- il y a 7 minutes
Les États-Unis vont-ils attaquer l’Iran ? Les manifestations qui ont éclaté en Iran le 28 décembre ont été violemment réprimées, causant plusieurs milliers de morts. Donald Trump se sert de ces révoltes et de la réponse sanglante du gouvernement pour se présenter comme faiseur de paix. Faiseur de paix, donc, en envoyant un deuxième porte-avions dans la région. Décryptage avec Christophe Deroubaix et Pierre Barbencey.
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00:00Les Etats-Unis vont-ils attaquer l'Iran ? Les manifestations qui ont éclaté en Iran le 28 décembre ont
00:05été violemment réprimées, causant plusieurs milliers de morts.
00:08Donald Trump se sert de ces révoltes et de la réponse sanglante du gouvernement pour se présenter comme faiseur de
00:13paix.
00:14Faiseur de paix donc en envoyant un deuxième porte-avions dans la région.
00:18Pierre, peut-être avant qu'on se concentre vraiment sur la réponse des Etats-Unis et de Donald Trump,
00:23est-ce que tu peux nous faire un petit point sur la situation en Iran en ce moment ?
00:27Puisqu'il me semble qu'on n'a pas parlé ensemble depuis un moment, je crois que ça fait deux
00:30ou trois semaines qu'on n'a pas parlé de l'Iran.
00:32Donc on ne va pas revenir sur la genèse de ces révoltes, etc.
00:35Mais là, en ce moment, qu'est-ce qui se passe en Iran ?
00:39En ce moment, ce qui se passe en Iran, c'est que la colère des Iraniens n'est pas retombée.
00:44Elle s'est calmée, notamment sous les coups de la répression du pouvoir iranien,
00:51puisque vous savez qu'il y a des centaines de milliers d'Iraniens qui sont descendus dans les rues
00:55à partir de la fin du mois de décembre 2025.
00:59Ça a duré plusieurs semaines.
01:02Mais aujourd'hui, la colère n'est pas retombée.
01:04D'abord parce que les raisons qui ont fait que la population est descendue dans la rue,
01:09notamment les conditions économiques, ne sont toujours pas rétablies en quelque sorte,
01:14d'autant moins que les sanctions internationales qui ont été prises contre l'Iran
01:19touchent d'abord et avant tout la population iranienne.
01:22Donc, cette colère et ce ressentiment se poursuit.
01:27Et puis, on sait que cette colère et ce ressentiment sont allés un peu plus loin
01:31que le domaine simplement économique ou social.
01:34Et que ça a touché évidemment la question politique, c'est-à-dire la question de
01:38est-ce que le pouvoir en place aujourd'hui en Iran est capable de satisfaire les revendications
01:44et les besoins de cette population, les revendications et besoins qui sont d'ordre économique
01:49et social, encore une fois, mais qui sont aussi d'une autre nature qui est d'un affranchissement
01:57en quelque sorte de cette population dans un Iran qui est d'une certaine manière
02:01ou largement bridé par la capacité de la République islamique à vouloir imposer son ordre.
02:08Donc, en réalité, l'Iran est quand même à une croisée des chemins
02:13et je veux pour preuve que cette colère n'est pas retombée,
02:16que depuis samedi, ce sont maintenant les étudiants de Téhéran
02:21qui sont redescendus dans la rue, qui sont sortis de leur campus
02:24pour un certain nombre de revendications concernant leurs études
02:28et même plus largement, puisque je crois savoir qu'un certain nombre de slogans
02:32ont été prononcés contre le pouvoir en place et même contre le guide suprême
02:37Ali Rabenai, donc ce qui montre bien que ce que j'ai appelé les braises
02:42qui touchent tout l'Iran aujourd'hui, ces braises ne sont toujours pas éteintes.
02:49Effectivement, et en fait, depuis quasiment le début de ces révoltes
02:52et de la répression de ces révoltes, Donald Trump a dit
02:54« Attention, quand il y aura un mort, je vais envoyer l'armée, etc. »
02:58Là, on a l'impression que les menaces sont mises à exécution.
03:01On entend un peu partout que les États-Unis déploient une grande partie de leur armée.
03:05Est-ce que, peut-être Christophe, c'est plutôt vers toi, je me demande,
03:08est-ce qu'on a une idée de ce que ça veut dire, effectivement, cette armée ?
03:11Est-ce qu'on a un nombre de bateaux, d'avions, de soldats ?
03:14Qu'est-ce que ça représente, ce déploiement de l'armée américaine ?
03:17Oui, la seule chose dont on est à peu près sûr,
03:20c'est le volume du déploiement militaire étatsunien.
03:25Après, sur les objectifs de guerre, c'est un peu plus flou.
03:28On va y revenir.
03:30Oui, l'armada, donc, il y a un premier porte-avions qui est sur place,
03:33c'est le Lincoln.
03:34Il y en a un deuxième qui est en route, qui est le Gérald Ford.
03:38C'est le porte-avions le plus cher de l'histoire des États-Unis.
03:4113 milliards de dollars, supposé être le plus technologique, le tout dernier.
03:46Bon, ils ont juste un problème de chiottes.
03:48De chiottes ? Non, mais littéralement, c'est vrai.
03:49Ils ont un problème de chiottes, parce que les ingénieurs n'ont pas prévu assez de toilettes
03:53pour les 4600 personnes à bord.
03:55Et donc, vous verrez ça sur les réseaux sociaux.
03:58Il y a plein de vidéos qui montrent que ça dégueule.
04:01Ça dégorde, et on voit les chiottes qui tanguent avec la...
04:05Voilà, voilà. Et donc, Steve Bannon, le conseiller de Donald Trump, avait théorisé le fait
04:10qu'il fallait inonder la zone de merde, mais là, il parlait par rapport aux médias.
04:13Donc, Donald Trump est en train de mettre ça...
04:15Bon, ça, c'est pour l'anecdote.
04:17La chose la plus importante, c'est que Donald Trump est en train d'amasser autour de l'Iran
04:22la plus forte concentration militaire depuis 2003, et la guerre en Irak.
04:27Et donc, s'il n'utilisait pas cette force, ce serait la plus forte concentration sans déboucher guerrier.
04:33Alors, bon, ça, c'est pour...
04:35Donc, on ne va pas rentrer dans le détail, parce qu'on n'est pas la revue militaire, mais bon,
04:39on a le droit.
04:41La question, c'est pourquoi faire ?
04:43Alors, Donald Trump dit dans un premier temps que c'est pour mettre fin à la répression des manifestations.
04:50Il dit dans le même temps que c'est pour forcer l'Iran à signer un accord sur le nucléaire.
04:58Ça, Pierre, pour en dire plus, les négociations vont reprendre jeudi, je crois, à Genève.
05:04Il y a une déclaration que je trouve troublante, qui est celle de Wittkopf.
05:10Steve Wittkopf, tu me rappelles ?
05:11Steve Wittkopf, qui est l'envoyé spécial de Donald Trump sur un nombre de conflits.
05:16Et qui dit, Donald Trump est, je cite, surpris que les Iraniens n'aient pas, de nouveau des guillemets, capitulés.
05:23Donc, dans quelle mesure, Donald Trump ne s'est pas pris lui-même dans un piège en disant,
05:27je vais faire monter la pression militaire et donc politique sur l'Iran, qui va capituler ?
05:34Ce à quoi, je ne sais pas si c'est le Ramenei ou quelqu'un du pouvoir iranien, a dit,
05:39oui, mais on n'a pas capitulé pour une bonne raison, nous sommes iraniens.
05:42Bon. Et donc, peut-être que Donald Trump s'attendait à ce que Téhéran, le pouvoir en place à Téhéran,
05:51donne suite à ses revendications et à ses désidérata.
05:56Manifestement, ce n'est pas le cas. Pour des raisons, là encore, on va se tourner plutôt vers Pierre.
06:00Mais une fois qu'on a amassé, qu'on s'est mis dans ce genre de situation, c'est compliqué.
06:04C'est extrêmement compliqué politiquement.
06:05C'est-à-dire que, ou on se retire, et ça apparaît pour une nouvelle défaite pour Donald Trump,
06:11qui les cumule depuis le début de l'année, ça en reviendra dans la deuxième partie,
06:17soit on franchit un cran dans l'engrenage et une frappe, deux frappes, trois fapres, et peut-être plus.
06:23Ça dépend. Et tout ça sans objectif de guerre fixée, encore une fois.
06:28Est-ce qu'il s'agit simplement de retaper, comme pendant la guerre des 12 jours, sur les sites nucléaires
06:35?
06:35Est-ce qu'il faut renverser le régime ?
06:37Si on renverse le régime, évidemment, il faut envoyer des troupes au sol.
06:40Donc on est dans un scénario à la guerre en Irak, plus ou moins, à la guerre en Irak en
06:462003.
06:48Et sur la base d'une opposition très forte de l'opinion publique,
06:53y compris des Républicains et de la base MAGA, à ce type d'intervention militaire.
06:57Pierre, est-ce que tu veux réagir ? Il y a deux éléments sur lesquels tu interpellas, Christophe.
07:01Il y a à la fois sur les objectifs nucléaires.
07:03Est-ce que la potentielle intervention militaire états-unienne en Iran va se concentrer, encore une fois, sur les sites
07:09nucléaires ?
07:10Ou est-ce que, selon toi, ça pourrait être un peu plus large, les structures politiques, par exemple,
07:14voire des personnalités aussi politiques ?
07:16Et deuxième chose, que penser de la réponse de Téhéran face aux menaces, intimidations de Trump et de son administration
07:24?
07:26La première, je crois qu'il faut considérer ce qui est en train de se passer sur la bannière dont
07:31Donald Trump
07:32est en train de changer la façon de concevoir les relations internationales et les rapports entre les pays.
07:40Il a un rapport de Far West, en réalité, d'espèce de duel permanent, de montrer sa force et de
07:51négocier ou de discuter
07:53qu'en montrant qu'il est très très fort.
07:55Parce que dans le même temps où il y a cette concentration militaire, navale et aérienne surtout,
08:01il y a évidemment des troupes au sol dans certains pays du Moyen-Orient,
08:08mais il n'y a pas eu d'apport supplémentaire.
08:11Par contre, il y a un apport supplémentaire d'aviation et de navires,
08:14ce qui donne un peu la façon dont une intervention militaire, si elle avait lieu, serait faite.
08:22Et je ne pense pas que ça se fasse par rapport au sol.
08:25Parce que ce qui importe Donald Trump aujourd'hui, alors que des discussions ont lieu avec l'Iran,
08:31notamment sur le dossier nucléaire, mais pas simplement sur le dossier nucléaire,
08:36je pense que ce qui importe en réalité à Donald Trump, c'est deux choses.
08:40La première, je l'ai dit et répété plusieurs fois dans ton émission,
08:44que ce que veut Donald Trump, c'est un Moyen-Orient avec tous les pays qui sont alignés
08:49sur ce qu'il veut faire et sur ses propres intérêts.
08:51Mais quelle que soit la nature du régime de ces pays,
08:56la preuve par la Syrie, où c'est l'ancien dirigeant d'Al-Qaïda,
08:59celui qui a amené Al-Qaïda, l'organisation de Sama Ben Laden en Syrie,
09:03c'est lui qui est maintenant à la tête de la Syrie
09:06et qui est adoubé par les États-Unis et par les pays occidentaux.
09:10Donc ce n'est pas ce qui se passe à l'intérieur du pays en réalité qui les concerne.
09:14Ce qu'ils en veulent, c'est des pays qui suivent ce qu'ils font.
09:18La deuxième chose aussi, c'est que 90% du pétrole iradien aujourd'hui est vendu à la Chine.
09:24Et donc on voit bien comment, de la même manière,
09:27les intérêts américains se concentrent sur l'Iran
09:31et veulent satisfaire les Israéliens,
09:35puisque Médiamine Netanyahou a fait de l'Iran sa bête noire
09:39qu'il voudrait complètement supprimer.
09:41Et en même temps, pour les Américains, pour les États-Unis,
09:45il s'agit et de contenter les pays arabes
09:47et de continuer cette bataille commerciale,
09:51à minima commerciale, contre la Chine.
09:53Donc il faut qu'il arrive à tenir les deux bouts.
09:56Ces deux bouts, c'est évidemment la question de l'arme atomique,
10:00mais l'Iran est en train déjà de céder sur ces questions-là,
10:04en rappelant quand même que le traité de non-prolifération nucléaire
10:07que l'Iran a signé prévoit la possibilité et l'autorisation
10:12pour les pays qui l'ont signé, de développer le nucléaire civil,
10:17ce qui veut dire un certain nombre d'enrichissements de l'uranium
10:20avec un certain pourcentage, et pour permettre ça.
10:24Visiblement, il y a des pressions israéliennes
10:26pour qu'il n'y ait aucun enrichissement iranien dans ce domaine-là.
10:30C'est peut-être sur ça que va se concentrer les discussions
10:33qui ont lieu à Genève et qui doivent reprendre ce jeudi
10:36entre les États-Unis et l'Iran,
10:38puisqu'il faut que l'enrichissement de l'uranium se fasse à 90%
10:43pour arriver à équiper des missiles et des têtes de missiles
10:48avec une arme nucléaire.
10:51Mais le deuxième volet, en réalité, ces discussions portent
10:54sur les missiles balistiques iraniens,
10:57qui sont de moyenne portée, en réalité,
10:59mais cette moyenne portée ne permet pas d'atteindre les États-Unis,
11:02mais permettrait d'atteindre Israël.
11:04Et le troisième volet, c'est effectivement les relations de l'Iran
11:09avec un certain nombre d'organisations au Moyen-Orient,
11:12comme le Hezbollah, le Hamas, les Houthis
11:15ou les milices paramilitaires qui sont en Irak.
11:18Donc on voit bien que c'est aussi la recherche
11:20d'une espèce de normalisation de ce Moyen-Orient,
11:23encore une fois, pour les buts quasiment affichés par les États-Unis.
11:27Mais, et je termine, on voit bien que, encore une fois,
11:32Donald Trump se comporte vraiment comme un cow-boy.
11:35Et on l'a vu encore la semaine dernière,
11:38lors de l'inauguration de son fameux Conseil de la paix,
11:41qui avait été créé, soi-disant, pour la reconstruction
11:44de la bande de Gaza.
11:46Et on voit bien qu'il veut l'étendre à d'autres choses,
11:49suppléer l'ONU.
11:51Et quand on regarde et quand on lit le discours
11:53qu'il a prononcé à ce moment-là,
11:55les bras nous en tombent quand même
11:57de la part de président de la première puissance mondiale
12:00où on a l'impression que le gars est accoudé
12:03à un comptoir dans un saloon
12:04et qu'il est en train de perrorer devant les consommateurs.
12:09Pierre, tu dis qu'effectivement,
12:10Donald Trump a un comportement de cow-boy.
12:12Est-ce que ça voudrait dire,
12:13est-ce que ça ouvre la possibilité
12:15d'un kidnapping, d'une attaque et d'un kidnapping
12:18comme il l'a fait au Venezuela sur Nicolas Maduro ?
12:20Est-ce qu'on pourrait imaginer le même genre
12:23d'opérations militaires, par exemple,
12:26sur Ali Khamenei en Iran ?
12:27Parce qu'il y a encore quelques semaines,
12:29je me rappelle, on en discutait.
12:31Évidemment, le contexte régional n'est pas du tout le même
12:34au Moyen-Orient, en Iran autour,
12:36et au Venezuela.
12:38Mais là, vu le déploiement massif de ses forces,
12:43vu son tempérament de cow-boy,
12:44est-ce que ce genre d'opération
12:46pourrait finalement être envisageable ?
12:48Je ne sais pas qui veut répondre.
12:49Vous avez tous les deux...
12:51Tout est plausible.
12:55C'est-à-dire qu'évidemment,
12:57s'il y a une telle concentration militaire
13:00autour de l'Iran aujourd'hui,
13:02on peut se dire,
13:04il fait cette concentration-là pour attaquer.
13:08Mais on sait aussi que c'est possiblement
13:11une guerre psychologique qui s'est menée
13:12pour arriver à faire pression,
13:14puisque de toute manière,
13:16ce déploiement-là ne sera jamais inutile
13:19pour les États-Unis.
13:20Ça permet aussi de montrer aux autres pays
13:22de la région que la puissance militaire,
13:24c'est eux.
13:25Dans les scénarios qui sont possibles,
13:27il y a plusieurs scénarios.
13:29Je pense que les États-Unis sont échaudés
13:31quand même par leur histoire
13:32avec l'Iran depuis longtemps.
13:35Bien sûr, on se souvient,
13:36dans les années 50,
13:37ils avaient destitué le Premier ministre Mossadegh,
13:41qui avaient osé nationaliser le pétrole iranien.
13:46Mais par la suite,
13:47et après la révolution de 1979,
13:50il y avait eu cette affaire
13:51des otages américains dans l'ambassade.
13:54Il y avait eu des tentatives
13:55de commandos américains
13:56qui s'étaient rendus sur le sol iranien.
13:58Ça avait été un désastre total.
14:01Donc, dans les scénarios possibles,
14:04il y a soit une attaque directe
14:06contre Ali Khamenei, le guide suprême,
14:09puisque, visiblement,
14:10les services de renseignement israéliens
14:11et américains savent localiser aujourd'hui
14:14le guide suprême,
14:15l'endroit où ils se trouvent
14:16et quels sont ces déplacements,
14:18comme ils ont su le faire,
14:19effectivement,
14:20avec le chef d'Hezbollah,
14:22Hassan Nasrallah,
14:23qu'ils ont assassiné par la suite.
14:25Ils peuvent aussi envisager
14:27de tuer les trois principales têtes,
14:29c'est-à-dire le guide suprême,
14:30le chef des gardiens de la révolution
14:32et le chef de l'armée.
14:33Ou alors, ça peut être aussi des frappes
14:36qui sont concentrées simplement
14:37sur les objectifs militaires ou nucléaires
14:39pour faire plier le pouvoir iranien.
14:45Reste à savoir comment la population iranienne
14:47elle-même va réagir.
14:50Et on voit bien, dans ce sens-là,
14:51qu'il y a que tout se prépare.
14:54C'est-à-dire que les scénarios possibles
14:56sont sur la table
14:57et tous les paramètres pour engager
15:00un de ces scénarios
15:02sont aussi en train d'être préparés.
15:04j'en veux pour preuve
15:05cette agitation des royalistes
15:08ou des nostalgiques du Shah d'Iran
15:11qui sont en train de manifester un peu partout,
15:13qui ont beaucoup d'argent.
15:14On voit aussi que les grands médias
15:15prêtent le flanc à ça
15:17avec l'invitation, peut-être,
15:18à Reza Pallavi un petit peu partout.
15:21Et donc, essayer de voir
15:22s'il est possible
15:24de ne pas laisser un vide politique
15:26en cas d'effondrement
15:27du régime de la République islamique.
15:29Pierre, tu parlais du ressenti
15:31de la population iranienne.
15:33Christophe, est-ce qu'on a une idée
15:35du ressenti de la population états-unienne ?
15:38Parce que tu disais quand même
15:39que c'est le plus grand déploiement
15:41de l'armée états-unienne
15:43depuis 2003, la guerre en Irak.
15:44La guerre en Irak a quand même
15:46marqué toute une génération.
15:48Est-ce que la population américaine,
15:50de quel oeil voit la population américaine
15:52ce déploiement massif
15:53et cette potentielle intervention militaire ?
15:57Les sondages les plus récents
16:00sont en ligne avec tous les sondages
16:03déjà pendant la guerre
16:05dite des 12 jours.
16:06C'est-à-dire que majoritairement
16:07la population états-unienne
16:08est opposée à ce genre d'aventure militaire.
16:13Les républicains,
16:13ils sont un peu plus favorables.
16:15À peu près, c'est 50-55%
16:17des républicains qui y sont favorables.
16:19Mais au sein de la composante républicaine
16:21ou du lectorat républicain,
16:23la composante dite MAGA,
16:25donc Make America Great Again,
16:27le slogan de Donald Trump repris à Reagan,
16:30qui n'est pas une composante républicaine
16:35pure sucre,
16:36qui est composée de gens
16:37qui sont plutôt distants de la politique
16:39et surtout qui se sont retrouvés
16:42sur Donald Trump à partir de 2015
16:43et sont entrés en campagne
16:45lors de la primaire républicaine
16:46sur notamment l'idée
16:48de plus d'intervention,
16:49les guerres sans fin.
16:50Voilà.
16:51Et donc, on pouvait estimer,
16:54à l'humanité,
16:55on a estimé depuis le début
16:55que c'était l'ordre de la rhétorique,
16:59si c'est du théâtre d'ombre.
17:00Mais là, il est face à ce problème politique,
17:05mais ça en reviendra dans la deuxième partie,
17:07de fragilisation politique.
17:09Mais bon, globalement, oui,
17:11je crois que le dernier sondage
17:12date d'il y a deux jours.
17:14c'est 60% des Etats-Unis
17:17y sont opposés,
17:19les démocrates très majoritairement,
17:20les indépendants très majoritairement
17:21et les républicains un peu favorables.
17:24Mais bon, globalement,
17:25il y a un climat hostile
17:26à ce genre d'aventure
17:28depuis 2005-2006,
17:31depuis le tournant.
17:31En 2003, l'opinion publique,
17:33je ne sais pas l'opinion publique,
17:35mais enfin, adoptons celui-là,
17:36était favorable en la guerre en Irak.
17:38Et il y a eu un retournement
17:39à partir de 2004-2005.
17:41Bush a perdu les élections
17:42de mi-mandat en 2006.
17:43Barack Obama qui s'était opposé
17:44à la guerre en Irak,
17:45contrairement à Hillary Clinton,
17:46a remporté la première démocrate.
17:47Bref, la suite.
17:49Peut-être dernière question
17:51sur l'Iran pour toi, Pierre.
17:54Si les Etats-Unis, finalement,
17:55décident d'intervenir,
17:57que ce soit sur des frappes,
17:58sur des bombardements très ciblés,
18:00que ce soit sur un enlèvement,
18:00enfin bref, on a évoqué,
18:01tu nous as évoqué
18:02tous les différents scénarios possibles.
18:05Quelles conséquences pour la région,
18:07une région qui est déjà extrêmement,
18:10comment dire,
18:11il se passe beaucoup de choses
18:12dans cette région ?
18:13Est-ce que ce serait
18:14un embrasement total
18:16si les Etats-Unis intervenaient
18:20militairement en Iran ?
18:21Je pense que c'est une question
18:23très importante
18:24et qui explique aussi
18:26les retenues états-uniennes.
18:30d'abord, parce que,
18:31comme je le disais tout à l'heure,
18:33Trump est obligé de tenir
18:34les deux bouts,
18:36d'une certaine manière.
18:37Il est obligé de contenter
18:38son allié israélien,
18:40mais il est obligé aussi
18:41de contenter ses alliés arabes.
18:43C'est très important,
18:45parce que,
18:46d'un point de vue géostratégique,
18:48évidemment, Israël,
18:50mais d'un point de vue commercial
18:53et financier,
18:54évidemment, les pays arabes,
18:55et notamment les monarchies du Golfe
18:57avec le pétrole et le gaz.
18:59Et on sait qu'avec tout ce qui est engagé,
19:01notamment pour essayer
19:03de contrecarrer la dépendance
19:05en gaz russe,
19:06notamment de la part de l'Europe,
19:08et donc des nouvelles voies énergétiques
19:10qu'ils entendent mettre en place,
19:11qui passent par Israël
19:13et juste à côté de la bande de Gaza,
19:15ce qui pourrait expliquer beaucoup
19:15cette guerre qui a été menée
19:17depuis plus de deux ans maintenant
19:19par Israël,
19:20cette guerre génocidaire
19:21menée par Israël.
19:23Mais de toute manière,
19:26il est obligé d'en tenir compte
19:27parce que, par exemple,
19:28l'Arabie Saoudite et le Qatar
19:30ont déjà dit
19:31qu'ils ne permettraient pas
19:33l'utilisation de leur territoire
19:35pour attaquer l'Iran,
19:36y compris d'un point de vue aérien.
19:38Et donc,
19:39les nouveaux avions
19:40qui arrivent dans la région,
19:42puisque les porte-avions
19:43ont servi de base relais,
19:45en réalité,
19:46les nouveaux avions qui arrivent
19:47sont basés en Jordanie aujourd'hui.
19:49Et de toute manière,
19:51Ali Ramenei,
19:52le guide suprême iranien,
19:55a déjà prévenu
19:56que si,
19:57en cas d'attaque états-unienne
19:59sur le territoire iranien,
20:02cette guerre serait une guerre régionale.
20:04Donc, effectivement,
20:05ce serait un embrasement régional
20:07avec les conséquences humaines
20:09évidentes,
20:11mais aussi les conséquences économiques
20:13et financières,
20:13puisque le détroit d'Ormouz
20:15serait évidemment touché
20:17par où passe
20:18un très, très, très grand nombre
20:20de navires
20:20avec les cargaisons,
20:22notamment de pétrole
20:24et de gaz.
20:25Et cet ensemble
20:26de la région
20:27qui s'embraserait,
20:28ça voudrait dire
20:29qu'il y aurait des conséquences
20:31évidemment aussi
20:32pour l'Europe
20:32et pour le monde entier.
20:34Donc, c'est-à-dire
20:35pour montrer
20:36à quel point aujourd'hui
20:37les décisions d'un pays,
20:39des États-Unis en l'occurrence,
20:40et d'un homme,
20:41Donald Trump,
20:42vont impacter totalement
20:44nos vies dans l'avenir.
20:45C'est assez dramatique,
20:47je pense,
20:48pour nous.