- il y a 9 heures
Le projet de budget 2026 est examiné à partir de ce lundi 20 octobre à l’Assemblée nationale. La gauche entend augmenter les recettes de l’État en mettant à contribution les plus riches et les grandes entreprises. Décryptage avec Gaël De Santis et Théo Bourrieau, journalistes à l'Humanité.
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NewsTranscription
00:00Comment la gauche s'organise contre ce budget austéritaire ? C'est à cette question à laquelle on va essayer
00:04de répondre avec Gaëlle de Santis.
00:06Après la non-censure de Sébastien Lecornu et de son gouvernement, le projet de budget 2026 est examiné à partir
00:12du lundi 20 octobre à l'Assemblée nationale.
00:14C'est la Commission des finances qui commence l'examen des amendements sur la partie recette du projet de loi
00:18de finances.
00:19Les députés de gauche ont déposé plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines d'amendements pour essayer d'amender justement ce budget,
00:26ce projet de loi de finances.
00:27On va passer un peu en revue les plus grands sujets portés par la gauche.
00:34Tu le disais aussi, c'est essentiellement des amendements qui sont basés sur le programme du NFP qui a été
00:41concocté l'année dernière.
00:43On vous le montre ici.
00:45Voilà, donc en fait, vous pouvez retrouver globalement comment se sont entendus les quatre parties du nouveau Front populaire
00:53pour essayer de proposer des amendements conjoints, pour proposer une réponse et pour proposer une contre-offensive finalement à ce
00:58budget austéritaire.
01:00Donc on va passer en revue les différentes propositions.
01:03On va commencer par une mesure phare, quelque chose qui remonte vraiment et qui revient année après année.
01:09C'est l'ISF, l'impôt sur la fortune.
01:12Peut-être un petit rappel d'abord ce que c'est que l'ISF et surtout c'est quoi l
01:15'objectif des députés de gauche quand ils proposent de rétablir l'ISF.
01:19— Alors il faut voir que l'ISF, c'est un impôt de solidarité sur la fortune qui existait, qui
01:25avait été installé par François Mitterrand et la gauche en 1981,
01:30qui avait été retiré par la droite, remis.
01:32Et dans les premiers mois de son premier mandat, Emmanuel Macron avait supprimé cet ISF.
01:42Je rappelle, il avait supprimé cet ISF et d'un même temps, il m'a pris 5 € sur les
01:48appels de tout à chacun.
01:50Voilà. C'est 4 à 5 milliards d'euros qui manquent à l'appel tous les ans du fait de
01:54la suppression de l'ISF.
01:55L'ISF, c'est simple. C'est qu'en gros, si vous aviez une certaine somme, on vous prend 0
02:03,6 ou 0,7 % sur l'ensemble de votre patrimoine,
02:09quand il est énorme. Il faut se dire qu'il avait gardé une partie de l'ISF qui était un
02:18impôt sur la fortune immobilière,
02:21Emmanuel Macron, à savoir que pour quelqu'un qui a beaucoup une grosse fortune en bâtiment, en maison, en immeuble,
02:30en appartement,
02:30il continue de payer un impôt sur la fortune immobilière.
02:33Mais les plus riches ont cette particularité, contrairement à tout un chacun, c'est que l'essentiel de leur fortune,
02:41c'est des titres d'action, c'est des obligations, la dette de l'État ou la dette des entreprises.
02:46C'est des biens, c'est des titres meubles qui peuvent changer.
02:51Et là-dessus, il n'y a pas de taxe sur ce patrimoine, d'autant plus qu'il est placé
02:56dans des holdings très souvent.
02:59Et donc l'idée, avec la création de cet ISF, la recréation de cet ISF, était de récupérer 15 milliards
03:06en rétablissant un ISF.
03:13L'idée, voilà, c'est que dès qu'on a plus d'un million d'euros de biens, de patrimoine,
03:21on paye 0,5%.
03:23Et l'idée est qu'au-dessus de 10 millions, c'était 1%. Au-dessus de 100 millions, 2%. Et
03:30au-dessus du milliard d'euros, c'est 3%.
03:33Donc là, voilà, il y a cette idée-là. Il y a souvent... Parce que dans la bataille idéologique, on
03:39dit « Oui, mais on ne taxe pas un revenu, on taxe un patrimoine ».
03:43C'est vrai, mais 50% à 60% des Français sont propriétaires de leur propre logement et payent une
03:49taxe foncière qui est un impôt sur le patrimoine.
03:51C'est-à-dire que l'essentiel des Français payent un impôt sur le patrimoine dans les classes moyennes et
03:56populaires.
03:57Les riches ne payent pas un impôt sur l'ensemble de leur patrimoine. Et ça, c'est de l'argent
04:03qui manque à la solidarité nationale.
04:06— Deuxième mesure, là aussi une mesure phare, qui a été un peu le cheval de bataille de ces dernières
04:12semaines, de ces derniers mois, c'est la taxe Zuckmann.
04:15Alors peut-être pareil, petit rappel avant sur c'est quoi cette taxe qu'on a entendue un peu partout,
04:19taxe Zuckmann, taxe Zuckmann.
04:20Peut-être que tu peux nous réexpliquer un petit peu le principe et surtout nous expliquer la différence avec la
04:26taxe sur les holdings qui est envisagée par le gouvernement.
04:30Parce que Sébastien Lecornu et son gouvernement ont un peu présenté ça en nous disant ici. On vous a entendu.
04:34Regardez.
04:34On s'intéresse finalement au patrimoine des plus riches et des grandes entreprises. Il y a cette taxe-là.
04:39Donc petit rappel de c'est quoi la taxe Zuckmann et ses grandes différences avec la taxe sur les holdings
04:43proposées par Lecornu et son gouvernement.
04:46— Alors le constat qui est fait par l'économiste Gabriel Zuckmann, mais également qui est largement partagé à gauche,
04:52c'est que quand on est dans le dernier décile,
04:54les 10% les plus riches. Mais la taxe Zuckmann ne concerne pas les 10% les plus riches. C
04:58'est vraiment les 1 000 premières fortunes du pays,
05:01à savoir ceux qui ont un patrimoine supérieur à 100 millions d'euros, donc l'équivalent de 500 appartements à
05:10Paris.
05:10Enfin pour que les auditeurs ne savent pas forcément ce que ça veut dire 100 millions.
05:16— Moi non plus. Moi, je ne me représente pas très très bien ce que c'est que 100 millions.
05:19— Il faut se dire voilà ce que c'est. En gros, plus on a un patrimoine élevé, moins on
05:26se rend compte qu'on paye d'impôts sur le revenu
05:28parce que cet argent, il est essentiellement placé dans des holdings. Il y a une optimisation fiscale.
05:37Et donc par exemple, si vous êtes dans la dernière tranche, ceux qui gagnent le plus dans l'impôt sur
05:42le revenu,
05:43vous allez payer 45% de votre revenu de travail. Si jamais vous êtes un très très très très haut
05:49cadre,
05:49parce qu'il faut gagner beaucoup d'argent, quasiment 10 000 € par mois, vous allez payer 45% de
05:59vos revenus en impôt sur le revenu.
06:03Ce n'est pas le cas des plus riches parce qu'ils touchent de l'argent en dividende. Ils le
06:08placent dans des holdings.
06:09Donc c'est essentiellement ce qu'on appelle des biens professionnels. Et on se rend compte que quand on est
06:15dans les plus riches,
06:16on paye moins d'impôts en pourcentage de ses revenus que la moyenne des Français.
06:20Et donc Gabriel Zuckmann a proposé cet impôt qui est soutenu par tout un tas de gouvernements dans le monde,
06:28à savoir que pour les patrimoines de plus de 100 millions d'euros, il soit payé un impôt de 2
06:35millions d'euros, donc 2%.
06:40Il faut savoir que ces patrimoines, ils gonflent tous les ans parce que c'est de l'argent placé en
06:45bourse,
06:45c'est de l'argent placé dans des entreprises. Donc c'est-à-dire qu'au minimum, ils payent 2
06:52% de leur patrimoine,
06:53ce qui compense le fait qu'ils payent peu d'impôts sur le revenu.
06:58Ça, ça met une panique.
07:02Une panique morale à la droite.
07:03Une panique morale à la droite parce qu'on touche au capital, à la propriété privée,
07:09même si on n'en prend qu'une toute petite partie, voilà, donc de la même manière qu'il y
07:16a la taxe foncière
07:17pour les gens qui sont propriétaires de leur habitation.
07:21Donc là, il y a une panique de la droite.
07:24Et donc ils essaient de trouver des solutions comme cette taxe sur les holdings.
07:30Voilà, parce que, en gros, vous, vous avez, si jamais vous avez votre assurance vie,
07:37pour les salariés qui ont un peu plus d'argent, c'est en banque,
07:41et vous, on vous retire votre aras.
07:43Voilà, vous payez un prélèvement pour payer les cotisations,
07:48pour payer l'impôt sur le revenu.
07:53Voilà, vous payez vos impôts.
07:55Les riches, ils placent ça dans des holdings.
07:57Et donc l'argent qui est dégagé, après, très souvent, est un peu perdu et échappe à l'impôt.
08:04Et donc le gouvernement a décidé de faire une taxe sur les holdings.
08:09Sauf qu'il a été calculé par Gabriel Juckman que seulement,
08:14comme on enlève les biens professionnels, à savoir les titres en action,
08:19les propriétés dans les entreprises,
08:20en réalité, ces holdings, il n'y aura que 6 à 7 % de l'argent qui est placé dans
08:26les holdings,
08:27l'argent, mais aussi les yachts, tout ça, qui sera taxé.
08:31Donc c'est un plus par rapport à un...
08:35Oui, c'est le curieux.
08:35Mais c'est pas assez.
08:36Et d'autant plus qu'il faut rappeler qu'il y a eu pas mal de mises à contribution des
08:41plus riches
08:43dans le budget Barnier-Bérou 1,
08:47de l'ordre de 10 milliards de plus par rapport à 2024.
08:51Parce que... Mais c'est... Voilà.
08:53C'est le fruit aussi du fait qu'on les ait pas fait contribuer depuis 8 ans.
08:58Ces 10 milliards sont passés à 5 milliards en plus par rapport à 2024
09:04dans le projet de budget 2026.
09:08On peut se dire que c'est une progression,
09:10mais ce qui sont essentiellement mis à contribution,
09:13c'est le français moyen par une baisse des moyens pour les services publics
09:17et également par le budget compté, c'est ce que disait Stéphane Peu,
09:2321 taxes supplémentaires.
09:25C'est le président communiste du groupe gauche démocratique et républicaine.
09:28Dans ce projet de budget, il y a 21 taxes supplémentaires
09:32sur le qui dame, les personnes moyennes, qui concernent tout le monde.
09:36Troisième élément mis en avant, c'est peut-être un truc dont on a un peu moins entendu parler,
09:40c'est les héritages.
09:42Le communiste Nicolas Sansu veut déposer des amendements sur le pacte d'Utreil.
09:46Alors là, il va falloir que tu nous expliques ce que c'est que le pacte d'Utreil
09:49et la manière dont les héritages peuvent être mis à contribution
09:54si la gauche réussit à faire passer ces amendements dans le projet de loi de finances en 2026.
09:58Alors tout d'abord, il y a un projet d'une meilleure échelonnement des taxes sur les héritages
10:06pour ramener un peu d'argent, parce qu'aujourd'hui, en dessous de 150 000 euros,
10:10je pense que si c'est ça, on ne paye pas.
10:15Voilà, l'idée de porter ça à 200 000 euros, ce qui exonérerait 80 % des héritages.
10:21En revanche, de mettre davantage à contribution les héritages plus importants.
10:27Ça, c'est ce que proposait l'an dernier, ce que vont proposer cette année les groupes de gauche.
10:33En revanche, il existe des moyens pour que les transmissions se fassent sans que les héritiers n'aient à payer.
10:45Et le pacte d'Utreil, c'est précisément ça.
10:48C'est qu'il y a un accord.
10:49Alors, si les gens s'engagent à garder ce qu'on appelle les biens professionnels,
10:57donc les propriétés dans les entreprises,
10:59l'idée pour les libéraux, elle est de dire qu'il ne faut pas qu'une entreprise soit démembrée
11:05parce que le propriétaire meurt.
11:07Il faut que ça puisse aller à ses héritiers.
11:09Et donc, pour ne pas fractionner la propriété, il faudrait que ça aille intact.
11:15Sauf que le pacte d'Utreil, quand il a été créé, il fallait garder les titres pendant très longtemps.
11:22Je crois que... Enfin, je n'ai plus les chiffres en tête, mais c'était 15 ans.
11:25Ça a été réduit à 2 ans, ce qui fait qu'en gros, il y a 75 % de l
11:32'argent qui rentre dans cet accord
11:34qui est passé, pacte d'Utreil avec l'administration fiscale, qui sera finalement taxé.
11:38Et donc, il y a des voix, y compris à droite, comme Charles de Courson,
11:41qui poussent à ce que ce pacte d'Utreil, voilà, on le garde pendant...
11:47On garde les fonds pendant... On garde les actions, les propriétés pendant 15 ans.
11:52Et donc, sinon, on paye des impôts dessus.
11:55En revanche, voilà, c'est quelque chose qui échappe à l'impôt.
12:00Et il y a toujours cette idée qu'il faudrait que la transmission se fasse.
12:05Or, les études économiques montrent que l'héritier d'une entreprise n'est pas forcément aussi bon gestionnaire
12:13que celui qu'il a créé.
12:16Ce n'est pas parce qu'on est fils d'entrepreneur qu'on est bon entrepreneur soi-même.
12:21C'est valable pour les médecins. C'est valable pour les musiciens.
12:23C'est valable pour les entrepreneurs.
12:25Donc là aussi, il y a de l'argent à aller chercher.
12:32Donc ISF, Tax-Duckman, héritage, flat tax.
12:35Alors pareil, il va peut-être falloir faire un petit rappel de ce que c'est la flat tax.
12:39Et aussi pourquoi ce sera aussi également un élément central dans les discussions à venir
12:45dans le budget entre la gauche et la droite.
12:47— Alors oui. C'est parce que, par exemple, quand vous gagnez de l'argent par votre travail,
12:53il faut bien comprendre que toute la fiscalité française, elle est faite pour faire une différence
12:57entre les revenus du travail et les revenus du capital.
13:01Et il se trouve que les revenus du travail, quand vous allez bosser, sont plus taxés que les revenus du
13:07capital.
13:08En gros, par exemple, si vous imaginez, si vous gagnez 83 824 € de revenus annuels,
13:16vous allez vous retrouver sur l'argent que vous gagnez au-dessus, payé 41 % si ça vient de votre
13:25travail.
13:2545 % si c'est au-delà de 180 294 €.
13:30Et il est normal parce qu'on a un travail bien payé, parce qu'on a pu faire des études
13:35payées par la collectivité,
13:37parce qu'on a pu être soigné par la collectivité.
13:39Et il est normal de contribuer au budget de la nation et à la solidarité nationale.
13:45Et ça, c'est pour l'argent qui vous vient de votre travail.
13:48Mais les gens qui gagnent ce type de sommes ont aussi des revenus souvent du capital.
13:54Et là, il se trouve que si les revenus du capital, vous ne payez que 30 % en impôts et
14:03cotisations.
14:05Donc 30 % en impôts et cotisations, c'est-à-dire moins que ce que paye un salarié qui va
14:11gagner 2 000 à 1 500 ou 3 000 € par mois.
14:14L'idée qu'ont les députés de gauche, c'est de mettre fin à ce pré-élèvement forfaitaire unique, à
14:23cette flat tax, la taxe unique,
14:27et de faire rentrer dans le système courant de l'impôt sur le revenu, où plus vous gagnez d'argent,
14:36plus vous aurez un taux élevé.
14:38Moins vous gagnez d'argent, moins vous aurez un taux élevé.
14:42Il faut voir que cette flat tax, pour l'heure, elle existe pour les revenus du capital.
14:48Mais il y a une partie des libéraux et de la droite qui est à fond pour l'idée d
14:52'étendre ça, le même impôt pour tout le monde, riche ou pauvre,
14:59le même pourcentage riche ou pauvre, y compris pour les revenus du capital.
15:02C'est la manière, par exemple, qu'un Victor Orban, qui est le dirigeant d'extrême droite en Hongrie, a
15:09de faire payer les impôts.
15:11C'est un modèle très courant chez les libéraux. Et ça fait qu'il n'y a pas de solidarité.
15:17Ça évite la solidarité.
15:20Un autre élément qui a fait beaucoup de bruit il y a un peu plus longtemps, mais on entend moins
15:25parler maintenant,
15:26c'est les super profits, la contribution des grandes entreprises.
15:30Pareil, qu'est-ce que la gauche propose pour taxer les super dividendes et les super profits dans ces propositions
15:38de contre-budget 2026 ?
15:40Alors ils n'ont pas mis à jour les chiffres et certainement seront-ils exposés en commission des finances.
15:46Mais on note qu'entre 2017 et 2022, donc dans le premier mandat d'Emmanuel Macron,
15:55le taux d'impôt sur les sociétés, à savoir sur les bénéfices, une fois qu'ils ont payé les salaires,
16:04ce qui reste en gros, et quand on enlève les d'autres charges qui sont payées,
16:09le taux d'impôt sur les sociétés, sur les bénéfices, c'est passé de 33,3 à 25 %.
16:15Alors ça, c'est le taux nominal, mais en réalité, c'est moins.
16:20Et donc l'idée, elle est là de faire une contribution exceptionnelle sur les profits et les super dividendes
16:28qui permettraient de récupérer 5 %.
16:31C'est en gros, c'est que les grosses entreprises au-dessus d'un chiffre d'affaires d'un milliard
16:36d'euros
16:39payent davantage d'impôt sur les sociétés, parce qu'on se rend compte que ce qui est valable
16:45pour les gens, à savoir que les gros payent peu d'impôt sur le revenu,
16:50c'est valable également pour les multinationales qui ont tout un tas de moyens
16:55de placer leur argent de telle manière à payer moins d'impôts.
16:58Donc l'idée, elle est de faire en sorte que les gros payent davantage que les PME,
17:03parce qu'aujourd'hui, les PME payent davantage en pourcentage que les gros.
17:08C'est la raison pour laquelle aussi, il va y avoir dans le débat, l'idée qu'on prolonge également.
17:15Parce que quand vous faites une mesure exceptionnelle,
17:19comme il y en a pu en avoir dans le budget l'année dernière,
17:21d'un point de vue comptable, vous pouvez maquiller ça pour le reporter sur l'année suivante.
17:26Quand on rend une taxe pérenne, c'est beaucoup plus difficile pour une entreprise
17:30de mettre au bon endroit dans les comptes et de ne pas payer.
17:34Mais il y a aussi d'autres mesures qui vont venir sur la gauche pour taxer les grandes entreprises.
17:38C'est aussi parce que, par exemple, une grande entreprise multinationale,
17:42elle va par exemple placer sa marque dans une juridiction où on paye moins d'impôts.
17:49Et donc, par exemple, les magasins franchisés ou les activités vont payer un loyer sur la marque,
17:59ce qui fait que ça fait baisser les bénéfices comptables en France.
18:04Les bénéfices partent en Belgique, partent aux Pays-Bas,
18:09où ils sont moins taxés et donc il n'y a pas l'impôt sur les bénéfices.
18:12C'est pareil avec certains brevets où on place les brevets dans un autre pays
18:18et ça permet de faire en sorte qu'il y a un loyer payé sur ces brevets.
18:23Et donc, mécaniquement, on paye des salaires en France, certes,
18:26mais les bénéfices sont artificiellement placés à l'extérieur du pays
18:31et donc il y a moins d'impôts qui sont payés dessus.
18:33Donc, voilà, la gauche va essayer de mener le fer pour faire payer davantage les plus riches
18:40et pour faire payer davantage les grosses entreprises,
18:45que les gros payent gros et les petits payent petit.
18:48Oui, c'est ça.
18:50On a commencé un peu à l'aborder sur les niches fiscales.
18:53C'est aussi un grand point des propositions de la gauche.
18:56Pourquoi les députés de gauche vont se battre dans ces discussions sur le budget à propos des niches fiscales ?
19:03Alors, il y a des niches fiscales où la gauche va les défendre.
19:09Par exemple, il y en a une qui est attaquée.
19:11C'est les affections longue durée.
19:17En gros, pour le moment, on ne payait pas d'impôts sur les revenus issus de l'affection longue durée.
19:23Il faut savoir que quand on est...
19:25On pourrait se dire pourquoi on ne paierait pas d'impôts sur les affections longue durée.
19:28On rappelle ce que c'est les affections longue durée ?
19:30Si vous avez un cancer, si vous avez des problèmes cardiaques.
19:34En gros, tout ce qui est les maladies qui vous empêchent de vivre, de travailler et autres.
19:42Et donc des fois, vous avez un revenu du fait de cette affection longue durée.
19:46On pourrait se dire que...
19:48Oui, mais pourquoi pas payer un impôt comme quelqu'un qui travaille ?
19:51Il faut voir aussi qu'il y a beaucoup de restes à charge, en vrai.
19:54Même si c'est couvert par la sécurité sociale, il y a toujours des à-côtés qui ne sont pas
19:58payés.
19:59Et donc c'est un moyen aussi pour l'État d'aider les gens qui sont en difficulté d'un
20:04point de vue de leur santé.
20:05Et donc même... Et en plus d'un point de vue symbolique, ça veut dire que...
20:09Où est-ce qu'on va chercher de l'argent ? On va chercher de l'argent sur les malades.
20:12Deuxième niche fiscale qui est attaquée, à savoir que il y a beaucoup de...
20:18Quand on est retraité, on gagne beaucoup moins qu'un salarié.
20:23Et il y avait l'abattement de 10% pour frais d'emploi qui est appliqué également aux retraités,
20:29parce que c'était aussi un moyen, à un certain moment, de ne pas augmenter les retraites.
20:33Et donc là, il y a le gouvernement qui veut faire tomber cet abattement
20:40qui fait que les gens vont se retrouver à payer 50, 100 euros d'impôt en plus sur l'année,
20:48sachant que les retraites ne sont pas revalorisées.
20:51Donc voilà, on attaque les retraités, on attaque les malades.
20:57Et donc ça, c'est des niches où on peut se dire que c'est une bonne chose.
21:02En revanche, il y a d'autres niches.
21:03Par exemple, le crédit impôt recherche.
21:06Là, la gauche, elle se compte récupérer 1 milliard d'euros.
21:10Il faut voir que c'est partie de ces niches où c'est très peu contrôlé.
21:15Et c'était dénoncé, par exemple, dans le rapport du directeur de l'Humanité, Fabien Gué,
21:21qui a dévoilé l'été dernier, c'est un rapport sénatorial, il est sénateur communiste de Seine-Saint-Denis,
21:27211 milliards d'aides aux entreprises en exonération d'impôts, en exonération de cotisations sociales,
21:35et en d'autres aides plus directes.
21:39Voilà, là, il y a besoin de regarder.
21:42La gauche va regarder pour soit mettre des critères, soit diminuer les enveloppes.
21:48On estime que le crédit impôt recherche, il est possible de réduire d'un milliard.
21:54Pourquoi il dit ça ?
21:55C'est parce qu'on se rend compte que certaines entreprises touchaient de l'argent pour le crédit impôt recherche
22:00et que l'argent n'allait pas directement à la recherche et développement.
22:03On a vu le cas d'une entreprise telle que Sanofi, qui a touché des fonds
22:08et qui, pourtant, a supprimé des emplois dans notre pays au détriment de notre tissu industriel.
22:14Donc il y a besoin de regarder ça.
22:18Il y a d'autres niches où la gauche escompte trouver de l'argent, par exemple.
22:27Mais ce n'est pas que la gauche, par exemple.
22:29Charles de Courson l'a pointé dans un rapport il y a un mois.
22:33C'était l'ancien rapporteur général du budget qui a été viré,
22:37qui n'a pas été réélu, on va dire,
22:38à la faveur d'un accord entre les macronistes et l'extrême droite.
22:46Il y a un élu Les Républicains qui a été nommé à sa place.
22:50Il pointe quoi ?
22:51Il pointe que sur les services d'aide à la personne,
22:54en gros, il y a un crédit d'impôt quand vous faites faire du jardinage par un salarié.
23:01Donc vous pouvez retirer.
23:03En gros, 50 % est payé par l'État.
23:08Donc là, l'idée est de faire le tri et en gros de faire en sorte qu'il y ait
23:14des plafonds limites,
23:15notamment pour les gens des deux derniers décis, à savoir les 20 % les plus riches,
23:21qu'ils ne puissent pas payer trop avec ce crédit d'impôt, que ce soit limité,
23:29parce que c'est essentiellement à eux que ça profite,
23:33et également qu'on supprime, que l'assiette soit réduite,
23:38notamment avec des plafonds également pour certains emplois,
23:44comme celui de jardinage par exemple.
23:46L'idée, elle est de se concentrer dans cette niche pour maintenir ce qui est vraiment utile,
23:52pour l'aide à domicile pour les personnes âgées,
23:56pour l'aide aux personnes handicapées.
24:01Donc l'idée est que, là, cette niche, on maintienne ce qui est utile aux familles
24:06pour venir en aide aux personnes les plus en difficulté, aux personnes les plus faibles,
24:10et que ceux qui ont de l'argent se payent leur personnel de maison.
24:20Merci beaucoup, Gaël.
24:21On a passé en revue les différentes propositions de la gauche
24:25pour contrer le budget austéritaire présenté par Lecornu et son gouvernement.
24:29J'espère que ça vous aura donné des arguments aussi pour discuter en famille,
24:33pour répondre à votre tonton de droite libérale que non.
24:36D'autres solutions existent, plutôt que celles présentées par le gouvernement Lecornu.
24:42Petite précision aussi, là, on s'est uniquement intéressé au PLF,
24:44donc le projet de loi de finances.
24:46Dans quelques semaines, commencera aussi le projet de loi de finances
24:49de la sécurité sociale, le PLFSS.
24:51Et là, il y aura encore d'autres choses à porter du doigt,
24:54notamment le doublement des franchises médicales,
24:56la limitation des dépenses de remboursement de maladies.
24:59Donc on n'en a pas parlé parce que ça ne conserve pas le budget 2026.
25:02C'est un truc un peu à part, mais on aura sûrement l'occasion
25:04d'y revenir dans une prochaine vidéo.
25:06Et justement, parce que ce matin, dans l'Humanité,
25:09il y a un article justement sur cet argent que va chercher la gauche.
25:13Les députés hier, quand je les ai eus au téléphone,
25:16me disaient qu'on parle souvent de musée des horreurs sur le budget.
25:21Et ils disent que cette année, le musée des horreurs,
25:24il n'est pas tant, il est sur le budget de l'État,
25:27mais il est beaucoup sur le projet de loi de financement
25:31de la sécurité sociale, où là, il y a vraiment des attaques
25:35sur les malades, sur les retraités.
25:38Et donc là, tout le but de la gauche est de dégager des moyens,
25:44des recettes supplémentaires, pour permettre après de pouvoir dire,
25:50quand viendra l'examen du projet de loi de finance
25:53ou du projet de loi de financement de la sécurité sociale
25:55sur le volet dépenses, d'avoir des arguments auprès de l'État,
25:59auprès du gouvernement, pour dire, mais vous voyez,
26:01on vous a trouvé des recettes supplémentaires.
26:03Ça vous permet d'être moins dur avec les milieux populaires
26:07et les classes moyennes,
26:09quand vous vous coupez dans les dépenses de santé et autres.
26:13Merci beaucoup, Gaël. On suivra ça ensemble.
26:16On se retrouve très bientôt.
26:17Bonne journée.
26:18Sous-titrage Société Radio-Canada