- il y a 12 heures
Guillaume Dumoulin, délégué syndical CGT de la SAD, société d'agence et de diffusion, filiale de presstalis, qui distribue la presse en province, alerte sur la situation dramatique de la messagerie historique française.
Le vendredi 15 mai, le Tribunal de commerce de Paris a en effet déclaré la mise en liquidation judiciaire des deux filiales du groupe, la Sad et la Soprocom, avec le licenciement de 518 salariés sur tout le territoire, entraînant de fait, une non-parution des titres en province.
Un projet de Scic, société coopérative d'intérêt collectif est porté par les salariés du secteur et leur syndicat, le Sglce-CGT.
Le vendredi 15 mai, le Tribunal de commerce de Paris a en effet déclaré la mise en liquidation judiciaire des deux filiales du groupe, la Sad et la Soprocom, avec le licenciement de 518 salariés sur tout le territoire, entraînant de fait, une non-parution des titres en province.
Un projet de Scic, société coopérative d'intérêt collectif est porté par les salariés du secteur et leur syndicat, le Sglce-CGT.
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00:00Bonjour Guillaume Dumoulin.
00:02Bonjour.
00:03Alors vous êtes délégué syndical CGT de la SAD, la Société d'Agence et de Diffusion.
00:09Ce sont en fait les dépositaires filiales de Prestalis qui assurent la distribution de la presse en province.
00:16Le vendredi 15 mai, vendredi il y a une quinzaine de jours, le tribunal de commerce de Paris a déclaré
00:22la mise en liquidation judiciaire
00:24de ces deux filiales du groupe, la SAD et la Soprocom, avec le licenciement de 512 salariés sur tout le
00:31territoire.
00:33Alors depuis maintenant trois semaines, la presse quotidienne et magazine n'est plus distribuée en province.
00:40Quelle est la situation ?
00:41Alors pour vous dire, c'est 512 salariés à la SAD et 6 à Soprocom, donc ça fait 518 salariés
00:48qui ont perdu en quelques secondes leur emploi
00:51alors que des négociations étaient engagées pour une poursuite d'activité, alors malheureusement avec moins de salariés,
00:58mais une réorganisation qui aurait pu être acceptée par les salariés.
01:02Malheureusement, cela ne nous a jamais été proposé et l'offre déposée par la CDQ, effectivement,
01:08la CDQ, coopérative des quotidiens, qui était un des actionnaires de Prestalis,
01:14qui était la seule à faire une offre en premier temps, puisque la coopérative des magazines n'est pas venue
01:19la compléter.
01:21a conduit à ce qu'il n'y ait une offre que sur le siège et le centre de distribution
01:25parisien,
01:26excluant toute la partie province, donc les SAD et les Soprocom.
01:31Alors ce plan social d'envergure de tout le système coopératif de distribution de la presse,
01:38pourrait-il entraîner la disparition de nombreux titres, je pense aussi aux kioskiers, aux diffuseurs qui sont sur tout le
01:45territoire ?
01:46Alors, ce qu'il faut savoir, c'est que déjà, même si la presse a dû continuer à sortir pendant
01:52la période de confinement,
01:53puisque jugée utile à la nation, comme l'a dit notre président,
01:57elle a quand même beaucoup souffert pendant cette période,
02:00puisque même s'il y a beaucoup de diffuseurs qui ont dû fermer,
02:03parce qu'ils avaient des salariés, pour des questions de sécurité,
02:08ou même pour le peu de livraison qu'ils avaient,
02:11puisque même les éditeurs ont réduit leur parution,
02:17et ça a conduit à ce que déjà cette période était très difficile.
02:20Il faut remettre dans le timing, on déconfine le 11,
02:23le 12 on demande la liquidation de la SAD,
02:27c'est limite incompréhensible,
02:29on a demandé à tous les salariés de la presse de continuer à travailler pendant le coronavirus,
02:33malgré toutes les difficultés qu'il y avait,
02:37et on liquide l'entreprise le lendemain du déconfinement,
02:41c'est assez incompréhensible,
02:44et ça met en danger les diffuseurs, les éditeurs,
02:48qui eux, attendaient qu'une seule chose repartir.
02:49Un des exemples, c'est ce qu'on appelle les hippiques,
02:53Paris Turf, tout ce qui est...
02:56ils étaient en arrêt complet, puisque les courses hippiques n'avaient plus,
02:59donc ils n'avaient plus de raison de faire paraître l'enjeu ici sur les paris,
03:03pas de course, pas de paris,
03:04et au moment où ils doivent reprendre,
03:07pour essayer de... voilà, parce que c'est très difficile de ne pas paraître pendant deux mois,
03:10même s'il y a le chômage partiel qui est mis en place,
03:13ou des choses comme ça, des aides de l'entreprise,
03:14c'est très lourd.
03:15Et on liquide la boîte qui les distribue en province,
03:20le lendemain où ils reprennent leur parution,
03:22c'est quand même compliqué.
03:26Donc il y a des titres qui sont en danger,
03:28aujourd'hui il y a des titres qui ne savent pas comment être distribués,
03:31déjà sur un plan national,
03:33et alors le pire c'est pour les éditeurs locaux,
03:36parce que eux,
03:37de passer directement par les dépositaires,
03:39ne passer pas par les messageries,
03:40puisque n'ayant pas une envergure nationale,
03:42ils n'étaient pas concernés par la loi Bichet,
03:44et ils se trouvent,
03:47sans solution par exemple à Lyon et Marseille.
03:50Vous prenez par exemple le journal La Marseillaise,
03:53qui est distribué par la SAD de Marseille,
03:55la SAD de Marseille ayant été liquidée,
03:57il n'a plus de moyens d'être distribués.
04:01C'est un vrai dingue pour la démocratie.
04:03Et les conséquences sont aussi très lourdes
04:04pour les diffuseurs de presse,
04:06les marchands de presse,
04:06qui ne sont plus alimentés,
04:09et les messageries expliquent qu'elles vont faire des plans de secours
04:12pour essayer de les livrer,
04:13sauf qu'elles n'arrêtent même pas à s'en rendre,
04:16elles en ont un chacun,
04:17ça ne marche pas très difficilement.
04:20Il n'y a que des erreurs,
04:21et ça fait plus de deux semaines que le réseau,
04:23il n'est quasiment pas livré,
04:25et il sortait du coronavirus,
04:26eux aussi sont en grand danger,
04:28et il faut quand même penser que demain,
04:29s'il n'y a pas de diffuseurs,
04:30c'est quand même le goût,
04:30c'est celui qui vend la marchandise.
04:32C'est-à-dire que s'il n'y a plus de réseau
04:33et il n'y a plus de diffuseurs,
04:34on peut travailler en amont tout ce qu'on veut.
04:36On peut y mettre des millions sur la table,
04:38s'il n'y a pas les diffuseurs au goût,
04:40il n'y a pas de vente,
04:41et il n'y a rien qui tient.
04:42Alors, le syndicat général du libre
04:44et de la communication écrite,
04:46dont vous êtes membre du bureau,
04:47a fait appel de cette décision
04:49du tribunal de commerce de Paris.
04:51Qu'en est-il ?
04:53Alors, on a fait appel,
04:55notamment parce que nous,
04:56ce qu'on ne comprend pas,
04:57c'est la mise en redressement judiciaire
05:00de la maison mère Prestalis,
05:02mais la demande de liquidation immédiate
05:05de la SAD.
05:06Alors qu'en réalité,
05:06même si on était une filiale,
05:08on exerçait exactement les mêmes activités
05:11sur le territoire français,
05:12et il n'y avait pas de logique
05:15à traiter différemment.
05:17On était à 100% qu'il y a le Prestalis.
05:19Donc il y a eu un choix
05:20de couper la banque.
05:23Il y avait des lettres d'intention,
05:25notamment de la coopérative des magazines,
05:27qui avaient été sollicitées d'ailleurs
05:28par notre syndicat,
05:29pour dire qu'il faut renforcer l'offre
05:31de la CDQ en y incluant les SAD
05:33pour que ça continue.
05:35Mais apparemment,
05:35il y a une décision qui a été prise
05:38probablement aussi au plus haut sommet de l'État,
05:39de dire « non, on arrête là,
05:42on ne va pas plus loin ».
05:43Et cette décision de liquidité
05:45est plus que surprenante.
05:47D'ailleurs,
05:49un décret devait paraître
05:50de 50 millions d'euros
05:51pour permettre la continuité d'activité
05:54jusqu'au redémarrage.
05:55Il n'a été que 2 de 35.
05:57Ce qui laisse à penser
05:58qu'effectivement,
05:58il y a bien eu un choix
05:59de les 15 millions
06:01devant permettre la continuité
06:02pour un moment de la SAD.
06:04et on s'est retrouvé
06:05donc du...
06:07Personne ne pensait
06:08à vendre le vendredi 15 à 15h
06:10qu'il n'y aurait pas une solution
06:11pour continuer la distribution
06:12de la presse.
06:13Or, ça s'est arrêté
06:15d'un coup.
06:17On a bien évidemment
06:18fait appel
06:20dans l'objectif
06:21que la SAD ne soit pas liquidée
06:23et qu'on puisse continuer
06:24à distribuer la presse
06:25sur le territoire
06:26parce que ça s'est arrêté
06:28net d'un coup.
06:29Malheureusement,
06:30la coopérative des magazines
06:31qui devait faire une offre
06:33en y incluant la SAD
06:34est venue renforcer l'offre
06:35entre guillemets
06:37de la CDQ plus tard
06:39quand la CDQ a confirmé
06:41son offre le 20 mai
06:42mais il n'y avait pas
06:43les SAD dedans.
06:44Donc notre appel
06:44a probablement peu de chances
06:46d'aboutir malheureusement.
06:48Mais nous, on estimait
06:50nécessaire de contester
06:51cette décision
06:52qui est incompréhensible.
06:55l'état du réseau
06:56dans lequel il est.
06:58Quelqu'un de responsable
06:59ne fait pas ça.
07:01Ils sont en train
07:01de tuer la profession.
07:03Alors comment
07:04la société mère
07:06Prestalys aujourd'hui
07:07compte-t-elle
07:08distribuer l'information
07:10vu la situation ?
07:11Je pense que ça va plus loin
07:12que la maison mère
07:13Prestalys
07:13et je pense que c'est
07:14la façon dont les éditeurs
07:15veulent eux
07:16que demain leur papier
07:17soit dessiné.
07:18Il faut revenir un peu en arrière.
07:201947, la loi Bichet est votée.
07:22Elle crée un principe simple.
07:23Elle oblige les éditeurs
07:25à se monter en coopérative
07:27et à posséder
07:28leur outil de distribution
07:30pour des questions
07:31d'équité,
07:31de pluralisme,
07:33qu'un gros
07:33ne mange les petits
07:35et ainsi de suite
07:35ou les refuse.
07:37D'ailleurs l'Huma,
07:39c'était bien connu,
07:40avait été refusé par
07:41Hachette
07:42qui ne voulait pas
07:42le distribuer.
07:43Donc pour éviter tout ça,
07:44c'est mon problème.
07:44Ils étaient donc propriétaires
07:46de leur réseau de distribution.
07:47Ils étaient obligés
07:48d'être dedans.
07:48Quand vous étiez éditeur,
07:49vous n'étiez pas que éditeur.
07:50vous deveniez logisticien
07:53pour assurer la distribution
07:54de façon coopérative.
07:56Et vous le donnez.
07:56La modification qui a eu lieu
07:58et la libéralisation du secteur
07:59par le gouvernement Macron
08:01en 2019,
08:02d'ailleurs avec la complécité
08:04de notre ancienne directrice
08:06Michel Ben-Bunan,
08:08ça a conduit à leur rendre
08:10leur liberté.
08:12Ils ne sont plus obligés
08:14d'être propriétaires
08:14de leur outil de distribution.
08:17Et ça ouvre la boîte de Pandore
08:19puisque un éditeur,
08:21ça peut se comprendre,
08:22il n'a pas envie
08:23d'être logisticien.
08:24Ils veulent faire appel
08:25à des sous-traitants.
08:26Ils n'ont que faire
08:27de l'idée d'équité
08:29entre les titres.
08:30D'ailleurs,
08:30ils sont en concurrence
08:31les uns les autres.
08:31Donc la question d'équité,
08:33elle ne se pose pas.
08:35c'était la loi qui les obligeait.
08:36Donc je pense qu'ils sortent,
08:37ils se désengagent en réalité
08:38du réseau.
08:40Donc ils commencent
08:40par les filiales.
08:42Je pense qu'à partir de 2000,
08:43tout le monde attend en réalité
08:442023 et l'ouverture complète
08:46au niveau des messageries.
08:48Et je pense que Prestalis
08:49et MLP,
08:50quoi qu'on en dise,
08:50ils sont condamnés
08:52à très court terme.
08:54Parce qu'on va se retrouver
08:56avec des gros mastodonques
08:58de la logistique
08:59qui seront juste
09:00dans le déplacement du papier.
09:02Avec probablement la mort
09:03de beaucoup d'éditeurs
09:04qui n'auront pas les moyens
09:05de se distribuer.
09:06Et il y a aussi la question
09:07de l'équité sur le territoire.
09:08C'est que si on ne parle
09:09que de questions de rentabilité,
09:11il n'est pas dit
09:12que tous les points de vente
09:13dans les milieux ruraux
09:14ils soient livrés tous les jours
09:16et que la presse
09:16aille jusqu'au lecteur citoyen.
09:18Il y a tous ces enjeux derrière.
09:19Ce n'est pas qu'une question économique.
09:22Il y a des questions démocratiques
09:23qui sont complètement aujourd'hui
09:24éludées dans la façon
09:25de traiter le dossier.
09:26Alors, avec votre syndicat,
09:28vous travaillez à la création
09:30d'une SKIC,
09:31une société coopérative
09:33d'intérêt collectif
09:35qui aurait pour objectif
09:36la fourniture de biens
09:37et de services
09:38d'intérêt collectif
09:39qui présente un caractère
09:41d'utilité sociale.
09:42Alors, comment est né ce projet
09:44et quelle en est sa philosophie ?
09:46C'est notre boulot.
09:48Nous, on refuse que quelqu'un d'autre
09:49le fasse à notre place.
09:51La presse, elle existe encore.
09:52Il va falloir la distribuer.
09:54Il va falloir le faire.
09:54Et on dit, pourquoi ne pas le faire nous-mêmes ?
09:57Sauf qu'on veut y impliquer tout le monde
10:01parce qu'on n'est pas les seuls intéressés
10:02à la distribution de la presse.
10:03En premier lieu, les éditeurs.
10:05En leur disant,
10:05vous ne pouvez pas vous déresponsabiliser totalement.
10:07Donc, vous devez participer à ce projet
10:09puisque c'est tout l'intérêt
10:10de ce type de société.
10:12C'est d'y mettre tous les acteurs
10:13de la filière.
10:15Et même, on peut y mettre aussi
10:16les pouvoirs publics
10:17qui sont quand même intéressés
10:18à ce que la distribution de la presse
10:20puisse se faire sur tout le territoire
10:21et que chaque citoyen,
10:22peu importe sa localisation,
10:23puisse avoir accès à la presse.
10:25Donc, on dit, il faut y mettre tout le monde
10:27pour que ça responsabilise tout le monde.
10:29Et on est prêt, en tant que salarié,
10:31à s'investir dans ce projet
10:33et à monter, effectivement,
10:34ce qui est une société coopérative
10:36d'intérêt collectif
10:37avec le concours, évidemment,
10:40des premiers concernés
10:41qui sont les éditeurs, les messageries
10:42et demander, bien évidemment,
10:44le soutien des pouvoirs publics
10:46pour que la presse puisse redémarrer.
10:48Et l'intérêt, c'est aussi
10:49de pouvoir redémarrer très vite
10:51parce que nous,
10:51l'outil de production,
10:52il est entretenu par les salariés.
10:54On est prêt à redémarrer très vite
10:56parce que le réseau, je pense,
10:58ne peut pas durer éternellement
11:00comme ça.
11:01Sinon, il va y avoir vraiment
11:02de la casse très sévère.
11:04Et comme j'ai dit tout à l'heure,
11:05s'il n'y a plus de diffuseurs
11:06parce qu'ils ont fermé,
11:08la presse ne pourra plus être distribuée.
11:10Alors, comment réagissent
11:11les éditeurs,
11:12les pouvoirs publics
11:13à travers les différents contacts
11:14que vous avez pu avoir
11:15sur ce projet de SKIC ?
11:20Alors, ça dépend.
11:23Probablement que Prestalis
11:24est plutôt revanchard
11:26et ne veut pas en entendre parler.
11:27Ils nous ont liquidés.
11:28Je pense que ce n'est pas
11:29pour réinvestir demain.
11:30Nous, on leur demande quand même
11:31de participer.
11:35Mais on sollicite tous les éditeurs,
11:37la coopérative des magazines,
11:38les MLP et Prestalis
11:39pour dire qu'il faut que vous participiez.
11:41En plus, ils ont quand même
11:43une responsabilité sociale
11:45qu'ils n'ont pas assumée
11:46le 15 mai.
11:48Mais on leur dit,
11:49voilà, on va rencontrer
11:51les pouvoirs publics.
11:52C'est quand même plutôt bien...
11:55Je ne dirais pas que c'est bien
11:56accueilli par les éditeurs,
11:57mais le fait est qu'ils ont aussi
11:59besoin d'une solution de distribution
12:01sur place.
12:02Ça permet aussi de régler
12:04la question sociale.
12:07Je pense que ça peut être quelque chose
12:08qui peut, à un moment ou l'autre,
12:09être une sortie de crise.
12:11Alors, la difficulté,
12:12ça va être le timing, le temps,
12:14puisque ce jeudi 28 mai,
12:16des offres de reprise
12:17de ces fameuses filiales
12:19de Prestalis,
12:20une quinzaine si je ne me trompe pas,
12:22doivent être déposées
12:23au tribunal de commerce de Paris.
12:24Alors, avez-vous déjà eu connaissance
12:26de certaines offres
12:27et où en est-on ?
12:31Pour l'instant,
12:32on n'a pas connaissance
12:33d'offres avant cette date.
12:36Il est d'ailleurs, à mon avis,
12:38pas sûr
12:39qu'il y ait des offres
12:40qui soient déposées
12:43avant le 28.
12:44Alors, pourquoi ?
12:45Parce que, notamment,
12:46la direction de Prestalis
12:49entend vendre,
12:50a entendu pendant un bon moment,
12:51vendre les mandats,
12:52parce que c'est des zones
12:52d'exploitation commerciales,
12:54en gros,
12:55dans leur logique.
12:55et ils voulaient les vendre.
12:57Sauf que nous,
12:58on disait,
12:58notamment sur des zones
12:59où il peut y avoir
13:00des transferts de salariés,
13:02si on reprend l'activité,
13:03on peut reprendre des salariés.
13:04C'est peut-être ce qui va se passer
13:05sur certaines zones
13:06où la SAD opérait avant,
13:08de dire,
13:09il peut y avoir ces transferts.
13:10Sauf que,
13:11vous êtes obligés,
13:12c'est un transfert
13:13de contrat de travail
13:14et on sent bien
13:14la volonté d'attendre
13:16que les salariés
13:16soient licenciés
13:17pour ne pas avoir,
13:19justement,
13:19à reprendre
13:19ce passif social.
13:21Vous savez également
13:22que les gros éditeurs
13:24diffusent beaucoup
13:25sur le numérique.
13:26Certains titres ont d'ailleurs
13:27plus d'abonnés numériques
13:29que papiers.
13:30Alors,
13:30ne craignez-vous pas
13:31un basculement
13:34irréversible
13:34sur le digital ?
13:37Alors,
13:39notre analyse là-dessus,
13:41c'est de dire,
13:42il y a un basculement
13:44qui s'opère.
13:45Est-ce qu'il sera total
13:45ou pas ?
13:48On ne pense pas
13:48qu'il soit à un moment
13:49ou à l'autre total.
13:50Je pense qu'il y aura
13:50toujours des gens
13:51qui seront attachés
13:51aux papiers.
13:53Pour autant,
13:54la diminution,
13:54la diminution,
13:55elle est réelle.
13:55C'est aussi ce qui fait
13:56qu'on a de moins en moins
13:57d'effectifs,
13:57c'est que les volumes
13:58papiers forcément baissent.
13:59Après,
14:00le problème du numérique,
14:01c'est que même à équivalent,
14:03même en ayant plus
14:03d'abonnés numériques
14:04que papiers,
14:05ce qui paye encore
14:06les salles de rédaction,
14:08c'est le papier.
14:09Parce que le problème
14:10du numérique,
14:10c'est qu'il n'y a plus
14:12gros qu'eux,
14:12notamment les GAFA,
14:13qui captent
14:14tout le marché publicitaire.
14:16Le lecteur n'a encore
14:17pas l'habitude
14:18de payer énormément
14:22cher,
14:23en tout cas,
14:23un produit numérique.
14:24Et toute la difficulté
14:26pour les éditeurs,
14:26c'est de rentabiliser.
14:27Je pense que
14:28le fait que ce soit
14:31sur deux supports
14:33a encore une cohérence,
14:35enfin,
14:35a une cohérence.
14:36C'est très complémentaire.
14:37Le numérique,
14:37risque d'être compliqué.
14:38Le tout numérique,
14:39je pense que
14:40ce n'est pas encore
14:40pour aujourd'hui.
14:41Après,
14:42il y a différents types.
14:43Les quotidiens,
14:43par exemple,
14:44sont évidemment
14:45plus avancés
14:47vers cette logique.
14:48En plus,
14:48il y a une question
14:49d'immédiateté
14:50de l'information
14:51qui,
14:52le temps n'est pas le même,
14:53donc ils sont un peu
14:53plus intéressés.
14:54Pour autant,
14:55aujourd'hui,
14:5670% du chiffre d'affaires
14:57dans le lois,
14:58c'est encore le papier.
15:00C'est tout le paradoxe,
15:02d'ailleurs,
15:02c'est que ça coûte cher,
15:03mais en même temps,
15:04sans,
15:05on ne peut pas
15:06s'en passer non plus.
15:07C'est toute la difficulté.
15:09Donc,
15:0970%,
15:10ce n'est pas rien.
15:11Si on gardait
15:12que les 30%
15:12en restant,
15:14on ne peut pas
15:15se payer un siège
15:15des journalistes
15:17et tout ce qui va avec.
15:18On sait,
15:20il y a une difficulté
15:21économique
15:21qui est réelle
15:22dans la presse
15:23et le numérique,
15:24comme je le disais,
15:26en plus,
15:26il y a le risque
15:27d'être banalisé
15:29sur le numérique.
15:30François avait basculé
15:31sur le numérique,
15:32enfin,
15:32basculé sur le numérique
15:33et il a disparu.
15:34Plus personne
15:34n'en entend plus parler.
15:36Alors que c'était
15:36un des plus grands
15:37quotidiens
15:37le plus diffusé
15:38à un moment.
15:39Aujourd'hui,
15:40personne,
15:41en plus,
15:41personne va se connecter
15:42sur le site
15:42de François.
15:44C'est l'un des...
15:45Ce n'est pas
15:46la solution miracle.
15:48Je connais très bien
15:48le sujet
15:49puisque je travaillais
15:49à François.
15:50Donc,
15:51je peux confirmer
15:52qu'effectivement,
15:52le projet
15:53a volé en éclats.
15:55Pour conclure,
15:56votre syndicat
15:57appelle également
15:58à la solidarité
15:59dans les actions syndicales
16:00mais également financières.
16:02Est-ce que vous
16:02pouvez nous en parler ?
16:04Alors,
16:05la première des choses,
16:06c'est qu'on n'accepte pas
16:07la façon
16:08dont on a été traité.
16:08On a notamment
16:10les camarades
16:10dans les imprimeries
16:11qui font partie
16:11de notre syndicat
16:12qui refusent
16:14d'imprimer
16:14les destinations
16:16qui normalement
16:17étaient opérées
16:17par les salles
16:18pour justement
16:19éviter qu'il y ait
16:20un plan de contournement
16:22qui s'opère.
16:24Pour mettre la pression
16:25aux éditeurs
16:25et dire qu'il faut
16:26régler différemment
16:27et notamment
16:27ce qu'on disait
16:28plutôt de dire
16:29porter le projet de Skik
16:31qui permettra
16:32de trouver une solution
16:32et on prendra le boulot
16:33mais vous ne pouvez pas
16:34laisser 512 personnes
16:35partir.
16:35Ça,
16:35c'est la première
16:36des solidarités.
16:37c'est dans l'action
16:38et dans le concret.
16:40La deuxième,
16:40effectivement,
16:41c'est une solidarité
16:42financière
16:43parce qu'aujourd'hui
16:44on n'a plus de boulot.
16:46On est chômeur
16:48depuis que la boîte
16:49a été liquidée
16:50et il faut aussi
16:54pouvoir subvenir
16:55à la vie
16:56de tous les jours
16:56surtout qu'occuper,
16:58courir un peu
16:59à gauche et à droite
17:00ça a un coût
17:01et le syndicat
17:02répond énormément
17:04à la solidarité
17:06pour les SAD
17:06et d'ailleurs
17:07on remercie
17:08tous ceux
17:08qui y participent.
17:10On a ouvert
17:10une cagnotte en ligne
17:12il y a des syndicats
17:14et des gens
17:14qui envoient aussi
17:14des chèques
17:15à notre syndicat.
17:18En tout cas,
17:18ça influe.
17:19Il y a une vraie solidarité.
17:22On pourrait regretter
17:23qu'elle ne soit pas
17:24plus forte
17:25dans l'action
17:25et la grève directe
17:27mais en tout cas
17:28on ne peut pas dire
17:29qu'on a une profession
17:29qui regarde ailleurs.
17:31D'accord.
17:32Merci Guillaume
17:33et puis de toute façon
17:34continuera l'Humanité
17:35à suivre votre actualité
17:37et la situation
17:39de la distribution
17:40de la presse
17:41qui nous touche directement.
17:44Donc merci à toi
17:45et bon courage.
17:47Merci.