- il y a 12 heures
Débat samedi 14 septembre 2019 à la Fête de l'Humanité, animé par Émilien Urbach, journaliste à l’Humanité.
Avec José Benavente, fondateur de Pilotes volontaires, Sophie Rahal, responsable de SOS Mediterranée, Marie-Christine Vergiat, vice-présidente de la LDH, Hugo Grenier, représentant en France du Sea-Watch.
Avec José Benavente, fondateur de Pilotes volontaires, Sophie Rahal, responsable de SOS Mediterranée, Marie-Christine Vergiat, vice-présidente de la LDH, Hugo Grenier, représentant en France du Sea-Watch.
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00:00Sofira, le responsable d'SOS Méditerranée.
00:09José Benavente, fondateur des pilotes volontaires.
00:16Hugo Grenier, représentant de Sea-Watch en France.
00:24Marie-Christine Vergia, ancienne l'eurodéputée du Front de Gauche
00:27et aujourd'hui vice-présidente de la Ligue des Droits de l'Homme.
00:32Merci à vous quatre de nous faire l'honneur d'être ici à la fête de l'humanité.
00:38Aujourd'hui, si mes comptes sont bons,
00:4214 navires de sauvetage sont bloqués à quai ou ont dû cesser leur activité.
00:46Suite aux opérations de criminalisation de la solidarité orchestrées en premier lieu par l'Italie,
00:54c'est aussi le cas aujourd'hui des avions de repérage.
01:00Et il faut le rappeler, aucune des affaires judiciaires pour lesquelles ces bateaux et ces avions ont été mis sous
01:06séquestre
01:06n'a jamais mené à une condamnation.
01:09C'est l'outil employé par les artisans de l'Europe forteresse pour empêcher les solidaires de travailler.
01:17Par contre, les discours, les fantasmes sur une prétendue invasion, eux, prospèrent.
01:26Les ONG seraient finalement des passeurs déguisés.
01:30C'est le discours que prônait l'ex-ministre de l'Intérieur italien, Matteo Salvini,
01:36mais que son homologue français, M. Castaner, a largement continué de distiller.
01:44La réalité, c'est que ces ONG spécialisées dans le sauvetage opèrent parce que les États européens ne le font
01:49pas.
01:50Les États européens, eux, préfèrent offrir des navires et de l'argent à des groupes armés libyens
01:55pour organiser l'interception et le renvoi vers le viol, la violence, l'esclavage de milliers d'exilés.
02:04Depuis l'été dernier, chaque fois qu'un navire humanitaire récupère à son bord des rescapés,
02:11il doit attendre plusieurs jours, plusieurs jours qui infligent de nouvelles souffrances
02:16à des gens déjà abîmés par un parcours migratoire souvent extrêmement difficile.
02:20Cette situation est due à l'incapacité des États européens à mettre en place une clé de répartition
02:28de tous ces hommes, femmes et enfants qui cherchent asile en Europe.
02:35C'est également leur obstination à appliquer les accords de Dublin
02:39qui voudraient que l'Italie, la Grèce, Malte et l'Espagne
02:43assument à eux seuls la politique d'asile européenne.
02:48Alors, Sophie Rahal, SOS Méditerranée, a frété au début de l'été un nouveau bateau, l'Océan Viking.
02:5784 personnes étaient à son bord jusqu'à cette nuit.
03:01Donc la bonne nouvelle, c'est que plus rapidement que d'habitude,
03:04un accord a été trouvé pour le transbordement des rescapés vers Lampedusa.
03:11Est-ce que les choses sont en train de changer en Europe ?
03:14Alors, effectivement, la bonne nouvelle avec laquelle j'arrive à l'instant,
03:22c'est que les 84 personnes qui étaient à bord de l'Océan Viking depuis 6 jours,
03:28depuis dimanche dernier, vont pouvoir être déposées en lieu sûr,
03:33et en l'occurrence probablement à Lampedusa en Italie.
03:36C'est une information capitale pour nous, chez SOS Méditerranée,
03:40parce que ça faisait 14 mois que notre précédent navire, l'Aquarius,
03:45et aujourd'hui l'Océan Viking n'avaient pas pu débarquer en lieu sûr,
03:50en l'occurrence en Italie.
03:52Donc il faut reconnaître qu'il y a effectivement,
03:55après ces 14 mois très compliqués pour nous,
03:58un changement, puisque pour la première fois,
04:02nous avons reçu un signal positif
04:05et une autorisation officielle des autorités italiennes
04:09de débarquer à Lampedusa.
04:11On ne sait pas encore si ça va se passer,
04:13tu parlais de transbordement,
04:15on ne sait pas encore si ça va se faire sous la forme d'un transbordement,
04:17c'est-à-dire que les rescapés de l'Océan Viking
04:20seront transférés vers un autre navire,
04:23probablement des gardes-côtes italiens,
04:24puis déposés en Italie,
04:26ce qui signifierait que notre bateau n'a pas le droit,
04:30concrètement, d'accoster au port de Lampedusa,
04:33ou si nous obtiendrons ce droit
04:35et que nous pourrons amarrer l'Océan Viking au quai à Lampedusa.
04:39Ça c'est encore des détails que nous attendons.
04:42En tout cas, c'est un extrême soulagement
04:45dans les équipes de SOS Méditerranée,
04:48parce qu'effectivement, tu le disais,
04:50ces personnes n'ont attendu entre guillemets que six jours
04:54avant qu'une solution européenne puisse être dessinée
04:58et puisse être mise en place, effectivement.
05:01C'est peut-être aussi un signal encourageant,
05:03même s'il est bien trop tôt pour se prononcer là-dessus.
05:07En tout cas, c'est simplement la preuve
05:10qu'il faut que le droit maritime
05:12et que le droit international soit systématiquement appliqué.
05:15Cet exemple doit être désormais répété.
05:18Et il faut que les navires humanitaires,
05:21au lieu d'être bannis des eaux italiennes et maltaises,
05:25puissent à nouveau pouvoir débarquer des personnes rescapées,
05:28des personnes traumatisées en lieu sûr.
05:32Régulièrement, on a accusé,
05:33parce que je crois savoir que lorsque vous avez appelé les secours,
05:38lorsque vous avez récupéré les 50 premiers,
05:40vous avez été en contact.
05:42Pour une fois, ils ont répondu avec les gardes côtes libyens,
05:45qui vous ont attribué un port en Libye,
05:48que vous avez refusé, bien sûr,
05:50puisque c'est un lieu en guerre
05:52et qu'on ne peut pas débarquer, bien sûr,
05:54des gens dans un lieu en guerre.
05:55C'est complètement absurde.
05:58Pendant plusieurs mois, l'été dernier,
06:00et puis toute cette année,
06:02les bateaux, lorsqu'ils faisaient ça,
06:04étaient accusés de ne pas respecter le droit, pour le coup.
06:08Les bateaux étaient accusés de ne pas respecter le droit
06:10quand c'est les autorités qui, elles-mêmes,
06:12enfreignaient ce droit.
06:13On a effectivement été en lien avec les gardes côtes libyens.
06:17Ça a été quand même très chaotique,
06:18parce qu'au bout de cinq ou six tentatives, je crois,
06:21on a enfin réussi à ce que quelqu'un décroche le téléphone.
06:24Malheureusement, la communication a été vraiment compliquée.
06:28Et puis tout ça pour s'entendre dire, au final,
06:31qu'il fallait débarquer les rescapés de l'océan viking,
06:34à Zawiya, en Libye.
06:36Je voudrais simplement faire ressortir l'incongruité d'un tel processus
06:41quand on sait que les gens que nous accueillons à bord,
06:43que nous sauvons de la mort,
06:45et qui eux-mêmes tentent de fuir la Libye,
06:48devraient donc, si l'on en croit les directives des gardes côtes libyens,
06:52devraient donc être renvoyés dans l'enfer libyen
06:55qu'on ne connaît malheureusement que trop bien désormais,
06:58donc ce que tu décrivais tout à l'heure,
06:59les camps, les vols, les viols, l'extorsion,
07:02les marchés aux esclaves, enfin voilà.
07:04Donc c'est vers ça que nous, nous devrions renvoyer
07:07les gens qui cherchent justement à fuir.
07:09Il a de toute façon été clairement exprimé par SOS Méditerranée
07:13et par Pilote Volontaire et Sea Watch également
07:16que ça n'était absolument pas envisageable pour nous,
07:19humanitaire, de renvoyer des gens vers tout simplement l'enfer, en fait.
07:24Non seulement ce n'est pas digne et ce n'est pas possible
07:26d'un point de vue humain, d'un point de vue humanitaire,
07:29mais c'est en plus complètement intolérable d'un point de vue juridique,
07:32dans la mesure où le droit est également très clair,
07:34on ne peut pas renvoyer, on doit déposer les rescapés d'un naufrage
07:39dans le lieu sûr, le plus facilement accessible.
07:42Ça ne peut en aucun cas être la Libye
07:44et je pense qu'on ne répétera jamais assez ce message.
07:47C'est en effet.
07:52Merci Sophie.
07:55Et je pense qu'il faut être attentif à ce que dit Sophie
07:57dans la période actuelle où certains chefs d'État européens
08:00essaient de se redorer le blason sur la question de l'accueil
08:06alors qu'on sait par exemple que la France a livré
08:09six bateaux à ses groupes armés libyens.
08:16José, cette criminalisation dont on a parlé,
08:21cet emploi du droit dévoyé,
08:26vous en faites les frais actuellement
08:27puisque le Colibri, votre avion qui sert un peu
08:34les yeux des bateaux de sauvetage qui sont en Méditerranée,
08:39écloués au sol et de la même manière en employant
08:43des questions de droit un peu...
08:45Vous allez nous expliquer ce qui se passe
08:47et puis peut-être nous dire comment, au mois d'août,
08:50vous avez malgré tout pu continuer vos actions de repérage
08:54et comment vous voyez la situation.
08:58Alors effectivement, après avoir effectué plus de 82 missions
09:02pendant lesquelles nous avons pu repérer 71 bateaux
09:05avec près de 6000 personnes à leur bord,
09:07d'un coup d'un seul, les autorités de l'aviation civile italienne
09:10ont décidé que notre avion ne répondait pas
09:14à un certain nombre de règles
09:17et ils nous ont donc effectivement interdit les vols
09:20au départ de l'Ampédousa
09:21d'où nous opérions depuis maintenant plus d'un an.
09:24Donc c'est un véritable problème, bien entendu,
09:27puisque, comme ça a été dit,
09:30on n'a rien trouvé de mieux en termes de repérage
09:34de personnes en détresse
09:34que d'associer des moyens aériens
09:36et des moyens maritimes.
09:38C'est comme ça qu'on ferait si demain,
09:40au large de la côte d'Azur,
09:41un plaisancier se retrouve en difficulté,
09:43on sait très bien ce qui se passerait,
09:45on mobiliserait des bateaux, des avions, des hélicoptères.
09:48Donc finalement, on n'a absolument rien inventé,
09:51on essaye simplement, avec des moyens extrêmement modestes,
09:55de faire en sorte qu'effectivement,
09:56tout soit mis en oeuvre pour repérer ces gens
09:59qui, de toute façon, vont se retrouver
10:01à un moment ou à un autre en grande détresse,
10:03faire en sorte que ces gens soient repérés
10:04dans les plus brefs délais avant qu'ils soient trop tard,
10:07et encore une fois, comme ça a été dit,
10:08mais je crois qu'il va falloir effectivement le répéter,
10:11débarquer dans un port sûr
10:12tel que le stipule le droit maritime international.
10:15Donc clairement, aujourd'hui,
10:16c'est un problème pour nous de ne pas pouvoir voler,
10:18puisqu'on n'est plus en mesure aujourd'hui
10:20d'apporter ce soutien d'appui d'observation aérienne
10:23à tous les bateaux présents sur zone,
10:25même s'ils sont de moins en moins malheureusement nombreux,
10:27mais on espère leur retour dans les plus brefs délais,
10:30et on essaye de trouver des solutions
10:32pour revenir dans les airs le plus vite possible.
10:35Alors effectivement, ça a été mentionné
10:37après le blocage de l'avion,
10:38puisqu'on nous attaque sur la nature même de notre avion,
10:42qui d'après eux,
10:43est censé être utilisé seulement dans le cadre récréatif,
10:46donc en gros,
10:47on a le droit de faire du tourisme en Italie
10:48avec notre avion,
10:49mais pas de sauver des gens,
10:50ça revient en gros à dire ça,
10:52et on a deux choix aujourd'hui,
10:54c'est soit effectivement on engage un bras de fer juridique
10:57qui pourrait durer,
10:58mais ce n'est pas ce qu'on souhaite,
10:59nous notre objectif c'est d'essayer de revenir
11:01dans les airs le plus vite possible,
11:03donc on est à la recherche d'un autre avion.
11:05On en a trouvé un temporairement
11:06pendant la période du mois d'août,
11:08c'est ce qui nous a permis de continuer à voler,
11:11malheureusement cet avion nous a été prêté
11:13de façon temporaire seulement,
11:14on a dû donc le restituer,
11:15on est à la recherche active à présent,
11:18de fond surtout,
11:19et d'un autre avion,
11:21de manière à pouvoir reprendre nos vols
11:22dans les plus brefs délais.
11:35Je crois qu'à SOS Méditerranée,
11:38les lecteurs de l'humanité
11:41commencent à bien les connaître,
11:43à savoir que c'est une initiative citoyenne,
11:46c'est une association qui vit grâce
11:48au fonds privé de citoyens,
11:52enfin donc, comme le dit la dernière vidéo,
11:55c'est notre bateau, c'est votre bateau,
11:57c'est leur bateau,
11:59pilote volontaire,
12:02comment c'est né,
12:05comment existe cette ONG ?
12:08Eh bien donc, le projet,
12:10on l'a lancé il y a maintenant
12:11un petit peu plus d'un an et demi,
12:12à partir du moment où on a pu écrire des contacts,
12:14entre autres, avec, à l'époque,
12:15SOS Méditerranée,
12:16qui nous a confirmé les grandes difficultés
12:19qu'il rencontrait à repérer ces bateaux en haute mer.
12:21À partir du moment où on a eu la confirmation
12:23qu'il y avait un véritable besoin
12:25en termes d'observation aérienne,
12:27on a essayé de démarrer le projet
12:28dans les plus brefs délais.
12:29À l'époque, donc, avec mon ami Benoît Micolon,
12:31qui est cofondateur de Pilote Volontaire,
12:33on avait la chance d'avoir
12:34quelques économies de côté,
12:37et avec ces économies,
12:38en les mettant ensemble,
12:40on a été en capacité, effectivement,
12:42de faire l'achat de l'avion,
12:43de faire quelques modifications techniques
12:45qui nous permettent aujourd'hui
12:46de voler très longtemps sur zone.
12:47On avait de quoi, ensuite,
12:48le convoyer sur zone
12:49et de faire une dizaine de vols, en gros.
12:51Ça, c'est ce qu'on était en capacité
12:53d'autofinancer.
12:53Malheureusement, on n'avait pas plus de moyens que ça.
12:55On comptait, évidemment,
12:56sur le soutien des citoyens
12:58pour pouvoir aller au-delà
13:00de ce qu'on était, nous,
13:00en capacité d'autofinancer.
13:02Et c'est ce qui s'est passé l'année dernière.
13:03Au moment du lancement,
13:04en mai 2018,
13:06notre projet, notre initiative
13:07a été un petit peu médiatisée.
13:09Et c'est grâce à ça
13:10qu'ensuite, on a pu jusqu'à aujourd'hui
13:12continuer à effectuer ces vols.
13:14Donc, encore une fois,
13:14grâce à des dons citoyens
13:16qui représentent plus de 90%
13:17de notre budget aujourd'hui,
13:19on en est très fiers
13:20parce qu'encore une fois,
13:21pour nous, depuis le début,
13:22c'est une initiative qu'on veut citoyenne.
13:24Donc, d'être supporté
13:25à plus de 90% par des citoyens,
13:27pour nous, c'est extrêmement important.
13:29Et c'est surtout le gage
13:30de notre indépendance.
13:31Et on y tient très, très fort.
13:32Parce que, j'aurais pu le dire
13:35un petit peu avant,
13:35mais quelque part,
13:36l'occasion m'est redonnée à présent.
13:37La raison principale
13:39pour laquelle on est aujourd'hui bloqués,
13:41c'est qu'on est clairement devenus,
13:42comme les bateaux d'ailleurs,
13:43des témoins gênants.
13:44On est témoins régulièrement
13:46de graves violations
13:47d'un certain nombre
13:47de conventions internationales.
13:49Et il y a des gens
13:50qui préféraient effectivement
13:51que ces violations
13:52soient passées sous silence.
13:54Donc, encore une fois,
13:55pour nous, il est essentiel
13:56de pouvoir continuer, bien entendu,
13:58à essayer de repérer des gens.
13:59Mais pas seulement.
14:00On s'est rendu compte
14:01au fil des mois
14:01que notre présence
14:03allait bien au-delà de ça
14:04et qu'on était,
14:06par le simple fait
14:07d'être présent,
14:07en capacité, dans certains cas,
14:09d'inverser le cours
14:10des événements.
14:11Et pour nous, c'est essentiel.
14:12Il faut absolument
14:12qu'on reprenne les airs
14:13et qu'on reprenne
14:14nos actions, bien entendu.
14:15C'est parce que...
14:18Applaudissements
14:20Pour...
14:22Pour qu'on comprenne bien
14:23la nécessité,
14:24j'ai deux exemples,
14:25peut-être,
14:26que vous allez nous expliquer
14:27plus en détail.
14:27Mais à la fois,
14:29j'ai le souvenir d'une fois
14:30où on avait discuté
14:30d'un bateau
14:31qui tardait,
14:32qui avait reçu le Mayday
14:35d'un bateau en détresse
14:36et qui tardait à arriver
14:37et que vous avez fait bouger.
14:39Enfin, peut-être...
14:40Et aussi,
14:41ce bateau pneumatique
14:43en juin
14:44que vous avez vu
14:46en deux photos,
14:47en tout cas,
14:48on les a publiées
14:48dans l'Humanité,
14:49on a vu comment
14:50en cinq minutes,
14:51la vie de, je ne sais pas,
14:53160 personnes
14:54avaient basculé
14:56et sans votre présence,
14:59personne ne l'aurait su.
15:01Alors, malheureusement,
15:02ça s'est très certainement
15:03produit loin des regards.
15:05Mais effectivement,
15:06pour revenir sur ces deux cas
15:07qui ont été évoqués,
15:09le 5 juin dernier,
15:10et je pense que c'est important
15:11effectivement d'en parler
15:12parce que vous allez comprendre
15:13à quel point
15:14il est effectivement
15:14extrêmement important
15:15de pouvoir intervenir
15:16dans les plus brefs délais.
15:18Donc, le 5 juin dernier,
15:19on est donc effectivement
15:20en vol.
15:21lorsqu'on repère
15:22une embarcation
15:22que malheureusement
15:23vous avez tous vue
15:24ces derniers temps
15:25dans les médias,
15:26un bateau surchargé
15:27de type pneumatique,
15:29absolument pas adapté
15:30bien entendu
15:30à une traversée
15:31quelle qu'elle soit,
15:32on repère ce bateau
15:33et après avoir fait
15:34un tour autour,
15:36il nous semble effectivement
15:37que le flotteur gauche
15:38est en train de se dégonfler.
15:39On voit apparaître
15:40des plis sur le caoutchouc.
15:43On a eu à peine le temps
15:44de faire le demi-tour,
15:45un deuxième tour autour,
15:46pardon,
15:46pour se rendre compte
15:47qu'effectivement
15:48c'était concret,
15:49que le bateau
15:49était en train de se dégonfler,
15:50que les gens commençaient
15:51à tomber à l'eau,
15:52à malheureusement
15:52évidemment se noyer
15:53à ce moment-là
15:54et même si on le savait
15:56parce qu'on avait déjà
15:57entendu de nombreux témoignages
15:58qui relataient
15:59ce genre de situation,
16:01ça, ça s'est véritablement
16:02passé sous nos yeux
16:03encore une fois
16:04en moins de 5 minutes.
16:06Dans ce cas particulier,
16:07on a effectivement lancé
16:08un Médé-relais d'abord
16:10sur le canal maritime
16:11en espérant
16:12qu'un bateau
16:12naviguant à proximité
16:13serait en capacité
16:14de venir au plus vite
16:15au secours de ces personnes.
16:16Malheureusement,
16:17il n'y avait aucun bateau
16:18à ce moment-là
16:19qui a répondu à notre appel
16:20et on s'est retrouvé
16:21dans l'obligation
16:22d'essayer de trouver
16:23d'autres solutions
16:23et en l'occurrence,
16:24j'ai pu établir
16:25un contact radio
16:26avec le contrôleur aérien
16:28de la tour de contrôle
16:29de Tripoli
16:29sur lequel j'ai pu faire
16:30ce relais Médé
16:31qu'on fait,
16:32donc ce relais
16:34de messages de détresse
16:34qu'on fait normalement
16:35sur le canal maritime.
16:37L'information a bien entendu
16:40été transmise ensuite
16:41aux gardes-côtes libyens
16:42mais j'ai envie de dire
16:43que dans une situation
16:44comme celle-ci,
16:45on ne se pose pas la question.
16:46Il s'agit de sauver les vies
16:47à tout prix,
16:48même si bien entendu
16:49on préférait que ces gens
16:50soient débarqués ensuite
16:50dans un port sûr,
16:51dans un cas de détresse
16:52comme celui-ci,
16:53ce qu'on veut d'abord
16:54c'est que les gens soient sauvés
16:55et c'est ce qui s'est effectivement
16:57passé ce jour-là.
16:59Les gardes-côtes libyens
17:00étaient à environ une heure
17:01de navigation
17:01de l'endroit du naufrage
17:04et c'est eux effectivement
17:05qui ont pu intervenir.
17:07Maintenant,
17:08effectivement,
17:08une fois qu'on a parlé
17:10de ce cas-là
17:10qui encore une fois
17:11explique bien l'urgence
17:13et la rapidité
17:13avec laquelle il est nécessaire
17:15d'intervenir
17:16sur ce genre de situation,
17:18quelques jours plus tard
17:19effectivement,
17:20on s'est retrouvé
17:21dans une situation
17:21très similaire
17:22à repérer un bateau
17:23là encore pneumatique
17:25à la dérive
17:25qui était apparemment stable
17:27mais vous l'aurez compris
17:28la situation peut devenir
17:29dramatique
17:30en l'espace de quelques minutes seulement
17:32et à proximité
17:33de ce deuxième bateau
17:34qu'on a repéré
17:35quelques jours plus tard,
17:36il y avait effectivement
17:37un bateau,
17:38un bateau militaire
17:40qui était à proximité
17:42de ce bateau
17:43et qui manifestement
17:46n'avait pas l'intention
17:47d'intervenir
17:47pour essayer
17:49de secourir
17:49ces gens.
17:50On a réussi
17:51à établir un contact radio
17:53avec ce bateau
17:54en lui rappelant simplement
17:56parce qu'on n'a pas
17:56d'autre droit
17:57que celui-ci,
17:58son droit,
17:59son devoir plus exactement
18:00de secourir des gens
18:01qui sont en détresse en mer
18:03et effectivement
18:04à partir du moment
18:05où on a établi ce contact
18:06même si on n'a jamais eu
18:07de réponse
18:07sur le canal radio
18:10dans les minutes
18:11qui ont suivi
18:11ils sont sortis
18:13de leur inaction
18:14et ils ont commencé
18:16effectivement
18:16à sécuriser
18:17comme le font
18:18les bateaux d'ONG
18:20en distribuant
18:20des gilets de sauvetage
18:22aux gens qui étaient
18:23à bord de ce bateau.
18:24Donc là encore
18:26notre présence
18:27elle est très importante
18:29parce qu'on peut
18:30tout à fait imaginer
18:31que si on n'avait pas
18:32été témoin
18:32de cette situation
18:34de non-assistance
18:35à personne en danger
18:36en mer
18:37et bien ce bateau
18:39aurait attendu
18:40encore longtemps
18:41et on pense
18:42effectivement
18:42qu'il attendait
18:43tout simplement
18:44l'arrivée
18:45des gardes-côtes libyens
18:46puisque aujourd'hui
18:47il est clair
18:47que la priorité
18:49c'est de faire en sorte
18:50que les Libyens
18:51arrivent
18:51même si ce n'est pas
18:52les premiers
18:53et les plus efficaces
18:54sur zone
18:54de manière à pouvoir
18:56ramener ces gens
18:56dans l'enfer libyen
18:58qu'ils tentent de fuir
19:00et qui sont donc prêts
19:01à faire prendre
19:02des risques
19:02inconsidérés
19:03à des gens
19:03qui sont déjà
19:04dans une situation
19:04extrêmement précaire.
19:07Voilà pour revenir
19:08sur ces deux événements
19:10pour lesquels
19:11on a été témoin
19:11effectivement.
19:13Merci José.
19:16Hugo
19:18Hugo Grenier
19:19alors au début
19:20de l'été
19:21l'humain
19:23l'humain
19:23en a fait ça une
19:24et puis
19:25ça a été
19:26largement
19:28largement
19:28dit
19:28la capitaine
19:30Carola Raquette
19:32du Sea-Watch 3
19:33a pris la décision
19:35au bout de
19:35je ne sais plus
19:36combien de jours
19:36mais
19:37plus d'une dizaine
19:39de rentrer
19:40dans les eaux italiennes
19:41malgré l'interdiction
19:42qui lui était faite
19:43par
19:44l'ex-ministre de l'intérieur
19:45mais qu'il était
19:46à cette époque
19:47Matteo Salvini
19:49donc il y a des poursuites
19:50judiciaires
19:52contre elle
19:57c'est quoi
19:58l'intention
19:59de Sea-Watch
20:02en faisant ça
20:03c'est à dire
20:04que c'est un acte
20:06et c'est pour ça
20:06qu'on en parlait
20:07dans l'humain
20:07c'est un acte
20:08de résistance
20:09c'est à un moment donné
20:11l'inhumanité
20:12ça suffit
20:12les gens
20:13on va aller débarquer
20:14mais au delà de ça
20:17il y a
20:17une volonté politique
20:19j'ai l'impression
20:19derrière ça
20:21il y a une volonté politique
20:23c'est de
20:24faire changer la situation
20:27les associations
20:28de sauvetage en mer
20:28sont les seules
20:29qui respectent le droit
20:30dans cette situation
20:30en Méditerranée
20:31les seules
20:31qui respectent
20:32le droit maritime
20:32et toutes les lois internationales
20:34en face de nous
20:35d'un point de vue
20:37de la criminalisation
20:38les états sont obligés
20:39de changer les lois
20:40comme l'a fait
20:40Matteo Salvini
20:41avec son décret
20:42mais aussi
20:43avec les problèmes
20:44de pavillon
20:44où aujourd'hui
20:45le pavillon
20:46du Sea-Watch 3
20:47est le pavillon néerlandais
20:48où un nouveau code
20:51et de nouvelles lois
20:51sont mis en place
20:53pour
20:56empêcher les bateaux
20:56d'être en mer
20:57et pour qu'il n'y ait plus
20:57de témoins
20:58comme le disait
20:59le pilote
21:02la volonté de Sea-Watch
21:03c'est de ne pas s'arrêter
21:04une fois qu'on a déjà été en mer
21:06et qu'on a vu
21:07de ses propres yeux
21:07la situation de ces gens
21:09on ne peut plus reculer
21:10et s'il faut
21:12rentrer dans un port sûr
21:14en passant
21:15une loi
21:15qu'on ne reconnaît pas
21:18on le fait
21:19de plus
21:22trois jours en mer
21:23c'est déjà
21:24trois jours de trop
21:25pour les gens
21:25qui sont sur ces bateaux
21:26on ne se rend pas compte
21:27mais des centaines de personnes
21:29à bord d'un bateau
21:29c'est tout simplement
21:31inhumain
21:32et il n'y a pas de loi
21:33qui peut empêcher ça
21:34et qui pourra nous arrêter
21:45à SOS Méditerranée
21:47c'est quelque chose
21:47que
21:49l'ocean viking
21:53lorsqu'il a été
21:54affrété
21:56vous l'avez affrété
21:57en pensant
21:58à ces journées en mer
22:01que vous risquiez
22:02de passer
22:03qui risquaient de s'accumuler
22:04c'est une différence
22:05par rapport à l'Aquarius
22:07il y a
22:09alors
22:09peut-être
22:10Sophie
22:11vous pouvez nous
22:12expliquer
22:12quelle est pour le coup
22:14la philosophie
22:15de SOS Méditerranée
22:16par rapport à ce que
22:17vient d'expliquer Hugo
22:21alors
22:21effectivement
22:22lorsqu'on a dû
22:23mettre un terme
22:24à notre contrat
22:25d'affrêtement
22:26de l'Aquarius
22:27on a bien compris
22:28que
22:28alors
22:29d'abord on avait
22:30la certitude
22:30qu'on repartirait en mer
22:32un jour ou l'autre
22:32le plus vite possible
22:34ça nous a quand même pris
22:357 mois
22:35parce que justement
22:37on s'est mis
22:39à la recherche
22:39d'un navire
22:40qui serait
22:40d'une envergure
22:41similaire à celle
22:42de l'Aquarius
22:43donc avec une capacité
22:44d'accueil
22:45de plusieurs centaines
22:45de personnes
22:46c'est un minimum
22:47parce que
22:48on ne sait jamais
22:49combien d'embarcations
22:51on va pouvoir
22:53sauver
22:53en une journée
22:54il peut arriver
22:55qu'il y en ait 4
22:56parfois 5
22:56enfin il peut se passer
22:58vraiment
22:59des choses assez incroyables
23:00en très peu de temps
23:01donc il nous fallait
23:02un navire
23:03rapide
23:04un navire
23:05robuste
23:06un navire
23:06avec une capacité
23:08d'accueil
23:08assez importante
23:09et surtout
23:09il nous fallait
23:11un bateau
23:11qui résiste
23:13on va dire
23:14politiquement
23:15aux éventuelles
23:17attaques
23:18qui pourraient être portées
23:19à l'encontre
23:19de notre
23:20de notre pavillon
23:21puisqu'on avait aussi
23:23subi
23:24avec l'Aquarius
23:25à deux reprises
23:26un dépavillonnement
23:27par l'état de Gibraltar
23:28et puis par le Panama
23:29donc on avait aussi
23:31cette grande exigence
23:33il fallait qu'il y ait
23:33derrière nous
23:34un pavillon solide
23:35en l'occurrence
23:36la Norvège
23:36dont on connaît
23:37l'engagement
23:38pour le respect
23:39des droits de l'homme
23:39et qui ne fait pas partie
23:42de l'Union Européenne
23:42ça n'était pas voulu
23:43mais il s'est trouvé
23:44que la Norvège
23:47a en tout cas
23:48est tout à fait au courant
23:50des activités
23:51que nous
23:52enfin du cadre
23:53dans lequel
23:53nous opérons
23:54avec l'Océan Viking
23:55et ça ne pose
23:57aucun problème
23:59ce qui est sûr
23:59également
24:00c'est qu'on a observé
24:01pendant ces sept mois
24:02où nous n'étions pas
24:02en mer Méditerranée
24:03que le contexte
24:04s'est considérablement
24:05tendu
24:07et complexifié
24:08tendu déjà
24:08à l'égard des ONG humanitaires
24:10il y en a quasiment plus
24:11une seule aujourd'hui
24:11à l'heure actuelle
24:12dont le bateau
24:13est opérationnel
24:14en Méditerranée
24:17donc les attaques
24:18incessantes
24:19envers les ONG
24:20non seulement
24:20n'ont pas cessé
24:21mais se sont en plus
24:21accentuées
24:22et plus encore
24:23après l'arrivée
24:24du nouveau ministre
24:25enfin de l'ancien nouveau ministre
24:26l'ancien ministre
24:27je ne sais plus
24:28comment l'appeler
24:29de monsieur Salvini
24:31on a observé
24:32voilà
24:33qu'il était
24:34de toute façon
24:34très compliqué
24:35de travailler
24:36avec autant
24:37d'entraves politiques
24:38qui se dressaient
24:39devant l'action
24:41des ONG humanitaires
24:43ce qui a été
24:44en revanche
24:45une ligne rouge
24:46chez SOS Méditerranée
24:47depuis sa création
24:48ça fait maintenant
24:49quatre ans
24:50c'est que nous
24:50n'agirions
24:51uniquement
24:52dans le cadre
24:53du droit international
24:54et du droit maritime
24:55si la question était
24:57aurions-nous
24:58emprunté
24:59ou pris
25:00la même décision
25:01que celle
25:01de Carola Rakete
25:02de forcer
25:03l'interdiction
25:04faite
25:05d'entrer
25:06dans les eaux italiennes
25:07la réponse est non
25:08nous aurions attendu
25:10parce qu'on a
25:11une conviction
25:13en commun
25:14avec toutes les ONG
25:15qui sont en mer Méditerranée
25:16c'est que
25:17ces gens qui meurent
25:18sont des morts en trop
25:20sont des morts
25:21insupportables
25:21et qu'elles sont
25:22beaucoup trop nombreuses
25:23et qu'il y a
25:23une urgence vitale
25:24pour nous
25:25aujourd'hui
25:26humanitaire
25:26à être en mer
25:27Méditerranée
25:27en revanche
25:28là où effectivement
25:29nos positions
25:30peuvent différer
25:31c'est que
25:32nous inscrivons
25:33notre action
25:33dans le strict respect
25:34du droit maritime
25:35du droit international
25:36de la même manière
25:37qu'on exige
25:37des états européens
25:39et qu'on appelle
25:40ces dirigeants européens
25:42à respecter
25:42les conventions maritimes
25:43les conventions internationales
25:45nous avons décidé
25:47chez SOS
25:47dès le début
25:48que nous agirions
25:50dans le même respect
25:51de ces conventions
25:52maritimes et internationales
25:53parce qu'on ne veut pas
25:54que ce soit un reproche
25:55qui puisse nous être
25:56reformulé ultérieurement
25:58voilà pour répondre
25:59à la question
26:00maintenant
26:00je ne sais pas si
26:02je pense qu'il faut
26:03quand même dire un mot
26:03du contexte actuel
26:04en Italie
26:05et du changement récent
26:07de gouvernement
26:08c'est impossible
26:10c'est impossible aujourd'hui
26:10de prédire
26:13quelles conséquences
26:14aura
26:16cette arrivée
26:17d'une nouvelle ministre
26:19de l'intérieur
26:19et d'un nouveau gouvernement
26:20en revanche
26:21il est impératif
26:22que nous ONG
26:23on puisse reprendre
26:23notre action
26:24continuer notre action
26:25et la mener
26:26pour ce qui nous concerne
26:27en tout cas
26:27toujours dans ce cadre
26:29légal
26:31on le connait tous
26:33nous qui sommes
26:34des militants
26:36ce hiatus
26:37entre l'égalité
26:39et légitimité
26:41et puis
26:43c'est valable
26:44pour tout le monde
26:45qu'est-ce qu'il en est
26:46justement
26:46de Carola Raquette
26:48et de Pia
26:48au niveau judiciaire
26:56au niveau de Pierre et Carola
26:57c'est un peu ce que tu avais dit
26:59un peu plus tôt
27:00les poursuites judiciaires
27:02commencent
27:03mais ne sont jamais abouties
27:04donc il n'y a pas encore
27:04de mise en examen
27:06pour Pia
27:06ça fait maintenant deux ans
27:08qu'elle attend
27:09son premier procès
27:10ou c'était le cas
27:11d'une ONG
27:12qui a cessé d'exister
27:13parce qu'elle s'est fait
27:14séquestrer son bateau
27:14c'était le Juventa
27:16et elle attend donc
27:17avec neuf autres personnes
27:19des nouvelles
27:20de la justice italienne
27:22ce qui fait aussi
27:24qu'elle ne peut plus naviguer
27:25elle ne peut plus
27:25sauver des vies
27:26et c'est une autre aussi
27:29sauveteur en mer
27:30qui ne peut plus travailler
27:32en Italie
27:34pour Carola
27:35les faits ont été
27:36un peu récents
27:37on est encore dans le cadre
27:38d'une enquête préliminaire
27:38et on espère au plus vite
27:41qu'il sera reconnu
27:42qu'elle avait agi
27:43dans le droit
27:44parce qu'en fait
27:45on est tout comme SOS
27:46et on veut agir
27:47dans le droit maritime
27:48et c'était sa décision
27:49en tant que capitaine
27:51qu'elle ne pouvait plus
27:52maintenir la sécurité à bord
27:53et c'est pour ça
27:54qu'elle est rentrée
27:55ce qui était légal
27:56dans cette action
27:56c'était de mettre
27:57des bateaux militaires
27:57en face
27:58pour l'empêcher de le faire
27:58parce que le droit
27:59maléritime est clair
28:00tout bateau qui demande
28:01doit être débarqué
28:02dans le port sort
28:02sur le plus proche
28:04et même dans ce cas là
28:08malgré qu'on soit militant
28:11on reste dans des ONG
28:12qui travaillent
28:13dans l'obéillance civile
28:15parce qu'on effectue
28:17le rôle des états
28:20parce qu'on ne devrait pas exister
28:21ils ne devraient pas avoir
28:22de pilote volontaire
28:23pas de SOS
28:24pas de Sea-Watch
28:25et je pense qu'on est tous d'accord
28:27qu'on veut tendre
28:28à disparaître au plus vite
28:30mais malheureusement
28:31la situation en Europe
28:32se durcit en ce moment
28:34et politiquement
28:35on espère juste
28:36qu'aujourd'hui
28:37maintenant que M. Salvini
28:38est parti
28:38que tous les politiques européennes
28:40ne pourront plus se cacher
28:41derrière lui
28:41et prendre en responsabilité
28:43parce que ce n'est pas
28:43un problème italien
28:44c'est un problème européen
28:45et ça fait des années
28:47que
28:52cette situation
28:53elle a été aussi créée
28:54par l'Europe
28:54ça fait des années
28:55que la situation
28:56a été se pourrir
28:57les Italiens
28:58c'est eux qui pendant deux ans
28:59ont mis tout leur militaire
29:00pour effectuer ces sauvetages
29:01c'est eux qui ont commencé
29:03à le faire
29:03avant eux
29:04ça a été les pêcheurs tunisiens
29:07qui maintenant
29:08ont perdu leur outil de travail
29:09plus qu'ils n'ont plus le droit
29:10d'être dans ces zones de pêche
29:11et
29:12cette situation
29:14on l'a créée
29:15on l'a créée toute pièce
29:16il est temps
29:16de faire bouger les choses
29:18et
29:19avec
29:20cette nouvelle coalition
29:21en Italie
29:22c'est toute l'Europe
29:23c'est tous les autres gouvernements
29:24qui doivent prendre aujourd'hui
29:26leurs responsabilités
29:26et arrêter de se cacher
29:32alors Marie-Christine
29:34Vergiard
29:36justement
29:36vous connaissez
29:37vous connaissez par cœur
29:39les politiques migratoires
29:41européennes
29:42vous vous êtes battu
29:43au Parlement européen
29:44pendant
29:45des années
29:46pour essayer d'infléchir
29:47la logique
29:48actuelle
29:49est-ce que
29:50est-ce que l'action
29:52de ces ONG
29:53j'allais dire
29:54au-delà du sauvetage
29:58parce que
29:58il faudrait
29:59qu'on aille au-delà
30:00il faudrait que
30:01il y ait
30:02sans doute
30:03que l'Europe
30:04prenne en charge
30:04le sauvetage
30:05il faudrait que
30:06l'Europe prenne en charge
30:07enfin se mettre d'accord
30:08sur comment répartir
30:10les demandeurs d'asile
30:11ensuite
30:12que
30:12enfin
30:13est-ce qu'on va sortir
30:15de
30:15est-ce qu'on va sortir
30:17de cette situation
30:17enfin comment
30:18comment vous
30:19vous analysez la situation
30:20au niveau
30:22de cette
30:22de cette union européenne
30:31notamment sur ces conditions
30:33quand je mets le micro
30:33comme il faut
30:34ça va mieux
30:36oui j'ai pu observer
30:37l'évolution je dirais
30:39des politiques migratoires
30:40européennes
30:40pendant dix ans
30:41et
30:42on les a vues
30:44se casser la figure
30:46je dirais
30:46et devenir de plus en plus
30:48inhumaines
30:48notamment à partir
30:50de 2011
30:51et tout particulièrement
30:52à partir de 2015
30:54et c'est à ce moment là
30:55que les ONG
30:56ont dû intervenir
30:57notamment parce que
30:59ce que vous rappeliez
31:00l'Italie a fait
31:01une opération
31:02qui s'appelait
31:03Mare Nostrum
31:04et elle est restée
31:05toute seule
31:06personne n'a soutenu
31:07au contraire
31:08on a refusé
31:09de lancer
31:10la même opération
31:11au niveau européen
31:12ça coûtait
31:1395 millions d'euros
31:14par an
31:16la réponse
31:16de l'union européenne
31:18ça a été 5 millions
31:19et on a en plus
31:21retiré
31:21les bateaux militaires
31:22on peut penser
31:23ce qu'on veut
31:24des bateaux militaires
31:24mais les bateaux militaires
31:25sauvaient un certain nombre
31:27de vies
31:28les Etats européens
31:31ont décidé
31:31de retirer
31:32leurs bateaux
31:33humanitaires
31:34pour qu'ils ne fassent plus
31:35de sauvetage
31:36et si on renvoie
31:37officiellement
31:38sur la Libye
31:39c'est parce que
31:40l'union européenne
31:41a fait pression
31:42les Etats membres
31:43de l'union européenne
31:44et particulièrement
31:45le gouvernement italien
31:46et le gouvernement français
31:47ont fait pression
31:49pour que
31:50l'on crée
31:50en Libye
31:52avec
31:52le gouvernement
31:54libyen
31:55moi ça me laisse
31:56toujours assez
31:56il n'y a pas de gouvernement
31:58il n'y a pas d'Etat
31:59en Libye
31:59donc on négocie
32:00avec qui ?
32:01avec un non-Etat
32:02un non-gouvernement
32:03qui ne contrôle
32:04absolument pas
32:05la situation
32:05en Libye
32:06c'est pour ça
32:06que c'est
32:07l'enfer libyen
32:08donc on a négocié
32:10avec la Libye
32:11la formation
32:12des gardes-côtes
32:13aux droits de l'homme
32:14excusez du peu
32:15et compte tenu
32:17des images
32:18qu'on a en permanence
32:19compte tenu
32:19du fait que
32:20les gardes-côtes
32:21changent
32:22comme les gardiens
32:23des fameux centres fermés
32:24et sont des miliciens
32:26en réalité
32:27donc on a négocié
32:29la formation
32:29des gardes-côtes
32:30puis la création
32:32d'une zone
32:33maritime
32:34sur laquelle
32:35personne n'a aucun
32:37contrôle
32:38elle est juste
32:38déclarée
32:39au niveau
32:40de l'organisation
32:42maritime internationale
32:43et après
32:45on a créé
32:46fait créer
32:47au Libye
32:47un centre
32:48d'interception
32:49des appels
32:49et là
32:50alors que tout
32:51était coordonné
32:52à Rome
32:52ça a été
32:53systématiquement
32:54maintenant
32:55c'est quasiment
32:55systématiquement
32:56renvoyé
32:57sur le centre
32:57d'appels
32:58libyen
32:59et on sait
33:00quelles sont
33:00les dérives
33:02en la matière
33:03donc oui
33:04il y a une responsabilité
33:05de l'Union Européenne
33:07et de ses états membres
33:08et je redis
33:09Italie
33:10et France
33:12en première ligne
33:13et pas Italie
33:14seulement
33:15d'ailleurs
33:16de monsieur Salvini
33:17les mécanismes
33:19avec la Libye
33:20avaient commencé
33:20malheureusement
33:21avant
33:21donc tant mieux
33:23aujourd'hui
33:23si les choses changent
33:25tant mieux
33:26mais moi
33:27je ne veux pas
33:27qu'on se laisse piéger
33:28y compris par rapport
33:30à ce qu'est en train
33:30de faire
33:30notre gouvernement
33:31sur le seul
33:36comment on appelle ça
33:37sauvetage
33:41la seule acceptation
33:43des pays européens
33:44de ceux qui débarquent
33:46depuis les ONG
33:46parce que la question
33:48c'est aussi
33:48qu'on ne les renvoie pas
33:49en Libye
33:50sur les personnes
33:52qui tentent
33:53de traverser
33:53la Méditerranée
33:54aujourd'hui
33:55on dit qu'il y a
33:56à peu près
33:57huit personnes
33:58sept personnes
34:00sur dix
34:01qui sont renvoyées
34:02en Libye
34:03deux qui meurent
34:04et une seulement
34:06qui arrive
34:06dans l'Union Européenne
34:08donc moi
34:08je suis prête
34:09à dénoncer Dublin
34:10on a fait notre boulot
34:11au Parlement Européen
34:12en la matière
34:14mais Dublin
34:15ça n'est qu'une partie
34:16de l'iceberg
34:17ceux qui sont débarqués
34:19des ONG
34:19c'est encore
34:20une plus petite partie
34:21de l'iceberg
34:21le problème
34:22aujourd'hui
34:23c'est que les états membres
34:25de l'Union Européenne
34:26bafouent le droit d'asile
34:27et que ceux
34:28qui sont obligés
34:29de traverser
34:30la Méditerranée
34:31au risque de leur vie
34:32sont des gens
34:33qui n'ont aucune
34:34voie légale
34:35pour venir
34:36dans l'Union Européenne
34:38à qui on ne donne pas
34:39de visa humanitaire
34:43dans tous les pays d'Afrique
34:45les portes
34:47des ambassades
34:47des consulants
34:48sont fermées
34:49dernière opération
34:50de notre cher
34:51président de la république
34:52l'augmentation
34:53des droits d'entrée
34:54dans les universités
34:56pour les étudiants
34:57étrangers
34:58et qui est en première ligne
35:02qui sont les gens
35:03qui sont en première ligne
35:04les étudiants africains
35:06les étudiants
35:07subsahariens
35:07alors que la France
35:09c'est une richesse
35:10pour moi
35:11la France
35:11était le pays
35:12du monde
35:13qui accueillait
35:14le plus
35:15d'étudiants subsahariens
35:17on leur ferme
35:18les portes
35:19on reste les portes
35:20ouvertes
35:20juste pour les riches
35:21on va se mettre
35:22en concurrence
35:23en la matière
35:24avec les universités
35:25uniaméricaines
35:26et britanniques
35:26mais on est malade
35:28on n'y arrivera pas
35:29d'abord
35:29alors que notre chance
35:30c'est ces portes culturelles
35:32qu'on ouvrait aux étudiants
35:33et vous savez où ils vont
35:34ces étudiants
35:35maintenant de plus en plus
35:36ils vont
35:37alors oui ils vont au Canada
35:38oui ils vont aux Etats-Unis
35:39mais ils vont au Maroc
35:40ils vont en Turquie
35:41et surtout ils vont de plus en plus
35:43dans les pays du Golfe
35:44c'est ça les générations du futur
35:46qu'on veut pour les pays subsahariens
35:48c'est ça que fait l'Union Européenne
35:50aujourd'hui
35:51c'est vraiment
35:52c'est à se taper la tête
35:53contre les murs
35:55et nous ne devons pas
35:59nous ne devons pas
36:01nous laisser piéger
36:02oui nous devons
36:03nous féliciter
36:04des bonnes mesures
36:05parce que nous avons besoin
36:06d'espoir
36:07nous avons besoin
36:08de nous raccrocher
36:09à des décisions positives
36:10mais nous devons rester
36:12vigilants
36:13ne pas nous laisser piéger
36:14par des discours
36:15de communication
36:17vous allez voir
36:18ce qui va être annoncé
36:19au débat sur l'immigration
36:21fin septembre
36:22à l'Assemblée nationale
36:23les fuites qui sont en train de sortir
36:25sont hallucinantes
36:27on veut priver
36:28les migrants
36:30en situation irrégulière
36:32d'aide médicale
36:33d'aide médicale
36:35et on dit
36:36les gens
36:38les gens du gouvernement
36:41disent
36:41que ces gens
36:42viennent en France
36:43pour se faire des propthèses mammaires
36:45excusez du peu
36:46de qui se moque-t-on ?
36:48et il y a des gens
36:49qui gobbent ça
36:50donc il faut
36:51au contraire
36:52batailler
36:53pour préserver les droits
36:54pour qui y est
36:55et j'arrêterai là-dessus
36:57moi ma bataille
36:58depuis des années
36:58c'est une question
36:59sur l'égalité des droits
37:01l'égalité des droits
37:02quel que soit
37:03son pays de naissance
37:04on ne choisit pas
37:05son pays de naissance
37:06nous avons la chance
37:12nous avons la chance
37:14d'être européens
37:15bien sûr
37:16il y a des problèmes
37:17mais imaginons
37:18ces gens
37:19plus de 34 000
37:21identifiés
37:22sont morts
37:22en Méditerranée
37:23plus de 34 000
37:25répétons
37:25et sans cesse
37:26ces choses-là
37:27imaginons
37:28la vie de ces gens
37:28qui n'ont pas
37:29d'autre moyen
37:30que de traverser
37:31la Méditerranée
37:32et nous leur opposons
37:34des règlements
37:34nous les renvoyons
37:35nous les expulsions
37:36récemment
37:37la France a encore
37:38expulsé vers le Soudan
37:41et de plus en plus
37:42vers l'Afghanistan
37:43après l'Allemagne
37:44d'ailleurs
37:44donc toutes ces politiques-là
37:47sont des politiques
37:48insensées
37:49c'est des politiques
37:50qui minent
37:51les états
37:52les états européens
37:53et les citoyens
37:54européens
37:55c'est ce que je dirai
37:55dans le prochain débat
37:56tout à l'heure
37:57sur la question
37:57de l'extrême droite
37:58parce que je pense
37:59qu'on se fait
38:00miner par un vocabulaire
38:02un vocabulaire
38:03qui est de plus en plus
38:04celui de l'extrême droite
38:05et quand on voit
38:06que la comprovisante
38:07de la commission européenne
38:09ose nommer quelqu'un
38:11pour la protection
38:12du mode de vie
38:13des européens
38:14c'est directement
38:15le discours
38:16de l'extrême droite
38:17c'est directement
38:18le discours
38:19de monsieur Orban
38:20donc on ne fait pas
38:21un rempart
38:22à l'extrême droite
38:23et aux nationalistes
38:24en utilisant
38:25leur vocabulaire
38:26il faut que nous gagnions
38:27la bataille des mots
38:28et que nous soyons
38:29en permanence
38:30aux côtés des ONG
38:31qui nous ont ouvert la voie
38:45cette
38:47alors je ne sais pas
38:48auquel des trois
38:49adressait cette question
38:50mais
38:50cette
38:51cette
38:55attends
38:55attends
38:57cette conscience
38:58de ce qui se
39:00de ce qui se passe
39:02à terre
39:02de ce défaut
39:04enfin de ce dévoiement
39:06du droit d'asile
39:07en Europe
39:08de la situation
39:11des réfugiés
39:12sur les trottoirs de Paris
39:15dans la jungle de Calais
39:16il y a quelques années
39:17comment
39:19comment les sauveteurs
39:22comment les ONG
39:24le vivent
39:25c'est à dire
39:26bien sûr
39:27il y a cette nécessité
39:28d'aller sauver
39:29d'aller sauver des vies
39:30parce qu'il y a des gens
39:31qui sont en train
39:31de se noyer
39:33et des fois
39:34moi je me dis
39:34mais
39:35ils savent
39:36une fois qu'ils se font
39:36monter les gens
39:37sur le bateau
39:38qu'ils vont être débarqués
39:39dans cette Europe là
39:41comment
39:42qui c'est qui veut répondre
39:43à cette question
39:43comment vous le
39:45vous l'analysez
39:47ça
39:47vous le vivez
39:48en tant que
39:48moi je peux dire
39:49que c'est pas évident
39:50je peux dire
39:51que c'est pas simple
39:52quand
39:53quand vous êtes à bord
39:54de l'aquarius
39:54ou de l'océan viking
39:55ou même du sea watch 3
39:57j'imagine
39:58c'est pas simple
39:59de devoir parfois
40:00attraper un gars
40:01par le t-shirt
40:02comme ça
40:02ou une femme enceinte
40:04de lui tenir le bras
40:04pour qu'elle puisse
40:05se retrouver en sécurité
40:07ne pas être à la merci
40:08des vagues
40:09etc
40:09donc il faut
40:10il faut
40:12beaucoup je pense
40:13d'endurance
40:15pour arriver
40:16à mettre tous ces gens là
40:17en sécurité
40:18de
40:20de compassion
40:20d'écoute
40:21il faut
40:22on demande quand même
40:23aux sauveteurs
40:24beaucoup beaucoup de choses
40:25ce sont avant tout
40:26des marins
40:26donc eux ils savent
40:28que quand il y a un bateau
40:28en détresse
40:29on se pose pas de questions
40:30et on y va
40:30mais je pense que
40:31ce qui est le plus difficile
40:32pour eux
40:33c'est le moment
40:34du débarquement
40:35où on sait
40:36on sait très bien
40:37que ce qu'on
40:39on a peut-être
40:40mis ces gens en sécurité
40:41on leur offre
40:42peut-être une terre sûre
40:44ou débarquer
40:45en revanche
40:46on n'a aucune garantie
40:47à leur apporter
40:48sur la nouvelle histoire
40:48qui va s'écrire pour eux
40:49et ça je pense que
40:50c'est ce qui est probablement
40:52très difficile à accepter
40:54quand vous êtes marin
40:54que vous appliquez le droit
40:56et que vous vous dites
40:57mais en fait
40:57dans quoi est-ce que
40:58je renvoie
40:59les gens
41:00à qui je viens de sauver la vie
41:02deux jours avant
41:02ça c'est une première chose
41:04mais je pense qu'il y a encore
41:05une chose qui est
41:07très très difficile à vivre
41:08pour les équipes
41:09à bord
41:10et aussi pour les
41:11je pense
41:12les personnes rescapées
41:13c'est les accusations
41:15permanentes
41:16de complicité
41:17avec les passeurs
41:18ce qui sous-entendrait
41:19donc que nous travaillions
41:20de mèche avec
41:21les pseudo-gardes-côtes libyens
41:22de complicité
41:24avec les passeurs
41:25et puis cette fameuse théorie
41:26de l'appel d'air
41:27absolument
41:28absolument incroyable
41:29et qui a de toute façon
41:30bon
41:31été
41:32démontré
41:33y compris
41:33chiffres à l'appui
41:34mais
41:35c'est quand même
41:36c'est presque criminel
41:37en fait
41:38d'accuser un marin
41:39un marin sauveteur
41:40d'être un complice
41:42des passeurs
41:42et des trafiquants
41:43d'êtres humains
41:44et ça
41:45c'est
41:46une chose aussi
41:47qu'il faut signaler
41:47parce que
41:48vous parliez tout à l'heure
41:49de l'extrême droite
41:50et des propos
41:50absolument ignobles
41:51qu'on a pu entendre
41:52dans la bouche
41:53de l'extrême droite
41:54en Italie
41:54qui ont malheureusement
41:55été repris
41:56par certains
41:57de nos dirigeants
41:57en France
41:58de façon tout à fait
41:59honteuse
42:00et c'est ce genre
42:01d'idées là
42:02nauséabondes
42:03qu'on ne doit pas
42:03laisser se propager
42:05dans nos têtes
42:06dans nos esprits
42:06et au milieu de nous
42:09citoyens
42:10et êtres humains
42:11avant tout
42:12et je tiens
42:13à remercier
42:15ce qu'on répond
42:16en fait
42:17aux gens
42:17qui formulent
42:18cette accusation
42:18le plus souvent
42:19c'est qu'il y a
42:19plus de 170 journalistes
42:20qui sont montés
42:21à bord de l'Aquarius
42:22vous en faites partie
42:23émilien
42:23donc vous pourrez
42:24probablement
42:24vous l'avez fait
42:25d'ailleurs
42:25mais en témoigner
42:27et il y en a aussi
42:28qui sont aujourd'hui
42:28à bord de l'Ocean Viking
42:29et qui peuvent prouver
42:30qui ont pu travailler
42:31en toute transparence
42:33en toute indépendance
42:34et qui sont en fait
42:35notre meilleur rempart
42:36contre ces accusations
42:37absolument nauséabondes
42:38j'ai pas d'autres mots
42:44il va falloir
42:47qu'on close
42:47cette table ronde
42:50il y a d'autres rendez-vous
42:51sur la question
42:52partout dans la fête
42:53il y en a
42:54auquel je vous convie
42:55c'est un rendez-vous
42:57cinématographique
42:58à l'espace cinéma
42:59ce soir
43:00à 22h40
43:01un documentaire
43:02de Yasmina Farber
43:03que je vous invite
43:04à venir voir
43:07merci à tous
43:09une fois que les gens
43:10sont sauvés
43:12il faut qu'ils
43:13conquièrent leurs droits
43:15ici
43:15et ça c'est nous
43:16c'est à nous de le faire
43:18c'est la mobilisation
43:19citoyenne qui le fera
43:20pour battre l'extrême droite
43:22ses idées
43:23et pour redonner
43:24à la France
43:25et à l'Europe
43:27cette destination
43:29d'asile
43:30qu'elle devrait être
43:31merci à tous
43:32merci à tous
44:02merci à tous
44:03merci à tous
44:04et comment
44:05on n'aime pas
44:05merci à tous
44:05et merci à tous
44:09merci à tous
44:10Wesh wesh
44:11déjà l'Huma
44:11il faut savoir
44:12que c'est le premier
44:12youtubeur
44:13parce que le père Jaurès
44:15en début du 20ème siècle
44:16il essayait aussi
44:17d'expliquer la politique
44:19de diffuser
44:20les idées importantes
44:21et l'intérêt général
44:22au plus grand nombre
44:23mais à l'époque
44:23t'avais pas beaucoup
44:24d'autres moyens
44:25que d'imprimer ton journal
44:26donc le premier youtubeur
44:27c'est Jean Jaurès
44:28et il a fondé l'humanité
44:29C'est la première chaîne YouTube de VulgaPolitik.
44:32Du coup, ce média, ce journal, il est important de le soutenir.
44:35Pourquoi ?
44:35Parce que vous n'êtes pas sans savoir qu'il y a 9, 10 milliardaires
44:38qui contrôlent toute la presse
44:40et qu'un des seuls sons de cloche un peu différents
44:42parmi les quotidiens en France, c'est le journal L'Humanité.
44:45Et L'Humanité, il n'a pas le milliardaire qui va allonger le mécène
44:48qui va permettre de vendre à perte.
44:50Non, non, il dépend que de ses lecteurs.
44:52Du coup, si nous, on arrête de le soutenir,
44:54si plus personne n'achète, si plus personne ne s'abonne,
44:56le journal va juste tomber.
44:57Et du coup, parmi les quotidiens que tu peux trouver au kiosque à journaux,
45:01la seule voix dissonante qui n'est pas possédée par Drahi, par Niel
45:04et par les autres milliardaires,
45:06la seule voix dissonante, elle va disparaître.
45:08Du coup, soutenez L'Human, c'est important,
45:10c'est le premier YouTuber et il ne faut pas qu'il crève.
45:30de l'Humanité, il ne faut pas qu'il ne faut pas qu'il ne faut pas qu'il ne
45:34faut pas qu'il ne faut pas qu'il ne faut pas qu'il ne faut pas qu'il ne
45:40faut pas qu'il ne faut pas qu'il ne faut pas qu'il ne faut pas qu'il ne
45:42faut pas qu'il ne faut pas qu'il ne faut pas qu'il ne faut pas qu'il ne
45:42faut pas qu'il ne faut pas qu'il ne faut pas qu'il ne faut pas qu'il ne
45:42faut pas qu'il ne faut pas qu'il ne faut pas qu'il ne faut pas qu'il ne
45:42faut pas qu'il ne faut pas qu'il ne faut pas qu'il ne faut pas qu'il ne
45:42faut pas qu'il ne faut pas qu'il ne faut pas qu'il ne faut pas qu'il ne
45:42faut pas qu'il ne faut pas qu'il ne faut pas qu'il ne faut pas qu'il ne
45:42faut pas