00:00On est attaqué au niveau du budget, donc en termes de fonctionnement.
00:03On risque de mettre la clé sous la porte ni plus ni moins quand même l'année prochaine.
00:06À ce rythme-là, on doit être très très vigilant parce que sinon l'université publique va mourir.
00:10Depuis la Sorbonne où enseignants, chercheurs et étudiants se sont mobilisés ce mardi 11 mars
00:15afin de dénoncer une situation critique.
00:17Depuis 2007, l'enseignement supérieur subit un sous-financement
00:21et cette année encore, 1,5 milliard d'euros de coupes budgétaires ont été imposés par le 49.3.
00:27Allez, partons à leur rencontre.
00:28On a peur aujourd'hui pour nos universités.
00:30Tous les ans, il y a des formations qui ferment, il y a des bâtiments qui ne sont pas rénovés,
00:34il y a même de l'amiante, on a des emplois du temps, on n'a même pas 10 heures
00:36de cours dedans.
00:37En fait, c'est vraiment compliqué.
00:39On a peur pour nos formations et on a besoin de budget pour que ça aille mieux.
00:41On voit que la jeunesse est toujours au second plan des priorités de l'État.
00:45On voit que quand il faut investir, le contexte le justifie parfois,
00:49mais sur les questions d'efforts de guerre, il y a beaucoup plus de priorités qui sont mises
00:52que sur les questions de jeunesse.
00:53Et en fait, à la fin, on se questionne toujours le fait de mettre les jeunes au second plan.
00:58Un pays qui n'investit pas dans la jeunesse, c'est un pays qui n'investit pas dans l'avenir.
01:01Du fric, du fric pour la recherche publique !
01:04Les mesures qui sont prises, c'est des capacités d'accueil qui diminuent et ça ne se voit pas trop.
01:09Au lieu de prendre 150 étudiants, on n'en prend plus que 100.
01:12Au lieu de faire 4 groupes TD, on n'en fait plus que 3, mais on surcharge les effectifs de
01:16fait.
01:17On arrête de commander les ressources documentaires dans les bibliothèques universitaires,
01:21ce qui fait qu'elles deviennent obsolètes assez rapidement.
01:24On ne remplace plus les enseignants qui partent à la retraite et on prend des vacataires pour faire leurs enseignements.
01:30Donc tout ça, c'est des mesures qui ne se voient pas.
01:32C'est des mesures qui font que finalement, on continue à fonctionner, mais en mode dégradé.
01:37Et ça, le mode dégradé, ça débouche sur des formations qui sont particulièrement dégradées de fait,
01:43et des diplômes qui n'ont plus le même sens progressivement.
01:48On s'est effondré en mathématiques, on le sait très bien pour les mathématiques.
01:52Tous les classements le disent, toutes les enquêtes le disent.
01:56Le niveau des élèves s'est effondré en France tout simplement et c'est généralisé.
02:02Ça veut dire aussi qu'il y a des recherches qu'on ne peut plus mener.
02:05Et je pense par exemple, toutes les recherches sur les virus qu'on a abandonnées,
02:09en particulier à propos de la Covid. On savait très bien que la France était en pointe.
02:14Et puis au début des années 2000, on a fermé le labo.
02:17Et après, on s'est retrouvé avec l'épidémie de Covid, alors qu'on était en pointe.
02:24On voit bien à quel point le discours politique aujourd'hui néglige tout ce qui est l'enseignement,
02:31l'état social, au profit de dépenses liées à la situation diplomatique.
02:37Pour nous, c'est une vraie inquiétude.
02:38Vous avez vu le mouvement Stand Up for Science.
02:42On n'en est pas là, mais ça pourrait arriver vite en France également.
02:46Donc on est à la fois inquiets pour la dimension immédiate, matérielle, les aspects budgétaires,
02:52mais aussi de manière plus philosophique par rapport à notre rôle dans la société.