00:09BISMART
00:12Bien dans Soundshop pour parler des tickets restaurant.
00:15On en a beaucoup parlé, alors on en a parlé pendant la période Covid,
00:19on en a parlé après le Covid qui était un outil, ce ticket restaurant, pouvoir d'achat,
00:23puisqu'on découvre qu'avec ce ticket on achète souvent sa nourriture pour le midi au travail,
00:28mais pas seulement, et on en parle avec vous Benjamin Suchard, vous êtes le CEO de Worklife,
00:32qui est une solution qui fait partie des marques qui proposent aux salariés une carte sur laquelle il y a
00:40tout dessus.
00:41Exactement, vous avez vos titres restaurant, mais vous avez aussi le financement de la mobilité,
00:46de votre garde d'enfants, vos cadeaux, vos vacances, on retrouve aussi tous vos frais professionnels,
00:51donc on va regrouper dans un seul endroit tous vos avantages sociaux.
00:54Alors il y a une chose intéressante que vous portez, parce qu'un débat parlementaire a eu lieu en commission
00:59des affaires sociales,
01:00il va arriver dans l'hémicycle aux alentours du 10-12 octobre,
01:04là vous soulevez un loup, c'est une étude sur l'analyse socio-économique du dispositif des titres restaurant,
01:11et non pas des tickets restaurant, que vous avez porté,
01:14et vous dites, attention, danger, les commissions sont trop importantes, expliquez-nous,
01:19parce que le consommateur qui donne son ticket, il ne sait pas ce qui se passe derrière en coulisses.
01:23Oui, il faut comprendre qu'en fait, quand vous utilisez un titre restaurant,
01:26la réalité, c'est que le commerce qui va les accepter va payer une commission,
01:31que cette commission, elle est de l'ordre de 5% et qu'elle n'a cessé d'augmenter ces
01:35dernières années,
01:36alors même que le titre s'est dématérialisé, on est passé du papier à la carte.
01:40Donc ça veut dire concrètement quoi ? Ça veut dire que quand vous vendez,
01:44quand les entreprises vendent leurs titres restaurant, elles font des prix qui sont gratuits, voire négatifs,
01:49ça veut dire concrètement qu'elles vont donner de l'argent aux émettrices de tickets restaurant auprès des entreprises,
01:56et c'est derrière le consommateur, le bénéficiaire, quand il l'utilise,
02:00qui va en réalité faire payer les restaurateurs.
02:03Alors les restaurateurs qui commencent à se rebiffer, parce que c'est ce que vous soulevez,
02:06il y a 89% de ces restaurateurs qui ont déjà refusé un titre restaurant,
02:11et vous qui nous regardez, peut-être que vous avez eu un commerçant qui vous a dit
02:14« Désolé, je les prends plus, en un mot, ça me coûte trop cher ».
02:17Bah oui, de plus en plus, il y en a un tiers aujourd'hui qui ont refusé,
02:20et 9 sur 10 qui envisagent de le faire.
02:22Ça leur coûte beaucoup trop cher, il faut bien se rendre compte,
02:25c'est 5 à 10 fois plus qu'une commission bancaire.
02:29Qu'est-ce qui justifie aujourd'hui, où les titres restaurants sont ni plus ni moins qu'une carte,
02:34et qui fonctionnent comme les cartes bancaires classiques ?
02:37Eh bien, qu'est-ce qui justifie le fait de pouvoir prendre autant de commissions ?
02:40Et ça, c'est un point important, parce que les titres restaurants,
02:43dans l'étude qu'on a démontré, c'est 51% du budget alimentaire de leurs bénéficiaires.
02:50C'est énorme !
02:51Donc qu'est-ce que ça veut dire ?
02:52Ça veut dire que demain, si ça continue comme ça,
02:55vous avez de plus en plus de commerces qui vont refuser les titres restaurants,
02:58et c'est donc une question de pouvoir d'achat des Français.
03:00Donc, il y a véritablement un danger sur ces tickets restaurants, dont vous parlez, 64.
03:05On est passé de 24% à 60% de refus commerçants,
03:08donc ça veut dire que c'est un sujet qui impacte les commerçants,
03:10puisqu'eux-mêmes, évidemment, ont leur revenu qui baisse,
03:14moins de consommateurs, hausse des matières premières.
03:16Vous, vous portez cela, je dirais, à l'Assemblée.
03:19J'imagine que des députés portent votre voix.
03:21Est-ce que vous avez le sentiment d'avoir gain de cause ?
03:24Alors, c'est intéressant, oui, de manière large, ce débat, il est maintenant transpartisan.
03:29C'est à l'Assemblée le lundi 12 octobre,
03:31et qu'est-ce qu'on voit, c'est que sur les 11 groupes parlementaires,
03:34il y en a 9 qui ont déposé un amendement qui vise à encadrer ces commissions
03:39aux alentours de 2 à 2,5%.
03:41Alors, Benjamin, il faut préciser que vous,
03:43parce que vous dirigez une entreprise,
03:45vous portez aussi une forme de lobbying sur ce sujet,
03:47vous êtes à combien, vous, en commission ?
03:49Aujourd'hui, nous, on a des commissions de cartes bancaires,
03:51donc c'est 1,5%.
03:52C'est exactement la même chose que n'importe quelle carte d'entreprise.
03:56Donc, quand vous utilisez une carte Work Life pour payer vos titres restaurant,
03:59ça coûte ni plus ni moins la même chose qu'une carte Visa, Mastercard ou CB d'une entreprise.
04:05Ça veut dire que là, il y a des concurrents qui nous regardent,
04:08qui vous regardent, qui observent ce débat de très près,
04:11qui vont avoir un manque à gagner.
04:12C'est ce que vous êtes en train de nous dire, là.
04:13Mais je vais même vous dire plus.
04:15Aujourd'hui, c'est un marché qui est jugé défaillant par l'autorité de la concurrence.
04:18C'est un oligopole, c'est-à-dire que vous avez 4 acteurs
04:22qui, depuis des dizaines d'années, concentrent 99% du marché.
04:26Ça empêche tout nouvel acteur de rentrer
04:28parce que vous avez finalement des restaurateurs qui n'ont pas la capacité de négocier,
04:32parce que ça représente trop dans leur chiffre d'affaires,
04:36qui sont donc obligés soit d'augmenter leur prix,
04:39soit finalement d'essayer de faire comme ils peuvent,
04:42et certains qui refusent.
04:43Et donc là, en effet, c'est pour la première fois un vrai débat
04:46qui s'inscrit et une possibilité d'aller changer ce système.
04:50Alors, par contre, vous ne vous remettez pas en question, évidemment,
04:51tous les avantages qui ont été acquis au fur et à mesure des lois au Covid,
04:56l'utilisation le dimanche, on n'utilise pas que pour le repas du midi,
04:59mais on peut l'utiliser pour faire ses courses,
05:00qui a beaucoup agacé d'ailleurs les restaurateurs, par ailleurs.
05:02Bien sûr.
05:03Ça, vous le validez, vous ne le remettez pas en question.
05:05Nous, on est assez neutre sur ce point-là, mais vous avez raison de le souligner.
05:08Aujourd'hui, c'est devenu un vrai outil de pouvoir d'achat.
05:11C'est dur de revenir en arrière.
05:13Vous parlez de l'utilisation le dimanche, c'est un des amendements,
05:16et je comprends très bien qu'on le soutienne aujourd'hui.
05:19La réalité pour les restaurateurs, pour pouvoir récupérer leurs marges,
05:22et bien en fait, tout simplement, c'est de plafonner les commissions.
05:25Concrètement, ça veut dire quoi ?
05:26C'est-à-dire que si vous plafonnez, par exemple, à 2, 2,5%,
05:29c'est directement 170 millions d'euros,
05:32parce que c'est un marché qui revient dans les poches des restaurateurs.
05:35Compte tenu que vous êtes, vous, à 1,5%.
05:37Nous, on est à 1,5%.
05:381,5%.
05:38Exactement.
05:39Et donc, la loi, vous voulez qu'elle se fixe où ?
05:42Parce qu'à un moment donné, le législateur va devoir trancher.
05:441,5%, 2%, 3%.
05:45Nous, ce qu'on dit, c'est que ça doit être le plus proche des commissions de carte bancaire.
05:48Idéalement, c'est 1,5%.
05:49Mais il faut faire preuve de compromis.
05:52Vous avez des acteurs qui, eux, sont à 5%.
05:54Ça veut dire quoi ?
05:56Ça veut dire que vous divisez en deux.
05:57Vous êtes à 2,5%.
05:58Ça veut dire que vous faites porter le modèle à équilibre
06:00entre les restaurateurs et les entreprises.
06:02Et ça, ça nous paraît être cohérent, par exemple,
06:05avec l'ANCV, vous savez, les chèques vacances,
06:07qui est à 2,5%.
06:08Donc là, vous avez quelque chose de cohérent, d'équilibré,
06:11sur lequel, en fait, les Français vont pouvoir continuer à utiliser leur titre restaurant,
06:14et particulièrement dans les territoires.
06:16Parce que où est-ce que les restaurants commencent à les refuser en particulier ?
06:20C'est dans les petites bourres, les petites villes.
06:22Ça coûte beaucoup trop cher.
06:23Et où le volume d'activités a baissé aussi sur ces territoires.
06:26Merci, Benjamin Suchart, de nous avoir éclairé sur les coulisses
06:29ce qui se cache derrière votre ticket restaurant,
06:31quand vous le donnez, et quand parfois on vous le refuse,
06:34puisque c'était le sujet du jour.
06:35C'est un vrai plaisir de nous accueillir.
06:36CEO de Work Life, qui est évidemment un des acteurs de ce sujet,
06:40pour que les choses soient totalement transparentes.
06:42Merci à vous.
06:42On tourne une page.
06:43On s'intéresse évidemment, dans notre débat, à un sujet important,
06:48le recrutement dans le secteur de la défense, secteur tendu,
06:52dans l'aéronautique aussi, avec la recherche de salariés techniques,
06:56manuels, de techniciens, et on en manque.
06:59On fait le point avec mes invités.
07:00C'est le cercle RH, et c'est le débat, tout de suite.