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  • il y a 3 heures
Pour ce 8 mars 2025, les multinationales Apple et Google ont fait un beau cadeau aux femmes : ils ont supprimé la journée de lutte pour leurs droits de leur calendrier 🤡... Trump est, comme toujours, en roue libre sur le sujet. Parallèlement, en France, les membres du groupuscule Némésis se font passer pour des défenseuses des droits des femmes alors qu'elles sont, entre autres, incapables de défendre le droit à l'avortement… Bref, face au backlash, on résiste ✊ Mais d'abord, on s'informe, grâce à la chronique de Julia Hamlaoui dans "Le Torchon Brûle", l'émission féministe mensuelle de l'Humanité.

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Transcription
00:00Toi, Julia, là, dans les faits qui t'ont choqué cette semaine et qui nous ont toutes choquées, je pense,
00:04c'est que Apple et Google, eux, pour le 8 mars, ils ont décidé de le supprimer, leur calendrier.
00:10C'est-à-dire qu'on ne voit plus journée internationale de lutte pour les droits des femmes sur les
00:13calendriers Apple et Google.
00:15Ouais, carrément. Comme un petit air de backlash, là.
00:19Effectivement, pour Google comme Apple, d'ailleurs, cette suppression qui s'accompagne de celle du mois de la fierté
00:25ou encore de celle du mois de l'histoire des Noirs.
00:29Par exemple, parce qu'il y en a plein d'autres, évidemment, ça ne doit rien au hasard.
00:33Alors, officiellement, il s'agit de simplification.
00:37C'est l'argument officiel qu'ils ont balancé.
00:39Pourquoi le jour de la marmotte n'a pas échappé, dans ce cas, à la purge ?
00:44Ça, c'est un peu mystère.
00:46Enfin, mystère.
00:46En réalité, c'est un mouvement de fond, puisque la multinationale tentaculaire Google
00:52a aussi annoncé la suppression de ces programmes de lutte contre les discriminations.
00:56Les fameux programmes DUI, vous en avez sans doute entendu parler.
01:00DUI, ça veut dire diversité, égalité, inclusion.
01:03Ces programmes-là, ils les ont supprimés dans la foulée de l'investiture de Donald Trump,
01:07à laquelle les patrons de Google comme d'Apple, d'ailleurs, ont assisté au premier rang.
01:13Et alors, puisqu'on parle du backlashiste en chef,
01:17on peut se rappeler que de ce côté de l'Atlantique, on n'y échappe pas non plus,
01:20malheureusement, puisqu'il a inspiré, cette fois-ci, les identitaires
01:23qui ont prétendu faire main basse ce week-end sur nos cortèges.
01:26Et oui, make feminism great again !
01:29Oui, c'est ça.
01:30Vous pardonnez l'accent.
01:32C'est le slogan qu'a choisi le collectif Nemesis pour ce week-end,
01:36celui de Donald Trump, qui se vante, rappelons-le,
01:39de pouvoir attraper les femmes par la chatte.
01:42Une méga classe.
01:44Très très classe.
01:45Et donc, au-delà de ça, au-delà de cette formule,
01:48il revendique ouvertement, évidemment, une société pensée par et pour les hommes,
01:52les hommes blancs, riches et réacs.
01:54Ça, ça va de pair pour lui.
01:56Non seulement, ces pseudo-féministes-là, elles ont tenté de s'incruster,
02:00mais au-delà, elles tentent de s'approprier la lutte pour l'égalité et l'émancipation,
02:05et tout ça pour la vider de sa substance, grosso modo,
02:08vendre leur soupe xénophobe et servir la cause du patriarcat.
02:13Pardon, j'ai même du mal à le commencer.
02:16Ça reste là.
02:21Elles font partie, ces pseudo-féministes du collectif Nemesis,
02:24de ce que la chercheuse Sarah Erfahis nomme les fémo-nationalistes.
02:30On en a déjà parlé la dernière fois, je ne sais pas si vous vous souvenez,
02:32mais en gros, leur truc, c'est de prétendre que le problème des femmes,
02:36ce sont les étrangers, surtout s'ils sont musulmans d'ailleurs.
02:39Et ça, à grand renfort de fake news, comme avec le concept zémouriste de francocide.
02:45D'ailleurs, Sarah Knafow était parmi elles ce week-end à la manif.
02:49Ou encore, quand elles prétendent dénoncer toutes les violences faites aux femmes,
02:53mais instrumentalisent à fond les affaires qui impliquent des étrangers.
02:57Or, souvenez-vous, ce sont les chiffres du ministère de l'Intérieur,
03:0191% des viols, par exemple, sont commis par des hommes connus de leurs victimes.
03:06Bref, face à la haine, la sororité.
03:09Exactement, c'est le message d'ailleurs envoyé par les syndicats, les collectifs,
03:13les associations à l'origine de la grève féministe,
03:16mais aussi par les 250 000 personnes, puisqu'on n'en a pas encore parlé,
03:20mais il y avait du monde, effectivement, qui ont dénoncé dans la rue cette instrumentalisation.
03:24Une instrumentalisation, par ailleurs défendue par le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau,
03:29qui a soutenu, alors ça commence à faire beaucoup, on commence à avoir l'habitude,
03:33la présence de groupuscules dans les cortèges.
03:35Un groupuscule, oui, parce que pour info, même quand on revendique 300 membres,
03:39on n'est pas une organe masse.
03:40Et je crois que tu voulais aussi nous parler d'une autre opération, une opération diversion.
03:45Oui, alors rien à voir, enfin, quoique.
03:48En tout cas, là, ça a tout à voir avec le patronat.
03:50Au-delà de la simple éternelle journée de la femme,
03:54qu'on entend encore, malheureusement, même si ça a tendance à reculer
03:57sous la lutte acharnée des féministes.
04:00Les roses le faire repasser.
04:03Pardon ?
04:03Les roses le faire repasser.
04:05Exactement, c'est là où je voulais en venir,
04:07parce que sauf si votre entreprise s'est mise au purple washing
04:11à grand renfort de goodies violets,
04:13vous avez peut-être encore eu le droit à la fameuse rose,
04:15effectivement, offerte par le patron.
04:17Eh bien, figurez-vous que cette histoire de...
04:20Allumant, on ne fait pas ça, hein ?
04:22Et pourtant, ceci dit, avec ce que je vais vous raconter,
04:26peut-être que ça pourrait se réfléchir,
04:27parce que cette histoire de roses,
04:29symbole de l'éternel féminin par excellence pour les chargées
04:32comme encore de trop nombreuses boîtes,
04:34eh bien, des femmes l'ont retournée il y a déjà plus d'un siècle.
04:37C'est ainsi que la grève des ouvrières de Lawrence aux États-Unis en 1912
04:42est restée dans la mémoire du mouvement ouvrier
04:44sous le nom de Bread and Roses, du pain et des roses.
04:48Du fait du slogan qu'elles ont martelé pendant des mois
04:51aux côtés des travailleurs immigrés, tiens, tiens.
04:54En fait, pour comprendre cette histoire,
04:57il faut remonter l'année précédente, donc en 1911,
05:00puisqu'à force de mobilisation, le Congrès aux États-Unis
05:03avait dû réduire le temps de travail de deux heures seulement
05:06pour les femmes et les enfants.
05:08Alors, c'était 54 heures tout de même.
05:09Et donc, cette réduction du temps de travail sans perte de salaire.
05:13Mais quand la mesure est entrée en vigueur,
05:16les ouvrières de Lawrence ont découvert leur fiche de paie amputée.
05:21Du coup, elles se sont mis en grève.
05:23Et alors, pourquoi est-ce qu'elles adoptent ce fameux slogan ?
05:27Parce que ce que la femme qui travaille veut,
05:31c'est le droit de vivre, pas seulement d'exister.
05:33C'est comme ça que l'a résumé la syndicaliste Rose Schneiderman
05:38après la victoire des ouvrières,
05:39qui a été conquise malgré une répression carrément atroce.
05:44Et oui, donc en fait, depuis plus d'un siècle,
05:46et même si on nous sert une soupe marketing,
05:48les roses sont un symbole féministe.
05:51Et d'ailleurs, ce slogan-là, il a fait des émules
05:53tout au long du siècle écoulé.
05:55Et j'en profite pour faire un petit aparté
05:58pour celles et ceux qui voudraient en savoir plus
06:00sur cette lutte, sur cet objet et sur tout un tas d'autres.
06:05Il y a le livre Guns and Roses de Mathilde Arrère
06:08où j'ai trouvé plein d'infos et plein d'histoires intéressantes.
06:11D'ailleurs, du pain et des roses,
06:13c'est aussi ce qu'ont défendu toutes celles et ceux
06:15qui ont foulé le pavé le 8 mars.
06:18Parce que comme à Lawrence, en matière de salaire, par exemple,
06:21c'est un exemple parmi tant d'autres,
06:22il y a des progrès à faire.
06:24Vite et pas qu'un peu, parce qu'en France, au 21e siècle,
06:27il y a toujours 22,2 % de différence
06:30entre le salaire moyen des femmes et des hommes.
06:33Alors la source de cette info, c'est une note de l'INSEE
06:35parue pas plus tard que la semaine dernière.
06:37C'était pas il y a 10 ans.
06:39Et ça, non seulement parce que les femmes sont davantage
06:42à temps partiel ou au chômage,
06:44mais aussi parce que les secteurs où on trouve un max de femmes,
06:48comme l'aide à la personne par exemple,
06:50ils sont carrément dévalorisés dans notre société.
06:52Sans compter qu'il reste un écart, d'ailleurs,
06:54même à poste équivalent.
06:57Et à temps de travail équivalent.
06:58Et puisqu'on parle de revenus,
07:00il y a un autre chiffre à connaître.
07:02Et ce chiffre-là, c'est 38 %.
07:03Ça, c'est l'écart des niveaux de pension,
07:06de retraite entre les femmes et les hommes.
07:08Et je ne sais pas si vous vous souvenez,
07:10mais au moment du report de l'âge légal à 64 ans,
07:13le gouvernement avait prétendu...
07:15Ah oui, ils avaient dit qu'ils s'en occuperaient, tout ça.
07:18Exactement, de réduire cet écart.
07:20Oui, oui.
07:21Effectivement, ils l'ont dit.
07:23Mais bon, en 2023, c'est vrai, il faut dire,
07:26ils galéraient pas mal.
07:27Je ne sais pas si vous vous souvenez,
07:28tandis que des millions de personnes étaient dans la rue,
07:30on a par exemple entendu Elisabeth Borne,
07:33qui était alors la première ministre,
07:35vanter une réforme équilibrée.
07:37Pour mémoire, c'est elle qui dégainera un tout petit peu plus tard
07:40le 49.3 sur ce texte,
07:41et qui verra son gouvernement échapper à la censure
07:44à neuf voix près cette fois-là.
07:46Et d'ailleurs, du coup, tu as raison,
07:47ils ont même retenté de vendre l'idée
07:49d'une réforme favorable aux femmes,
07:51comme l'avait fait un tout petit peu avant Edouard Philippe,
07:53en 2019, je ne sais pas si ça vous dit quelque chose.
07:55Ça pique quoi je fort au gouvernement.
07:57Exactement.
07:58Et ils ont effectivement eu du mal
08:00sur la fameuse revalorisation des pensions.
08:03Et d'ailleurs, quand ils étaient vraiment, vraiment acculés,
08:06ils lâchaient carrément tout.
08:08Là, c'était en direct,
08:10comme Gabriel Attal, à l'époque ministre des comptes publics,
08:13sur France 5, un jour de janvier 2023,
08:17où il a dit ça,
08:17« Je pense que les femmes savent bien qu'aujourd'hui,
08:20au moment de la retraite, elles sont déjà désavantagées. »
08:22Bon, ben voilà.
08:23Du coup, autant en rajouter une louche.
08:26Résultat, deux ans après,
08:28avec la réforme,
08:29on a doublé le nombre de femmes
08:31qui doivent partir avec une décote.
08:33Et deux ans plus tard,
08:34bon, c'est toujours non.
08:36Exactement.
08:36Et d'ailleurs, avec le conclave
08:38qu'a dû concéder le Premier ministre François Bayrou,
08:43avec lequel ils essaient quand même
08:44de nous la faire à l'envers à nouveau,
08:46c'est le moment de faire savoir que c'est toujours non.
08:49C'est pour ça que des syndicats,
08:51comme la CGT et bien d'autres,
08:52ont voulu faire aussi du 8 mars
08:54une rampe de lancement de la mobilisation
08:56pour l'abrogation de la réforme.
08:58En plus, mettre fin aux inégalités salariales
09:02dont on parlait juste à l'instant,
09:03ça rapporterait 6 milliards d'euros de cotisations
09:06dans les caisses de la Sécu
09:07qui financent les retraites.
09:096 milliards d'euros, grosso modo,
09:11c'est le montant du déficit
09:13par lequel le gouvernement justifie sa réforme.
09:16Du coup, la boucle est bouclée.
09:18Mais alors bien sûr,
09:19pour ce combat, pour la retraite,
09:21comme pour tous les autres
09:22qui ont été portés dans la rue le 8 mars,
09:25la lutte continue.
09:26Et pour la retraite,
09:28ça passe par la rue à nouveau
09:30dès le 20 mars prochain.
09:31Merci beaucoup, Julia.
09:33Et donc, vous avez compris,
09:34le tchat, le rendez-vous est pris
09:3520 mars prochain dans la rue.
09:38On a Mitaboula,
09:38qui pendant ta chronique,
09:39nous a posé une question sur Némessis.
09:41Comment on désamorce leur propagande
09:43par le fait complètement biaisé ?
09:45Parce que c'est exactement le procédé
09:46qu'elles utilisent,
09:46c'est les biais.
09:48S'incruster dans les cortèges
09:49en s'appropriant un vrai féminisme,
09:51parce que je ne sais pas si vous avez vu,
09:52mais c'est leur nouveau grand argument.
09:54On est les vrais féministes,
09:55contre les méchantes hystéro-féministes
09:58que nous sommes apparemment.
09:59Est-ce que vous,
10:00vous avez des billes sur ce truc-là,
10:02très vite fait ?
10:03C'est vrai qu'elles ont un truc
10:05tellement simpliste,
10:07des arguments tellement
10:10étrangers égale violeurs égale avions,
10:12pour la faire courte.
10:14Comment, nous, on peut arriver ?
10:16Est-ce qu'on a un fait,
10:17un truc qu'on peut sortir ?
10:18Moi, je sais que j'aime bien
10:19sortir aussi la statistique
10:21pour montrer que c'est plus systémique,
10:22que d'après le HCE,
10:24en France,
10:24un viol sur deux
10:25est un viol conjugal.
10:27Et dans 9 cas sur 10,
10:29une femme violée
10:30connaît son agresseur.
10:31Donc, effectivement,
10:32on encourt plus de risques
10:33d'être violées dans la rue
10:35que d'être violées...
10:36d'être violées, pardon,
10:38par un proche que dans la rue.
10:39Et justement, en fait,
10:40elles veulent faire croire
10:41qu'on a plus de risques dans la rue
10:42que chez soi, finalement.
10:44Alors qu'en réalité,
10:44les violences faites aux femmes,
10:45dans l'immense majorité,
10:46sont perpétrées par un proche.
10:48Et d'ailleurs, j'ajouterais,
10:49il y a quand même quelque chose
10:49qui est consultable directement
10:50sur leur page
10:51et qui est assez intéressant.
10:52Si vous regardez une vidéo
10:55qu'elles ont postée récemment
10:57sur la page de Némésis,
10:59elles reconnaissent elles-mêmes
11:00qu'elles n'ont pas de position
11:01tranchée sur l'avortement
11:03parce que leurs militantes
11:04ne sont pas d'accord en interne.
11:06Donc, comment peut-on dire
11:07qu'on est féministe
11:09quand on admet soi-même
11:10sur sa page officielle
11:11qu'on ne sait pas ce qu'on pense
11:12du droit à disposer de son corps
11:14en tant que femme ?
11:15Voilà.
11:15Je pense que c'est un élément...
11:16Ouais, donc vraiment
11:17des vrais féministes purjus.
11:19Oui, voilà.
11:20J'ignorais ce truc
11:21sur l'avortement
11:22qu'il n'y avait pas consensus
11:23entre elles.
11:24Bon, c'est très étonnant
11:25vu d'où viennent
11:26leurs militantes à la base,
11:27mais on y reviendra
11:28tout à l'heure
11:28avec toi, Yuli.
11:30Merci beaucoup, Julia.
11:31Merci à vous.
11:32Maintenant, on va accueillir
11:33Karine,
11:34parce qu'après les roses,
11:35on va parler des roses.
11:36et puis on va accueillir
11:36les roses.
11:36– Sous-titrage FR 2021

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