00:00Bonjour Philippe Martinez. Bonjour. Dans une semaine, le jeudi 16 novembre, les salariés sont appelés une nouvelle fois à faire
00:07grève,
00:07avec cette fois la participation de forces ouvrières. Est-ce selon vous un élément supplémentaire pour amener un nouveau souffle
00:14dans cette mobilisation contre les ordonnances ?
00:16Chaque fois que les syndicats sont unis, ça donne confiance aux salariés. Ils se disent « Tiens, s'ils se
00:21mettent ensemble, c'est qu'il y a quelque chose de grave ».
00:23Donc c'est plutôt une bonne nouvelle que cette unité puisse être élargie. Et puis en même temps, il y
00:29a toujours besoin de convaincre les salariés,
00:31dans les entreprises, dans les services, dans les services publics, que râler c'est bien. Et on sait qu'il
00:39y a beaucoup de gens mécontents dans ce pays,
00:41mais qu'agir c'est mieux, agir ensemble, sans nier les spécificités des uns et des autres, mais se retrouver
00:48ensemble, ça donne confiance et ça ouvre l'appétit comme on dit.
00:52Alors tous les syndicats se sont opposés à cette réforme, ils n'en voulaient pas. Ceci dit, cette artère syndicale,
00:59elle n'est pas aussi large qu'espérée.
01:01Comment on explique le fait que l'unité n'aille pas jusqu'à la CFECGC ou même la CFDT ?
01:09Certains pensent qu'il vaut mieux agir dans l'entreprise et que les manifestations, voire les grèves interprofessionnelles, ne serviraient
01:17plus à rien.
01:18Nous, on n'oppose pas les choses. On pense qu'il faut agir dans l'entreprise parce que c'est
01:22là où il y a des choses très concrètes pour les travailleurs.
01:25Mais en même temps, on sait bien que pour donner confiance, pour élargir le mouvement, il y a besoin d
01:30'agir à tous les niveaux, dans sa profession, dans sa branche,
01:34et puis au niveau national, parce que se retrouver et éviter les oppositions, je pense au public et au privé,
01:41ça donne confiance.
01:42Et on montre que sans nier les spécificités, on peut agir ensemble et gagner ensemble.
01:46Alors justement, le fait de continuer, il y a les ratifications qui arrivent à l'Assemblée nationale.
01:52Les députés vont donc ratifier ces ordonnances. Est-ce que, selon vous, il y a des suites à donner à
01:57ce mouvement ?
01:58Il y a des suites à donner, évidemment, quel que soit le vote des parlementaires.
02:04De toute façon, il faut continuer à discuter avec eux parce que je me suis rendu compte que très peu
02:07étaient vraiment au courant de ce qu'il y avait du contenu des ordonnances.
02:12C'est quand même un problème que la représentation nationale ne s'intéresse pas ou en tout cas soit aussi
02:18peu motivée pour comprendre comment fonctionne le droit du travail dans notre pays.
02:23Mais en même temps, la bataille continue parce que ce n'est pas parce qu'une loi est votée qu
02:28'elle est bonne.
02:29L'histoire de notre pays a montré que des lois votées, on pouvait les changer.
02:33Et en même temps, il va falloir continuer à expliquer dans les entreprises, au niveau des branches, sur les conséquences
02:38de ces ordonnances.
02:39Et on peut, et certains l'ont démontré, au niveau d'une profession, mettre à mal les projets du gouvernement.
02:46Je pense notamment aux routiers ou aux portuaires qui, par leur mobilisation, ont permis de sauver, pour une part, leur
02:52convention collective ou même en intégralité.
02:55Ce qui montre qu'à tous les niveaux, on peut continuer à agir.
02:58Et puis, il y a aussi une bataille juridique qui est engagée.
03:01On avait commencé sous la loi El Khomri et on la continue évidemment encore plus là parce que les ordonnances
03:06vont bien plus loin que ce qu'avait fait le gouvernement précédent.
03:10Merci Philippe Martinez.
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