'est comme si on prend l'exemple de mots islamo-gauchistes.
06:34Au début, il y a encore dix ans, il n'y avait que l'extrême droite qui parlait d'islamo
06:39-gauchisme.
06:40Maintenant, il y a même des gens qui se revendiquent de gauche et qui parlent d'islamo-gauchisme.
06:45Donc, en fait, de la même façon que ces mots franchissent les frontières de l'extrême droite,
06:52ce type de comparaison d'outrance, ça franchit aussi ces frontières-là.
06:58Comme grand emplacement.
06:59Alors, j'ai entendu moins de gens de gauche, enfin, dits de gauche, parler grand emplacement.
07:02Mais grand emplacement, c'est pareil.
07:04Le wookisme, c'est pareil.
07:07À partir du moment où ça sort des sphères d'extrême droite ou des médias d'extrême droite,
07:10on peut dire que ça a forcément un impact.
07:12Quel est cet impact ?
07:13C'est difficile de identifier, tu le disais.
07:14Mais on parlait des réactions, tu disais, les réactions du Rassemblement National.
07:20Il n'y a personne, aucun représentant, aucun militant n'a eu aucun mot pour décrire et définir et rappeler
07:26le passé.
07:27Même un petit peu, genre, il a peut-être eu une fois une phrase antisémite, même ça, il n'y
07:31a pas eu.
07:34Mais y compris de gens qui viennent d'autres familles politiques, entre guillemets.
07:40Oui, je voyais Bayrou dans le chat.
07:42À peu près les mêmes familles politiques.
07:44Si on regarde juste sur les députés, les élus RN, les gens qui viennent du parti de Dupont-Aignan
07:51et qui pouvaient être très virulents à l'égard du RN, et en particulier de Jean-Marie Le Pen, il
07:56y a 10-15 ans.
07:59Sébastien Chenu, c'était vraiment son cas.
08:01Et mercredi, il parle de lui comme un immense patriote, visionnaire, un homme d'une immense culture
08:07qui a porté l'espoir de millions de Français.
08:08Et en fait, ça a été ça le récit du RN toute la journée, c'est de dire que c
08:13'était un héros, un visionnaire.
08:15Il avait raison avant tout le monde, il nous a donné la voie, il nous a dit avant tous les
08:23dangers de l'immigration,
08:25les dangers de l'étranger, de l'islam.
08:29Et donc, en fait, ce qui a révélé ce jour-là, c'est que la fable de la dédiabolisation du
08:34RN,
08:35que la dédiabolisation du RN, justement, est une fable, qu'il n'y a jamais eu de rupture.
08:40Il y en a eu dans la mise en scène et il y en a eu à l'exclusion de
08:43Jean-Marie Le Pen.
08:44Parce que c'était aussi un coup de communication.
08:47Mais c'était plus stratégique.
08:48On arrête avec ça, après encore, je ne les ai plus en tête,
08:54mais encore de nouvelles outrances de Jean-Marie Le Pen en 2015,
08:57dire voilà, nous on en a fini avec ça.
08:59Donc c'est une stratégie de dédiabolisation,
09:03mais on voit bien que ce n'est qu'une stratégie de communication
09:05quand, en fait, tout le monde se réclame de lui.
09:09Nous, on n'en avait aucun doute.
09:11De toute façon, on regarde les programmes, il n'y a pas grand-chose qui a changé.
09:13Et ce qui a changé, effectivement, c'est la manière de dire les choses.
09:17De deux façons, c'est que, déjà, des phrases comme le point de détail de l'histoire,
09:22ou même sur l'immigration ou sur l'islam,
09:25ils disent à peu près la même chose.
09:26Maintenant, dans le discours du RN, c'est un peu plus élucoré, c'est vrai.
09:30Il y a ça.
09:30Il y a aussi que, parfois, c'est la même phrase qui choquait en 1985
09:33et qu'on n'entend même plus aujourd'hui.
09:38Mais la matrice idéologique du Rassemblement national
09:42est à très peu de choses près la même que celle du Front national créée en 1972.
09:48Puis même, peut-être, les petits détails qui ont pu changer,
09:50je pense par exemple à l'Europe, leur vision de l'Europe, elle a changé.
09:53On a un peu l'impression que c'est plus opportuniste qu'ils ont vraiment changé d'avis.
09:59C'est juste qu'ils se sont rendus compte que c'était peut-être plus la meilleure stratégie
10:02pour réussir à choper les mains.
10:03Oui, et puis en fait, ça, ce n'est pas une ligne continue dans le FN.
10:08Il y a eu un moment, je n'ai plus la date exacte, c'est à la fin des années
10:1180, il me semble,
10:12où Jean-Marie Le Pen, en fait, se dit finalement, pro-européen,
10:16dit que c'est avant la fin des années 80, puisqu'on est encore dans un contexte de guerre froide.
10:25Et donc justement, lui, son idée, c'est que, enfin depuis le début,
10:29son idée, c'est de trouver une troisième voie au départ, une troisième voie entre gaullisme et communisme.
10:33Et là, c'est une troisième voie entre l'impérialisme américain et le soviétisme.
10:40Et donc, pour lui, à ce moment-là, il dit, on est prêt à lâcher un peu de la souveraineté
10:46française
10:46pour avoir une Europe forced vis-à-vis de ces deux blocs-là.
10:51Et pour l'identité européenne, du Le Pen dans le texte derrière ça.
10:58Mais tout ça pour dire que, en fait, l'Europe, ce genre de choses où ça a pu changer,
11:03c'est qu'il n'y a pas de ligne directrice dans l'histoire du FN là-dessus.
11:07C'est pour ça que je disais que c'était plus par rapport d'utilisme, en fonction de ce qu
11:09'ils imaginaient
11:11pouvaient plus convaincre, pouvaient plus séduire, ils édulcorent ou ils augmentent un peu les curseurs.
11:17Et économiquement, c'est la même chose.
11:20Là, on revient petit à petit, sans trop le dire, parce qu'ils essayent de ne pas perdre leur électorat
11:27ouvrier,
11:29mais on revient vers le pur libéralisme réganien qui était celui prôné par Jean-Marie Le Pen
11:37dès la fin des années 70, où là encore, il y a eu un changement
11:41parce qu'ils voyaient bien que c'était dans l'électorat de droite qu'il fallait aller chercher des voies
11:45et donc se convertir avant la gauche au libéralisme.
11:49Alors qu'ils ont quand même eu un petit passage, un gros passage, plus protectionnisme,
11:53en tout cas, c'était ça qu'ils mettaient en avant, alors que là, effectivement, ils mettent plus en avant
11:57leur côté néolibéral.
12:00Tu parlais des... Ah non, je crois que c'est toi qui l'avais écrit, non ? C'est Margot
12:03qui l'a écrit, celui-là ?
12:04Sur les pires phrases, les pires sorties de Jean-Marie Le Pen.
12:07Tu sais qu'en 2015, c'était une de ces phrases qui avait acté un petit peu le départ,
12:11enfin l'exclusion de Jean-Marie Le Pen.
12:14Je ne sais plus si c'était une nouvelle sortie antisémite
12:20à propos de Patrick Bruel, qui mériterait une fournée.
12:26Ça, c'était en 2014.
12:28Alors attends, je ne suis plus connecté à la WordPress, donc je ne peux plus aller voir l'article.
12:31Donc vas-y, je me connecte, mais vas-y, explique-nous.
12:34En 2015, il revenait sur l'inégalité des races, ce qu'il n'a jamais lâché.
12:40Et c'est fou qu'on parlait des couvertures médiatiques.
12:44Je ne sais plus quel journal, si c'est dans le Figaro ou dans le coin.
12:47Ah oui, c'est vrai que tu voulais qu'on...
12:48Il parle de sortie, il ne dit pas raciste, il dit racialiste.
12:53Il y a un article du Figaro, le premier de Charles Sapin, qui est sorti après l'annonce,
12:59de la mort de Jean-Marie Le Pen, le premier papier qui sort.
13:02On parle d'un homme controversé.
13:05On n'utilise pas du tout les mots extrême droite.
13:08On a vraiment énormément de pudeur à nommer ce qu'était Jean-Marie Le Pen,
13:14ce qui paraît fou quand on connaît son parcours.
13:18Il était mort il y a 20 ans et jamais on n'aurait eu une couverture pareille.
13:24Si on repense à la Une du Parisien...
13:26C'est vrai qu'avant le stream, tu savais qu'on pouvait aller voir un peu la façon dont a
13:31été traité la mort de Jean-Marie Le Pen par nos confrères journaux.
13:37Je ne crois pas qu'on ait Marianne sur le kiosque.
13:40Si, mais c'est dans les... de quoi ?
13:42Marianne. Ah oui, ça doit être dans les...
13:44Je ne sais pas si c'est encore paru.
13:46Je ne l'ai pas vue, la Une de Marianne, je t'avoue.
13:51En revanche, on a vu passer rapidement la Une du Parisien, qui est tout simplement...
13:55C'était Le Pen.
13:56Celle de Paris Match est intéressante.
13:57Oui, celle-là.
13:58Paris Match qui est passée sous pavillon Bolloré.
14:02Jean-Marie Le Pen, une histoire française.
14:03On dirait un documentaire de Laurent Delahousse le dimanche soir sur Michel Fugin.
14:10Une histoire française par Catherine Ney.
14:13Est-ce que tu as lu le papier ?
14:14J'en ai lu une partie.
14:17Parce qu'il est...
14:19Par point.
14:19Et pareil, c'est très...
14:21Du Corée, on est aussi...
14:23C'est aussi Paris Match, mais on est sur la dynastie Le Pen, ses histoires de famille,
14:29beaucoup d'éléments comme ça, et de traits de personnalité.
14:34Et pareil, des thèmes comme contesté, controversé, clivant.
14:40Enfin, non.
14:42Il n'était pas clivant, il était raciste, anti-sénite.
14:43Par contre, oui, c'est ça.
14:44Un petit peu plus que clivant.
14:47Donc Paris Match, tu disais, le Parisien...
14:50Attends, il faut que je remonte dans les...
14:53Quotidien.
14:54Le Parisien, il semble que c'est juste...
14:56Voilà, c'était Le Pen.
14:58C'est quand même très faible.
14:59Ce qui est moins le cas pour être tout à fait juste dans leur traitement.
15:04Pour le coup, les mots sont donnés.
15:08Mais est-ce que tu penses que...
15:09Mais quand même, on voit qu'il y a un très gros changement dans la couverture médiatique.
15:16Et surtout, je pense...
15:18Je ne suis pas dans la rédaction du Parisien, mais je pense qu'il y a en tête le côté...
15:22Attention, dans nos lecteurs, on a des électeurs du RN.
15:24Et donc, on ne peut pas mettre en une...
15:28Même le Diable est mort, qui est le nom de l'article.
15:32Je pense qu'ils se sont dit, on ne met pas ça en une.
15:34On va mettre quelque chose d'un peu neutre.
15:37Et en plus, le Diable est mort, le fait d'utiliser le mot Diable et de le mettre entre guillemets,
15:41ça permet aussi aux journalistes à la rédaction d'apporter un petit peu de distance.
15:45Ce n'est pas eux qui le disent.
15:46Oui, et puis, à côté, dans le terme de Diable, on pense aussi à dédiabolisation.
15:51Et dire que lui, c'était le Diable, alors que sa fille...
15:53Ah, mais bien sûr !
15:55On peut le voir comme ça.
15:56Ah, bien sûr ! J'aime beaucoup ta lecture.
15:57Elle me plaît, donc je suis d'accord.
16:00Je vois beaucoup de réactions dans le chat.
16:02C'est dingue, ils ont juste changé de nom.
16:04Mais beaucoup, les idées sont différentes, les personnes sont les mêmes.
16:06Oui, bien sûr, mais les gens ne veulent pas l'entendre.
16:08En Macron aussi, il y a les mêmes discours et ça passe.
16:10Les mamadoues à l'hôpital, le discours colonialiste, c'est un mètre, etc.
16:12On vit dans l'idocratie, c'est incroyable.
16:13D'ailleurs, ça me fait penser, il y a aussi une réaction qui a fait beaucoup parler.
16:17C'est celle de notre cher nouveau Premier ministre, François Bayreau.
16:22Parce qu'autant, je me rappelle, on en discutait hier, je crois, avant-hier,
16:26autant le communiqué de l'Elysée, bon, on ne s'attendait pas à beaucoup plus.
16:31Je m'en veux justement d'avoir écrit dans l'édition de l'arc-redi,
16:40que le communiqué de l'Elysée est plus digne lorsqu'il souligne que le cas de Le Pen relève désormais
16:46du jugement de l'histoire.
16:47Et en fait, après en avoir discuté avec des collègues, non, ça ne va pas non plus.
16:51Parce que relève désormais du jugement de l'histoire.
16:54En fait, l'histoire a déjà jugé Jean-Marie Le Pen.
16:56Les tribunaux aussi ont jugé Jean-Marie Le Pen.
17:00Donc, en fait, l'Elysée aurait pu aussi nommer ça.
17:03Plutôt que de choisir une manière de prendre des pincettes,
17:07de ménager un peu la chèvre et le chou, de dire,
17:11« Regardez, on écrit quand même qu'il faudra qu'il soit jugé devant l'histoire,
17:15c'est donc que c'est grave ce qu'il a pu dire. »
17:18Mais en même temps, on ne dit pas ce qu'il a pu dire.
17:21Alors, on ne va pas dire plus digne, on va dire moins pire.
17:24Voilà. François Bayrou, on va quand même assez loin.
17:28C'est-à-dire que pour lui, les propos et les idées de Jean-Marie Le Pen
17:34sont des polémiques, au-delà des polémiques.
17:38Vous l'avez là sur l'écran.
17:40Donc, on en revient au vocabulaire de contester, clivant.
17:45Il ne mettait pas tout le monde d'accord.
17:47On euphémise tout.
17:49Et comme si, pareil, là, il ne faut pas froisser.
17:54On parlait du Parisien qui ne veut peut-être pas perdre quelques lecteurs.
17:57François Bayrou, peut-être qu'il ne veut pas perdre son siège aussi.
17:59Voilà, il y a justement Rianjad qui dit « Bayrou, c'est par l'acheter de peur de se faire
18:02censurer,
18:02ce qui arrivera quand même. »
18:03C'est possible, oui.
18:05Tu penses que c'est vraiment ça qui a motivé ?
18:06Je ne sais pas.
18:09Je pense que s'il n'était pas Premier ministre, il aurait fait un tweet différent.
18:12Ça, je suis à peu près sûr.
18:15Après, il Bayrou, ça fait quand même plusieurs années qu'il est assez tendre.
18:20Avec le RN, il l'était moins avec Jean-Marie Le Pen, mais comme personnalité de toute façon.
18:27Donc, sans doute qu'il aurait eu quelques autres mots.
18:30Mais après, je pense que c'est aussi une vision de la politique, des affrontements politiques,
18:36qu'il y a dans ce tweet-là.
18:37Il dit « Jean-Marie Le Pen aurait été une figure de la vie politique française.
18:40On savait en le combattant quel combattant il était. »
18:43Ma première réaction, quand j'ai vu ce tweet, j'ai l'impression que c'était Novak Djokovic
18:47qui réagissait à la retraite de Rafael Nadal.
18:50C'est-à-dire, c'était un super adversaire.
18:53Franchement, j'aimais combattre contre lui.
18:56Et non, c'était Jean-Marie Le Pen qui a fait monter des idées racistes,
19:02xénophobes, islamophobes dans la société, et durablement,
19:05pour qu'aujourd'hui, on ait l'extrême droite qui est à 30%.
19:08On ne peut pas le prendre comme un adversaire politique, comme un autre, Jean-Marie Le Pen.
19:12Ce n'est pas n'importe qui.
19:13Et de toute façon, ça correspond à toute la dédiabolisation.
19:16On fait rentrer le RN dans le fameux arc républicain.
19:18Et en fait, je me dis, tu vois, si le tweet s'était arrêté,
19:21il aurait été une figure de la vie politique française,
19:23ça aurait suffi à contenter, en tout cas à ne pas froisser,
19:26les potentiels députés RN à ne pas voter la censure.
19:30Mais c'est aussi, effectivement, cette dernière phrase qui pose question,
19:35parce qu'il y a effectivement la question de l'adversaire politique comme les autres.
19:39Il a choisi d'utiliser le terme combattant pour qualifier Jean-Marie Le Pen,
19:43après ce que Roiser a raconté tout à l'heure,
19:44surtout le passé pendant la guerre d'Algérie, le passé tortionnaire, etc.
19:48Le choix des mots est quand même extrêmement douteux.
19:51L'Algérie, on peut même rajouter l'Indochine, dont on parle beaucoup moins,
19:53parce qu'il n'a pas, enfin, en tout cas, il ne s'est pas documenté,
19:57il usait de la torture.
20:00Mais par contre, il disait qu'il y allait pour casser du viet.
20:04Que pensez-vous du gouvernement Bayrou ?
20:06Alors, ce n'est pas la question qu'on se pose aujourd'hui.
20:08On aura d'autres streams dans la semaine ou dans les mois qui viennent
20:11pour qualifier le gouvernement Bayrou.
20:14Spoiler, pas beaucoup de biens.
20:16On va le développer un petit peu.
20:17Mais de toute façon, n'hésitez pas à aller lire tous les articles de l'Humanité
20:21si vous avez envie de mieux comprendre à la fois l'analyse du nouveau gouvernement
20:27et puis aussi les points de vue.
20:28Si vous voulez savoir ce qu'en pense l'Humanité,
20:30le meilleur moyen, c'est d'aller lire les éditos de nos rédacteurs et rédactrices en chef,
20:35puisque autant, nous, notre boulot de journaliste,
20:37ce n'est pas tellement de donner notre avis, ce qu'on pense de tel ou tel truc,
20:39alors que le rôle des éditorialistes, c'est bien celui-là.
20:42C'est de donner leur avis sur un fait d'actualité.
20:47Donc, n'hésitez pas à aller lire tout ça.
20:49La vraie question, quelle est la différence entre Macron et Le Pen,
20:51à part qu'il y a un qui n'assume pas son racisme et qui a fait...
20:53Ah ouais, putain, c'est une question à l'appareil.
20:54Est-ce que tu as quelques heures devant toi pour répondre ?
20:59Moi, je ne les comparerais pas.
21:01Je peux comprendre pourquoi on le fait.
21:06En plus, c'est dur, parce que je n'ai pas envie non plus
21:10de défendre Macron dans cette comparaison.
21:14Mais c'est très différent.
21:16Déjà, c'est des gens qui, quand ils rentrent en politique,
21:20n'ont pas du tout les mêmes objectifs,
21:23n'ont pas du tout les mêmes évolutions idéologiques.
21:27Il y a beaucoup de points communs, évidemment.
21:29Après, je suis sûr que la comparaison soit très pertinente,
21:33ou alors il faudrait vraiment les prendre sur des points très précis.
21:36Non, mais c'est forcément des questions qui se posent,
21:38mais ça mérite des développements
21:40et ça mérite de s'y pencher un peu plus sérieusement
21:43qu'en 10 secondes pendant un stream.
21:45Mais il doit y avoir des articles qui traitent ce sujet.
21:50Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
21:51Attends, il y avait d'autres trucs que je voulais montrer au stream.
21:55Le casier judiciaire, est-ce qu'on a envie de parler du casier judiciaire ?
21:58Oui, on disait tout à l'heure qu'il a été condamné par la justice.
22:00Je crois 11 condamnations, dont il me semble 6
22:03pour injure à caractère racial, incitation à la haine,
22:06enfin voilà, homophobie, pareil.
22:11La dernière, c'était là-dessus.
22:13Ça, c'est pour les coulisses.
22:16On a pensé à cet article-là, mercredi, assez rapidement,
22:20parce qu'en fait, on les avait toutes crues,
22:24les 11 condamnations,
22:25puisqu'elles sont écrites noir sur blanc
22:29sur l'ordonnance de renvoi,
22:31c'est-à-dire en gros le dossier pénal
22:34du procès des assistants parlementaires du Rennes,
22:37puisque lui était dedans.
22:39Et donc à la fin de l'ordonnance de renvoi,
22:40on a les condamnations de chacun.
22:42Souvent, il n'y en a pas,
22:43ou alors il y en a une ou deux,
22:44et puis lui, ça prend de page.
22:47Donc on l'avait bien remarqué,
22:49et on y avait pensé.
22:50Et donc, il évitera une 12e condamnation
22:54dans cette affaire des assistants parlementaires,
22:56pour lesquels son cas a été de toute façon disjoint
23:00des débats qui ont eu lieu en octobre.
23:02Et c'est vrai que c'est aussi toi qui suis cette affaire-là.
23:06Je crois que tu avais fait un stream.
23:07Ce n'était pas avec moi.
23:08Je ne sais plus avec qui c'était.
23:09Non, on avait fait un stream au tout début de la chaîne Twitch.
23:14D'ailleurs, on n'en avait pas encore ce studio.
23:16C'est vrai.
23:17Mais en même temps, ce studio,
23:17ça ne fait pas si longtemps qu'il est là.
23:18Ce qui fait que je me suis trompé de ça avant.
23:22Ah, c'est vrai ?
23:22Tu nous attendais là-haut, à perdre.
23:23C'est vrai que j'ai eu pensé à te redire.
23:27Qu'est-ce que je voulais dire ?
23:28Oui, il est casé du cire.
23:29Alors, il me semble bien qu'en fait,
23:31ce dont parlait Rosa au début,
23:33l'histoire du couteau, etc.,
23:34de son passé tortionnaire,
23:34en fait, il n'a jamais été condamné pour ça.
23:36Non.
23:37Alors que c'est aussi un des...
23:39J'ai vu beaucoup de gens sur les réseaux dire
23:41que le seul regret qu'on a dans le décès de Jean-Marie Le Pen,
23:44c'est le fait qu'il est mort
23:46en n'ayant pas répondu de ces actes-là,
23:49Alors, il a été condamné pour plein de choses,
23:50mais effectivement, pour ça, il ne l'a pas été.
23:52Donc, on disait...
23:53C'est chiant que j'ai été déconnecté de WordPress.
23:56On ne peut pas lire les papiers.
23:56Non, et puis il y a d'autres morts
23:59pour lesquelles il n'aurait pas pu être condamné,
24:01mais dans lesquelles la question de la responsabilité
24:03doivent se poser.
24:07Parce qu'il n'est pas étranger.
24:09On pense à surtout deux morts en 1995.
24:15L'un tué par des colleurs d'affiches
24:17d'affiches du FN,
24:19je vais dire du RN.
24:20Je suis dans l'autre sens maintenant.
24:21Du FN et l'un jeté dans la scène
24:24juste après le défilé,
24:26le rassemblement du 1er mai
24:27devant la statue de Jeanne d'Arc.
24:30Donc, les deux, c'était en 1995.
24:33Et on a assez apprécié
24:36que spontanément,
24:38que ce soit des élus,
24:39mais aussi beaucoup de gens,
24:43je vais dire de Jean-Landa,
24:46de la société civile.
24:47Des vrais gens.
24:49J'allais dire des vrais gens,
24:50mais bon, les élus sont des vrais gens.
24:52Qui ont spontanément pensé à eux,
24:56à Amène Moulet aussi,
24:59évidemment torturé en Algérie.
25:01Mais à ces morts-là,
25:03avec vraiment cette idée-là,
25:05et un article que tu as fait toi, Théo.
25:07Tu es venu me voir à 16-17h en disant,
25:09ce serait pas mal de faire un truc là-dessus.
25:11Parce que, ce n'est pas moi
25:13qui ai eu cette idée-là.
25:14Il y a Yann Brossat aussi
25:15qui a fait un tweet,
25:16Léa Balaj El-Marie Kyi.
25:20C'est vraiment l'idée,
25:21le jour de la mort de Jean-Marie Le Pen,
25:23il y a des gens à qui il faut rendre hommage.
25:25C'est les victimes du Front National.
25:27Il y a des victimes directes.
25:29Il y en a évidemment beaucoup d'autres
25:30qui sont des victimes du fait
25:32que l'idéologie du FN
25:34se soit propagée
25:36à des niveaux terrifiants aujourd'hui.
25:38Oui, mais quand on dit ça,
25:40ce n'est pas des menaces,
25:41mais ce n'est pas des paroles en l'air.
25:42C'est-à-dire que, dernièrement,
25:43notamment au moment des élections législatives,
25:46il y a eu un vrai regain
25:48des violences, des agressions,
25:50des menaces, des insultes, etc.
25:52contre des élus,
25:53contre des journalistes,
25:54contre des militants,
25:55contre des personnes racisées,
25:57en gros, tout ce que l'extrême droite
25:59et les fascistes détestent.
26:01Donc, c'est vrai que c'était important aussi.
26:02Et on ne peut pas enlever la responsabilité
26:05de 50 ans de Jean-Marie Le Pen
26:09à la tête de l'extrême droite française
26:14avec toutes ses sorties,
26:16avec une volonté d'infuser
26:19un racisme dans la société.
26:21Alors, peut-être que le racisme
26:23est peut-être moins important d'ailleurs
26:25aujourd'hui que dans les années 80.
26:27C'est ce que disent beaucoup d'études,
26:29notamment celle de la Commission consultative
26:33nationale des droits de l'homme,
26:34qui est très intéressante
26:35et qui emmène ce paradoxe-là
26:37du fait qu'il y a une société
26:38de plus en plus tolérante
26:39et pourtant un vote d'extrême droite
26:41qui augmente.
26:42Mais tout ça pour dire que les outrances,
26:45enfin, les outrances et les idées,
26:47en fait, de Jean-Marie Le Pen
26:49dans les années 80, 90, 2000,
26:52je pense qu'elles ne sont pas étrangères
26:53au fait qu'il y ait une parole
26:54qui s'est libérée au moment des législatives
26:59mais qui ne s'est pas renfermée après
27:03dans toute une partie de la population.
27:05Alors après, oui, le racisme
27:08et l'extrême droite existent ailleurs
27:10qu'en France,
27:11ce n'est pas que Jean-Marie Le Pen,
27:13mais il a une grande responsabilité là-dedans.
27:15Non, puis ce que je te disais,
27:17effectivement, avec les élections législatives,
27:19quand le RN arrive au pouvoir
27:20et que, je me rappelle notamment,
27:22il y a eu beaucoup d'agressions
27:24homophobes ou transphobes
27:26à ce moment-là,
27:27genre le soir même ou le lendemain
27:29avec des militants du RN
27:30qui disaient,
27:32ça y est, oui, le début juin, là.
27:34Ah oui, l'élection européenne, pardon,
27:35j'ai dit législative européenne.
27:36En plus, tu as dit arrive au pouvoir,
27:37ils n'ont pas gagné.
27:38Ah oui, arrivé en tête,
27:39ça y est, c'est la fin du script,
27:40je commence par raconter n'importe quoi.
27:41Ils sont arrivés très, très largement en tête.
27:42Donc, les élections européennes,
27:44quand le RN arrive en tête
27:45aux élections européennes
27:46et que le soir même,
27:47dans la nuit et le lendemain,
27:48il y a des agressions homophobes
27:49avec des militants
27:50qui, en gros, course des personnes
27:52identifiées comme homosexuelles
27:53en disant, enfin,
27:54je caricature,
27:55je n'ai plus les parles en tête,
27:56mais en gros, ça y est,
27:56c'est votre tour, ça arrive.
27:58Ça montre bien que
27:59les idées rances
28:02insufflées par Jean-Marie Le Pen
28:03reprises par le RN
28:04ont des conséquences très directes
28:05sur la vie des gens
28:07et que c'est aussi pour ça
28:08que toutes ces personnalités politiques
28:11ont décidé de rendre hommage
28:12aux victimes de l'extrême droite.
28:14C'est aussi pour se rappeler
28:15que l'extrême droite,
28:16c'est évidemment des idées nauséabondes,
28:19mais c'est aussi la violence,
28:21le meurtre,
28:21la torture,
28:23la haine de l'autre.
28:24Ce n'est pas des concepts
28:26un peu lointains.
28:27Ça touche vraiment
28:28la vie des gens
28:29dans la chair des gens.
28:30Et donc,
28:30c'est aussi pour ça
28:31que l'humanité,
28:31en fait,
28:32on avait...
28:32C'est lié,
28:32ce n'est pas des dérives.
28:33Oui, bien sûr.
28:35Ça fait partie,
28:36c'est le bras armé
28:37d'une idéologie,
28:38en fait,
28:39cette violence-là.
28:40Et donc,
28:40c'est pour ça
28:40que l'humanité,
28:41c'est aussi joint
28:42à ses hommages
28:44pour dire que nous aussi,
28:45on pensait effectivement
28:46à toutes celles et ceux
28:47qui sont morts
28:48sous les coups des fascistes
28:49ou sous les coups
28:50des idées fascistes.
28:52Voilà,
28:52ça nous paraissait important
28:53de le faire.
28:55Il nous reste...
28:57De toute façon,
28:57on arrête,
28:57on continue,
28:58on fait ce qu'on veut,
28:59on est libre,
28:59c'est nous qui maîtrisons
29:00le stream.
29:01Est-ce qu'il y a
29:01un dernier truc peut-être
29:02dont tu voulais parler,
29:04Florent ?
29:04Je fais un peu le tri
29:05dans les pires sorties,
29:07on va peut-être
29:07par revenir dessus.
29:08Ça, c'est quoi ?
29:09Ça, on en a parlé ?
29:12Ça, je vais quand même
29:12vous le montrer,
29:13c'est la fameuse
29:14nécrologie de Grégory Marin,
29:16cette nécro très longue,
29:19très intéressante à lire,
29:20qui revient,
29:20là, c'est vraiment
29:21la nécrologie,
29:21donc on revient
29:21sur l'histoire du personnage.
29:25Et j'ai une petite fierté,
29:26c'est que j'ai titré,
29:27c'est moi qui ai titré
29:29cet article-là,
29:30avec Simon,
29:31donc Simon qui est éditeur web,
29:32on a tous les deux...
29:32En fait,
29:33à cette première alerte
29:34en octobre,
29:35il y avait cette nécrologie
29:36de presse,
29:37et donc on s'est dit
29:37on va tout de suite
29:39mettre les liens,
29:39la photo,
29:40on va l'éditer
29:40pour qu'elle soit prête
29:41au cas où,
29:41et donc j'avais contribué
29:42au titre,
29:42et j'ai vu sur le réseau
29:43que le titre avait été
29:45beaucoup apprécié,
29:46donc c'est la première
29:47frappe, entre guillemets,
29:48de l'humanité
29:49sur l'événement
29:50mort de Jean-Marie Le Pen,
29:51c'est la publication
29:52de cet article,
29:54et donc voilà,
29:54si vous voulez revenir...
29:56Et qui a fait pas mal parler,
29:58enfin qui a été
29:58beaucoup relayé,
30:00ce qui est à la fois
30:02une bonne nouvelle pour nous
30:03et une très mauvaise nouvelle,
30:05parce que ce titre,
30:07il dit juste
30:07ce qu'était Jean-Marie Le Pen,
30:09il n'y a pas...
30:11Antisémite,
30:11tortionnaire,
30:12et patriarge
30:13de l'extrême droite,
30:13c'est des faits,
30:15en fait,
30:15bon,
30:15tortionnaire,
30:16on peut toujours dire
30:17qu'il n'a pas été condamné,
30:19et donc,
30:21présomption d'innocence,
30:22bon,
30:23éventuellement,
30:23mais,
30:25en tout cas,
30:25ça a été quand même
30:26bien documenté,
30:27et ce sont des faits,
30:29il y a beaucoup
30:30de gens de droite,
30:32surtout d'extrême droite,
30:32qu'on reprochait
30:34cette une,
30:35qu'on dit que c'était,
30:35enfin,
30:36cette une,
30:36ce titre,
30:37dit que c'était une honte,
30:38et beaucoup de gens à gauche
30:39qui ont trouvé ça super,
30:42il y a eu même
30:42l'Ali Aveyron
30:44qui commente
30:45en disant,
30:46mais vous,
30:47ils se sont pris,
30:48ils se sont pris pour Philippe Poutou,
30:49mais en fait,
30:49non,
30:51c'est juste...
30:52C'est pas nous
30:52qui nous sommes gauchisés,
30:53c'est le reste de la société
30:54et c'est juste comme ça
30:55que tout le monde
30:56aurait dû traiter,
30:57enfin,
30:57ça me paraît,
30:58en fait,
30:58une évidence
30:59et à la fin
31:01de cette journée-là,
31:02en voyant aussi
31:03toutes les réactions
31:04et de voir que sur Twitter,
31:06l'humanité,
31:07ensuite,
31:08la une,
31:08mais aussi cet article-là,
31:10ont été beaucoup relayés
31:12et salués,
31:13en fait,
31:13on s'est regardés
31:14en se disant,
31:14mais,
31:16vu le traitement des autres,
31:17c'est fou
31:18qu'on se démarque
31:19à ce point-là,
31:20on ne devrait pas se démarquer
31:24que notre une soit
31:25la plus belle
31:27des journaux
31:28de mercredi,
31:29ça,
31:29j'en ai aucun doute,
31:30mais qu'elle se démarque,
31:31ça,
31:32ça m'a surpris.
31:33C'est vrai qu'en fait,
31:34c'est une satisfaction
31:36un petit peu
31:36avec un arrière-goût
31:37pas terrible
31:37parce qu'effectivement,
31:38on est très fiers
31:39d'être repris sur les réseaux,
31:41le fait que les numéros papiers
31:43soient très bien vendus,
31:44etc.,
31:44tout ça,
31:44c'est évidemment toujours positif,
31:45mais le fait d'être salué
31:47à ce point-là,
31:48ça veut bien dire
31:48que le reste
31:49de l'appareil médiatique
31:51enfin le reste,
31:52je ne vais pas
31:52mettre tout le monde
31:53dans le même pays,
31:53bien sûr,
31:54mais globalement,
31:55il y a quand même
31:56beaucoup de signaux
31:56extrêmement inquiétants
31:58et voilà,
31:59cette droitisation
31:59de l'espace politique,
32:01de l'espace public,
32:02de l'espace médiatique
32:03extrêmement inquiétant
32:04et c'est aussi
32:04avec des exemples
32:05comme ça très concrets
32:06qu'on se rend compte
32:07de dire,
32:07ah ouais,
32:08en fait,
32:08nous,
32:08on n'a pas bougé,
32:09on est resté à peu près
32:10fidèles à nos valeurs
32:12et pour ça,
32:13pour être resté fidèle
32:13à nos valeurs,
32:14on est salué
32:15et félicité
32:15donc ça aussi,
32:17ça dit aussi
32:17beaucoup de choses
32:21oui,
32:21on a parlé de Marine Tondelier,
32:22on a fait un petit débrief
32:23avant,
32:24il y a une heure,
32:24une heure et demie,
32:25on ne va pas le refaire,
32:26en plus Florent,
32:27toi,
32:27tu n'as pas grand chose
32:27à dire sur l'interview
32:29de Marine Tondelier,
32:30mais si vous voulez...
32:31Je crois que dans la même idée,
32:32c'est quand même fou
32:33qu'une question comme ça
32:37surprenne une politique de gauche.
32:38La lutte des classes
32:39on s'embranle la neuve
32:40de toute façon,
32:41voilà.
32:41Non,
32:42mais par contre,
32:42si vous avez envie de...
32:43Alors,
32:43je rappelle,
32:44l'émission,
32:45ça ira
32:45tous les derniers mercredis du mois,
32:46la dernière,
32:51de cette émission,
32:51il y a les différentes parties
32:52qui sont sur YouTube
32:53et si vous voulez revoir
32:54le débrief qu'on a fait
32:55juste avant de cette émission,
32:56vous pouvez aller voir
32:58la rediff sur Twitch
33:00quand le stream sera fini,
33:01il faudra vous abonner,
33:02mais voilà,
33:02comme ça,
33:02ça nous fera un peu de thunes
33:03parce que oui,
33:04nous sommes un média indépendant
33:06de gauche,
33:06donc on a besoin d'argent.
33:08D'ailleurs,
33:08j'en profite,
33:09voilà,
33:09de la transition de toute trouvée.
33:11Si ce que vous voyez vous plaît,
33:12si vous avez envie
33:12que ça continue,
33:13n'hésitez pas
33:14à faire des dons à l'humanité,
33:15vous avez une commande
33:16pour l'exclamation
33:16dont dans le chat,
33:17vous pouvez aussi
33:17vous abonner à l'humanité,
33:20alors au site internet
33:21ou au site
33:22et au jour de papier
33:23ou au site
33:23au jour de papier
33:24au magazine
33:24ou que à l'un
33:25ou que à l'autre,
33:26il y a plein de formules différentes
33:27suivant vos moyens
33:29et ce que vous avez envie
33:29de faire.
33:30On n'encourage pas forcément
33:31à s'abonner à Twitch
33:32puisque Twitch,
33:33vous le savez,
33:34il y a une grande partie
33:34qui revient à Twitch,
33:36donc à Amazon,
33:36donc à Jeff Bezos
33:37et ce n'est pas forcément
33:38notre copain non plus.
33:39Donc si vous avez envie
33:40de nous soutenir par là,
33:41c'est possible.
33:42Si vous avez envie
33:43d'avoir accès
33:43au rediff,
33:45notamment des lives brutes,
33:46vous pouvez,
33:47mais on vous encourage
33:48plutôt à faire des dons
33:49à l'humanité directement
33:49ou à vous abonner
33:50pour aller lire nos papiers.
33:53Voilà.
33:53Est-ce que...
33:55Ah oui,
33:55ça, tu en parlais
33:56un petit peu tout à l'heure.
33:57C'était avec qui l'entretien ?
33:58J'avoue que je n'ai pas eu
33:58le temps de le lire,
33:59celui-là.
34:01Avec Adrien Thomas.
34:04Je vous invite
34:04à le lire, évidemment.
34:06C'est un entretien
34:07qui est intéressant
34:08parce qu'on le prend
34:08sous le prisme.
34:10On peut se dire
34:11que c'est très auto-centré
34:13à l'humanité
34:15de tout de suite
34:16Jean-Marie Le Pen.
34:16On va parler
34:17de son anticommunisme.
34:18Mais en fait,
34:18déjà extrêmement important.
34:20Mais il y a quelque chose
34:21que je ne savais pas,
34:22c'est qu'en 2002,
34:23quand il apprend...
34:25Enfin,
34:25son premier discours,
34:27quand il sait
34:28qu'il est au second tour
34:30de l'élection présidentielle,
34:32ses premiers mots,
34:33ils ne vont pas vers
34:34cette victoire
34:35pour le FN.
34:36Ses premiers mots,
34:37ils sont vers le score
34:38du Parti communiste
34:39en disant
34:39le Parti communiste
34:40est mort.
34:41sa première obsession,
34:42c'est ça.
34:43Il y a eu d'autres élections,
34:44j'ai des puissées en tête,
34:46où ce qu'il va mettre en avant,
34:48ce n'est pas le fait
34:50qu'il ait des députés européens,
34:52c'est le fait
34:52qu'il soit arrivé
34:53devant le Parti communiste.
34:55Ça,
34:55c'est pour...
34:56C'est presque un côté anecdotique,
34:58mais idéologiquement,
34:59c'est très fort,
35:02cet anticommunisme.
35:03Et cet entretien montre
35:04en fait,
35:05qu'en prenant l'idéologie de Le Pen
35:08par ce prisme-là,
35:09on comprend beaucoup de choses.
35:11On comprend sa vision
35:14de la Seconde Guerre mondiale
35:15qui est un peu trou,
35:16parce que pendant la guerre,
35:17lui,
35:17il essaye de rentrer
35:19aux forces françaises
35:20de l'intérieur
35:21et on lui dit
35:22« T'as déjà perdu ton père,
35:24pense à ta mère,
35:25ne viens pas avec nous ».
35:27Finalement,
35:28après,
35:28il s'entige
35:29de gens de l'action française
35:32et de pétainistes
35:33et il devient à ce moment-là,
35:35en fait,
35:35il devient pétainiste
35:36après coup,
35:38Jean-Marie Le Pen
35:39et aussi
35:41parce qu'il est farouchement
35:43anticommuniste
35:44et antiguauliste.
35:45En tout cas,
35:45c'est ces deux côtés-là
35:47qui font qu'il va se rapprocher
35:48de ça.
35:49Et ensuite,
35:50ça dit beaucoup aussi
35:51de sa vision
35:52de l'économie,
35:54de sa vision des syndicats,
35:56de sa vision de l'État,
35:58de la place que l'État
35:59doit avoir.
36:00Au moment,
36:01lisez cet entretien
36:02parce que ça,
36:02on dit beaucoup
36:04à la fois sur l'histoire
36:07entre l'extrême droite
36:08et le parti communisme
36:09dans la précaire
36:11jusqu'à aujourd'hui
36:12et sur l'idéologie profonde
36:13de Jean-Marie Le Pen.
36:15Peut-être dernière question,
36:15il y a quand même un truc
36:16dont je voulais parler un petit peu
36:18parce qu'on a commencé
36:19à l'évoquer,
36:19ça a un petit peu agité
36:20les réseaux
36:21et les différents espaces politiques.
36:23C'est la soirée
36:24du mardi soir,
36:25du coup,
36:26du mardi soir,
36:27mercredi soir,
36:28mardi soir,
36:29à République
36:29et partout en France
36:30où beaucoup de gens,
36:32beaucoup de jeunes
36:32ont célébré
36:33le décès de Jean-Marie Le Pen.
36:35Il y a un article d'ailleurs
36:36écrit par Léa,
36:37je crois,
36:38Léa Petit Scalumia
36:39que vous connaissez
36:39sur Twitch
36:40puisque c'est elle
36:40qui fait les chroniques
36:42mangas
36:42et qui a aussi fait un stream
36:44avec moi,
36:44je crois,
36:45sur les Sardinières
36:47à Douard-Nenay.
36:49On fait plein de choses.
36:51Ah, voilà,
36:51merci Mathilde,
36:53comme ça,
36:53je n'ai pas besoin
36:53de le chercher.
36:54Il est où ?
36:55Je l'ai perdu.
36:56Ce que révèlent
36:57les scènes de l'IS.
36:59Je vais le mettre là.
37:00Ah non,
37:00c'est une nouvelle.
37:01Bon, tant pis.
37:02Donc, Léa Petit Scalumia,
37:04j'en laisse politique
37:05à la rubrique,
37:06dans votre rubrique.
37:08Qui s'est donc posé la question ?
37:10Est-ce qu'éthiquement,
37:11on peut rire ?
37:12On peut célébrer
37:13la mort de Jean-Marie Le Pen ?
37:14Qu'est-ce que ça dit ?
37:15Parce que, en fait,
37:15le point de départ de l'actu,
37:17c'était notamment,
37:18je crois, Bruno Rotaillot,
37:20mais pas le seul.
37:21Pas seulement.
37:22Après,
37:22on s'en doutait quand même
37:24quand on commençait
37:25à voir des scènes de l'IS.
37:29Déjà, nous,
37:30on était encore
37:31à la rédaction de l'Humanité
37:32à ce moment-là.
37:33On a eu beaucoup
37:33de discussions là-dessus.
37:38Mais je trouve
37:39que c'est des discussions
37:39si on sort
37:40du cas Le Pen
37:41qui sont intéressantes
37:43philosophiquement
37:43et politiquement,
37:45de se réjouir
37:46de la mort de quelqu'un.
37:51Philosophiquement,
37:51c'est une question
37:53vraiment intéressante
37:54et dont on n'a pas
37:54de réponse tranchée.
37:56Je crois qu'elle cite
37:56Socrate en élu de son papier.
37:57L'idée, c'est plus de...
37:58Oui.
38:00Mais bon,
38:01là, pour le coup,
38:01on ne va peut-être pas suivre
38:02Socrate.
38:03Non.
38:05Si c'est pour célébrer
38:06l'âme de Jean-Marie Le Pen,
38:07je ne crois pas.
38:08Non, pas sûr.
38:09qu'il faille le faire.
38:10Mais voilà,
38:11en fait,
38:12nous, l'idée,
38:13c'est de faire vivre
38:15ce débat-là,
38:16mais de manière sereine
38:17et pas caricaturale
38:18et pas sur...
38:19Parce qu'en fait,
38:20c'est un outil,
38:20comme à chaque fois,
38:21on savait que de toute façon,
38:23on allait chercher
38:26comment diaboliser la gauche
38:27dans ce contexte-là.
38:29Donc là,
38:30c'est là où on a pu avoir
38:31des doutes
38:31sur l'opportunité
38:33de faire
38:34des apéros géants
38:35ou de célébrer,
38:36en fait,
38:37dans quelque sorte,
38:38la mort de Jean-Marie Le Pen.
38:40C'est que...
38:41Moi,
38:42quand j'ai besoin,
38:42ma grosse crainte,
38:43c'est de dire
38:43est-ce que demain,
38:44le traitement médiatique,
38:45ça ne va pas être
38:46la gauche danse
38:48sur des cadavres,
38:49ce qui a été un peu le cas,
38:52est-ce qu'elle le honte,
38:54tout ça,
38:55et donc pas du tout
38:55de discuter de ça,
38:58en fait,
38:58ce réunement,
38:59ce qui serait sain.
39:02Mais et donc,
39:03et surtout,
39:04d'avoir que cette question-là
39:05comme prisme
39:06au lendemain
39:06de la mort de Le Pen
39:07et pas soit
39:10toute la droite
39:12macroniste
39:13est très mou du genou
39:15vis-à-vis de Jean-Marie Le Pen
39:16ou surtout,
39:18pour moi,
39:18le gros enseignement de mercredi,
39:20on l'a déjà dit,
39:21mais c'est que le RN
39:22ne s'est pas dédiabolisé
39:24contrairement à ce qu'il dit
39:25parce que pour lui,
39:25Jean-Marie Le Pen
39:26avec tout ce qu'il a dit,
39:28avec tout ce qu'il représente,
39:29avec toutes ses idées,
39:31c'est leur héros,
39:32le visionnaire,
39:34le père fondateur,
39:35etc.
39:36Et ça,
39:36c'était,
39:37pour moi,
39:37c'était ça,
39:38le traitement médiatique
39:39qui aurait dû avoir
39:40toute la journée du mercredi.
39:41Ça n'a pas été le cas
39:43et notamment
39:43parce qu'on a discuté
39:46de ces apéros géants.
39:48Après,
39:48je dis ça,
39:48ça ne veut pas dire
39:49qu'on doit réfléchir
39:50nos actions
39:50en fonction de la couverture médiatique.
39:53C'est juste qu'instinctivement,
39:54il y a ce,
39:55il y a ceci-là
39:56et surtout que,
39:57voilà,
39:58c'est pas...
39:58Je trouve que c'est très...
40:00Enfin,
40:01très personnellement,
40:03je trouve ça compliqué
40:03de répondre à la question
40:04est-ce qu'on doit se réjouir
40:07de la mort de quelqu'un.
40:08Mais il y a un truc
40:09que je trouvais ça,
40:10c'est bon,
40:10d'un ami
40:10qui est allé
40:12place de la République
40:14et un peu
40:14dans cette euphorie
40:16parce que c'est le symbole
40:17de la mort de Le Pen
40:19qu'on vient célébrer
40:21et parce qu'on se raccroche
40:22à ce qu'on peut.
40:24Et en fait,
40:25arrive les places de la République
40:26qui s'est dit
40:27mais merde,
40:27on fait quoi en fait ?
40:28C'est lui qui a gagné.
40:31Nous,
40:31on est quelques-uns
40:32et on va lutter
40:34et là,
40:34on s'offre une parenthèse
40:36en feignant
40:36d'être un petit peu joyeux
40:38parce qu'il faut bien
40:41qu'on le soit un petit peu
40:42sinon c'est quand même
40:44compliqué de lutter.
40:47Mais voilà,
40:47de se dire que très lucidement,
40:50il va falloir revenir là
40:52mais pour lutter
40:52très concrètement
40:53pour les héritiers de l'Otel.
40:55Moi,
40:55j'ai eu l'impression
40:56que d'abord,
40:57tu parles en tête
40:58parenthèse un petit peu
40:59et j'ai un peu l'impression
41:00que c'est comme ça
41:00que ça a été pensé, réfléchi
41:02que les gens qui y allaient,
41:03ils ne pensaient pas aller.
41:04Ce n'était pas le grand soir.
41:06Ce n'était pas la révolution.
41:06Dans cet article-là
41:07de Léa,
41:08elle cite Charlotte
41:11du collectif Les Invertis
41:13qui, il me semble,
41:14a été le premier
41:15à appeler
41:16un rassemblement
41:18et qui dit
41:20que l'idée,
41:21ce n'est pas de danser
41:22sur un cadavre
41:23comme le dit Retailleau
41:24mais c'est d'être
41:27le symbole
41:28de ce que représente
41:29Jean-Marie Le Pen
41:30de marquer le coup.
41:33C'est sûr,
41:34il y a d'abord
41:35les gens qui y sont allés
41:36le considérer
41:37comme une petite parenthèse
41:38mais aussi
41:40moi je n'y étais pas
41:40je suis allé dormir
41:41parce que je suis très fatigué
41:42en ce moment
41:42et je suis vieux
41:45mais j'ai pas mal
41:46de potes qui y sont allés
41:47et qui m'ont dit
41:48effectivement
41:48il y avait aussi
41:49ce sentiment
41:49qu'on fait quoi
41:50on se réjouit
41:51parce que c'est quand même
41:52sympa
41:53mais je pense
41:53que tout le monde
41:54est très conscient
41:55de la problématique
41:57et dans la situation
41:58actuelle politique française
41:59et en fait
42:00je pense que les gens
42:01qui y étaient
42:01il y avait ce double truc
42:02il y avait un peu
42:03cette parenthèse
42:03enchantée
42:04enfin enchantée
42:04je fais des guillemets
42:05voilà
42:05cette parenthèse
42:06on fait la fête
42:07tout en gardant
42:08en arrière-plan
42:10en gardant en tête
42:11que le combat
42:12ne fait que commencer
42:13c'est quoi
42:13de toute façon
42:15j'imagine
42:16peut-être que je me trouve
42:17mais que si le RN
42:18aujourd'hui était à 4-5%
42:21là où il devrait être
42:22il n'aurait pas eu ça
42:24peut-être
42:25c'est un peu un exutoire aussi
42:26je ne sais pas
42:27mais bon
42:29après c'est de la fiction
42:31mais en fait
42:32je me fais une réflexion
42:33par rapport à ça
42:35je l'ai beaucoup entendu
42:37de mes parents
42:38et je pense qu'il y a
42:38beaucoup de gens
42:39qui regardent
42:41qui ont entendu ça
42:41de gens d'autres
42:43d'autres générations
42:44et qu'on grandit
42:44dans les années 70-80
42:47déjà qu'on grandit
42:48avec Le Pen
42:48qui progressait
42:51de décennie en décennie
42:52il y avait cette idée
42:54de après lui
42:55ce sera fini
42:57il n'y aura plus
42:57d'extrême droite en France
42:58et en fait
42:59là on se mange
43:00quand même dans la gueule
43:01que le jour où il meurt
43:02c'est un moment
43:03où l'extrême droite
43:04est au plus haut
43:05alors que c'est lui
43:07en fait
43:07qui tenait
43:07toute l'extrême droite
43:08des années 80
43:09et il y avait vraiment
43:10cette idée-là
43:11ancrée
43:11de après lui
43:13il n'y a plus
43:14d'extrême droite
43:14c'est que lui
43:15c'est que sa figure
43:16c'est que sa gouaille
43:18et du coup
43:19sa popularité
43:19dans une certaine
43:20frange de la population
43:22qui fait tenir
43:23ses idées d'extrême droite
43:24et bien en fait
43:24non c'est lui
43:25qui les a tenues
43:26mais il a réussi
43:27à les faire progresser
43:28et ça d'ailleurs
43:30je fais une petite promo
43:32mais pour la semaine prochaine
43:33on va revenir
43:34sur cet aspect-là
43:35dans le magazine
43:36qui va apparaître
43:37jeudi prochain
43:39dans l'humanité magazine
43:41c'est parti
43:41que tu es en train
43:42d'écrire c'est ça ?
43:42Exactement
43:43que j'ai mis en pause
43:44le temps de venir
43:46vous parler
43:47et là je crois
43:50que d'ailleurs
43:50juste avant
43:51j'étais à ce moment-là
43:52du moment
43:53où dans les années 80
43:54en fait
43:54il commence
43:55alors c'est avant
43:56l'histoire du point de détail
43:57qui va recréer
43:58un cordon sanitaire
44:00mais il commence
44:01à celer des alliances
44:02avec la droite
44:02et où même
44:03au-delà en fait
44:04de la droite
44:05on commence à voir
44:07concrètement
44:08que Le Pen
44:09est en train de gagner
44:09sur le plan des idées
44:11il y a même
44:12un premier ministre socialiste
44:14qui s'appelle Laurent Fabius
44:15qui dit
44:16j'ai plus les mots
44:17exactement en tête
44:18mais qui dit
44:19Jean-Marie Le Pen
44:19pose parfois
44:20de bonnes questions
44:21même s'il n'y répond
44:22même s'il apporte
44:23de mauvaises réponses
44:24et en fait
44:25on voit que c'est un peu
44:26le début de la fin
44:27de l'évolution
44:29du débat public
44:30vers ce qu'on a
44:31aujourd'hui
44:31c'est-à-dire
44:32avec une grille de lecture
44:33qui est pratiquement
44:34uniquement
44:34celle de l'immigration
44:36de la sécurité
44:37du danger
44:38de l'islamisme
44:40mais non
44:40en fait
44:40pour eux
44:41c'est de l'islam
44:42et voilà
44:43on a vraiment
44:44les prémices de ça
44:45et c'est Jean-Marie Le Pen
44:46qui a cette bonne idée
44:47Merci beaucoup
44:48le ferant