Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 10 heures
Le 14 février 2026, Quentin Deranque, militant nationaliste, a été tué à Lyon dans des affrontements avec des antifascistes. Depuis, La France insoumise, et toute la gauche par la même occasion, fait l’objet d’un véritable procès médiatique et politique. En tant que députée et représentante de LFI, comment répondre politiquement ? Alma Dufour, députée LFI de Seine Maritime, est notre invitée pour y répondre;

00:00 Comment LFI réagit aux attaques liées à la mort de Quentin D.
04:00 Retour sur la minute de silence à l’Assemblée nationale
09:30 Les liens entre la Jeune Garde et La France insoumise
16:00 Comment combattre la violence de l’extrême droite ?
25:15 La stratégie conflictuelle de LFI
29:45 LFI et les autres forces de gauche
39:35 L'union ou non ?
43:43 Menaces et harcèlements contre LFI après la mort de Quentin D.

✊ Faire un don défiscalisé à 66 % : https://www.humanite.fr/don
📰 Accéder aux contenus exclusifs : https://abonnement.humanite.fr/

📱 Pour ne rien manquer de l'Humanité :
Instagram : https://instagram.com/lhumanitefr
X (Twitter) : https://x.com/humanite_fr
Bluesky : https://bsky.app/profile/humanite.fr
Threads : https://www.threads.net/@lhumanitefr
TikTok : https://tiktok.com/@lhumanitefr
Twitch : https://twitch.tv/lhumanitefr

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:01Nous allons donc passer à la dernière partie de notre émission avec l'interview de la députée Alma Dufour que
00:10nous recevons maintenant sur scène.
00:23Bonsoir Alma. Alors je le disais, vous êtes députée la France insoumise de Seine-Maritime. La semaine dernière, Quentin Deranc,
00:31militant nationaliste, a été tué à Lyon dans des affrontements avec des antifascistes.
00:35Depuis la France insoumise et toute la gauche, par la même occasion, fait l'objet d'un véritable procès médiatique
00:41et politique. En tant que députée représentante de la France insoumise, comment est-ce que vous analysez d'abord cette
00:47période ?
00:49Alors bon, déjà, il faut commencer par le commencement, c'est-à-dire exprimer à quel point ce drame nous
00:55a tous choqués, à quel point on est forcément solidaires d'une famille en deuil, celle de M. Quentin Deranc,
01:03mais qu'effectivement, il faut aller plus loin que cette solidarité et réfléchir à ce qui se passe en termes
01:09politiques. Vous avez dit toute la gauche est mise en cause. Malheureusement, c'est pas exactement vrai.
01:14On était aux questions au gouvernement hier. C'est nommément la France insoumise qui est mise en cause, qui est
01:20mise en cause alors qu'aucun membre de la France insoumise, je le dis et le redit, n'a participé
01:25à aucun de ces événements.
01:26Il faut encore le redire, mais la conférence de Rima Hassan a eu lieu 2h30, 3h après les coups mortels,
01:34finalement, qui ont été portés à Quentin.
01:37Aucun membre de notre service d'ordre de la France insoumise n'était là, n'était impliqué. Et donc notre
01:42parti n'est pas impliqué, en fait, dans cette mort.
01:46Mais néanmoins, cela n'a pas empêché le ministre de la Justice, M. Darmanin, et le ministre de l'Intérieur,
01:52M. Nouniez, de parler de notre responsabilité soi-disant idéologique
01:58et de l'ultra-droite, représentée notamment par M. Vioquier, le parti aussi d'Éric Ciotti, de demander littéralement la
02:05dissolution de la France insoumise en hémicycle.
02:09Donc c'est de ça qu'on parle. Donc non, le parti LFI est nommément visé parce que ça fait
02:14partie d'une stratégie plus large, et justement, là, j'y viens,
02:17d'isoler la France insoumise du reste de la gauche à qui on donnerait des brevets de républicanisme, alors qu
02:25'on l'a vu, en fait, souvenez-vous,
02:26juste après les élections de 2024, la victoire du NFP, au début, la position de la droite, c'était tout
02:32sauf LFI, puis ensuite, c'était tout sauf les Verts,
02:35puis ensuite tout sauf LFI, les Verts et les communistes, puis ensuite tout sauf LFI, puis une partie du PS.
02:40Vous voyez qu'en fait, c'est une stratégie et qui remonte à loin. Moi, je me souviendrai que dès
02:442022, une des premières séances où j'ai siégé à l'Assemblée nationale,
02:48Elisabeth Borne nous traite d'anti-républicains, nous traite d'antisémites. Il n'y avait même pas eu les massacres
02:53du 7 octobre et la question du génocide à ce moment-là.
02:57Et donc, en fait, c'est une stratégie très pensée au niveau du gouvernement. Et je vais vous la nommer
03:03clairement. C'est celle d'inverser le Front républicain.
03:06C'est celle d'inverser le Front républicain, de faire rentrer dans l'arc républicain celui qui en était exclu
03:12depuis des années, c'est-à-dire l'extrême droite
03:14et notamment le Rassemblement national, et de créer le nouveau parti non républicain, qui serait la France insoumise, afin de
03:22permettre, en fait, aux libéraux
03:25et aux nélo-libéraux et à ceux qui servent les intérêts du grand patronat de se maintenir au pouvoir, puisque
03:30le camp macroniste ne peut plus prétendre,
03:32là, dans ce qu'on voit des sondages, potentiellement à gagner une nouvelle fois. Il décide, en fait, en lien
03:39avec Bernard Arnault, en lien avec M. Bouloré,
03:42de créer un autre diable, en fait, pour permettre au moins au ARN de gagner par ce biais de nouveau
03:50Front républicain.
03:51Et c'est ça qui est en train de se passer.
03:52Alors justement, on va en parler de cette diabolisation-là et de ses conséquences, notamment en temps d'élection municipale,
03:59de campagne municipale.
04:00Mais juste avant, vous parliez de la séance de questions au gouvernement. Juste avant, il y a eu une minute
04:05de silence.
04:06Alors bien sûr, il est normal de déplorer que quiconque meure pour ses idées.
04:11Mais le pédigré politique de la victime a posé un cas de conscience. Forcément, à gauche, c'était un militant
04:17de groupuscules néofascistes, ancien de l'action française.
04:21Est-ce que vous, vous y étiez à cette minute de silence ?
04:24Alors non, moi, je n'y étais pas. Très concrètement, parce qu'elle s'est décidée, évidemment, dans l'urgence.
04:30Moi, j'étais très occupée. Je vais vous le dire aussi très franchement, parce que je déplore aussi que dans
04:34ce pays, il y a des morts dont on ne parle pas, dont on ne parle jamais.
04:37Alors évidemment, celle des crimes racistes causés par l'extrême droite, dont j'ai eu l'occasion de parler sur
04:43BFM, et que je redirais.
04:45Hichem Mirawi, qui n'a pas eu le droit à une minute de silence.
04:48Jamel Benjébala, dont les éditorialistes ne connaissent même pas le prénom, qui n'a jamais eu le droit à une
04:53minute de silence.
04:54À Boubacar Sissé, il a fallu qu'on la redemande et qu'on la redemande, parce que Yael Brunpivet avait
04:58refusé une première fois cette minute de silence.
05:01Et tous les morts, puisqu'il y en a eu plus de 14, je crois, ces 4-5 dernières années,
05:06morts causés par l'extrême droite.
05:08Non, moi, je m'occupais là, en fait, d'un dossier qui est terrible.
05:11C'est le dossier des travailleurs d'ArcelorMittal à Fosse-sur-Mer, qui tombent comme des mouches.
05:19Je vais le dire clairement, à cause de l'amiante présente sur le site, et ça dure depuis 40 ans,
05:22et les pouvoirs publics et le président n'en ont rien à faire.
05:26Continuent à mettre des tapes dans le dos de M. Mittal, à dire qu'Arcelor, ça se passe super bien,
05:32alors qu'on a aujourd'hui 600 travailleurs en suivi renforcés pour cause d'expositions aggravées à l'amiante.
05:37Voilà. Donc ça, c'est des morts qui se comptent par centaines et qui n'ont le droit à aucune
05:42considération politique.
05:43Je parle même pas de minute de silence, mais même qu'on mentionne leur nom dans les médias de chaîne
05:49d'info en continu.
05:49Donc j'en parle parce que notre travail, c'est de s'occuper de tous et de tout le monde.
05:53Si j'avais été à l'Assemblée, j'aurais participé à cette minute de silence.
05:56Mais néanmoins, moi, je sais que notre parti a approuvé en bureau le fait qu'elle se tienne.
06:00Pourquoi ? Parce que c'est assez simple.
06:02Ils essayent tous de nous mettre la mort de Quentin sur le dos.
06:06Si on avait été les seuls à refuser cette minute de silence, ça voudrait dire qu'au mieux, on s
06:11'en fichait, au pire, on s'en réjouissait.
06:13C'est pas le cas. C'est pas le cas. C'est quand même un jeune homme de 23 ans.
06:16Mais je dois le dire que le fait que le climat fasciste, parce que c'est ça, la montée du
06:22fascisme dans les esprits,
06:24relayée en continu par ces chaînes d'information, provoque le fait qu'effectivement,
06:28on fasse une minute de silence pour quelqu'un qui faisait partie de l'Action française,
06:31qui en mai dernier avait participé à un défilé néo-nazi, néo-nazi qui chantait des chants nostalgiques du Troisième
06:39Reich.
06:39Du Troisième Reich. On nous accuse, nous, d'antisémitisme.
06:42Et on fait une minute de silence pour quelqu'un qui appartenait clairement à des mouvements violemment antisémites.
06:48Et 90 ans en plus, parce que c'était en février 1936,
06:51que Léon Blum se soit fait lyncher par des membres de l'Action française.
06:55Donc effectivement, je pense que cette journée marquera une étape franchie de plus dans la montée du fascisme dans notre
07:03pays.
07:03Montée qui, du coup, vient du ré-RN, mais qui vient en fait des élites, comme je l'ai dit.
07:08Des élites parce que, et comme M. Chapoutot nous l'apprend aussi sur la montée du nazisme en Allemagne,
07:13en général, pour beaucoup d'élites économiques, du moment qu'on sert leurs intérêts,
07:17une démocratie libérale un peu cadenassée ou un régime fasciste,
07:21ça revient en même du moment que les actionnaires sont contents.
07:23Vous l'avez abordé... Je vais vous laisser applaudir.
07:28Vous l'avez abordé en avril dernier.
07:32Il y a eu le plan de pivée. C'était opposé, justement, à une minute de silence en l'honneur
07:35d'Abu Bakar Sissé.
07:37Rappelons-le, victime d'un crime raciste à la mosquée de la Grand Combe.
07:40Vous avez parlé, je crois, sur BFM, c'était hier ou avant-hier, je ne sais plus,
07:44mais sur deux poids, deux mesures.
07:46Comment est-ce que vous l'expliquez, ce deux poids, deux mesures,
07:48qui est quand même marquant, en fait, surtout quand on est à gauche ?
07:53Comment je l'explique ?
07:57Honnêtement, de la part de la présidente de l'Assemblée,
08:00c'est quelqu'un qui est extrêmement politicien et qui ne suit pas son rôle.
08:06Je pense qu'elle prend ses conseils directement de la part du président de la République.
08:12Et je redirais aussi ce président qui donne des leçons de morale à tout le monde,
08:15mais qui dit qu'il y a trop de mamadou dans les urgences,
08:19qu'il a aussi traité de bande de tafiole, je ne sais pas qui.
08:22Enfin, bon, voilà, on connaît la manière assez violente et méprisante aussi les gilets jaunes, etc.
08:26Mais elle est en lien direct avec lui, et au lieu de faire son rôle de présidente de l'Assemblée
08:30nationale,
08:30c'est-à-dire de représenter l'institution,
08:33elle l'utilise et le dévoie très régulièrement à des fins politiques.
08:37Pourquoi elle le fait à ce point-là ? Je ne suis pas dans sa tête,
08:40mais néanmoins, c'est extrêmement violent,
08:43parce qu'on doit se battre pour des choses qui paraissent absolument fondamentales,
08:47d'un humanisme fondamental.
08:48Et je pense qu'elle sert encore une fois cette stratégie
08:51qui est vraiment rodée dans la tête du président de la République.
08:54Parce que souvenez-vous, en 2024, et on l'a appris après,
08:58évidemment, il y a beaucoup de candidats du camp macroniste
09:01qui ont joué le jeu du front républicain quand il y a eu des triangulaires,
09:04mais on a appris il n'y a pas si longtemps que ça,
09:06grâce à une enquête de Wally Bordas, un journaliste que je salue,
09:10qu'à l'époque, Emmanuel Macron avait fait pression sur des candidats
09:13pour qu'ils ne se retirent pas.
09:15Ce que je veux dire aujourd'hui, c'est que cette stratégie
09:17de faire péter le front républicain,
09:20c'est une stratégie du président de la République.
09:22Et je pense sincèrement, avec tout le respect que je ne lui dois pas,
09:25excusez-moi, mais que Yael Brunpivet est un petit soldat de cette stratégie-là.
09:31Alors, pour revenir à l'affaire Quentin de Ranck,
09:34parmi les interpellés, on note plusieurs personnes
09:36qui viennent de la Jeune Garde, collectif antifasciste,
09:39fondé par Raphaël Arnaud, qui est député à la France Insoumise du Vaucluse.
09:43Et ce mardi, Jean-Luc Mélenchon a réaffirmé
09:45que la Jeune Garde était une organisation associée au mouvement insoumis.
09:50Est-ce que, selon vous, ce lien doit justement être réaffirmé,
09:54même après ces événements ?
09:56Alors, déjà, il faut savoir que si cette association a lieu,
10:01c'est parce que c'est la première fois qu'on voit quelque chose
10:05de ce type-là, où la Jeune Garde est impliquée,
10:08c'est-à-dire, on va le dire, on va dire les mots,
10:10j'emploie pas le mot de lynchage parce que c'est une connotation historique
10:12très particulière, mais en tout cas, un tabassage en règle
10:15de quelqu'un qui est au sol et qui entraîne sa mort,
10:17c'est quelque chose que personne ne peut accepter.
10:19Et la France Insoumise non plus, je veux être claire là-dessus.
10:21Je veux être claire là-dessus.
10:22Ma solidarité avec l'antifascisme que j'ai toujours soutenue,
10:26même sous la forme défensive, j'ai été militante,
10:29j'ai été activiste, mais ça, c'est pas possible.
10:31Par contre, effectivement, là, ce qu'on essaye de comprendre,
10:34voilà, c'est qui a porté quel coup.
10:36Et aujourd'hui, vous comprenez qu'il y a une enquête
10:38qui est en cours, il y a eu des interpellations hier.
10:42Moi, j'ai été très, très, très, très surprise
10:45parce que vraiment, si nous sommes associés à la jeune garde
10:48et si je respecte infiniment Raphaël Arnaud,
10:50c'est que c'est un mouvement qui, à la base,
10:52a des méthodes très claires, une ligne très claire politique,
10:55mais aussi des méthodes d'action très claires.
10:57Et donc là, bon, il y a un basculement,
10:59mais il faut qu'on sache ce qui se passe.
11:00Et on peut pas prendre de décision avant qu'on sache,
11:03en fait, ce que donne l'enquête.
11:04Et c'est normal. On doit attendre de savoir
11:07qui a participé à quoi, qu'est-ce qui s'est passé.
11:09Et en fonction, nous prendrons les décisions
11:11qui doivent être prises.
11:11Mais je peux pas me prononcer avant
11:14qu'on ait le fin mot de l'histoire.
11:15Mais ce que Jean-Luc Mélenchon a fait, pour le coup, lui.
11:17Mais il attend l'enquête comme tout le monde.
11:19Il entend l'enquête comme tout le monde.
11:20Enfin, je veux dire, pour l'instant,
11:22c'est très douloureux.
11:23Déjà, je peux vous dire que les camarades, forcément,
11:25sont dans un état épouvantable.
11:28Et c'est pas du tout pour minimiser
11:30l'état de la famille de Quentin, évidemment.
11:32Mais quoi qu'il en soit, c'est quelque chose
11:33de très délicat, de très dur.
11:35Et donc, on est tous dans l'expectative
11:36d'en savoir plus aujourd'hui.
11:38Et je peux vous dire, évidemment,
11:39qu'on a très peu d'infos
11:40de la part des ministres concernés
11:42dont j'ai parlé,
11:43puisqu'eux, ils préemptent les sujets
11:45pour en faire des armes politiques.
11:47Et nous, on navigue dans un flou total
11:49sur les responsabilités des uns et des autres.
11:52Concernant Raphaël Arnaud,
11:53qui n'est évidemment pas impliqué
11:54dans cette affaire-là...
11:55Non, il était à l'Assemblée ce jour-là,
11:57donc c'est quand même difficile de dire qu'il est...
11:58Voilà.
12:00Maud Bréjon vous a demandé
12:01de l'exclure du groupe Insoumis.
12:03Vous avez refusé.
12:04Quand je dis vous, c'est le groupe Insoumis.
12:06Est-ce que vous n'avez pas peur
12:07que ça vous colle au basket quelque part,
12:10qu'on vous reparle sans cesse,
12:12en permanence, de Raphaël Arnaud,
12:13alors que vous avez un travail parlementaire
12:15à défendre par ailleurs ?
12:16Bien sûr.
12:17Bien sûr qu'on a peur de ça.
12:19Bien sûr que ce sera le cas
12:20si on maintient cette décision.
12:22Mais que ce soit ça ou autre chose,
12:24de toute manière, vous comprenez bien.
12:25Et c'est pour ça, encore une fois,
12:27sans minimiser les faits
12:28qui sont d'une particulière gravité.
12:31De toute manière, moi, ça fait 4 ans...
12:32Enfin, je suis élue depuis 2022.
12:34C'est mon premier mandat, d'ailleurs.
12:36Je votais la France Insoumise,
12:37mais je n'étais pas militante.
12:39Comme beaucoup de gens, des fois,
12:40je me trouvais qu'ils avaient quand même
12:41bouffe-coude à faire toujours.
12:43Beaucoup de com, bad com, etc.
12:45J'écoutais France Inter à l'époque
12:47et je me disais quand même
12:48comment ils font pour être toujours
12:49un peu pointé du doigt ?
12:50Ils doivent faire quelque chose aussi de mal.
12:52Mais en fait, je me suis rendue compte
12:54et j'ai appris ce dont j'aurais dû me souvenir.
12:56C'est-à-dire, évidemment,
12:58les principes de base de la lutte des classes,
13:00les principes de base aussi de l'orientation
13:02de l'opinion politique dans une démocratie libérale.
13:04Je recommande à tout le monde
13:05de relire Noam Chomsky, par exemple,
13:07sur ces sujets-là.
13:08Et en fait, je me suis rendue compte
13:09que quoi qu'il se passe,
13:11de toute manière, il ne nous lâcherait pas
13:12et qu'à mesure qu'on monte dans les sondages,
13:14ils feront de tout une affaire.
13:17Je rappelle juste quand même quelque chose.
13:18Ils ont accusé mon collègue Carlos Martins Bilongo
13:22de fraude fiscale et sociale
13:25sur la base d'un document de traque fin
13:28qui est l'administration fiscale justement
13:31qui lutte contre la fraude, etc. financière,
13:33qui était un document faux.
13:35Est-ce que vous vous imaginez
13:37qu'on a le président d'une administration publique
13:40qui fait la chasse à l'évasion fiscale
13:42et aux fraudeurs fiscaux
13:43qui, à la demande, et attention,
13:45parce qu'on ne s'arrête pas là,
13:46des Émirats arabes unis,
13:47parce que Carlos nous représentait
13:49à la COP qui était organisée là-bas
13:51et que les Émirats arabes unis
13:52mènent une guerre d'influence géopolitique
13:54très importante dans plein de pays
13:56et dans le nôtre,
13:57a bidonné une note
13:59et a jeté en pâture mon collègue
14:01qui a été innocenté par la justice
14:03un an plus tard, mais évidemment,
14:04tout le monde s'en fiche.
14:05Ce qui reste, c'est Carlos Martins Bilongo,
14:07le fraudeur.
14:08Pareil pour Rachel Keke,
14:10qui s'était fait traiter
14:10de profiteuse de logements sociaux.
14:12Si elle avait habité dans une belle baraque,
14:13on lui aurait dit regarder.
14:14Elle payait un surloyer.
14:16Elle était dans son quartier
14:17avec ses enfants.
14:18Ce que je veux dire,
14:19c'est qu'en fait,
14:20on va subir polémique sur polémique
14:22et je reviens évidemment,
14:24juste un dernier point,
14:25sur Gaza, pardon.
14:27On a été les premiers.
14:29Mais dès le début du siège humanitaire,
14:32on a dit que ça allait se finir
14:33en plus grand drame humanitaire
14:35du XXIe siècle.
14:36On a, dès le début,
14:37on s'est levé et on a dit
14:39non, on n'a pas le temps d'attendre,
14:40en fait.
14:41On n'a pas le temps d'attendre
14:42que ce soit passé.
14:43Il faut clarifier, qualifier tout de suite.
14:46On a été lynchés.
14:47Aujourd'hui, le génocide continue.
14:49Ce que je veux dire,
14:50c'est que j'appelle aussi aux gens,
14:52pas les gens profondément convaincus
14:54déjà de ça,
14:54mais les sympathisants de gauche,
14:56un peu plus éloignés, etc.
14:58Ceux qui ont, parfois,
15:00ils ont de la chance, le loisir aussi,
15:01de s'instruire et d'aller un peu plus loin.
15:03Il y a beaucoup de gens
15:04des classes moyennes éduquées
15:05qui, parfois, me surprennent
15:06par leur naïveté.
15:07Je veux dire,
15:08on est dans une démocratie,
15:09mais on est dans une démocratie autoritaire.
15:12On est dans un débat public
15:13qui est biaisé.
15:14Et à un moment donné,
15:15je vous le dis,
15:16il va falloir s'en rendre compte
15:18parce que les polémiques
15:19contre la France insoumise
15:20ne s'arrêteront jamais.
15:22Ce qui est en train de se jouer,
15:23juste pour finir,
15:24c'est la fin possible
15:25d'une élite financière en France.
15:26Ils réagissent comme ça.
15:27Pourquoi ?
15:28Parce que la taxe Zuckman,
15:29elle a failli passer.
15:30Parce que là,
15:31on découvre qu'il y a 13 000 millionnaires français
15:34qui ne payent pas d'impôts en France.
15:36Ils sentent le sol trembler sur leurs pieds.
15:38Et donc, à mesure qu'on se rapproche de 2027,
15:40juste, ça va être de pied en pied.
15:42Évidemment, on entend tout ce que vous dites.
15:45Et on reviendra...
15:47Je voudrais juste qu'on termine
15:48sur la jeune garde,
15:50mais surtout sur comment est-ce qu'on combat
15:54la violence à gauche.
15:55Il faudra absolument qu'on revienne
15:56sur les polémiques autour de la France insoumise.
15:59Mais on avait envie de vous demander
16:00la place que doivent occuper les groupes antifascistes
16:03comme la jeune garde dans l'écosystème de gauche.
16:05Comment est-ce qu'on combat la violence
16:06de l'extrême droite en temps de paix
16:08quand on est à gauche ?
16:10Parce que si on ne se pose pas la question en ce moment,
16:14même si j'entends ce que vous dites,
16:16qu'il y a beaucoup de douleurs,
16:19que là, la période, elle est très lourde,
16:20il faut qu'il y ait une réponse politique profonde.
16:25Et donc, je vous repose ma question.
16:27Comment est-ce qu'on combat la violence
16:28de l'extrême droite en temps de paix ?
16:33Écoutez, je pense que la ligne, justement,
16:36de la jeune garde à la base,
16:38qui est la ligne défensive,
16:39est une ligne qui s'entend.
16:40Et pourquoi elle s'entend ?
16:42Parce que, par exemple, à Lyon,
16:43c'est ce que j'ai essayé d'expliquer chez BFM,
16:46mais ils ne voulaient pas entendre.
16:47De toute manière, il n'y a pas plus sourd
16:48que quelqu'un qui ne veut pas entendre,
16:49mais en gros, à Lyon, ce qui se passe,
16:52c'est qu'il y a des attaques régulières,
16:53des gens ont peur,
16:54et la police n'intervient pas forcément.
16:55C'est bien le problème.
16:57Si on était dans une situation
16:59où on avait une police
17:02qui est vraiment là,
17:04toujours là,
17:05pour protéger les citoyens et les citoyennes,
17:07quand il y a des nervis néofascistes, etc.,
17:10qui se baladent dans les rues et qui menacent,
17:12je dirais, on est en démocratie,
17:14c'est le travail de la police.
17:17Après tout, ils ont le monopole
17:18de la violence légitime,
17:20c'est leur travail de s'interposer.
17:22Il n'y aurait qu'eux, normalement,
17:23qui devraient éventuellement porter
17:25une arme non létale sur eux, etc.,
17:28pour intervenir.
17:29Alors déjà, samedi, ils n'étaient pas là,
17:31enfin très peu,
17:32alors que les renseignements étaient déjà prévus.
17:34Mais le problème, c'est que ce n'est pas la première fois
17:35et que c'est sur ces 102 attaques
17:37qu'il y a eu à Lyon,
17:3770% n'ont pas été élucidés.
17:39À Lille, c'est arrivé aussi,
17:41dans plein d'endroits, c'est arrivé aussi,
17:42et c'est aussi pour ça
17:43qu'il y a des jeunes qui ressentent le besoin
17:45de s'autodéfendre, entre guillemets,
17:47parce que l'État manque à l'appel,
17:50par moment, évidemment pas tout le temps,
17:52dans ce genre de cas.
17:53Là, c'était clairement pas de l'autodéfense
17:54qu'on a vu.
17:55Mais c'est justement ce que je suis en train de dire.
17:57Et c'est exactement la ligne
17:58qu'on est en train de tracer.
18:00C'est-à-dire que mon mouvement a été très clair
18:02qu'il ne peut pas s'agir d'attaque.
18:05Il ne peut jamais s'agir d'attaque
18:07et non seulement,
18:08et a fortiori, d'attaque mortelle.
18:10Est-ce que je peux être plus clair que ça ?
18:11De toute manière,
18:12moi, je suis pour un mouvement non-violent.
18:13Je vous dis que je peux comprendre,
18:14quand je suis un jeune dans une ville
18:16où il y a des fachos
18:17qui font des raids, etc.,
18:19que j'ai envie de porter,
18:20ne serait-ce que même sans rejoindre
18:21la jeune garde ou quoi,
18:22une gazeuse ou quoi sur moi.
18:23Ça paraît logique, en fait.
18:24Depuis ce qui s'est passé,
18:25j'ai reçu des dizaines de témoignages
18:27de Lyonnais et de Lyonnaises
18:28qui disaient qu'ils avaient peur
18:30quand ils sortaient tard des cours, etc.
18:32Donc ça, je peux l'entendre.
18:34Le problème, c'est que
18:34quand on ne maîtrise pas
18:36justement ces éléments violents,
18:37il y a des gens qui sont tentés
18:39par l'autodéfense,
18:40mais l'autodéfense ne mène jamais
18:41à rien de bon
18:42parce qu'elle mène à l'escalade
18:43de la violence
18:44et elle mène exactement au drame
18:45qui s'est produit jeudi dernier.
18:47Mais la réponse est toujours
18:49un peu plus difficile,
18:50vous comprenez bien.
18:51Et d'ailleurs, ça ne concerne pas
18:52que la jeune garde.
18:53Ça concerne aussi beaucoup de gens
18:55dans les quartiers populaires,
18:57dans Macirco, par exemple,
18:58qui ont très bien...
18:59Enfin, quand en 2024,
19:00et je finirai là-dessus,
19:01le RN a failli gagner chez moi.
19:04Il y avait des jeunes racisés
19:05qui étaient terrifiés.
19:07Mais il y en avait
19:08qui étaient terrifiés,
19:09mais qui disaient
19:09du coup, je suis armée.
19:10Voilà, c'est ça, en fait.
19:11Quand on ne lutte pas suffisamment
19:13contre l'extrême droite
19:14et ses violences,
19:15quand on n'est pas suffisamment clair,
19:17quand on ne les dénonce pas,
19:19quand on ne les poursuit pas assez,
19:21malheureusement,
19:22c'est ça qui va se passer.
19:22Donc la réponse politique,
19:24c'est évidemment
19:26une présence policière renforcée,
19:27la dissolution de ces groupes violents
19:29et le fait que la police
19:31soit là pour vraiment protéger les gens.
19:33Est-ce qu'il n'y a pas aussi
19:35le prisme du genre
19:36à réfléchir autour de ces questions-là ?
19:39Parce que ce qu'on ne dit jamais,
19:40en fait, quand on regarde ces vidéos,
19:42que ce soit à la télévision
19:44ou bien même nous,
19:44dans nos discussions,
19:45c'est qu'en fait,
19:45il ne s'agit que de jeunes hommes.
19:47Et que là, on parle aussi
19:48d'une approche très viriliste,
19:50finalement,
19:51de la gestion de la politique.
19:54On peut aussi se dire
19:56qu'il n'y a plus du tout
19:57de politique qui est en train
19:58d'être faite.
20:00Est-ce que pour lutter
20:01contre la violence en politique
20:02et donc de l'extrême droite,
20:04il ne faut pas aussi
20:04une approche féministe,
20:06très clairement,
20:06y compris apportée
20:08dans les partis progressistes
20:10de gauche,
20:11particulièrement à les porter là ?
20:12Mais par exemple,
20:14très concrètement,
20:14politiquement,
20:16parce que là,
20:16vous me parlez d'actes concrets,
20:19j'entends ce que vous dites,
20:20mais je ne suis pas totalement d'accord.
20:22Parce que, oui,
20:24il y a un cercle viriliste,
20:25oui, les hommes ont plus tendance
20:28à être violents entre eux
20:29parce que de toute manière,
20:30les femmes ont peur de la violence
20:32pour les raisons qu'on connaît.
20:35Néanmoins,
20:36quand on parle de vie ou de mort,
20:37quand sa vie est menacée,
20:39on ne peut pas mettre en place
20:41ce prisme-là non plus
20:42parce qu'en fait,
20:44c'est naturel
20:46de vouloir se défendre.
20:47Vous voyez ce que je veux dire ?
20:47Et je ne vois pas là comment,
20:49là tout de suite,
20:49en claquant des doigts,
20:50en disant,
20:50c'est à cause des hommes
20:51qu'il y a de la violence,
20:53ça va régler le problème
20:55dont on parle.
20:57Et ça me gêne un petit peu.
20:58Enfin, je veux dire,
20:59moi, je vais vous dire très clairement,
21:00j'ai été victime de violences.
21:01C'était des hommes, effectivement.
21:03C'était un policier homme.
21:04Voilà, on m'a tiré dessus
21:05deux fois à coups de flashball.
21:06Donc moi, la découverte
21:06de la violence en politique,
21:07je l'ai faite bien avant
21:08ce qui se passe
21:09et je l'ai faite sous Emmanuel Macron
21:10et la manière dont il traite
21:11les manifestants.
21:12L'autre personne
21:13qui m'a frappée dans ma vie,
21:14c'était un actionnaire de Bolloré
21:15qui avait 70 ans
21:17lors d'un blocage
21:19d'une AG.
21:21Bref, ce que je veux dire,
21:22c'est que j'entends philosophiquement
21:24ce que vous dites
21:25et sur le long terme,
21:28éduquer les jeunes hommes
21:29dans des principes de non-violence,
21:32éduquer les jeunes hommes
21:33pour qu'ils montrent leurs émotions,
21:35qu'ils entrent dans le dialogue, etc.,
21:36et bien sûr, ça fait partie
21:38de notre programme
21:39et de notre vision du monde.
21:40Mais là, dans l'urgence
21:41de la situation,
21:42malheureusement,
21:42c'est des choses tellement culturelles
21:44et tellement séculaires
21:45que c'est difficile
21:46d'en sortir
21:47en un claquement de doigts.
21:49On voulait aussi vous parler
21:50de stratégie politique,
21:52en particulier, évidemment,
21:53de la France insoumise.
21:55Mais on va aussi effleurer
21:56et aborder le procès
21:57qui peut être fait parfois
21:58à la France insoumise
21:59de brutaliser le débat public,
22:03voire même de rendre la vie politique
22:06plus conflictuelle.
22:08D'ailleurs, Jean-Luc Mélenchon
22:09lui-même l'a conceptualisé.
22:11Selon lui,
22:12l'action politique progressiste,
22:13je le cite,
22:14est nécessairement conflictuelle.
22:16Et il a dit
22:16l'action politique
22:17doit donc conflictualiser
22:19tout ce qu'elle touche.
22:20Est-ce que vous assumez toujours
22:22cette stratégie ?
22:23Est-ce que vous la réaffirmez ?
22:24Ou est-ce qu'en ce moment,
22:25on est en train de voir
22:26les limites, justement,
22:27de cette stratégie ?
22:28Déjà, il ne faut pas confondre
22:29conflit et violence.
22:32Et rapport de force et violence.
22:34C'est ça aussi,
22:34parce que c'est un flou
22:36qu'essaye d'entretenir volontairement,
22:38justement, les libéraux,
22:40les macronistes,
22:41un peu la bourgeoisie en général.
22:42C'est-à-dire que vous voyez
22:43le glissement de la violence,
22:45il est très, très, très...
22:46Il va très, très, très vite
22:47et même des simples mots
22:48deviennent de la violence.
22:50Et en fait,
22:51rendez-vous bien compte
22:52que toujours,
22:52la question de la violence,
22:54qui dit ce qui est violent ou pas,
22:55ça appartient toujours à l'élite.
22:57Et je vais le redire,
22:58en fait,
22:59voilà,
22:59moi, la première fois
23:00que je me suis fait frapper,
23:01donc c'était avant les Génie,
23:01c'était un actionnaire de Bolloré.
23:03C'était un monsieur
23:04qui visiblement habitait
23:05à Neuilly-sur-Seine,
23:07de 75 ans.
23:08J'ai entendu les écologistes,
23:11les insoumis, etc.,
23:12se faire traiter,
23:13mais depuis des années,
23:15de khmerverts,
23:16de dictateurs,
23:17de bolcheviks,
23:18de mots qu'on n'a jamais utilisés,
23:20nous,
23:21pour qualifier
23:22nos adversaires politiques,
23:24les terroristes intellectuels
23:26de la NUPES.
23:26Ça, c'était Darmanin.
23:27La droite a toujours été
23:29extrêmement violente
23:30dans les mots
23:31qu'elle emploie
23:32et a toujours extrêmement
23:34conflictualisé
23:34le débat politique.
23:35Donc, c'est pas nous
23:37qui avons inventé
23:39cette question-là.
23:40Et justement,
23:41encore une fois,
23:42c'est toujours
23:44les élites
23:45qui décident
23:45ce qui est violent ou pas.
23:47Je vous parlais
23:47des 600 personnes
23:49atteintes de l'amiante
23:50dont on ne parlera pas,
23:51des morts dont on ne parle pas.
23:53Encore une fois,
23:54je suis désolée,
23:55mais qu'on nous dit
23:56que nous avons apporté
23:58la violence politique
23:59dans ce pays
23:59et qu'on se souvient juste
24:01des gilets jaunes.
24:02Je veux dire,
24:03notre président
24:04a été décrié
24:05dans le monde entier
24:06et par Amnesty International
24:08et par l'ONU
24:09pour une gestion
24:10d'une violence inouïe.
24:12Les libertés publiques,
24:14ça fait des années
24:15qu'elles reculent.
24:16Donc, maintenant,
24:17est-ce que nous,
24:17face à ça,
24:18et comme je disais,
24:19je reviens au début
24:20de mon propos,
24:20c'est-à-dire que
24:22les élites qui sont d'accord
24:23avec un régime
24:24de démocratie libérale,
24:25tant qu'elles vont
24:26dans leur sens,
24:27tant qu'il va dans leur sens,
24:28seront tout à fait d'accord
24:29avec un régime
24:30beaucoup plus autoritaire
24:31si ça peut servir
24:32à leurs intérêts.
24:32Nous, qu'est-ce qu'on fait ?
24:33C'est-à-dire que nous,
24:34ce n'est pas nous
24:34qui instigons.
24:35Nous, on est dans la réponse.
24:37Est-ce qu'on fait
24:37comme les écologistes,
24:39excusez-moi,
24:40où on baisse un peu les yeux,
24:41on tend des bouquets de fleurs
24:43au CRS en manifestation,
24:45pardon,
24:47ou est-ce qu'en fait,
24:48on assume ça
24:49et on dit par contre
24:50que la non-violence
24:51et la conflictualité,
24:52ce n'est pas la même chose.
24:53Mais par contre,
24:53je ne crois
24:55qu'il n'y a que
24:55le rapport de force
24:56qui fonctionne en politique.
24:58Il n'y a qu'une crainte
24:59de perdre le pouvoir
25:00de leur part
25:00qui les fait prendre
25:01des bonnes décisions.
25:03Mais sans parler,
25:04je ne vous parle pas
25:05d'aller prendre
25:05des kalachnikovs
25:06et d'aller faire une révolution.
25:07Je vous parle
25:08de la grève,
25:09je vous parle d'action,
25:11je vous parle de choses
25:12qui montrent
25:12qu'on est plus fort
25:13et qu'ensemble,
25:13on est organisé.
25:14C'est de ça qu'on parle.
25:15Mais j'entends
25:15et je comprends totalement
25:16l'utilité d'un rapport de force,
25:18en particulier à gauche,
25:20face aux classes dominantes
25:21ou en tout cas aux représentants
25:21des classes dominantes,
25:22évidemment.
25:23mais on peut quand même
25:24se poser la question
25:25de l'efficacité
25:26de cette stratégie.
25:27Évidemment que
25:27quand on a envie
25:29d'amener la révolution populaire
25:31comme vous pouvez l'appeler,
25:34ça passe par les urnes.
25:35Et là, aujourd'hui,
25:36on voit que
25:36si on compare
25:37les différentes élections présidentielles,
25:39vous clivez plus que jamais
25:41et même si vous pouvez
25:42peut-être espérer
25:43une qualification au second tour,
25:45vous pouvez difficilement
25:46espérer une élection
25:48au second tour
25:49de l'élection présidentielle.
25:50Donc est-ce que
25:51répondre au conflit
25:52par le conflit
25:53finalement ne vous a pas
25:54fait perdre
25:54quelques plumes
25:56et quelques espoirs
25:56aussi d'atteindre l'Elysée ?
25:59Alors,
26:00moi je pense
26:01qu'il faut,
26:01encore une fois,
26:02il faut prendre du recul.
26:04La France insoumise,
26:05donc ça fait dix ans
26:05que ça existe,
26:06le parti de gauche
26:07un peu plus longtemps.
26:08Aujourd'hui,
26:09on est
26:11la force
26:11de rupture sociale
26:14qui est le plus proche
26:15d'atteindre le pouvoir
26:16en Europe.
26:18Il faut juste réfléchir
26:19à ça aussi
26:20comme ça
26:20en prenant du recul.
26:21Vous croyez
26:22que l'extrême droite
26:23elle gagne partout
26:24dans le monde
26:25et il n'y a pas toujours
26:26la France insoumise
26:27en face.
26:28Et regardez
26:29l'échec cuisant
26:30de Kamala Harris
26:32par exemple
26:32face à Donald Trump.
26:34Regardez
26:34comment en Allemagne
26:35le SPD,
26:36le parti socialiste
26:37est en train
26:37de s'effondrer
26:38et que notre équivalent,
26:40bon c'est l'Allemagne,
26:40donc on va dire
26:42qu'on ne s'est pas près
26:42que Dillinke
26:43gagne en Allemagne
26:46mais Dillinke
26:47monte, monte, monte
26:48comme jamais.
26:50Regardez
26:50au Royaume-Uni
26:52le parti travailliste
26:53s'effondre
26:54parce qu'ils ont repris
26:55aussi les rhétoriques
26:56racistes
26:57de la droite
26:57et de l'extrême droite
26:58et le seul parti
26:59qui est en train
27:00de remonter
27:00face à cette menace
27:01et j'espère que ça suffira
27:03mais ce sera probablement
27:04pas le cas, c'est le parti
27:05de Jérémy Corbyn.
27:07Donc finalement
27:08dans les faits,
27:09quand on dézoome,
27:11Lula il a regagné
27:12au Brésil
27:13mais bon Lula
27:14il ne mâche pas ses mots
27:14c'est quand même
27:15quelqu'un qui vient
27:15du milieu du travail
27:17et je ne vois pas
27:17en quoi on est plus violent
27:19que Lula
27:19dans la manière
27:20dont on présente
27:21les rapports de force
27:21et les conflits.
27:22On a utilisé le mot clivant
27:22on n'a pas utilisé le mot clivant
27:23clivé voilà
27:23non mais voilà
27:24dans la conflictualité
27:25en fait
27:27ce qui compte
27:28justement
27:29c'est d'être vrai
27:31et d'incarner réellement
27:33et ce n'est même pas d'incarner
27:33c'est de défendre réellement
27:35les problématiques des gens
27:36mais aussi leur colère
27:39et le problème
27:40c'est que les affects
27:40ne sont pas les mêmes
27:41en fonction des classes sociales
27:42donc c'est pour ça
27:42que je reparlais
27:43des classes sociales éduquées
27:45pour lesquelles
27:46j'ai beaucoup de respect
27:47j'en fais à moitié partie
27:48moi j'ai deux
27:49je suis un peu
27:51bref
27:51je ne vais pas vous raconter ma vie
27:52mais voilà
27:52j'ai à la fois grandi
27:53dans un HLM
27:55mais aussi une famille
27:55du côté de mon père
27:57très éduquée etc
27:57ce que je veux dire
27:59c'est que
27:59chez les classes moyennes
28:00il y a un sentiment de peur
28:01et un besoin d'être rassuré
28:02un besoin d'avoir des discours
28:04chez les classes populaires
28:05que je représente là moi
28:05aujourd'hui dans la circonscription
28:07c'est la colère qui domine
28:08et les seuls gens
28:09qu'ils respectent
28:09qu'ils écoutent
28:10c'est les gens
28:13qui vivent comme eux
28:14les drames qu'ils vivent
28:15c'est à dire que
28:15comment vous voulez pas être en colère
28:17quand vous allez perdre votre job
28:19d'un plan social
28:20mais qu'en plus vous allez peut-être
28:21vous retrouver avec un cancer en prime
28:22c'est de ça dont on parle
28:24donc moi je pense que
28:26c'est pas une mauvaise stratégie
28:27sinon on n'arrêterait pas de monter
28:30élection après élection
28:31faut juste dire qu'on est un parti
28:33qui est très jeune
28:33et là on va être au deuxième tour
28:37et je vous en supplie
28:38c'est le dernier message
28:39que je veux faire passer
28:40en 2022
28:41j'étais pas encore la France insoumise
28:42tous les gens autour de moi
28:44toujours les mêmes classes
28:46pas populaires moyennes
28:47éduquées que j'adore etc
28:48me disaient c'est foutu
28:50c'est mort
28:50de toute manière
28:51on n'y arrivera pas
28:52sans union de la gauche
28:54nanana
28:55on a fait finalement
28:57on était au bord du deuxième tour
28:58justement j'allais vous parler
28:59d'union de la gauche
29:00on a fait une remontée
29:02voilà on a fait 20%
29:04justement
29:04alors c'est intéressant
29:05donc ça veut dire qu'on peut gagner
29:06le deuxième tour cette fois
29:07et ne recommencez pas
29:08non mais pardon
29:09mais ne recommencez pas
29:10le cycle éternel
29:11de la désespération
29:12parce que ça
29:13que vous le vouliez ou non
29:14je dis pas que vous le faites exprès
29:16mais en fait c'est une musique
29:19que répandent
29:20les élites
29:21justement pour que les gens
29:22se démobilisent
29:22justement
29:22si je vous parle de conflictualité
29:24et en plus vous abordez
29:24la question de l'union de la gauche
29:26vous faites ma transition
29:27c'est aussi parce que
29:28cette conflictualité
29:29parfois elle déborde aussi
29:30du côté de
29:32de vos partenaires de gauche
29:33on vous a entendu là
29:34avec votre petite pique
29:35à l'égard des écologistes
29:37mais on entend aussi souvent
29:38ça va c'était pas trop méchant
29:40non ça va
29:40je les aime
29:41non mais les écologiques
29:42je les aime bien
29:42en plus
29:43mais on a entendu
29:44quelques fois
29:45Jean-Luc Mélenchon
29:46parler des écologistes
29:47des communistes
29:48et des socialistes
29:48en disant
29:49qu'ils étaient ridicules
29:51de servilité
29:51en allant par exemple
29:53aux convocations
29:53de Sébastien Legornu
29:55pour parler du budget
29:56on a entendu aussi
29:57parler d'alliés toxiques
29:59est-ce que cette conflictualité
30:01justement
30:01elle peut pas
30:03justement barrer
30:05vos espoirs
30:05d'accession au pouvoir
30:07parce que
30:08ça annihilera
30:10forcément
30:10toute chance d'union
30:11en tout cas
30:12ça affaiblira
30:14la possibilité
30:15de serrer les rangs
30:15ok
30:17moi je suis pour
30:18l'union
30:19sans le PS
30:20on va être là
30:21mais il y a quelque temps
30:22vous l'étiez
30:23sans les communistes
30:24et puis après
30:24c'était
30:25oui
30:26comment ça
30:26en 2024
30:28Jean-Luc Mélenchon
30:29avait fait une offre fédérative
30:30aux écologistes
30:31qui ne concernaient pas
30:32les socialistes
30:33et les communistes
30:34maintenant il fait
30:35une offre fédérative
30:36aux communistes
30:37seuls
30:37en excluant
30:38on a l'impression
30:39que ça change
30:41régulièrement
30:41en 2024
30:42on s'est tous alliés
30:43sauf erreur de ma part
30:44non c'était juste après
30:45juste après
30:46les législatives
30:48victorieuses
30:48du nouveau Front populaire
30:49mais tout ça pour dire
30:50qu'on a l'impression
30:51on a du mal à comprendre
30:52avec qui vous voulez vous allier
30:54et si même vous voulez vous allier
30:55à qui que ce soit
30:56en fait
30:57alors
30:58c'est très très simple
30:59pourtant
31:00parce que là
31:00il y a les municipales
31:01qui vous donnent quand même
31:01les clés de lecture
31:02assez simples
31:04le parti socialiste
31:05n'a jamais été notre allié
31:07d'ailleurs
31:07Jean-Luc Mélenchon
31:08l'avait quitté
31:08pour les raisons évidentes
31:11que vous connaissez tous
31:13mais du coup
31:13en 2022
31:15on a tendu la main
31:17à un parti
31:17qui avait fait 1,7%
31:19à la présidentielle
31:20tout ça pour que
31:22je vais vous le dire
31:23très franchement
31:24en fait
31:25très progressivement
31:26on a vu à chaque fois
31:27qu'il y avait une polémique
31:28on était le premier parti
31:29de gauche à abattre
31:29tout comme les Verts
31:30l'été souvenez-vous
31:31après qu'ils aient gagné
31:32des grandes villes
31:33aux municipales
31:33il n'y avait pas une semaine
31:35sans qu'il y ait une polémique
31:35sur les Verts
31:36c'était le conseil municipal
31:38de Poitiers
31:39c'était les rats
31:39Strasbourg
31:40c'était les trucs
31:40c'était fou
31:41ils nous sortaient
31:41le sapin de Noël
31:42le tour de France
31:43on ne s'en souvient même plus
31:44mais ce que je veux dire
31:45c'est que les Verts
31:45en plus sont censés avoir
31:46connu cette période
31:47où la force de gauche
31:49qui arrive en tête
31:49d'une élection
31:50elle va se faire
31:52laminer
31:52tous les jours
31:53dans les médias
31:53il faut de la solidarité
31:55bon on a très vite vu
31:56que les premiers
31:57qui ont lâché
31:58ce principe de solidarité
31:59c'était le parti socialiste
32:00tout de suite
32:00ils ont embrayé
32:02excusez-moi
32:02mais si on a à l'UMA
32:03Fabien Roussel
32:04a bien joué sa partition
32:05aussi pour aller à la télé
32:07pour nous taper dessus
32:07quoi qu'il en soit
32:09déjà c'était un peu amer
32:10parce que honnêtement
32:11moi je suis rentrée
32:12avec la NUP
32:12je vous dis
32:13moi je n'étais même pas
32:14encartée à la France insoumise
32:15je votais la France insoumise
32:17parce qu'on a un beau programme
32:18qui me paraît être
32:18le plus cohérent
32:20et une force de le mettre en oeuvre
32:21parce qu'il faut aussi
32:21avoir le courage de le faire
32:23mais honnêtement
32:24moi l'union de la gauche
32:25ça me parlait beaucoup
32:26j'ai été élue grâce à ça
32:28j'ai été réélue grâce à ça
32:29en 2024
32:30mais à un moment donné
32:32le PS
32:33je vais vous le dire
32:34même avant le budget
32:35même avant le budget Bayrou
32:38même avant qu'il refuse
32:39de censurer
32:40moi je défendais une loi
32:41qui était le blocage
32:42des prix de l'électricité
32:44et de l'énergie
32:44c'était la deuxième proposition
32:46du NFP
32:46en numéro 2
32:47ils ont voté contre
32:49ils ont voté contre
32:50c'était en octobre
32:51et les députés
32:52ne savaient même pas
32:53ce qu'ils avaient signé
32:54vous voyez ce que je veux dire
32:55c'est à dire qu'à un moment donné
32:56l'union un totem
32:58c'est bien
32:59mais en fait
33:00s'il n'y a pas de loyauté minimale
33:02et qu'en fait
33:02il n'y a pas de fidélité minimale
33:05à un programme cohérent
33:07on ne pourra pas aller plus loin
33:08donc c'est pour ça
33:09qu'aujourd'hui
33:09nous on a tracé
33:10une ligne claire
33:11et on a proposé
33:12aux écologistes
33:13et aux communistes
33:14de s'allier ensemble
33:15aux écologistes
33:16on leur a fait
33:16une proposition
33:18franchement
33:18pas mal
33:19déjà on respecte évidemment
33:20tous vos sortants
33:21mais en plus
33:21on se répartit les grandes villes
33:2350-50
33:23enfin vraiment quelque chose
33:25une vraie proposition
33:26fait à des vrais gens
33:27qu'on respecte
33:28ils nous ont dit non
33:30ils se sont alliés
33:31avec l'EPS partout
33:32par opportunisme
33:33jusqu'à ce que l'EPS
33:33se présente contre
33:34leur propre sortant
33:35c'est quand même délirant
33:36et c'est pour ça aussi
33:37qu'il y a plein d'écologistes
33:38qui nous rejoignent aujourd'hui
33:39mais ce que je veux dire
33:40et c'est pour ça
33:40que j'en appelle
33:41à la responsabilité
33:42entre guillemets
33:42des sympathisants
33:43c'est que
33:44juste
33:45l'union de la gauche
33:46c'est bien
33:46les étiquettes c'est bien
33:47mais lisez les programmes
33:50votez pour les programmes
33:52je n'en peux plus
33:53de voir des gens
33:53qui ne savent pas
33:55en fait
33:55quel est le programme du PS
33:57quel est le programme des Verts
33:58je veux dire
33:59moi je me suis décidée
33:59pas parce que j'adorais
34:00Jean-Luc Mélenchon
34:01mais parce que j'ai lu
34:02le programme de l'avenir en commun
34:03qui n'est pas parfait
34:04auquel il manque des choses
34:05mais j'ai une boussole en fait
34:07une boussole
34:08et une boussole historique
34:09et nous sommes le seul parti
34:11qui refuse
34:11les traités d'austérité
34:12au niveau européen
34:13les traités de libre-échange
34:14je veux dire
34:14à un moment donné
34:15la gauche c'est pas juste
34:16des étiquettes
34:17et dire je suis de gauche
34:18je suis de gauche
34:18je suis de gauche
34:18la gauche c'est du concret
34:20on est dans une période
34:21de basculement total
34:22en termes géopolitiques
34:24en termes de pauvreté
34:25en termes aussi économiques
34:27je veux dire
34:28il va falloir sortir
34:29des traités d'austérité
34:30sinon on est foutu
34:31c'est assez simple en fait
34:32qui veut changer les choses
34:34qui veut pas les changer
34:34et la gauche
34:35ce sera tous ceux
34:36qui veulent les changer
34:37justement
34:37vous avez dit
34:39alliance ok
34:39mais avec les gens qu'on respecte
34:40vous allez jusqu'à dire
34:42que les socialistes
34:42vous ne les respectez pas
34:43vous ne les respectez plus
34:45oui
34:47est-ce que vous
34:48vous les respectez ou pas
34:51mais
34:52Alma Dufour
34:53permettez-moi
34:54je vous pose quand même
34:55la question
34:55parce qu'on a la sensation
34:57que parce que vous êtes
34:57le parti hégémonique
34:59qui a fait les meilleurs scores
35:01en tout cas
35:02aux élections présidentielles
35:03du coup
35:04il y a quand même
35:05une vraie volonté
35:06de dire
35:06c'est autour de nous
35:07qu'il faut que ça tourne
35:09et depuis tout à l'heure
35:10qu'on vous questionne
35:11sur comment est-ce qu'on fait l'union
35:13comment est-ce qu'on n'est pas clivant
35:14etc
35:14à chaque fois
35:15vous nous dites
35:16il faut rester solide
35:18et uniquement tenir notre ligne
35:20et en même temps
35:21on l'entend bien
35:22sur la question du fond
35:24du sujet
35:24et en même temps
35:25quand tout à l'heure
35:27il y avait
35:27Divine Kinkela
35:28qui était là
35:29quand il y avait
35:29Philippe Rio
35:30quand il y avait
35:30Mathieu Pigasse
35:31Fabien Guet
35:31tous ont parlé
35:33du besoin d'unité
35:34pour réussir à gagner
35:36et du besoin
35:36de comprendre davantage
35:38qu'ils nous rassemblent
35:38que ce qui nous sépare
35:41et là vous nous dites
35:42finalement exactement l'inverse
35:43et ce qui doit
35:45à tout prix
35:46c'est qu'il y a
35:47des lignes rouges
35:48qui sont
35:49qu'on ne peut pas dépasser
35:51et on l'entend
35:52sur la question du fond
35:53mais sur la question
35:53de la stratégie
35:54et de réussir
35:55à imposer certaines idées
35:57on a l'impression
35:58qu'il y a quand même
35:58des limites
35:58auxquelles vous ne répondez
35:59que par
36:00c'est nos idées
36:01qui doivent passer
36:01je vais vous expliquer
36:02très concrètement
36:04déjà j'ai pas dit
36:07enfin comment dire
36:08j'ai pas dit
36:09c'est nos idées
36:10pas les autres
36:11j'ai dit que le PS
36:12avait signé un programme
36:13qu'il n'a pas respecté
36:14c'est quand même
36:14deux choses différentes
36:16parce qu'on peut se mettre
36:17d'accord sur des idées
36:18transiger sur le fond
36:19le programme du NFP
36:20certes apparemment
36:21c'est nous qui l'avons
36:22beaucoup inspiré
36:24néanmoins
36:24on l'a écrit avec les autres
36:25et je vous dis
36:26les négociations
36:27par exemple avec place publique
36:28ça n'a pas été facile
36:28sur plein de sujets
36:29et je rentrerai pas
36:30dans les détails
36:31néanmoins c'est quand même
36:31deux choses différentes
36:32de discuter sur un programme
36:34et ça on est ouvert à le faire
36:35et dès qu'il y aura
36:36ici il y a une union
36:36on le fera
36:38que d'avoir quelqu'un
36:39qui ne respecte pas
36:39le programme
36:40vous voyez quand même
36:40c'est pas du tout
36:41la même chose
36:42ensuite sur les questions
36:43de fonds
36:43je vais vous répondre
36:45parce que
36:46encore une fois
36:47moi avant d'être en politique
36:48j'étais activiste
36:49etc ça fait longtemps
36:50que j'observe
36:51les dynamiques économiques
36:52industrielles
36:52géopolitiques et climatiques
36:55non ce n'est pas
36:56un point de détail
36:56c'est pour ça que j'ai
36:57lisé les programmes
36:58ce n'est pas un point
36:59de détail
37:00de voter pour
37:01ou contre
37:02un traité d'austérité
37:03qui va engager
37:04tous les pays européens
37:05pendant 15 ans
37:06il y a des choses
37:07sur lesquelles on peut
37:07avoir des longues discussions
37:10bien sûr
37:11ça
37:12c'est il y a oui
37:13ou il y a non
37:14il y a oui ou il y a non
37:15parce qu'il y a l'austérité
37:16ou la relance économique
37:17et l'austérité
37:19c'est les 1500 morts
37:20dans le couloir d'attente
37:21des urgents
37:22chaque année en France
37:22c'est ça dont je parle
37:24pareil pour le prix
37:25de l'électricité
37:25il y a oui ou il y a non
37:26il y a 68 000 faillites
37:28aujourd'hui
37:29dans notre pays
37:30c'est pas qu'à cause
37:30de l'électricité
37:31mais franchement
37:31ça n'a pas aidé
37:32il y a quasiment
37:34je crois un français sur deux
37:35qui galère à payer
37:35ses factures
37:36il y a oui ou il y a non
37:38les autres choses
37:39il y a plein de degrés
37:40il y a plein de sensibilité
37:41mais moi je ne suis pas là
37:44pour brosser les gens
37:45dans le sens du poil
37:46vous l'avez vu
37:46bon peut-être que je suis
37:47un peu dure
37:47et c'est pas par manque
37:49de respect pour Fabien Gué
37:50dont j'admire le travail
37:51pour Mathieu Pigasse
37:52que je respecte
37:53parce que c'est rare
37:54d'avoir quelqu'un
37:55voilà
37:56qui est engagé
37:57on a compris
37:58voilà vous avez compris
37:59et que je respecte vraiment
38:01mais sur certains sujets
38:03il n'y a pas
38:05un 50 nuances
38:06de gré
38:07j'entends
38:07mais tout à l'heure
38:08c'était pareil
38:10vous nous avez dit
38:10que vous avez été
38:11que voilà
38:12vous êtes accusé
38:12d'antisémitisme
38:13etc
38:13et tout ça
38:14on le partage
38:15que c'est à tort
38:16à charge
38:16mais il y a quand même
38:18des moments
38:19dans la vie
38:19de la France insoumise
38:20ces derniers mois
38:22où les décisions
38:24enfin je reviens
38:25à l'affaire Quatennens
38:26évidemment
38:26mais là quand même
38:28il y a eu une faute majeure
38:29de la part du parti
38:32de ne pas prendre en compte
38:34suffisamment
38:34les critiques
38:35à l'intérieur de la gauche
38:36là je ne parle pas
38:37de la droite
38:38même à l'intérieur du parti
38:39parce que
38:39ça a été des décisions
38:41dur à prendre pour tout le monde
38:42moi d'ailleurs
38:43je vais vous le dire
38:43je fais partie de ceux
38:44qui ont voté contre son retour
38:45donc je ne vais pas dire le contraire
38:48mais encore une fois
38:52pardon
38:53mais vous nous parlez de choses
38:54moi je veux bien
38:55mais je veux dire
38:57prenons l'exemple du PS
38:58le maire de Rouen
38:59actuellement
38:59il est accusé
39:00d'avoir maintenu
39:01à la mairie de Rouen
39:02quelqu'un qui est
39:03coupable
39:03et condamné
39:04en première instance
39:05de génocide au Rwanda
39:06d'accord
39:08donc vous voulez
39:08si vous voulez
39:09qu'on déballe absolument
39:10toutes les histoires
39:11toutes les sales histoires
39:13de tous les partis
39:14et je vais faire
39:15l'honneur de ne pas le faire ici
39:16je veux dire
39:18regardez en fait
39:18comment
39:19vous ne pouvez pas dire
39:20évidemment que la France insoumise
39:21n'est pas parfaite
39:22est-ce que j'ai dit ça ?
39:23je n'ai jamais dit ça
39:24elle n'est pas du tout parfaite
39:27mais néanmoins
39:28on a un programme
39:29qui est vraiment cohérent
39:30et nous on a
39:31le courage de l'assumer
39:32et de ne jamais baisser les yeux
39:33c'est juste ça que je veux dire
39:34vous parlez de programme cohérent
39:37vous parlez de priorité aussi
39:39pour la vie des français
39:40pour la vie quotidienne des français
39:41il vous avait raison de le signaler
39:43mais on est à quelques semaines
39:45d'une élection capitale
39:46justement pour le quotidien des français
39:47c'est les élections municipales
39:49et on voit dans bien des villes
39:51la gauche partir diviser
39:52je suis perpignané
39:53il y a trois listes de gauche
39:54j'étais à Arles il y a quelques jours
39:55il y en a deux
39:56est-ce que justement
39:58l'union
39:59dans un premier temps
40:00au niveau local
40:01mais qui doit être impulsée
40:02évidemment au niveau national
40:04n'est pas la première réponse
40:05justement pour régler
40:07pour améliorer
40:08la vie quotidienne
40:09et aussi pour déloger
40:10les personnes dont vous parlez
40:11avec des profils particulièrement problématiques
40:14est-ce que l'union
40:15dans un premier temps
40:16n'est pas à l'urgence
40:17et puis ensuite
40:172027 viendra
40:19avec d'autres sujets
40:21mais bien sûr
40:22mais nous on a proposé
40:24l'union partout
40:25donc moi je ne peux pas
40:26vous dire autre chose
40:27parce que c'est vraiment
40:28on s'est fait claquer
40:29la porte au nez quasiment
40:30enfin partout
40:30je vais vous le dire concrètement
40:32c'est à dire que
40:32pour reparler des écologistes
40:34au début
40:35Marine Tondelier disait
40:36c'est les groupes locaux
40:37qui décident
40:37très bien
40:38c'est la règle des écologistes
40:39finalement c'est
40:41quand il y a eu des groupes locaux
40:42qui ont décidé de s'unir
40:43avec la France insoumise
40:44d'un coup
40:44c'était plus les groupes locaux
40:45qui décidaient
40:46je ne sais pas
40:47à Évry-Courcoron
40:48le PS a suspendu
40:51la section PS
40:52justement
40:53parce qu'elle a décidé
40:53de se mettre derrière
40:54la France insoumise
40:56il y a eu 500 militants
40:58suspendus temporairement
40:59pour avoir signé une tribune
41:00pour dire qu'il fallait
41:00davantage s'unir avec nous
41:02je veux dire
41:02est-ce que vous vous rendez compte
41:03quand même
41:03vous avez l'impression
41:04que nous on ne fait pas
41:05des démarches d'union
41:06on ne tend pas des mains
41:06mais c'est faux
41:07moi je vais vous dire
41:08je vais vous raconter
41:08ils ne vont pas être contents
41:09mais je vais raconter un peu
41:10le linchal de ce qui se passe
41:12en Seine-Maritime
41:13par exemple
41:13avec les Verts à Rouen
41:14ça fait
41:16deux ans
41:16trois ans
41:17qu'on leur dit
41:17bon nous on en a marre
41:19de Nicolas Maillard-Rossignol
41:20eux aussi visiblement
41:21bon
41:23vous pouvez avoir
41:24la tête de liste
41:25ça n'a jamais été
41:26un truc de
41:26on arrive
41:26on s'impose
41:27on roule
41:28ils ont quand même décidé
41:29de se mettre derrière
41:30Nicolas Maillard-Rossignol
41:31pour garder leur place
41:32à Saint-Etienne-du-Rouvray
41:34ville communiste
41:35où on fait 25% aux européennes
41:36c'est-à-dire
41:37le score de l'intégralité
41:39de la gauche
41:40ils nous ont donné
41:42même pas de place éligible
41:44on en a demandé 4
41:45vous voyez
41:45sur une liste de 35
41:46donc en fait
41:47la réalité
41:48à la télé
41:49et ce qu'on entend
41:50nous on vit
41:51exactement l'inverse
41:52moi ça fait deux ans
41:53que je me fais cracher dessus
41:54littéralement
41:55alors que je tends des mains
41:56donc au bout d'un moment
41:57j'avance
41:57c'est aussi parce qu'au niveau national
41:59on a bien compris
42:00que quoi qu'il arrive
42:01Jean-Luc Mélenchon
42:02allait se présenter
42:02à la présidentielle
42:04donc il y a aussi cette
42:06et Fabien Roussel aussi ou pas ?
42:07non mais
42:09mais moi je ne vais pas répondre
42:10pour Fabien Roussel
42:11non non je ne vais pas répondre
42:12pour Fabien Roussel
42:12je vous pose la question
42:14concernant le fait
42:15que la France Insoumise
42:16ait choisi quoi qu'il arrive
42:18là vous dites
42:19qu'au niveau municipal
42:19il y a eu des volontés
42:21d'union qui ont été faites
42:21pas au niveau présidentiel
42:23et tout le monde a ça en tête
42:24d'accord
42:25mais je ne vois pas en quoi
42:26ça empêche les unions de se faire
42:27alors que pour l'instant
42:28le parti communiste
42:29pour l'instant
42:29ne participe pas à la primaire
42:31enfin je veux dire
42:31c'est gentil
42:32mais finalement
42:33pardon
42:33mais quand il s'agit
42:34de sauver des places
42:35en fait
42:36l'élection d'après
42:37ne compte pas vraiment
42:37c'est ça la vérité
42:38et moi je veux bien
42:40oui on a toujours dit
42:41que la France Insoumise
42:42irait à la présidentielle
42:43on a fait
42:43on a fait
42:44on a fait 22%
42:45la dernière fois
42:46enfin 20%
42:47je ne sais même plus
42:48mais
42:50je veux dire
42:51aujourd'hui
42:51on a une primaire
42:52où
42:53on savait
42:54mais parce qu'on savait
42:55que le PS
42:56n'y participerait pas
42:57mais parce que
42:57il faut quand même
42:58encore une fois
42:58avoir le sens
42:59de l'histoire
42:59même leur propre candidat
43:01Benoît Hamon
43:01il s'est fait lâcher
43:03et le trois quart
43:04des cas du PS
43:04sont partis soutenir Macron
43:06regardez juste
43:07même à New York
43:08Zoran Mamdani
43:08il gagne une primaire
43:10il s'est planté
43:10un couteau dans le dos
43:11par son opposant
43:13c'est à dire que nous
43:13on a toujours refusé
43:15ces mécanismes de primaire
43:16parce qu'on sait
43:16qu'ils ne sont pas respectés
43:18ensuite
43:19maintenant
43:19Olivier Faure voulait y aller
43:20il y a la moitié
43:21de son parti
43:21qui dit non
43:22mais on le savait déjà
43:23il y a une candidature
43:24qui arrive c'est Jérôme Gage
43:25on sait aussi
43:26que Fabien Roussel
43:26il veut quand même
43:27se présenter
43:28enfin je veux dire
43:28et pourquoi ce serait
43:29que nous
43:29vous voyez les fauteurs
43:30d'union
43:31alors que nous
43:31bon c'est sûr
43:31qu'on est clair
43:32on est le parti
43:33qui est arrivé en tête
43:34on est le parti
43:34qui a remis
43:37vraiment un programme
43:38de rupture
43:38en tout cas en discussion
43:39au sein de la gauche
43:41écoutez je pense
43:41qu'on est assez légitime
43:42pour le faire
43:43juste sur la période
43:45là avec
43:47allez-y je vous en prie
43:48vous pouvez applaudir
43:48si vous avez envie
43:51merci
43:53sur la mort
43:54du militant
43:55d'extrême droite
43:57on a cru comprendre
43:58que donc
43:59les insoumis
44:00n'osaient plus
44:00faire campagne
44:02à Lyon
44:03que potentiellement
44:04ça pouvait être
44:05comme ça ailleurs
44:06est-ce que vous pouvez
44:07nous en dire
44:08un petit peu plus
44:09sur les menaces
44:10sur l'ambiance
44:11actuelle
44:12et peut-être
44:12l'impact
44:13que ça a avoir
44:14là sur les municipales
44:16alors
44:17donc
44:19effectivement
44:19en fait
44:20ça fait
44:21ça fait depuis
44:22trois ans
44:23déjà que
44:23les députés
44:25insoumis
44:25en tout cas
44:26pour certains
44:27vivent
44:28sous menace
44:29permanente
44:30Louis Boyard
44:31a dû déménager
44:32au moins deux fois
44:33je rappelle aussi
44:34et là aussi
44:35reprendre l'histoire
44:36Jean-Luc Mélenchon
44:37il a failli être assassiné
44:38deux fois
44:38il n'a pas eu
44:40beaucoup de soutien
44:42de la part
44:43du monde politique
44:44ou médiatique
44:45et d'ailleurs
44:46il y a même des gens
44:47qui ne sont même pas
44:47au courant
44:48le projet
44:49c'était de le passer
44:50au lance-flamme
44:51et ils ont été condamnés
44:52à 18 ans ferme
44:53donc ça veut dire
44:53que c'était très sérieux
44:54et que c'était en train
44:55d'être fait
44:55bref
44:55donc ça fait
44:56pour une partie d'entre nous
44:58plusieurs années déjà
44:59qu'on vit avec ça
45:00moi j'ai de la chance
45:02mais je me fais régulièrement
45:03appeler par des numéros
45:04israéliens
45:05à 4h du mat
45:05pour me menacer de mort
45:06etc
45:08là c'est autre chose
45:08là effectivement
45:09ça prend une autre tournure
45:11mais on ne va pas
45:13s'arrêter
45:13de faire de la politique
45:15c'est pour ça
45:15qu'on a des services d'ordre
45:16et que les nôtres
45:17en tout cas
45:19sont bien formés
45:19mais évidemment
45:20on demande aussi
45:21à la police républicaine
45:22de faire son travail
45:23c'est à dire que maintenant
45:25on est particulièrement vigilant
45:27quand il y a un événement
45:27qui se tient
45:28à ce qu'ils soient en capacité
45:30d'intervenir rapidement
45:31pour que plus jamais
45:32un drame comme ça
45:33ne se produise
45:34l'ambiance elle est dure
45:35il y a eu une menace
45:36à la bombe
45:37sur le siège
45:37hier matin
45:39je vous le dis
45:40c'est pas impossible
45:40qu'un des nôtres
45:41finisse à s'assiner
45:43mais ça ne nous empêchera
45:45pas de continuer
45:45parce que c'est ça
45:46la montée du fêche
45:47si vous regardez
45:48aux Etats-Unis
45:49enfin je veux dire
45:49donc là les militants
45:50au sein de la France insoumise
45:52il y a cette volonté
45:53de maintenir la campagne
45:54dans un maximum d'endroits
45:55bien sûr
45:56parce que c'est des gens
45:57courageux
45:58et parce que c'est des gens
45:59qui savent depuis longtemps
46:01que c'est les pentes
46:02de l'histoire
46:02vous voyez
46:03en fait il y a aussi un truc
46:04c'est qu'on n'est pas
46:05tant surpris que ça
46:06la question c'est
46:07est-ce que ça arrive
46:08plus ou moins vite
46:09mais au final
46:10cette pente
46:11ça fait longtemps
46:11qu'on l'a prise
46:12et donc il faut être préparé
46:14et nous nous considérons
46:16peut-être présomptueusement
46:18comme un rempart politique
46:20comme un espoir
46:21pour de nombreux
46:22nombreux jeunes
46:23notamment des personnes
46:24racisées
46:25je vais le dire
46:25qui viennent me voir
46:26et qui me disent
46:26si je quitte pas la France
46:27c'est parce que vous êtes là
46:28encore
46:30donc voilà
46:30donc c'est notre mission
46:31donc on l'amènera
46:32jusqu'au bout
46:34très bien
46:38merci
46:39merci beaucoup
46:40Alma Dufour
46:41d'être venue répondre
46:41à nos questions
46:42merci à toutes et à tous
46:44d'avoir suivi en direct
46:46cette émission
46:48on l'avait déjà fait
46:49au moment de la fête de l'humain
46:50on la refera probablement
46:51dans les mois à venir
46:52donc merci encore
46:54d'avoir été avec nous
46:55que ce soit derrière
46:56vos ordinateurs
46:57vos écrans
46:57ou bien en direct
46:58à la maison des métallos
46:59très bonne soirée
47:01à toutes et à tous
47:03merci
47:04merci

Recommandations