- il y a 20 heures
Après que le Panama ait retiré son pavillon à l'Aquarius, il ne reste plus aucun navire humanitaire pour porter secours aux migrants en Méditerranée. Trois eurodéputé.e.s alertent sur les conséquences désastreuses de cette situation et en appellent à l'Europe et à la mobilisation. Avec Karine Gloanec Maurin (S et D), Marie-Christine Vergiat (GUE-GVN) et Philippe Lamberts (Verts-ALE).
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00:11Bonjour et bienvenue dans ce débat depuis le Parlement européen de Strasbourg.
00:15Une nouvelle fois se pose la question de l'aide d'urgence aux migrants qui tentent de railler l'Europe
00:21spécialement à partir des côtes libyennes.
00:23Elle se pose dans des conditions critiques, très concrètes, puisque le seul navire qui assurait le sauvetage, le dernier de
00:30ces navires, des migrants, ne peut plus le faire.
00:32Son pavillon, pavillon qui donne l'autorisation de naviguer tout simplement, lui a été retiré par le pays dans lequel
00:39il était immatriculé, à savoir le Panama.
00:41Qu'est-ce que cette situation nous révèle de ce qu'est devenu finalement la politique européenne en matière de
00:47migration ?
00:47On a souvent l'occasion d'en parler autour de cette table, mais là les éléments d'actualité nous y
00:52rappellent.
00:52Quels enjeux ? Une nouvelle fois, on va se poser la question avec vous.
00:56Karine Clonanec-Morin, vous êtes députée européenne socialiste et démocrate.
01:01Marie-Christine Vergia, vous êtes députée européenne gauche unitaire européenne gauche verte nordique.
01:06Et Philippe Lambertz, vous êtes députée européenne des Verts Alliance Libre Europe.
01:10Merci à vous d'être autour de cette table.
01:13Alors, on disait, l'Aquarius, c'est à cause de cette odyssée, de l'odyssée incroyable de ce navire civil
01:20de sauvetage en mer
01:22qu'on reparle encore une fois de la question des migrants.
01:24Il opère en Méditerranée, rappelons-le, tout de même depuis presque trois ans maintenant, je crois, 31 mois.
01:29Il a secouru près de 30 000 personnes, ce qui est loin d'être tout à fait rien.
01:33Il a fait plus de 200, 230 missions de sauvetage.
01:38Et l'Aquarius vient de se voir retirer son pavillon, non pas une fois, mais deux fois en un mois,
01:44puisqu'il a été immatriculé tout d'abord à Gibraltar, puis à Panama.
01:50Évidemment, tout ça n'est sans doute pas tout à fait un hasard,
01:53le Panama étant largement spécialisé, si on voulait faire du mauvais humour, dans l'offshore,
01:58quand il s'agit de l'évasion fiscale.
02:00Qui veut la peau de l'Aquarius, finalement, aujourd'hui, dans cette affaire qui commence à être aux yeux de
02:06tout le monde,
02:07du grand public, puisqu'on en parle, de cet odyssée de l'Aquarius,
02:10qui commence à être un peu ugluesque tout de même, aujourd'hui,
02:15se rapportant à un continent, l'Europe, qui compte 500 millions d'habitants.
02:18Qu'est-ce que vous en pensez, Karine?
02:20J'avais espéré que l'État français et Marseille accueillent l'Aquarius,
02:24plutôt que de le renvoyer sur l'île de Malte,
02:28parce que ça aurait été un beau signal de dire que, enfin,
02:34l'Union européenne et l'un de ses États se mobilisaient pour accueillir 58 réfugiés.
02:43Et un grand pays maritime.
02:44J'espère que l'Aquarius sera accueilli, tout de même, vide, à Marseille.
02:51Mais ce qu'on peut déplorer, c'est qu'une fois encore,
02:54c'est dans l'urgence que l'Union européenne est interpellée.
02:57On le répète, c'est vrai, nous avons besoin d'une vraie politique d'accueil des réfugiés,
03:03des réfugiés européens, d'ailleurs, des gens qui choisissent l'Europe pour venir.
03:08Donc je crois qu'il faut que ce terme de réfugiés européens,
03:12nous l'adaptions à notre discours, parce qu'ils choisissent notre continent,
03:16et que l'Union européenne n'a pas de politique.
03:20Pour l'instant, ils réagissent toujours dans l'urgence,
03:23dans des situations critiques,
03:24et qui mettent, bien sûr, la vie et la dignité de certaines personnes en jeu.
03:28C'est ça, Philippe Orbers, on n'en est pas du tout là, on n'en est pas du tout
03:30à ce qu'on dit.
03:31Non, moi, ce qui me frappe, c'est que j'entends beaucoup de chefs d'État et de gouvernements européens
03:37parler de la défense de l'Europe et des valeurs européennes.
03:41Je pense que s'il en est qu'ils défendent les valeurs européennes,
03:45je vous rappelle qu'au sommet de ces valeurs est placée la dignité humaine de tous les humains.
03:49Ce n'est pas la dignité des citoyens européens, c'est la dignité de tous les humains.
03:53Eh bien, c'est précisément l'Aquarius qui défend ces valeurs aujourd'hui.
03:56Et c'est l'Aquarius qui n'empêche de fonctionner et de jouer son rôle,
04:01qui est un rôle d'abord et avant tout humanitaire.
04:04Parce que si au moins nous avions un débat au sein du Conseil européen
04:08entre les partisans de l'Europe forteresse et ceux d'une Europe capable d'assumer ses responsabilités
04:15dans l'accueil des réfugiés, on pourrait quelque part se réjouir.
04:21Mais en fait, il n'en est rien.
04:22Parce qu'entre un Emmanuel Macron et un Victor Orban,
04:25alors certes, on ne parle pas de la même chose, de la même manière de présenter les choses,
04:28mais sur le dossier migration, la France et la Hongrie recherchent d'abord et avant tout
04:34une Europe qui se protège.
04:36Quand on parle d'une Europe qui protège, on parle de quoi ?
04:39En fait, d'une Europe qui protège ses frontières contre ces barbares qui viennent nous envahir.
04:46Et très franchement, de voir que même ce geste humanitaire d'accueillir 58 réfugiés,
04:52comme vous disiez, 58, d'accord, c'est même pas, si la France les prenait,
04:57c'est même pas un par million d'habitants, même ça c'est trop.
05:00Parce que nous ne voulons pas envoyer un signal.
05:03Et derrière le langage souriant d'un Emmanuel Macron,
05:06on voit celui beaucoup moins souriant d'un Gérard Collomb,
05:08qui va en fait recourir au pire poncif de l'extrême droite
05:12pour nous parler de submersion, d'invasion, de pression migratoire
05:17et que sais-je encore, d'appel d'air, combien de fois ai-je entendu cette expression ?
05:20Une chose est sûre, c'est que l'Europe reste perçue comme un havre de paix,
05:26et à juste titre, comme un havre où règne l'état de droit.
05:29C'est pas étonnant que l'on vienne frapper à notre porte.
05:32Et quelque part, c'est tout un autre honneur, maintenant, à nous,
05:34d'être capables d'être à la hauteur.
05:38Autrement dit, personne ne demande, personne, j'insiste là-dessus,
05:41personne ne demande à l'Union européenne d'accueillir
05:44toutes les personnes déplacées dans le monde qui sont 68 millions aujourd'hui.
05:47La plupart sont accueillies dans les pays du Sud.
05:50Mais entre rien et 68 millions, il y a de la marge.
05:54Et je constate aujourd'hui que le choix qui est fait par la présidence autrichienne de l'Union,
05:58et c'est écrit noir sur blanc, noir sur blanc dans le premier document
06:02adressé par la présidence autrichienne aux 27 autres États membres,
06:06il est écrit, notre objectif est que plus aucune demande d'asile
06:11ne soit déposée sur le territoire de l'Union européenne.
06:13Donc on ne vous parle même pas de migrants économiques,
06:15on vous parle de réfugiés et on vous dit,
06:18surtout, faisons en sorte qu'il n'y en ait plus un.
06:20C'est ce qu'on appelle l'Europe forteresse.
06:23Et je pense que c'est le plus grand déni de nos valeurs auxquelles nous assistons aujourd'hui.
06:26Sachant que pour parvenir, si on peut dire, à ce but-là,
06:30on en arrive à fouler au pied des choses aussi basiques
06:34et qui font partie effectivement des règles internationales,
06:36comme le sauvetage en mer, qui n'est même plus assuré.
06:39C'est-à-dire que même au-delà du geste de solidarité, du geste humanitaire,
06:45on n'implique même plus des règles comme celle-ci à Marie-Christine Vergia.
06:49L'Europe bafoue aussi ces valeurs, j'allais dire, de base,
06:53des valeurs presque techniques dans une situation comme celle-ci.
06:57D'abord, ce ne sont pas des valeurs techniques.
06:59Non, mais en même temps, c'est des valeurs humaines, morales.
07:02Les deux, oui, bien sûr.
07:04Le sauvetage en mer, c'est une obligation internationale.
07:07Donc ce n'est pas une norme technique, c'est une obligation.
07:10Donc je voudrais juste qu'on revienne un tout petit peu en arrière.
07:13Demain, nous allons malheureusement fêter le plus grand naufrage
07:16qui a eu lieu au large de Lampedusa, qui a fait plus de 360 morts.
07:21C'est demain.
07:22C'est à ce moment-là qu'on n'a pas commencé à parler
07:24de cette fameuse crise des migrants.
07:27Et je voudrais qu'on rappelle, d'abord, je crois,
07:31et je pense que nous devons être tous d'accord autour de la table,
07:33vu ce que j'ai entendu jusqu'à présent,
07:34c'est qu'il n'y a pas de crise des migrants,
07:36mais une crise de l'accueil des réfugiés.
07:38Et je pense qu'il faut que nous arrêtions de parler des migrants
07:41comme nous parlons des migrants en ce moment.
07:43Il y a chaque année 2,5 millions de migrants
07:45qui arrivent de façon régulière sur le sol de l'Union européenne.
07:49Et là, au dernier chiffre, il y en a 80 000 qui ont traversé la Méditerranée.
07:54Donc, on remet tout ça en perspective.
07:57Et ceux qui ont traversé la Méditerranée sont justement,
08:01pour les raisons qui viennent d'être indiquées,
08:03des gens qui ne peuvent pas demander l'asile,
08:04à qui on refuse de demander l'asile,
08:07du moins très, très majoritairement d'entre eux.
08:10Je regardais les dernières personnes qui ont été accueillies
08:13à bord de l'Aquarius.
08:14Ce sont des familles libyennes.
08:16Quand vous regardez, enfin très majoritairement,
08:19quand vous regardez le parcours de ces personnes,
08:22c'est hallucinant, quoi.
08:23Qu'on mette 3 jours à 4 pays européens
08:26pour accueillir 58 personnes, c'est quand même...
08:28Qui fut une zone de guerre, hein.
08:30Qui fut une zone de guerre, oui.
08:31Et vers laquelle on ne cesse de renvoyer des personnes
08:34puisque l'Union européenne a délégué à la Libye,
08:37où il n'y a pas d'autorité qui contrôle le territoire,
08:39contrairement à ce qu'on raconte,
08:41a délégué à ces fameux gardes-côtes,
08:42ces fameux gardes-côtes libyens,
08:45qui sont un jour gardes-côtes officiels,
08:49un jour milices, et qu'on ne sait jamais.
08:51Donc on renvoie à leur tortionnaire
08:54les migrants qui sont réceptionnés en mer
08:57par les fameux gardes-côtes.
08:59Et il y a eu des mots entre l'Aquarius
09:01et les fameux gardes-côtes.
09:03Il y a des gestes maritimes aussi, hein.
09:04Oui, il y a des gestes insupportables, quoi.
09:07Donc c'est affolant.
09:10Et je voudrais aussi qu'on rappelle
09:11pourquoi l'Aquarius et d'autres, en 2015, ont pris la mer.
09:15C'est le dernier, hein, mais il y en a eu d'autres, effectivement.
09:18Oui, mais il y en a eu d'autres en 2015.
09:19Pourquoi en 2015 ?
09:21Parce que fin 2014, le gouvernement italien
09:23avait lancé une opération qui s'appelait Mare Nostrum,
09:25qui était une opération de sauvetage en mer.
09:27Et quand le gouvernement italien a dit
09:29qu'il ne pouvait pas rester seul à assumer cette opération
09:33puisque c'était la solidarité européenne qui était en cause,
09:38tout le monde a dit « miette ».
09:40Ça a coûté 95 millions d'euros par an
09:42et dans un grand geste humanitaire,
09:44le Conseil européen du mois de mai 2015
09:46a fait un geste de 5 millions
09:49pour le sauvetage en mer.
09:50C'est pour remplir des obligations internationales.
09:5395 millions, c'est un avion de combat.
09:55C'est ça, voilà.
09:57Et donc, c'est hallucinant.
09:59Et c'est à cause de ça que les bateaux...
10:02Enfin, à cause...
10:02Oui, à cause de ça,
10:03à cause de cette impossibilité pour les États européens
10:06de répondre à la situation qu'on a eu les ONG
10:10et heureusement qu'il y a eu les ONG
10:12qui ont sauvé des dizaines et des milliers même
10:15de personnes en mer.
10:16Elles ne sont pas les seules.
10:17On oublie toujours que la marine marchande a fait sa part,
10:21que les gardes frontières,
10:22les gardes côtes italiens font leur part
10:24et se heurtent au gouvernement italien actuellement.
10:28Etc.
10:29Donc, je crois qu'il faut remettre tout ça en perspective.
10:33Philippe Zembert s'a très bien donné les chiffres de comparaison.
10:36Et sur la question actuelle,
10:37je voudrais juste te dire une chose.
10:40Les gouvernements européens,
10:41la Commission européenne se vante
10:43d'avoir diminué le nombre de traversées en Mitterrandé.
10:46On a diminué de 1 à 10.
10:49De 1 à 10.
10:50Les routes sont en train de bouger.
10:52Il faut vérifier parce que ça met du temps.
10:55Mais ils sont en train de bouger de la Libye vers l'Espagne.
10:57Il n'y a jamais eu autant de personnes qui sont arrivées en Espagne
11:00sauf il y a 15-20 ans.
11:03C'est la manière dont l'Europe se félicite en gros
11:05d'avoir réglé le problème des migrants.
11:07Des réfugiés et pas des migrants.
11:09Oui, c'est ça.
11:11Le dire et le répéter.
11:14Et pendant ce temps,
11:15le nombre de morts en Méditerranée
11:17n'a quasiment pas diminué.
11:20Proportionnellement,
11:20les gens meurent de plus en plus en Méditerranée.
11:23Pour 10 personnes qui traversent la Méditerranée,
11:26une arrive en Europe,
11:277 sont renvoyées
11:30sur les côtes libyennes
11:32et 2 meurent en Méditerranée.
11:34Ça veut dire 20%.
11:35Une personne sur 5
11:37meurt aujourd'hui en Méditerranée.
11:39Qu'est-ce qu'on attend
11:40pour empêcher ces gens
11:43de mourir en Méditerranée ?
11:44Plus on ferme les frontières,
11:46plus on fait le jeu des passeurs,
11:48plus les prix montent
11:49et plus on a des situations
11:50de plus en plus dramatiques
11:52en Libye
11:52comme au sud de la Libye.
11:54Parce que M. Macron nous a beaucoup dit
11:56qu'il allait récupérer les gens au Niger.
11:58On a fait partir un certain nombre de gens
12:00de Tripoli vers le Niger.
12:03Et la France, comme d'autres,
12:04n'ont pas rempli leurs responsabilités
12:05par rapport à ça.
12:07Vous diriez donc,
12:07du coup, suite à ce que vous dites,
12:09on dirait régression finalement,
12:11même par rapport à 2015
12:12de la politique européenne
12:14vis-à-vis des migrants ?
12:15C'est très juste
12:16de rappeler la genèse
12:18de cette crise
12:19qui n'est pas une crise,
12:21c'est un flux migratoire
12:24qui fait partie
12:25de notre histoire européenne.
12:26en fait.
12:27Et que ce pic
12:28d'accueil
12:31des réfugiés
12:32de 2015,
12:33ces drames,
12:34ces drames répétés
12:35en 2015
12:36sur les naufrages
12:37en mer
12:38ont fait que
12:39l'image
12:40de cette problématique
12:43de migration
12:44est devenue
12:44pour certains
12:46le drapeau rouge
12:47à agiter
12:48pour effrayer
12:50et pour être
12:52dans une posture
12:53de drame,
12:55de dramatisation
12:57d'un phénomène
12:58qui est un phénomène
12:59migratoire
13:00logique
13:01puisqu'il est issu
13:04de crises économiques,
13:06de crises géopolitiques
13:08qui fait que forcément
13:09il y a un certain nombre
13:11de personnes
13:13qui sont dans un flux migratoire.
13:14En fait,
13:15oui,
13:15c'est un recul
13:16parce qu'il y a eu
13:17sans doute
13:18d'autres périodes
13:19de notre histoire
13:20où les flux migratoires
13:21étaient organisés
13:22et où l'on pouvait
13:24être plus fiers
13:26de la manière
13:27dont on accueillait.
13:28Moi, je pense,
13:28bien sûr,
13:29je pense à mon pays
13:29qui renforce
13:31toutes les...
13:33et par la dernière loi
13:34qui a été votée
13:35par le gouvernement
13:37en place
13:38et qui renforce
13:40toutes les démarches
13:41administratives
13:42et notamment
13:43qui réduit
13:43les délais
13:44de recours,
13:45ce qui est vraiment
13:46dramatique
13:47pour les réfugiés
13:48puisqu'on le sait
13:5050% des réfugiés
13:52obtiennent
13:52un asile
13:54après un recours
13:55et donc
13:56quand on réduit
13:57le délai de recours
13:58ça met
13:58ces personnes
13:59dans l'incapacité
14:01d'être dans les délais
14:02et donc
14:03bien sûr
14:04ça c'est un recul.
14:06En ces temps
14:06Philippe l'Anverse
14:07de,
14:07il faut bien le dire
14:08tout de même
14:08de débats
14:09qui précèdent
14:10les élections européennes
14:11nouvelles,
14:12etc.
14:12à risque,
14:13tout le monde le dit,
14:14l'Europe aurait
14:15tout intérêt
14:15à régler cette question
14:16pour gêner
14:17on n'en parle plus
14:18qu'on passe
14:18à autre chose
14:19sur les questions
14:20et les débats
14:21qui vont être agités
14:21notamment au cours
14:22de la campagne électorale.
14:23Mais vous voyez justement
14:24tout le monde
14:25ne pense pas comme ça.
14:27Ils sont nombreux
14:28ceux qui pensent
14:30qu'en fait
14:30il est particulièrement utile
14:33d'avoir en fait
14:35ce sujet
14:36à mettre sur la table
14:37parce que
14:37très franchement
14:38c'est quand même
14:39confortable
14:40d'avoir un bouc émissaire
14:41de pouvoir dire
14:42écoutez
14:42si vous êtes en colère
14:44vous les citoyens
14:44si vous n'êtes pas content
14:45ne regardez pas
14:47du côté
14:47des inégalités
14:48chez nous
14:49d'un système
14:50en fait
14:50qui broie la planète
14:51et les humains
14:52pour satisfaire
14:53l'appât du gain
14:55d'une minorité
14:55c'est quand même
14:56très confortable
14:57de détourner le regard
14:58vers un bouc émissaire
15:00bien confortable
15:01qui se trouve
15:02avoir une peau basanée
15:03une religion
15:03qui n'est pas
15:04la religion dominante
15:05si tant est
15:06qu'elle existe encore
15:08en Europe
15:09parce que derrière cela
15:10il ne faut pas oublier
15:10que 70%
15:12des personnes
15:13qui frappent à notre porte
15:14sont des musulmans
15:15et que derrière
15:16cette attitude
15:17anti-migrant
15:18se cache à peine
15:20une attitude
15:21anti-musulmane
15:22je vais dire
15:22écoutez Victor Orban
15:24et vous le comprendrez
15:25tout de suite
15:25il faut défendre
15:26l'Europe chrétienne
15:27contre ces barbares musulmans
15:28c'est de ça qu'il s'agit
15:29quand on entend
15:30l'extrême droite
15:31rappeler Roland Aronzevaux
15:33il paraît que
15:34c'était même pas des musulmans
15:35c'était des basses
15:39mais donc très franchement
15:40on voit bien
15:41que c'est de ça
15:41qu'il s'agit
15:42et donc c'est particulièrement
15:43utile
15:44maintenant
15:44mon message
15:45à tous ceux
15:46en particulier à droite
15:48mais pas seulement
15:49qui sont tentés
15:50par l'instrumentalisation
15:53du débat
15:54sur les questions
15:55d'asile et de migration
15:56je voudrais les avertir
15:58que lorsque
16:01on rejoint
16:02quelque part
16:02l'extrême droite
16:03sur ce terrain là
16:05c'est l'original
16:06qui gagne
16:07on le voit en Bavière
16:08nous aurons très bientôt
16:08des élections en Bavière
16:10le parti chrétien-démocrate
16:11a décidé d'adopter
16:12l'agenda anti-migrants
16:14du parti d'extrême droite
16:14allemand AFD
16:15résultat des courses
16:16l'AFD est renforcée
16:18et les chrétiens-démocrates
16:19sont en perte de vitesse
16:20et donc
16:20ça ne sert à rien
16:22de courir
16:23derrière les extrêmes
16:24alors il ne faut pas nier
16:26le défi que ça représente
16:27mais c'est un défi
16:28qui est à notre portée
16:29très franchement
16:30franchement
16:30je ne suis pas effrayé
16:32alors c'est sûr
16:32qu'il faut apprendre aussi
16:34de nos erreurs
16:34parce que vous avez évoqué
16:35une époque
16:36où la migration économique
16:39était organisée
16:40par nos états
16:40on a invité en Belgique
16:42les mineurs italiens
16:43on a invité
16:44en France
16:44bien sûr
16:45avec les travailleurs
16:46d'Afrique du Nord
16:47mais
16:47les colonais avant
16:49regardons un petit peu
16:50comment
16:51l'intégration s'est passée
16:53est-ce qu'aujourd'hui
16:54quand en Belgique
16:55vous avez un prénom
16:56à consonance musulmane
16:58arabe
16:58donc si vous êtes libanais
17:00et que vous avez un prénom
17:01qui est Michel
17:02vous trouvez de l'emploi
17:03si vous êtes libanais
17:05et que vous avez un prénom
17:06qui est Ismail
17:07et bien
17:08vous avez 30%
17:09de chances
17:10de moins
17:11de trouver un emploi
17:12or ce phénomène
17:13de discrimination
17:15est répandu
17:16en beaucoup d'endroits
17:17d'Europe
17:17donc tirons les leçons
17:19de la manière
17:20dont nous avons
17:20géré la migration
17:22par le passé
17:23non pas pour dire
17:24vous voyez
17:24on a mal fait
17:25donc c'est impossible
17:26non
17:26tirons-en les leçons
17:27pour réussir
17:28beaucoup mieux
17:30l'intégration
17:31dans une société
17:31qui de toute façon
17:32est multiculturelle
17:34aujourd'hui
17:35et je pense que
17:36de toute façon
17:36s'imaginer
17:37qu'on va pouvoir ériger
17:39autour de l'Union Européenne
17:40des murs hermétiques
17:42c'est se fourrer
17:43le doigt
17:44dans l'oeil
17:45jusqu'aux homoplates
17:46et donc franchement
17:47ça ne tient pas la route
17:48une demi-seconde
17:49donc j'ajoute
17:51que lorsque
17:52un Européen
17:53s'installe à Libreville
17:55on appelle ça
17:56un expatrié
17:57et soit dit en passant
17:58c'est en général économique
18:00c'est pas pour le tourisme
18:01c'est pas non plus
18:02pour se réfugier
18:03de régimes persécuteurs
18:05en Europe
18:05d'accord
18:06on appelle ça
18:06des migrants économiques
18:07mais non
18:07on va appeler ça
18:08des expats
18:09et là c'est connoté
18:10positivement
18:10et quand quelqu'un
18:12viendrait de Libreville
18:13à Paris ou à Bruxelles
18:15pour trouver un job
18:16alors on va dire
18:16non non
18:17c'est un migrant économique
18:18il ne faut surtout pas le laisser
18:18le laisser arriver
18:20de quel droit
18:20est-ce que nous
18:21au Nord
18:22nous pouvons dire
18:22écoutez nous allons
18:23vous envoyer nos expatriés
18:24qui participent
18:25fin dit en passant
18:26à l'exploitation
18:27des richesses du Sud
18:29et au contraire
18:30quand des personnes du Sud
18:32qui parfois
18:32perdent leur emploi
18:33tout simplement
18:35leur moyen de subsistance
18:36parce que nous exportons
18:37par exemple au Sénégal
18:38des poulets
18:39largement subsidiés
18:40par la politique agricole commune
18:42on va leur reprocher ensuite
18:43de venir chercher
18:43un job ici
18:44ça n'a non plus pas de sens
18:45il faut repenser je pense
18:46un petit peu nos relations
18:47entre l'Europe
18:48et nos grands voisins africains
18:50merci à vous
18:51juste un mot
18:52Marie-Christine Vergia
18:52pour revenir à l'histoire de l'Aquarius
18:54une pétition a été lancée
18:55dans l'immédiat
18:56parce que ça compte aussi
18:57ces choses-là
18:58il y a même un appel
18:58à manifestation
18:59il y a plusieurs initiatives
19:01qui ont été lancées
19:02dont une par SOS Méditerranée
19:06qui appelle à soutien
19:07à la fois pour la question
19:09des ports
19:09dans lesquels ils peuvent débrailler
19:11ouvrons nos ports
19:11disons-nous
19:12c'est ce que j'ai écrit
19:13là sur ce bracelet
19:15et du pavillon
19:17et la question du pavillon
19:19parce qu'effectivement
19:20comme vous l'avez dit
19:21l'Aquarius fait route
19:22vers Marseille actuellement
19:24qui est son port d'attache
19:25mais il n'a plus de pavillon
19:27c'est pour ça
19:27qu'il n'a pas pu débarquer
19:30les...
19:30il n'a plus le ravi
19:32il peut rester
19:35dans les eaux internationales
19:36mais il ne peut pas
19:38donc il n'a pas pu aller à Malte
19:40c'est un bateau naltais
19:41qui est venu chercher
19:41les 58 ans
19:42j'espère qu'il va être
19:44accueilli à Marseille
19:45et effectivement
19:45nous manifestons
19:47le 6 octobre
19:48samedi
19:49dans toute la France
19:50et notamment à Paris
19:52pour aller au soutien
19:54de l'Aquarius
19:56et il y a effectivement
19:57une pétition
19:57qu'il faut signer
19:58massivement
19:59pour la meilleure signature
20:00déjà je crois
20:01j'adore le faire
20:04sachant juste
20:04un petit mot
20:05c'est pas une initiative
20:06seulement française
20:06il faut que ce soit
20:07juste un petit mot
20:08je veux dire
20:08sachant qu'il serait
20:09beaucoup plus sain
20:10que l'Aquarius
20:11et un pavillon
20:11d'une grande nation maritime
20:13et non pas un pavillon
20:15comme Panama
20:15ou...
20:16et pour Gibraltar
20:17qui sont des pavillons
20:18complaisants
20:18ça serait plus simple
20:20si c'était la France
20:20il était sous pavillon de Gibraltar
20:22Gibraltar lui a retiré
20:24son pavillon
20:24ils avaient réussi à avoir
20:25le Panama
20:27alors que nous savons tous
20:28qu'il est basé à Marseille
20:30donc effectivement
20:31la France se grandirait
20:32si elle lui accordait
20:33un pavillon
20:34elle reconnaîtrait
20:35le travail des ONG
20:36en la matière
20:36et peut-être
20:37que ça serait plus
20:38en harmonie
20:39avec l'image
20:40que monsieur Macron
20:41cherche à se donner
20:42en la matière
20:43parce qu'effectivement
20:44il en appelle
20:45à l'Europe de la solidarité
20:46sur ces questions-là
20:48quand même
20:49franchement
20:49il suffit de voir
20:50notamment ce qui se passe
20:51à la frontière franco-italienne
20:52pour comprendre
20:54ce qu'il en est
20:54et la réaction
20:56des Italiens
20:56en la matière
20:57n'est pas qu'une réaction
20:58de monsieur Salvini
20:59c'est une réaction
21:00malheureusement
21:01c'est des initiatives
21:03dans les collectivités
21:04territoriales
21:05pardonnez-moi
21:05je vous ai vraiment
21:07le signalé
21:07parce que
21:09beaucoup de collectivités
21:10territoriales
21:11de gauche
21:12souvent
21:12mais beaucoup
21:14de collectivités territoriales
21:15s'impliquent énormément
21:16dans l'accueil
21:17des réfugiés
21:19et c'est vrai
21:20qu'accueillir
21:2020 réfugiés
21:22dans une collectivité
21:23de 2000-3000 habitants
21:24ça s'organise
21:25les enfants peuvent
21:26aller en classe
21:27les personnes
21:29s'insèrent
21:30avec beaucoup plus
21:31de facilité
21:32je pense que
21:33c'est extrêmement important
21:34que l'Union Européenne
21:35reconnaisse
21:36tout ce travail
21:37qui est fait
21:37par les collectivités
21:39territoriales
21:39et toutes les initiatives
21:40citoyennes aussi
21:41parce qu'il y a
21:42beaucoup de collectifs
21:43qui se mettent en place
21:44aussi dans mon petit village
21:45à Saint-Agile
21:46qui est de 288 ans
21:48il y a un collectif
21:49qui se mobilise
21:50pour l'accueil
21:51de réfugiés
21:52régulièrement
21:52on a des soirées culturelles
21:54des échanges
21:54des repas partagés
21:55avec des réfugiés
21:56de Vendôme
21:57du cadet de Vendôme
21:58mais ça existe
21:59et je cite
22:00cet exemple
22:01parce que c'est ma commune
22:02mais il y en a
22:03dans énormément de communes
22:05des collectifs
22:06ça veut dire que
22:08l'opinion
22:10je crois qu'elle est
22:11pas entièrement
22:13mais une partie de l'opinion
22:14en tout cas
22:14est prête à suivre
22:15vraiment
22:16une politique
22:18plus audacieuse
22:18au niveau européen
22:19et on a bien noté
22:19que depuis le début
22:20de cette crise
22:21je finis
22:22les initiatives régionales
22:24étaient beaucoup plus fortes
22:25que les initiatives
22:26nationales
22:27en règle générale
22:27un petit mot encore
22:28le fonds asile-migration
22:30comme vous le disiez
22:31à juste titre tout à l'heure
22:32pour le moment
22:32il n'est accessible
22:33que par les états
22:34et les états
22:35ne l'utilisent
22:36et notamment la France
22:37quasiment que
22:38pour faire
22:39de la sécurisation des frontières
22:40ou construire
22:42des centres de rétention
22:43or ce fonds
22:44c'est un fonds
22:45asile-migration-intégration
22:47et donc les crédits asile
22:49pour mieux accueillir
22:51les demandeurs d'asile
22:52les crédits intégration
22:54existent
22:54et c'est là
22:55vous ne l'avez pas dit
22:57assez
22:57je ne l'ai pas dit assez
22:58donc l'une des batailles
23:00du Parlement européen
23:01par rapport
23:01au cadre financier
23:02pluriannuel
23:03c'est permettre
23:04aux collectivités territoriales
23:06d'accéder directement
23:07à ces fonds
23:08ça correspondait
23:09à la question
23:09que vous aviez posée
23:10par ailleurs
23:11merci à vous
23:12merci d'avoir été
23:13autour de ce plateau
23:14bien sûr
23:15c'est une question
23:15sur laquelle
23:15nous reviendrons
23:16naturellement
23:17merci à vous
23:18qui nous avez suivis
23:19au revoir
23:19merci
23:27merci à vous
23:28merci à vous