- il y a 10 heures
Un porte-avions états-unien est en route. Trump souffle le chaud et le froid. Après avoir fait monter la tension sous prétexte de défendre les Iraniens, il montre son véritable but : le dossier nucléaire. Le point sur la situation avec Pierre Barbancey.
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NewsTranscription
00:00Alors que la répression en Iran a causé la mort de plusieurs milliers de personnes, pourquoi Donald Trump veut se
00:04poser en faiseur de paix ?
00:06Les manifestations qui ont éclaté en Iran le 28 décembre sont violemment réprimées par le pouvoir et la République islamique.
00:12Pendant ce temps, le président des États-Unis annonce l'envoi de son armada et menace le pays d'intervenir
00:16militairement en ayant un objectif, le nucléaire iranien.
00:20Avant qu'on fasse un point sur la situation et qu'on parle vraiment des intérêts états-uniens,
00:24je voulais vous lire le passage d'un témoignage que l'humanité a reçu et qu'on a publié dans
00:30le journal de vendredi.
00:33C'est un peu violent, mais je voulais quand même vous le passer parce que c'est un sujet dont
00:38on ne parle pas assez.
00:39Je cite.
00:40« En quelques heures, tout a basculé. Les forces de sécurité ont tiré à balles réelles sur des gens totalement
00:44désarmés.
00:44J'ai couru sous les tirs. J'entendais les balles siffler près de mes oreilles. Puis j'ai vu des
00:48gens tomber.
00:49Une seconde après, leur corps était totalement déchiqueté, la tête, le dos, les bras.
00:53J'ai alors compris qu'ils tiraient avec des munitions de guerre. Les rues étaient couvertes de sang.
00:58Un jeune homme d'environ 20 ans est mort sur mes genoux. Il n'avait ni papier ni téléphone.
01:02Nous avons tenté de le réanimer en vain. Son sang avait séché sur ma peau. Cette image ne me quittera
01:06jamais. »
01:08Voilà, c'est un tout petit extrait de ce qu'on a publié vendredi.
01:11Donc évidemment, je vous invite à aller lire tout ce qu'on produit en ce moment sur l'Iran.
01:14Les décryptages, les analyses notamment de Pierre, mais aussi tous les reportages et les témoignages qu'on reçoit.
01:19Puisque vous l'avez vu et entendu, c'est extrêmement grave.
01:23Et Pierre, avant qu'on rentre dans le cœur du sujet sur les intérêts états-uniens,
01:27peut-être que tu peux nous faire un petit point sur ce qu'il se passe en Iran en ce
01:30moment.
01:31Est-ce que les manifestations et surtout les répressions dont je viens de parler,
01:34est-ce qu'elles ont toujours lieu ? Est-ce que ça s'intensifie ? Est-ce que ça forcit
01:38?
01:38Là, ces derniers jours, où est la situation en Iran ?
01:42Encore une fois, c'est toujours compliqué de savoir exactement ce qui se passe.
01:48D'abord, c'est un pays très vaste. C'est un pays très peuplé.
01:51Jusqu'à très récemment, l'Internet a été coupé.
01:54Les communications téléphoniques se font, mais il y a toujours des craintes pour parler et pour témoigner.
02:01Donc c'est d'autant plus la force des témoignages que nous avons publiés dans l'UMA de vendredi.
02:08D'après les informations que je peux avoir, les manifestations se sont quasiment arrêtées en ce moment.
02:14Alors il se peut peut-être que, notamment au Kurdistan, il y a des choses qui continuent.
02:20Une chose est sûre. En tout cas, de toute façon, même si les manifestations se sont arrêtées,
02:24la colère, elle, est toujours là.
02:26Donc les revendications qui se sont exprimées à partir du 28 décembre dans les rues de Téhéran
02:31et dans les grandes villes du pays, mais aussi dans les campagnes,
02:34ces revendications-là sont toujours là, qui sont d'ordre.
02:36D'abord économiques, évidemment, sur le pouvoir d'achat, sur le chômage, etc.
02:42Et qui se sont vite transformées en un rejet du pouvoir en place,
02:47tout simplement parce que maintenant, les gens en Iran estiment que
02:54les autorités aujourd'hui sont dans l'incapacité de répondre à leurs revendications.
02:59Et donc c'est ça qui est intéressant, c'est de savoir de quelle manière ce mouvement-là peut maintenant
03:03reprendre ou avancer,
03:05puisqu'on avait vu aussi des choses un peu similaires, pas similaires, mais on avait vu des grands mouvements dans
03:10les années précédentes
03:13qui visiblement n'ont rien donné, mais qui en réalité ont beaucoup percé dans la société iranienne,
03:19jusqu'à ce mouvement Femmes-Vie-Liberté, il y a deux ans, trois ans, voilà.
03:27Où des choses ont changé, y compris pour les femmes, elles ont obligé, en fait, le pouvoir à céder un
03:32petit peu du terrain.
03:32Alors c'est pas suffisant, mais elles ont cédé un peu du terrain.
03:35Donc aujourd'hui, c'est clair que la répression aussi sanglante telle qu'elle a eu lieu,
03:42alors qu'on n'a toujours pas les chiffres de ce qui s'est passé, se poursuit pas de la
03:47même manière.
03:48Très vraisemblablement, il y a beaucoup d'arrestations qui sont pratiquées,
03:50et que la police politique et les gardiens de la Révolution sont en train de traquer un certain nombre de
03:55gens
03:55qui ont participé aux manifestations.
03:57Tu parlais des chiffres, effectivement, quelqu'un dans le chat nous demandait
03:59est-ce que les chiffres sont fiables, est-ce qu'on a une idée ?
04:01C'est vrai que depuis le début de la répression, on a des chiffres très différents qui nous arrivent.
04:05Il me semble que les derniers confirmés par les associations, on est autour d'entre 3 et 5 000,
04:09suivant les associations, mais on parle de potentiellement 10, 15, 20, 25 000 personnes tuées dans la répression.
04:18Là, je pense qu'il va juste falloir attendre que les manifestants comptent leur mort,
04:23que les ONG, les associations fassent un vrai décompte sur place,
04:26parce qu'aujourd'hui, c'est très difficile d'avoir une réelle estimation du partage,
04:31ça veut dire qu'il va falloir attendre un peu ?
04:33Oui, il va falloir attendre un peu, mais ce que je voudrais dire aussi,
04:36c'est que la répression a eu lieu, c'est clair, de toute façon, un mort, c'est un mort
04:40de trop,
04:41tant qu'il y ait 3 000 ou 6 000, on ne sait pas.
04:45Mais j'ai l'impression aussi que beaucoup, ça a été, on a poussé beaucoup sur cette histoire de répression,
04:53j'ai le sentiment que c'est pour accompagner une intervention militaire américaine,
04:57et que l'intervention militaire américaine soit justifiée par cette répression,
05:01et pas pour des raisons politiques dont on va parler maintenant.
05:05Justement, tu m'as fait une transition parfaite.
05:08Je le disais en intro, Trump veut être le faiseur de paix,
05:10alors évidemment, quand on parle de paix avec Trump, on met toujours des guillemets.
05:14Est-ce que vous pouvez nous rappeler, Christophe Pierre,
05:16de quoi Trump a menacé l'Iran ces derniers jours, ces dernières semaines ?
05:20Quelles ont été les menaces, quelles ont été les déclarations de Donald Trump
05:23et de son administration envers l'Iran ?
05:26Qui veut y aller ?
05:28Pierre, vas-y, c'est l'Iran, vas-y, tu as écrit dessus, vas-y, vas-y.
05:31Vas-y, vas-y, Pierre.
05:32Vas-y, Pierre, vas-y.
05:33Oui, oui.
05:36Trump a soufflé le chaud et le froid ces derniers jours, ces dernières semaines,
05:42semblant prendre le parti des manifestants, menaçant le pouvoir iranien
05:47que si la pression continuait, il allait intervenir.
05:51C'était « retenez-moi, je fais un malheur un petit peu ».
05:54C'est presque une scène de vaudeville.
05:56Parce qu'en réalité, il a fait monter la pression psychologique et militaire à la fois,
06:03notamment, puisqu'il y a un des porte-avions américains, le Abraham Lincoln,
06:07qui se trouvait au large du Venezuela, évidemment, qui a fait route,
06:10et qui fait route en ce moment vers les eaux iraniennes, en passant.
06:15Donc ça prend un peu de temps, parce que le porte-avions passe par le Cap de Bonne-Espérance,
06:19donc il descend tout au sud de l'Afrique et remonte par l'Océan Indien.
06:23Et donc il a encore dit, je crois que c'est hier, il a encore redit que ces bateaux faisaient
06:27route
06:28et qu'on allait voir ce qu'on allait voir.
06:32Il a dit il y a quelques semaines « l'aide est en route » sans que personne ne comprenne
06:37ce que ça signifie réellement.
06:39Ça avait même mis un petit coup de pression, on ne va pas se mentir, aux spécialistes, aux commentateurs,
06:42en disant « qu'est-ce que ça veut dire ? Est-ce qu'il faut s'attendre dans la
06:44nuit à une intervention ? »
06:46Finalement, il n'y avait rien eu, mais c'est vrai que ça avait été un signal assez fort envoyé.
06:50Enfin, ce message avait fait beaucoup de bruit.
06:52– Oui, c'est ça, c'est pour ça que je dis qu'il y a beaucoup de pression psychologique.
06:56Moi, quand il a dit « l'aide est en route », je pensais que c'était pour Gaza.
06:59Mais en fait, je m'étais trompé. Il ne s'agissait pas du tout de Gaza,
07:01il s'agissait de possibles interventions militaires.
07:05Et tout est encore possible, en réalité.
07:08Parce qu'il ne faut pas oublier que les États-Unis, dans cette région, au Moyen-Orient,
07:12disposent de 40 000 hommes, quand même,
07:14qui sont déjà dans 8 bases disséminées un petit peu partout,
07:18et notamment la plus grosse se trouve au Qatar.
07:21Donc on peut penser aussi que, si l'intervention militaire n'a pas encore eu lieu,
07:27c'est aussi parce qu'il y a eu des pressions de la part des pays arabes,
07:31notamment l'Arabie saoudite, le Qatar,
07:33et aussi, qui n'est pas un pays arabes, mais la Turquie,
07:37qui ont fait pression aussi pour essayer de lancer des négociations,
07:40des discussions entre les États-Unis et l'Iran.
07:46Tu dis dans ton papier que tu as crié en avant-hier, je ne sais plus,
07:49c'est bien le programme nucléaire iranien qui reste le point de fixation de Donald Trump.
07:52Est-ce que tu peux nous expliquer en quoi le programme nucléaire iranien
07:56est un point de fixation pour Donald Trump ?
07:59C'est un point de fixation pour Donald Trump et surtout pour Israël.
08:03Parce que là, Trump est aussi sur les intérêts américains.
08:06Il faut rappeler qu'il y a plusieurs années,
08:09il y avait un traité qui a été signé sur le dossier nucléaire iranien,
08:13avec les États-Unis notamment, mais aussi un certain nombre de pays européens,
08:17qui prévoyait l'enrichissement de l'uranium à un certain taux et une certaine quantité,
08:24parce que la crainte de tous ces pays, c'est que l'Iran puisse se doter de l'arme nucléaire.
08:30Donc ce traité visait à empêcher l'Iran de pouvoir se doter de l'arme nucléaire,
08:38bien que l'Iran a toujours dit qu'il n'en voulait pas et qu'il ne fabriquait pas l
08:41'arme nucléaire.
08:41Mais Donald Trump, quand il est arrivé au pouvoir lors de son premier mandat,
08:44a quasiment immédiatement retiré les États-Unis de cet accord-là.
08:50Et donc, en fait, aujourd'hui, les Israéliens disent que la grande menace existentielle d'Israël,
08:55c'est à cause de l'Iran.
08:57Et donc ils disent qu'il ne faut pas que les Iraniens aient l'arme nucléaire.
09:01Ils vont même jusqu'à dire aucun enrichissement de l'uranium.
09:04Or, selon le droit international, les pays ont le droit d'enrichir de l'uranium à un certain taux,
09:09encore une fois, ce qui est assez cocasse d'une certaine manière,
09:12puisqu'Israël possède l'arme nucléaire.
09:14C'est un secret de Polychinelle.
09:15Mais comme officiellement, il ne l'a pas déclaré, il ne l'a pas,
09:19il n'y a aucune inspection des inspecteurs de l'Agence internationale sur l'énergie atomique.
09:25Et Israël n'a pas signé le traité de non-prolifération nucléaire.
09:29Donc Trump, aujourd'hui, ne met pas que le nucléaire dans la balance.
09:34Il y a trois points.
09:35Il y a la question du nucléaire, donc la question de l'enrichissement.
09:39Je pense que vous savez comment c'est dans une négociation comme ça.
09:43Chacun avance, c'est un peu comme au bazar.
09:46Et à partir d'aucun enrichissement, les Iraniens ne peuvent pas accepter aucun enrichissement,
09:52parce qu'ils ont besoin aussi de l'enrichissement de l'uranium pour l'énergie civile, pour le nucléaire civil.
09:58Donc c'est là aussi que les choses vont se jouer.
10:00Il y a des possibilités.
10:01Les Russes ont proposé déjà plusieurs fois d'enrichir eux-mêmes cet uranium pour le revendre à l'Iran.
10:09Mais Trump met aussi dans la balance la question des missiles stratégiques de moyenne portée iranien.
10:16Ça, c'est quasiment pour une défense d'Israël.
10:19Et troisièmement, il veut que l'Iran cesse d'aider un certain nombre d'organisations,
10:24qu'il appelle des proxys, dans la région, notamment le Hamas palestinien et le Hezbollah libanais,
10:29plus les Houthis.
10:30Mais les Houthis, c'est le Yémen.
10:31Et c'est un petit peu plus compliqué.
10:33– Comment le pouvoir iranien a réagi à ces menaces, à l'annonce de l'envoi de l'armada,
10:39notamment du porte-avions de Donald Trump ?
10:41Comment le pouvoir iranien a réagi ?
10:44Il me semble avoir vu qu'il disait que si les États-Unis interviennent militairement,
10:47c'est le début d'une guerre régionale.
10:50Quelle a été la réponse du pouvoir iranien ?
10:52Et surtout que si les États-Unis interviennent vraiment, c'est quoi la suite ?
10:57Alors on ne va pas faire de politique fiction, mais quelles sont les pistes auxquelles on peut penser ?
11:02– Ça pose évidemment plusieurs questions.
11:04On ne peut pas penser que si...
11:07Les États-Unis ont frappé au mois de juin avec Israël.
11:10Mais ça s'est relativement bien passé.
11:12Je n'aime pas tellement ce terme, évidemment, parce qu'il y a quand même eu des bombardements,
11:14il y a eu des morts.
11:16Mais même la réplique iranienne à ce moment-là a été très soft en réalité,
11:20prévenant même avant qu'ils allaient balancer quelques missiles,
11:24qu'ils envoyaient des drones.
11:26Donc tout ça s'est relativement passé de manière très courtoise, je dirais.
11:29Là, il va se passer autre chose, parce que le but ultime de cette intervention militaire
11:35serait évidemment d'éradiquer le pouvoir iranien qui est en place.
11:39Et donc quand un pouvoir est acculé de cette manière-là,
11:43soit il baisse les bras tout de suite, soit il se défend jusqu'à la mort.
11:46Et donc ça peut créer une déstabilisation, parce que, notamment un certain nombre d'organisations,
11:52on parle du Hamas, on peut parler du Hezbollah libanais,
11:55mais on peut aussi parler d'un certain nombre de milices chiites qui se trouvent en Irak,
11:59ça crée de toute manière une déstabilisation dans l'ensemble des pays,
12:02une déstabilisation de la région.
12:06Et donc aussi, il ne faut pas oublier que l'Iran, c'est aussi le détroit d'Hormuz,
12:10et donc là vous passe un cinquième quand même des productions pétrolières.
12:14Et donc c'est tout ça qui risque de déstabiliser.
12:17Et pour la suite, évidemment, ça pose un certain nombre de questions sur
12:21quels sont les pays qui vont être dominants dans cette région,
12:25avec tout ce qui est en train de se passer.
12:27Quelqu'un dans le chat nous demande,
12:28« Lors de la guerre des 12 jours, j'avais entendu que le nationalisme iranien
12:32allait au-delà du soutien au régime.
12:33En quoi cela pourrait jouer en cas d'intervention extérieure ? »
12:37Tu vois la question ?
12:41Alors...
12:42« Lors de la guerre des 12 jours, j'avais entendu que le nationalisme iranien
12:45allait au-delà du soutien au régime.
12:46En quoi cela pourrait jouer en cas d'intervention extérieure ? »
12:50Si tu n'as pas de réponse, c'est pas...
12:51— Évidemment, oui.
12:53C'est très compliqué.
12:55Je pense que les Iraniens...
12:56D'abord, il y a une question politique forte.
12:58Mais je pense que les Iraniens ne voient pas d'un bon oeil
13:02les États-Unis intervenir militairement dans leur pays.
13:06Alors évidemment que la situation de la répression,
13:10si la répression se poursuit, s'aggrave.
13:13Il y a un certain nombre de gens qui vont basculer en disant
13:15« Bon, c'est peut-être pas bien l'intervention américaine,
13:19mais peut-être que c'est un moindre mal pour arriver à se débarrasser
13:22de ces gens qui sont au pouvoir. »
13:24Mais généralement, les Iraniens sont très nationalistes,
13:29pas au sens chauvin du terme,
13:31mais au sens d'une certaine fierté de leur pays,
13:34de leur culture, de ce qu'ils représentent.
13:36D'ailleurs, à tel point que...
13:38Parce que la question politique, c'est qu'aujourd'hui,
13:41qui pourrait prendre le pouvoir ?
13:43Qui pourrait les représenter ?
13:45Il y a quelques semaines, a été mis en avant le fils du chat d'Iran,
13:49Reza Pallavi, qui n'a pas très bonne presse en Iran,
13:53mais il a la plus bonne presse dans les médias internationaux.
13:56Chez nous, oui.
13:58Et avec une certaine diaspora,
14:01celle qui avait fui au moment de la révolution de 1979,
14:04qui sont des nostalgiques du chat,
14:06et des gens qui ont beaucoup d'argent.
14:07C'est aussi son cas, d'ailleurs.
14:10Et de l'autre côté,
14:11les organisations vraiment progressistes ont été éradiquées.
14:15Certains sont en prison.
14:16Les syndicalistes sont en prison.
14:17Les défenseurs des droits de l'homme,
14:19comme Naghese Mohamadi, sont en prison,
14:21qui a eu un prix Nobel.
14:23Et puis de l'autre côté,
14:24restent ce qu'on appelle les Moudjahidines du peuple,
14:26qui sont cordialement détestés en Iran,
14:29notamment parce qu'ils avaient participé dans la guerre Iran-Irak.
14:32Ils avaient participé côté irakien.
14:34Donc il y a un vide qui peut se créer.
14:38Et je pense aussi que par rapport à une intervention militaire américaine,
14:42il y a aussi ça qui entre en jeu.
14:44Parce que le vide du pouvoir,
14:46ça peut être très grave et très dangereux,
14:49y compris pour le reste de la région.
14:51Donc tout ça se prépare.
14:52Une question peut-être à tous les deux.
14:54Pierre, tu écris dans ton papier.
14:57Tu poses la question,
14:58est-ce que le dossier iranien sert de contre-feu,
15:00en gros, pour éviter le dossier Epstein,
15:02pour éviter le dossier ICE,
15:05qui fait beaucoup parler de lui en ce moment ?
15:08Est-ce que pour vous, effectivement,
15:09le dossier iranien sert de contre-feu
15:11aux autres sujets brûlants des États-Unis ?
15:14Christophe, peut-être ?
15:18Oui, c'est le moment où je dois dire
15:19que quand j'ai lu le papier de Pierre,
15:20je me suis dit, tiens, on a un désaccord avec Pierre.
15:22Ah, et ben voilà.
15:22Mais ça nous arrive parfois.
15:24Non, non, mais Pierre n'apporte pas de réponse.
15:26Sérieusement, n'apporte pas de réponse.
15:27Soulève une question.
15:29Oui, oui, je pose la question.
15:30Je ne dis pas que c'est...
15:31Oui, oui, oui, non, mais je te charrie un peu,
15:33comme tu ne voulais pas m'écouter tout à l'heure.
15:34Je t'oublie jamais de m'écouter.
15:36On en prouve les trimes pour régler ses comptes, c'est très bien.
15:39Oui, non, non, mais...
15:41Non, je ne pense pas que ça puisse fonctionner,
15:43mais que ça puisse fonctionner comme ça.
15:47Parce que ce qu'engage Donald Trump sur l'Iran,
15:49c'est qu'à partir du moment où on dit,
15:52j'envoie l'aide, et en l'occurrence,
15:55c'est-à-dire c'est une partie de l'armée américaine
16:00aux portes de l'Iran,
16:01il engage un rapport de force
16:05qui...
16:06C'est pas une partie de poker entre potes un soir,
16:09où on dit, tiens, je vais tenter le truc
16:11et je vais bluffer.
16:12Ça implique des choses en termes de...
16:16Pour la suite, y compris de prestige des États-Unis,
16:19d'autorité des États-Unis dans la région.
16:22Pierre en parlait notamment avec l'Arabie saoudite,
16:24que Donald Trump tente toujours de faire rentrer
16:27dans les accords d'Abraham.
16:30Donc je ne pense pas que ça puisse être
16:32quelque chose qui vienne masquer ou contrebalancer
16:35des problèmes internes.
16:39En revanche, ça engage quelque chose vis-à-vis de sa base.
16:43On en parlait tout à l'heure avec Epstein.
16:45La base MAGA,
16:48qui était plutôt en marge du système politique
16:50que Trump a ramené dans le système électoral,
16:54dans le processus électoral,
16:55qui est plutôt anti-élite, anti-establishment,
16:58anti-guerre,
17:01avait déjà mal pris la participation des États-Unis
17:05à la guerre d'édite des toujours,
17:08n'a pas été charmée,
17:09ce sont les enquêtes d'opinion qu'ils le montrent,
17:12par l'intervention au Venezuela
17:13d'un enlèvement de kidnapping du président Maduro.
17:17Elle ne serait pas du tout fan, je pense,
17:19d'un conflit ouvert avec l'Iran.
17:23Parce que la question qui se pose,
17:25c'est quels sont les buts de guerre ?
17:27Toujours se poser la question.
17:29Est-ce que c'est de faire comme au Venezuela,
17:31d'enlever Ramenei
17:33et de le remplacer par un numéro 2,
17:35mais le système ne changerait pas,
17:38le régime ne change pas,
17:39ce qu'on appelle le régime.
17:41Le régime, c'est toujours un mot qu'on utilise
17:42pour les pays qu'on considère comme des dictatures,
17:45jamais pour des pays qui...
17:47Parce qu'on peut parler d'un régime aussi aux États-Unis, de fait.
17:49Ou un régime iralien.
17:51Oui, oui, tout à fait, exactement, bien sûr.
17:55Donc, voilà.
17:56Je pense que la vraie question,
17:59c'est que cherche Donald Trump
18:02sur le plan géopolitique,
18:04pas forcément à contrebalancer
18:05des problèmes internes
18:07qu'il rencontre par ailleurs, réellement, d'ailleurs.
18:10Est-ce qu'on s'arrête là ?
18:11Ou est-ce que, Pierre, tu vas amortir ?
18:12Oui, justement,
18:13parce que c'est...
18:14Effectivement, c'est important.
18:15Parce qu'en réalité,
18:17on est...
18:18C'est la suite
18:21de ce qui s'est passé à Gaza,
18:22de ce qui se passe à Gaza.
18:23C'est-à-dire, c'est un remodelage du Moyen-Orient,
18:27mais pas comme voulait le faire George Bush père.
18:32C'est plutôt là.
18:33Et c'est, encore une fois,
18:35c'est ce que Netanyahou a très bien compris.
18:37C'est-à-dire qu'il est arrivé à mettre
18:39le projet israélien de Grand Israël
18:41dans le projet des États-Unis,
18:44d'avoir une région Moyen-Orientale
18:46où il n'y a plus de trublions.
18:48C'est-à-dire où il y a des pays
18:50qui sont dirigés par des gens
18:51qui vont quasiment suivre à 100%
18:54la politique américaine
18:55dans cette région-là.
18:57Et donc, on voit bien que c'est arrivé,
18:58puisque avec l'affaiblissement du Hezbollah
19:01et une occupation quasiment du sud du Liban
19:04par Israël,
19:05le pouvoir libanais a été affaibli
19:08et aujourd'hui est incapable de dire non.
19:10En Syrie, Bashar al-Assad est tombé
19:13et donc c'est un ancien djihadiste
19:15qui est quand même à la tête de la Syrie.
19:19Ça montre d'ailleurs que ce qui importe
19:21en réalité aux États-Unis,
19:22ce n'est pas la nature du régime,
19:24pour le coup, d'utiliser le mot régime
19:26à un sens.
19:28Parce que ce qui leur importe,
19:30ce n'est pas que l'Iran oblige les femmes
19:32à se voiler ou qu'il y ait une répression.
19:34Ce qui les gêne, c'est quand le pays
19:35ne suit pas ce qu'ils font.
19:37Et c'est exactement ce qui s'est passé
19:38depuis 2000.
19:39Parce que si on regarde
19:41ce qui s'est passé depuis un quart de siècle maintenant
19:45et ce qui se passait au sein de la Ligue arabe,
19:47les trois pays, quatre pays
19:48qui gênaient les États-Unis
19:50se nomment Libye, Irak, Syrie.
19:54Donc là, ça a été dégommé,
19:56y compris militairement.
19:56Et je rajouterai de l'Algérie,
19:58dont on voit aujourd'hui la campagne
19:59qui est menée.
20:00Et quoi qu'on puisse penser
20:01de la politique algérienne
20:03et du gouvernement algérien aujourd'hui,
20:05c'est aussi un pays
20:06qu'on essaie de déstabiliser
20:07sur la scène internationale
20:09et notamment sur le rôle
20:10que l'Algérie pourrait jouer
20:11notamment avec l'émergence
20:13des pays du Sud global.
20:16Donc c'est aussi ça qui se joue,
20:18d'avoir un Moyen-Orient
20:20complètement stabilisé
20:21qui permettra à Trump,
20:23non seulement de sécuriser complètement
20:25les voies d'énergie
20:27pour les États-Unis,
20:28pour l'Europe,
20:29mais aussi de préparer
20:30et d'entamer sa guerre commerciale,
20:33voire peut-être même militaire,
20:34parce que je pense que c'est aussi
20:36ce qui est en train de se préparer
20:37avec la Chine.
20:39Et je disais, je termine,
20:40je disais, c'est aussi la suite de Gaza.
20:43Le conseil dit de paix
20:45que Trump vient de créer
20:46qui vise à suppler
20:47en réalité les Nations Unies
20:49est une préparation
20:50de ce qui va se passer
20:51dans les 10, 15 prochaines années
20:53avec plus aucun guerre de fous
20:54et lui à la tête,
20:55les États-Unis à la tête
20:56de toute une armada.
20:58et lui à la tête,