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00:00 Programme et présentation des invités
01:52 Découvrir le métier de scripte et chef.fe opérateur
12:50 Qui sont les "petites mains" du cinéma ?
23:20 L'offensive réac contre la culture
34:08 Le cinéma face à #MeToo

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Transcription
00:01Vous le savez, le 28 février, donc, dans deux jours, vendredi, c'est la 50e cérémonie des Césars.
00:07Pour l'occasion, l'humanité voulait mettre en lumière les travailleurs et les travailleuses de l'ombre du cinéma.
00:12On va parler de leur quotidien, des conditions de travail, du statut d'intermittent, de leur rémunération.
00:16On va aussi parler de MeToo, on va aussi parler des attaques des réactionnaires contre le budget de la culture.
00:23Voilà, on va parler de tout ça avec nos invités, Cécile Borde et Elie Gattegnaud.
00:28Est-ce qu'il et elle sont là ? Oui, allez-y, vous pouvez rentrer.
00:32Cipriane qui change de chaise.
00:34J'en profite, moi, pendant que les invités s'installent, pour vous demander si vous regardez encore les Césars ou
00:39pas du tout dans le chat.
00:41Est-ce que c'est un truc qui définitivement est un passage complètement ennuyant que vous squeezez ?
00:46Ou bien est-ce que, comme moi, vous regardez en attendant de savoir ce qui va se passer d'un
00:50point de vue un peu politique,
00:51quelle prise de parole va être majeure dans cette soirée ?
00:54Donc voilà, j'aimerais bien savoir dans le chat.
00:56Est-ce que vous vous regardez, Cipriane, tu disais que tu regardais, toi, mais d'une manière un petit peu
00:58particulière ?
00:59Oui, moi, je le fais à une soirée prono et bingo, et pas tout à fait sobre.
01:05Avec des potes.
01:06L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, évidemment.
01:08J'avais beaucoup de noms dans le chat, donc voilà.
01:10Effectivement, je pense qu'on est nombreux à plus trop regarder les Césars.
01:12Oui, ça me fatigue.
01:14Bonjour Cécile, bonjour Élie, bienvenue sur le plateau de l'Humanité.
01:17Alors, je vous fais une petite présentation très courte.
01:19Cécile Borde, vous êtes script.
01:22Alors, vous allez revenir là-dessus, mais en gros, vous avez un rôle essentiel sur tournage.
01:25Vous veillez à la continuité du scénario.
01:26Vous êtes un peu en lien avec toutes celles et ceux qui travaillent sur le planneau.
01:29Vous travaillez un peu avec tout le monde.
01:31Élie Gatteignot, vous êtes chef opérateur cadreur.
01:34Vous avez aussi été directeur de la photographie.
01:37Vous avez été chef électricien jusqu'en 2020.
01:39Voilà, donc tout un éventail de travaux très intéressants.
01:46Vous êtes aussi syndiqué au SPIAC CGT, donc le SPIAC CGT, le syndicat des professionnels
01:49des industries de l'audiovisuel et du cinéma.
01:52Peut-être, je vous le disais, pour que nos viewers et viewveuses sachent de quoi on parle,
01:56on va peut-être commencer par expliquer vos métiers.
01:59Peut-être, Cécile, d'abord, est-ce que vous pouvez nous expliquer ça consiste en quoi
02:02être script ?
02:04Oui, tout à fait.
02:06Généralement, on connaît ce métier-là à travers le prisme du raccord.
02:10C'est vraiment la partie immergée de l'iceberg que tout le monde connaît,
02:13et même que certains postes du cinéma qui font ça depuis 20 ans connaissent uniquement.
02:19C'est-à-dire qu'on va veiller, mettons, on a une séquence entre Cyprien et moi,
02:23chant contre chant, la hanse tout d'un coup est là, puis elle est là, puis elle est là,
02:27si c'était transparent, le niveau de l'eau dedans, si tu bois une gorgée,
02:30excuse-moi, je me fais un tout tutoyer.
02:32De quelle main, à quel moment de ton dialogue tu le fais,
02:35pour qu'on puisse raccorder sur les fameux points de montage,
02:37si tu es en amorce dans le chant, si le geste correspond, etc.
02:40Donc voilà, ça, c'est la partie assez connue,
02:43mais qui est finalement celle que je trouve très importante pour le montage,
02:46mais la moins intéressante.
02:48Moi, j'interviens donc effectivement sur ce qu'on appelle la continuité du scénario,
02:52c'est-à-dire veiller à ce que la logique de l'histoire soit respectée,
02:56sachant qu'on tourne dans un ordre qui est systématiquement,
02:59ou en tout cas, moi, je ne l'ai jamais fait dans un ordre chronologique.
03:02C'est-à-dire que des fois, on termine une scène à la fin ?
03:04Comment, un premier jour de tournage, scène de fin,
03:06puis le lendemain, la quatrième séquence du film,
03:08puis voilà, donc on a un ordre qui est non chronologique,
03:10donc il faut veiller, s'il y a une évolution, par exemple,
03:14de blessure sur un personnage,
03:15il s'est pris une gifle, il a la joue rouge,
03:17ou un truc plus précis, peut-être une griffure,
03:21on en est où dans le scénario ?
03:23Parce que dans cette séquence-là, il a cette blessure-là,
03:26et il y a tout un travail que je trouve là vraiment plus intéressant,
03:30qui est gérer la continuité émotionnelle des personnages,
03:33où là, du coup, on va avoir un travail proche
03:36avec le réalisateur ou la réalisatrice,
03:37et les actrices présents,
03:39pour dire, ben non, là, on a une scène en raccord direct,
03:41on l'a tournée il y a 15 jours,
03:42tu ouvrais la porte,
03:44et on tourne la suite de quand tu ouvrais la porte,
03:46là, tu es trop lent, tu es trop rapide,
03:48pour que le rythme au montage soit respecté,
03:51et tu étais en pleurs,
03:52et là, tu as un grand sourire,
03:52il y a un truc qui ne va pas,
03:53enfin, je prends évidemment des trucs très gros.
03:56Même si c'est la cohérence générale.
03:57Voilà, et assurer un état émotionnel et physique,
04:00dans le rythme comme dans l'émotion du personnage.
04:03Et après, il y a tout un dernier travail
04:05avec les accessoiristes,
04:07ça, c'est le problème des raccords sur le plateau,
04:11le habillage, maquillage, coiffure, le HMC,
04:13c'est, voilà, est-ce qu'on a fait la bonne coupe de cheveux,
04:16est-ce qu'on n'a pas un peu trop coupé,
04:18ou est-ce qu'il ne faudrait pas justement
04:19faire une petite coupe de cheveux,
04:20est-ce que le maquillage est raccord encore une fois.
04:23Et ensuite, avec le chef opérateur,
04:25notamment, ça a dû le vivre aussi avec les scripts,
04:30on a quand même un dialogue pour assurer,
04:35comment dire, d'avoir assez de matière au montage.
04:38Donc évidemment, le chef opérateur ou la chef opératrice
04:39a fait un travail en amont, en prépa,
04:41avec réalisateur, réalisatrice.
04:43Ils ont un découpage technique.
04:45Après, il y a plein de choses qui se passent sur le plateau
04:46qui font qu'on peut s'en détourner,
04:49où sans s'en détourner, on voit qu'il manque quelque chose.
04:51Et là, j'interviens aussi pour rappeler ce qu'on a fait,
04:54en termes de valeur de plan.
04:58– Vous êtes seule, ou sur les grosses productions,
05:00il y a plusieurs choses ?
05:01– Chut !
05:02– Ça paraît être un travail.
05:03– Le point levé, je suis généralement seule,
05:05et c'est un problème.
05:06– Oui, oui, oui, on y va.
05:07– On va en parler.
05:08– Vu le niveau du détail, le niveau de l'eau vérifiée,
05:12c'est des choses auxquelles on ne pense pas, ça paraît.
05:14– Oui, oui, tout à fait, c'est très vaste.
05:16– Et puis la responsabilité aussi, j'imagine.
05:17– Pardon ?
05:18– La responsabilité aussi.
05:19– Oui, oui, après, c'est des choses sur lesquelles
05:21on doit être vigilante, et je me permets de le mettre au féminin,
05:23parce qu'il existe des hommes script, mais on est quand même,
05:25je dis 95%, j'en sais rien, mais en tout cas,
05:27énormément de femmes, on doit être vigilante sur plein de choses,
05:30mais encore une fois, elles travaillent avec chef opérateur,
05:34HMC, réalisateuriste, etc.
05:35C'est des gens qui ont quand même leur expertise,
05:37et qui sont garants de ces choses-là,
05:38mais nous, on est un peu censé être le garde-fou de tout ça.
05:42Donc voilà, c'est vraiment, c'est toujours,
05:43moi, j'ai toujours beaucoup de mal à expliquer mon métier
05:45de façon concise, en fait.
05:47Voilà.
05:48– Et donc, Transition Tout Trouver,
05:50vous travaillez beaucoup avec les chefs opérateurs,
05:52Elie, justement, tu es chef opérateur,
05:55explique, je vous tutoie, je vous vois,
05:57je ne sais pas trop comment faire.
05:58– Moi, je suis pour le tutoie.
05:58– Allez, on tutoie, tout le monde tutoie, très bien.
06:00– C'est les artistes, ça, c'est à la bonne part.
06:03– Sur les plateaux, on se tutoie.
06:05– Direct, pas de temps à perdre.
06:06– Donc Elie, est-ce que tu peux nous expliquer
06:08ce que c'est qu'un ou une chef opérateur ?
06:12– Tout à fait, en fait, c'est ce qu'on appelle communément
06:14un caméraman, c'est la personne
06:16qui est responsable de tout l'aspect visuel,
06:20que ce soit d'un film, d'une série ou de n'importe où,
06:23d'une pub, enfin, n'importe où.
06:25Dès lors qu'il y a une caméra,
06:26il y a quelqu'un pour s'en servir
06:27et c'est la personne qui répond,
06:31enfin, dialogue avec un réalisateur ou une réalisatrice
06:35et avec toute l'équipe pour faire en sorte
06:38que l'esthétique visuelle finale du film
06:43corresponde au projet, en gros.
06:45– Et donc c'est toi souvent derrière la caméra ?
06:47Ou est-ce que c'est toi qui pilote, s'il y a plusieurs caméras ?
06:50Est-ce que c'est toi qui décide, toi tu filmes ça, toi tu filmes ça ?
06:53– Alors oui, après, plusieurs caméras,
06:55c'est loin d'être la majorité.
06:58En général, on préfère quand même travailler avec une seule caméra.
07:02Mais sinon, oui, c'est tout à fait ça.
07:05Et puis évidemment, c'est un dialogue avec principalement
07:08le ou la réalisateur, réalisatrice,
07:12avec la script, avec l'assistant.
07:15Enfin, c'est des choses qui se décident
07:18de manière assez collective, souvent.
07:21– Alors, là, pour parler de travail dans le cinéma,
07:24juste pour qu'on se rende bien compte,
07:26ça représente quel volume horaire à peu près, ça ?
07:29Travailler sur un tournage, on ne compte plus ses heures
07:31ou est-ce qu'il y a quand même un cadre ?
07:32– Ah, il y a quand même un code du travail.
07:34– C'est ça, parfait.
07:36– Oui, c'est respecté ce code du travail.
07:38– Tu n'as chacun de nos réponses, mais t'as compris.
07:42– Alors oui, d'abord, il y a le droit du travail,
07:45de toute façon, on y est soumis.
07:50Et puis après, il y a des conventions collectives,
07:52selon si on est en cinéma ou en audiovisuel.
07:55Donc ça englobe les séries, les films web,
08:01tous les programmes télé, la télévision, tout ça.
08:03Et il y a des conventions collectives
08:05avec des dispositions très particulières
08:08qui sont censées être respectées
08:10et qui ne le sont malheureusement pas toujours.
08:14– Pour…
08:15En gros, moi, je vais du coup parler plus…
08:17Je ne suis pas…
08:18Je connais la convention collective,
08:20mais malheureusement pas extrêmement bien,
08:23enfin pas aussi bien que j'aimerais la connaître.
08:25Mais pour prendre un exemple, moi, ça fait dix ans
08:28que je travaille là-dedans.
08:29La journée type de tournage en France,
08:32de tournage effectif, c'est une journée de huit heures.
08:35On va dire, on reçoit ce qu'on appelle une feuille de service
08:38tous les soirs pour le lendemain, avec les horaires de la journée.
08:40Mettons, on fait un 9h-18h.
08:429h-18h, c'est la période pendant laquelle on tourne.
08:45Au milieu de ça, il y a une heure de poste déjeuner.
08:47S'ajoute à ça, le matin, une à deux heures de prépa.
08:52Généralement, on va dire, pour mon poste, c'est une heure.
08:54Après, si tout d'un coup, on a une énorme séquence
08:56qu'on installe en premier, il peut y avoir une heure et demie,
08:58deux heures de prépa avec mise en place,
09:00avec les comédiens, réalisateurs, chef-op, réalisatrices,
09:03chef-opératrices.
09:05Et ça ajoute encore à ça le soir.
09:07Moi, je ne suis malheureusement pas concernée,
09:09mais je devrais l'être aussi,
09:10parce que j'ai des rapports à envoyer en post-production.
09:13Ça, c'est aussi un truc dont j'ai oublié de parler.
09:14Bref, le soir, mais où les équipes techniques
09:18remballent le matériel sorti pendant la journée.
09:20Soit il y a un changement de décor,
09:21alors c'est une grosse remballe,
09:22où les camions partent le soir ensuite,
09:24ou soit on reste dans le décor,
09:25mais il y a quand même du rangement.
09:26Donc, de fait, c'est des amplitudes horaires.
09:29Si on ne dépasse pas, si on ne fait pas d'heure sup,
09:31on va faire, on va dire, 9-18 se transforment en un,
09:35allez, 8h, puis 8h, 19h30,
09:3919h, 19h30, selon l'ampleur de la remballe, en gros.
09:42Et vous avez quel statut ?
09:43Est-ce que ça fonctionne avec l'intermittence ?
09:45Tout à fait.
09:46Tous les deux ?
09:47Oui, comme ça, pour la plupart des personnes,
09:52que ce soit technicien ou sur un plateau.
09:56Oui, complètement.
09:57Peut-être que vous pouvez nous expliquer
09:58comment fonctionne l'intermittence.
09:59Il y a des gens, notamment, qui demandaient
10:00s'il y avait des, alors, du coup, pas des intermittents,
10:03mais des personnes qui travaillent dans votre secteur
10:05qui étaient au RSA.
10:06Est-ce que ça servait à ça ou pas du tout ?
10:07Donc, si vous pouvez réexpliquer l'intermittence,
10:10est-ce que le RSA sert à quelque chose ou pas ?
10:12Alors, l'intermittence, en gros, c'est 507 heures sur 12 mois
10:21sous ce qu'on appelle les annexes 8 et 10.
10:23Enfin, je n'ai pas rentré trop dans les détails.
10:25Vous iré chercher le chat, l'annexe 8 et 10.
10:28Vous iré vérifier.
10:29En gros, il faut faire 507 heures de travail.
10:33En gros, il faut faire 507 heures sur 12 mois.
10:35Ça paraît très facile, mais ça ne l'est pas du tout.
10:39Parce que, bon, ce n'est pas juste 507 heures.
10:41Il y a énormément de prépa.
10:42Ça compte la recherche de travail, etc.
10:45Et une fois qu'on a ces fameux 507 heures,
10:50on a une ouverture de droit qui court sur 12 mois,
10:54qui nous permet de renouveler ces 507 heures.
10:57Voilà. En gros, c'est ça, à peu près ça, l'idée,
11:00pour faire très simple.
11:02Et le RSA ne rentre pas du tout là-dedans ?
11:03Et le RSA n'est pas censé du tout le rentrer là-dedans.
11:06C'est un revenu...
11:10Comment ça s'appelle le revenu ?
11:11Un autre revenu.
11:12Oui, c'est pas censé financer les gens qui travaillent.
11:19L'intermittence.
11:19Ça, sachant que je trouve ça important de dire
11:21que le statut intermittent n'est pas du tout financé
11:23par les impôts et l'État, c'est un statut
11:27qui s'autofinance, entre guillemets.
11:29C'est l'intermittence finance l'intermittence.
11:31Voilà.
11:32Donc, il n'y a pas du tout de dépendance de l'État
11:35ou des impôts du contribuable.
11:38Effectivement, et c'est un stress chaque année
11:39de réussir à faire les 507 heures,
11:41qui, effectivement, parce qu'à chaque fois,
11:43selon les projets...
11:44Moi aussi, j'ai l'intermittence depuis pas très longtemps.
11:46Bravo.
11:48A chaque fois, je sais, pour le coup,
11:50je trouvais que c'était assez compliqué, justement,
11:52de comprendre le fonctionnement, etc.
11:54Et c'est vrai que, finalement, il y a beaucoup d'incertitudes,
11:56et surtout dans les métiers artistiques,
11:58où, selon les projets, selon ce qu'on propose,
12:00selon les contextes, les connaissances,
12:02il y a tellement de paramètres qui rentrent en jeu
12:04que, voilà, c'est pas si simple, c'est pas quelque chose...
12:07Voilà.
12:08Réussir à faire ses heures, ça crée quand même
12:09un peu d'angoisse chaque année.
12:12Ça dépend des gens, ça dépend des périodes.
12:16Là, en ce moment, on a...
12:17Enfin, il y a eu une période de plein d'emplois
12:19juste après le Covid,
12:22où tout le monde était à 1000 heures.
12:24Enfin, c'était génial, c'était la grande époque.
12:27Et puis là, on est en train de rentrer
12:29dans une période un peu plus de récession,
12:31dont on va a priori parler un peu après,
12:33où là, il y a des gens qui commencent un petit peu à flipper.
12:36Et on a des copains, des copines,
12:37qui commencent à aller voir, demander, chercher du boulot.
12:41Pour faire l'ordre, quoi.
12:44Avant de continuer, d'abord, merci pour le raid
12:46« Ça trappe Mandragora ».
12:48Bienvenue à tout le monde.
12:49Et on voulait aussi montrer d'autres images,
12:51parce qu'on a parlé plein de métiers différents
12:54déjà à travers les vôtres.
12:55Et donc, on a trouvé des petits reportages
12:57réalisés par l'École nationale supérieure Louis Lumière.
13:00Donc, on a pris des petits extraits
13:02pour découvrir encore d'autres facettes
13:04des métiers du cinéma.
13:05On regarde ça et puis on discute juste après.
13:08Électricien, électro ou tout simplement élec,
13:12il est un technicien au rôle crucial sur un plateau
13:15puisqu'il s'occupe de la lumière du fil.
13:23Et sans lumière,
13:26tout devient vite compliqué.
13:28Le chef électricien supervise l'installation des projecteurs
13:31et leur distribution électrique.
13:33Il est également un des interlocuteurs privilégiés du chef opérateur
13:37puisqu'ils vont discuter ensemble
13:38des intentions de lumière
13:40et de la façon dont ils vont les réaliser.
14:06Voilà, donc encore deux autres exemples
14:08de tout le panel de métiers qu'on peut retrouver sur les plateaux.
14:12Lumi, je crois que tu avais une petite question ?
14:13Oui, alors, c'est vrai qu'en France,
14:15on a un peu la particularité,
14:17mais c'est dans d'autres pays aussi,
14:18d'avoir ce qu'on appelle la politique des auteurs
14:20pour essayer de la faire très brève.
14:22C'est quand le réalisateur est vu comme un petit peu
14:26le seul auteur de son film
14:27et un peu dans une toute puissance.
14:29Et donc, c'est lui qui est particulièrement mis en avant
14:31et on oublie.
14:32Et en fait, ça invisibilise beaucoup le fait
14:33qu'il y a toute une équipe pour réaliser un film,
14:36une série ou d'ailleurs même effectivement une publicité
14:38ou d'autres choses audiovisuelles.
14:41Et très souvent, il va y avoir toute la lumière
14:43faite sur un très petit pourcentage de l'équipe,
14:46alors qu'en fait, derrière, il y a énormément de monde
14:48dont on ne parle jamais.
14:49Est-ce que vous ressentez ça aussi ?
14:52Est-ce que vous avez peut-être,
14:53après, pas certainement un besoin de reconnaissance
14:56en particulier par rapport à ça ?
14:58Ou est-ce que ça vous marque particulièrement ?
15:01Qu'on oublie quand on voit un film
15:02qu'il y a autant de gens derrière ?
15:04Tu veux ?
15:05Je veux.
15:07Me concerne.
15:07Alors, besoin de reconnaissance,
15:11moi, alors vraiment pas du tout.
15:14En revanche, en fait, je ne sais pas trop,
15:16j'avoue que je ne sais pas trop quoi en penser
15:19parce que quelque part,
15:22oui, parfois, ça peut être un peu agaçant,
15:24mais là, vraiment, je vais parler d'expérience,
15:26enfin, très personnelle,
15:27pas en ciblant quelqu'un en particulier,
15:29mais ça a pu arriver de voir un réalisateur
15:31d'une réalisatrice avec qui j'ai bossé
15:33en interview,
15:35qui tout d'un coup,
15:36qui a accroché à vous pendant le tournage
15:38comme ça et qui n'a jamais un seul mot
15:41et qui dit des choses,
15:43qui raconte son tournage
15:44en ayant l'impression qu'il ou elle a été moteur,
15:47motrice de tout,
15:49alors qu'on sait qu'à ce moment-là,
15:50elle est en train de péter un câble.
15:51Je ne peux pas dresser un portail noir
15:53des réalisateuristes tout le temps,
15:54mais c'est quand même quelque chose qui arrive.
15:56Donc, ouais, là, ça peut m'agacer.
15:58Mais après,
16:00il y a quand même plein de gens très bien
16:02et il y a quand même une vraie charge
16:06quand on réalise en ce moment.
16:07Je veux dire, on est extrêmement assisté,
16:11entouré,
16:13mais la charge portée,
16:14c'est quand même les réalisateurs
16:16et les réalisatrices qui la portent
16:17et je comprends qu'on les mette en avant
16:20comme les acteurs et les actrices
16:21parce que c'est les visages qu'on voit.
16:24Moi, j'avoue que je ne me sens pas
16:26très vindicative sur le sujet,
16:29si ce n'est quand c'est des personnes
16:31avec qui j'ai bossé et qui ça s'est mal passé.
16:32Du coup, ça peut m'agacer,
16:34ce qui est très rare.
16:35Mais bon, voilà, je ne sais pas si…
16:38Non, non, moi, c'est un peu pareil.
16:40En fait, ce n'est pas tant
16:42la reconnaissance extérieure.
16:44Il y a plein de métiers en dehors du cinéma
16:46qui ne sont pas du tout connus.
16:47Et bon, c'est comme ça.
16:48Après, même sur le plateau, directement.
16:49Mais voilà, là, sur le plateau,
16:50moi, ça m'est déjà arrivé,
16:51surtout quand j'étais électricien,
16:55d'avoir des réalisateurs
16:56ou des réalisatrices
16:58qui ne comprenaient pas vraiment
16:59ce que c'était que mon métier.
17:01Ça, c'est un petit peu agaçant.
17:04Voir, parfois,
17:05qui ont l'impression
17:06que je suis plus là
17:09pour les embêter
17:10dans leurs envies de création
17:12qu'autre chose.
17:15Et ça, c'est un petit peu…
17:16Oui, ça, c'est un petit peu agaçant.
17:18Je pense qu'on l'a tous vécu
17:19à un moment ou à l'autre.
17:20Je te rejoins parfaitement.
17:22Voilà, je veux dire,
17:23ce sont des métiers
17:23qui sont très difficiles.
17:27Enfin, physiquement,
17:28il faut le tenir.
17:29Ne pas savoir
17:29de quoi demain sera fait,
17:30c'est…
17:32Je le dis sans vanité,
17:34mais je ne pense pas
17:35que tout le monde en soit capable.
17:36Oui, d'autant que…
17:37C'est une vraie envie.
17:38D'autant que c'est
17:39Baxiteur du futur qui dit
17:41si mon témoignage
17:42peut représenter quelque chose,
17:43je n'ai jamais connu
17:44de journée de tournage
17:45du roman de 12h,
17:465 jours par semaine
17:48et sur la fiche de paix,
17:49c'est bien marqué à 8h.
17:50En gros, on fait 60h par semaine
17:52avec une fiche de paix
17:53qui ne suit pas forcément.
17:55Ah oui, évidemment.
17:55Alors oui,
17:56quand on parlait tout à l'heure,
17:57c'était pour donner
17:57une idée globale.
17:58Après, on peut parler
17:59des problématiques de prod
18:00et tout avec grand plaisir.
18:01Exactement, on va y venir.
18:03On va y venir.
18:04On s'achauve.
18:05Et alors, tu parlais en plus
18:07du fait d'être toute seule
18:09en tant que scribe,
18:09par exemple, souvent,
18:10qui préférez avoir plus de monde.
18:13Est-ce que vous estimez
18:14que les conditions de tournage
18:15sont en train de se dégrader
18:17en fait, globalement ?
18:19Oui.
18:19Oui, la réponse applique.
18:21Sans équivoque, moi, je trouve.
18:23Alors, pourquoi et comment, du coup ?
18:28Je crois qu'il y a plusieurs facteurs.
18:30Tu me diras ce que tu en penses.
18:31D'abord, il y a...
18:36Comment dire ?
18:36Il y a une...
18:38Quand j'ai commencé, moi,
18:40c'était en...
18:40J'ai commencé, il y a un moment,
18:42en 2006,
18:43il y avait une vraie culture
18:45très ouvrière,
18:48très...
18:48Où on se disait les choses
18:50de manière très, parfois,
18:52parfois violente,
18:53mais de manière très...
18:54Très frontale et très...
18:56Très franche.
18:57Ça avait des avantages
18:58et des inconvénients, mais...
19:02Ça avait quand même l'avantage
19:04d'être...
19:05Comment dire ?
19:07Bon, quand quelque chose
19:08n'allait pas
19:08ou quand ça fonctionnait pas,
19:10c'était dit.
19:11Et petit à petit,
19:12il y a un espèce de truc...
19:13J'ai un collègue qui parlait
19:13de culture de l'open space
19:16sur les plateaux
19:17et je trouve que c'est assez bien vu.
19:20C'est-à-dire que petit à petit,
19:21j'ai vu,
19:22et c'est vrai que maintenant,
19:23où tout le monde se couvre
19:25un petit peu dans son métier,
19:26un truc, une culture
19:27beaucoup plus...
19:29Ouais, d'entreprise, quoi.
19:30Où, en fait,
19:31tout le monde se fait attention
19:32à ne pas avoir d'ennuis,
19:36de prévenir,
19:37de faire des mails écrits
19:38pour être sûr que tout le monde...
19:41S'il y a un truc qui foire
19:43ou qu'on n'ait pu dire
19:45« Tu vois, ce mail,
19:46je l'avais prévenu, etc. »
19:49Et ça, c'est un truc
19:49qu'au début,
19:50quand j'ai commencé,
19:52ça n'existait pas du tout.
19:54Donc, ouais,
19:55il y a un espèce de truc
19:56comme ça
19:58qui est...
20:00Je ne sais pas.
20:02Ouais, un truc
20:03qui s'est instillé
20:05comme ça, petit à petit,
20:07où l'efficacité
20:09n'est plus vraiment
20:10la question première, quoi.
20:12Je ne sais pas
20:12ce que tu en penses, toi.
20:13Ouais, alors, moi,
20:14j'ai un rapport un peu...
20:16Je ne suis pas...
20:18Je ne suis pas d'accord avec toi,
20:20mais je n'ai pas le même...
20:21Je n'ai jamais été ouvrière, moi.
20:22Donc, déjà,
20:23c'est un truc un peu différent.
20:25J'ai toujours été technicienne.
20:26Les ouvriers,
20:26c'est les électriciens,
20:28machinistes
20:28qui sont maintenant techniciens.
20:29Je crois que le statut
20:30d'ouvrier n'existe plus.
20:31Il n'y a pas de truc comme ça.
20:32– C'est ça.
20:32– Mais historiquement,
20:34qu'on appelait les ouvriers,
20:35machinistes, électriciens.
20:37Oui, ça, c'est sur le plateau.
20:38Je suis d'accord
20:38dans ce que tu ressens.
20:40Moi, là où je trouve
20:41que de façon un peu plus énervée,
20:45je trouve que ça se dégrade.
20:47C'est qu'il y a aussi...
20:48Alors, je sais que c'est
20:49de plus en plus compliqué
20:50en ce moment de produire
20:51pour les producteurs
20:52et les productrices.
20:53Je sais qu'il y a...
20:54Je ne connais pas
20:54tous les teneurs et les aboutissants,
20:56mais je sais qu'il y a
20:56le problème de Canal en ce moment.
20:58Mais avoir des chaînes,
20:59c'est de plus en plus compliqué.
21:00Des aides régionales
21:01sur les coûts budgétaires.
21:02Là, c'est très actuel,
21:03mais ça fait quand même
21:03quelques temps que c'est compliqué.
21:07Mais malgré tout...
21:08Donc, voilà.
21:08Et les producteurs dépendent
21:11de leur travail aussi pour vivre.
21:12Donc, ils veulent produire
21:13quand ils trouvent une façon
21:15de produire,
21:15même si c'est entre guillemets mal.
21:17C'est-à-dire, sous-produit,
21:17ils le font.
21:19Mais en fait, le problème,
21:20c'est qu'ils ne se rendent pas compte
21:22de l'impact que ça
21:23sur les équipes de tournage.
21:24C'est-à-dire que maintenant,
21:25moi, je sais,
21:25quand j'ai commencé,
21:26je faisais des films...
21:27Quand j'étais assistante,
21:28des films un peu longs, historiques.
21:30Bon, alors, on ne parle pas
21:31de Monte Cristo
21:32et l'Étromousquetaires
21:33qui sortent leur épingle du jeu
21:34en termes de production,
21:35je pense.
21:36Mais voilà,
21:37on pouvait faire facilement
21:38un film de 8 à 10 semaines.
21:40C'était presque sur un film
21:42un peu bien produit.
21:43C'était presque une moyenne.
21:44Maintenant, quand j'arrive
21:45à 6 semaines,
21:46bon, allez,
21:47pour un long métrage,
21:48quand même 6.
21:48Et encore, vraiment,
21:49on resserre les plans de travail.
21:52Je n'ai jamais connu
21:52un seul premier assistant
21:54qui ne m'ait jamais dit
21:55qu'il lui manquait des jours
21:56au plan de travail.
21:56Mais là, c'est vraiment,
21:57il leur manque des semaines, quoi.
21:58C'est-à-dire qu'ils livrent
21:59des plans de travail.
22:00Ils font, voilà,
22:00premier plan de travail,
22:0162 jours, on fait super.
22:02Tu peux nous le faire en 47 ?
22:05D'accord,
22:05mais on ne va pas couper
22:06de séquences, par contre.
22:07Ah !
22:08Et comment on va faire ?
22:08Et du coup,
22:09on fait des heures à rallonge.
22:11J'ai fait un projet
22:12il n'y a pas très longtemps.
22:13Voilà, ambition artistique
22:16avec un scénario
22:17qui était chouette,
22:18mais on nous dit,
22:19il faut montrer
22:19ce qu'on appelle
22:20un minutage utile par jour
22:21qui correspond au temps effectif
22:25dont on considère
22:27qu'il va être monté.
22:28Il y a une époque,
22:29ce 2-3 minutes utile par jour
22:31pour un long métrage,
22:32c'était en lambda pas mal.
22:35Il y a 5,
22:35c'était une grosse journée.
22:36Aujourd'hui, 5,
22:37c'est une moyenne basse, quoi.
22:39Et là, j'ai fait une série
22:40à 14 minutes utile par jour
22:41dans les gros jours, quoi.
22:42Et pas de ce qu'on appelle
22:43les séries quotidiennes
22:44qui sont construites
22:46pour faire ce genre de rendement,
22:47ce qui n'est pas du tout
22:48le cas non.
22:49Il y a vraiment un truc,
22:50que le cerveau, physiquement
22:52et mentalement,
22:53ça devient dur.
22:54Et les producteuristes
22:55sont en galère,
22:56il faut le dire.
22:56Ils nous font,
22:58certains et certaines,
22:59nous font peser ça aussi.
23:00C'est qu'ils arrivent
23:01avec leurs angoisses
23:02et ils ne deviennent plus
23:03trop des gens qui fédèrent,
23:05ils deviennent des gens
23:05qui nous disent
23:06vous dépassez trop
23:07ou c'est pas assez bien.
23:08Il y a une espèce
23:09de double discours.
23:11Moi, c'est ce que je ressens,
23:12ce que j'ai vachement ressenti
23:13ces dernières années.
23:15On va avancer un peu.
23:17Désolée, Cyprien,
23:17on n'a plus le temps
23:18pour ta question.
23:19On va regarder
23:20un petit reportage
23:21de Franck,
23:21notre guéri,
23:22qui est aussi au cadre
23:22aujourd'hui.
23:23On regarde ça justement
23:25sur les offensives
23:26contre le budget
23:26de la culture
23:27et puis on en discute
23:28juste après.
23:29Alors, je n'arrête pas
23:30la culture.
23:31Et je pense que le drame
23:32aussi de ce pays,
23:33c'est une subvention,
23:35c'est pas acquis à vie.
23:36J'ai même dit
23:36qu'on était shooté
23:37à la dépense publique.
23:39En 2025,
23:40210 millions d'euros
23:42d'économies
23:42sont prévues
23:43dans le secteur culturel.
23:45À titre d'exemple,
23:46dans les pays de la Loire,
23:48la culture perd
23:49les deux tiers
23:49de son enveloppe budgétaire
23:51et les conséquences
23:52seront dramatiques.
23:53Là, c'est d'une brutalité.
23:55Ça va juste plonger
23:57les acteurs
23:59dans une situation
24:01ingérable.
24:02Donc, c'est complètement
24:02irresponsable d'agir de la sorte.
24:04Là, c'est vraiment
24:04un délit de démocratie.
24:06C'est nécessaire
24:06qu'il y ait de la culture,
24:07c'est nécessaire
24:07qu'il y ait du sport,
24:08c'est nécessaire
24:08qu'il y ait de la vie associative.
24:10C'est des endroits
24:10où on se rencontre.
24:11Et ça, c'est aussi
24:13le vivre ensemble.
24:15Ça ne peut pas être
24:16quelque chose
24:17qui est pensé
24:18en termes de logique économique,
24:20de rentabilité.
24:21En parallèle,
24:22le statut des intermittents
24:24du spectacle
24:24est régulièrement remis en cause.
24:26En novembre dernier,
24:28la CGT Spectacle
24:29réunissait 200 personnes
24:30devant les locaux
24:31de l'UNEDIC
24:32afin de protester
24:33contre la volonté patronale
24:35de durcir
24:36les conditions
24:37d'affiliation
24:37des intermittents
24:39à l'assurance chômage.
24:40On est très inquiets
24:41parce que la ministre,
24:43on ne l'a pas entendu
24:44s'exprimer là aujourd'hui
24:45alors qu'il y a un risque majeur
24:46qui est posé sur la table.
24:48Et ça, c'est dans un contexte
24:49où il y a des coupes budgétaires
24:50orchestrées par le gouvernement,
24:52des coupes budgétaires majeures
24:53sur l'audiovisuel public,
24:54des coupes budgétaires majeures
24:56sur le spectacle vivant
24:57à travers des détails
24:58du budget de la culture.
25:01Les artistes ont une richesse
25:02pour le pays.
25:03C'est une vraie richesse.
25:04On est essentiel dans ce pays.
25:06Et les économies
25:07qui sont réalisées
25:07sur notre dos
25:08sont toutes petites
25:09par rapport aux dégâts
25:10qui sont provoqués en réalité
25:11dans nos métiers
25:12et dans la société.
25:13On a beaucoup moins
25:14du coup de temps
25:15de répétition tous ensemble,
25:16on est moins nombreux
25:17sur les plateaux,
25:18on a moins de dates
25:19de représentation.
25:20Donc on doit démultiplier
25:21le nombre de projets
25:22pour y arriver,
25:23pour arriver à vivre
25:23de son métier.
25:24Si on ne se bat pas aujourd'hui
25:26pour un plan de vraie
25:26diversité de la culture
25:27et des artistes partout
25:29sur les territoires
25:30et qui travaillent
25:31et qui peuvent jouer
25:31plusieurs fois leur spectacle,
25:34mais il n'y a plus
25:35de politique culturelle
25:36en vrai.
25:37Voilà, donc on a vu
25:38ces témoignages
25:39qui parlent un peu
25:40de l'impact
25:41de ce baisse de budget
25:44contre les intermittents.
25:45Mais on a vu
25:46une personne au tout début
25:47de ce reportage.
25:48On a vu Christelle Morancet
25:49qui, alors ce n'est pas
25:50la seule à faire
25:50des coupes budgétaires,
25:51mais c'est un peu la star
25:51quand même,
25:52parce qu'elle a coupé
25:5375% des budgets
25:54de la culture
25:55de sa région,
25:56donc les pays de la Loire,
25:57on a entendu
25:58que vous êtes
25:58shooté à dépense publique.
26:00Alors peut-être
26:01qu'on fasse la peau
26:02à cette fake news
26:03parce que c'est en iTunes.
26:04En fait, le système,
26:06notamment pour le cinéma
26:07du CNC,
26:07ce n'est pas ça.
26:08Est-ce que vous nous en parlez
26:09justement ?
26:10Non, non, ça,
26:11c'est une bêtise
26:12qu'on entend très régulièrement.
26:14C'est le grand truc,
26:15c'est nos impôts
26:15qui payent les films.
26:17Ça, c'est complètement faux.
26:19Il y a, juste pour expliquer,
26:23bon, il y a le CNC
26:24qui n'est pas vraiment,
26:26enfin, qui n'est pas du tout
26:27financé par les impôts,
26:28c'est financé par une taxe
26:29principalement sur le ticket d'entrée
26:33dans la salle de cinéma,
26:35la TSA.
26:35Et 10% de billets.
26:37Oui, 10% de billets.
26:40Et puis, par des taxes
26:42sur les plateformes
26:44et sur l'audiovisuel, en gros.
26:48Et cet argent, il le fournit,
26:49il permet de financer
26:50certains films, pas d'autres.
26:52Il y a plein de processus
26:55de redistribution des budgets
26:58qui permettent un petit peu,
27:00comment dire,
27:00de mutualiser les recettes
27:03d'un film
27:04pour produire des films
27:07qui n'existeraient pas sans ça.
27:09Mais ça, c'est vraiment,
27:11enfin, c'est sur la totalité des films,
27:14ce sont des chiffres de 2023.
27:18Ça représente quelque chose
27:19comme 8%, 8 à 9%
27:22des financements moyens des films.
27:25Dans les financements majoritaires,
27:27il y a les producteurs,
27:28il y a les distributeurs
27:30ou en tout cas les chaînes de télévision.
27:35Il y a aussi des fonds d'investissement
27:37qu'on appelle les SOFICA
27:39qui sont des fonds d'investissement,
27:42qui sont des niches fiscales,
27:44en gros, si vous voulez,
27:45qui permettent des retours
27:47sur investissement
27:47au rendement,
27:49c'est compliqué et chiant.
27:51Donc, bon, voilà, bref.
27:53– Oui, c'est super, c'est super,
27:55c'est super, c'est super.
27:56– Donc, voilà.
27:57Et en gros,
27:58non seulement,
27:59ce n'est pas du tout subventionné
28:01par nos impôts,
28:02il y a effectivement
28:03les aides régionales
28:04et là,
28:06la région Centre-Val-de-Loire,
28:07on a encore du mal
28:09à évaluer
28:10comment ça va se répercuter
28:12sur le cinéma,
28:14qui sont des aides
28:18généralement sélectives,
28:20enfin, même toujours sélectives,
28:21où, en gros,
28:22une région va dire,
28:23OK, on vous donne tant
28:24pour faire votre film,
28:25mais en échange,
28:26eh bien, souvent,
28:27c'est vous venez dépenser
28:29100, 120%
28:30de ce qu'on vous a donné
28:32dans notre région.
28:33C'est des choses.
28:33Voilà.
28:34Donc, il y a quand même
28:35des grosses retombées économiques
28:36pour les régions.
28:37Donc, ce n'est pas vraiment
28:37des subventions,
28:38comme elle dit,
28:38c'est plus des investissements.
28:39– Vous pouvez dire,
28:40j'avais un chiffre,
28:41c'était pour un euro dépensé,
28:437 euros,
28:43enfin, pour un euro investi
28:44par la région,
28:45c'est 7 euros
28:45de retombées en moyenne,
28:47parce qu'évidemment,
28:48ça crée de l'emploi,
28:49ça joue sur la restauration,
28:50l'hôtellerie,
28:51les transports, etc.
28:52– Et je voulais aussi
28:53ajouter un petit mot
28:54sur le groupe Canal+,
28:55parce qu'en plus,
28:56ça fait un peu partie
28:56de l'actualité.
28:57Donc, c'est le premier financeur
29:00du cinéma français
29:00avec 220 millions d'euros par an.
29:03Et donc, on le sait,
29:04enfin, maintenant,
29:04la plupart des gens le savent,
29:05ce groupe appartient
29:06à Vincent Bolloré,
29:07qui est donc un milliardaire
29:08qui a quand même
29:10mené une bataille culturelle
29:11en faveur de l'extrême droite.
29:13D'ailleurs, il y en a certains
29:13qui disent que c'est peut-être
29:14pour ça aussi qu'il y a de moins en moins
29:15d'artistes qui osent s'exprimer
29:17politiquement,
29:18parce que c'est de plus en plus compliqué.
29:21Et alors, lors d'une audition au Sénat,
29:23donc le 29 janvier dernier,
29:25il y a le directeur du groupe
29:27Canal+, Maxime Saada,
29:28qui a menacé de diviser par deux,
29:30en fait, le financement
29:31du cinéma français
29:32que Canal+, apporte,
29:34en expliquant que ce serait dû
29:35à la concurrence
29:36de la plateforme de Disney+.
29:37Mais il y a peut-être aussi
29:38quelque chose à voir
29:39avec l'arrêt de C8.
29:41Il y avait déjà eu des menaces
29:42de la part de Vincent Bolloré
29:43à demi-mot,
29:44disant que si on l'embêtait
29:46un petit peu trop,
29:46il pourrait retirer des sous
29:47au cinéma.
29:49Donc, ça pose quand même
29:50un gros problème
29:51qui est cette dépendance
29:53aussi à ce genre de...
29:55À un groupe
29:56qui tombe dans les mains
29:57de quelqu'un comme ça.
29:58Et voilà,
29:59donc, qu'est-ce que vous en pensez
30:01de ça ?
30:01Est-ce que ça vous inquiète ?
30:03C'est très inquiétant.
30:04Obligatoirement, oui.
30:04Oui, oui, tout à fait.
30:05Le canal, c'est à peu près
30:09200-220 millions d'investissements
30:11dans le cinéma français par an.
30:13C'est énorme.
30:14Là, quand je croise des producteurs
30:17et qu'on en discute,
30:19on voit que ça les angoisse
30:20un petit peu.
30:21Enfin, c'est...
30:22Donc, ouais, là,
30:23il y a un vrai truc
30:24qui est en train de se jouer.
30:26Après, c'est en négociation.
30:28Là, le canal,
30:29d'après ce que j'ai compris,
30:30ils vont se réinscrire
30:32dans ce qu'on appelle
30:33la chronologie des médias
30:34parce que c'est un petit peu
30:35ça qui est en jeu.
30:38Peut-être qu'il faut rappeler,
30:39expliquer ce que c'est
30:40que la chronologie des médias.
30:42Moi, je peux le faire rapidement.
30:43C'est le système qui,
30:44en gros, dit que
30:46pour protéger la salle de cinéma,
30:47les télés n'ont pas le droit
30:48de diffuser directement des films
30:50et donc, ils ont une fenêtre
30:51qui est en gros de...
30:52Alors, je n'ai plus
30:52le nombre de moi en tête,
30:53par contre,
30:53mais en gros, c'est négocié
30:54en fonction aussi
30:55de la participation.
30:56Canal+, c'est le premier
30:57à pouvoir diffuser les films
30:58parce que c'est le plus gros financeur
30:59et après, je suis appris
31:00à France Télé, etc.
31:01Enfin, c'est échelonné,
31:03on va dire.
31:04Et les plateformes,
31:05notamment, veulent réduire
31:06cette fenêtre le plus possible
31:08pour pouvoir diffuser.
31:10Sachant qu'aux États-Unis,
31:10par exemple, c'est quasiment
31:11sur le mouton
31:11et on peut très bien
31:12avoir un film qui sort en salle
31:13et sur une plateforme
31:15quasiment immédiatement
31:15ou je me trompe ?
31:16Non, non.
31:17En fait, ils ont théoriquement
31:18le droit de le faire
31:18mais ils en sont revenus
31:19un petit peu aussi.
31:21Ils l'ont fait pendant le Covid
31:23et puis, en fait,
31:24ils ont un petit peu
31:24rétro-pédalé
31:25parce qu'ils se sont rendus compte
31:26que laisser un peu de temps
31:28en salle
31:29pour le prestige d'une œuvre,
31:30c'était aussi important.
31:32En gros, là,
31:32les promesses en France,
31:34les promesses d'investissement
31:36sur un temps donné,
31:37là, je crois que...
31:38Enfin, c'est des fenêtres
31:40de trois ans,
31:43permettent de remonter,
31:44d'avoir le droit
31:45de remonter
31:45dans cette chronologie
31:46des médias.
31:47Et là, il y a un peu
31:48des grandes manœuvres
31:48de négociations.
31:50Donc, il y a effectivement
31:52cette histoire de C8
31:53qui joue peut-être.
31:55Il y a l'arrivée
31:58des plateformes
31:59dans la chronologie
32:00des médias.
32:00Donc, il y a Disney
32:01qui vient de signer
32:01pour 35 millions par an.
32:05Il y a aussi peut-être
32:08la question de...
32:10En fait, ce qu'il en est...
32:12À mon avis,
32:13moi, ça, c'est mon avis perso,
32:14ce qu'il en est le plus,
32:14ce n'est pas tant le montant
32:16que la clause de diversité,
32:18en fait.
32:18C'est-à-dire que quand on dit
32:20vous investissez 200 millions,
32:22220 millions dans le cinéma,
32:24ce n'est pas dans ce qu'il veut.
32:25C'est un certain nombre
32:27de documentaires,
32:28un certain nombre de films
32:29de moins de tant de millions.
32:31Donc, un certain nombre...
32:33Enfin, voilà,
32:34il y a des conditions
32:35très strictes.
32:36Et ça veut dire qu'en gros,
32:38on finance aussi
32:38des films moins rentables
32:40que les grosses machines
32:41qui financent par ailleurs.
32:44Voilà.
32:44Donc, je pense que
32:45c'est surtout ça le truc.
32:46Et a priori,
32:47ça peut durer encore
32:48quelques temps
32:49avant qu'on ait des réponses.
32:50Peut-être une réaction,
32:51Cécile,
32:52et ensuite,
32:52il faudra qu'on enchaîne
32:53sur la partie suivante
32:54parce qu'il nous reste
32:55moins de 10 minutes.
32:56Ça passe trop vite.
32:58Oui.
32:58Non, moi,
32:58la petite réaction que j'ai,
33:00moi, je suis moins calée
33:01qu'Elie
33:01dans les chiffres exacts
33:03que ça représente.
33:04Donc, c'est cool
33:04parce que j'apprends exactement
33:06ce que ça représente
33:06en même temps.
33:07Donc, je te remercie.
33:09Même si j'en avais
33:09une idée globale.
33:10Non, moi,
33:11ce que j'ai tendance
33:11à me dire aussi,
33:13c'est que,
33:14effectivement,
33:15autour de Canal,
33:15c'est très inquiétant
33:16pour toutes ces raisons-là.
33:18Et aussi,
33:19en le liant
33:20avec les coupes budgétaires
33:21des régions,
33:23c'est que tout d'un coup,
33:23ça rend le cinéma
33:24tributaire
33:25d'un fonds d'investissement
33:26qui en revient
33:26à un milliardaire
33:28qui a une vision du monde
33:30alors que des subventions
33:31de régions
33:33sont quand même
33:33soumises à comité.
33:34Alors après,
33:35bon,
33:35les régions ont
33:36leur propre affiliation
33:36politique aussi,
33:37mais je sais que les gens
33:39qui peuplent les comités
33:40aussi décisionnaires
33:41ne sont pas forcément
33:42de tel ou tel bord politique.
33:44Donc, il y a une diversité
33:46aussi qui peut être intéressante
33:48dans ce qui est permis
33:49d'être financé,
33:50il me semble.
33:51Mais peut-être
33:52que je me trompe.
33:52Moi, c'est une réflexion
33:53qui est très...
33:55qui est très en temps
33:57et en heure, en fait.
34:00Allez,
34:01un dernier commentaire
34:02en dix secondes,
34:02Elie,
34:03puis ensuite,
34:03on va passer à la suite.
34:04Ça ne peut pas durer dix secondes.
34:06Eh bien, tant pis,
34:07on passe à la suite.
34:07Je suis désolé
34:08parce qu'on voulait vraiment
34:08s'arrêter un petit peu
34:09sur le MeToo Cinéma
34:10parce qu'évidemment,
34:12on en a beaucoup entendu parler.
34:14On en a beaucoup entendu parler
34:16à travers des grandes actrices,
34:17surtout,
34:18mais ça touche évidemment aussi
34:19les coulisses du cinéma.
34:21On va regarder un petit reportage
34:22de Franck, encore une fois,
34:23mais qui date de deux ou trois mois,
34:24je crois.
34:25Il était allé à un rassemblement
34:26en soutien à Délénel
34:27pendant le procès
34:28contre Christophe Ruggia.
34:29Donc, on regarde un petit extrait
34:30d'une trentaine de secondes,
34:31je crois,
34:31puis on en discute après.
34:33Tout le monde sait,
34:34tout le monde se prévient
34:35un peu en dessous,
34:36mais personne ne veut mettre
34:37en péril sa carrière
34:37ou son travail.
34:38Et elle,
34:39c'est une des rares personnes
34:40qui a eu la force
34:41de pouvoir dire,
34:42mais en fait,
34:43arrêtez,
34:44arrêtez de passer tout ça
34:45sous silence.
34:46Il faut péter la chape de plomb.
34:48En fait,
34:48à un moment donné,
34:48on ne peut pas rester silencieux
34:50et silencieuse face à ça,
34:51alors que tout le monde sait.
34:51Je suis choquée par tout ce qu'il dit,
34:53mais je suis choquée
34:54s'il fallait encore plus
34:56par le fait qu'il dise
34:57qu'il m'a découverte,
34:58parce qu'en fait,
34:59il m'a surtout détruite.
35:01D'accord ?
35:02Et qu'en fait,
35:02si Christophe Rougiat
35:03a eu de l'emprise sur moi,
35:04c'est parce que moi,
35:05le travail sur le jeu,
35:06le théâtre,
35:07c'est quelque chose
35:08que j'ai viscéralement
35:09dans le corps.
35:11Voilà,
35:11c'est des paroles
35:11assez fortes,
35:12évidemment.
35:13Est-ce que,
35:14donc ça a fait bouger
35:14le monde du cinéma,
35:15est-ce que vous,
35:16à l'échelle des techniciens,
35:17techniciennes,
35:18des travailleurs,
35:18travailleuses de l'ombre
35:19du cinéma,
35:19est-ce que ça a aussi
35:20fait bouger des choses ?
35:21Est-ce que ça a aussi
35:22pu changer les conditions
35:23de travail,
35:24les choses que vous viviez
35:25au quotidien,
35:26Cécile ?
35:26Oui,
35:27il y a clairement
35:28des changements,
35:29de toute façon.
35:31Des changements positifs ?
35:32Oui,
35:32bien sûr,
35:33dans le sens positif.
35:35Après,
35:35c'est un sujet
35:36qui génère encore
35:39des débats
35:42chez les vieux
35:42comme chez les jeunes,
35:43pardon de dire vieux et jeunes,
35:45mais il y a des choses,
35:46en tout cas,
35:46il y a des choses
35:47qui sont mises en place aussi,
35:48par exemple,
35:48très récemment,
35:49notamment sur les films
35:50qui bénéficient
35:51des aides du CNC,
35:53il y a une formation
35:54VHSS,
35:55violence et harcèlement,
35:56sexuel et sexiste,
35:58c'est sexuel,
35:59je ne sais plus dans quel ordre,
36:00que j'ai faite par ailleurs,
36:01qui devient obligatoire
36:02par tous les techniciens
36:04du plateau
36:04si le film est subventionné
36:06par le CNC,
36:07reçoit l'aide du CNC,
36:08ce qui est vachement bien.
36:10Moi,
36:10je l'ai suivi,
36:10il y a un module en ligne
36:12à suivre,
36:12et ensuite,
36:13il y a une validation
36:14de cette formation
36:15à faire sur le plateau,
36:16ça,
36:16c'est un peu flou
36:17si à chaque film,
36:17on doit le refaire ou pas,
36:18mais bon bref,
36:19mais en tout cas,
36:20c'est vachement bien,
36:21c'est...
36:24Comment dire ?
36:25C'est...
36:25Quand on est un peu renseigné,
36:27à la fois,
36:28on n'apprend pas forcément
36:29énormément de choses,
36:30mais j'ai quand même
36:30appris certaines choses
36:31et surtout,
36:33ça rappelle aussi
36:34quelles sont
36:35les manières d'agir,
36:38quelles sont les possibilités
36:40d'action surtout
36:40et que ce soit quelque chose
36:42qui soit mis en place
36:43et obligatoire,
36:44je trouve ça très bien.
36:46j'ai la sensation,
36:48en tout cas,
36:48moi,
36:49j'ai eu moins
36:50de mauvaises expériences
36:51à titre juste
36:52très personnel
36:53depuis que...
36:55Mais même avant
36:57Adèle Haenel,
36:58mais je pense
36:58qu'Adèle Haenel,
36:59en France,
36:59elle a bousculé
37:00énormément de choses
37:01parce qu'en fait,
37:01il y a eu une MeToo 2017
37:04où ça a bousculé
37:05le monde du cinéma,
37:06mais je trouve
37:07que la France,
37:08on a quand même
37:08signé une tribune
37:09pour la liberté
37:09d'importuner
37:10deux mois après
37:11par des actrices
37:12qui n'ont pas pris
37:12une métro
37:13depuis 1970.
37:14Dont la future présidente
37:16du Sénat aussi,
37:17pour ne pas la nommer.
37:17Moi, les frotteurs
37:18dans le métro,
37:19j'adore,
37:19tu fais très bien.
37:20Et depuis quand ?
37:21Tu n'es pas prouvé ?
37:21Enfin bon, bref.
37:23En revanche,
37:24j'ai la sensation
37:25que Adèle Haenel,
37:26elle a fait bouger
37:28encore plus de choses.
37:30Et Judith Godrej.
37:31Et Judith Godrej,
37:32tout à fait,
37:32absolument.
37:33Absolument.
37:35Donc oui,
37:35je trouve qu'en tout cas,
37:36il y a une évolution
37:36positive.
37:37Enfin, c'est des exemples
37:38à la con,
37:38mais juste quand il va faire
37:3935 degrés le lendemain,
37:40on se met en short maintenant
37:41quand on est des meufs
37:42et on s'en fout, quoi.
37:43Avant, moi, je me souviens,
37:44on disait,
37:45tu t'habilles comment demain
37:46parce qu'il fait 35 ?
37:47Je ne veux pas être la seule.
37:49Et si on venait,
37:50moi, ça m'est arrivé une fois
37:51de venir en short,
37:52troisième estante mise en scène
37:54et de me prendre
37:55des réflexions de tout le monde.
37:56C'est pas grave.
37:57Si, en fait,
37:58ça commence là.
38:01On n'est pas sur des faits
38:03qui se comparent
38:05à de l'agression sexuelle,
38:06mais quand même,
38:06c'est un rapport au corps.
38:08C'est un regard,
38:09c'est un climat ambiant.
38:12Mais après, oui,
38:12je trouve ça beaucoup plus encadré.
38:13Après, il y a aussi eu
38:14l'arrivée des coordinateurs
38:15et coordonnées d'intimité
38:16que moi,
38:17je n'ai jamais expérimenté
38:18sur un plateau encore.
38:19Ce que je voulais dire,
38:20peut-être que vous pouvez
38:21un peu expliquer
38:21parce que c'est un métier
38:22qui commence tout juste à arriver.
38:24Peut-être que tu l'expliqueras
38:25mieux que moi
38:26parce que moi,
38:26je vous vois à peu près,
38:27mais je n'en ai jamais
38:28côtoyé.
38:30C'est un métier
38:31qui est en train
38:31de se créer.
38:32C'est des formations
38:33qui sont en train
38:34de se créer.
38:35En gros,
38:35c'est dès qu'il y a une scène
38:37qui…
38:38Alors,
38:38c'est dur à définir,
38:40mais en gros,
38:40ça va de la scène
38:41de deux acteurs
38:44couchent ensemble
38:44dans le film
38:45à une scène de baiser
38:46ou ce genre de choses
38:47ou même des scènes
38:48de contact physique.
38:50Des scènes un peu intimes,
38:51en fait.
38:52Voilà,
38:53des scènes.
38:53Dès qu'il y a un…
38:56On peut faire appel
38:57à une coordinatrice,
38:58un coordinateur d'intimité
38:59qui va aller régler ça
39:01et qui va être aussi
39:02force de proposition.
39:03C'est-à-dire que
39:04ce n'est pas juste
39:05quelqu'un qui vient
39:06pour dire ça oui,
39:08ça non,
39:08même si ça fait partie
39:09de son rôle,
39:10donc de nommer un petit peu
39:11on va jusque là,
39:12il a le droit de mettre
39:12sa main ici,
39:13pas là,
39:13etc.
39:15Mais aussi
39:15d'avoir
39:19une influence
39:20sur la création artistique,
39:22sur la manière de filmer
39:23parce que ce sont des scènes
39:23qui sont un peu spécifiques,
39:25qu'on ne tourne pas
39:26tous les quatre matins
39:27et que des fois,
39:28c'est pas mal
39:29d'avoir quelqu'un
39:29qui a un peu plus
39:30l'habitude pour le faire.
39:31Et on le compare beaucoup
39:32entre autres
39:33aux régleurs de cascades.
39:35C'est un peu la même chose,
39:36ce n'est pas tout à fait
39:37les mêmes cascades,
39:38mais c'est un peu le même principe.
39:39Même s'il y a des enjeux
39:40dans une cascade.
39:41Il y a des enjeux
39:42dans une cascade.
39:45Notamment dans la formation
39:48sur violences,
39:49harcèlement sexuel
39:49et sexiste,
39:50il y a une partie
39:51sur la coordinatrice
39:52d'intimité
39:52où il y a
39:53une coordinatrice
39:54d'intimité
39:57qui explique
39:58qu'en gros,
40:00idéalement,
40:00la scène en question
40:02est discutée en amont
40:03avec réalisateuriste,
40:04acteuriste présent.
40:05On s'accorde
40:07sur quelque chose
40:08et en fait,
40:09elle dit
40:10que si tout est respecté,
40:11sa présence sur le plateau,
40:12elle est là
40:14pour vérifier
40:14et que c'est bien appliqué,
40:16elle n'est pas censée
40:16intervenir même sur le plateau
40:17à partir du moment
40:18où ça a bien été
40:20préparé en amont
40:21et que tous les sujets
40:21ont été abordés
40:22et que tout d'un coup,
40:23on ne sort pas du chapeau
40:24quelque chose
40:24qui n'a jamais été discuté
40:26en gros.
40:27Mais juste servir
40:28de garde-fou,
40:28être sûr
40:29que ça ne déborde pas
40:31en fait,
40:31tout simplement.
40:31Peut-être dernière question,
40:33il nous reste deux minutes.
40:35Peut-être Cyprien
40:35sur Dominique Boutonna ?
40:37Non, on a déjà...
40:38Vous aviez déjà
40:39prévu le pouce.
40:40Oui, oui.
40:41Effectivement,
40:42comme on parle de MeToo,
40:42c'est aussi un autre symbole
40:44de MeToo au cinéma.
40:45C'est donc Dominique Boutonna
40:46qui était le président
40:46du CNC,
40:47le Centre national du cinéma
40:48et l'image animée
40:49qui a été condamné
40:51pour d'agressions sexuelles
40:52sur son filleul
40:53et donc enfin débarquait
40:55de son poste.
40:55Ça faisait quand même
40:56plusieurs mois
40:57que les acteurs
40:58du monde du cinéma
40:59le demandaient.
41:00Son remplaçant,
41:00c'est donc Gaëtan Bruel
41:02qui était avant
41:04directeur adjoint,
41:05directeur de cabinet adjoint
41:06pardon, de Gabriel Attal
41:07et directeur de cabinet
41:08de Rachida Dati.
41:09Donc un profil
41:10de haut fonctionnaire.
41:11Est-ce que vous en attendez quoi
41:13de cette nouvelle présidence
41:14du CNC ?
41:15Rien peut-être ?
41:17Est-ce que ça va changer
41:18quelque chose ?
41:19Est-ce que c'est au-delà
41:19de vos considérations ?
41:21Moi, je ne suis surtout
41:22pas assez renseignée
41:23pour répondre malheureusement.
41:25Non, là c'est un peu tôt pour dire.
41:27Il a pris ses fonctions
41:28le 17 février dernier.
41:31Oui, c'est pas trop tôt pour en dire.
41:33Bon voilà, au moins
41:33il n'a pas de condamnation déjà.
41:36Pas encore ?
41:37J'en suis en train peut-être ?
41:38Pas encore, je ne sais pas.
41:40Mais non, on va voir.
41:42Après, c'est le sentiment
41:43qu'il me donne,
41:44c'est que c'est juste
41:45un marche-pied dans sa carrière.
41:46Ça ressemble beaucoup à ça.
41:49Après, on ne va pas faire un procès
41:51avant de...
41:54Je ne peux pas vraiment en dire.
41:56À suivre.
41:56À suivre, on en discutera ensemble.
41:58Merci beaucoup à tous les deux
41:59d'avoir répondu à nos questions
42:01et de vous avoir accordé ce temps.
42:03C'est toujours un peu frustrant.
42:04On a toujours plein de choses
42:04à vous demander.
42:05Milly, tu avais un dernier truc à dire ?
42:06J'avais un dernier truc à dire.
42:07Il y a une mobilisation
42:08qui est en train de se construire
42:09contre ces coupes budgétaires,
42:11entre autres,
42:11avec tout le milieu du spectacle,
42:13du spectacle vivant.
42:15Et ça vaut le coup
42:16de se renseigner
42:16et de suivre un petit peu ça.
42:17Très bien.
42:18Et de se syndiquer aussi du coup
42:19parce que j'imagine
42:20que les syndicats vont...
42:20Oui, oui.
42:22Oui, oui, bien sûr,
42:24il faut se renseigner.
42:25On est à l'UMA,
42:25vous pouvez déjà...
42:28Merci beaucoup à tous les deux.
42:29Je rappelle,
42:29Cécile Borde,
42:30script,
42:30Elie Gatégno,
42:31chef opérateur.
42:31Merci encore à tous les deux.
42:33Je vous laisse quitter le plateau.
42:35Bon courage pour la suite
42:36de vos tournages
42:37et de vos différents travaux.
42:39Oui, toi aussi, Cyprien,
42:40en fait, tu t'en vas.
42:41Moi aussi.
42:41Tu as passé bien assez de temps
42:43avec nous.
42:43Ok, d'accord.
42:44Bon courage.
42:47Merci beaucoup, Cyprien,
42:47tout à l'heure.
42:48Merci à tous les deux.
42:49Au revoir.

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