- il y a 21 heures
Bruno Odent, journaliste à l’Humanité, analyse dans notre interview les enjeux de l’élection du Bundestag, le parlement allemand, le 23 septembre prochain. La chancelière sortante est archi-favorite mais sur fond d’un énorme malaise sur le plan social, démocratique et écologique au sein de la société allemande.
Réalisation : Abrahim Saravaki
Réalisation : Abrahim Saravaki
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00:01Bonjour Bruno Dan. Bonjour. On élit le 23 septembre le Pond d'Esta. Est-ce que cette élection est gagnée
00:11d'avance pour Angela Merkel ?
00:13En tout cas, si on en croit les sondages, c'est une élection qui s'annonce lors du précédent scrutin.
00:25Les résultats étaient moins serrés dans les sondages et Angela Merkel l'avait quand même emporté avec 41% des
00:33voix.
00:33Alors cette fois, les sondages lui donnent jusqu'à 15 points d'avance sur son principal adversaire, sur Martin Schulz
00:42du SPD. La dernière photographie, peut-être on va commencer par là, la dernière photographie du sondage publié ce matin,
00:51c'est Merkel en tête avec 36% des voix.
00:57Donc il y a d'autres, sur un sondage publié hier, qui lui donne 37, entre 36 et 38, disons,
01:04pour Merkel. Son adversaire, le SPD, la principale partie d'opposition, qui devrait être une partie d'opposition, mais qui
01:13gouverne avec elle aujourd'hui, c'est ça la particularité allemande, est à 22-23%, 22% d'après le
01:22sondage de ce matin.
01:23Un score historiquement bas pour le SPD. Et puis ensuite, viennent 4 autres parties qui devraient faire leur entrée dans
01:32le Bundestag, puisqu'ils dépassent tous les 5%.
01:36Alors parmi eux, on a D. Lincoln, nos amis de D. Lincoln, de la gauche, qui sont crédités de 8
01:42% des voix, entre 8 et 10% d'après un panel de sondage, un dernier panel de sondage.
01:52Au lieu de combien des élections précédentes ?
01:55C'était 8,6%. Donc bon, c'est une stabilisation, légère progression, d'après le sondage.
02:04Et après, il y a D. Lincoln, il y a le parti libéral, le FDP, qui lui avait été éliminé
02:14du Bundestag lors des précédentes élections.
02:16Ça avait été la surprise, il était passé sous la barre des 5%, et cette fois, il est crédité, un
02:21peu comme D. Lincoln, entre 8 et 10%.
02:25Ensuite, il y a les verts. Eux sont en légère baisse par rapport... Bien qu'il y ait un débat
02:32écologique très fort qui s'est instauré cet été ou trois, c'est un peu la surprise.
02:37Ils sont à... Ils sont entre 8,6 et 8%.
02:40D'accord.
02:42Et le parti qui pourrait faire son entrée, l'autre parti qui pourrait faire son entrée, qui devrait faire son
02:49entrée dans le Bundestag, c'est malheureusement l'extrême droite.
02:52En dernières élections, il y a 4 ans, ils avaient loupé de peu cette marche. Ils avaient 4,6%, je
02:59crois.
03:00Et là, cette fois, ils sont crédités de 9 à 11%. 9 à 11% des suffrages.
03:08Donc voilà, ça, c'est effectivement Merkel largement favorite, mais en même temps, il y a un gros paradoxe, parce
03:18qu'elle est la chancelière sortante.
03:20Et on assiste dans le même temps, dans le même moment, à la persistance d'un énorme malaise en Allemagne
03:28sur différents plans, sur le plan social, sur le plan démocratique et sur le plan écologique.
03:38Comment on peut expliquer, parce que quand même, les statistiques officielles d'Allemands, ça fait crier les autres pays d
03:50'Européens pour dire, oui, ils sont en avance, tout va bien, tout est positif,
03:54le chômage est en baisse, et excédent commercial de récord. Comment on peut expliquer ça ?
04:06Écoutez, après, il y a effectivement ces chiffres officiels qui sont très bons pour Angela Merkel, mais ces chiffres officiels,
04:17d'ailleurs, Angela Merkel, elle joue évidemment là-dessus, sa campagne électorale, son principal, son slogan de campagne, c'est
04:26l'Allemagne, un pays où il fait bon vivre.
04:28Donc, pourquoi changer de chancelière, en l'occurrence, quand dans ce pays, il fait si bon vivre ? Sauf que
04:37ces résultats officiels, c'est un peu, d'ailleurs, en France aussi,
04:41on pourrait avoir ce même genre de statistiques officielles, où les résultats en question profitent d'abord, ils sont, la
04:50focale est placée sur les résultats des grandes entreprises,
04:54les résultats en faveur des actionnaires, etc. Et pour eux, effectivement, les choses vont très bien. Pour les actionnaires des
05:03grandes entreprises, les choses vont très bien.
05:05Et eux, ils sont de plus en plus riches. Mais par contre, il y a une autre, l'Allemagne, l
05:11'Allemagne qui nous intéresse, si je puis dire, qui, elle, est de plus en plus pauvre en même temps.
05:16Donc, c'est en cela que je disais, j'évoquais le paradoxe tout à l'heure. Il y a un
05:25creusement des inégalités dans le pays, de manière assez inouïe,
05:29depuis les réformes impulsées par Gerhard Schröder, au milieu de la précédente décennie. Il y a une étude récente du
05:39FMI, du Fonds international,
05:42qui montre qu'il y a de plus en plus de travailleurs pauvres et qu'il y a de plus
05:47en plus de personnes en Allemagne qui sont au-dessous du seuil de pauvreté.
05:54Et il y en a, je ne sais pas, 17%, c'est supérieur à ce que connaît la France. Donc,
06:01ce n'est pas très reluisant comme résultat.
06:07Et puis, il y a un certain économiste qui s'appelle Doronon, Marcel Fratscher, qui était un ancien de la
06:14Banque Centrale Allemande,
06:15qui a travaillé pour la BCE, la Banque Centrale Européenne aussi, et qui dit, lui qui vient de sortir un
06:23bouquin,
06:24qui montre que les inégalités, à quel point les inégalités posent maintenant un problème à la société allemande,
06:30parce qu'elles ont rejoint, et lui, il le prouve chiffre en main, elles ont rejoint le niveau des États
06:36-Unis.
06:38Ce n'est pas rare en Allemagne aujourd'hui qu'une personne, des jeunes surtout, peu diplômés, etc.,
06:46doivent recourir à plusieurs emplois, plusieurs emplois d'un même jour, plusieurs emplois précaires, évidemment,
06:55pour arriver à survivre. Donc, c'était une situation... Et ce qui inquiète quelqu'un comme Marcel Fratscher,
07:01cet économiste, c'est que Schröder a fabriqué ce qu'on appelle une trappe à bas salaire,
07:09c'est-à-dire, bon, il a précarisé, il a pris des mesures, flexibilisé la société,
07:18comme veut le faire notre président en France, flexibilisé la société, au point qu'il y a un certain nombre
07:24de gens
07:24qui sont aujourd'hui contraints de, par ces mini-jobs, petits boulots, etc.,
07:31et il les a tellement bien contraints que les gens qui sont dans cette trappe à bas salaire
07:38n'arrivent plus à ressortir, à soulever le toit de la trappe pour, comme ça devrait être le cas, prétendument,
07:47c'est-à-dire, quand on a retrouvé un petit boulot, qu'après, on puisse retrouver un travail stable, etc.,
07:53et bien non, là, ce n'est pas le cas. L'étude de Marcel Fratscher le prouve.
07:57Il y a de plus en plus de gens, ces cloisons se deviennent hermétiques,
08:02on est prisonnier des petits boulots, de la précarité, et ça, c'est une contradiction énorme,
08:07parce qu'au même moment, il y a des besoins qui ne sont pas satisfaits en termes de travailleurs qualifiés,
08:15il y a tout un tas de travailleurs qualifiés, tout un tas d'entreprises qui ne trouvent pas de manœuvre
08:20qualifiée suffisante.
08:21Donc, ces personnes n'arrivent pas à se qualifier, ni quoi que ce soit,
08:27et ne sont pas, ces personnes demeurent dans cette zone de bas salaire,
08:34peu qualifiées, alors que les entreprises, elles, cherchent désespérément, pour certaines,
08:40des travailleurs qualifiés.
08:42Donc, cette baisse de chômage, c'est au prix de, baisse de niveau de vie d'une partie importante de
08:50la population allemande.
08:52Cette pauperisation de peuples, une fraction de peuples allemands nous est connue.
08:57Vous parlez aussi de carence démocratique, une malaise démocratique plutôt.
09:03Oui, le malaise démocratique est plus lié à la situation politique.
09:08C'est-à-dire que ça fait, Angela Merkel a déjà fait trois mandats,
09:13elle pourrait en faire un quatrième, puisqu'elle est archi-favorite de ce scrutin,
09:17et sur les trois mandats qu'elle a fait, elle a fait deux grandes coalitions.
09:22C'est-à-dire, c'est la coalition, comme si en France, il y avait une coalition entre l'ex
09:28-UMP et l'ex-PS.
09:32Et c'est une coalition qui regroupe l'essentiel des forces politiques du pays.
09:38Donc, les différences entre, dans le débat politique, les différences entre les uns et les autres,
09:44s'atténuent, se gomment, voire disparaissent.
09:47Et c'est très difficile pour Martin Schulz, le candidat du SPD, de faire la différence,
09:53de se montrer, de prétendre présenter un projet différent.
10:00On l'a vu lors du débat, il y a eu un débat télévisé, le seul débat télévisé de la
10:04campagne,
10:05entre Angela Merkel et Martin Schulz, ce dimanche dernier.
10:11Martin Schulz a éprouvé les plus grandes difficultés à se différencier d'Angela Merkel.
10:17Parce qu'ils ont le même bilan gouvernemental.
10:20C'est facile pour Angela Merkel de dire, bah oui, voilà, tel ministre au SPD a fait telle chose, c
10:27'était très bien, etc.
10:30Donc, ça tient à cette méthode de gouvernement qui consiste à regrouper les deux grandes forces politiques du pays.
10:39Et puis, d'ailleurs, circuler, il n'y a rien à voir, on continue à mener la politique libérale qu
10:44'on a menée ces dernières années.
10:46Et malaises écologiques, qu'est-ce que vous voulez dire ?
10:49Alors, malaises écologiques, ça renvoie à un scandale qui a eu lieu cet été, qui a éclaté cet été,
10:56donc qui devrait éclabousser, enfin, en tout cas, intervenir dans les débats de la campagne électorale.
11:04En tout cas, vous savez que Volkswagen avait déjà eu quelques démêlés avec la justice, notamment...
11:14La justice américaine, surtout.
11:17La justice américaine sur l'environnement, parce qu'ils ont fraudé sciemment leurs émissions de gaz à effet de serre,
11:30leurs émissions de leur moteur diesel, il y a deux ans.
11:34On pensait qu'il n'y avait que Volkswagen, mais en fait, non.
11:39Il y a un scandale, le scandale qui a éclaté cet été, c'était mis à nu un cartel des
11:48cinq plus grands constructeurs automobiles allemands.
11:50Donc, vous avez Volkswagen, vous avez Audi, vous avez Porsche, vous avez BMW et vous avez Mercedes.
11:58Que l'également est interdit de faire le cartel.
12:01Légalement, c'est interdit, mais surtout, ce qu'ils ont fait dans le cartel, ils n'ont pas fait...
12:06Il y a l'aspect commercial du cartel, l'entente, sur des aspects commerciales, mais le plus grave,
12:11c'est l'entente pour tromper les organismes de contrôle de l'environnement.
12:18Et en particulier, sur le dioxyde d'azote, les cinq, là, se sont entendus pour mettre en place un dispositif
12:27qui leur permet de consommer le moins possible de liquide, un liquide qui s'appelle AdBlue,
12:33qui permet, par catalyse, de réduire les émissions d'oxyde d'azote.
12:38Mais le problème, c'est que, pour que ça fonctionne bien, il aurait fallu installer de gros réservoirs de liquide
12:46AdBlue dans les moteurs,
12:47ce qui aurait fait un surcoût d'au moins 1 500 euros par automobile.
12:52Donc, pression des financiers, pression de cette logique de rentabilité financière.
13:00Et donc, il a fallu limiter le plus possible les dix réservoirs.
13:06Et donc, du coup, ils ont fait des réservoirs qui sont entendus comme des vulgaires faussaires.
13:15Ils ont fait une alliance de faussaires pour réduire la consommation de ce liquide AdBlue
13:28et donc, ce qui ne fonctionne, qui n'a fonctionné convenablement que pendant les périodes d'homologation des véhicules.
13:38C'est-à-dire que le véhicule était homologué, c'est impeccable, le véhicule était homologué propre, pas de problème.
13:45Et il était vendu aussi, les opérations marketing, le diesel propre de nos voitures, etc.
13:52Et donc, après, mais après, une fois que le véhicule roule en croisière normale sur les routes,
14:00là, il pollue, il dépasse à l'égrennement toutes les...
14:03Puisqu'il dépasse, il explose toutes les limites d'oxyde d'azote.
14:10Donc, ça, ça a suscité, évidemment, beaucoup d'émotions.
14:13Il y a des plaintes déposées par des associations de défense de l'égrennement,
14:18des plaintes déposées par des automobilistes qui ont été blousés.
14:21On leur a vendu une voiture propre, elle n'était pas propre.
14:24Bon, ça risque de coûter très très cher à l'industrie automobile.
14:29Mais bon, il y a eu la convocation d'un sommet du diesel début août pour faire face à cela.
14:40Mais les constructeurs automobiles ont choisi d'un traitement, un minima.
14:51C'est-à-dire qu'ils ont choisi de mettre, de régler les logiciels
15:01et de rappeler des véhicules pour régler les logiciels.
15:04Ça va leur coûter cher, mais ça va leur coûter beaucoup moins cher
15:07que ça aurait pu coûter s'il y avait fait les modifications nécessaires
15:10pour rendre les moteurs effectivement propres.
15:15Donc, voilà.
15:17Et la partie politique, la partie, le gouvernement qui avait convoqué
15:24ces états généraux du diesel ou ce sommet du diesel,
15:27eh bien, il n'a pas obtenu davantage.
15:30Il n'a pas tapé du poing sur la table.
15:32Il n'a pas exigé autre chose de la part des constructeurs automobiles.
15:37Et quand on regarde comment fonctionne le gouvernement,
15:40on s'aperçoit qu'il y a des personnes de l'industrie automobile
15:47qui sont de temps en temps ministres
15:50ou de temps en temps à la tête de l'industrie automobile,
15:54qui pantouflent à la tête de l'industrie automobile
15:56avant de redevenir ministre.
15:58On connaît bien ça aussi en France maintenant.
16:01Et donc, ce qui explique le poids de ce lobby de l'industrie automobile
16:06est le fait que, finalement, il n'ait pris que des décisions à minima.
16:12Mais pourquoi il a pris des décisions à minima ?
16:15Parce que dedans, dans ce...
16:17Dans ce...
16:18Cartel ?
16:19Non, non, pas dans ce...
16:21Dans le gouvernement, il y a...
16:25Les deux grands partis, les partis de la grande coalition,
16:28on revient à la grande coalition,
16:30sont tous les deux frappés,
16:32enfin, tous les deux liés de la même façon à l'industrie automobile.
16:36Et puis, un certain Wisman, Martin Wisman,
16:42c'est un très proche, très proche de la chancelière,
16:46Mathias Wisman, pardon,
16:48c'est un très proche de la chancelière Angela Merkel.
16:51Il a été ministre des Transports
16:53et il est maintenant le chef de l'association de l'industrie automobile.
16:57Binalement, très puissant, très puissant, très puissant d'association.
17:02Et de la même façon,
17:05Zygmar Gabriel,
17:07qui est le vice-chancelier,
17:08aujourd'hui ministre des Affaires étrangères,
17:11SPD,
17:12il a été membre du conseil de surveillance de Volkswagen.
17:15Donc, en fait, cette imbrication
17:17entre responsable politique et responsable
17:20et dirigeant des grandes entreprises d'automobiles
17:22est absolument effarant.
17:24Et donc, c'est ce qui explique,
17:27voilà, ça explique pourquoi
17:29les raisons du malaise écologique
17:31que j'évoquais tout à l'heure.
17:32C'est-à-dire qu'il n'y a pas de décision vraiment.
17:35Alors, le gouvernement Angela Merkel a dit
17:38qu'il y aurait une autre sommet du diesel en novembre.
17:42Enfin, ça tombe bien,
17:44ça sera après les élections.
17:46Mais voilà.
17:46Et ça explique aussi pourquoi,
17:48dans le débat que j'évoquais tout à l'heure,
17:52Schulz n'a pas pris des positions
17:54très différentes de la chancelière
17:56sur ce dossier-là.
17:57Il n'a pas pu prendre des positions très différentes
17:59parce qu'il est coincé également.
18:01Avec ses liens.
18:02Il y a même proximité entre le SPD,
18:05peut-être même davantage proximité encore,
18:07entre le SPD et l'industrie automobile.
18:10Donc voilà, c'est ça qui...
18:13Cet ensemble-là, ce malaise dans la société,
18:18d'un côté,
18:19et puis de l'autre,
18:21bon, une Angela Merkel qui apparaître
18:24surtout par défaut,
18:26qui apparaît la politicienne
18:28qui fera le moins de dégâts,
18:30qui sera la plus protectrice...
18:33la plus rassurante.
18:33Voilà, la plus rassurante.
18:35C'est ça qui fait que Angela Merkel
18:38est aujourd'hui hyper-favorite.
18:39Et c'est ça aussi qui fait
18:41qu'il y a des risques
18:43d'une abstention très, très forte.
18:47Sans doute des records historiques
18:49d'abstention pourraient être battus.
18:51Et puis d'une...
18:53Aussi, ça c'est plus préoccupant,
18:55d'une percée de l'AFD,
18:57le parti d'extrême droite.
19:01Juste après la présentation
19:03de Martin Schulz comme candidat,
19:06il y avait une forte augmentation
19:07de Martin Schulz
19:08qui était presque au même niveau
19:10qu'Angela Merkel.
19:13Est-ce qu'il y a un phénomène
19:14qui peut expliquer
19:16la paix brutale
19:20de sa popularité ?
19:22En fait, Martin Schulz
19:23n'a augmenté.
19:25Martin Schulz pouvait faire illusion
19:28parce que c'était aussi
19:29le calcul fait par la direction du SPD
19:31parce qu'il était coincé
19:32par ce que je disais à l'instant,
19:33ce qu'on disait à l'instant
19:34sur la grande coalition
19:36et le fait que les deux partis
19:37ont du mal à se différencier.
19:39Martin Schulz vient d'extérieur.
19:41Il venait du Parlement européen
19:43et donc c'était une nouvelle tête
19:45dans cette affaire.
19:47Et donc il pouvait apparaître,
19:49faire illusion en tout cas,
19:50comme nouvelle tête.
19:51Et puis surtout,
19:52il a commencé à mener une campagne
19:55avec un ton à gauche.
19:56Il a mis en cause
19:59à certain nombre
19:59les lois,
20:00une des lois Hartz,
20:03une des lois Hartz
20:04promue par l'ancien
20:06chancelier Schroeder.
20:07Alors que jusque-là,
20:09aucun candidat du SPD
20:11ne l'avait fait.
20:12Et il a dit,
20:13maintenant,
20:13c'est le temps est venu
20:14de la justice sociale.
20:17Donc au départ,
20:18ça a résonné dans la société.
20:20Les malaises sociaux,
20:22les malaises sociales
20:23que j'évoquais tout à l'heure,
20:24ça, ça a résonné
20:25de manière positive
20:26auprès des électeurs.
20:28Et c'est ce qui explique
20:29que Martin Schulz
20:31a pu bénéficier au départ
20:32d'un rebond très fort
20:36puisqu'il était à 34-35%
20:40à un moment donné,
20:40à égalité quasiment
20:43avec la chancelière.
20:45Et puis, bon,
20:46tout ça s'est retombé,
20:48ça a fait schoude,
20:49ça a fait pchit,
20:51si je puis dire,
20:52parce que Schulz
20:53est revenu
20:54aux vieilles habitudes
20:57consensuelles
20:58du SPD,
21:00de la direction du SPD.
21:02Il y a eu un congrès électoral
21:05au mois de juin
21:06dans lequel, bon,
21:08il en a rabattu
21:11sur des propositions
21:12de réformer les réformes
21:15de Schröder.
21:17Et puis, surtout,
21:18il a invité, même,
21:21l'invité d'honneur
21:22de ce congrès,
21:23ça a été Gareth Schröder.
21:25Donc, voilà,
21:27ce qui explique
21:27pourquoi l'effet Schulz
21:29a fait pchit,
21:30effet de plus en plus pchit,
21:31parce qu'il était remonté
21:33à 34%
21:34et aujourd'hui,
21:35les derniers sondages
21:36donnent le SPD à 22%.
21:38C'est-à-dire un score
21:39encore plus bas
21:40que celui qu'il avait fait
21:41en 2013
21:43qui était déjà
21:44considéré comme un score
21:45très bas pour le SPD.
21:48Donc, avec la montée
21:49en puissance
21:51au niveau de sondage
21:53de Schulz,
21:55il y avait
21:55un petit espoir
21:56d'une coalition
21:58gauche,
21:59vert,
22:01délinque
22:02et parti
22:05PSPD.
22:06Donc, ça s'est explosé.
22:08Ça n'existe pas,
22:09cet espoir.
22:10dans ce tableau sombre,
22:12est-ce qu'il y a
22:13un lourd espoir
22:14quelque part
22:15dans cette société allemande
22:17pour nous ?
22:19La lueur d'espoir,
22:21c'est quand même,
22:21on va la chercher
22:22du côté
22:23de nos amis
22:24de D-Link
22:24parce que,
22:25comme je le disais
22:26tout à l'heure,
22:26ils sont relativement
22:28stables
22:28dans les sondages,
22:30ils progresseraient légèrement
22:32par rapport
22:32au score
22:33de 2013.
22:34Et puis surtout,
22:36c'est après
22:36les faits Schultz
22:39dont je parlais
22:40tout à l'heure
22:40sur la justice sociale,
22:42machin, etc.
22:43Les gens,
22:44les électeurs,
22:45ils savent
22:45qu'il y a un parti
22:46qui est sérieux
22:47avec la justice sociale
22:48et c'est D-Link
22:49depuis des années
22:50qui se bat sur cette question.
22:51Et il y a un signe intéressant
22:53en cette fin de campagne,
22:55c'est qu'il y a
22:56une liste
22:58de syndicalistes
22:59progressistes
23:00qui appellent
23:01à un parti
23:02D-Link
23:03fort dans le Bundestag.
23:05Ils ont lancé
23:06un appel
23:06et la liste
23:08de ces syndicalistes
23:09est beaucoup plus longue
23:10que lors
23:11des précédentes élections
23:13et avec des gens
23:15de,
23:16avec des syndicalistes
23:18de renom,
23:19etc.
23:20Donc,
23:21il y a là
23:21un petit espoir
23:22qu'il y a un sursaut
23:26du côté de D-Link
23:27et que le D-Link
23:28puisse réaliser
23:30un score correct.
23:32Il y a un enjeu
23:33très important
23:34parce que,
23:36comme je le disais
23:37tout à l'heure,
23:37il y a la percée
23:38de l'extrême droite
23:39qui,
23:40c'est à peu près
23:41acquis maintenant
23:42à peu près certains,
23:43va entrer
23:44dans le Bundestag.
23:46La question
23:47qui se pose,
23:47c'est
23:48qui sera
23:48le troisième parti
23:49parce que,
23:50bon,
23:51la CDU
23:52sera le premier
23:52le SPD
23:53le second
23:54mais qui sera
23:55le troisième parti.
23:57Et D-Link
23:58était le troisième parti
23:59dans le Bundestag
24:00actuel.
24:02Si,
24:05et là,
24:06il y a
24:06une sacrée concurrence
24:09puisqu'il y a
24:09quatre parties
24:10qui sont susceptibles
24:11de rentrer,
24:12de faire rentrer
24:12la rentrée
24:13dans le Bundestag
24:14et D-Link
24:17avec ce,
24:18si cette tendance
24:19se confirme,
24:20pourrait,
24:21enfin,
24:21en tout cas,
24:21va disputer
24:22cette troisième place
24:24et elle va
24:25la disputer
24:25à qui ?
24:26À l'extrême droite
24:27puisque l'extrême droite
24:28est donnée en progression
24:30ces derniers temps
24:31et donc,
24:32c'est une bataille
24:33et le petit peu
24:33qui est le deuxième
24:33et le petit peu
24:34aussi,
24:34il fait des progressions
24:35dans la population.
24:36Oui, mais pour
24:37cette question
24:38sur D-Link
24:39et l'extrême droite
24:41est très très importante
24:42parce que D-Link
24:43est le seul parti
24:44qui se bat vraiment
24:45de manière très conséquente
24:47contre la xénophobie
24:49de ce parti
24:49d'extrême droite
24:50qui prend bille en tête
24:53l'immigration,
24:54etc.
24:55et ça,
24:56c'est très très important
24:57qu'il y ait un parti
24:58dans le Bundestag
24:59qui combatte
25:01ces idées racistes.
25:04Merci beaucoup,
25:05Bruno Dan.
25:06On sait que bientôt
25:07vous allez être à Berlin.
25:08Vous allez suivre
25:09cette élection pour nous.
25:10Vous allez être
25:11nos yeux en Allemagne.
25:12Bon voyage.
25:13On va vous suivre
25:14dans le journal
25:15et sur le site.
25:16Merci.
25:17Merci à vous.