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  • il y a 1 semaine
Plusieurs centaines de personnes, dont des enseignants et étudiants, ont manifesté ce mardi 11 mars à Paris contre l'austérité dans l'enseignement supérieur et la recherche, à l'appel d'une large intersyndicale.

« Nous étions 2.500 à Paris, plus de 1.000 à Rennes et 500 Toulouse, largement au-delà de 5.000 personnes mobilisées en France », a estimé Anne Roger, co-secrétaire générale Snesup-FSU. « On continue à fonctionner en mode dégradé et ça débouche sur des diplômes qui n'auront plus le même sens progressivement », alerte la responsable syndicale.

Des étudiants et enseignants, représentants des principaux syndicats (Snesup, CFDT, CGT, Unsa, Sud...), des organisations étudiantes (Union étudiante, Fage, Unef) ou encore de la fédération de parents FCPE se sont réunis place de la Sorbonne au moment où se tenait une réunion du Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (Cneser), organe consultatif qui émet des avis sur les politiques universitaires.

« On a peur pour nos universités, tous les ans il y a des formations qui ferment et des bâtiments qui ne sont pas rénovés. On a besoin de budget pour que ça aille mieux… », souligne Elisa, étudiante en médecine à Nancy.

Pour Maé, vice présidente du syndicat étudiant La Fage, il est urgent de valoriser l'enseignement en France. « Un pays qui n'investit pas dans la jeunesse est un pays qui n'a pas d'avenir », précise l'étudiante sage femme.

Les manifestants ont ensuite parcouru le boulevard St Michel jusqu'au jardin du Luxembourg. Sur les pancartes, on pouvait notamment lire « 413 milliards pour l'armée, rien pour étudier », « suppression des filières, grève de l'ESR » -acronyme d'Enseignement supérieur et recherche. « On attend une prise de conscience de l'ensemble de la population française, mais surtout de nos hommes et femmes politiques, sur la situation de l'enseignement supérieur et de la recherche, notamment en ce qui concerne le budget alloué depuis plusieurs années et largement insuffisant », .

« On voit bien que le discours politique aujourd'hui néglige l'enseignement et l'État social au profit de dépenses liées à situation diplomatique et c'est une vraie inquiétude » nous explique Christophe Voilliot, Maître de Conférences en science politique à l'université Paris Nanterre.

« Il manque bien 80.000 à 90.000 places d'université » a estimé Manon Moret, membre du bureau national de l'Unef, lors d'une conférence de presse intersyndicale étudiante à Paris avant le début de la manifestation. Outre l'Unef, des représentants de la FSE, de l'Union étudiante, et de Solidaires Etudiantes, ont souligné qu'ils voulaient agir ensemble pour lutter contre « la situation catastrophique de l'université ».

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Transcription
00:00On est attaqué au niveau du budget, donc en termes de fonctionnement.
00:03On risque de mettre la clé sous la porte ni plus ni moins quand même l'année prochaine.
00:06À ce rythme-là, on doit être très très vigilant parce que sinon l'université publique va mourir.
00:10Depuis la Sorbonne où enseignants, chercheurs et étudiants se sont mobilisés ce mardi 11 mars
00:15afin de dénoncer une situation critique.
00:17Depuis 2007, l'enseignement supérieur subit un sous-financement
00:21et cette année encore, 1,5 milliard d'euros de coupes budgétaires ont été imposés par le 49.3.
00:27Allez, partons à leur rencontre.
00:28On a peur aujourd'hui pour nos universités.
00:30Tous les ans, il y a des formations qui ferment, il y a des bâtiments qui ne sont pas rénovés,
00:34il y a même de l'amiante, on a des emplois du temps, on n'a même pas 10 heures
00:36de cours dedans.
00:37En fait, c'est vraiment compliqué.
00:39On a peur pour nos formations et on a besoin de budget pour que ça aille mieux.
00:41On voit que la jeunesse est toujours au second plan des priorités de l'État.
00:45On voit que quand il faut investir, le contexte le justifie parfois,
00:49mais sur les questions d'efforts de guerre, il y a beaucoup plus de priorités qui sont mises
00:52que sur les questions de jeunesse.
00:53Et en fait, à la fin, on se questionne toujours le fait de mettre les jeunes au second plan.
00:58Un pays qui n'investit pas dans la jeunesse, c'est un pays qui n'investit pas dans l'avenir.
01:01Du fric, du fric pour la recherche publique !
01:04Les mesures qui sont prises, c'est des capacités d'accueil qui diminuent et ça ne se voit pas trop.
01:09Au lieu de prendre 150 étudiants, on n'en prend plus que 100.
01:12Au lieu de faire 4 groupes TD, on n'en fait plus que 3, mais on surcharge les effectifs de
01:16fait.
01:17On arrête de commander les ressources documentaires dans les bibliothèques universitaires,
01:21ce qui fait qu'elles deviennent obsolètes assez rapidement.
01:24On ne remplace plus les enseignants qui partent à la retraite et on prend des vacataires pour faire leurs enseignements.
01:30Donc tout ça, c'est des mesures qui ne se voient pas.
01:32C'est des mesures qui font que finalement, on continue à fonctionner, mais en mode dégradé.
01:37Et ça, le mode dégradé, ça débouche sur des formations qui sont particulièrement dégradées de fait,
01:43et des diplômes qui n'ont plus le même sens progressivement.
01:48On s'est effondré en mathématiques, on le sait très bien pour les mathématiques.
01:52Tous les classements le disent, toutes les enquêtes le disent.
01:56Le niveau des élèves s'est effondré en France tout simplement et c'est généralisé.
02:02Ça veut dire aussi qu'il y a des recherches qu'on ne peut plus mener.
02:05Et je pense par exemple, toutes les recherches sur les virus qu'on a abandonnées,
02:09en particulier à propos de la Covid. On savait très bien que la France était en pointe.
02:14Et puis au début des années 2000, on a fermé le labo.
02:17Et après, on s'est retrouvé avec l'épidémie de Covid, alors qu'on était en pointe.
02:24On voit bien à quel point le discours politique aujourd'hui néglige tout ce qui est l'enseignement,
02:31l'état social, au profit de dépenses liées à la situation diplomatique.
02:37Pour nous, c'est une vraie inquiétude.
02:38Vous avez vu le mouvement Stand Up for Science.
02:42On n'en est pas là, mais ça pourrait arriver vite en France également.
02:46Donc on est à la fois inquiets pour la dimension immédiate, matérielle, les aspects budgétaires,
02:52mais aussi de manière plus philosophique par rapport à notre rôle dans la société.

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