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  • il y a 10 heures
Manuel Bompard, coordinateur national de la France insoumise et député de Marseille était l'invité de Lumi, Cyprien Caddeo, Théo Bourrieau et Mejdaline Mhiri dans "ÇA IRA !"

Budget, union à gauche, stratégie pour les élections municipales, IA, retrouvez l'entretien en intégralité !

0:00 Quel budget en 2026 ?
8:30 Le rapport de LFI aux syndicats
24:49 C’est quoi la nouvelle France ?
27:29 Quelle union de la gauche ?
31:30 La stratégie municipale de LFI
42:45 2027 : comment gagner le 2nd tour ?
50:34 La carte de pressk
55:40 Ça ira, ça ira pas
59:31 La concentration des médias
01:05:35 IA : le regard de LFI

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Transcription
00:00:01On accueille donc désormais Emmanuel Bompard. Bonsoir.
00:00:04Bonsoir.
00:00:05Vous êtes du coup le bienvenu ici.
00:00:09Merci.
00:00:09Vous êtes député des Bouges-du-Rhône et coordinateur de la France Insoumise.
00:00:14Et donc on avait très envie de parler avec vous d'actualité politique,
00:00:17de tout un tas de sujets qu'on va aborder et notamment du budget puisqu'on est en plein dedans.
00:00:21Oui, on est face à un budget qui, on se trouve qu'on sera tous d'accord sur ce plateau,
00:00:24on est sur un désastre social dans la continuité du macronisme.
00:00:28Et à l'heure où on se parle, les débats sont en train de s'enliser au Parlement
00:00:31et on ne devrait pas a priori atterrir avant la fin des délais impartis par la Constitution.
00:00:35Donc j'ai envie de vous demander comme première question,
00:00:37est-ce qu'on va tout droit vers un budget adopté au forceps,
00:00:40cette fois avec les ordonnances, mais comme les précédents budgets, sans vote ?
00:00:44Bonjour d'abord, merci de votre invitation.
00:00:47Évidemment c'est un scénario parce qu'au rythme auquel avancent les débats pour l'instant,
00:00:52je ne sais pas si les gens qui nous écoutent le savent,
00:00:54mais dans la Constitution, le temps dont dispose le Parlement, l'Assemblée nationale et le Sénat
00:00:59pour examiner le budget d'un côté, ce qu'on appelle le budget, c'est le projet de loi de
00:01:02finances
00:01:03et le budget de la sécurité sociale de l'autre, sont encadrés.
00:01:05C'est 70 jours pour le budget de l'État, 50 jours pour le budget de la sécurité sociale.
00:01:09Et il se trouve que si ces délais ne sont pas respectés,
00:01:13si le temps de débat excède ces délais-là de la responsabilité de l'Assemblée nationale et du Sénat,
00:01:18alors le gouvernement a la possibilité d'utiliser des ordonnances.
00:01:22Alors fait inédit dans la Ve République, ça n'a jamais été utilisé depuis 1958.
00:01:25Les ordonnances c'est quoi ?
00:01:26Ça permet au gouvernement de dire voilà le budget c'est ça et vous les députés,
00:01:30vous n'avez rien à dire sur ce sujet.
00:01:31C'est évidemment une hypothèse, ce n'est pas la seule,
00:01:34mais c'est une hypothèse qui prend du crédit au fur et à mesure que les débats s'éternisent.
00:01:39Et clairement on voit qu'il n'y a pas une volonté de la part du gouvernement pour l'instant
00:01:44d'accélérer les débats.
00:01:44Il joue la montre pour vous ?
00:01:46Oui bien sûr, il joue la montre.
00:01:49Alors soit il joue la montre parce qu'ils veulent aller à l'expiration du délai constitutionnel,
00:01:53soit il joue la montre parce qu'ils ont besoin de temps pour essayer de s'accorder,
00:01:56d'essayer de trouver une majorité pour voter ce budget.
00:02:00Clairement une majorité pour voter ce budget ça semble être quand même extrêmement compliqué
00:02:03puisqu'il faudrait que à la fois les macronistes, à la fois la droite les républicains,
00:02:08à la fois le parti socialiste décident à la fin de voter le budget.
00:02:11C'est-à-dire même dans l'hypothèse où le parti socialiste s'abstiendrait sur le budget,
00:02:16ça ne suffirait pas d'avoir une majorité pour le voter.
00:02:19Donc cette voie-là elle semble quand même très compromise.
00:02:22Donc la voie la plus probable c'est sans doute les ordonnances,
00:02:24mais il peut y en avoir d'autres.
00:02:25Il peut y avoir un rejet du budget, l'adoption d'une loi spéciale.
00:02:28On fait un peu le tour de la constitution là avec Macron.
00:02:30La gauche a encore les moyens d'empêcher le budget destructeur adopté comme ça au forceps ?
00:02:35Notre stratégie à nous c'est d'essayer de couper toutes les voies
00:02:38qui permettent au gouvernement d'imposer ce budget.
00:02:41Donc d'abord en se battant dans l'hémicycle contre ce budget, c'est ce qu'on fait.
00:02:45Donc des fois on gagne et on remporte des victoires.
00:02:47Le problème, et ça a été un peu l'hypocrisie du traitement médiatique
00:02:51qui consistait à faire croire que le gouvernement ayant renoncé à l'article 49.3,
00:02:56ça voudrait dire en quelque sorte que c'est l'Assemblée nationale
00:02:58qui aurait le dernier mot sur le budget.
00:02:59Or toute personne qui connaît les institutions de la Vème République
00:03:03sait que le gouvernement dispose de plein d'autres cordes de rappel que le 49.3.
00:03:07Il y a une commission mixte paritaire avec le Sénat
00:03:09qui permet de réécrire le budget dans sa version initiale.
00:03:12Il y a plein d'autres articles, je ne vais pas tout détailler ici.
00:03:15Mais en tout cas on se bat dans l'hémicycle pour essayer de faire battre
00:03:19toutes les mesures les plus dangereuses et les plus inacceptables du budget, bien sûr.
00:03:24Et puis à la fin, on a la possibilité d'utiliser une motion de censure
00:03:28dégainer entre guillemets au bon moment
00:03:30pour essayer d'empêcher au gouvernement de pouvoir passer ce budget par ordonnance.
00:03:34Et ce n'est pas pour se faire plaisir,
00:03:35c'est parce que ce budget, ce serait une catastrophe sociale,
00:03:38ce serait une catastrophe écologique et même,
00:03:40ce serait peut-être qu'on aura l'occasion d'en parler,
00:03:42une catastrophe économique.
00:03:44Les prévisions de l'Observatoire français des conjectures économiques,
00:03:47c'est que le budget diviserait la croissance par deux.
00:03:49Alors on peut débattre de qu'est-ce qu'on met dans la croissance.
00:03:50Mais ce ne serait même pas efficace d'un point de vue macroniste en même temps.
00:03:53Ben non, d'un point de vue économique.
00:03:56Mais en fait, pour une raison qu'on ne cesse de leur expliquer
00:03:58et qu'ils ne veulent pas comprendre,
00:04:00c'est que si votre politique économique,
00:04:02c'est une politique de coupe dans la dépense publique
00:04:05et de mesures qui pèsent sur le pouvoir d'achat,
00:04:07à la fin, ça se traduit par le fait,
00:04:09vous le savez comme moi,
00:04:10que les gens qui vont subir le plus les conséquences de ces coupes
00:04:14et de ces baisses dans le pouvoir d'achat,
00:04:15c'est les plus pauvres.
00:04:16C'est ceux qui consomment.
00:04:18Ce ne sont pas des gens qui vont placer l'argent qu'ils ont
00:04:20chaque mois sur des comptes en banque.
00:04:22C'est des gens qui l'utilisent et qui font tourner l'économie réelle.
00:04:25Donc si vous comprimez encore la dépense publique
00:04:28et si vous comprimez encore les moyens de ceux qui consomment,
00:04:32font vivre la machine économique,
00:04:34évidemment, elle va être encore plus en difficulté.
00:04:36Cette année, on a atteint un record.
00:04:37C'est un insoumis qui dit ça, imaginez.
00:04:39Cette année, on a atteint un record de faillite des entreprises.
00:04:42Ça devrait quand même les faire réfléchir eux-mêmes,
00:04:44de changer de logique.
00:04:45Je voulais vous demander,
00:04:47les débats se sont beaucoup concentrés justement sur la taxe Zuckmann
00:04:50et donc on rappelle, même si maintenant on en parle beaucoup,
00:04:52mais quand même on le rappelle toujours,
00:04:53c'est une taxe minimale de 2% sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d'euros
00:04:56et en gros ça ne concerne que 1800 foyers fiscaux.
00:04:59Mais du coup, ça est totalement rejeté avec beaucoup de virulence
00:05:01et il y a presque un côté humiliant en fait,
00:05:03de ne pas les faire céder pour si peu.
00:05:05Alors, est-ce que la gauche, elle n'aurait pas eu intérêt à être,
00:05:08ou intérêt à être beaucoup plus radicale et demander beaucoup plus
00:05:10plutôt que de devoir quémander en fait si peu
00:05:13et qu'en plus on nous refuse ça ?
00:05:14Alors moi, je n'ai pas concentré toutes mes demandes,
00:05:16enfin la France insoumise, on n'a pas demandé toutes,
00:05:18on n'a pas concentré toutes nos demandes sur seulement la taxe Zuckmann
00:05:21et je suis 100% d'accord.
00:05:23Et comme c'est la mesure symbolique ?
00:05:24Je vais y revenir, mais ce que je veux dire, c'est que nous, notre opposition à ce budget,
00:05:29c'est une opposition d'ensemble.
00:05:30C'est-à-dire, pour le dire franchement, il ne suffit pas de décaler 2 milliards de recettes supplémentaires
00:05:34et 2 milliards d'efforts qui vont reposer sur les Français pour changer la logique générale de ce budget.
00:05:40C'est un budget qui s'inscrit dans la continuité du budget macroniste
00:05:43et qui passe par des politiques de coupe et ce qu'on a appelé la politique de l'offre.
00:05:48C'est-à-dire, on va en gros, pour favoriser l'économie,
00:05:52réduire les impôts des plus grandes entreprises
00:05:55en se disant qu'à la fin, ça va ruisseler sur l'économie réelle.
00:05:57Nous, on combat la logique même du budget.
00:05:59C'est ça qu'on combat.
00:06:01Après, c'est vrai que le débat public s'est cristallisé autour de cette question-là de la taxe Zuckmann.
00:06:06C'est une question importante quand même,
00:06:08mais évidemment, un programme de gauche, de rupture,
00:06:11il ne peut pas se contenter de la taxe Zuckmann.
00:06:13S'il n'y avait que la taxe Zuckmann, ça ne résisterait pas le problème du budget.
00:06:15Il aurait fallu demander beaucoup plus.
00:06:17Mais on demande beaucoup plus.
00:06:18Il suffit de faire la liste des amendements qu'on examine.
00:06:22C'est le Parti Socialiste qui a concentré sa négociation sur 49.3,
00:06:25décalage de la réforme des retraites et taxe Zuckmann.
00:06:27Mais nous, on n'a jamais concentré une éventuelle négociation sur ce sujet.
00:06:30Ça donne une image, une photographie du rapport de force.
00:06:32C'est-à-dire qu'effectivement, vous l'avez dit,
00:06:34c'est un impôt qui permet de cranter quelque chose dans le débat public
00:06:37sur la fiscalité des ultra-riches.
00:06:39Et en même temps, la résistance énorme qu'il y a en face de la bourgeoisie,
00:06:43des milieux d'affaires, ça dit quand même quelque chose du rapport de force.
00:06:46Ah, évidemment.
00:06:47Enfin, en tout cas, du rapport de force dans la superstructure politique.
00:06:50Parce que quand vous interrogez les Français sur l'idée de la taxe Zuckmann,
00:06:54il y a une immense majorité des gens qui pensent que c'est normal et que c'est légitime.
00:06:58Mais vous avez une petite classe politique aujourd'hui
00:07:00qui a des intérêts étroitement liés à ceux des milliardaires
00:07:04dont on est en train de parler et qui ne veut pas lâcher.
00:07:06Et ce n'est même pas capable de céder sur ça.
00:07:08Donc c'est pour ça qu'il faudrait peut-être justement qu'il y ait beaucoup plus d'offensifs,
00:07:12être plus d'offensifs pour faire lâcher quelque chose.
00:07:15Ah ben ça, je suis d'accord.
00:07:16Mais cette offensive, elle ne passe pas...
00:07:18Faire bouger la fenêtre d'Overton un petit peu.
00:07:20J'entends.
00:07:20Demander beaucoup plus, même si après c'est une misère.
00:07:22Mais là, pour 2%, il y a un côté humiliant.
00:07:24Oui, mais nous on a présenté un contre-budget.
00:07:27La taxe Zuckmann, c'est 15 à 20 milliards d'euros de recettes supplémentaires.
00:07:30D'accord ?
00:07:30Nous on a présenté un contre-budget dans lequel on propose 160 milliards de recettes supplémentaires
00:07:34et 180 milliards de dépenses supplémentaires.
00:07:37Du point de vue de la radicalité de notre proposition, je pense que ça va.
00:07:40On est allé assez fort.
00:07:41Mais vous avez raison, il faut augmenter le rapport de force.
00:07:43Mais augmenter le rapport de force, ça ne passe pas que par la radicalité des propositions
00:07:46qu'on passe sur la table.
00:07:47Ça passe par le fait de savoir si on est capable aussi d'entraîner la société.
00:07:51On va peut-être en parler.
00:07:52De créer les conditions d'une mobilisation du pays, d'une mobilisation du peuple
00:07:56pour faire lâcher ceux qui résistent à des mesures qui sont quand même des mesures légitimes.
00:08:02Pour la taxe Zuckmann, on est quand même en train de parler du fait que les milliardaires
00:08:05payent au moins autant d'impôts que les classes dites moyennes dans notre pays.
00:08:10C'est de ça dont on est en train de parler.
00:08:11C'est quand même pas révolutionnaire.
00:08:12Je suis d'accord, c'est pas révolutionnaire.
00:08:13La taxe Zuckmann, c'est un truc normalement qui devrait être un truc de base.
00:08:16Et oui, effectivement, ils s'accrochent et ils ne veulent pas lâcher, y compris là-dessus.
00:08:19Justement sur la question du rapport de force et de la pression qu'on met,
00:08:22notamment au gouvernement macroniste et autour du budget, bien sûr.
00:08:25Ça ne joue pas qu'au Parlement, vous l'avez dit, ça joue aussi dans le mouvement social.
00:08:28D'abord, ma première question, c'est quelle leçon vous tirez de ce que vous avez appelé
00:08:31à la France Insoumise le mouvement septembriste, c'est-à-dire à la fois la journée d'action
00:08:34du 10 septembre, puis les intersyndicales du 18 et du 2 octobre ?
00:08:39D'abord, je trouve que le mouvement du 10 septembre a été assez salutaire,
00:08:45parce que ça faisait quand même depuis assez longtemps qu'on attendait que se créent
00:08:50les conditions d'une mobilisation qui réunit des dizaines ou des centaines de milliers
00:08:55de personnes et surtout qui se pose la question d'une stratégie qui ne sera pas uniquement
00:09:02sur une stratégie de la mobilisation numérique, en fait, et qui se pose la question.
00:09:06Je ne dis pas que ça a été totalement satisfaisant, mais qui au moins est un mouvement
00:09:10qui s'interroge sur les modalités d'action et qui renonce à la stratégie qui a été
00:09:14pour l'instant la stratégie du mouvement social ces dernières années, c'est-à-dire
00:09:17ce que certains ont appelé la stratégie saute-mouton, on fait une journée d'action une fois par
00:09:21mois, une fois tous les deux mois, ou même d'un certain point de vue, qui tient compte
00:09:25aussi des limites de ce qu'a été la mobilisation sur les retraites.
00:09:28La mobilisation sur les retraites, elle avait quelque chose d'impressionnant qui était
00:09:32sa dimension numérique, il y a eu des très grandes mobilisations, mais ce qui a été
00:09:36de mon point de vue, et je pense qu'on a le droit de discuter de ça sans immédiatement
00:09:39être attaqué en se disant vous remettez en cause les organisations syndicales, ce n'est
00:09:43pas ce que je suis en train de faire, je dis juste que du point de vue de la réflexion
00:09:46stratégique, on peut quand même se poser la question de savoir, alors que 90% des actifs
00:09:50étaient contre la réforme des retraites, alors qu'il y avait des millions de personnes
00:09:53dans la rue, pourquoi à un moment on n'a pas été capable de passer à une deuxième
00:09:58étape, entre guillemets, de la mobilisation, et de se mettre à peser sur l'économie ?
00:10:02Bon, et donc je trouve que ce qu'il y avait d'intéressant dans la réflexion sur le 10
00:10:05septembre, c'est que cette question-là, elle était posée, ça c'était bien.
00:10:09La limite, entre guillemets, de ce mouvement, c'est qu'évidemment c'est plus facile de
00:10:12peser sur l'économie quand les initiatives de mobilisation viennent des salariés eux-mêmes.
00:10:17Mais ce que j'allais dire, si on veut respecter le mot d'ordre, c'est-à-dire
00:10:19tout bloqué, là où ça a été effectivement bloqué, c'est souvent là où précisément
00:10:23il y a eu des grèves.
00:10:24J'ai pas de problème à dire ça, c'est évidemment plus difficile pour prendre une image d'aller
00:10:28bloquer un dépôt de bus quand vous êtes des citoyens qui travaillent pas dans le
00:10:31dépôt de bus et d'essayer de se mettre devant, parce qu'évidemment la répression
00:10:35policière qui a été très puissante le 10 septembre, elle vous déloge assez facilement,
00:10:39s'il y a personne pour conduire les bus, c'est un peu plus difficile de casser le mouvement.
00:10:43C'est vrai, mais enfin il faut quand même rendre le mérite aux gens qui se sont mobilisés
00:10:47le 10 septembre, qui se sont dit, c'est de ce côté-là que se passe la capacité de
00:10:51faire plier le pouvoir, vous l'avez dit tout à l'heure, ce pouvoir il lâche rien.
00:10:55Donc s'il lâche rien, c'est pas en faisant juste des manifestations en étant des millions
00:10:58de personnes qui va se mettre à lâcher en fait.
00:11:00Pour lâcher, c'est-à-dire qu'il faut que ça pèse sur ses intérêts.
00:11:02Donc ça je trouve ça positif, pardon.
00:11:04Ensuite je trouve l'autre élément positif du 10 septembre, c'est que ça a produit le
00:11:0818, à un moment il faut aussi dire la vérité.
00:11:10S'il n'y avait pas eu le 10 septembre, il n'y aurait pas eu le 18 septembre.
00:11:12Le 18, la date a déjà été posée, elle n'a pas attendu le 10 pour exister, les syndicats
00:11:17avaient leur propre calendrier.
00:11:19Non, pardon mais non.
00:11:20Quand en juillet Bayrou fait ses annonces, la stratégie qui est présentée à l'époque,
00:11:27c'est on va se réunir par les organisations syndicales, c'est on va se réunir au mois
00:11:30de septembre et on prendra peut-être des initiatives de mobilisation en octobre.
00:11:34Ils ont bougé et c'est très bien, moi je ne suis pas là pour critiquer les syndicats.
00:11:37Ils ont bougé et c'est très bien parce qu'il y a quelque chose qui est monté en puissance
00:11:40autour du 10 septembre, c'est monté y compris dans les bases syndicales et ils se sont
00:11:43dit il faut qu'on embraye.
00:11:44Donc ça c'était bien et c'était une bonne chose, qu'il y ait eu une intelligence de
00:11:48comprendre, ça a été à mon avis une des difficultés du mouvement des Gilets
00:11:51Jeunes, la fracture syndicale, mobilisation auto-organisée, spontanée.
00:11:54Donc ça c'était bien qu'on le comble.
00:11:56Ça j'ai trouvé ça très bien.
00:11:57Après honnêtement au lendemain du 18 septembre, là personnellement, même si je sais
00:12:02que ce n'est pas facile, je trouve qu'on a manqué le coche de ne pas tout de suite
00:12:06essayer de projeter l'énergie qui s'était accumulée dans quelque chose qui commençait
00:12:12à construire un rapport de force.
00:12:13On a dit on va donner un ultimatum pendant 5 jours et puis au bout de 5 jours on a
00:12:17appelé
00:12:17à une autre date de mobilisation.
00:12:18Moi je ne donne pas de leçon, je ne dis pas que c'est facile de créer du rapport
00:12:21de force.
00:12:22Juste on a le droit de s'interroger un peu et d'essayer de réfléchir ensemble
00:12:24comment on fait.
00:12:25Est-ce que vous vous êtes sans dire parce que par exemple vous avez prononcé le mot d'ordre
00:12:27de grève générale, vous la France Insoumise, il n'y a que vous qui l'avez prononcé
00:12:30tout en sachant que la France Insoumise n'est pas en capacité d'organiser une grève générale
00:12:33et que les syndicats non plus.
00:12:36Il n'y a pas que nous qui l'avons prononcé, j'ai entendu des structures syndicales,
00:12:40par exemple j'ai eu l'opportunité de faire un débat avec Fabien Vildieu du syndicat
00:12:45Sudrail qui lui défendait aussi l'idée que c'est ce qu'il fallait construire.
00:12:50Après là où vous avez raison et la France Insoumise.
00:12:52Ça ne se décrète pas.
00:12:53Ça ne se décrète pas évidemment mais personne ne pense que ça se décrète.
00:12:57Mais par contre si vous ne le posez jamais comme perspective ça ne se produira jamais.
00:13:00Donc en fait c'est ça le bon équilibre qu'il faut trouver.
00:13:02Mais le poser comme perspective et essayer de créer les conditions de la construction d'un rapport de force.
00:13:06Encore une fois moi je ne suis pas là pour décider à la place des organisations syndicales.
00:13:10Je dis que puisqu'on se posait la question de comment on augmente le rapport de force,
00:13:14c'est un sujet qui intéresse à la fois les organisations syndicales et les organisations politiques.
00:13:18Moi c'est un sujet qui m'intéresse.
00:13:19À la France Insoumise comment est-ce que vous définissez votre rapport au syndicat justement ?
00:13:23Parce que là on sent bien avec ce que vous nous dites qu'il y a à la fois la
00:13:26volonté de les pousser un petit peu plus loin,
00:13:28à la fois une forme de respect quand même.
00:13:31Comment est-ce que vous définissez ce lien ? Est-ce qu'il est complexe ? Comment ça se passe
00:13:36?
00:13:36Il est forcément complexe mais nous on assume d'avoir ouvert le débat sur comment on n'est pas sur
00:13:45un principe abstrait,
00:13:46qui est un principe de séparation totale de l'activité syndicale et de l'activité politique.
00:13:52Et il ne faut pas qu'il y ait de lien de subordination de l'un à l'autre évidemment.
00:13:56Mais on peut essayer quand même de construire des formes d'interaction entre le mouvement syndical et le mouvement politique.
00:14:03Et moi j'aspire à ça.
00:14:04Et d'ailleurs souvent on nous oppose dans ce débat une lecture de la charte d'Amiens qui, pardon, on
00:14:09est ici à l'humain,
00:14:10je pense que c'est des sujets qui vous intéressent.
00:14:12Quand vous lisez en détail la charte d'Amiens, les objectifs des syndicats c'est la grève générale révolutionnaire.
00:14:18C'est un objectif assez politique.
00:14:20Peut-être, Éprien tu réexpliques rapidement ce que c'est là.
00:14:21Oui, c'est le texte un peu fondateur du syndicalisme français en 1906,
00:14:25qui pose notamment, alors il y a ce que vous dites,
00:14:27mais il pose notamment surtout l'indépendance des syndicats vis-à-vis des partis politiques.
00:14:32Ça c'est un truc très important et que les syndicats revendiquent toujours.
00:14:35Et précisément, par exemple, vous le savez, je ne vous l'apprends pas,
00:14:37quand vous avez utilisé le terme de grève générale,
00:14:40il y a des syndicalistes qui vous ont reproché d'avoir empiété sur leurs fonctions, sur leur plate-bande.
00:14:44Mais je vous le dis sincèrement, et ce n'est pas grave, on peut en débattre,
00:14:49je conteste cette lecture de la charte d'Amiens, je ne pense pas que ce n'est pas une bonne
00:14:51lecture de la charte d'Amiens.
00:14:52La lecture de la charte d'Amiens, c'est évidemment une indépendance, ça c'est vrai.
00:14:56Une neutralité des syndicats.
00:14:57Les syndicats n'ont pas à choisir des partis politiques,
00:14:59et les partis politiques n'ont pas à choisir des syndicats.
00:15:01Ça, il n'y a pas de difficulté.
00:15:02Mais comme je m'attendais à cette question,
00:15:04j'ai relu la charte des statuts de la CGT de 1936,
00:15:10qui est dans le préambule...
00:15:11Vous avez fait votre travail.
00:15:12J'ai fait mon travail, parce que je trouve que c'est intéressant pour faire évoluer ce débat.
00:15:16Et dans le préambule de 1936 des statuts de la CGT,
00:15:20il y a une phrase très intéressante qui dit
00:15:21« La neutralité à l'égard des partis politiques ne saurait impliquer son indifférence
00:15:25à l'égard des dangers qui menaceraient les libertés publiques
00:15:28comme les réformes en vigueur ou à conquérir. »
00:15:30Donc ça veut dire quoi ?
00:15:31Ça veut dire qu'évidemment qu'il y a une neutralité, une indépendance.
00:15:33Mais ça veut dire que quand la situation le nécessite,
00:15:36quand il y a une réforme à gagner,
00:15:38quand il y a des libertés publiques qui sont menacées,
00:15:40alors il doit y avoir la possibilité pour le syndicat et le politique d'agir en commun.
00:15:45Et agir en commun, ça ne veut pas dire renoncer à cette indépendance.
00:15:47Vous pensez comme Jean-Luc Mélenchon que cette charte est dépassée ?
00:15:50Non, je ne sais pas si elle est dépassée, ça ce n'est pas à moi de le définir,
00:15:53mais je trouve qu'on en fait une lecture
00:15:55qui me paraît être une lecture un peu restrictive.
00:15:57Et encore une fois, moi je ne veux pas donner l'impression,
00:16:00je n'ai pas l'intention de donner des consignes aux syndicats
00:16:03comme je ne souhaite pas que les syndicats donnent des consignes aux partis politiques.
00:16:06Je dis juste que sur des sujets de mobilisation,
00:16:10des batailles qui sont des batailles politiques,
00:16:12il faut qu'on crée les conditions de mobilisation,
00:16:13des mobilisations communes.
00:16:15Sinon on se retrouve avec des calendriers qui sont absurdes.
00:16:17Un calendrier politique d'un côté, un calendrier syndical de l'autre,
00:16:20un calendrier avec des initiatives auto-organisées.
00:16:22Peut-être qu'il faut qu'on réfléchisse à comment on met ses forces en commun.
00:16:24On va juste lancer un magnéto qui illustre, à notre sens,
00:16:29on va vous montrer quelques images qui illustrent votre rapport au syndicat.
00:16:32Ce n'est pas des images, c'est un texte.
00:16:34Oui, c'est une citation de note, ça revient à ce que vous avez déjà dit,
00:16:37mais en gros c'est une note de blog de Jean-Luc Mélenchon du 10 septembre justement.
00:16:41Oui, on déduit, je vous le fais un peu rapidement, mais vous l'avez à l'écran,
00:16:45que les fractures entre les syndicats et les partis politiques,
00:16:48notamment l'action politique, ont résulté sur l'échec de la lutte
00:16:54contre la réforme des retraites, et que sur le 10 septembre,
00:16:57la CGT a soutenu, enfin les syndicats ont soutenu le 10 septembre,
00:16:59mais qu'en ayant le 18, ils ont fait concurrence et affaiblit la convergence,
00:17:03ce qui est un peu à l'inverse de ce que vous disiez tout à l'heure,
00:17:05en disant grâce au 10, il y a eu le 18, Jean-Luc Mélenchon dit
00:17:07à cause du 18, il n'y a failli pas avoir le 10.
00:17:10Non, je ne crois pas que ça soit contradictoire,
00:17:15je pense que ça dit exactement la même chose que moi,
00:17:16c'est que s'il y a eu le 18, c'était parce qu'il y avait le 10,
00:17:19chacun peut le lire comme il le souhaite.
00:17:20Après, bon, moi mon sujet, ce n'est pas d'entretenir des polémiques publiques
00:17:25avec telle ou telle organisation syndicale,
00:17:28mon sujet c'est comment on essaye de créer les conditions
00:17:30d'une mobilisation populaire qui soit la plus large possible,
00:17:33pour remporter des victoires au service du peuple,
00:17:36et en particulier dans le peuple, il y a évidemment les salariés,
00:17:38donc c'est ça la question qui est posée,
00:17:40et je trouve qu'on peut en débattre sereinement
00:17:41sans se jeter des anathèmes à la figure.
00:17:45On remarque justement que le problème c'est que
00:17:47ni les partis ni les syndicats sont vraiment en capacité
00:17:50de bloquer tout, et on sait que le monde du travail,
00:17:53c'est quand même malheureusement, la gauche a perdu un petit peu
00:17:55de pouvoir, on va dire, d'influence sur le monde du travail,
00:17:58est-ce que vous pensez que c'est toujours cet endroit
00:18:01qui est le lieu principal en fait de politisation,
00:18:03qui serait une priorité en fait d'aller parler aux travailleurs
00:18:06et justement pour pouvoir, pourquoi pas, construire la grève
00:18:09ou d'autres possibilités de blocage ?
00:18:11Alors là c'est un débat sans doute très intéressant
00:18:13qu'on pourrait avoir, qui est de savoir
00:18:15quel est l'acteur politique révolutionnaire du 21ème siècle.
00:18:19Bon, nous, c'est pas une surprise, et ça donne lieu à des débats,
00:18:22y compris des débats qui sont un peu vifs parfois.
00:18:24Nous on s'inscrit dans ce qu'on a appelé la théorie de la révolution citoyenne
00:18:27et la théorie de l'ère du peuple.
00:18:28C'était l'idée de dire, le capitalisme ne modèle pas que la relation au travail,
00:18:35le capitalisme il modèle aussi l'espace, l'organisation géographique,
00:18:39il modèle aussi le temps, il modèle aussi les relations internationales,
00:18:42et donc de notre point de vue, l'acteur révolutionnaire du 21ème siècle,
00:18:45c'est un acteur plus large que simplement les salariés.
00:18:49Et la conscience politique révolutionnaire,
00:18:51elle ne se construit pas que dans le rapport contre l'exploitation au travail,
00:18:55mais elle se construit contre toutes les formes d'oppression
00:18:57que le système capitaliste impose au pays, à la société, etc.
00:19:02Je prends un exemple pour rendre ça peut-être plus concret.
00:19:04Mais je pense que, ici, vous savez que l'anticapitalisme a une nouvelle vigueur aussi,
00:19:11parce que vous avez un certain nombre de générations qui deviennent anticapitalistes,
00:19:16par exemple dans la contestation de l'impasse auquel nous amène le capitalisme
00:19:21du point de vue du changement climatique.
00:19:22Et que vous avez des gens qui rentrent par une prise de conscience écologique,
00:19:25et qui en viennent à s'interroger...
00:19:27Ou pas forcément par le travail, c'est ça que...
00:19:29Pas forcément. Je ne suis pas en train de dire que par le travail, non.
00:19:32Mais je trouve que c'est une catégorie, le peuple, c'est une catégorie plus ample.
00:19:36Donc là, j'ai parlé de la question écologique,
00:19:38mais on peut parler de la question féministe,
00:19:40on peut parler de la question antiraciste ou anticoloniale.
00:19:42Je pense que toutes ces questions-là,
00:19:45toutes ces formes-là de lutte contre des oppressions,
00:19:48elles aident à forger une conscience qui soit une conscience anticapitaliste.
00:19:51Et après, je pense que notre travail à nous,
00:19:52c'est d'essayer de trouver des aspects qui unifient les catégories sociales
00:19:57qui, à travers ces éléments-là de critique,
00:20:00s'opposent au système capitaliste,
00:20:01pour faire un projet commun,
00:20:03c'est-à-dire d'unifier autour d'objectifs communs
00:20:06l'anticapitalisme lié, on va dire, à la lutte contre l'oppression au travail,
00:20:10l'anticapitalisme lié à la critique du modèle productiviste du capitalisme,
00:20:16l'anticapitalisme lié à comment le capitalisme génère des formes d'oppression raciste, sexiste, etc.
00:20:23Voilà, moi, personnellement, c'est dans cette logique-là
00:20:26que la France Insoumise inscrit son orientation stratégique.
00:20:29Et parfois, quand on dit ça, on nous dit,
00:20:31oui, mais alors, vous avez renoncé à l'idée marxiste traditionnelle
00:20:36que l'oppression, elle se fait uniquement au niveau du travail.
00:20:39Je trouve ça aussi que c'est une lecture de Marx qui est un peu petite.
00:20:43Pas du tout l'oppression, mais plutôt pour aller parler aux travailleurs.
00:20:46C'est-à-dire, c'est plutôt...
00:20:48Est-ce que, voilà, la question que je posais, c'était vous,
00:20:50est-ce que le monde du travail, c'est encore un des premiers lieux de politisation ?
00:20:53Mais évidemment, c'est pas la seule oppression, clairement.
00:20:58Mais on est d'accord aussi que...
00:20:59Comme endroit, comme lieu de possibilité d'aller...
00:21:03Je suis d'accord, mais si on veut avoir ce débat
00:21:06de manière sérieuse et intelligente,
00:21:08la vérité, c'est que le monde du travail,
00:21:10le capitalisme, il a changé de forme aujourd'hui.
00:21:13C'est-à-dire, vous pouvez pas penser
00:21:14la construction d'une conscience de classe révolutionnaire
00:21:18de la même manière aujourd'hui
00:21:19où vous avez la sous-traitance généralisée,
00:21:23l'individualisation des parcours,
00:21:26le précariat pour aller vite,
00:21:28qu'au moment où vous aviez des centres ouvriers
00:21:30dans lesquels vous aviez 30 000 ouvriers
00:21:32qui étaient sur le même lieu de travail.
00:21:33Je dis pas qu'il y en a plus du tout, il y en a quelques-uns.
00:21:35Mais le capitalisme, il a changé de forme.
00:21:38Donc, vous devez aussi tenir compte de ça.
00:21:40Je veux dire, il y a l'ubérisation de la société,
00:21:43la sous-traitance en cascade,
00:21:45et c'est pas pour rien, d'ailleurs,
00:21:46que ça s'est construit comme ça,
00:21:47que ça a été une manière de mettre à bas
00:21:49ou d'affaiblir les résistances ouvrières.
00:21:51Donc, vous devez en tenir compte aussi.
00:21:52Et donc, c'est pas moi, encore une fois,
00:21:54je suis pas syndicaliste,
00:21:55c'est pas à moi de dire aux syndicalistes
00:21:56ce qu'ils ont à faire.
00:21:57Mais évidemment, par exemple,
00:21:58je sais que c'est des réflexions
00:21:59qui existent dans les organisations syndicales
00:22:00sur les formes de syndicalisation,
00:22:02comment on arrive aussi à syndiquer
00:22:04des publics, entre guillemets,
00:22:05qui, a priori, sont pas dans les formes traditionnelles
00:22:08de la syndicalisation.
00:22:09Donc, moi, je dis, pour résumer mon propos,
00:22:12oui, bien sûr, le travail, ça reste un lieu central,
00:22:14mais c'est pas le seul.
00:22:15Et il faut s'adapter
00:22:17à comment ce lieu-là, il s'est modifié.
00:22:20Alors, est-ce que ça veut dire,
00:22:21comme j'entends parfois,
00:22:21il n'y a plus d'ouvriers ?
00:22:22Non, évidemment, je dis pas ça.
00:22:23C'est juste que les ouvriers d'aujourd'hui,
00:22:25c'est pas exactement les mêmes
00:22:26que les ouvriers d'il y a 30 ou 40 ans.
00:22:28Il y a des ouvriers dits traditionnels
00:22:30dans l'industrie, etc.
00:22:31Mais aujourd'hui,
00:22:32quelqu'un qui est sur un vélo
00:22:34toute la journée pour livrer des repas,
00:22:36c'est une forme d'oppression
00:22:38qui n'a rien à envier à la condition ouvrière.
00:22:40Donc, voilà, pour résumer mon propos sur ça.
00:22:44C'est le travail comme lieu de conscientisation.
00:22:47Il y a aussi le travail comme lieu concret de la lutte.
00:22:48Pour le coup, il y a un truc qui n'a pas trop bougé
00:22:50depuis Marx, c'est que pour toucher les capitalistes,
00:22:53c'est au portefeuille que ça marche le mieux.
00:22:55Et donc, c'est en bloquant l'outil de production.
00:22:57Même si l'outil de production,
00:22:58vous avez raison, a changé complètement de nature.
00:22:59C'est vrai, bien sûr.
00:23:00Mais vous pouvez aussi interroger la place,
00:23:05par exemple, des réseaux collectifs
00:23:06dans comment ils sont devenus indispensables aujourd'hui
00:23:09puisque vous avez plusieurs phénomènes qui ont changé.
00:23:10La modification de la forme du capitalisme,
00:23:13mais aussi l'urbanisation croissante.
00:23:15Donc, la plus grande dépendance au réseau
00:23:16qui structure l'espace urbain.
00:23:18Et donc, pour peser sur les intérêts capitalistes,
00:23:20vous pouvez évidemment bloquer l'outil de production,
00:23:22mais vous pouvez aussi avoir des formes d'action
00:23:24qui, par exemple, vont bloquer les réseaux.
00:23:26Et là, vous allez aussi peser sur des intérêts capitalistes.
00:23:28Concrètement, du coup, ça devrait interroger ou interpeller tout le monde
00:23:33que la mobilisation des Gilets jaunes,
00:23:35elle avait ça d'intéressante,
00:23:36que c'est pas pour rien qu'elle avait choisi le rond-point
00:23:38comme lieu de mobilisation.
00:23:42Même si, c'était pas vraiment pour bloquer,
00:23:44c'était plutôt pour être visible.
00:23:46D'ailleurs, le Gilet jaune, l'outil était...
00:23:48Mais s'il était à cet endroit-là,
00:23:50c'est parce que, précisément,
00:23:52cette question-là des réseaux de communication,
00:23:53des réseaux de transport,
00:23:54elle a pris une place centrale dans notre société aujourd'hui.
00:23:56Voilà, donc, j'essaye, pardon,
00:23:58c'est peut-être un peu complexe, notre discussion,
00:24:00mais de sortir un peu parfois des caricatures,
00:24:03en gros,
00:24:03c'est peut-être pour la révolution socialiste.
00:24:06Justement, effectivement,
00:24:07il y a des gens dans le chat qui s'étonnent
00:24:09et qui disent,
00:24:09mais en fait, il dit que le capitalisme a changé,
00:24:11plus vraiment qu'il faut lutter contre le capitalisme,
00:24:13ou qu'en tout cas, il faut le mettre à bas.
00:24:15Donc, effectivement,
00:24:16toutes ces questions autour du marxisme
00:24:17et de la place du travail dans la lutte,
00:24:19elle est...
00:24:20Pardon, si quelqu'un a compris de mon propos
00:24:22qu'il ne fallait plus lutter contre le capitalisme,
00:24:24pardon, je pense qu'il a mal compris,
00:24:25parce que, précisément, mon propos,
00:24:26c'est de dire que l'anticapitalisme
00:24:28a retrouvé de la vigueur,
00:24:29et je trouve que c'est une très bonne nouvelle
00:24:30ces dernières années,
00:24:34parce qu'un certain nombre de gens
00:24:35ne sont pas rentrés uniquement
00:24:36par la prise de conscience
00:24:37des rapports de production
00:24:39ou de la situation sociale au travail,
00:24:41mais par d'autres sujets.
00:24:42Mais moi, après, mon programme politique,
00:24:44le programme politique de la France Insoumise,
00:24:46il est anticapitaliste
00:24:47et je n'ai pas de problème à le dire.
00:24:48Et justement, vous défendez
00:24:49cette ligne stratégique dite de la Nouvelle France
00:24:52qui vous conduit notamment à mettre
00:24:53l'antiracisme et les quartiers populaires
00:24:55au cœur de votre action politique.
00:24:57Comment est-ce que vous restez quand même audible
00:24:59auprès de l'ensemble de la société
00:25:01si vous visez particulièrement
00:25:04certaines catégories
00:25:05à l'intérieur de la société ?
00:25:08Précisément,
00:25:09c'est un peu ce que je disais tout à l'heure
00:25:11sur nous, notre objectif,
00:25:12c'est de trouver des objectifs politiques
00:25:14qui unifient
00:25:15ce qu'on peut appeler
00:25:17la Nouvelle France.
00:25:18La Nouvelle France, c'est un fait,
00:25:20ce n'est pas un projet politique.
00:25:21C'est votre analyse de la situation ?
00:25:23Non, c'est d'abord un fait.
00:25:24Je veux dire,
00:25:25le peuple français, aujourd'hui,
00:25:26il est plus mélangé,
00:25:28il est plus bigarré
00:25:28que ce qu'il était il y a 100 ans.
00:25:29C'est une réalité sociale.
00:25:32Le peuple français, aujourd'hui,
00:25:33il est plus urbanisé
00:25:34que ce qu'il était il y a 100 ans.
00:25:35La condition féminine,
00:25:37c'est une bonne nouvelle,
00:25:37elle a quand même,
00:25:38même si, évidemment,
00:25:39on n'est pas au bout de cette lutte,
00:25:41les femmes ont davantage de place,
00:25:43de pouvoir dans la société,
00:25:44y compris de pouvoir politique,
00:25:45que ce que c'était
00:25:46il y a encore 50 ou 60 ans.
00:25:49La modification du capitalisme
00:25:51dont on a parlé,
00:25:51c'est des faits, ça, en fait.
00:25:52Ce n'est pas un projet.
00:25:53Donc ensuite,
00:25:54la question que vous me posez,
00:25:55c'est si vous pensez que c'est ça,
00:25:56l'acteur politique,
00:25:56comment vous l'unifiez
00:25:57et comment précisément
00:25:59vous n'opposez pas
00:26:00les différentes catégories
00:26:01dont on est en train de parler
00:26:02les unes avec les autres.
00:26:03Et moi, là,
00:26:04j'assume un désaccord,
00:26:05y compris avec certains à gauche
00:26:06qui, je trouve,
00:26:07parfois ont une vision
00:26:08qui est une vision
00:26:09un peu passéiste
00:26:12de la classe ouvrière.
00:26:14C'est cette idée
00:26:15qu'il y a des sujets
00:26:15dont il ne faudrait pas parler
00:26:17parce que ça serait une objection
00:26:19ou ça serait une opposition
00:26:20ou un blocage
00:26:21pour l'unification
00:26:21de ces catégories sociales.
00:26:23Moi, je pense précisément l'inverse.
00:26:24C'est-à-dire que
00:26:24si vous ne prenez pas à bras-le-corps
00:26:25la lutte antiraciste,
00:26:27il y a toute une partie du peuple
00:26:28que vous ne pouvez pas unir,
00:26:29que vous ne pouvez pas unifier
00:26:31dans les batailles politiques
00:26:31que vous voulez mener.
00:26:33Et faire croire que
00:26:34parce qu'on ne va pas parler
00:26:35de ce sujet
00:26:37au nom du fait
00:26:38que certaines parties
00:26:40de la population,
00:26:41y compris des catégories sociales
00:26:42dont on est en train de parler,
00:26:44seraient imprégnées
00:26:45du discours raciste
00:26:46qui existe dans la société,
00:26:48mais pardon,
00:26:48à la fin,
00:26:48on ne gagnera pas.
00:26:49Ce n'est pas vrai.
00:26:50Donc je pense qu'il faut assumer
00:26:51la question de l'antiracisme.
00:26:52Et d'ailleurs,
00:26:53quand vous regardez
00:26:54à l'échelle internationale,
00:26:56par exemple,
00:26:57les élections,
00:26:57les dernières élections nationales
00:26:59qu'il y a eu en Allemagne,
00:26:59pour prendre cet exemple-là,
00:27:01vous avez un parti
00:27:02qui s'appelle Dillinke,
00:27:03qui était quand même
00:27:03dans une dynamique
00:27:04qui était une dynamique
00:27:05d'affaiblissement
00:27:05très puissante
00:27:06ces dernières années,
00:27:07qui a retrouvé des couleurs.
00:27:08Et il a retrouvé des couleurs,
00:27:09évidemment,
00:27:09parce qu'il n'a pas renoncé
00:27:10à la radicalité sociale
00:27:11et économique,
00:27:12mais aussi parce qu'il a décidé
00:27:13de prendre à bras-le-corps
00:27:14le discours antifasciste
00:27:15et antiraciste.
00:27:16Moi, je pense que
00:27:16si la gauche veut empêcher
00:27:17l'extrême droite de gagner,
00:27:19elle doit rassembler
00:27:20une majorité
00:27:21sur un programme de rupture
00:27:22et elle doit assumer
00:27:23la rupture économique,
00:27:24l'antiracisme,
00:27:25l'antifascisme,
00:27:26la rupture écologique.
00:27:27Alors, on va aborder
00:27:29le sujet des municipales,
00:27:30mais juste pour en terminer
00:27:31peut-être sur la situation
00:27:32politique actuelle,
00:27:33puisque là,
00:27:33vous parliez de l'ensemble
00:27:34de la gauche.
00:27:37Quel est,
00:27:37si demain,
00:27:38après-demain,
00:27:39on est appelé au vote,
00:27:40quel est le périmètre
00:27:41de rassemblement
00:27:41de la gauche là,
00:27:42puisque si le PS vient...
00:27:45Oui, je t'appréciais.
00:27:45Si il y a des solutions
00:27:46et qu'on devait aller
00:27:46en législative en novembre.
00:27:48Écoutez, moi,
00:27:49il y a trois semaines,
00:27:51un mois,
00:27:52quand le corps nu
00:27:54et...
00:27:54Enfin, Bayrou est tombé
00:27:55et que s'est posé la question
00:27:56de est-ce qu'il y allait
00:27:57avoir un nouveau Premier ministre
00:27:58ou est-ce qu'il y allait
00:27:58avoir une dissolution
00:27:59de l'Assemblée nationale.
00:28:00Nous, les Insoumis,
00:28:01nous avons proposé
00:28:02une réunion
00:28:03aux différentes composantes
00:28:05de gauche
00:28:06pour dire
00:28:06dans cette hypothèse-là,
00:28:07il faut qu'on soit prêts
00:28:08et nous,
00:28:09notre ligne stratégique
00:28:10et politique,
00:28:11ça a toujours été deux choses.
00:28:12L'unité sur la rupture.
00:28:14Je veux dire,
00:28:15la France Insoumise
00:28:15à chacune des étapes.
00:28:17Son orientation stratégique,
00:28:18ça a toujours été
00:28:19le rassemblement
00:28:20sur un programme de rupture.
00:28:21Donc, on a dit,
00:28:22nous, on continue comme ça.
00:28:23Donc, le rassemblement
00:28:24sur un programme de rupture.
00:28:24Le programme de rupture,
00:28:25c'est le programme de la MOPES.
00:28:26Par contre, vous n'êtes pas allé
00:28:26aux réunions qui étaient
00:28:27organisées par les autres ?
00:28:28Mais non, mais parce que
00:28:29ce n'était pas le même objectif.
00:28:31L'objectif des réunions
00:28:32organisées par les autres,
00:28:34pardon...
00:28:34Notamment par Marine Tondelier
00:28:35et d'autres, mais...
00:28:36Enfin, je suis allé
00:28:37à une réunion organisée
00:28:38par Marine Tondelier
00:28:39sur la question de la dissolution,
00:28:40mais je ne suis pas allé
00:28:41aux réunions
00:28:41que je trouvais totalement illusoires
00:28:42et je l'assume pleinement
00:28:43de faire croire
00:28:45après un an
00:28:46où vous avez un président
00:28:47de la République
00:28:48qui fait tout
00:28:48pour empêcher la gauche
00:28:49de gouverner
00:28:50alors qu'elle a remporté
00:28:52les dernières élections législatives.
00:28:53Moi, la comédie
00:28:54d'aller supplier
00:28:56à Emmanuel Macron
00:28:57le fait de nous nommer
00:28:58à Matignon
00:28:59alors qu'on sait très bien
00:28:59que ça ne va pas être le cas,
00:29:01ça, j'avoue,
00:29:02j'assume,
00:29:02je ne joue pas cette comédie.
00:29:03Je trouve qu'elle est
00:29:04démoralisante pour les gens
00:29:05et qu'elle est décrédibilisante
00:29:08pour ceux qui s'y livrent
00:29:09parce que vous y allez une fois,
00:29:10ils vous ferment la porte,
00:29:11vous y allez deux fois,
00:29:12ils vous ferment la porte,
00:29:13au bout d'un moment,
00:29:13c'est bon,
00:29:14on ne va pas les supplier,
00:29:14il faut comprendre,
00:29:15il faut prendre acte, en fait.
00:29:17Macron n'a pas l'intention
00:29:18de partager le pouvoir
00:29:20avec qui que ce soit.
00:29:20Mais du coup, à l'inverse,
00:29:21est-ce que vous ne donnez pas
00:29:21la sensation que
00:29:22c'est forcément sur vos positions
00:29:24que l'union se crée ?
00:29:26Puisque du coup,
00:29:26vous n'allez pas
00:29:26aux réunions des autres
00:29:27mais que vous attendez
00:29:28à ce que les autres...
00:29:29Attendez, là, pardon,
00:29:30vous mélangez deux objectifs.
00:29:31Il y avait deux cas,
00:29:32pas un peu techniques,
00:29:33mais il y avait deux cas de réunion.
00:29:34Il y avait ceux qui voulaient discuter
00:29:35de l'hypothèse
00:29:36d'avoir un Premier ministre de gauche.
00:29:37En fait, cette discussion,
00:29:38elle est terminée.
00:29:39Je veux dire,
00:29:39Macron a fermé la porte,
00:29:40il n'y a pas de Premier ministre de gauche.
00:29:41Après, nous, on a proposé,
00:29:42on n'est pas tout seul,
00:29:43Marine Thaudier,
00:29:43vous avez parlé d'elle,
00:29:44elle l'a proposé aussi,
00:29:45d'avoir une réunion
00:29:47sur qu'est-ce qu'on fait
00:29:48dans l'hypothèse
00:29:48où il y a une dissolution
00:29:49de l'Assemblée nationale.
00:29:50Nous, dans ce cas-là,
00:29:51on a dit,
00:29:51notre objectif,
00:29:52c'est d'avoir des candidatures
00:29:52porteuses du programme
00:29:53du Nouveau Front Populaire
00:29:54sur toutes les circonscriptions.
00:29:55Maintenant, je ne vais pas esquiver
00:29:56votre question.
00:29:57Le Parti Socialiste,
00:29:58aujourd'hui, dit publiquement,
00:30:00le programme du Nouveau Front Populaire,
00:30:01ce n'est plus notre programme.
00:30:02Et ils disent,
00:30:03dans l'hypothèse
00:30:03où il y a une dissolution,
00:30:04on va mettre des candidats
00:30:05face aux députés insoumis sortants.
00:30:06Ce n'est pas moi qui l'ai dit,
00:30:07c'est Olivier Faure,
00:30:08dirigeant du Parti Socialiste.
00:30:10Je le regrette,
00:30:10mais qu'est-ce que vous voulez
00:30:11que je fasse ?
00:30:12Moi, je travaille avec tous
00:30:12ceux qui veulent travailler,
00:30:13qui restent fidèles au programme
00:30:15du Nouveau Front Populaire.
00:30:17Depuis, j'ai l'impression
00:30:17que Olivier Faure,
00:30:18il préfère les réunions
00:30:19avec M. Lecornu.
00:30:20C'est son choix,
00:30:21mais ce n'est pas le mien.
00:30:22C'est bien.
00:30:23Oui, moi, j'avais une question.
00:30:23Vous parliez de la comédie
00:30:24de dire gouvernement NFP,
00:30:27gouvernement NFP.
00:30:27Est-ce qu'il n'y a pas
00:30:28une comédie aussi de votre part
00:30:29quand vous dites
00:30:30Macron démission,
00:30:30Macron démission,
00:30:31sachant qu'il ne va pas nommer
00:30:33un Premier ministre de gauche,
00:30:33il ne va pas non plus démissionner,
00:30:34je pense,
00:30:35et encore moins être destitué
00:30:43super, youpi,
00:30:44Macron, il va démissionner demain.
00:30:45Je vais même vous dire,
00:30:46je suis tout à fait conscient
00:30:47du fait que Macron,
00:30:48il démissionnera le jour
00:30:49où il sera obligé de démissionner.
00:30:51Donc, je ne vais pas vous dire
00:30:52qu'un matin,
00:30:53il va se réveiller en se disant
00:30:54si je démissionnais,
00:30:55ce serait une bonne idée.
00:30:55Pour ça, vous allez faire pression
00:30:56sur les milliardaires
00:30:57qui sont peut-être les seuls
00:30:58qui sont capables
00:30:59de le faire démissionner,
00:31:00quelque chose comme ça ?
00:31:00Par exemple,
00:31:01mais aussi tout ce qu'on a discuté avant
00:31:02sur les conditions
00:31:03de la mobilisation populaire.
00:31:05Je sais que ça peut paraître
00:31:06très loin aujourd'hui,
00:31:07mais si vous avez
00:31:08une mobilisation populaire
00:31:09d'ampleur
00:31:09qui pèse sur l'économie,
00:31:11un mouvement de grève générale,
00:31:13vous ne savez pas
00:31:14où ça peut terminer ?
00:31:15Donc, moi, je ne vous dis pas
00:31:16que c'est facile.
00:31:17Il n'y a rien de facile
00:31:18dans la situation
00:31:19que l'on connaît.
00:31:19Mais on propose
00:31:20une perspective de lutte,
00:31:21une perspective de bataille.
00:31:22La perspective de bataille,
00:31:23elle part de l'idée
00:31:24que si vous voulez vraiment
00:31:25changer les choses aujourd'hui,
00:31:26le verrou, c'est Macron,
00:31:27c'est lui qu'il faut faire partir.
00:31:29Voilà, tout simplement.
00:31:30On va continuer à parler
00:31:31de l'union de la gauche
00:31:32autour des municipales, Lomi.
00:31:34Oui, donc on va passer
00:31:35aux municipales.
00:31:37Vous êtes passé d'une stratégie
00:31:38de soutien à des listes citoyennes
00:31:39à la présentation
00:31:40de listes insoumises
00:31:41un peu partout sur le territoire.
00:31:42Alors, pourquoi
00:31:43ce revirement stratégique ?
00:31:44Ce n'est pas vraiment
00:31:45un revirement stratégique.
00:31:46C'est juste pour être très honnête
00:31:47que quand il y a eu
00:31:48les dernières élections municipales,
00:31:50la France insoumise,
00:31:50c'était un mouvement très jeune
00:31:51qui n'avait pas forcément
00:31:54travaillé
00:31:54l'ancrage local
00:31:55sur ces structures
00:31:55d'implantation locale
00:31:56de telle sorte
00:31:57à être en capacité
00:31:59de mener de manière nationale
00:32:01la bataille
00:32:01des élections municipales.
00:32:02Que le mouvement,
00:32:03depuis, il a progressé.
00:32:04Il a davantage
00:32:05de couverture territoriale,
00:32:07davantage de groupes
00:32:08qui sont organisés
00:32:09un peu partout.
00:32:10Et après, notre objectif,
00:32:11ce n'est pas,
00:32:11je précise ce point-là,
00:32:12nous, on n'a jamais dit
00:32:13que notre objectif,
00:32:14c'était de constituer
00:32:14des listes insoumises partout.
00:32:16On a dit des choses
00:32:16très simples.
00:32:17C'est dans un document
00:32:18d'orientation
00:32:18qu'on a adopté l'année dernière,
00:32:19les insoumis.
00:32:20On a adopté, d'ailleurs,
00:32:21je le dis,
00:32:22parce que parfois,
00:32:22j'entends des choses
00:32:23sur le mouvement insoumis
00:32:24qui ne correspondent pas
00:32:24à la réalité,
00:32:25dans lequel on a dit
00:32:27qu'on a des marqueurs
00:32:28programmatiques nationaux,
00:32:31la régie publique de l'eau,
00:32:33les cantines bio et gratuites
00:32:35partout,
00:32:36et on est prêt à faire
00:32:37des listes communes
00:32:38avec celles et ceux
00:32:39qui sont d'accord
00:32:40avec ces marqueurs programmatiques.
00:32:42On n'a jamais dit
00:32:42que c'était forcément
00:32:43des listes insoumises.
00:32:44D'ailleurs,
00:32:44il y a un certain nombre
00:32:45de communes
00:32:45où ça ne sera pas
00:32:46des listes insoumises,
00:32:47ça sera des listes
00:32:47avec d'autres.
00:32:48Mais par contre,
00:32:49là aussi,
00:32:50on assume de dire
00:32:50que le communalisme insoumis,
00:32:53c'est l'idée,
00:32:54comme ça a été d'ailleurs
00:32:56le communisme municipal,
00:32:58le socialisme municipal,
00:32:59l'idée que la gestion
00:33:01de la ville,
00:33:01ce n'est pas
00:33:02un acte gestionnaire.
00:33:04C'est comment,
00:33:04à l'échelle municipale,
00:33:06on peut préfigurer
00:33:07des ruptures
00:33:07qui après ont vocation
00:33:08à devenir des ruptures nationales.
00:33:10Et nous,
00:33:10c'est dans cette philosophie
00:33:11qu'on s'inscrit dans la municipale
00:33:12et on le fera avec ceux
00:33:12qui veulent le faire avec nous.
00:33:13Très concrètement,
00:33:14combien de villes
00:33:15est-ce que vous visez ?
00:33:16À partir de combien de villes
00:33:17potentiellement remportées
00:33:18vous estimerez que c'est un succès ?
00:33:20Moi, franchement...
00:33:22On sait que vous avez
00:33:23des fiches Excel
00:33:24dans votre coin,
00:33:25Manuel Bompard.
00:33:26Dites-nous tout.
00:33:27Dites-nous quel est le chiffre.
00:33:28Non, j'ai des fiches Excel,
00:33:30mais...
00:33:30Enfin, j'ai des fiches Excel.
00:33:31Il n'y a pas besoin
00:33:32d'avoir des fiches Excel
00:33:33très compliquées.
00:33:33Vous prenez le résultat
00:33:34des dernières élections européennes,
00:33:36qui est la dernière élection
00:33:37dans laquelle chaque formation politique
00:33:39est partie de manière séparée.
00:33:41Par exemple,
00:33:42vous prenez les communes
00:33:43de plus de 10 000 habitants
00:33:46inscrits sur les listes électorales,
00:33:48vous avez 31 communes
00:33:49où la France Assoumise
00:33:50a fait plus de 40% toutes seules.
00:33:51Bon.
00:33:52On peut considérer...
00:33:53Je ne suis pas en train de vous dire
00:33:54que c'est mon objectif,
00:33:54parce que je sais que les municipales,
00:33:55ce ne sont pas les européennes,
00:33:56ce n'est pas pareil, etc.
00:33:58Moi, je suis très modeste
00:33:59dans cette élection municipale.
00:34:01C'est un travail de longue haleine
00:34:03de construire une implantation territoriale.
00:34:05Et la France Assoumise,
00:34:06l'avantage,
00:34:07c'est qu'on part d'à peu près rien.
00:34:08Donc, comme on part d'à peu près rien,
00:34:09globalement,
00:34:10on ne peut que progresser.
00:34:11Donc, moi, je serai très content
00:34:11parce qu'on progressera
00:34:12dans tous les cas
00:34:13dans les élections municipales.
00:34:13Mais je ne vais pas commencer à dire
00:34:14l'objectif,
00:34:15c'est de prendre X villes, etc.
00:34:17Puis l'objectif,
00:34:17ce n'est pas des intérêts politiciens,
00:34:19c'est d'essayer de transformer
00:34:20la vie des gens
00:34:21dans des communes
00:34:22dans lesquelles ils habitent.
00:34:23Et je considère que dans des villes
00:34:25où les gens ont voté
00:34:26à plus de 40%
00:34:27pour la France Assoumise
00:34:28aux élections européennes,
00:34:29c'est que globalement,
00:34:30ils doivent considérer
00:34:30que les idées qu'on porte,
00:34:31elles ne sont pas trop mauvaises.
00:34:33Ces villes-là,
00:34:33justement,
00:34:34c'est des villes...
00:34:34Alors, il y a quelques villes de droite,
00:34:35il y a surtout des villes de gauche.
00:34:37Et là, j'ai envie de dire
00:34:38que ça vous amène
00:34:39à une contradiction finalement
00:34:40entre l'appel à l'Union populaire
00:34:42et le fait de devoir, du coup,
00:34:43présenter au nom de vos scores
00:34:45aux européennes,
00:34:45notamment, vous l'avez dit,
00:34:46mais aussi à la présidentielle,
00:34:47des listes autonomes
00:34:49contre des mérites gauches sortantes.
00:34:51Oui, mais alors là,
00:34:52je vais vous dire,
00:34:53parce qu'à un moment,
00:34:53il faut aussi dire les choses.
00:34:55Vous suivez la gauche,
00:34:56je pense que vous suivez les choses
00:34:58de manière assez précise.
00:34:59Je sais qu'on a tendance
00:35:00à essayer de présenter
00:35:01dans le débat médiatique
00:35:02la France Insoumise
00:35:03comme le vilain petit canard.
00:35:05Moi, je voudrais vous dire
00:35:06que quand il y a eu
00:35:06l'élection présidentielle de 2022,
00:35:08que nous avons proposé
00:35:10au lendemain de l'élection présidentielle
00:35:12de constituer des listes communes
00:35:13sur toutes les circonscriptions
00:35:14législatives avec la NUPES,
00:35:16qu'une fois qu'il y a eu
00:35:17cette expérience,
00:35:18qui a été plutôt réussie,
00:35:19tout le monde a été plutôt content,
00:35:21qu'est-ce qui s'est passé au lendemain ?
00:35:22Au lendemain, moi,
00:35:24au nom de la France Insoumise,
00:35:25j'ai fait une proposition
00:35:26à toutes les autres formations politiques de gauche.
00:35:27Je leur ai dit,
00:35:28dès maintenant,
00:35:29on se met d'accord sur européenne,
00:35:31sénatoriale, municipale,
00:35:32prochaine présidentielle,
00:35:33prochaine législative.
00:35:34Et au moins,
00:35:35tout le monde s'y retrouve.
00:35:36On a une discussion nationale
00:35:38sur la préparation
00:35:40des élections municipales.
00:35:41On m'a dit,
00:35:41non, il n'en est pas question.
00:35:42On m'a dit,
00:35:43non, il n'en est pas question.
00:35:44J'ai proposé encore l'année dernière
00:35:45une discussion municipale
00:35:47pour préparer les élections.
00:35:48Ce que vous êtes en train de nous dire,
00:35:49c'est qu'il n'y a pas d'accord
00:35:50aux municipales
00:35:51et vous allez présenter du monde
00:35:52parce que les autres
00:35:52n'ont pas voulu faire l'union avec vous.
00:35:53Je vais vous dire pourquoi.
00:35:54Parce que quand vous proposez
00:35:55une discussion nationale
00:35:58visant à préparer les municipales,
00:35:59on vous dit,
00:36:00non, non,
00:36:00chez nous,
00:36:00ça se discute localement.
00:36:02Et puis,
00:36:02quand vous allez localement,
00:36:04même dans les villes
00:36:04où les insoumis,
00:36:05ils ont fait 40%
00:36:07et une autre formation politique
00:36:08a fait 2%
00:36:09et que le maire sortant,
00:36:10il est de droite,
00:36:10on me dit,
00:36:11non, mais vous,
00:36:11les insoumis,
00:36:12vous êtes trop clivants.
00:36:13Donc, ça ne peut pas être vous.
00:36:14Ça ne peut pas être derrière vous.
00:36:15Ça doit forcément être derrière
00:36:15un tel, un tel, un tel.
00:36:17Donc, en fait,
00:36:17moi, je veux bien,
00:36:18si vous voulez,
00:36:19travailler aux conditions de l'union.
00:36:20Mais les conditions de l'union,
00:36:21ça ne peut pas être
00:36:23toujours les insoumis derrière.
00:36:24Les militants insoumis,
00:36:25ils sont sympas.
00:36:26Ils viennent coller les affiches
00:36:27et ils viennent distribuer les tracts.
00:36:28Mais par contre,
00:36:29ça ne peut jamais être eux
00:36:29qui sont en responsabilité.
00:36:30Ça, ce n'est pas possible, en fait.
00:36:32Ça, je pense que tout le monde
00:36:33peut le comprendre.
00:36:33Je ne crois pas que ce soit
00:36:34trop arrogant de demander
00:36:35que dans un accord national
00:36:37sur les municipales,
00:36:39chacun puisse s'y retrouver.
00:36:40Là, à chaque fois,
00:36:41on me dit...
00:36:42Est-ce que vous comprenez ?
00:36:42Parce que là,
00:36:42il y a des questions du chat
00:36:43qui disent
00:36:44des listes LFI
00:36:45contre des mairies communistes,
00:36:46est-ce normal ?
00:36:47Il y a quand même
00:36:47ce questionnement très important.
00:36:49Ça dépend du programme.
00:36:51Il y a des endroits,
00:36:52il y a des villes communistes
00:36:54dans lesquelles
00:36:54il y aura des listes communes
00:36:56derrière le maire communiste sortant.
00:36:58Et puis, il y a des endroits
00:36:59où on a des désaccords programmatiques.
00:37:00Sur quoi est-ce que ça diverge, par exemple ?
00:37:00Pardon, moi,
00:37:01je ne suis pas venu ici,
00:37:03certainement pas pour...
00:37:04Je n'ai pas mon intention,
00:37:05ce n'est pas de faire le procès
00:37:06des villes communistes sortantes.
00:37:07Et dans un certain nombre d'entre elles,
00:37:09d'ailleurs,
00:37:09il y a des politiques municipales
00:37:10qui sont très ambitieuses.
00:37:11Mais sur un certain nombre de points,
00:37:13parfois, on a des désaccords.
00:37:13Par exemple, je vous ai parlé...
00:37:14Mais sur quoi, par exemple ?
00:37:15Par exemple, je vous ai donné
00:37:16un exemple tout à l'heure
00:37:17d'un marqueur programmatique national
00:37:18de la France insoumise
00:37:20qui est la question
00:37:21de la régie publique de l'eau.
00:37:24Eh bien, vous verrez.
00:37:25Je ne vais pas chercher des noises
00:37:26à qui que ce soit,
00:37:27mais il y a un certain nombre
00:37:28de municipalités communistes
00:37:29où, par exemple,
00:37:30ce n'est pas toujours
00:37:30la régie publique de l'eau.
00:37:31Bon, ben non,
00:37:32on défend la régie publique de l'eau.
00:37:32Et donc ça, ça vaut potentiellement...
00:37:33C'est ce qu'il y a, par exemple,
00:37:34à Montreuil,
00:37:35à Montreuil,
00:37:36à ce que je sache,
00:37:36il y a une liste insoumise.
00:37:37Non, mais d'accord.
00:37:38Je vous ai donné...
00:37:38Je vous ai pris un exemple
00:37:39d'un marqueur.
00:37:40Il y en a dix.
00:37:41Si vous voulez,
00:37:41on fait la liste, mais...
00:37:42Non, mais en fait,
00:37:43je trouve que c'est important
00:37:43parce qu'il y a une question
00:37:45de récit autour
00:37:45de sa rétention municipale aussi.
00:37:47Et la gauche,
00:37:48dans sa pluralité,
00:37:49va essayer de mettre en valeur
00:37:50les bilans des villes
00:37:51sortantes de gauche
00:37:51parce que c'est les seuls endroits
00:37:53où la gauche gouverne
00:37:53depuis dix ans, quoi.
00:37:55Même plus.
00:37:56Et donc, eux vont être
00:37:57dans la valorisation
00:37:59de leurs bilans
00:37:59et vous,
00:37:59vous allez être contraints
00:38:00parce que vous êtes concurrent
00:38:02dans ces villes-là
00:38:03à aller démonter
00:38:04les bilans de gauche.
00:38:04Non, mais moi, je ne fais pas
00:38:05de la comédie, en fait.
00:38:06S'il y a un bilan très bon,
00:38:08eh bien, il n'y aura pas.
00:38:08Ça se passera très bien
00:38:09entre nous.
00:38:10Mais il y a des fois,
00:38:11il y a des bilans qui sont...
00:38:11Il n'y aura pas de liste...
00:38:13Les insoumis,
00:38:14s'ils considèrent que le bilan
00:38:16de la municipalité sortante
00:38:17est très bon,
00:38:17ils font des listes communes
00:38:18avec la municipalité sortante.
00:38:20Et après, je voudrais quand même
00:38:21rappeler à tous les gens
00:38:21qui nous écoutent
00:38:22parce que j'entends un peu
00:38:24parfois des choses
00:38:25qui sont dites
00:38:26qui ne correspondent pas
00:38:26à la réalité aux élections municipales.
00:38:27Il y a deux tours.
00:38:29Il faut faire plus de 10%
00:38:30pour être qualifié
00:38:30au deuxième tour.
00:38:31Donc, à part dans quelques villes,
00:38:33évidemment, celles-là,
00:38:33on les regarde
00:38:34avec beaucoup d'attention.
00:38:35Comme lesquelles, par exemple,
00:38:36on aimerait bien
00:38:37parce que, franchement,
00:38:37je pense qu'il y a des militants
00:38:38et des militantes
00:38:39qui sont inquiets
00:38:40ou dans l'expectative.
00:38:42Dites-nous des villes.
00:38:42Par exemple,
00:38:43quand moi,
00:38:44je suis député de Marseille
00:38:45et il se trouve
00:38:46qu'à la France-Saint-Saint-Mille,
00:38:46on a des députés référents.
00:38:47Je suis député référent du Var.
00:38:49Dans le Var,
00:38:50je peux vous dire
00:38:50qu'à quelques exceptions près,
00:38:52il va y avoir
00:38:52des listes communes
00:38:53de toute la gauche.
00:38:54Tout simplement
00:38:55parce que sinon,
00:38:55la gauche n'est pas qualifiée
00:38:56aux 70.
00:38:56Ce ne sera pas le cas à Lyon.
00:38:57C'est vraiment au département de droite ?
00:38:58À Lyon, ce ne sera pas le cas.
00:39:00D'accord, ce ne sera pas le cas à Lyon.
00:39:02Mais à Lyon,
00:39:02ce ne sera pas le cas.
00:39:03Mais à Lyon,
00:39:04il n'y a pas de risque
00:39:04de ne pas avoir de liste de gauche
00:39:06au second tour
00:39:06de l'élection municipale.
00:39:08D'accord, oui.
00:39:08C'est en fonction
00:39:08du rapport de fin de...
00:39:09Évidemment que s'il y a un risque
00:39:11d'élimination de la gauche
00:39:12au second tour
00:39:12des élections municipales,
00:39:13nous, on n'est pas fous.
00:39:15Donc, évidemment que dans ce cas-là...
00:39:16Donc, dans les banlieues rouges,
00:39:17il n'y aura pas forcément de...
00:39:18Mais pas forcément.
00:39:19Comme je vous l'ai dit tout à l'heure.
00:39:21Et puis après,
00:39:21deuxième tour,
00:39:22et puis après,
00:39:23pardon, mais personne n'est
00:39:24propriétaire d'une commune.
00:39:25C'est les électrices
00:39:25et les électeurs qui décident.
00:39:27Donc, si les électrices
00:39:27et les électeurs,
00:39:28ils décident au soir du premier tour
00:39:30que la liste insoumise,
00:39:31elle fait tant
00:39:31et qu'une autre liste de gauche,
00:39:33elle fait tant,
00:39:34eh bien après,
00:39:35charge à ces différentes listes
00:39:36de se mettre d'accord.
00:39:37C'est comme ça que ça fonctionne.
00:39:38Ça a toujours fonctionné comme ça
00:39:39et ça continuera à fonctionner comme ça.
00:39:41Mais les insoumis,
00:39:42ils ne vont pas se faire
00:39:42éradiquer partout.
00:39:43On ne veut pas d'eux.
00:39:44On dit, comme c'est le cas à Paris
00:39:46par des candidats socialistes,
00:39:47même au deuxième tour,
00:39:48on ne saliera pas
00:39:48avec la France insoumise.
00:39:50Et puis par contre,
00:39:50s'il vous plaît,
00:39:52vous ne présentez pas.
00:39:53Bah non, pardon,
00:39:54mais les gens qui votent,
00:39:54ce n'est pas pour des raisons politiciennes,
00:39:56mais en fait,
00:39:56les gens qui votent
00:39:57pour la France insoumise
00:39:57ont peut-être le droit aussi
00:39:58d'être représentés
00:39:59dans les conseils municipaux,
00:40:00non ?
00:40:00Qu'est-ce que vous en pensez ?
00:40:01Peut-être que c'est bien
00:40:02qu'ils puissent avoir le droit aussi
00:40:03d'avoir des élus
00:40:04qui les représentent.
00:40:05Est-ce que vous n'avez pas peur
00:40:06que cette campagne
00:40:07laisse des traces
00:40:07pour la présidentielle derrière ?
00:40:09C'est-à-dire, en gros,
00:40:11soit un obstacle à l'union.
00:40:12Non, mais attendez,
00:40:13mais faites pas comme si...
00:40:15Enfin, c'est vieux comme le monde,
00:40:16en fait,
00:40:16qu'il y ait différentes listes de gauche
00:40:17au premier tour
00:40:18des élections municipales.
00:40:19Enfin, je veux dire,
00:40:20les listes communes
00:40:21de toute la gauche
00:40:21aux élections municipales,
00:40:22ça a toujours été
00:40:23plutôt une anomalie.
00:40:24Ça n'a jamais été la norme.
00:40:26Après, si vous voulez
00:40:27qu'on parle des présidentielles,
00:40:28on peut parler par ailleurs
00:40:29des présidentielles.
00:40:30Mais ça, c'est un autre sujet.
00:40:31Oui, mais elle se rapproche tellement
00:40:32qu'il y a évidemment cette idée
00:40:34de on prône l'union
00:40:35quand ça nous arrange
00:40:36et puis finalement,
00:40:37quand on a besoin
00:40:38de gagner des villes,
00:40:39on ne prône plus l'union.
00:40:40Et vous voyez,
00:40:41évidemment que les militants
00:40:42sur le terrain,
00:40:43ça peut les inquiétrer.
00:40:44Moi, je ne prends pas l'union
00:40:44quand ça m'arrange
00:40:45parce qu'encore une fois,
00:40:45comme je l'ai dit tout à l'heure,
00:40:46je crois être la seule formation,
00:40:48enfin, le représentant
00:40:48de la seule formation politique
00:40:49de gauche qui a proposé
00:40:50un accord national
00:40:52sur les élections municipales.
00:40:54Mais vous ne pouvez pas dire
00:40:55aux Insoumis
00:40:56non, non, pas d'accord national
00:40:58et puis après localement,
00:40:59arranger derrière nous
00:41:00et puis disparaisser.
00:41:01Ça, ce n'est pas possible en fait.
00:41:02Voilà, si vous voulez créer
00:41:03les conditions d'un accord
00:41:04avec tout le monde,
00:41:04vous devez respecter tout le monde.
00:41:06En fait, c'est un principe de base.
00:41:08Donc voilà,
00:41:09mais moi, je ne prends pas l'union
00:41:09quand ça m'arrange.
00:41:10Moi, vous pouvez...
00:41:13La ligne stratégique
00:41:13et celle de la France Insoumise,
00:41:14c'est l'union
00:41:15sur un programme de rupture.
00:41:17Il n'y a pas d'autre sujet.
00:41:19Donc, quand il n'y a pas
00:41:20les conditions de créer l'union
00:41:21sur un programme de rupture,
00:41:22c'est les Insoumis
00:41:22qui portent le programme de rupture.
00:41:24Quand il y a moyen
00:41:24de porter l'union
00:41:25sur un programme de rupture,
00:41:26on en est très contents.
00:41:27On l'a fait aux élections législatives
00:41:28de 2022.
00:41:29On n'était pas obligés
00:41:29de le faire.
00:41:30Le rapport de force,
00:41:31c'était 22% pour Jean-Luc Mélenchon
00:41:32et toutes les autres formations
00:41:33politiques de gauche
00:41:34étaient à moins de 5%.
00:41:35Je veux dire,
00:41:36on aurait pu avoir
00:41:36une autre stratégie à ce moment-là.
00:41:37On ne l'a pas eu.
00:41:38On l'a fait au moment
00:41:39du nouveau Front populaire.
00:41:40On l'a proposé
00:41:41au moment des élections européennes.
00:41:42Moi, je veux bien qu'on fasse
00:41:43comme si ça n'avait pas existé.
00:41:44Non, non, bien sûr,
00:41:45mais on voit aussi
00:41:45ce qui s'est passé
00:41:46à Villeneuve-le-Roi.
00:41:47On voit aussi ce qui s'est passé
00:41:47autour de la candidature
00:41:48de Louis-Neuve-Saint-Georges.
00:41:50Oui, précisément,
00:41:51c'est un très bon exemple
00:41:52à Villeneuve-Saint-Georges.
00:41:53À Villeneuve-Saint-Georges,
00:41:54on aurait pu faire
00:41:55une liste commune
00:41:55derrière un candidat insoumis.
00:41:57Mais c'est de la faute des autres.
00:41:58Mais non, mais je ne sais pas,
00:41:59mais quand vous arrivez
00:41:59dans une discussion
00:42:00et que la dernière élection
00:42:02qui a eu lieu
00:42:02dans cette commune,
00:42:03les insoumis ont fait 38%
00:42:04et toutes les autres formations
00:42:06ont fait moins de 5%.
00:42:07Mais vous voyez bien
00:42:07que c'est toujours la même chose.
00:42:08Ça ne peut pas être les insoumis
00:42:09qui tirent.
00:42:09C'est l'union derrière vos positions.
00:42:11Mais on vous dit non,
00:42:12ça ne peut pas être les insoumis
00:42:13qui dirigent la liste.
00:42:14À un moment,
00:42:14il faut peut-être avoir
00:42:14quelques arguments,
00:42:15si vous voulez,
00:42:16quand vous dites ça.
00:42:17Donc moi, je ne demande pas
00:42:18à diriger toutes les listes du pays.
00:42:19Que les choses soient claires.
00:42:20Mais je propose juste
00:42:20que la France insoumise,
00:42:21elle ait le droit parfois,
00:42:22si c'est possible,
00:42:23si ce n'est pas trop demandé
00:42:24à ceux qui sont installés
00:42:25depuis des années et des années
00:42:26et qui considèrent
00:42:27que les villes leur appartiennent
00:42:29parce que, pardon,
00:42:30les villes,
00:42:30elles n'appartiennent à personne.
00:42:32Voilà, je vous réponds
00:42:33avec franchise.
00:42:34Vous avez évoqué
00:42:35la question de la présidentielle.
00:42:36Moi, je voulais vous poser
00:42:37une dernière question
00:42:37avant de passer à la chronique.
00:42:39Parce que moi,
00:42:40je comprends que vous pensez
00:42:42pouvoir accéder au second tour
00:42:43avec une candidature insoumise.
00:42:45Moi, je n'ai toujours pas compris
00:42:46à vrai dire comment,
00:42:47et c'est une question
00:42:47qui se pose pour toute la gauche
00:42:48en vérité,
00:42:49comment on gagne le second tour ?
00:42:50J'ai l'impression
00:42:51qu'il y a une espèce
00:42:51de pensée magique sur
00:42:52le second tour,
00:42:53on gagnera quoi ?
00:42:53Une fois qu'on est qualifié,
00:42:54c'est bon.
00:42:55Je ne vois pas comment
00:42:56on gagne le second tour.
00:42:57Pourquoi vous ne voyez pas
00:42:58comment on gagne le second tour ?
00:42:59On gagne en convaincant
00:43:00une majorité de gens
00:43:01pour voter pour nous
00:43:02au second tour.
00:43:04D'abord, pour gagner le second tour,
00:43:05il faut être qualifié
00:43:06au second tour.
00:43:06C'est la première étape.
00:43:07Sinon, c'est compliqué
00:43:08de le gagner, le second tour.
00:43:09D'abord, il faut avoir
00:43:10une stratégie qui vous permet
00:43:12d'être qualifié au second tour.
00:43:13Et ensuite,
00:43:14en fonction de qui,
00:43:16en face de qui vous êtes
00:43:17au second tour
00:43:18de l'élection présidentielle,
00:43:19vous devez avoir une stratégie.
00:43:22Si c'est l'extrême droite,
00:43:23puisque pour l'instant,
00:43:24dans les sondages,
00:43:24ça semble,
00:43:25mais tout ça,
00:43:26ça peut changer,
00:43:26parce que l'extrême droite
00:43:27a plus de 30%
00:43:28aux élections présidentielles.
00:43:29On l'a déjà eu
00:43:29entre 2017 et 2022.
00:43:30Finalement,
00:43:31ils ont fait 23%.
00:43:32D'accord ?
00:43:32Quand on a commencé
00:43:33l'élection présidentielle
00:43:34de 2022,
00:43:35Marine Le Pen a été sondée
00:43:36à 30%.
00:43:37Jean-Luc Mélenchon
00:43:38a été sondé à 8%.
00:43:39Quand on a fait
00:43:39l'élection présidentielle
00:43:40de 2022,
00:43:41Mélenchon était à 22%
00:43:42et Marine Le Pen
00:43:43était à 23%.
00:43:43D'accord ?
00:43:44Quand même,
00:43:45je le dis,
00:43:45parce que ça compte.
00:43:48Il y avait 20 points d'écart
00:43:49au début de la campagne,
00:43:50il y en avait un à la fin.
00:43:52Donc ça existe,
00:43:52les campagnes électorales.
00:43:53Et dans les campagnes électorales,
00:43:54on fait bouger des lignes
00:43:55parce qu'on convainc,
00:43:57on structure,
00:43:57on met en mouvement des gens.
00:43:58Donc si au deuxième tour,
00:44:00vous êtes face
00:44:01à l'extrême droite,
00:44:02comment vous faites pour gagner ?
00:44:03D'abord,
00:44:04vous allez essayer
00:44:05de convaincre davantage
00:44:07de gens qui n'ont pas voté
00:44:08au premier tour.
00:44:08Moi, je pense qu'il y a
00:44:09toujours des marges de progression
00:44:10chez les personnes
00:44:10qui ne vont pas voter.
00:44:12Et ensuite,
00:44:12oui,
00:44:12vous comptez aussi sur le fait
00:44:13que dans ce qui s'appelle
00:44:15le bloc central,
00:44:16vous en avez une partie
00:44:17qui au deuxième tour
00:44:19préfère ne pas voter
00:44:20pour l'extrême droite.
00:44:20Oui, mais si vous avez
00:44:21tellement abîmé
00:44:22l'union de la gauche
00:44:23entre-temps,
00:44:23est-ce qu'il n'y a pas
00:44:24un risque de jamais réussir
00:44:25à avoir cette majorité ?
00:44:26l'union de la gauche, pardon.
00:44:27Enfin, je sais que c'est
00:44:28le discours médiatique ambiant,
00:44:30mais comme ici,
00:44:31on n'est pas sur BFM TV.
00:44:32Ce serait trop simple
00:44:33de nous réduire à ça quand même.
00:44:34Non, non, mais justement,
00:44:35je dis ici,
00:44:36on n'est pas sur BFM TV.
00:44:37Donc précisément,
00:44:37c'est pour dire,
00:44:38je pense qu'on peut avoir
00:44:39une discussion qui est
00:44:40une discussion qui ne s'appuie pas
00:44:41juste sur des refrains médiatiques
00:44:44qui sont répétés en permanence.
00:44:46Pardon,
00:44:46mais à quel moment
00:44:48être fidèle au programme
00:44:49du nouveau Front populaire,
00:44:50à quel moment censurer
00:44:51le gouvernement Bayrou,
00:44:52à quel moment censurer
00:44:53le gouvernement Lecornu,
00:44:54c'est abîmer l'union à gauche.
00:44:55Je n'ai pas l'impression
00:44:56que c'est moi qui ai abîmé
00:44:57l'union à gauche
00:44:57ces dernières semaines
00:44:58et ces derniers mois.
00:44:59Le vrai sujet,
00:45:00comme vous avez dit,
00:45:00c'est est-ce que le bloc
00:45:02macroniste,
00:45:03le bloc central,
00:45:04appelons ça comme ça,
00:45:05pourrait aller voter
00:45:05pour candidat de gauche
00:45:06après des années
00:45:07de diabolisation de la gauche ?
00:45:08Mais ce n'est pas juste
00:45:09de la diabolisation de la gauche,
00:45:10c'est pareil.
00:45:11Pardon,
00:45:11mais partout à l'échelle internationale,
00:45:14vous avez un même phénomène,
00:45:15c'est que vous avez
00:45:16une partie significative
00:45:17de ce qu'a été
00:45:18la droite traditionnelle,
00:45:20libérale,
00:45:21qui,
00:45:21c'est vieux comme le monde en fait,
00:45:24je veux dire,
00:45:24le fascisme,
00:45:26ça a toujours été
00:45:27la solution de repli
00:45:30des intérêts économiques dominants
00:45:32quand le système libéral classique
00:45:34ne permet plus
00:45:35de garantir leurs intérêts,
00:45:37toujours,
00:45:38ces intérêts économiques dominants,
00:45:40ils se tournent vers
00:45:40des solutions autoritaires
00:45:41pour continuer
00:45:42à maintenir leur domination.
00:45:44Je veux dire,
00:45:44c'est vieux comme le monde.
00:45:45Vous avez parlé,
00:45:46je crois,
00:45:46une fois avec Chapoutot
00:45:47qui explique ça très bien
00:45:49sur comment l'extrême droite
00:45:51en Allemagne,
00:45:52le nazisme,
00:45:52est arrivé au pouvoir.
00:45:54Ce n'est pas par hasard,
00:45:55c'est à un moment
00:45:55où il y a des choix conscients
00:45:56d'élite économique.
00:45:58Bon,
00:45:58donc évidemment
00:45:59qu'il y a une partie
00:45:59du bloc macroniste
00:46:00qui votera pour l'extrême droite
00:46:02au second tour,
00:46:03quel que soit le candidat de gauche,
00:46:04que ce soit un insoumis,
00:46:06n'importe qui,
00:46:06il y a une partie
00:46:07du bloc macroniste
00:46:08qui votera pour l'extrême droite
00:46:09au second tour.
00:46:10Donc le contrepoids,
00:46:10c'est dans l'abtention.
00:46:11Mais il y a une partie
00:46:12du bloc macroniste,
00:46:13espérons-le quand même,
00:46:14qui va résister à cette pression,
00:46:16et ça existe un peu,
00:46:17et après,
00:46:18évidemment,
00:46:19vous devez mettre en mouvement
00:46:19des catégories populaires
00:46:20qui restent à distance.
00:46:21Mais faire croire
00:46:22que parce que vous allez,
00:46:23parce que je sais
00:46:24quel est le fond du sujet,
00:46:25et ce n'est pas grave,
00:46:25moi je trouve ça bien
00:46:26d'en parler,
00:46:27mais faire croire
00:46:27que parce que vous allez avoir
00:46:28un candidat,
00:46:34alors vous allez être en mesure
00:46:35de réunir plus largement
00:46:36et de gagner face
00:46:38à l'extrême droite.
00:46:39Moi, pardon,
00:46:39mais cette logique-là,
00:46:40c'est celle qui a été utilisée
00:46:41contre Trump aux Etats-Unis
00:46:42par Kamala Harris,
00:46:43à la fin,
00:46:43c'est Trump qui a gagné.
00:46:44C'est la stratégie
00:46:45qui a été utilisée
00:46:47par les péronistes
00:46:47en Argentine
00:46:48aux dernières élections législatives,
00:46:50c'est Milley qui a gagné.
00:46:51Alors, on...
00:46:51Donc à un moment,
00:46:52peut-être qu'on peut retirer
00:46:53des enseignements.
00:46:53On entend bien cette remarque,
00:46:55et ça semble intéressant,
00:46:57mais quand même,
00:46:58je vous avoue que,
00:47:00avant-hier,
00:47:01je regardais vos tweets
00:47:02pour préparer
00:47:04le débat,
00:47:04et je voyais le nombre
00:47:05de tweets sur le Parti Socialiste,
00:47:07et il ne s'agit pas du tout
00:47:08de défendre
00:47:08les positions du Parti Socialiste,
00:47:10mais j'avoue que
00:47:11je me suis demandé
00:47:12à quel point est-ce que
00:47:13la stratégie...
00:47:14Enfin, à quel point
00:47:15est-ce que la stratégie
00:47:16de taper sur le PS
00:47:17n'était pas une stratégie
00:47:18perdante au sens où
00:47:19ça fait totalement
00:47:20le jeu du macronisme,
00:47:21qui n'espère qu'une chose,
00:47:22c'est que la gauche
00:47:23soit la plus divisée possible,
00:47:25et qui n'a qu'à,
00:47:26je le dis un petit peu
00:47:27de manière vulgaire,
00:47:29mais n'a qu'à lancer
00:47:30une baballe pour que
00:47:32le Parti Socialiste dise
00:47:33« Nous, on va peut-être
00:47:34essayer d'être
00:47:34Premier ministre »,
00:47:35et puis la France Insoumise,
00:47:36du coup,
00:47:36qui le tape dessus,
00:47:37et derrière,
00:47:37c'est la gauche
00:47:38qui est perdante,
00:47:38et c'est le peuple,
00:47:40pour le dire caricaturellement.
00:47:41Ok, pardon, franchement,
00:47:43présentons les choses
00:47:44sincèrement.
00:47:45Sincèrement,
00:47:46moi, l'essentiel
00:47:46de mes interventions,
00:47:47qu'elles soient sur
00:47:48les réseaux sociaux,
00:47:49dans l'Assemblée nationale,
00:47:50tout le monde pourra
00:47:50aller vérifier,
00:47:51par exemple,
00:47:51dans ce débat budgétaire,
00:47:52c'est contre la politique
00:47:54économique des macronistes,
00:47:55et c'est pour démonter,
00:47:56là, on n'en a pas parlé
00:47:57ce soir,
00:48:03au démontage
00:48:03du contre-budget
00:48:04du Rassemblement national,
00:48:05et dans l'hémicycle
00:48:06de l'Assemblée nationale.
00:48:07Mais je ne vous dis pas
00:48:08que vous ne travaillez pas là-dessus.
00:48:09Non, je dis juste,
00:48:11ça, il ne faut quand même
00:48:12pas faire comme si ça n'existe pas,
00:48:14et pas réduire,
00:48:14en quelque sorte,
00:48:15mes interventions.
00:48:15Vous voyez bien
00:48:16que les médias,
00:48:16ce n'est pas ça
00:48:16qui s'intéresse.
00:48:17Attendez, après,
00:48:18après, disons la vérité,
00:48:19là aussi,
00:48:19nous ne nous cachons pas,
00:48:20quand je me retrouve,
00:48:22après la journée de samedi,
00:48:24sur le débat budgétaire
00:48:25à l'Assemblée nationale,
00:48:26avec une offensive
00:48:27dans laquelle on essaye
00:48:28de faire croire,
00:48:28parce que c'est ça
00:48:29qui s'est passé,
00:48:29c'est pour ça qu'il y a eu
00:48:30des tweets de ma part
00:48:31qui ont corrigé les choses
00:48:32sur ce sujet,
00:48:32qu'on essaye de faire croire
00:48:33que la France insoumise
00:48:34a voté à l'Assemblée nationale
00:48:36une réduction d'impôts
00:48:37pour les ultra-riches,
00:48:38puisque c'était l'objet
00:48:39de l'attaque du Parti socialiste
00:48:40contre la France insoumise,
00:48:41pardonnez-moi de me défendre,
00:48:43mais c'est quand même
00:48:44un peu légitime,
00:48:45et ce n'est pas juste
00:48:45me défendre,
00:48:46c'est rétablir aux yeux
00:48:48des gens...
00:48:48Vous parlez de stratégie
00:48:49plus globale.
00:48:49Mais moi, ma stratégie...
00:48:50Alors, super,
00:48:51parlons de stratégie plus globale.
00:48:52Ma stratégie plus globale
00:48:53n'est pas de passer mon temps
00:48:55à parler du Parti socialiste.
00:48:56Je vais vous le dire franchement,
00:48:56je m'en fiche du Parti socialiste.
00:48:58Ma stratégie,
00:48:59c'est d'affronter l'extrême droite.
00:49:00Et ma stratégie,
00:49:01c'est d'essayer de mettre
00:49:03un terme le plus rapidement
00:49:04possible au macronisme.
00:49:05Et je sais d'ailleurs,
00:49:06j'imagine qu'il y en a
00:49:08chez les gens qui nous écoutent
00:49:09que parfois,
00:49:09vous avez même des gens
00:49:10qui de bonne foi vous disent
00:49:11bon, c'est vrai
00:49:12qu'il faut censurer le gouvernement,
00:49:14c'est vrai qu'on ne peut pas
00:49:15continuer avec le macronisme.
00:49:16Mais en même temps,
00:49:17est-ce que ce n'est pas
00:49:18une manière d'anticiper
00:49:20s'il y a des élections demain,
00:49:21est-ce que ce n'est pas
00:49:21l'extrême droite qui va gagner ?
00:49:22Je sais que ça existe.
00:49:23Je ne le balaye pas
00:49:24d'un revers de la main,
00:49:25cet argument.
00:49:25Mais je leur dis,
00:49:26l'affrontement avec l'extrême droite,
00:49:28il est inéluctable.
00:49:29Il va avoir lieu.
00:49:30Soit il aura lieu
00:49:31dans quelques semaines,
00:49:32soit il aura lieu
00:49:32dans quelques mois,
00:49:33soit il aura lieu
00:49:33dans quelques années.
00:49:34Mais il va avoir lieu,
00:49:35cet affrontement-là.
00:49:36Parce que c'est la dynamique mondiale
00:49:38de l'histoire
00:49:39et de l'évolution du capitalisme
00:49:40dont on a parlé tout à l'heure
00:49:41qui va produire ça.
00:49:42Donc la question
00:49:43qui nous est posée,
00:49:44c'est est-ce qu'on prépare
00:49:45les conditions de cet affrontement
00:49:46de manière claire
00:49:46en montrant qu'on est
00:49:47une alternative
00:49:48qui est une alternative crédible
00:49:50ou est-ce qu'on brouille
00:49:51notre message
00:49:51et en quelque sorte
00:49:52on garantit
00:49:53la survie du macronisme
00:49:55encore pendant un an
00:49:56ou deux ans
00:49:56en espérant que dans un an
00:49:58ou deux ans,
00:49:58on sera mieux placé
00:49:59pour battre l'extrême droite.
00:50:00On ne sera pas mieux placé
00:50:01pour battre l'extrême droite
00:50:02si on est responsable
00:50:03du fait que les macronistes
00:50:04sont restés au pouvoir
00:50:05pendant 18 mois de plus.
00:50:06Donc il ne faut pas avoir peur
00:50:07d'aller à la bataille électorale
00:50:08et plutôt que de faire ça,
00:50:10moi, ça c'est ma critique
00:50:11du Parti Socialiste,
00:50:13plutôt que de créer
00:50:14les conditions
00:50:15pour être en quelque sorte
00:50:16le pilier de la survie
00:50:17de la macronie,
00:50:18on devrait s'organiser
00:50:19tous ensemble,
00:50:20tout le peuple de gauche
00:50:20pour créer les conditions
00:50:22de la bataille
00:50:22avec l'extrême droite.
00:50:23Voilà, c'est ça ma stratégie.
00:50:24Merci Manuel Bompard,
00:50:25c'était très clair
00:50:25et Olivier Faure aura entendu
00:50:27que vous vous en foutez de lui,
00:50:28il va mieux dormir ce soir.
00:50:30Ça m'en...
00:50:30Oui, c'est pas ce qui me préoccupe
00:50:32et voilà.
00:50:33C'est l'heure d'accueillir
00:50:34le pire journaliste
00:50:35de la rédaction,
00:50:36c'est l'heure de la carte de Presque.
00:50:45En vrai, ça m'avait manqué,
00:50:46en vrai, ça m'avait très sincèrement manqué.
00:50:47Désolé, je me relâche.
00:50:48Donc quoi, ça ira ?
00:50:48C'est l'émission qui t'avait manqué ?
00:50:50Non, les viewers,
00:50:51pas forcément vous,
00:50:52mais là, ça fait juillet, août, septembre, octobre
00:50:54que j'étais pas là,
00:50:55donc ça fait 4 mois.
00:50:56J'étais pas invité à Backseat, ça ira.
00:50:58Moi non plus, Pierre.
00:50:59Pourquoi ?
00:51:00T'as été blacklisté.
00:51:02On y verra ça plus tard.
00:51:04Manu, qu'est-ce qu'il y a ?
00:51:05Je te sens tendu,
00:51:05tu vas me faire un doigt d'honneur ?
00:51:07Je suis bien.
00:51:08Là, je déconne.
00:51:08En vrai, moi, la polémique,
00:51:10je m'en fous
00:51:10et je suis même déçu
00:51:11que ce soit pas vrai
00:51:12parce que je pense que pour vous,
00:51:13dans les sondages,
00:51:14c'était plus 3 directement,
00:51:15si c'était vrai.
00:51:17Et en fait, j'ai réfléchi,
00:51:18je me suis dit,
00:51:19moi, 8h du matin,
00:51:21face aux gosses de Saint-Cric,
00:51:23ils me posent des questions de merde,
00:51:25il n'y a pas un monde
00:51:26où je lui mets pas une fessée
00:51:27devant tout le monde.
00:51:30Tout le monde.
00:51:31Donc, en vrai,
00:51:31le doigt d'honneur,
00:51:32je le trouve limite sympa.
00:51:34Ça serait le message.
00:51:36Bref, Sarko,
00:51:37je sais pas ce que vous avez vu,
00:51:37là, en prison,
00:51:39chais !
00:51:41Chais !
00:51:41Je suis trop content.
00:51:43Par contre,
00:51:44c'est quoi cette info ?
00:51:44J'ai vu Obono et Bernalissis,
00:51:46ils ont tenté de se rendre
00:51:47à la prison de la santé lundi.
00:51:49C'est quoi l'objectif ?
00:51:50Vous vous foutez de sa gueule ?
00:51:52Alerté sur les conditions carcérales.
00:51:54J'ai entendu Bernalissis,
00:51:55il était sa com'
00:51:56pour essayer d'avoir des images.
00:51:58Je suis très déçu.
00:51:59Et c'est très dommage
00:51:59parce que moi,
00:52:00j'aurais donné 3 ou 4 salaires
00:52:01pour voir des images
00:52:02de Sarko derrière les barreaux.
00:52:04Très déçu.
00:52:04Je crois qu'ils ne les ont pas eues.
00:52:05Ils ne l'ont pas vues.
00:52:06On est déçus.
00:52:08C'est aussi du journalisme.
00:52:09Sinon,
00:52:10ton petit manus
00:52:11que tu as l'heure parlé aussi tous,
00:52:14au Five d'Aubervilliers.
00:52:16Tâtais un peu le ballon
00:52:17avec un maillot de la Colombie.
00:52:18C'est d'ailleurs pour ça
00:52:18qu'aujourd'hui,
00:52:19j'ai mis le maillot
00:52:20d'un club de foot mexicain.
00:52:23Rien à voir.
00:52:24Mais c'est les couleurs de la Colombie.
00:52:25Tu remarqueras ?
00:52:26Et lors de ces Five,
00:52:27tu mets des sales crochets
00:52:29qui me rappellent vaguement
00:52:30ce de Bayrou.
00:52:31Sauf que lui,
00:52:32c'est à des enfants.
00:52:33Allez, allez.
00:52:35Je regarde la caméra.
00:52:38Par contre, moi,
00:52:39j'ai un problème.
00:52:40C'est que tout le monde
00:52:41dit que tu es fort.
00:52:42Je crois qu'on n'a pas vu
00:52:43les mêmes vidéos.
00:52:44Mike, tu peux envoyer
00:52:45la barre, s'il te plaît ?
00:52:51Mais les pires excrets pour moi.
00:52:58C'est un peu lent.
00:53:00Je suis obligé
00:53:00de détourner le regard.
00:53:01Pas trop solide sur les élus,
00:53:02surtout.
00:53:03Ça part encore en arrière.
00:53:04Surtout, c'est pas des pointus,
00:53:05c'est des extrêmes gauches.
00:53:06On dirait que tu fais du 67
00:53:07en taille de chaussure.
00:53:08T'es là,
00:53:08t'as à deux doigts tombés et tout.
00:53:10Toi, on te parle d'âge,
00:53:11j'imagine.
00:53:12Le gardien,
00:53:13il va la chercher.
00:53:14Toi, quand t'es pas content,
00:53:15t'es pas content.
00:53:18C'est Mbappé,
00:53:19en fait,
00:53:19je faisais Mbappé.
00:53:20J'ai même vu
00:53:21qu'il y en a
00:53:21qui ont osé
00:53:22te comparer
00:53:22à Zinedine Zidane.
00:53:25Moi, je suis désolé,
00:53:25Manu,
00:53:26mais je pense que
00:53:27t'étais plus proche
00:53:28de Canteloup.
00:53:31T'es foutre.
00:53:33Tony Chaperon,
00:53:33au pire.
00:53:34Je l'ai jamais vu.
00:53:34Pour ceux qui ne savent pas,
00:53:35c'est un arbitre.
00:53:37Sinon,
00:53:38c'est le retour des vidéos.
00:53:40Je sais que vous l'attendez
00:53:42par-dessus tout.
00:53:43Vous aussi,
00:53:43toi aussi.
00:53:44Téphane.
00:53:45Je ne sais pas
00:53:46si vous avez vu,
00:53:46sur Twitter,
00:53:47il y en a de plus en plus
00:53:47qui s'amusent
00:53:48à dégauchiser des villes.
00:53:50Pourquoi faire ?
00:53:51Et nous,
00:53:51on a l'idée
00:53:52de faire exactement
00:53:53la même chose,
00:53:54mais à Neuilly sur scène.
00:53:55Parce qu'on trouve
00:53:55que c'est trop woke.
00:53:57Magneto Mike.
00:53:58Qu'est-ce qu'ils nous ont fait
00:53:59les petites gauchias à Neuilly ?
00:54:00On va le découvrir ensemble
00:54:01et on va les nettoyer tout ça.
00:54:02Déjà, il est libre.
00:54:03Rien à foutre là,
00:54:04ça dégage.
00:54:08Une pharmacie.
00:54:09Vous voyez pas le problème ?
00:54:10Moi, je le vois tout de suite.
00:54:11La couleur de l'islam.
00:54:13Et en plus,
00:54:13ils ont circoncis la croix.
00:54:14C'est trop grave.
00:54:15Ça donne envie de faire des pompes.
00:54:16Une petite boîte à livres.
00:54:17Que des livres de gauche.
00:54:18Macron.
00:54:19Salamé.
00:54:20Villepin.
00:54:20Ça dégage.
00:54:21On va remplacer ça
00:54:22par de la vraie lecture.
00:54:23Louis Sarkozy.
00:54:24Le fiston.
00:54:24Zemmour.
00:54:25Génial.
00:54:25Tintin au Congo.
00:54:27Super actuel.
00:54:27La page 7, c'est un régal.
00:54:29C'est trop exaltant
00:54:30de dégauchiser.
00:54:33Hallucinant.
00:54:34C'est juste hallucinant.
00:54:35Faut que je fasse des pompes.
00:54:38L'hôpital américain de Paris
00:54:40à Neuilly.
00:54:40De l'argent public
00:54:41extrêmement bien investi.
00:54:42Ça fait très plaisir.
00:54:43Allons, enfants de la patrie.
00:54:47Non.
00:54:48Non, mais ça, c'est trop grave.
00:54:50Qu'est-ce qu'il y a, mon cœur ?
00:54:51Putain, mais c'est le drapeau
00:54:52des Pays-Bandes en France.
00:54:53Faut que j'enlève.
00:54:57Non, jure.
00:54:58Incroyable, parfait.
00:55:02Putain, je suis vraiment
00:55:03à 20 cm, là.
00:55:04J'ai un peu peur.
00:55:05Tu veux pas venir ?
00:55:06Bon, on a essayé
00:55:07de nettoyer tout ce qu'on pouvait.
00:55:08Après Lausanne,
00:55:09Neuilly,
00:55:09on ira à Alger
00:55:10pour la troisième étape
00:55:11de notre tour de France
00:55:12de la dégauchisation.
00:55:17À la base,
00:55:18on devait faire ça
00:55:19à Saint-Denis,
00:55:20mais il paraît
00:55:20que c'est le PS au pouvoir,
00:55:21donc ça marchait pas
00:55:22vu que c'est déjà de droite.
00:55:24Vous avez vu,
00:55:25il nous a encore trahis.
00:55:26On l'avait pas vu venir
00:55:27ce coup-ci.
00:55:29Si.
00:55:30Moi, c'est Gilles Brun
00:55:31qui m'avait prévenu.
00:55:33C'est toujours Philippe,
00:55:34il y a toujours...
00:55:35C'est sûr ?
00:55:36Il faut que c'est Gilles Brun.
00:55:38Bref, est-ce que tu connais
00:55:39notre petit jeu ?
00:55:41C'est moi qui m'occupe de ça.
00:55:42Le « ça ira, ça ira pas ».
00:55:43Je te montre des images,
00:55:45tu me dis
00:55:45si ça va,
00:55:46si ça va pas,
00:55:47et tu me fais une petite phrase
00:55:48d'explication.
00:55:50C'est chaud.
00:55:51En vrai, c'est assez simple.
00:55:52Pas mal de gens
00:55:53qui ont réussi,
00:55:54dont Gilles Brun.
00:55:55Donc, à mon avis,
00:55:56tu vas réussir à la main.
00:55:59Bampard 2027,
00:56:00ça ira ou ça ira pas ?
00:56:01Ça ira pas.
00:56:02Pourquoi ?
00:56:02Il faut que vous nous expliquiez
00:56:03à chaque fois.
00:56:04Au moins une petite phrase.
00:56:04Il faut que j'explique.
00:56:05Une petite phrase, ouais.
00:56:07Parce que je pense
00:56:08que la France insoumise,
00:56:09elle aura évidemment
00:56:10un candidat à l'élection présidentielle.
00:56:12Et que ce sera pas vous.
00:56:12Mais qu'on le choisira
00:56:13au bon moment.
00:56:14Et à ce moment-là,
00:56:15vous saurez qui c'est.
00:56:16Mais pas vous, a priori.
00:56:19Delogu, Bardella dans un octogone.
00:56:21Je sais pas si t'as suivi,
00:56:22mais Delogu,
00:56:22il a fait un TikTok
00:56:23pour dire qu'il était chaud.
00:56:25Qu'est-ce que t'en penses ?
00:56:25Ça ira ou ça ira pas ?
00:56:26Ça ira,
00:56:27si c'est une métaphore.
00:56:28Nous, on fait des octogones
00:56:30argumentés.
00:56:31Voilà.
00:56:31Un octogone argumenté
00:56:33avec Bardella, ouais.
00:56:34Ça ira.
00:56:34Avec de la verbe.
00:56:36C'est intéressant.
00:56:36J'ai des arguments.
00:56:38Allez, ça, ça dégage.
00:56:39Celui-là, c'est par rapport
00:56:40à la vidéo.
00:56:41J'ai vu.
00:56:42La protection des élus.
00:56:44Parce qu'ils ont mal fait leur job.
00:56:44Ils ont pas parlé du fait
00:56:45que t'avais...
00:56:47C'était la cible de colis piégés.
00:56:49Qu'est-ce que t'en penses ?
00:56:50La protection des élus.
00:56:51Ça ira ou ça ira pas ?
00:56:52Ça va, on n'est pas
00:56:52les plus à plaindre quand même.
00:56:54Après, c'est surtout...
00:56:56C'est pas vraiment
00:56:57la protection des élus.
00:56:58C'est que manifestement,
00:56:59il y a des indignations
00:57:00à géométrie variable.
00:57:02Moi, je demande rien.
00:57:03Je pense que s'il y avait eu
00:57:04un élu d'une autre étiquette politique
00:57:05qui aurait été l'objet
00:57:08des menaces et des tentatives
00:57:10que j'ai pu subir moi,
00:57:11mais pas seulement moi,
00:57:12mes collègues insoumis en particulier,
00:57:14je crois que ça aurait fait
00:57:15davantage d'indignation.
00:57:17Mais sinon, je crois pas
00:57:18que les élus soient
00:57:18les plus à plaindre, franchement.
00:57:21Marseille, champion de France.
00:57:22Ça ira ou ça ira pas ?
00:57:23Ça ira.
00:57:25Vous y croyez vraiment ?
00:57:26Ou c'est juste...
00:57:27C'est votre circo ?
00:57:28On y croit.
00:57:29Non, j'y crois.
00:57:30Un argument pour que Marseille
00:57:31soit champion de France
00:57:33à la fin de la saison.
00:57:34Un argument ?
00:57:34Qu'est-ce qu'il va faire
00:57:35qu'ils vont être devant le PSG ?
00:57:36Le soutien populaire.
00:57:37Ah oui ?
00:57:39C'est bien fait, Blancien,
00:57:40le plan textique.
00:57:43Vous l'avez déjà abordé
00:57:44un petit peu tout à l'heure,
00:57:45mais Louis Boyard
00:57:47à Villeneuve-Saint-Georges.
00:57:48Ouais.
00:57:49Est-ce que ça ira pas ?
00:57:51Je crois pas qu'il soit candidat
00:57:52aux élections municipales
00:57:52à Villeneuve-Saint-Georges.
00:57:54Mais par contre,
00:57:55c'est sur sa circonscription.
00:57:56Et comme j'ai bien l'intention
00:57:57de faire en sorte
00:57:58qu'il soit à nouveau réélu,
00:57:59je vais dire que ça ira.
00:58:01Chikiru à la mairie de Paris,
00:58:02ça ira ou ça ira pas ?
00:58:03Je crois qu'ils ont pas encore décidé,
00:58:05mais s'il y a des candidats,
00:58:06ça ira.
00:58:09Ça dégage.
00:58:09C'est un engagement.
00:58:11C'est un engagement pris.
00:58:12Et Bolloré qui pourrait
00:58:14racheter le Parisien,
00:58:15ça ira ou ça ira pas ?
00:58:15Ça ira pas du tout.
00:58:16Ça ira pas du tout ?
00:58:17Non, ça ira pas du tout.
00:58:19Je pense que c'est un vrai problème.
00:58:21On parlait tout à l'heure,
00:58:21je vais pas faire une longue intervention,
00:58:24mais on parlait tout à l'heure
00:58:25des conditions
00:58:26d'une élection présidentielle de 2027.
00:58:28C'est clair que par rapport
00:58:28aux élections présidentielles
00:58:29précédentes,
00:58:30il y a eu une difficulté majeure.
00:58:31C'est un espace médiatique
00:58:33qui s'est extrême-droitisé.
00:58:34Et s'il s'est extrême-droitisé,
00:58:35c'est notamment parce que
00:58:36l'Empire Bolloré
00:58:38étant chaque semaine qui passe
00:58:39ses tentacules.
00:58:42Et s'il rachète encore
00:58:43un journal de plus,
00:58:44le problème va être encore plus grave.
00:58:45Et à un moment,
00:58:46il faudrait peut-être
00:58:46qu'il y ait des gens
00:58:47qui commencent à se dire
00:58:47qu'il faudrait peut-être
00:58:48faire quelque chose.
00:58:49Donc ça ira pas du tout.
00:58:50Merci beaucoup.
00:58:51D'ailleurs, je crois qu'il y a
00:58:51des journalistes du Parisien
00:58:54qui ont engagé une mobilisation
00:58:56sur le sujet,
00:58:57si ça doit se préciser.
00:58:58Et donc, je les soutiens.
00:59:00Voilà.
00:59:01En avant de partir,
00:59:02tu peux me faire voir
00:59:03ta montre, s'il te plaît ?
00:59:03Ma montre, j'en ai pas, regarde.
00:59:05Hop.
00:59:06Si je l'ai pas enlevée avant.
00:59:07Mais j'ai vu que Ravier Millet
00:59:08a quand même tweeté
00:59:10sur la montre de Louis Boyard.
00:59:11Il y en a contre ça à foutre.
00:59:13Alors que le peuple Louis Boyard,
00:59:14il a une flip-flop.
00:59:17Bon, sur ce,
00:59:17ce fut un plaisir.
00:59:18Pareil, partagé.
00:59:19Si il te manque des gens
00:59:20au Five le dimanche,
00:59:20voilà.
00:59:21Viens, il faudra changer de maillot.
00:59:23T'aimes pas le Mexique ?
00:59:25Ah, il est pas mal,
00:59:25mais il est pas super beau,
00:59:27je trouve.
00:59:28Merci.
00:59:29Merci beaucoup, Péa.
00:59:31Je vais rebondir rapidement
00:59:32sur ce qu'on vient de dire.
00:59:34Justement, c'est intéressant
00:59:34parce qu'il y a effectivement
00:59:36un peu ce macartisme
00:59:37dans les médias.
00:59:37On venait de parler
00:59:38de Vincent Bolloré,
00:59:39on pourrait parler
00:59:39de plein d'autres choses.
00:59:40Mais justement,
00:59:42est-ce que vous avez un projet
00:59:43justement par rapport à ça ?
00:59:45Parce que c'est ce qui peut
00:59:46empêcher la gauche de gagner.
00:59:47Mais si jamais la gauche gagnait,
00:59:49par exemple,
00:59:49moi je suis allée voir un petit peu
00:59:50le programme du NFP,
00:59:51c'est quand même très léger.
00:59:52Après, je suis allée voir
00:59:52quand même du coup
00:59:53l'avenir en commun.
00:59:55Bon, vous parlez un peu
00:59:56de loi anti-concentration,
00:59:57mais je n'arrive pas trop
00:59:58à savoir si ces lois anti-concentration
01:00:00genre un homme, un média
01:00:01ou s'il y a d'autres possibilités.
01:00:03Il n'y a pas le mot,
01:00:04enfin, je n'ai pas vu,
01:00:05Arcom.
01:00:06Je pense que quand même
01:00:06l'Arcom, ce serait un vrai sujet aussi.
01:00:09Donc, est-ce que cette question
01:00:11n'est pas un peu prise à la légère
01:00:12quand même, même à gauche,
01:00:13alors qu'on voit bien
01:00:14que c'est majeur
01:00:15et que c'est une des choses
01:00:16qui nous empêchent de gagner
01:00:18ou qui empêche en tout cas,
01:00:19enfin, démocratiquement,
01:00:21il y a un énorme problème.
01:00:22Je suis d'accord.
01:00:23On n'y réfléchit pas assez, je crois.
01:00:24Je ne sais pas si elle est prise
01:00:25à la légère, peut-être,
01:00:26franchement.
01:00:27En tout cas...
01:00:28En tout cas, ça reste des petites lignes
01:00:29sur un programme
01:00:29et ce n'est pas forcément...
01:00:30Mais c'est surtout qu'il ne suffit pas
01:00:32d'avoir des réponses programmatiques
01:00:34parce qu'en fait,
01:00:34le problème aujourd'hui,
01:00:35c'est que ça pèsera
01:00:36sur la campagne électorale
01:00:37avant même qu'elle ait eu lieu.
01:00:38Donc, en fait,
01:00:39ce n'est pas seulement
01:00:39qu'est-ce que vous allez faire
01:00:40si vous gagnez.
01:00:41Ça a un autre sujet
01:00:42qui est important aussi, d'ailleurs,
01:00:43dont on n'a pas parlé ce soir.
01:00:45C'est comment vous appliquez
01:00:53international auxquels
01:00:54vous allez être confrontés
01:00:54si vous prenez le pouvoir.
01:00:55Mais ça, ça mériterait
01:00:56quasiment une émission
01:00:57à part entière.
01:00:57Oui, c'est ça,
01:00:58on vous réinvitera
01:00:58dans quelques mois pour ça.
01:01:00Avec plaisir.
01:01:00Mais après, il y a la question
01:01:01de comment dans la campagne.
01:01:03Et là, évidemment,
01:01:04l'ARCOM...
01:01:05Enfin, pardon,
01:01:05moi, j'assume de le dire,
01:01:06l'ARCOM, c'est en dessous de tout.
01:01:07Enfin, je veux dire,
01:01:08ils ne font rien.
01:01:09Et le problème, c'est que...
01:01:11Mais vous avez dit
01:01:11justement, il faudrait faire
01:01:12quelque chose...
01:01:13Que l'ARCOM, elle commence déjà à...
01:01:14Qu'est-ce qu'il faudrait faire,
01:01:15par exemple ?
01:01:16Est-ce qu'on remet tout à plat ?
01:01:17On refait tout de zéro ?
01:01:20Un autre régulateur ?
01:01:21Enfin...
01:01:22En fait, il y a deux réponses
01:01:23à cette question.
01:01:24Il y a qu'est-ce qu'on devrait faire
01:01:24maintenant ?
01:01:25Et qu'est-ce que nous,
01:01:25on doit faire si on prend
01:01:26le pouvoir demain ?
01:01:27Ben oui.
01:01:28Qu'est-ce qu'on doit faire
01:01:28si on prend le pouvoir demain ?
01:01:29Je pense que c'est la question
01:01:31de la déconcentration
01:01:32dans les médias.
01:01:34Donc, c'est-à-dire couper
01:01:35le lien organique
01:01:36entre les puissances économiques
01:01:37et les principaux médias.
01:01:38C'est la question
01:01:40de ce que nous,
01:01:40on a appelé par exemple
01:01:41le conseil de déontologie
01:01:42dans les médias,
01:01:43c'est-à-dire de faire en sorte
01:01:44que la profession elle-même
01:01:46ait des instances
01:01:47de régulation interne.
01:01:49C'est donner davantage
01:01:50de pouvoir aux salariés
01:01:51dans les entreprises de médias
01:01:53parce que la lutte des classes,
01:01:55ça existe aussi
01:01:55dans les entreprises de médias.
01:01:58Et c'est donner
01:01:58à des autorités de régulation
01:02:01des pouvoirs d'action
01:02:02et des pouvoirs de sanctions
01:02:03qui sont réels.
01:02:04Enfin, pardon,
01:02:05le problème,
01:02:05c'est que l'Arcom,
01:02:06vous la saisissez,
01:02:07au bout d'un an,
01:02:07ils vous disent
01:02:07oui, c'est vrai, c'est pas bien.
01:02:09Ah, c'est pas bien
01:02:10ce qu'a fait CNews.
01:02:10Ben, d'accord,
01:02:11mais CNews a très bien compris
01:02:12que c'est une impunité totale.
01:02:14Donc, de toute façon,
01:02:14pourquoi vous voulez
01:02:15qu'ils s'arrêtent ?
01:02:16Donc, c'est un manque de moyens
01:02:17qui pèse sur l'Arcom ?
01:02:18Ah, ben, un manque de moyens,
01:02:18un manque de courage,
01:02:19franchement.
01:02:21Alors que si vous les tapez
01:02:22dès la première fois
01:02:24qu'ils passent,
01:02:25ils outrepassent des règles.
01:02:26Enfin, je veux dire,
01:02:27c'est jamais dit.
01:02:28Évidemment qu'il y a
01:02:28une liberté éditoriale
01:02:29dans les médias, etc.
01:02:30Mais quand vous accordez
01:02:31des concessions à un média,
01:02:33c'est en échange de règles.
01:02:34Il y a des protocoles
01:02:36qui sont passés
01:02:36entre les médias
01:02:37et l'État
01:02:38sur l'attribution des concessions.
01:02:40Et dans ces protocoles,
01:02:41il y a des règles
01:02:42que le média s'engage
01:02:43à respecter.
01:02:44Pluralité des points de vue,
01:02:45respect des interlocutrices
01:02:46et des interlocuteurs.
01:02:47Ces règles ne sont pas respectées
01:02:49par CNews aujourd'hui.
01:02:50Et l'Arcom ne fait rien.
01:02:51Donc, la première fois,
01:02:52vous leur mettez une amende.
01:02:53La deuxième fois,
01:02:54vous les suspendez
01:02:55d'émission
01:02:56pendant une journée.
01:02:57La deuxième fois,
01:02:58pendant une semaine.
01:02:59Et s'ils continuent...
01:02:59Le problème, c'était
01:03:00le renouvellement
01:03:00de la fréquence,
01:03:01de toute façon.
01:03:02Oui, mais la fréquence,
01:03:03elle a été renouvelée,
01:03:03mais il y a un contrat.
01:03:05La fréquence,
01:03:05elle n'est pas renouvelée
01:03:06sans aucune condition.
01:03:07Donc, pourquoi l'Arcom
01:03:08ne fait pas respecter
01:03:09les règles qui sont dans ce contrat ?
01:03:10Là, je parle
01:03:10de moyens d'action immédiats.
01:03:11Oui, mais déjà,
01:03:12que ça a été renouvelé,
01:03:15déjà, c'était préoccupable.
01:03:17Oui, c'est vrai.
01:03:17Juste un mot,
01:03:17je voulais rebondir
01:03:18sur ce que vous disiez,
01:03:19parce que ça me paraissait
01:03:19très intéressant
01:03:20que vous dites ça.
01:03:22Il y a la lutte des classes
01:03:23aussi en intérieur des médias.
01:03:24Moi, il y a toujours
01:03:25un terme que vous utilisez
01:03:26à la France Insoumise en général
01:03:27et qui souvent me heurte
01:03:28et ce n'est pas juste
01:03:28par réflexe corporatiste
01:03:30un peu bas du front.
01:03:31Ça arrive parfois aussi.
01:03:32Ça peut arriver,
01:03:32mais là, je ne pense pas
01:03:33que ce soit le cas.
01:03:33C'est le terme de classe médiatique
01:03:34qui précisément gomme
01:03:37les effets de lutte des classes
01:03:38à l'intérieur même
01:03:38de la profession.
01:03:39On est d'accord
01:03:40qu'entre Pascal Praud
01:03:41et un pigiste précarisé,
01:03:42on n'est quand même pas
01:03:43sur la même question.
01:03:44Je n'inclus pas le pigiste
01:03:45précarisé dans la classe médiatique.
01:03:46D'accord.
01:03:46Si c'est ça la question
01:03:47que vous posez.
01:03:48Évidemment,
01:03:48je sais très bien
01:03:51que la stratégie
01:03:54et la société de l'information actuelle
01:03:57et les sociétés médiatiques actuelles,
01:03:59si on peut critiquer
01:04:00le travail qui est fait aujourd'hui,
01:04:03c'est aussi,
01:04:04pas seulement,
01:04:05mais il y a un lien
01:04:06entre la qualité
01:04:06de l'information produite
01:04:07et la condition sociale
01:04:09qui s'applique dans l'entreprise.
01:04:11Et ça,
01:04:11vous le savez très bien.
01:04:12C'est-à-dire que si vous demandez,
01:04:13vous êtes ici dans une entreprise
01:04:15de presse
01:04:15qui, je crois quand même,
01:04:17je peux le dire,
01:04:18parce que j'ai dit parfois
01:04:18des trucs pas agréables ce soir,
01:04:20essayez de faire quand même
01:04:20un travail qui est un travail de qualité.
01:04:22Et heureusement qu'il y a l'UMA
01:04:23pour travailler sur des sujets sociaux
01:04:24dont personne ne parle.
01:04:26Mais vous pouvez le faire,
01:04:27pardon,
01:04:27j'imagine que parfois
01:04:29vous vous battez
01:04:30pour améliorer vos conditions de travail
01:04:31aussi ici dans ce média.
01:04:33Mais vous pouvez le faire aussi
01:04:34parce que vous disposez quand même
01:04:35de conditions de travail
01:04:36qui sont, je pense,
01:04:37plus agréables
01:04:37que dans certains autres médias.
01:04:39Et c'est ce qui permet aussi
01:04:40d'avoir une qualité
01:04:41d'information produite
01:04:42qui soit de bonne qualité.
01:04:43Quand vous prenez un pigiste
01:04:45qui doit faire 40 sujets
01:04:46dans la même journée
01:04:47et qui est payé au lance-pierre,
01:04:49vous ne pouvez pas lui demander
01:04:50de faire un travail
01:04:51de production d'informations
01:04:52qui nécessite
01:04:53d'aller vérifier des informations,
01:04:55d'aller s'appuyer sur des faits.
01:04:56Et moi, je vous le dis franchement,
01:04:58le journalisme politique
01:04:59a quelques exceptions près aujourd'hui.
01:05:01Je trouve,
01:05:02et y compris en raison
01:05:03de ces conditions d'exploitation,
01:05:04que ça devient du collage
01:05:06de citations,
01:05:07de ce que dit l'un,
01:05:07ce que dit l'autre,
01:05:08sans qu'à aucun moment
01:05:09on a essayé de chercher
01:05:10c'est quoi les faits,
01:05:12faire un travail un peu
01:05:13d'information de qualité.
01:05:14Donc bien sûr qu'il y a un lien
01:05:15entre la qualité
01:05:16de l'information produite
01:05:17et la condition sociale
01:05:18des journalistes.
01:05:18Et si vous voulez améliorer
01:05:19la condition de l'information produite,
01:05:21vous devez améliorer
01:05:22la condition sociale
01:05:22des journalistes.
01:05:23Mais il y a quelques gros journalistes
01:05:25qui en profitent,
01:05:25eux, beaucoup.
01:05:26Et eux, je ne vais pas
01:05:27me battre pour eux,
01:05:28je peux vous le dire.
01:05:29Et un petit peu,
01:05:31alors encore un autre sujet,
01:05:32mais c'est peut-être
01:05:32un petit peu en lien aussi
01:05:33avec la communication, etc.
01:05:35J'ai lu que vous aviez travaillé
01:05:36dans une entreprise
01:05:37qui était liée
01:05:37à l'intelligence artificielle.
01:05:40Et du coup,
01:05:41en regardant un petit peu,
01:05:42j'ai vu qu'il y avait eu
01:05:42des colloques
01:05:43à l'Institut La Boétie, etc.
01:05:45Il y avait eu aussi
01:05:46un petit peu des scandales,
01:05:47etc. liés à l'IA.
01:05:49Bref, c'est toute une grande question.
01:05:50Et donc,
01:05:50ce serait quoi justement
01:05:51le regard que vous avez,
01:05:53vous, à la France Astoumi,
01:05:54sur l'essor de l'IA ?
01:05:55Et dans ce contexte justement
01:05:57de l'extrême droite
01:05:58qui prend du pouvoir
01:05:59et on sait comme elle l'utilise
01:06:00aussi comme un outil,
01:06:02comment on peut faire
01:06:02pour réguler ?
01:06:04Est-ce qu'il faut réguler ?
01:06:05Est-ce que vous pensez
01:06:05qu'il faut réguler ?
01:06:06Et comment on affronte en fait ?
01:06:08C'est une question large.
01:06:09C'est une super question.
01:06:10Je pense que c'est un vrai sujet
01:06:11dont je trouve
01:06:12qu'on ne parle pas suffisamment
01:06:13et qu'au près à gauche,
01:06:14à mon avis.
01:06:15Je pense que l'intelligence artificielle,
01:06:17c'est à la fois
01:06:20une source d'opportunité
01:06:22pour faire progresser la société
01:06:23et c'est aussi une source de danger.
01:06:25Et en fait,
01:06:25ça dépend comment vous l'utilisez
01:06:27et comment vous la régulez.
01:06:28J'ai une source d'opportunité
01:06:29qui va s'opposer ici
01:06:30que si vous développez
01:06:31des algorithmes d'intelligence artificielle,
01:06:33vous allez pouvoir détecter
01:06:34plus facilement des cancers,
01:06:36par exemple.
01:06:36Tout le monde va être d'accord avec ça.
01:06:38Qui va s'opposer à l'idée
01:06:39que ça permet d'avoir
01:06:40des modèles de prévision météorologique
01:06:42ou de changement climatique
01:06:44qui nous permettent
01:06:44de mieux faire face
01:06:45aux changements climatiques ?
01:06:46Personne.
01:06:47Bon, par contre,
01:06:48si l'intelligence artificielle,
01:06:50ça devient un outil de contrôle
01:06:51des conditions de travail
01:06:52des salariés
01:06:53qui sont analysés
01:06:55dans leur rythme de travail
01:06:56pour être totalement soumis
01:06:58aux exigences de la machine,
01:06:59je pense que personne
01:07:00ne va défendre ça.
01:07:00Donc, moi,
01:07:01ce que je dis,
01:07:02c'est qu'à la fois,
01:07:03parce que je pense
01:07:04que ça porte des opportunités
01:07:05qui sont des opportunités
01:07:06d'intérêt général,
01:07:07il doit y avoir
01:07:08une initiative d'impulsion
01:07:10publique sur l'IA.
01:07:11Ça ne peut pas être juste
01:07:12le marché.
01:07:13Je pense qu'il doit y avoir
01:07:13des organismes publics
01:07:15qui impulsent une politique
01:07:16de planification
01:07:16du développement
01:07:17de l'intelligence artificielle
01:07:18en France.
01:07:19Et après,
01:07:19il doit y avoir
01:07:19des mécanismes de régulation
01:07:21parce qu'il y a des usages
01:07:22de l'intelligence artificielle
01:07:23qui sont nocives
01:07:25à la société.
01:07:26Comment contrôler
01:07:27quelque chose
01:07:28qui, justement,
01:07:28au niveau international,
01:07:29a l'air de se développer
01:07:31de façon un peu inéluctable
01:07:32comme si on n'y pouvait rien,
01:07:35en fait ?
01:07:36Ah ben si,
01:07:36vous pouvez quand même
01:07:37faire quelque chose.
01:07:37C'est qu'il n'y a pas,
01:07:38par exemple,
01:07:39le sujet de l'intelligence artificielle
01:07:40est lié avec un sujet
01:07:42qui, d'ailleurs,
01:07:44pose de plein de difficultés
01:07:45en ce moment
01:07:45en termes d'aménagement
01:07:46du territoire,
01:07:46c'est la question
01:07:47du développement
01:07:47des data centers
01:07:48parce que l'IA,
01:07:49il faut des données,
01:07:50donc il faut des données
01:07:51qui sont stockées.
01:07:52Il faut l'énergie aussi.
01:07:53Et les data centers
01:07:54posent des questions immenses
01:07:55d'utilisation de l'énergie,
01:07:57d'utilisation de l'eau.
01:07:59Si le modèle
01:08:00qui consiste à dire
01:08:00l'IA est complètement dérégulé,
01:08:02on va construire
01:08:03des data centers partout,
01:08:04en fait,
01:08:04c'est un modèle
01:08:06qui n'est pas tenable
01:08:07du point de vue
01:08:08de nos capacités énergétiques,
01:08:10de nos objectifs
01:08:11de changement climatique.
01:08:12La seule manière
01:08:12de faire en sorte
01:08:13de développer
01:08:14un modèle numérique
01:08:15qui soit respectueux
01:08:16de nos objectifs environnementaux,
01:08:17c'est d'avoir
01:08:17des formes de régulation.
01:08:18Par exemple,
01:08:19moi, je suis un pour
01:08:19que dans les data centers
01:08:20en France,
01:08:21pour donner un exemple,
01:08:21on ne permette pas
01:08:23une activité
01:08:24comme du fait
01:08:25de frapper de la crypto-monnaie.
01:08:26Frapper de la crypto-monnaie,
01:08:28ça coûte beaucoup d'énergie
01:08:29dans les data centers.
01:08:30Qu'est-ce que ça nous rapporte
01:08:31du point de vue
01:08:32de l'intérêt général ?
01:08:33Donc, je pense qu'il doit y avoir,
01:08:34il faut aller plus loin
01:08:35que juste des grands discours
01:08:37sur l'IA
01:08:37et il doit y avoir
01:08:38une régulation des usages
01:08:40et une régulation
01:08:41des données
01:08:41qu'on va stocker.
01:08:42Est-ce que c'est utile
01:08:44de stocker
01:08:44des données météorologiques ?
01:08:45Oui.
01:08:46Est-ce que c'est utile
01:08:47de stocker
01:08:47l'historique de navigation
01:08:49de toutes les personnes
01:08:50qui habitent en France
01:08:51pour ensuite pouvoir
01:08:52leur vendre des produits
01:08:53qui correspondent
01:08:53à leurs habitudes
01:08:54de navigation ?
01:08:55Non.
01:08:55Du point de vue
01:08:56de l'intérêt général,
01:08:56ce n'est pas utile.
01:08:57Et on n'aura pas
01:08:59les capacités
01:08:59de tout stocker.
01:09:00Ce n'est pas vrai.
01:09:01Donc moi, je suis pour rentrer
01:09:02dans des formes de régulation
01:09:03qui disent
01:09:03qu'il y a des données
01:09:04qu'on stocke,
01:09:04qu'on n'a pas le droit
01:09:05de stocker,
01:09:06y compris du point de vue
01:09:06du respect des libertés fondamentales,
01:09:08c'est nécessaire.
01:09:08Il y a des usages
01:09:09qu'on peut faire
01:09:09et il y a des usages
01:09:10qu'on ne peut pas faire.
01:09:11Je ne suis pas pour rejeter
01:09:12l'IA en bloc
01:09:21entre l'intelligence artificielle
01:09:22et les conditions de travail
01:09:23dans les entreprises.
01:09:24Parce que dans plein d'endroits,
01:09:25les nouvelles technologies
01:09:26et l'intelligence artificielle
01:09:27en particulier
01:09:27est utilisée
01:09:28pour renforcer
01:09:29les mécanismes
01:09:29d'exploitation sociaux.
01:09:31Voilà.
01:09:33Ça mériterait là aussi
01:09:33peut-être un colloque
01:09:34à part entière.
01:09:35Mais je pense que c'est
01:09:36un sujet très important
01:09:37et dont on a intérêt
01:09:38à s'emparer en vérité
01:09:39parce que les autres,
01:09:40ils essayent de s'en emparer
01:09:40en tout cas.
01:09:41Oui, et l'extrême droite
01:09:42notamment.
01:09:43Et après, dernière chose
01:09:43peut-être, pardon,
01:09:44si je n'ai pris par le temps.
01:09:45Après, il y a un autre sujet
01:09:47indépendant de celui-là,
01:09:48c'est comment l'intelligence artificielle
01:09:49va avoir des impacts
01:09:50dans les échéances électorales
01:09:53et comment ça a des impacts
01:09:54dans le traitement
01:09:54de l'information.
01:09:55Il est deepfake notamment.
01:09:56Voilà.
01:09:56Et là, si à un moment,
01:09:58on ne crée pas
01:09:58des cadres de régulation
01:09:59qui ne sont pas faciles
01:10:00à mettre en place,
01:10:01nos campagnes électorales
01:10:02vont ressembler à plus rien.
01:10:03Si demain,
01:10:04je peux faire une fausse vidéo
01:10:05de vous,
01:10:06candidate à une élection
01:10:07dans tel endroit
01:10:08qui raconte l'inverse
01:10:09de votre programme
01:10:09et que personne n'est capable
01:10:10de détecter
01:10:11si c'est une vraie vidéo
01:10:12ou une fausse vidéo,
01:10:14en fait,
01:10:14le débat démocratique
01:10:16qui devient un boucherie.
01:10:17Donc, moi,
01:10:18je pense qu'il faut
01:10:18qu'il y ait un travail
01:10:19sur des formes
01:10:20de labellisation,
01:10:21c'est-à-dire qu'à un moment,
01:10:22dans une campagne,
01:10:23il y ait une sorte d'élément
01:10:25qui permet d'identifier
01:10:26un contenu
01:10:27comme étant effectivement
01:10:28le contenu du candidat
01:10:30ou de sa liste.
01:10:31Mais si on ne se saisit pas
01:10:33à bras-le-corps
01:10:33de cette question,
01:10:34honnêtement,
01:10:35c'est la démocratie
01:10:36telle que réponse
01:10:38ou nécessitant un débat éclairé
01:10:40qui va être complètement
01:10:41bafouée.
01:10:42Très bien.
01:10:42Merci beaucoup,
01:10:43Manuel Bompard,
01:10:44d'avoir répondu
01:10:45à notre invitation
01:10:45et pour toutes vos réponses.

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