00:00Le dimanche 6 septembre, la ministre déléguée à la citoyenneté, Marlène Schiappa,
00:05a annoncé qu'elle voulait accélérer la naturalisation des étrangers placés en première ligne,
00:11ce CEMO, pendant la période du confinement.
00:15Donc, ça a été une bataille de la CGT.
00:18Vous avez vous-même signé une tribune le 21 avril avec, je reprends mes notes,
00:23Pascal Brice, Jean-François Carinco, Louis Gallois, appelant à cette prise en compte de ces travailleurs sans papiers.
00:33Donc, est-ce que le gouvernement a entendu la CGT ?
00:35Alors, pas du tout, puisqu'alors, c'est une première étape,
00:40en effet, de faciliter la naturalisation des travailleurs étrangers qui sont sur le territoire
00:46et qui sont en situation régulière.
00:48mais ça ne prend pas en compte du tout la situation des personnes sans titre de séjour,
00:54qui sont un grand nombre.
00:55Et c'est ce que nous avions signalé dans la tribune que tu évoques,
01:01mais aussi ce que nous avons signalé avec d'autres organisations,
01:05le président de la République, dans une lettre que nous lui avons adressée.
01:08Les travailleurs sans papiers ne sont pas du tout pris en compte pour l'instant
01:12dans les mesures qui ont été prises par l'État.
01:15Et en effet, nous n'avons d'ailleurs toujours pas de réponse et de rendez-vous
01:19suite à l'interpellation unitaire que nous avons eue ensemble
01:23avec d'autres organisations comme la CIMAD, la CFDT, le Secours catholique,
01:30Médecins du monde, la Fédération des acteurs de la solidarité,
01:34sur cette question, mais aussi plus généralement la question des personnes
01:39qui sont exposées à la grande pauvreté suite au confinement.
01:43Et en effet, il n'y a pas de prise en compte, en fin de compte,
01:46de cette situation des travailleurs sans papiers.
01:50Ça nous inquiète très, très fortement d'ailleurs.
01:53C'est-à-dire qu'il y a une volonté de reconnaître les personnes
01:55en situation régulière, mais il y a une forme de déni total
02:01sur la situation des travailleurs sans titre de séjour
02:04qui ont été en première ligne pendant toute cette période.
02:07Est-ce que vous pouvez nous expliquer un peu concrètement
02:10qu'est-ce que ça a été, la situation de ces travailleurs-là
02:13pendant cette période justement ?
02:15On a des travailleurs sans papiers qui, on le dit depuis de très
02:18nombreuses années à la CGT et on le démontre dans de nombreux rêves,
02:22sont en première ligne sur tout ce qui est collecte et tri des déchets,
02:27et on le sait, sur tout ce qui est aussi livreurs, on l'a vu,
02:32livreurs à vélo, notamment dans la bataille des travailleurs de Frichetier
02:36récemment, mais sur toutes les plateformes de livraison,
02:39que ce soit aussi tout ce qui est manutention, aussi mise en rayon
02:44dans les supermarchés, nettoyage très fortement, et on sait que c'est
02:48une activité particulièrement importante, même dans la période actuelle.
02:53C'est une activité qui s'est extrêmement, on va dire, densifiée d'ailleurs,
02:59sur tout ce qui est sécurité aussi dans les magasins,
03:02tout ce qui est aussi, on le sait, même dans l'aide à la personne,
03:05l'aide à domicile, même dans le milieu de la santé, on est sur des métiers
03:09qui sont en effet, on va dire, des secteurs d'activité qui sont tenus
03:14à bout de bras par un grand nombre de travailleurs étrangers,
03:16avec ou sans titre de séjour, et donc on a énormément de travailleurs
03:21sans papiers qui ont été en première ligne et qui ont souvent été exposés
03:26parce qu'ils sont plus vulnérables dans les entreprises.
03:28Pour nous, la CGT, les régulariser, on l'a dit maintes fois,
03:33c'est respecter la Constitution, c'est-à-dire garantir l'égalité
03:37de traitement dans les entreprises et garantir l'égalité des droits
03:40entre tous les travailleurs.
03:41C'est donc dans l'intérêt, on va dire, de tous, de tous les travailleurs.
03:46C'est une question d'intérêt commun, c'est une question, on va le dire,
03:50puisque le gouvernement se plaît à le dire, pleinement universaliste,
03:54puisque c'est ce qui nous lie tous, on va dire, dans les entreprises,
03:57c'est les intérêts qu'on a tous et justement la solidarité entre tous
04:01les travailleurs, puisque régulariser, c'est tirer les conditions de travail
04:05de chacun vers le haut.
04:06Donc, c'est quelque chose qui est extrêmement positif, contrairement
04:09à ce qui est véhiculé par un grand nombre de personnes qui cherchent
04:12justement à diviser la société et à cloisonner les individus.
04:17La CGT, bien sûr, on le sait, se bagarre sur le terrain des régularisations
04:23depuis de nombreuses années, a obtenu certaines victoires d'ailleurs.
04:29Elles mènent aussi une action de solidarité plus large en termes
04:32d'immigration, pour l'accueil, pour des politiques d'accueil au sens propre
04:39de ce qu'on appelle les migrants.
04:42Moi, je préfère parler des exilés, des personnes qui traversent
04:46notamment la Méditerranée centrale.
04:48Aujourd'hui, on a un des navires français, d'une ONG française,
04:52de la SOS Méditerranée, qui est bloquée en Italie.
04:55On n'a quasiment plus de bateaux de sauvetage présents sur ce parcours d'exil.
05:02La position de la CGT vis-à-vis de tout ça, c'est quoi aujourd'hui ?
05:07La CGT a été très claire.
05:09On s'est associés clairement aux organisations, aux ONG qui, en fin de compte,
05:14se mobilisent depuis de nombreuses années pour le sauvetage en mer.
05:18On a organisé un certain nombre de journées d'ailleurs sur ce sujet,
05:21que ce soit à Paris, à Montreuil ou aussi en province.
05:25On a récemment fait une journée à Montpellier avec Sea-Watch et d'autres organisations.
05:32La Fédération des officiers de marine, qui est en première ligne et qui est en lien
05:35avec toutes les organisations européennes qui sont mobilisées,
05:39les organisations syndicales sur ce sujet.
05:41On avait organisé d'ailleurs une journée internationale de toutes les organisations
05:47transports maritimes pour justement réaffirmer cette question du droit international,
05:53du droit de sauver des personnes, puisqu'on sait très bien que souvent,
05:58le personnel officier est souvent mis à, on va dire, stigmatiser.
06:06Et surtout, elle est clairement considérée comme des délinquants, en fin de compte,
06:11de la solidarité.
06:13Et donc, on a une position très claire.
06:14On a aussi, on s'est énormément mobilisés, nos comités d'entreprise se sont énormément
06:20mobilisés sur la question de l'hébergement, en mettant à disposition, on va dire,
06:25des villages de vacances pour accueillir les migrants lors des, par exemple,
06:32différentes mises à l'abri, justement, des arrivées de migrants lors des sauvetages.
06:38Donc, on est pleinement engagés à la fois sur cette question du sauvetage en mer,
06:42de manière internationale et coordonnée avec les autres organisations syndicales,
06:47et à la fois au niveau de l'hébergement.
06:50Donc, on a mis à disposition un certain nombre de nos villages de vacances pour le faire,
06:56que ce soit avec le CCAS, la Fédération Mille Énergie a été très présente.
07:00Et donc, on est organisé à la fois sur ces questions, on va dire, et à la fois,
07:05comme vous l'avez dit, sur la question plus généralement du travail et, on va dire,
07:12de l'information sur les droits dans les entreprises.
07:15Voilà, que ce soit depuis, on va dire, pour nous, de toute façon,
07:20il faut repenser aujourd'hui la politique migratoire.
07:23On parle de régularisation, mais régulariser, ce n'est qu'un pansement,
07:27on va dire, pour réparer une politique.
07:29C'est un pansement provisoire par rapport à une politique migratoire qui est défaillante
07:34et qui met en danger des hommes et des femmes sur leur parcours migratoire
07:38et qui les met en danger aussi dans les entreprises.
07:42C'est-à-dire qu'on a aujourd'hui un durcissement des politiques migratoires
07:46qui, en fin de compte, ne protègent pas les personnes
07:50et favorisent notamment les réseaux de la traite des êtres humains,
07:54tant sur les parcours de migration, on le voit avec les personnes contraintes
07:59à la prostitution sur leur parcours, contraintes à la traite en Libye,
08:03mais aussi contraintes à la traite dans les pays européens,
08:07que ce soit en Italie, on le voit, en Espagne et en France,
08:11puisqu'il y a eu des décisions de reconnaissance de la traite des êtres humains
08:15dans le milieu du travail, je parle bien de dans le milieu du travail,
08:18pas de prostitution, pas que de prostitution en tout cas.
08:21Et on le voit, il y a des situations, on va dire aussi, d'exploitation très forte,
08:25notamment chez les travailleurs agricoles.
08:27On l'a vu récemment avec Terra Fécundis,
08:30encore très récemment avec les travailleurs saisonniers,
08:34extra-communautaires qui sont faussement détachés
08:37et qui sont soumis à des conditions de travail
08:40propres à la tête des êtres humains,
08:43qui sont d'ailleurs similaires aux conditions qu'on peut retrouver en Italie
08:47ou en Espagne sur la cueillette des fraises
08:50ou sur différentes formes de cultures de légumes.
08:56Donc c'est un sujet qui est commun au niveau européen.
09:00Sous-titrage Société Radio-Canada
09:02Merci.
09:03Merci.
09:03Merci.
09:03Merci.
09:03Merci.
09:03Merci.