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  • il y a 8 heures
Manuel Bompard, député de Marseille, était l'invité de "Ça ira !" ce 26 octobre : l'occasion de revenir en plateau sur la stratégie de la France insoumise, dont il est coordinateur national, pour les élections municipales de mars 2026.

Présenté par Mejdaline Mhiri et Theo Bourrieau, avec Lumi et Cyprien Caddeo.

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Transcription
00:01Donc on va passer au municipal. Vous êtes passé d'une stratégie de soutien à des listes citoyennes à la
00:06présentation de listes insoumises un peu partout sur le territoire.
00:09Alors pourquoi ce revirement stratégique ?
00:11Ah c'est pas vraiment un revirement stratégique, c'est juste pour être très honnête que quand il y a
00:15eu les dernières élections municipales,
00:16la France insoumise c'était un mouvement très jeune qui n'avait pas forcément travaillé ses structures d'implantation locale
00:23de telle sorte à être en capacité de mener de manière nationale la bataille des élections municipales.
00:29Que le mouvement depuis il a progressé, il a davantage de couverture territoriale, davantage de groupes qui sont organisés un
00:36peu partout.
00:37Et après notre objectif c'est pas, je précise ce point là, nous on n'a jamais dit que notre
00:40objectif c'était de constituer des listes insoumises partout.
00:43On a dit des choses très simples, c'est dans un document d'orientation qu'on a adopté l'année
00:46dernière, les insoumis.
00:47On a adopté d'ailleurs, je le dis parce que parfois j'entends des choses sur le mouvement insoumis qui
00:51ne correspondent pas à la réalité,
00:52dans lequel on a dit, on a des marqueurs programmatiques nationaux, la régie publique de l'eau, les cantines bio
01:01et gratuites partout,
01:03et on est prêt à faire des listes communes avec celles et ceux qui sont d'accord avec ces marqueurs
01:08programmatiques.
01:09On n'a jamais dit que c'était forcément des listes insoumises, d'ailleurs il y a un certain nombre
01:12de communes où ça ne sera pas des listes insoumises,
01:13ce sera des listes avec d'autres. Mais par contre, là aussi on assume de dire que le communalisme insoumis,
01:20c'est l'idée,
01:21comme ça a été d'ailleurs le communisme municipal, le socialisme municipal, l'idée que la gestion de la ville
01:28ce n'est pas un acte gestionnaire,
01:30c'est comment à l'échelle municipale on peut préfigurer des ruptures qui après ont vocation à devenir des ruptures
01:36nationales.
01:37Et nous c'est dans cette philosophie qu'on s'inscrit dans la municipale et on le fera avec ceux
01:39qui veulent le faire avec nous.
01:40Très concrètement, combien de villes est-ce que vous visez ? À partir de combien de villes potentiellement remportées, vous
01:45estimerez que c'est un succès ?
01:47Moi, franchement...
01:49On sait que vous avez des fiches Excel dans votre coin, Manuel Bompard. Dites-nous tout, dites-nous quel est
01:54le chiffre.
01:55Non, j'ai des fiches Excel, mais... Enfin, j'ai des fiches Excel, il n'y a pas besoin d
01:59'avoir des fiches Excel très compliquées.
02:00Vous prenez le résultat des dernières élections européennes, qui est la dernière élection dans laquelle chaque formation politique est partie
02:06de manière séparée.
02:08Par exemple, vous prenez les communes de plus de 10 000 habitants inscrits sur les listes électorales, vous avez 31
02:15communes où la France insoumise a fait plus de 40% toute seule.
02:18Bon, on peut considérer... Je ne suis pas en train de vous dire que c'est mon objectif, parce que
02:21je sais que les municipales, ce n'est pas les européennes, ce n'est pas pareil, etc.
02:25Moi, je suis très modeste dans cette élection municipale. C'est un travail de longue haleine de construire une implantation
02:31territoriale.
02:32Et la France insoumise, l'avantage, c'est qu'on part d'à peu près rien. Donc, comme on part
02:35d'à peu près rien, globalement, on ne peut que progresser.
02:37Donc, moi, je serai très content, parce qu'on progressera dans tous les cas dans les élections municipales.
02:40Mais je ne vais pas commencer à dire que l'objectif, c'est de prendre X villes, etc.
02:44Et puis, l'objectif, ce n'est pas des intérêts politiciens, c'est d'essayer de transformer la vie des
02:48gens dans des communes dans lesquelles ils habitent.
02:50Et je considère que dans des villes où les gens ont voté à plus de 40% pour la France
02:54insoumise aux élections européennes,
02:56c'est que globalement, ils doivent considérer que les idées qu'on porte, elles ne sont pas trop mauvaises.
03:00Ces villes-là, justement, c'est des villes... Alors, il y a quelques villes de droite, il y a surtout
03:03des villes de gauche.
03:04Et là, j'ai envie de dire, est-ce qu'il n'y a pas une... Ça vous amène à
03:06une contradiction, finalement, entre l'appel à l'Union populaire et le fait de devoir, du coup, présenter au nom
03:11de vos scores aux européennes,
03:12notamment, vous l'avez dit, mais aussi à la présidentielle, des listes autonomes contre des mérites gauches sortantes ?
03:18Oui, mais alors là, je vais vous dire, parce qu'à un moment, il faut aussi dire les choses.
03:22Vous suivez la gauche, je pense que vous suivez les choses de manière assez précise.
03:26Je sais qu'on a tendance à essayer de présenter dans le débat médiatique la France insoumise comme le vilain
03:31petit canard.
03:32Moi, je voudrais vous dire que quand il y a eu l'élection présidentielle de 2022,
03:35que nous avons proposé au lendemain de l'élection présidentielle de constituer des listes communes sur toutes les circonscriptions législatives
03:42avec la NUPES, qu'une fois qu'il y a eu cette expérience, qui a été plutôt réussie, tout le
03:46monde a été plutôt content,
03:48qu'est-ce qui s'est passé au lendemain ? Au lendemain, moi, au nom de la France insoumise,
03:52j'ai fait une proposition à toutes les autres formations politiques de gauche.
03:54Je leur ai dit, dès maintenant, on se met d'accord sur européenne, sénatoriale, municipale, prochaine présidentielle, prochaine législative.
04:01Et au moins, tout le monde s'y retrouve.
04:03On a une discussion nationale sur la préparation des élections municipales.
04:07On m'a dit, non, il n'en est pas question.
04:09On m'a dit, non, il n'en est pas question.
04:10J'ai proposé encore l'année dernière une discussion municipale pour préparer les élections.
04:15Ce que vous êtes en train de nous dire, c'est qu'il n'y a pas d'accord aux
04:17municipales et vous allez présenter du monde
04:19parce que les autres n'ont pas voulu faire l'union avec vous.
04:20Je vais vous dire pourquoi.
04:21Parce que quand vous proposez une discussion nationale visant à préparer les municipales,
04:26on vous dit, non, non, chez nous, ça se discute localement.
04:29Et puis quand vous allez localement, même dans les villes où les insoumis, ils ont fait 40%
04:33et une autre formation politique a fait 2% et que le maire sortant, il est de droite,
04:37on me dit, non, mais vous, les insoumis, vous êtes trop clivants.
04:40Donc ça ne peut pas être vous.
04:41Ça ne peut pas être derrière vous.
04:42Ça doit forcément être derrière un tel, un tel, un tel.
04:43Donc en fait, moi, je veux bien, si vous voulez, travailler aux conditions de l'union.
04:47Mais les conditions de l'union, ça ne peut pas être toujours les insoumis derrière.
04:51Les militants insoumis, ils sont sympas.
04:53Ils viennent coller les affiches et ils viennent distribuer les tracts.
04:55Mais par contre, ça ne peut jamais être eux qui sont en responsabilité.
04:57Ça, ce n'est pas possible, en fait.
04:59Ça, je pense que tout le monde peut le comprendre.
05:00Je ne crois pas que ce soit trop arrogant de demander que dans un accord national sur les municipales,
05:06chacun puisse s'y retrouver.
05:07Mais là, à chaque fois, on me dit une certaine.
05:09Mais est-ce que vous comprenez, parce que là, il y a des questions du chat qui disent
05:11des listes LFI contre des mairies communistes, est-ce normal ?
05:13Il y a quand même ce questionnement très important.
05:16Ça dépend du programme.
05:17Il y a des endroits, il y a des villes communistes
05:20dans lesquelles il y aura des listes communes derrière le maire communiste sortant.
05:25Et puis il y a des endroits où on a des accords programmatiques.
05:27Pardon, moi, je ne suis pas venu ici, certainement pas.
05:31Je n'ai pas mon intention, ce n'est pas de faire le procès des villes communistes sortantes.
05:34Et dans un certain nombre d'entre elles, d'ailleurs, il y a des politiques municipales
05:37qui sont très ambitieuses.
05:38Mais sur un certain nombre de points, parfois, on a des désaccords.
05:40Par exemple, je vous ai parlé...
05:41Mais sur quoi, par exemple ?
05:42Par exemple, je vous ai donné un exemple tout à l'heure d'un marqueur programmatique national
05:45de la France insoumise,
05:47qui est la question de la régie publique de l'eau.
05:50Eh bien, vous verrez.
05:52Je ne vais pas chercher des noises à qui que ce soit,
05:54mais il y a un certain nombre de municipalités communistes
05:56où, par exemple, ce n'est pas toujours la régie publique de l'eau.
05:58Bon, ben non, on défend la régie publique de l'eau.
05:59Et donc ça, c'est que ça vaut potentiellement de...
06:00C'est le cas, par exemple, à Montreuil.
06:02Et à Montreuil, à ce que je sache, il y aura une liste insoumise.
06:04Non, mais d'accord.
06:05Je vous ai donné...
06:05Je vous ai pris un exemple, un marqueur.
06:07Il y en a dix.
06:08Si vous voulez, on fait la liste.
06:09Mais en fait, je pense que c'est important,
06:10parce qu'il y a une question de récits autour de la régie municipale aussi.
06:14Et la gauche, dans sa pluralité,
06:16va essayer de mettre en valeur les bilans des villes sortantes de gauche
06:18parce que c'est les seuls endroits où la gauche gouverne depuis dix ans, quoi.
06:22Ou même plus.
06:23Et donc, eux vont être dans la valorisation de leurs bilans.
06:26Et vous, vous allez être contraints,
06:27parce que vous êtes concurrents dans ces bilans,
06:30à aller démonter les bilans de bilan.
06:31Non, mais moi, je ne fais pas de la comédie, en fait.
06:33S'il y a un bilan très bon,
06:35eh bien, il n'y aura pas...
06:35Ça se passera très bien entre nous.
06:37Mais il y a des fois, il y a des bilans qui sont...
06:38Il n'y aura pas de liste...
06:40Les Insoumis, s'ils considèrent que le bilan de la municipalité sortante est très bon,
06:44ils font des listes communes avec la municipalité sortante.
06:46Et après, je voudrais quand même rappeler à tous les gens qui nous écoutent,
06:49parce que j'entends un peu,
06:51parfois, des choses qui sont dites
06:52qui ne correspondent pas à la réalité aux élections municipales.
06:54Il y a deux tours.
06:56Il faut faire plus de 10% pour être qualifié au deuxième tour.
06:58Donc, à part dans quelques villes,
07:00et évidemment, celles-là, on les regarde avec beaucoup d'attention.
07:02Comme lesquelles, par exemple, on aimerait bien,
07:04parce que, franchement, je pense qu'il y a des militants,
07:05il y a des militantes qui sont inquiets,
07:07ou dans l'expectative, dites-nous des villes.
07:09Par exemple, quand moi, je suis député de Marseille,
07:12et il se trouve qu'à la France Insoumis, on a des députés référents.
07:14Je suis député référent du Var.
07:16Dans le Var, je peux vous dire qu'à quelques exceptions près,
07:19il va y avoir des listes communes de toute la gauche,
07:21tout simplement, parce que sinon, la gauche n'est pas qualifiée au second tour.
07:23Ça ne sera pas le cas à Lyon, par exemple.
07:24C'est vraiment un département de droite ?
07:25À Lyon, ce ne sera pas le cas.
07:27D'accord, ça ne sera pas le cas à Lyon.
07:28Mais à Lyon, ça ne sera pas le cas.
07:34D'accord, c'est en fonction du rapport de fin de...
07:36Évidemment, s'il y a un risque d'élimination de la gauche au second tour des élections municipales,
07:40nous, on n'est pas fous.
07:42Donc, évidemment que dans ce cas-là...
07:43Donc, dans les banlieues rouges, il n'y aura pas forcément de...
07:45Mais pas forcément, comme je vous l'ai dit tout à l'heure.
07:48Et puis après, deuxième tour,
07:49et puis après, pardon, mais personne n'est propriétaire d'une commune.
07:52C'est les électrices et les électeurs qui décident.
07:53Donc, si les électrices et les électeurs,
07:55ils décident au soir du premier tour que la liste insoumise,
07:58elle fait tant et qu'une autre liste de gauche, elle fait tant,
08:01et bien après, charge à ces différentes listes de se mettre d'accord.
08:04C'est comme ça que ça fonctionne.
08:05Ça a toujours fonctionné comme ça et ça continuera à fonctionner comme ça.
08:08Mais les insoumis, ils ne vont pas se faire éradiquer partout.
08:10On ne veut pas d'eux.
08:11On dit, comme c'est le cas à Paris par des candidats socialistes,
08:14même au deuxième tour, on ne s'alliera pas avec la France insoumise.
08:17Et puis par contre, s'il vous plaît, vous ne présentez pas.
08:20Ben non, pardon, mais les gens qui votent,
08:21ce n'est pas pour des raisons politiciennes,
08:23qui votent pour la France insoumise,
08:24ont peut-être le droit aussi d'être représentés dans les conseils municipaux, non ?
08:27Qu'est-ce que vous en pensez ?
08:28Peut-être que c'est bien qu'ils puissent avoir le droit aussi
08:30d'avoir des élus qui les représentent.
08:32Est-ce que vous n'avez pas peur que cette campagne laisse des traces
08:34pour la présidentielle derrière ?
08:36C'est-à-dire, en gros, soit un obstacle à l'union ?
08:39Non, mais attendez, mais faites pas comme si...
08:42Enfin, c'est vieux comme le monde, en fait,
08:43qu'il y ait différentes listes de gauche au premier tour des élections municipales.
08:46Enfin, je veux dire, les listes communes de toute la gauche
08:48aux élections municipales, ça a toujours été plutôt une anomalie.
08:51Ça n'a jamais été la norme.
08:53Après, si vous voulez qu'on parle des présidentielles,
08:55on peut parler par ailleurs des présidentielles.
08:57Mais ça, c'est un autre sujet.
08:58Oui, mais elle se rapproche tellement
08:59qu'il y a évidemment cette idée de...
09:02On prône l'union quand ça nous arrange.
09:03Et puis, finalement, quand on a besoin de gagner des villes,
09:06on ne prône plus l'union.
09:07Et vous voyez, évidemment, que les militants sur le terrain...
09:10Moi, je ne prends pas l'union quand ça m'arrange.
09:12Parce qu'encore une fois, comme je l'ai dit tout à l'heure,
09:13je crois être le représentant de la seule formation politique de gauche
09:17qui a proposé un accord national sur les élections municipales.
09:21Mais vous ne pouvez pas dire aux insoumis
09:23« Non, non, pas d'accord national. »
09:25Et puis après, localement, arranger derrière nous et puis disparaisser.
09:28Ça, ce n'est pas possible, en fait.
09:29Si vous voulez créer les conditions d'un accord avec tout le monde,
09:31vous devez respecter tout le monde.
09:33En fait, c'est un principe de base.
09:35Donc voilà, mais moi, je ne prends pas l'union quand ça m'arrange.
09:37Moi, vous pouvez...
09:39La ligne stratégique qui est celle de la France insoumise,
09:42c'est l'union sur un programme de rupture.
09:44Il n'y a pas d'autre sujet.
09:46Donc, quand il n'y a pas les conditions de créer l'union sur un programme de rupture,
09:49c'est les insoumis qui portent le programme de rupture.
09:51Quand il y a moyen de porter l'union sur un programme de rupture,
09:53on en est très contents.
09:54On l'a fait aux élections législatives de 2022.
09:56On n'était pas obligés de le faire.
09:57Le rapport de force, c'était 22% pour Jean-Luc Mélenchon.
10:00Et toutes les autres formations politiques de gauche étaient à moins de 5%.
10:02Je veux dire, on aurait pu avoir une autre stratégie à ce moment-là.
10:04On ne l'a pas eu.
10:05On l'a fait au moment du nouveau Front populaire.
10:07On l'a proposé au moment des élections européennes.
10:09Moi, je veux bien qu'on fasse comme si ça n'avait pas existé.
10:11Non, non, bien sûr, mais on voit aussi ce qui s'est passé à Villeneuve-le-Roi.
10:14On voit aussi ce qui s'est passé autour de la candidature de Louis-Ville-Neuve-Saint-Georges.
10:17Oui, mais précisément, c'est un très bon exemple à Villeneuve-Saint-Georges.
10:20À Villeneuve-Saint-Georges, on aurait pu faire une liste commune derrière un candidat insoumis.
10:24Mais c'est de la faute des autres.
10:25Mais non, mais je ne sais pas.
10:26Mais quand vous arrivez dans une discussion,
10:27et que la dernière élection qui a eu lieu dans cette commune,
10:30les insoumis ont fait 38% et toutes les autres formations ont fait moins de 5%.
10:34Mais vous voyez bien que c'est toujours la même chose.
10:35Ça ne peut pas être les insoumis qui tirent.
10:41Il faut peut-être avoir quelques arguments, si vous voulez, quand vous dites ça.
10:44Donc moi, je ne demande pas à diriger toutes les listes du pays.
10:46Que les choses soient claires.
10:47Mais je propose juste que la France insoumise ait le droit parfois, si c'est possible.
10:50Si ce n'est pas trop demandé à ceux qui sont installés depuis des années et des années,
10:53et qui considèrent que les villes leur appartiennent.
10:56Parce que, pardon, les villes, elles n'appartiennent à personne, en fait.

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