00:00L'aéronautique, on sait que financièrement, c'est très très très important.
00:04C'est des budgets faramineux et on nous explique qu'on ne peut jamais partager.
00:10Par contre, là, on est dans un coup dur.
00:12Bon, ça, on veut bien reconnaître que ça ne va pas être facile en aéronautique.
00:15Il faut relancer la machine, mais il ne faut pas qu'on nous fasse croire que ça y est, c
00:20'est terminé.
00:20Profiter de la crise, c'est innommable.
00:23Quelque chose comme ça, c'est vraiment des voyous, c'est des patrons voyous.
00:27Là, c'est clair.
00:36Nous, on travaille dans tous les secteurs d'activité, sur toutes les chaînes d'Airbus,
00:40à Toulouse, à Saint-Lazaire, à Marignane, sur tous les corps de métier.
00:44Donc, ajusteur, mécanicien, coordinateur, support technique, point fixeur, tractiste, voilà.
00:52Exactement comme Airbus.
00:57Nous sommes tous rentrés à la maison le mercredi, donc il y a eu confinement pour tout le monde.
01:03Le lundi suivant, Airbus avait déjà commencé à remettre un peu des mesures de sécurité
01:12en vue de la contagion pour pouvoir relancer ces chaînes.
01:16Donc, nous avons repris le travail le mardi, donc un peu moins d'une semaine après.
01:21Ça a recommencé très doucement, avec 80, 100 personnes.
01:27Et au fur et à mesure, les salariés sont revenus au travail,
01:29au fur et à mesure que les protections se mettaient en place.
01:34Là, actuellement, nous avons à peu près 750 salariés qui sont sur site
01:38et une centaine qui sont en télétravail.
01:41Donc, les autres salariés sont payés en chômage partiel.
01:53Ce matin, on a été convoqué en CSE pour décider si on voulait partir sur un PSE
01:59ou alors sauver l'entreprise.
02:01C'est bien les termes qui ont été employés à travers cet accord de compétitivité.
02:06Ces accords de performance collective, on peut y mettre un peu tout et n'importe quoi.
02:10C'est suite aux ordonnances Macron.
02:13Donc, on peut supprimer, baisser les salaires, supprimer les primes,
02:16les avantages sociaux, prendre des congés payés.
02:20Donc, nous, mercredi, la direction a mis un peu tout sur la table.
02:24Donc, la suppression du 13e mois, la suppression des indemnités transport,
02:28la suppression des indemnités repas, qui seraient remplacées par des chèques repas,
02:33sous la pression d'un PSE, qui a été annoncé.
02:36On a annoncé 700 salariés en licenciement économique.
02:41Sous cette pression-là, ils mettent en avant cet accord qui pourrait sauver l'entreprise,
02:45mais pas complètement, mais au moins sauver l'entreprise.
02:50Parce qu'on parle tout le temps de sauver l'entreprise, mais pas de sauver les salariés.
02:54C'est ça le discours de notre président.
02:57Pour l'instant, c'est juste les pistes qu'ils ont lancées,
03:00pour pouvoir vraiment faire peur aux gens,
03:03en disant, voilà, si cet accord-là n'est pas signé,
03:06le PSE va être effectif, on va lancer le PSE au mois de mai.
03:09Mais comme la rentabilité n'est pas tenue,
03:13l'actionnaire a dit, on lance le PSE,
03:15même à l'issue de cette négociation d'accord.
03:21Comme dit le président, monsieur Laranette,
03:24pour être compétitif auprès de l'Airbus,
03:25quand les affaires vont reprendre,
03:29quand les chaînes vont rouvrir et que l'activité va vraiment reprendre,
03:32il faut pouvoir présenter une feuille de route bien propre,
03:36avec des acquis sociaux qui sont radés par crête,
03:39des salaires qui sont radés par crête,
03:41pour pouvoir vraiment bien se vendre auprès de l'Airbus.
03:48Dès le premier jour, le chômage partiel a été activé.
03:51Il a été demandé jusqu'au 19 septembre 2020,
03:54donc il a été prolongé.
03:57Dans tous les cas, les salariés sont en chômage partiel
04:00et l'entreprise ne subvient pas aux besoins,
04:04ne règle pas les salaires des salariés qui sont en chômage partiel.
04:11Sur un panel de 300 salariés,
04:13parce qu'on a eu très peu de temps,
04:15vu que le confinement était encore effectif la semaine dernière,
04:18donc ça a été très difficile de rencontrer les gens.
04:22Donc on a fait un peu avec les réseaux sociaux, par téléphone.
04:25Donc sur à peu près 300 salariés,
04:28il y a une dizaine de salariés qui sont prêts à perdre ses acquis,
04:33mais ponctuellement.
04:34C'est-à-dire vraiment, ils sont prêts à faire un effort,
04:37mais pas à perdre définitivement ses acquis.
04:40Donc ça fait 10 personnes sur 300.
04:46On nous a toujours soutenu que le groupe nous viendrait en aide
04:50s'il y avait des difficultés financières.
04:53Et là, on s'aperçoit que la rentabilité,
04:55la feuille de route qui a été donnée à M. Lanette en début d'année
04:59avec une rentabilité très importante, n'est pas tenue.
05:03Mais ce n'est pas pour ça que le groupe de Richebourg dit
05:08qu'on va baisser la rentabilité.
05:10Non, non, on continue à demander la même rentabilité,
05:13et ça sur le dos des salariés.
05:18Ça passera certainement par des débrayages.
05:22Parce que je pense que les salariés sont prêts à aller assez loin
05:27dans la lutte, parce que non seulement ils ne veulent pas perdre leur emploi,
05:31mais en plus ils ne veulent pas perdre leurs acquis sociaux.
05:34Car on a reçu des mails, des gens en pleure, déjà,
05:38ça c'est faire, parce que les gens, on a reçu des mails
05:42qui nous disent « mais moi, comment je vais faire pour rembourser la maison ? »
05:45Les gens ont fait leur vie, ont bâti leur budget sur ces acquis sociaux.
05:51Donc s'ils disparaissent, c'est comme si on les mettait au chômage.
05:55Dans tous les cas, l'accord de restructuration passe par ce PSE.
06:05C'est complètement lié.
06:07Il ne peut pas y avoir ni d'accord, ni de PSE.
06:10C'est là-dessus qu'on va se battre.
06:11Nous, on ne va absolument rien lâcher.
06:17Nous ne sommes pas encore sortis de la crise sanitaire.
06:21C'est le premier jour du confinement,
06:23et déjà la catastrophe sociale est là.
06:26Et malheureusement, j'ai envie de dire,
06:28Dérisbourg est peut-être le premier du long liste,
06:31puisqu'on a déjà la direction d'Air France
06:34qui vient dire que sur la filiale Hop Air France,
06:39il y allait se poser des questions.
06:40Il y a aussi les ministres Djébari, Bruno Le Maire et M. Darmanin,
06:48qui ont refusé de prêter 2 milliards d'euros de prêts garantis à la SNCF
06:52en disant qu'il allait falloir reconfigurer l'entreprise.
06:56Et derrière ce beau terme, ça veut dire des plans de licenciement.
07:00Donc tout ceci n'est pas acceptable.
07:01Ce n'est pas aux salariés de payer la crise.
07:04Et surtout, c'est un chantage inacceptable de la part de la direction.
07:07« Soit vous revenez sur les comptes sociaux,
07:10et de toute façon, vous aurez une petite mort au mois de septembre,
07:14soit c'était maintenant qu'on licencie la moitié des salariés. »
07:20Et c'est le premier jour du déconfinement,
07:22ils n'avaient même pas repris le travail.
07:26Donc évidemment, plein soutien aux salariés,
07:28aux syndicalistes mobilisés.
07:31Et dans beaucoup de boîtes,
07:32le chantage à l'emploi pourrait être celui-ci dans les prochaines semaines.
07:36Notamment ce qu'a dit le patron du MEDEF,
07:39il faut se rappeler,
07:40ou même des ministres comme Agnès Pagni-Rouniaché,
07:42qui a dit qu'il allait falloir retrousser les manches.
07:45Derrière, ça veut dire fin des 35 heures,
07:48redis sur les projets payés.
07:50S'il n'y a pas une perspective industrielle dans le pays
07:53pour relancer la machine qui s'appuie,
07:55je le redis sur des critères sociaux et environnementaux forts,
07:58alors nous repartirons comme avant.
08:00Et d'ici un an ou deux,
08:02ce sont les actionnaires qui encourageront les dividendes
08:05et ce sont les salariés qui auront aussi des larmes et du sang
08:08pour éponger les dettes de cette crise sanitaire.
08:12Ce n'est pas possible.