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  • il y a 3 semaines
Pour le directeur général de la Fédération des acteurs de la solidarité, le changement de paradigme initié par cette injonction faite aux directeurs de centre d'hébergement de laisser entrer des instances de contrôle pour interroger leurs résident est un acte grave, contre lequel il faut riposter collectivement par tous moyens.

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Transcription
00:00C'est une sorte de déclaration de guerre au centre d'hébergement et plus largement aux associations de lutte contre
00:06l'exclusion
00:07que cette volonté du ministère de l'Intérieur, soutenue d'ailleurs par le ministre du Logement,
00:14que de vouloir contrôler la situation administrative des personnes qui sont dans les centres d'hébergement en France.
00:22C'est une déclaration de guerre, pourquoi ? Parce que d'abord l'action sociale en France,
00:26en faveur des personnes en situation d'exclusion, se fait à partir du principe d'accueil inconditionnel.
00:32Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que, et c'est d'ailleurs le code de l'action sociale
00:35et des familles, c'est-à-dire la loi qui dit
00:38qu'en France, toute personne en situation de détresse, détresse sociale, détresse sanitaire, a droit à un hébergement et à
00:46un accompagnement.
00:47Ça veut dire quoi dans les faits ? Ça veut dire qu'une personne qui est sans abri, on l
00:52'accueille, on l'héberge, on l'accompagne parce qu'elle est sans abri.
00:55Et on ne va pas lui demander ses papiers, on ne va pas lui demander sa situation administrative.
00:59C'est d'abord la réponse à une urgence sociale, à un besoin humanitaire aussi, qui prime sur toute autre
01:06considération, je dirais,
01:08liée à la régularité du séjour et aux droits des étrangers en France.
01:12Ça veut dire aussi pour nous qu'une personne sans abri, je dirais, elle est d'abord sans abri et
01:17en grande difficulté avant d'être migrante.
01:19Et nous, on a un devoir d'intervention sociale.
01:23Et nous avons clairement dit au ministre de l'Intérieur, qui nous a réunis il y a quelques jours pour
01:29nous annoncer qu'il souhaitait organiser
01:31de manière généralisée des contrôles des personnes dans les centres d'hébergement,
01:35que nous refuserons de nous plier à cette injonction, à la fois parce que, je l'ai dit, il y
01:42a le principe d'accueil inconditionnel
01:44et qu'on ne veut pas y déroger, aussi parce qu'on considère que ce n'est pas le rôle
01:49des associations d'action sociale
01:51que de développer des missions de contrôle de personnes, de personnes qui, d'ailleurs, nous ont fait confiance,
01:59c'est-à-dire à qui on a proposé un hébergement, un accompagnement,
02:02qui ont accepté de venir dans nos structures, qui pensent être protégés dans nos structures
02:08et qui, finalement, se retrouveraient, si ces contrôles étaient faits, dans des sortes de pièges à migrants
02:14organisés par le secteur associatif, pour nous, c'est quelque chose de totalement inacceptable,
02:23inenvisageable, complètement contraire, je dirais même à ce qu'est l'histoire des associations d'action sociale dans le pays.
02:31Je veux dire, nous, notre ADN, c'est l'accueil inconditionnel, notre ADN, c'est de refuser de trier les
02:36publics
02:37en fonction de leur nationalité, de leur titre de séjour, etc.
02:41Nous, on est dans un, je dirais, dans une action de protection immédiate.
02:45On a, d'ailleurs, du mal à le faire, parce que le problème, à la base, c'est bien qu
02:50'il manque des places d'hébergement,
02:52il en manque des dizaines de milliers dans le pays, et c'est aussi pour ça que l'État nous
02:55demande de trier,
02:56c'est parce que comme il n'y a pas de place pour tout le monde, il faudrait qu'on
02:59puisse sélectionner, finalement,
03:00les bons pauvres, qui seraient des personnes dont la situation serait régulière.
03:06D'où la nécessité, compte tenu, je dirais, de cette déclaration de guerre,
03:09et du fait que le gouvernement s'attaque au socle de la protection sociale des plus démunis,
03:15la nécessité de nous réunir, et la nécessité pour la fédération d'enclencher une action collective des associations.
03:24C'est pour ça que, collectivement, on a claqué la porte à cette réunion organisée par le ministre de l
03:31'Intérieur
03:32et le ministre du Logement, et que nous avons refusé de rentrer dans des petites négociations techniques
03:39de la manière dont des fonctionnaires pourraient rentrer dans les centres d'hébergement,
03:45contacter les personnes, pourraient avoir accès à des listes nominatives, etc.
03:50Nous, on refuse le principe.
03:51Non, le principe. Est-ce que ce principe, c'est la première fois qu'il est attaqué ?
03:55En tout cas, c'est la première fois qu'un gouvernement nous dit
03:59« Nous voulons organiser des contrôles dans les centres d'hébergement sur l'ensemble du territoire national ».
04:05Il y a eu des petites tentatives expérimentales, c'est notamment le cas en Ile-de-France,
04:10sur quelques établissements qui sont spécialisés sur l'hébergement des migrants
04:14et pour lesquels l'État essaye d'obtenir des informations sur le statut des personnes,
04:19en vue notamment, puisque le but de tout ça, c'est de transférer ou de reconduire
04:27vers leur pays d'origine les personnes qui sont déboutées du droit d'asile
04:31ou vers le pays de l'Union européenne par lequel ils sont passés,
04:36pour ce qui concerne les personnes qui sont sous statut Dublin.
04:38Ce sont les deux catégories qui sont effectivement présentes dans nos centres d'hébergement.
04:43et qui sont visées par cette nouvelle orientation.

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