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  • il y a 12 heures
Débat à la fête de l'Humanité 2022 avec
Marie-George Buffet, ancienne ministre des Sports
François Da Rocha, chercheur en Histoire, spécialiste du football


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Transcription
00:00Alors le football peut-il demeurer populaire ? Est-il toujours populaire ?
00:04A lire l'intitulé on a envie de dire oui évidemment.
00:06Ne l'est-il pas depuis la nuit des temps, enfin depuis sa création ?
00:11De toute évidence il est le sport populaire numéro un.
00:15Peu de pays dans le monde qui ne soient pas touchés par la fièvre du ballon.
00:18Des quartiers populaires aux plus huppés, cet objet de tous les désirs a toujours eu sa place auprès des plus
00:24petits et des plus grands.
00:26Une partie de foot c'est simple comme bonjour, il suffit d'un bout de terrain, en dur ou en
00:31herbeux, un bas d'immeuble, une cour et des vêtements ou des cartables pour faire office de but.
00:35C'est parti.
00:36Populaire et oui il est aussi au plus haut niveau.
00:39Je pense que beaucoup d'entre vous ont dû suivre les matchs de coupe d'Europe de cette semaine, excepté
00:44celui de Nice où ça ne s'est pas très bien passé.
00:47On peut penser au Parc des Princes ou à la Beaujoire qui ont fait ça le comble.
00:51Sur le petit écran ou en streaming, même si ce n'est pas toujours très bien, là aussi les audiences
00:58étaient au rendez-vous.
00:59Et pourtant, derrière cette question n'a-t-il pas autre chose et notamment l'avidité du monde capitaliste qui
01:05voit dans ce jeu un business des plus lucratifs ?
01:08Rachat des clubs à tire-larigots par des fonds de pension et autres états, bataille pour les droits de télévision
01:13et multiplication des offres, tout cela à un prix pour les supporters.
01:17Ce sport dit populaire n'est-il pas en train de perdre son identité ?
01:21Ma première question va aller plutôt vers l'historien.
01:26Quels sont ceux qui ont voulu former des équipes, créer des stades ?
01:30On parle souvent des capitaines d'industrie.
01:32Quels intérêts pour eux à se lancer dans cette aventure ?
01:37Bonjour.
01:39On parle là du football professionnel parce qu'en fait les premières équipes ont quand même été des équipes construites
01:45par l'entre-soi,
01:46et en particulier l'entre-soi lycéen, en tout cas en France, ou par des anglomaniaques qui voulaient importer une
01:54mode venue du Royaume-Uni.
01:56Mais pour ce qui est du football professionnel, en effet, ce sont souvent, parfois, mais souvent, des capitaines d'industrie.
02:03On peut penser évidemment aux premiers d'entre eux, à savoir Jean-Pierre Peugeot, qui est à l'origine même
02:10de l'installation du football professionnel et de la création du championnat de football professionnel,
02:15dont aujourd'hui nous célébrons le 90e anniversaire du premier match.
02:20Il y a quelques minutes qu'il s'est terminé.
02:24Jean-Pierre Peugeot est à l'origine de la création du FC Sochaux Montbéliard, qui était le seul club professionnel
02:32à la fin des années 20,
02:33et qui a vraiment promu l'idée qu'on puisse enfin mettre fin à ce qu'on appelle l'amateurisme
02:40marron,
02:41c'est-à-dire un système amateur officiellement, mais en fait, qui permettait aux joueurs de gagner leur propre vie
02:48et de vivre de leur art entièrement,
02:51et ce, depuis la veille de la Première Guerre mondiale.
02:54D'autres capitaines d'industrie ont également créé des entreprises de football, des entreprises de spectacle, de sport.
03:04Amédée Prouveau avec l'Excelsior de Roubaix, ou un club dont on parle un petit peu plus souvent, malheureusement pour
03:13moi,
03:13qui suis supporter lillois, l'ERC Lens, qui est une création ex nihilo des compagnies des mines, des compagnies houillères,
03:22qui, en fait, a été repris, dont l'imaginaire a été repris ensuite par le monde ouvrier.
03:27On pourrait allonger la liste assez longuement ainsi.
03:33Alors, quel est leur intérêt ? Bien sûr, c'est un intérêt pécuniaire, d'abord,
03:38gagner un petit peu d'argent avec ce spectacle sportif, une entreprise de spectacle parmi d'autres,
03:45mais c'est aussi un intérêt d'image, en termes d'image, parce que, si on se place du côté
03:51de Peugeot,
03:51on est dans une période de lutte d'image entre les trois grosses entreprises automobiles françaises,
03:58à savoir Renault, Citroën et Peugeot. Renault, c'est la période où on a l'inauguration de Boulogne-Biancourt,
04:07une ville entière qui est consacrée, finalement, à l'industrie automobile.
04:13Citroën, c'est la période où on se lance dans les croisières à la découverte du monde
04:18pour montrer que les voitures Citroën sont capables de traverser qui le désert, qui l'Asie,
04:24et c'est la croisière jaune, c'est la croisière noire.
04:27Et Peugeot, l'image, c'est celle du football, du football professionnel,
04:33un football qui peut apporter un plaisir comme ça pour le plus grand nombre.
04:43Oui, en sachant que ces clubs, à l'origine, liés à des grandes entreprises,
04:49c'était aussi une histoire de territoire.
04:51On appartenait à cette région, et puis on était salarié de l'entreprise.
04:57Et c'est vrai que lorsqu'ils ont, petit à petit, cassé les grandes entreprises,
05:03cassé ce lien entre des populations et une entreprise dans laquelle une grande partie de la population avait travaillé,
05:09ou les parents avaient travaillé dans cette entreprise et tout,
05:12ils ont cassé, quelque part, cette histoire de rapport entre une entreprise, un territoire,
05:17et puis une pratique sportive, et le fait que c'était un lieu de rencontre pour les habitants de ces
05:22territoires.
05:23Et là, bien sûr, on n'a plus ce lien, on n'a plus ces liens,
05:29puisque maintenant, ce sont des fonds financiers qui ne s'appuient sur aucune histoire collective.
05:34Nous sommes donc dans la négation d'une forme d'histoire collective à travers un club de foot.
05:40Et pourtant, l'approche territoriale subsiste.
05:42On le voit encore une fois avec l'exemple de Peugeot,
05:45puisque le stade Bonal se trouve dans l'enceinte de Peugeot.
05:49Il faut traverser les rails pour pénétrer dans l'enceinte.
05:53Et ça se voit également à l'ence, où finalement, les mines ont toutes fermées.
05:58Il n'y a plus de mineurs à l'ence, mais il reste cet imaginaire minier, en effet.
06:04Et là, la question des fonds de pension et des financements contemporains pose en effet problème,
06:09parce qu'il y a ce détachement avec une histoire qui est fortement ancrée.
06:15Mais derrière ces capitaines d'industrie, une question qui me vient comme ça,
06:19il n'y avait aussi pas ce besoin de mettre au pas le monde ouvrier,
06:24c'est-à-dire les matchs avaient lieu le dimanche.
06:28Pour les supporters, je parle, pas seulement les joueurs.
06:31Voilà, c'était un moment d'exutoire.
06:33Et comme ça, souvent le lundi, l'ouvrier qui rentrait à l'usine était beaucoup plus calme.
06:39Il avait passé un bon week-end. Enfin, le foot a eu aussi cette manière de fonctionner.
06:46Oui, on peut dire que le sport, l'opium du peuple, on peut dire ça.
06:52Bon, c'est une part de vérité. Mais c'était aussi du collectif.
06:58C'était aussi se retrouver ensemble.
07:00Et on pouvait se retrouver ensemble pour manifester, pour augmenter les salaires,
07:04ou pour lutter contre des licenciements,
07:06mais se retrouver ensemble aussi pour passer un moment de plaisir.
07:09Et ça, ça se créait du collectif, qu'on le veuille ou non.
07:12Et aujourd'hui, regarder un match devant son écran sur une chaîne privée qu'on a payée,
07:18c'est pas tout à fait la même histoire collective que d'aller au stade
07:21et de retrouver, peut-être des fois, des hommes, des femmes
07:25qui travaillent dans la même entreprise ou qui vivent dans la même ville,
07:28dans le même quartier, etc.
07:29C'est quand même un peu différent.
07:31Donc c'est un recul quand même de ce besoin de collectif
07:36pour que les choses bougent, pour que les choses changent.
07:38Oui, qu'il y ait la dimension opium du peuple, c'est évident, oui.
07:44Mais en même temps, vu ce qu'il y a à vivre le peuple,
07:48c'est pas mauvais d'avoir de l'opium de temps en temps, quand même,
07:51même si ça ne se fait pas de le dire ici.
07:55Opium du peuple, oui.
07:57Contrôle de la masse par les capitaines d'industrie,
08:01par les financeurs de clubs, les fondateurs de clubs,
08:07ou lorsque l'on se place du côté anglais au milieu du 19e siècle,
08:11puis du côté français.
08:14Par des patronages, par des églises qui cherchent à occuper le dimanche,
08:20à permettre d'oublier l'oisiveté dominicale.
08:24Oui, en effet.
08:25Mais prioritairement, c'est du collectif.
08:29Le football est un lieu de rencontre.
08:31Le match de football est un lieu de spectacle où on se parle,
08:35où le public a le droit de se parler
08:38et a le droit de manifester son mécontentement
08:41ou son contentement lorsque le LOSC marque des buts.
08:47Justement, est-ce qu'il n'y a pas eu une autre manière de créer des clubs
08:50venant, par exemple, du monde ouvrier ?
08:52C'est-à-dire que ce soit eux, dès le départ,
08:54qu'ils soient emparés de l'idée de créer quelque chose.
09:02Je disais, est-ce qu'en dehors des capitaines d'industrie au début du...
09:06fin du 19e, début du 20e,
09:08il n'y a pas eu aussi, par exemple, le monde ouvrier
09:10qui s'est emparé du sujet
09:12et a voulu aussi, lui, créer ses clubs en dehors de ses grandes...
09:17Il y a eu le développement des clubs amateurs
09:21avec des bénévoles
09:24qui ont ensuite été aidés par les communes,
09:28les collectivités territoriales.
09:30Et donc, c'est tout un tissu de sport amateur
09:33qui fait que, voilà, des hommes et des femmes
09:37ont pu avoir accès à la pratique sportive,
09:38des gamins ont pu...
09:39des gamines ont pu avoir accès à la pratique sportive.
09:42Et ce sport amateur qui continue de se développer aujourd'hui
09:46il a besoin d'une politique publique,
09:48d'argent public pour pouvoir se développer.
09:51Bon, moi, j'ai beaucoup regretté
09:53que les questions sportives soient absolument ignorées
09:56de la part du débat politique
09:58pendant la présidentielle et les législatives,
10:01alors qu'il y a un sujet important,
10:04c'est comment on aide au développement du sport amateur,
10:07comment on aide les bénévoles
10:08avec des emplois qualifiés dans les clubs.
10:11Et puis, on va venir au sujet,
10:14comment les Etats se donnent les moyens
10:19de contrôler l'arrivée de l'argent dans le sport,
10:23c'est-à-dire comment les Etats luttent
10:24contre la marchandisation du sport.
10:31Pour en revenir à la question de la mainmise du monde ouvrier
10:37sur le football,
10:38il y a une popularisation qui est ancienne.
10:41Le football est plutôt un sport diffusé
10:45par les élites sociales, économiques,
10:47à la fin du 19e siècle en France,
10:50y compris des fils de capitaines d'industrie,
10:54en tout cas pour le nord de la France
10:56et pour certains clubs de la région d'Île-de-France.
11:00Mais très vite, au début du 20e siècle,
11:03on voit le monde ouvrier adopter,
11:06ou des ouvriers adopter ce sport.
11:08Et puis, encore plus, avec la Première Guerre mondiale,
11:11où là, on découvre un sport
11:14dont on n'avait pas spécialement entendu parler
11:16ou qu'on avait éventuellement eu connaissance,
11:20mais de très loin.
11:21Et là, on le découvre à l'arrière
11:23lorsque les troupes n'ont pas à se battre
11:27pendant les quelques jours de la relève.
11:31Donc, il y a une véritable popularisation du football
11:34qui se joue il y a déjà plus d'un siècle.
11:39Et cette popularisation,
11:40elle se traduit à la fois dans le monde amateur,
11:43et c'est essentiel,
11:44qu'il suffit de se promener un petit peu
11:47dans un club de football amateur
11:49pendant quelques jours.
11:50Et on voit l'importance, la sociabilité
11:53qui s'y joue, qui est fondamentale,
11:56qui permet à des milieux,
11:58à des personnes très différentes
11:59de se croiser et de se retrouver.
12:02On insiste beaucoup l'un et l'autre
12:04sur cette idée du collectif,
12:07du football comme lieu de vie collective.
12:10Et par ailleurs, l'autre football,
12:12le football professionnel,
12:13qui est aussi quand même un football
12:16où on recrute dans des couches populaires,
12:20prioritairement.
12:22Désolé, mais le fils ou le petit-fils
12:25de Vincent Bolloré n'a jamais joué
12:27dans un club de foot professionnel.
12:29Je nomme une personne parmi d'autres.
12:32Mais voilà.
12:33Qui sont les joueurs de football professionnels
12:36pour l'immense majorité ?
12:39Bonne question.
12:41Qui sont-ils ?
12:45Moi, ça m'est arrivé de très nombreuses fois.
12:48Quand vous allez dans une école primaire,
12:51vous faites un débat dans une classe
12:52et vous demandez aux enfants
12:54qu'est-ce qu'ils veulent faire plus tard,
12:56vous avez toujours les cinq, six mains
12:57qui se lèvent pour dire
12:59« Moi, je veux être footballeur professionnel. »
13:02Parce que c'est le rêve.
13:03C'est l'idée.
13:04Bon, c'est la pratique du sport,
13:06mais c'est aussi le vedettariat,
13:09c'est aussi l'argent qui arrive, etc.
13:12Bon, alors après, il faut les calmer
13:15et leur expliquer ce que ça veut dire
13:16l'accès au sport professionnel.
13:19Mais je veux dire,
13:20ça constitue une forme de rêve
13:22pour toute une série
13:23de jeunes garçons ou de jeunes filles maintenant
13:26qui voient dans la pratique sportive professionnelle
13:29le moyen d'acquérir des biens,
13:35d'acquérir une présence.
13:37Voilà, c'est une forme de rêve.
13:40C'est pour ça que je parlais du rôle des États.
13:42Parce que comment on ne gâche pas tout ça
13:44par des pratiques marchandes
13:46où, en fin de compte,
13:48ces individus, ces jeunes
13:49qui rêvent de devenir des sportifs
13:51ou des sportifs professionnels
13:53ne sont pas transformés en marchandises
13:56que l'on achète,
13:58voilà, où les fonds de pension achètent des clubs
14:00parce qu'ils ont des bons centres de formation,
14:02parce qu'ils investissent sur les gamins
14:04qui vont revendre demain
14:06des sommes effroyables à d'autres clubs.
14:08Voilà pourquoi les fonds de pension
14:10achètent les clubs français,
14:11c'est parce que les clubs français ne sont pas chers,
14:13mais ils ont des bons centres de formation.
14:15Et après, ça permet de rentabiliser
14:17et puis vous vendez des êtres humains
14:19à des clubs beaucoup plus riches,
14:20par exemple, aux clubs anglais, puis voilà.
14:22Et la logique commerciale qui est décrite ainsi
14:25s'ajoute à une logique sportive de formation
14:28qui est excessivement dure
14:30pour les gamins qui entrent en centre de formation.
14:34Il faut quand même rappeler
14:35qu'il n'y a qu'un pour mille,
14:38il n'y a qu'un seul enfant
14:39qui entre en centre de formation sur mille
14:41qui deviendra footballeur professionnel.
14:43Et celui qui deviendra footballeur professionnel
14:46ne sera pas Mbappé,
14:47ne sera pas un multimillionnaire,
14:50une star du football mondial.
14:51Pour la plupart, ce seront des joueurs
14:54de national, de deuxième division,
14:57qui nourriront les petits clubs professionnels
15:00et qui, assez facilement,
15:04deviendront des chômeurs
15:05qui pointeront à l'UNFP.
15:07Donc, il y a cette double logique
15:10qui est à prendre en compte,
15:11à la fois sportive et marchande.
15:13Et lorsque la logique marchande
15:16commence à l'emporter,
15:17comme c'est le cas aujourd'hui
15:18avec ses fonds de pension,
15:21bon courage à tous ces gamins
15:23qui vont entrer dans le circuit.
15:28Justement, Marie-Georges,
15:29vous parliez des Etats,
15:30mais comment réguler tout ça ?
15:31Par exemple, en Allemagne,
15:32sur le rachat d'un club,
15:36normalement, 51%
15:39doit appartenir à une personnalité allemande.
15:42Et le reste peut être ce qui fait
15:44que le club reste sur ses bases.
15:48Alors qu'aujourd'hui, par exemple,
15:49en France, on assiste à des achats de clubs,
15:52mais pas un club, plusieurs clubs,
15:54ce qui pose problème,
15:55puisque, par exemple,
15:56on parle, on pense au Red Star.
15:58Le Red Star va se retrouver
15:59à former des joueurs
16:00qui ne finiront pas,
16:02ne joueront peut-être même pas
16:03leur carrière au Red Star,
16:05mais finiront dans le club phare
16:06du groupe d'investissement.
16:08Qu'est-ce qu'on peut faire contre ça ?
16:10D'abord, l'Allemagne l'a fait,
16:14donc je ne vois pas pourquoi
16:14la France ne pourrait pas le faire.
16:16Il faut réguler les sociétés anonymes
16:18des clubs professionnels,
16:21quel que soit le sport,
16:22pas que le foot,
16:22quel que soit le sport.
16:24Moi, j'avais créé,
16:25durant mon mandat au ministère,
16:28j'avais créé les sociétés anonymes
16:30à vocation sportive
16:31qui réglementaient, justement,
16:33qui permettaient de réglementer
16:34la gestion financière des clubs.
16:37Bon, le ministre qui m'a succédé
16:39a rayé ça rapidement,
16:41ça a disparu.
16:43A l'époque,
16:45l'Union européenne ne se reconnaissait
16:47aucune compétence pour le sport,
16:49ce qui nous avait d'ailleurs posé des problèmes
16:51lorsqu'on a lancé la lutte contre le dopage,
16:53parce que l'Europe refusait
16:55de s'en emparer.
16:57Il avait fallu que je réunisse
16:59les ministres des sports
17:00de l'Union européenne
17:01de façon informelle
17:02au Stade de France
17:03pour qu'on puisse se mettre d'accord
17:05pour mener ce combat.
17:07Mais aujourd'hui,
17:08grâce au traité de Nice,
17:092001 ou 2002,
17:10je crois que c'est 2001,
17:12au traité de Nice,
17:13l'Europe a compétence
17:15sur les questions sportives.
17:16Donc on pourrait tout à fait
17:17avoir une action
17:19au niveau de l'Union européenne
17:21pour qu'il y ait une réglementation,
17:24parce qu'on sait bien
17:24que c'est principalement
17:25les clubs européens,
17:27une réglementation
17:28permettant un contrôle
17:30beaucoup plus poussé
17:32de la gestion des clubs sportifs.
17:34Parce qu'il y a la direction nationale
17:37de gestion financière des clubs
17:39qui a un pouvoir réduit,
17:44et une autorité réduite
17:46sur les clubs,
17:47notamment maintenant
17:48avec l'achat massif
17:49des clubs français
17:50par les fonds de pension.
17:52Donc je pense qu'il va falloir
17:53que les États s'en mêlent
17:55et puissent avoir
17:55de se donner les moyens
17:56de contrôler.
17:57Et puis il y a un deuxième aspect
17:59aussi qu'il faut traiter,
18:00c'est l'aspect démocratique.
18:02C'est-à-dire comment on associe
18:04les supporters des clubs
18:06à la gestion des clubs.
18:08Voilà.
18:09Il y a des pays
18:10où les supporters
18:10sont mieux associés qu'en France.
18:12En France, on a l'impression
18:14que les supporters c'est ça
18:15et la direction des clubs
18:17c'est de l'autre côté.
18:19On se parle à travers
18:20de l'intermédiaire
18:21du représentant des...
18:23Comment ils s'appellent ?
18:24Les supporters, là.
18:26Oui.
18:26Qui est plus ou moins formé,
18:28qui a un contrat
18:28plus ou moins précaire.
18:29Mais il n'y a pas vraiment
18:31de mainmise des supporters
18:32sur la gestion des clubs.
18:34Or si les supporters
18:35pouvaient se mêler
18:36de la gestion des clubs,
18:38je pense que là aussi
18:38ça permettrait
18:39d'avoir une plus grande transparence.
18:41Et moi j'ai eu l'occasion
18:43de recevoir à leur demande
18:45les supporters du Resta,
18:47le club de Saint-Ouen,
18:49qui me faisaient part
18:50de leur très grande crainte
18:51par rapport à l'achat
18:52par le fonds de pension 777.
18:55Parce que qu'est-ce que vise
18:56ce fonds de pension ?
18:57Il vise les jeunes pépites
19:01formés dans le centre de formation
19:03pour ensuite revendre
19:06ces jeunes pépites,
19:06comme je le disais tout à l'heure,
19:07à des clubs qui ont les moyens
19:08de les acheter.
19:10Bon, donc je comprends
19:11l'inquiétude des supporters
19:12des restats.
19:12Mais si on donnait
19:13plus la parole aux supporters
19:15dans la gestion des clubs,
19:16je pense qu'on pourrait progresser.
19:18Qu'est-ce qui freine
19:19au niveau de l'Europe ?
19:20Qu'est-ce qui fait que...
19:22On n'est pas compris justement
19:23qu'il faut changer les choses
19:25avant qu'il soit trop tard ?
19:30Parce que...
19:31En France,
19:32comme dans beaucoup de pays,
19:35le sport n'est pas vu
19:36comme l'objet du débat politique.
19:39Comme s'il n'y avait pas
19:40d'enjeu politique
19:42à travers le sport.
19:44D'ailleurs,
19:45on n'en parle pas.
19:46On peut faire des échéances
19:47extrêmement électorales,
19:49extrêmement importantes.
19:50On n'aborde pas
19:50la question du sport.
19:52Or,
19:53on s'inquiéterait
19:54si par exemple,
19:55l'ensemble
19:56de la culture
19:58était envahi
19:59par des marchands.
20:00pour les gouvernements
20:02s'inquiéteraient
20:03en disant
20:03on ne peut pas laisser
20:04le secteur culturel
20:05tomber aux mains
20:06des fonds étrangers,
20:08etc.
20:09Le sport,
20:10le sport c'est secondaire.
20:12Le sport c'est de la distraction.
20:14Le sport,
20:14on fait du sport
20:15si on a envie.
20:16Mais en fait,
20:17le sport c'est un enjeu démocratique
20:19parce que le sport
20:20c'est le bien-être,
20:21c'est l'épanouissement.
20:22Le sport c'est aussi
20:23le plaisir du spectacle culturel
20:25à travers le spectacle sportif.
20:27Le sport c'est aussi
20:28les échanges internationaux,
20:30c'est tout ça.
20:30Et donc,
20:32il faut que de nouveau
20:33les états
20:34se mêlent
20:35et que le débat politique
20:37porte sur les enjeux sportifs.
20:40Je ne sais pas pourquoi
20:41les gouvernements
20:42à un moment
20:43ils pensaient
20:43qu'il n'y avait que les anciens athlètes
20:44qui pouvaient être
20:45ministres des sports.
20:47Mais non.
20:49Vous n'avez pas besoin
20:50d'avoir fait du sport
20:51pour être ministre des sports.
20:53Vous avez besoin
20:53d'avoir une conception politique,
20:56d'avoir une idée,
20:57une vision politique
20:58en matière sportive.
21:00C'est ça.
21:01Et donc,
21:02il faut qu'on retrouve,
21:04il faut qu'en politique
21:06on ait des débats.
21:07On n'a pas eu
21:07une loi cadre
21:08en matière sportive
21:10depuis une décennie.
21:12comme si le sport
21:13n'évoluait pas,
21:14comme s'il ne se passait rien
21:15dans le sport.
21:17On n'en débat pas.
21:19Alors,
21:19on a des ministres des sports,
21:21très bien.
21:21On a des présidents
21:22qui vont au final
21:23et puis quand la France gagne
21:24qui font des grands sourires
21:25et qui embrassent les vainqueurs,
21:26c'est très bien.
21:27Voilà.
21:28On instrumentalise bien le sport
21:30mais on ne traite pas le sport
21:32comme une grande politique publique
21:33et donc,
21:34on ne débat pas du sport
21:36en politique.
21:37Et si on commence
21:38à débattre du sport en politique,
21:39il va bien falloir
21:40que les états se mouillent,
21:41il va bien falloir
21:42que des décisions soient prises.
21:43Mais ça,
21:44il faut lever le débat politique
21:45et merci d'avoir organisé
21:46un débat sur le sport.
21:55On a parfois tendance
21:57à voir le football
21:58comme étant une bagatelle,
22:00comme étant quelque chose
22:01d'en effet très léger.
22:03Ce n'est que du loisir.
22:05Mais en fait,
22:05le foot porte,
22:07et le sport en général,
22:08portent des enjeux
22:09qui les dépassent
22:10très largement,
22:11l'international en effet,
22:13l'argent en effet.
22:15Et n'oublions pas également
22:17les acteurs,
22:18les acteurs sportifs,
22:20les joueurs de football
22:21ou d'autres sports
22:23et les joueuses
22:25sont des travailleurs,
22:27sont des travailleuses.
22:30Alors bien sûr,
22:31certains gagnent
22:33des sommes inconsidérées,
22:35mais ils en gagnent
22:36toujours beaucoup moins
22:38que ce qu'ils font rapporter.
22:42On a parlé des supporters,
22:45enfin,
22:45plein de choses,
22:46mais il y a un autre débat
22:47aussi qui s'ouvre,
22:48c'est celui de la télévision
22:49et du téléspectateur.
22:51Aujourd'hui,
22:52il y a une multiplication
22:53des offres,
22:54il y a des combats
22:54entre les chaînes
22:55pour s'offrir
22:56le plus possible
22:57de matchs,
22:58de championnats,
22:59Coupe d'Europe
23:00et autres.
23:01Là aussi,
23:02est-ce qu'on n'est pas
23:04en train de tuer
23:05la poule,
23:06l'œuf,
23:08à multiplier ?
23:09Parce que le support,
23:10le téléspectateur moyen,
23:11comment il fait aujourd'hui
23:12pour se payer
23:13Bing Sport,
23:16Amazon Prime,
23:17j'en passe,
23:18et des meilleurs
23:18ou des moins bons ?
23:23J'avoue que je suis en train
23:24de réfléchir
23:25à annuler mon abonnement
23:26à RMC Sport,
23:27parce qu'il y a les autres
23:29quand même.
23:30Il y a l'argent,
23:32ça coûte cher,
23:33ces abonnements
23:34coûtent cher,
23:35mais je prétends
23:37que c'est pour le travail,
23:38donc ça va.
23:40Ça coûte cher,
23:41et puis surtout,
23:42ça nécessite
23:43un temps de cerveau disponible,
23:44parce que finalement,
23:46avec cette accumulation
23:47de rencontres sportives,
23:50soit on les regarde
23:51sérieusement
23:52et on ne fait rien
23:52de la journée,
23:53parce qu'on peut regarder
23:544, 5, 6 matchs
23:55d'affilée,
23:574 matchs,
23:58ce fut mon dimanche
23:59la semaine dernière,
24:02ou alors,
24:02on ne les regarde
24:03que d'un œil,
24:04et dans ce cas-là,
24:06on n'est plus
24:06le regard tourné
24:07sur le match,
24:08sur la rencontre sportive
24:10qui perd elle-même
24:11de l'intérêt.
24:13Si la rencontre sportive
24:14perd de l'intérêt,
24:15pourquoi continuer
24:16à être abonné ?
24:17Si c'est uniquement
24:18pour avoir
24:19un fond sonore,
24:20un fond visuel,
24:22que l'on ne regarde
24:23que d'un œil,
24:24finalement.
24:25Une situation peut-être
24:26confortable,
24:28il n'y a pas de grand drame
24:30en général
24:31dans une rencontre sportive,
24:32quoique cela peut arriver,
24:34mais bon,
24:35a priori,
24:36plutôt confortable.
24:37Mais on est en pleine
24:39bulle spéculative,
24:40aujourd'hui,
24:41de toute façon,
24:42par les droits télé,
24:43ces droits télé
24:44qui tiennent
24:44le financement
24:45des clubs de foot,
24:46lorsqu'ils ne sont pas
24:47entièrement financés
24:48par des fonds de pension,
24:51des clubs de foot
24:51qui sont totalement
24:54dépendants
24:55de ces chaînes télé.
24:56On se souvient
24:57de l'affaire
24:57Mediapro
24:58l'année dernière.
25:00Il y a deux ans,
25:01bientôt,
25:02il a fallu
25:02assez peu de choses
25:03pour fragiliser
25:06énormément
25:06le tissu
25:07footballistique
25:08français.
25:09Il suffit
25:10qu'une entreprise
25:11rachète
25:12des droits télé
25:12à des sommes
25:13exorbitantes
25:14et finalement,
25:15au bout
25:16de quelques semaines,
25:17se déclare
25:18dans l'incapacité
25:19de régler
25:20ses dettes
25:21à la Fédération
25:21française de football
25:22et donc
25:24dans l'incapacité
25:25de payer
25:25les clubs
25:26de ces droits
25:26télé
25:27qui se retrouvent
25:27privés de ressources,
25:29risquant dès lors
25:31de mettre
25:31au chômage
25:32des centaines
25:33de personnes,
25:34des milliers
25:34de personnes
25:35à travers la France.
25:36Mais ça pose
25:37le problème
25:38de l'accès
25:39au spectacle
25:40sportif
25:41et là,
25:43on parle du foot,
25:44pour chacun
25:45et chacune
25:46parce que
25:46s'il faut payer
25:47plusieurs abonnements
25:49à des télés
25:50différentes
25:50et en plus
25:51on a le prix
25:52de l'abonnement
25:54au stade
25:54qui est au nement
25:55qui est allemand,
25:55ça va commencer
25:56à faire un sacré budget
25:57et il y a
25:58des familles,
26:00des jeunes
26:00qui ne peuvent pas
26:02se permettre
26:03d'investir autant
26:04pour pouvoir
26:06bénéficier
26:06de ce spectacle
26:07sportif
26:08et de partager
26:09le bonheur
26:10d'assister
26:11à un match,
26:11etc.
26:12Alors,
26:13il y avait
26:14plusieurs choses.
26:15D'abord,
26:15que fait
26:16la télévision
26:18publique ?
26:20Les moyens
26:20consacrés
26:21aux retransmissions
26:22sportives
26:22sur les chaînes
26:23publiques
26:24ont été
26:25en diminution
26:26toutes ces dernières
26:27années.
26:29Les chaînes
26:30publiques
26:30sont dans
26:30l'incapacité
26:31aujourd'hui
26:31de rivaliser
26:32avec des chaînes
26:34privées
26:34ou alors
26:34avec des groupes
26:35comme Amazon
26:37pour débattre
26:38des droits
26:39de retransmission
26:40avec les ligues
26:42professionnelles
26:42de foot.
26:43Donc,
26:44ça,
26:44c'est un premier
26:44problème,
26:45c'est le développement
26:45des moyens
26:46sur les chaînes
26:47publiques.
26:49Ensuite,
26:50il y a les clubs
26:51de foot
26:52qui ont une gestion
26:53à court terme.
26:54Par exemple,
26:55on voit ce qu'a fait
26:56le Barça
26:57qui a vendu
26:58tous ses droits
26:59télé pour les années
27:00à venir.
27:02Bon,
27:02mais après,
27:03il n'a plus rien.
27:04Voilà,
27:05donc,
27:05on a aussi
27:05une gestion
27:06des ligues
27:07professionnelles
27:08et des directions
27:10de clubs
27:11professionnels
27:11qui est quand même
27:13assez...
27:13Bon,
27:14je ne reviens pas
27:15sur l'épisode
27:16Médiapro
27:16qui est quand même
27:17assez...
27:18De se faire avoir
27:18comme ça,
27:19il faut quand même
27:19le faire,
27:20comme des enfants.
27:23C'est pour ça
27:24que je reviens
27:25sur le fait
27:25qu'il faut qu'on ait
27:26une législation
27:27qui encadre
27:28la gestion
27:29des ligues
27:29et des clubs.
27:30Parce que
27:31le constat est fait
27:32qu'ils n'ont pas
27:33la capacité
27:34eux-mêmes
27:34de gérer
27:35de façon saine
27:37leur propre budget
27:39et qu'ils sont
27:39en train
27:40de se priver
27:41de téléspectateurs,
27:42qu'ils sont
27:43en train
27:43de se priver
27:44d'abonnés
27:45et donc
27:46quelque part
27:46de rendre
27:47le foot
27:47moins populaire
27:48parce qu'ils sont
27:49incapables
27:49d'imaginer
27:52une vision budgétaire
27:54sur plusieurs années
27:54et sur des décennies.
27:56Donc,
27:56il faut bien
27:57qu'il y ait
27:57de la puissance publique
27:58qui s'en mêle.
27:59Oui,
27:59et puis,
28:00il y a également
28:01des clubs
28:01qui cherchent
28:02finalement
28:03à éloigner
28:04le bas-peuple
28:05de ses spectateurs
28:08parce que
28:09le club
28:09veut être
28:10un produit
28:10d'appel
28:11de luxe
28:11quasiment
28:12pour les entreprises
28:14partenaires
28:15par exemple
28:15ou à travers
28:16le monde
28:16pour être
28:18une marque
28:19et uniquement
28:19une marque.
28:23Élargissons encore
28:25je pense
28:26au niveau
28:26des instances
28:27internationales
28:28du football
28:28ou même
28:28du sport
28:29en général.
28:30Là aussi,
28:30les États
28:31pourraient peut-être
28:32intervenir
28:32parce que
28:33faire une coupe
28:34du monde
28:34au Qatar.
28:35Est-ce que ça rend
28:35le foot
28:36plus populaire ?
28:37Est-ce que ça va
28:38le rendre plus populaire
28:39au Qatar ?
28:39Est-ce que ça le rendra
28:40plus populaire
28:41à travers le monde ?
28:43Le sport
28:44est devenu
28:45un instrument
28:46géopolitique
28:47pour les États
28:48non démocratiques.
28:49C'est devenu
28:50un instrument
28:51géopolitique.
28:52Le Qatar
28:53en achetant
28:53le Paris Saint-Germain
28:54en obtenant
28:57l'organisation
28:58de la Coupe du Monde
28:59ce qui est
29:00une hérésie
29:01au niveau climatique
29:02au niveau
29:02respect de l'environnement
29:03au niveau social
29:04avec les 6 000 morts
29:05parmi les constructeurs
29:06des stades
29:07etc.
29:08Et au niveau
29:09quand même
29:09de la pratique féminine
29:11et de l'accès
29:12des femmes
29:12à la pratique sportive
29:13c'est quand même
29:14pas un pays
29:14qui est un exemple
29:15par rapport à ça
29:17et bien le Qatar
29:18utilise le foot
29:19comme un instrument
29:20de géopolitique.
29:22Maintenant
29:22le Qatar
29:22est reconnu
29:23comme un État
29:24et on discute
29:26avec le Qatar
29:26etc.
29:27Mais c'est vrai
29:28d'autres États
29:29plus ou moins
29:30autoritaires
29:31ou plus ou moins
29:32qui pensent
29:33que le sport
29:34ça va servir
29:35leur image.
29:37Il y a une Argentine
29:38on se rappelle
29:38de l'Argentine
29:39mais enfin
29:39plus près de nous
29:41vous savez
29:42j'avais vu un reportage
29:44en Chine
29:46où la Chine
29:47le pouvoir chinois
29:48s'est aperçu
29:49que le foot
29:49c'était pas
29:50le top niveau
29:52ils ont créé
29:53une académie du foot
29:54ils ont mis
29:54des moyens
29:55considérables
29:56qui accueillent
29:57près d'un millier
29:58de gamins
29:59parce qu'ils se sont dit
30:00mais nous maintenant
30:01il faut qu'on soit
30:01présent sur le foot
30:02donc on va y aller
30:04à fond
30:04pour former
30:05les gamins
30:06et les gamines
30:06à faire du foot
30:07donc c'est vraiment
30:08un instrument
30:09voilà
30:10et ça
30:11c'est très dangereux
30:12parce que
30:15enfin je le redis
30:16je le dis partout
30:17dans tous mes débats
30:17mais
30:19on va accueillir
30:20les GOP
30:20en 2024
30:23c'est quand même
30:24on se dit
30:25le pays
30:25des droits
30:26des êtres humains
30:28moi je préfère
30:29des êtres humains
30:30que des droits
30:30de l'homme
30:30voilà
30:31des droits
30:32des êtres humains
30:34ça serait embêtant
30:35qu'on accueille
30:36dans les délégations
30:37des pays
30:38totalitaires
30:39qui interdisent
30:40la pratique
30:40aux femmes
30:42etc etc
30:42est-ce qu'on va laisser
30:43l'Afghanistan
30:44défiler
30:45au GOP
30:462024
30:48oui
30:49c'est quand même
30:50une question
30:51donc
30:53le problème
30:54c'est qu'il faut
30:54assainir
30:55le mouvement sportif
30:56international
30:58enfin
30:58la FIFA
30:59ça ne doit pas être difficile
31:01de la part du Qatar
31:02de distribuer
31:03dans la FIFA
31:05bon ça ne doit pas être difficile
31:06bon
31:07le CIO
31:09voilà
31:10oui mais pour qu'il y ait
31:11assainissement
31:12des structures
31:13internationales sportives
31:14il faut que
31:15les structures
31:16nationales
31:17sportives
31:18prennent la parole
31:19aussi
31:20il faut qu'on ait
31:21un débat
31:22à l'intérieur même
31:22du mouvement sportif
31:24or excusez moi
31:25mais il y a deux grandes muettes
31:26en France
31:26il y a l'armée
31:27et il y a le mouvement sportif
31:29donc il faut
31:29il faut que le mouvement sportif
31:31s'empare aussi
31:31de ces questions
31:32et disent
31:33nous on veut des instances
31:34internationales
31:34qui prennent d'autres choix
31:36que ceux qui sont pris
31:36à l'heure actuelle
31:37si le mouvement sportif
31:38si les hommes et les femmes
31:40qui aiment le sport
31:41qui pratiquent le sport
31:42et tout
31:43ne disent rien
31:44si ces millions
31:45de bénévoles
31:45ne peuvent pas
31:46prendre la parole
31:47pour dire
31:47voilà quel sport on veut
31:48au plan national
31:49et au plan international
31:50ces instances
31:51composées souvent
31:53de vieux monsieur
31:53continueront à régner
31:55et à faire régner
31:57leur conception du sport
31:58au plan international
31:59c'est surtout vrai
32:05c'est surtout vrai
32:08pour la FIFA
32:09puisque les représentants
32:10de la FIFA
32:10sont élus
32:11par les fédérations nationales
32:13et les fédérations continentales
32:16c'est moins vrai
32:17pour le CIO
32:18puisque les membres
32:19du CIO
32:20sont cooptés
32:21entre eux
32:22donc là
32:23ce serait d'autant
32:24plus urgent
32:24pour en revenir
32:26aux aspects géopolitiques
32:27ce n'est en effet
32:29pas nouveau
32:29Eric Serre
32:31a évoqué
32:31l'Argentine
32:32de Videla
32:33en 1978
32:34on pourrait parler
32:35de l'Italie
32:36de Mussolini
32:37en 1934
32:38on se retrouve
32:39aujourd'hui
32:40face à un dilemme
32:43le Qatar
32:43et j'ai pu entendre
32:46un petit peu
32:46en circulant
32:47dans la fête
32:48depuis deux jours
32:49le mot
32:49boycott
32:50arrivé
32:52je crois
32:52que
32:54rien ne serait
32:55plus dangereux
32:56que ce boycott
32:57de plus ridicule
32:58que ce boycott
32:59pour beaucoup
33:00de raisons
33:02ça paraît
33:03étrange
33:04de dire
33:05non non
33:05on va aller
33:06au Qatar
33:06mais
33:07qui regarde
33:08les matchs de foot
33:09c'est pas Bolloré
33:10qui est joueur
33:12dans l'équipe de foot
33:13c'est pas Bolloré
33:14le foot
33:15reste
33:16cet opium
33:17du peuple
33:17au contraire
33:19puisque
33:19la coupe du monde
33:21est organisée
33:21au Qatar
33:22profitons-en
33:23pour parler
33:24de ce qui se passe
33:25en termes de droits
33:26de l'homme
33:26pour parler
33:27de ce qui se passe
33:28en termes
33:29d'idiotie
33:29bioclimatique
33:30pour parler
33:31de ce qui se passe
33:32en termes
33:33de violation
33:33des droits
33:35LGBT
33:35parler de ce qui se passe
33:37en termes
33:38de violation
33:39des minorités
33:40en termes
33:41de puissance sociale
33:43de ce qui se passe
33:45pour les ouvriers
33:46qui sont aujourd'hui
33:48a priori
33:496500
33:50à être morts
33:51en construisant
33:53des stades
33:53dans des lieux
33:54ridicules
33:54parlons-en
33:55au contraire
33:56mais le boycott
33:57non
33:57le boycott
33:59on n'en a pas entendu
34:00parler
34:00pour le grand prix
34:01automobile
34:01à Jeddah
34:02en Arabie Saoudite
34:03pourtant
34:04en termes
34:05bioclimatiques
34:06une ville
34:07de Jeddah
34:08qui a le record
34:10du Jeddah
34:11à 350 mètres
34:13ou de la tour
34:14la plus haute
34:15qui est en cours
34:15de construction
34:16à plus de 1000 mètres
34:17dans un pays
34:19excessivement démocratique
34:21l'Arabie Saoudite
34:22on pourrait s'attendre
34:24quand même
34:24à une demande
34:25de boycott
34:25mais ceux
34:26qui appellent
34:27aujourd'hui
34:27au boycott
34:28non
34:29ils regardent
34:29le grand prix automobile
34:30donc
34:31aucun intérêt
34:32qui a parlé
34:33de boycott
34:33récemment
34:34le président
34:35du jury
34:36du festival
34:36de Cannes
34:372022
34:37qui par ailleurs
34:38a des discours
34:40souvent très intéressants
34:41très honorables
34:43Vincent Lindon
34:43pour ne pas le citer
34:44mais Vincent Lindon
34:45lorsqu'il est président
34:46du jury
34:47du festival de Cannes
34:49ne démissionne pas
34:50de son poste de présidence
34:51alors qu'il y a
34:52plus de 10 films
34:53qui sont présentés
34:54dans des jurys parallèles
34:56Un certain regard
34:57La semaine des réalisateurs
34:58plus de 10 films
35:00qui sont financés
35:01par le Doha Institute Film
35:02par l'Institut
35:04Qatari
35:05qui finance
35:05qui produit
35:07des films
35:07Donc là
35:08on est quand même
35:09dans une lecture
35:10très
35:12une lecture
35:13de classe
35:14de fait
35:15comme ce fut le cas
35:16en 78
35:18En 78
35:19c'était le quartier latin
35:21qui appelait au boycott
35:22bien plus que les mouvements
35:23ouvriers
35:24et le parti communiste
35:25comme l'humanité
35:26en 78
35:27avait défendu
35:28la participation
35:29parce que
35:29c'est l'occasion
35:30de parler de ce qui se passe
35:32dans le pays
35:32qui organise
35:33et qui n'aurait jamais dû
35:35organiser cette compétition
35:39C'est bien ce que je voulais dire
35:40c'est au niveau des instances
35:42qu'il va falloir travailler
35:44je pense qu'on n'est pas
35:45très loin de la fin
35:46il me semble
35:47pour terminer
35:48le foot dit populaire
35:49a-t-il encore un avenir
35:51et que faire pour cela
35:53qui veut répondre ?
35:58Oui bien sûr
35:59que le foot populaire
35:59a encore un avenir
36:00on a abordé
36:01quelques propositions
36:03quelques solutions
36:04je le redis
36:05il faut qu'il y ait
36:05une volonté politique
36:06il faut qu'il y ait
36:07une politique publique
36:08au niveau national
36:09comme au niveau
36:09de l'Union Européenne
36:12il faut que
36:13le mouvement sportif
36:15se mêle du débat
36:16et saisisse
36:17les instances internationales
36:19sur toute une série
36:19de questions
36:20et il faut que les supporters
36:21aient plus de pouvoir
36:22dans la gestion des clubs
36:23il y a toute une série
36:24de solutions
36:26qu'on peut mettre en oeuvre
36:27et puis j'ai envie de dire
36:28il pourra devenir
36:31encore plus populaire
36:32si on donne aussi
36:33plus de visibilité
36:34à la pratique féminine
36:36parce que
36:37donner au sport féminin
36:39une pleine visibilité
36:41c'est donner aussi envie
36:43à plein de petites filles
36:44de faire du foot
36:46et c'est aussi
36:47casser les préjugés
36:49familiaux
36:50qui font qu'on inscrit
36:52son garçon
36:53au foot
36:53et on inscrit sa fille
36:54à la gymnastique
36:56etc.
36:57et donc pour ça
36:58il faut qu'il y ait
36:59de la visibilité
36:59moi j'étais frappé
37:01par exemple
37:01comment
37:02grâce à la télévision publique
37:03d'ailleurs
37:04on a donné de la visibilité
37:05au rugby féminin
37:07à travers
37:07le tournoi des 6 nations
37:09elles ont loupé
37:10le grand chelème
37:10bon
37:11les anglaises nous ont
37:13mais
37:14de peu
37:15elles ont fait
37:16un beau tournoi
37:17des 6 nations
37:17et bien franchement
37:19beaucoup de gens
37:19en parlaient
37:20parce que
37:20ils ont découvert
37:22le rugby féminin
37:23et ça donne envie
37:24après aux filles
37:25de faire du rugby
37:26mais le foot
37:27à part
37:27on connait un peu
37:28l'équipe féminine
37:29du PSG
37:29on connait un peu
37:30l'équipe féminine
37:31de l'OL
37:32mais après
37:34où sont les équipes féminines
37:36dans les grands clubs
37:36professionnels
37:37où elles en sont
37:38on ne sait pas
37:39donc je pense
37:40qu'un des moyens
37:41aussi
37:42de redonner
37:42un coup de dynamique
37:44pour le foot
37:45populaire
37:46c'est de faire en sorte
37:47que les filles
37:48fassent du foot
37:49et qu'on voit
37:49les filles
37:50faire du foot
37:58pour prendre des termes
37:59un peu économiques
38:00le football
38:01apparaît vraiment
38:02comme un produit
38:03d'appel
38:03pour le combat
38:05pour l'égalité
38:06hommes-femmes
38:07et de fait
38:08en effet
38:09il faut se saisir
38:11de ce football féminin
38:12et il est amusant
38:13quand même
38:14de remarquer
38:15que des grandes
38:15chaînes nationales
38:17retransmettent
38:18l'euro féminin
38:20mais ils ne sont plus
38:21en mesure
38:21spécialement
38:22de retransmettre
38:23les autres compétitions
38:24c'est moins cher
38:24c'est moins cher
38:26et pourtant
38:27et pourtant
38:28ça valait le coup
38:29de le regarder
38:29cet euro féminin
38:30il y avait
38:30de sacrés matchs
38:32et pour en manger
38:33beaucoup des matchs
38:35je peux garantir
38:37que j'en vois
38:37beaucoup aussi
38:38de masculin
38:38beaucoup moins intéressant
38:40donc là
38:41ça valait le coup
38:42il y avait
38:42quelque chose
38:43à saisir
38:45pour l'instant
38:46ce n'est pas encore
38:47trop accaparé
38:49par le monde marchand
38:50ça risque
38:52d'arriver
38:52de toute façon
38:53c'est peut-être
38:53le prix à payer
38:54de ce football
38:55populaire
38:56genré
38:57bon
38:58en tout cas
38:58le football
38:59oui
38:59il peut rester
39:00populaire
39:01tant que la planète
39:02n'explose pas
39:05bien sur ces mots
39:06je pense que
39:08nous allons
39:09arrêter
39:09ce débat
39:10juste pour précision
39:12dans l'humanité
39:14je crois que c'est
39:14au mois de novembre
39:16sort un hors-série
39:17sur la coupe du monde
39:18évidemment
39:20voilà
39:21bonne fin de journée
39:22à tous
39:22merci
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