Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 10 heures
Le milliardaire Bernard Arnault a ajouté sa voix au concert de celles qui vilipendent la taxe Zucman, qualifiant l’économiste de « pseudo-universitaire d’extrême gauche ». Pareille attaque contre cette mesure, loin d’être révolutionnaire, montre que les plus fortunés entendent empêcher toute réflexion sur l’impôt.

ABONNEZ-VOUS à la chaîne de l'Humanité https://www.youtube.com/channel/UCar0yo-PpeMk51m116826pQ/

📰 Vous avez aimé cette vidéo ? Pour une info 100% libre et engagée, ABONNEZ-VOUS : https://abonnement.humanite.fr

✊ Nous ne sommes financés par AUCUN MILLIARDAIRE. Et nous en sommes fiers ! Pour nous accompagner face à des défis financiers constants, SOUTENEZ-NOUS : https://www.humanite.fr/donner-a-lhumanite

📣 L'HUMANITÉ C'EST AUSSI :
Un site : https://www.humanite.fr/
Une application : https://app.humanite.fr
Twitch : https://twitch.tv/lhumanitefr
Instagram : https://instagram.com/lhumanitefr
Threads : https://www.threads.net/@lhumanitefr
Twitter : https://x.com/humanite_fr
TikTok : https://tiktok.com/@lhumanitefr

Catégorie

đź—ž
News
Transcription
00:00Qui a peur de la méchante taxe Zuckmann ? Et oui, qui a peur de cette méchante taxe ? Parce
00:05que depuis plusieurs semaines et que cette proposition budgétaire a émergé dans le débat public, on assiste là encore à
00:15un tir de barrage de la bourgeoisie.
00:17Et on va avoir un sujet un peu connexe Ă  celui de la reconnaissance de la Palestine, c'est-Ă 
00:21-dire que vous êtes face à une idée majoritaire, c'est-à-dire l'attaque Zuckmann qui est majoritairement plébiscitée
00:26par l'opinion, qui est soutenue par une majorité de l'opinion, mais qui est attaquée par une majorité de
00:32médias parce que les médias sont majoritairement dominés par les grands patrons et les conservateurs, ce qui n'est pas
00:38exactement vrai de la société française.
00:39Encore une fois, attention à... Oui, c'était bien Bernard Arnault qui avait peur de la taxe Zuckmann, je vois
00:45que des gens ont répondu dans le chat, mais pas que, on va en voir plusieurs.
00:49Mais oui, Bernard Arnault surtout. Encore une fois, je trouve que c'est intéressant de se dire, ne soyons pas
00:55dupes, ne nous trompons pas, si le tir de barrage est aussi violent, c'est parce qu'on a gagné
01:01sur cette question-lĂ  la taxe Zuckmann.
01:02Alors d'abord, pour aller au bout du sujet, c'est quoi la taxe Zuckmann ? Enfin, pour commencer plutĂ´t
01:06le sujet, c'est quoi la taxe Zuckmann ?
01:09Je vais vous montrer un extrait de l'émission qu'on a fait à la fête de l'Huma. Si
01:13vous ne l'avez pas vue, on a fait un crossover entre Syrah, Syrah, qui est l'émission de Twitch
01:17de l'Humanité,
01:19qui a lieu tous les derniers mercredis du mois normalement, mais lĂ  on l'a fait un peu plus tĂ´t
01:22parce que c'était la fête de l'Huma.
01:23On l'a fait en partenariat avec Backseat, l'émission de Jean Macier. Et donc, la première heure de l
01:29'émission était consacrée notamment à discuter de la rentrée politique,
01:32forcément du budget et donc forcément la taxe Zuckmann. Petit extrait d'abord pour rappeler c'est quoi la taxe
01:38Zuckmann.
01:42On parlait de la taxe Zuckmann tout Ă  l'heure. Alors je rappelle que la taxe Zuckmann, il s'agit
01:47de prélever à hauteur de 2% les patrimoines de plus de 100 millions d'euros.
01:51Et en fait, ça concernerait seulement 1800 foyers fiscaux en France. Ça rapporterait jusqu'à 20 milliards. Et évidemment, le
01:58centre, la droite, s'y sont opposés.
02:00Est-ce que la gauche a raison d'en faire un totem ? Est-ce que c'est quelque chose
02:03qu'on peut porter ? Parce que lĂ , pour ne pas tomber dans la politique politicienne, Lumi...
02:08On écoutera après juste les réactions. Donc voilà, vous avez la taxe Zuckmann, donc 2%, ça rapporte 20 milliards et
02:17ça touche 1800 foyers fiscaux.
02:22Donc, faisons un petit... Je crois qu'il y a un dessin qui résume très bien l'enjeu. C'est
02:30ce dessin de Pascal Gros, dessinateur à l'Humanité, qui a publié ça il y a une semaine.
02:35Voilà. Je crois que c'est un très bon résumé de le débat sur la taxe Zuckmann.
02:41Donc, tu vois un patron Ă  qui on prend 2%, c'est-Ă -dire vraiment 2 liasses de billets sur
02:46ses 100 liasses de billets.
02:48Et il fait un arrĂŞt cardiaque, c'est l'URSS ! VoilĂ . Et le pire, c'est que ce serait
02:54caricatural si c'est pas exactement ce qu'un certain nombre de patrons sont en train de dire.
02:59En fait, on va écouter plusieurs prises de position. Sur la taxe Zuckmann, il y a... Donc évidemment, bon, il
03:09y a le...
03:11Je l'ai plus, tiens, j'avais mis mon petit Bernard de côté et je l'ai perdu. Qu'est
03:15-ce qu'il s'est passé ?
03:16On va retrouver. On va retrouver Arnaud sur Zuckmann quand mĂŞme. Hop. VoilĂ . Hop. Donc, la nuance de Bernard Arnaud,
03:32qui qualifie donc Zuckmann de militant d'extrĂŞme-gauche.
03:35Ça, c'est pour décrédibiliser ses travaux en tant qu'économiste largement diplômé, enfin bref, validé par ses pairs, etc.
03:44Et donc, qu'est-ce qu'il fait Zuckmann ?
03:45Il vise la destruction de l'économie libérale. Voilà. Donc, prendre 2% à 1800 foyers fiscaux, c'est détruire
03:52l'économie libérale. Voilà. C'est... Non, franchement, il n'y a pas de nuance.
03:56Encore une fois, le dessin de l'euro sur l'URSS, il est presque tout light par rapport Ă  la
04:01réalité des attaques. On va écouter, tiens, Bruno Retailleau, en termes de light, on est pas mal aussi. Bruno Retailleau,
04:08qu'est-ce qu'il dit sur Zuckmann ?
04:10En mĂŞme temps, vous dites qu'on ne veut surtout pas faire des... Tendre la main Ă  la gauche, notamment
04:17sur la taxe Zuckmann. Comment réduire cette équation qui paraît insoluble aujourd'hui ?
04:23Il n'y a pas de contradiction entre nous. On a dit strictement la mĂŞme chose. Nous avons fait le
04:30choix, il y a un an, d'entrer au gouvernement.
04:32Nous savions que ce serait difficile pour assurer à la fois un peu de stabilité, pour éviter le chaos pour
04:38la France, et pour éviter que la gauche mélenchonnisée ne parvienne au pouvoir.
04:43Parce que c'est l'intérêt général. Ce que je redis aujourd'hui, c'est que, bien sûr, moi, je
04:47souhaite qu'on puisse éviter le chaos, mais pas à n'importe quel prix.
04:51La taxe Zuckmann, ce serait un effondrement économique. Voilà. Et les choses, pour moi, sont claires. Comment se fait-il
04:58que depuis des semaines et des semaines,
05:00on n'entend parler en France que de solutions fiscales ? Nous sommes déjà le pays de l'OCDE le
05:06plus fiscalisé.
05:08Donc l'impôt, ça n'est pas la solution, c'est le problème. Le problème, c'est aussi la dépense
05:13publique.
05:14Voilà. Donc bon, c'est de la droite. Le service public, c'est le problème. Parce que quand on dit
05:18la dépense, c'est le problème.
05:19Donc les services publics, c'est le problème. Les aides sociales, c'est le problème. Et quand on dit l
05:23'impôt, c'est le problème.
05:24La solidarité et la répartition juste des richesses, c'est le problème. Je l'ai traduit parce que je crois
05:29qu'on a un peu de tendance à oublier ce que c'est que l'impôt concrètement.
05:32L'impôt, c'est de la solidarité nationale. Donc voilà. Donc concrètement, quelqu'un qui propose...
05:37Un truc qui est globalement un peu peanuts par rapport Ă  ce qu'on pourrait leur demander aux ultra-riches.
05:43Eh bien, c'est un effron de roman économique annoncé pour Bruno Retailleau.
05:48C'est la destruction de l'économie libérale pour Bernard Arnault.
05:53On va compléter le tableau.
05:55Je suis tombé sur cette vidéo du Figaro Vox aussi.
05:58Je vous mets juste les 20 premières secondes, parce que ça vous cadre ce qu'il va dire.
06:02Donc lĂ , en gros, c'est...
06:03Eux, ils disent...
06:04Bon, on va donner la parole à Éric Larchevêque, qui est entrepreneur et qui est concerné,
06:08qui serait concerné plus exactement si la taxe Zuckman s'appliquait,
06:11parce que ce monsieur fait partie des 500 foyers, enfin des 1800 foyers concernés.
06:16Donc, eh bien, on va écouter Éric Larchevêque.
06:22Monsieur Zuckman a complètement écarté le vrai débat,
06:26qui est que l'État français dépense beaucoup plus d'argent qu'il ne le devrait.
06:30Il doit absolument corriger ce point-lĂ .
06:33Tout le monde me dit, mais Éric, tu devrais te barrer, tu devrais quitter la France.
06:36Depuis plusieurs semaines, l'économiste Gabriel Zuckman propose avec une partie de la gauche d'instaurer un...
06:42VoilĂ , bon, je vous fais le truc.
06:43Mais voilà, donc, le vrai problème, c'est que l'État dépense trop,
06:46donc le relatif, exactement le Rotaillot, juste avant.
06:49Et, mais on me dit de me barrer, on me dit de me barrer.
06:52Donc, le fameux chantage Ă  l'exil fiscal.
06:55Je fais une parenthèse là-dessus, parce que je crois que c'est là où on se dit que...
06:59En fait, c'est pour ça que je voulais parler de ça.
07:01Comment dire ?
07:02Pour moi, la taxe Zuckman, c'est un thermomètre,
07:07de la fenĂŞtre d'Overton Ă  gauche.
07:09C'est-Ă -dire, vous voyez ce que c'est la fenĂŞtre d'Overton ?
07:12C'est, en gros, le fait de...
07:14C'est la fenêtre de ce dont on peut discuter dans le cadre du débat public, d'accord ?
07:19On a beaucoup évoqué ce terme,
07:21parce que l'extrême droite a extrêmement travaillé cette question,
07:24et en gros, a dit...
07:27En gros, si je caricature un peu,
07:29c'est Éric Zemmour qui parle de grands remplacements, etc.
07:33Ce qui fait que, du coup, on peut parler sur les plateaux télé de grands remplacements,
07:37de francocides, etc.
07:38Et dans le mĂŞme temps, le Front National,
07:39qui n'est quand mĂŞme pas exactement sur cette expression-lĂ ,
07:43apparaît comme modéré,
07:43parce que la fenĂŞtre de ce qu'on peut dire,
07:45c'est largement écarté à droite.
07:47Avant, c'était raciste de dire ça.
07:49Maintenant, c'est une discussion qui a lieu dans le débat public.
07:54Or, à gauche, la fenêtre d'Overton n'est tellement fermée à gauche
07:58que discuter d'une taxe sur les très grandes fortunes
08:03qui ne les ruine pas,
08:04je veux dire, 2%,
08:06et on va parler du fait que, par ailleurs,
08:07la croissance de leur patrimoine est supérieure au 2%,
08:10donc ils ne perdraient pas d'argent, vraiment pas.
08:14Que sur ça, on subisse un tel tir de barrage,
08:17c'est vous dire Ă  quel point la fenĂŞtre d'Overton
08:22est quand même super étroite pour la gauche.
08:24Et donc, tant mieux si l'attaque Zuckman
08:27permet d'enfoncer un coin.
08:28Mais on ne peut pas se contenter de ça.
08:30Je veux dire, au bout d'un moment,
08:32c'est extrĂŞme...
08:33Enfin, je veux dire, encore une fois, c'est très peu.
08:36C'est très peu.
08:37Et donc, tant mieux si, pour une fois,
08:39il y a un débat public qui s'articule sur une idée de gauche
08:42et pas une idée d'extrême droite.
08:43On est d'accord, mais vous vous rendez compte
08:45à quel point, à l'extrême droite, ça s'est radicalisé
08:47et qu'on est à un débat de dinguerie absolument radicale à l'extrême droite,
08:51alors que nous, sur une mesure
08:54que je qualifierais de social-démocrate, vraiment,
08:56et encore une fois, qu'il faut mettre en place,
08:58il n'y a pas de souci, mais qui n'est pas le bout du monde,
09:01on se fait traiter de soviétiques ou de bolcheviques.
09:04C'est ça, le niveau du débat maintenant.
09:06Encore une fois, je maintiens,
09:07il y a un décalage entre l'opinion publique,
09:11si ça existe,
09:13la vie majoritaire des Français,
09:15et ce que les médias expriment, encore une fois.
09:20Donc voilĂ , mais c'est...
09:22Du coup, on va écouter la suite de Backseat,
09:24justement, parce qu'ils parlent de ça,
09:25c'est intéressant, je trouve.
09:27Ça parvient que ce soit lui et les copains de Backseat,
09:29et de SaĂŻra, Lumi, Emilio,
09:32Mejdalil...
09:32Est-ce que cette taxe Zuckman, ça doit être quelque chose d'important ou pas dans la période ?
09:38Mais justement, je trouve que ça rejoint un petit peu ce qu'on disait par rapport à OPS, etc.
09:42En fait, la taxe Zuckman, c'est très bien, mais effectivement, c'est 2%.
09:46Donc on réclame des miettes.
09:48Donc c'est vraiment... Je trouve qu'il y a un côté qui est humiliant aussi,
09:51qu'on nous refuse de nous donner, que ce soit 2%.
09:54Et c'est Zuckman lui-mĂŞme qui avait dit sur Mediapart il y a quelque temps,
09:57mais le communisme, 100%, en fait, on leur demande 2%,
10:01et ils sont foutus de nous dire que non.
10:03C'est humiliant.
10:04Il faut qu'on aille chercher beaucoup, beaucoup plus.
10:06Et lĂ , c'est pas possible, quoi.
10:13En mĂŞme temps, je suis curieux d'entendre ce que vous avez Ă  en dire,
10:16mais j'ai l'impression que la taxe Zuckman a quand même réussi à percer dans le système médiatique.
10:19Ce qui n'est pas évident.
10:20On en parle.
10:21Zuckman est invité, etc.
10:22Ils ont l'impression qu'ils négocient quelque chose.
10:25Mais c'est pas... Qu'est-ce que c'est ?
10:27Au bout d'un moment, alors oui, c'est intéressant que ça arrive,
10:29mais comment on ose nous dire non pour 2% ?
10:32C'est quand même ça que je trouve assez incroyable, quoi.
10:34Emilio ?
10:35En fait, pour aller plus loin par rapport Ă  ce que tu viens de dire, Lumi,
10:38effectivement, c'est peanuts quand mĂŞme la taxe Zuckman.
10:40Juste si on prend un patrimoine Ă  100 millions d'euros,
10:43le rendement moyen de ce patrimoine, c'est entre 6, 7, voire 8%.
10:48C'est-Ă -dire qu'on en prend 2.
10:48C'est-Ă -dire que ces mecs, ils continuent encore Ă  s'enrichir,
10:51mĂŞme si on ne leur prend que 2%.
10:53Et en fait, le problème, c'est que c'est ça qui cristallise le débat public.
10:56On parle de 15 Ă  25 milliards d'euros.
10:58C'est rien du tout.
10:59On est passé en 20 ans des 500 plus grosses fortunes françaises
11:04qui avaient 200 milliards d'euros.
11:05Ils sont Ă  1 200 milliards aujourd'hui.
11:09Et mĂŞme 25 milliards, si on prend la fourchette haute,
11:12c'est quand mĂŞme pas grand-chose.
11:13Mais en réalité, c'est que le débat médiatique aussi,
11:16il se cristallise autour de ça,
11:18parce que ça les arrange de focaliser sur un truc assez petit.
11:21Quand on parle de ça, on ne parle pas de nationalisation, par exemple.
11:23On n'entend plus parler de la nationalisation d'ArcelorMittal,
11:26alors que c'est quand mĂŞme autre chose,
11:28c'est quand mĂŞme un autre rapport au capital.
11:29Et il suffit de regarder ce qui se passe sur les plateaux télé.
11:31Je ne sais pas si vous vous souvenez, Ă  Backseat,
11:33avant l'été, on a reçu Amélie de Montchalin.
11:35Je ne veux pas tout le truc, mais voilĂ .
11:38Emilio Médez, qui est journaliste à Luma aussi,
11:40et qui est chroniqueur sur Backseat,
11:41et parfois sur SaĂŻra aussi,
11:43qui rappelle effectivement
11:48les rapports de force,
11:49notamment des chiffres.
11:51Ce n'est pas grand-chose, la taxe du Kman.
11:53Et ça déclenche, encore une fois,
11:55un tir de barrage absolument disproportionné.
11:57Mais donc, ça veut dire quelque chose aussi.
11:59Il faut analyser ça.
12:00Il faut se dire quand mĂŞme, encore une fois,
12:01comme je l'ai dit sur la question palestinienne,
12:03j'interprète l'offensive médiatique
12:07des médias Bolloré,
12:08notamment contre Macron
12:10sur la reconnaissance de la Palestine,
12:11comme le signe qu'ils sont acculés.
12:14Et j'aimerais aussi interpréter le fait
12:16que la taxe du Kman soit à ce point attaqué
12:18comme le signe que ça panique
12:19parce qu'ils sentent le vent tourner.
12:21C'est-Ă -dire qu'ils sentent quand mĂŞme
12:22que dans la population,
12:23les gens ont compris que ce n'était pas normal.
12:26Des écarts pareils.
12:27C'était un peu aussi le même truc
12:28avec le terme...
12:29Une autre victoire culturelle de la gauche,
12:30c'était l'imposition du terme.
12:32Il a un peu disparu maintenant, c'est dommage,
12:33mais l'imposition du terme des super-profits.
12:36Super-profits, ça veut dire qu'il y a des profits
12:38qui ne sont quand même pas légitimes.
12:40Alors, si on est un marxiste conséquent,
12:42on pourrait dire que tous les profits des patrons
12:43ne sont pas légitimes
12:44parce que c'est le capital
12:46qui s'enrichit sur la force de travail
12:48des travailleurs.
12:50Bon, très bien,
12:51mais je sais bien qu'à l'humanité,
12:53on est assez pour,
12:54tout ce narratif-lĂ .
12:56Mais indépendamment de ça,
12:58le terme de super-profit
13:00témoignait que dans l'esprit de la masse,
13:02on va dire des gens,
13:03il y a des profits qui sont illégitimes
13:05parce qu'ils sont disproportionnés.
13:07Ce n'est pas normal que des gens
13:07dégagent autant de richesses
13:08et en plus que des gens
13:09fassent leur beurre sur la crise
13:11puisque c'était ça la question des super-profits.
13:12C'était notamment des super-profits
13:14dégagés pendant le Covid.
13:16Bon, ben lĂ ,
13:16on sent que dans l'esprit des gens,
13:19la taxe Zuckman,
13:19elle touche un truc,
13:20elle touche un...
13:21Non, quand mĂŞme,
13:21ce n'est pas normal
13:22qu'il y ait des écarts de patrimoine
13:23aussi énormes.
13:24Ce n'est pas normal
13:25que des gens
13:27naissent avec une cuillère
13:28d'argent dans la bouche
13:28comme ça
13:30par héritage.
13:31Parce que le patrimoine,
13:32c'est souvent une question d'héritage.
13:33Ce n'est pas que des gens...
13:34Parce que lĂ ,
13:35je ne sais pas si vous avez vu,
13:36c'est un truc qui m'a marqué,
13:37c'est qu'on a eu beaucoup de gens
13:38de la tech interviewés,
13:40genre start-up un peu.
13:41Des gens qui répondent
13:44aux narratives
13:45du self-made man,
13:47je me suis fait tout seul,
13:49j'ai monté ma start-up,
13:50ça a marché,
13:50maintenant elle est cotée en bourse
13:51et du coup je suis milliardaire
13:52ou millionnaire.
13:54Mais ce n'est pas ça
13:55uniquement les gens
13:55qui sont concernés par Zuckman.
13:57Donc ça,
13:57c'est parfait pour les médias libéraux
13:59parce que ça rentre
14:00dans le narratif
14:02des riches méritants.
14:03Oui, ils ont bossé,
14:04ils sont devenus riches,
14:05tant mieux pour eux.
14:06Sauf que dans les Zuckmaniens,
14:09les ceux qui sont touchés
14:10par la tech Zuckman,
14:12il y a un certain nombre
14:15d'héritiers et de rentiers
14:16et c'est mĂŞme l'essentiel.
14:18Genre Lagardère,
14:19Lagardère,
14:19il ne s'est pas fait tout seul,
14:21c'est un fils d'eux.
14:22Par exemple,
14:23Gérard Bollori,
14:24il a hérité aussi.
14:25C'est ces empires-lĂ 
14:27qui sont visés aussi
14:28et qu'on concentre
14:30leurs arguments
14:30sur des petits patrons,
14:32je mets des énormes guillemets,
14:33ce n'est pas du tout
14:33des petits patrons,
14:34mais des patrons
14:35de la start-up nation
14:36de la French Tech
14:38qui se sont fait tout seul
14:39et qui seraient genre
14:39on leur cirait les pattes
14:41si on faisait la taxe du Zuckman.
14:44C'est une mauvaise foi
14:46en fait,
14:46c'est une mauvaise foi
14:46et ça ne prend pas en compte
14:47la réalité
14:48de l'ultra richesse en France.
14:51Et par ailleurs,
14:51je voulais boucler lĂ -dessus
14:52parce que je voulais en parler
14:53et je l'ai un peu érapé.
14:55Sur la question
14:57de l'exil fiscal,
14:58puisqu'il y a eu,
14:59là où je vous ai montré
14:59avec l'exemple du Figaro,
15:00il y a quand mĂŞme
15:00un chantage Ă  l'exil fiscal
15:02oĂą on nous explique
15:02que si on fait ça,
15:04les médias,
15:05enfin les riches,
15:06se barreront,
15:08il y aurait une hémorragie
15:09des riches,
15:09etc.
15:10Et que finalement,
15:10ça mettrait à terre l'économie,
15:12le fameux effondrement économique
15:13dont parle Bruno Retailleau.
15:16Au-delĂ  du fait
15:16qu'il y a des études
15:17qui ont montré
15:18que ce n'est pas vrai
15:19qu'en fait,
15:20il n'y a pas de fuite
15:21d'ultra riche
15:24quand il y a des mesures fiscales
15:25un tout petit peu plus conséquentes,
15:27ça, ce n'est pas vrai.
15:28Il y a eu des études
15:28qui l'ont montré.
15:29Mais même si c'était vrai,
15:30en fait,
15:32Ă  quel moment
15:32on accepte ça,
15:33en fait ?
15:33Ă€ quel moment
15:34on accepte
15:35qu'une minorité
15:37de citoyens français
15:39fasse du chantage
15:40Ă  l'exil ?
15:41Parce que, pardon,
15:41mais les plus pauvres
15:43d'entre nous
15:44qui payons nos impĂ´ts,
15:45qui payons la TVA
15:46et qui la payons
15:47de manière disproportionnée
15:48par rapport aux plus riches,
15:50nous,
15:51on est des contribuables captifs.
15:52Il n'y a aucun pauvre
15:53qui va dire
15:53« Ah ben non,
15:54moi, je vais me barrer
15:56à l'étranger
15:56parce que je paye
15:58trop d'un peu
15:58sur le revenu
15:59ou je paye trop
16:00la taxe d'habitation
16:00ou peu importe. »
16:02Ça n'existe pas, ça.
16:03Donc, Ă  un moment,
16:05je trouve ça incroyable
16:06que, par exemple,
16:07un mec comme Bruno Retailleau
16:08qui,
16:09dans sa construction politique
16:10Ă  lui,
16:11se revendiquerait patriote,
16:13trouve ça tout à fait normal
16:14que des riches se barrent
16:15s'il y a des impĂ´ts.
16:17C'est-Ă -dire que c'est vraiment
16:17des patriotes en carton, quoi.
16:19Tiens, si vraiment,
16:20c'est pas forcément
16:20l'affect patriotique,
16:22c'est pas forcément
16:22ce qui m'intéresse le plus,
16:23mais puisqu'ils sont de droite
16:25et qu'ils le brandissent,
16:26l'affect patriotique,
16:28mais putain,
16:29prenons-les en porte-Ă -faux
16:30par rapport à ça, en fait.
16:31Alors,
16:32vous ĂŞtes des patriotes
16:33jusqu'au moment oĂą
16:34il faut payer des impĂ´ts,
16:34c'est-Ă -dire jusqu'au moment
16:35oĂą il faut partager
16:36un peu vos richesses
16:36avec la nation.
16:42contribuer à son développement
16:43de services publics,
16:44son système de santé,
16:46l'école, etc.
16:47Ça, vous l'aimez plus.
16:48Vous aimez la France
16:49sans...
16:50Enfin, vous n'aimez pas la France,
16:51en fait.
16:51Je suis désolé,
16:51vous n'ĂŞtes pas des patriotes,
16:52ça, en fait.
16:54C'est un mensonge.
16:55Donc, bref,
16:55je trouve que, par exemple,
16:56dans la discussion de Overton,
16:58c'est dingue
16:59que ce soit normalisé
17:01dans le discours
17:02que des riches
17:02peuvent faire du chantage
17:05à la défection, en fait,
17:08à la désertion.
17:09Ces gens veulent déserter
17:10le pays
17:10parce qu'ils ne veulent pas
17:10faire l'effort fiscal.
17:11Au moment mĂŞme
17:12oĂą on demande
17:13un effort fiscal
17:13Ă  tout le monde
17:13et ça passe crème.
17:15Ben non,
17:15disons-le clairement.
17:16Et par exemple,
17:16une des propositions
17:17qui a été faite,
17:18je vais vous mettre
17:19un article du point,
17:21le point,
17:21ça les effraie,
17:22mais regardez ce titre
17:26du point
17:26sur une proposition
17:27de Thomas Piketty,
17:29vous devez pouvoir
17:29être arrêté à l'aéroport.
17:30Ben, la proposition
17:31de Piketty,
17:31c'est voilĂ .
17:31S'ils veulent se barrer,
17:32ben non,
17:33on va aller chercher
17:33la thune, en fait.
17:34Il est hors de question
17:35que les gens
17:35se barrent avec leurs valises
17:41et ils soustraient
17:42leurs richesses
17:43qui ont été produites
17:44grâce à des travailleurs
17:44français en grande partie
17:45à la nation française,
17:46en fait.
17:47C'est mort.
17:47Et donc Piketty propose,
17:48par exemple,
17:49ben oui,
17:49qu'on ait une police
17:50fiscale aux frontières
17:51qui permette d'arrĂŞter
17:51les riches
17:52qui s'enfuient
17:52avec leurs valises.
17:53Encore une fois,
17:53c'est un mythe,
17:54c'est un mythe de l'exil fiscal.
17:56Mais qu'on puisse aller chercher
17:57plus exactement,
17:58qu'on puisse aller chercher
17:59les gens,
17:59y compris quand ils sont en exil,
18:00c'est ce que font
18:01les Etats-Unis,
18:01par exemple.
18:02Les Etats-Unis,
18:03si vous ne pouvez pas
18:04vous soustraire à l'impôt américain,
18:05si vous êtes à l'étranger,
18:06vous paierez la différence
18:07et ils viendront vous chercher,
18:09comme dirait l'autre.
18:10VoilĂ .
18:13Donc,
18:15donc voilĂ .
18:17Ah oui,
18:18puisque je voulais vous montrer
18:18pour terminer,
18:19puis après,
18:19je vais vous laisser.
18:22Bernard Arnault,
18:23donc on a cité Bernard Arnault.
18:24Bon, Bernard Arnault,
18:25il a quand mĂŞme un avantage,
18:26quand mĂŞme,
18:26c'est qu'il a
18:29des médias.
18:30Donc, par exemple,
18:30je vous propose
18:31qu'on aille regarder,
18:32juste en faisant
18:32une recherche Google,
18:34comment les Echos,
18:35par exemple,
18:35qui est un média
18:36appartenant Ă  Bernard Arnault,
18:37traite la taxe Zuckman.
18:39Et on va juste
18:39faire des recherches Google,
18:40mais vous pouvez la faire
18:40en mĂŞme temps que moi,
18:41si vous voulez,
18:41pour le test.
18:43Alors,
18:44on va juste prendre
18:44les réponses Google.
18:47Donc,
18:48il y a des alternatives
18:49Ă  la taxe Zuckman,
18:50OK.
18:51De Courson rejet
18:51Ă  la taxe Zuckman,
18:53alternative Ă  Zuckman,
18:54ce qu'on ne voit,
18:55ce qu'on ne voit pas.
18:57Pourquoi la taxe Zuckman
18:58appauvrirait la France ?
19:00Bernard Arnault
19:01sonne la charge
19:02pour la taxe Zuckman,
19:03lĂ ,
19:03je suis curieux
19:03de savoir
19:03s'ils précisent
19:04que Bernard Arnault
19:05est propriétaire
19:05de leur titre
19:07dans le papier.
19:10On va regarder bien.
19:11Oui,
19:11c'est bon,
19:11ils le disent.
19:12Propriétaire du groupe
19:12Les Echos.
19:13Au moins,
19:14ils sont honnĂŞtes.
19:15Mais voilĂ ,
19:15bref,
19:15vous voyez bien
19:16que ce sont
19:17des médias libéraux.
19:18Je ne suis pas sûr
19:19qu'ils aient besoin
19:20de Bernard Arnault
19:20pour faire ça,
19:21mais en tout cas,
19:21les médias
19:23de Bernard Arnault
19:24se sont mis en ordre
19:24de bataille
19:25pour défoncer
19:26la taxe Zuckman.
19:26On peut aller voir
19:27l'opinion aussi,
19:28l'opinion qui appartient
19:28Ă  Bernard Arnault
19:29également.
19:30Non,
19:31pardon,
19:31l'opinion Zuckman,
19:32on va taper plutĂ´t.
19:34Qu'est-ce qu'ils nous disent ?
19:37Alors,
19:38premier papier
19:38de l'opinion,
19:40les fondements théoriques
19:41et politiques
19:42de la taxe Zuckman
19:42sont faux.
19:43D'accord ?
19:44Ensuite,
19:45Taxe Zuckman,
19:46les Français méritent
19:47mieux que des illusions
19:47fiscales.
19:49Ok ?
19:51Ensuite,
19:51Taxe Zuckman,
19:52une attaque
19:52contre la liberté.
19:54Ok ?
19:55C'est le même média
19:56Ă  chaque fois.
19:57Le mystère
19:58de la taxe Zuckman,
19:59pourquoi tant de M ?
20:00Pourquoi tous les gens
20:02aiment la taxe Zuckman ?
20:04Ça,
20:04c'est le moment
20:04oĂą,
20:05mais mon Dieu,
20:05mais l'opinion est contre nous,
20:06mais qu'est-ce qu'il se passe ?
20:11Pour sortir de l'inopérant
20:13des basiques Zuckman,
20:13lire Mario Draghi.
20:15VoilĂ ,
20:16voilĂ .
20:17Mais,
20:17le point,
20:19le point,
20:19constate,
20:21et prenons,
20:22prenons le point,
20:25Ă  la lettre.
20:27Budget,
20:27la droite a perdu
20:28la bataille de l'opinion.
20:29Ça,
20:30c'est le point qu'il dit.
20:31Eh bien,
20:31j'ai envie de les croire,
20:32finalement,
20:32pour construire
20:33cette revue
20:36de presse
20:37et d'actualité
20:38de l'U-Matinale,
20:39de la Grasse Matinale,
20:40plutĂ´t,
20:40pardon,
20:40l'U-Matinale,
20:41c'est le service web,
20:42ils vont m'en vouloir
20:42si je leur vole
20:44leur titre officiel.
20:45C'est ceux qui font
20:46les newsletters
20:47tous les matins,
20:47etc.
20:48Bref,
20:49voilĂ .
20:50J'ai envie de les prendre
20:51au mot,
20:51en fait.
20:52l'attaque Zuckman
20:53est le signe
20:54que sur le budget,
20:55la droite est en train
20:55de perdre
20:56la bataille de l'opinion
20:56et la violence
20:59du tir de barrage patronal
21:01et de la presse patronale
21:02et la presse bourgeoise
21:03contre l'attaque Zuckman
21:04témoigne de ce moment
21:05de défaite,
21:06comme les larmes
21:07des soutiens
21:08d'Nantaniyaoui
21:09sur le plateau
21:09témoignent d'une défaite
21:10sur la question
21:11de la reconnaissance
21:12de la Palestine.
21:14essaie Ă  dire
21:14que c'est gagné.
21:15Non.
21:16Comme on l'a dit,
21:17l'attaque Zuckman,
21:17c'est quand mĂŞme
21:18un tout petit truc
21:19si on veut mener le combat
21:21sur la fenĂŞtre d'Overton
21:23Ă  gauche.
21:24Je souscris Ă  ce que disait
21:25mon collègue Emilio
21:26sur le plateau
21:27de SaĂŻra Blackseat.
21:29Pendant ce temps-lĂ ,
21:29on ne parle pas
21:30de nationalisation,
21:31pendant ce temps-lĂ ,
21:31on ne parle pas
21:32de taxes sur les héritages,
21:33on ne parle pas
21:33de l'inégalité fondamentale
21:34de l'héritage
21:36qui, en fait,
21:37c'est ce que montre
21:38Thomas Piketty
21:38sur le transfert
21:40de patrimoine
21:42qui est Ă  la base
21:43des plupart des inégalités
21:44dans ce pays.
21:45Ce n'est pas tant
21:46sur le travail
21:46que ça joue
21:47que sur les patrimoines
21:48et donc sur la transmission
21:49et donc sur l'héritage
21:50et sur des rentes.
21:51Il n'y a rien de méritant
21:52si on reprend le discours
21:53de la méritocratie
21:54de la droite.
21:55Il n'y a rien de méritocratique
21:56à hériter.
21:59Bref.
22:00Donc voilĂ .
22:01C'est un premier pas
22:03vers une victoire de gauche
22:05dans la bataille culturelle
22:06sur cette question précise
22:07du budget.
22:08Vous avez vu
22:09qu'en face de nous,
22:09on a une armada
22:11de médias
22:12et d'institutions
22:14qui vont tabasser
22:15et qui tabassent
22:16et qui sont tellement crispés
22:17et tellement radicalisés.
22:19Ce sont tellement
22:19des capitalistes radicalisés
22:20qui sont prĂŞts
22:21Ă  attaquer
22:21avec toutes les outrances
22:22sur un truc
22:23comme l'attaque Zuckman
22:24qui nous expliquait
22:24que c'est déjà l'URSS.
22:27Donc le combat
22:27sera âpre.
22:29Pourtant,
22:29on va vraiment proposer
22:30des trucs radicaux.
22:32Il y avait ça aussi
22:32sur le programme du NFP
22:33par exemple,
22:34un programme du NFP
22:34qui était largement
22:35moins radical
22:36que le programme
22:36de Mitterrand en 80
22:38et qui pourtant
22:38s'est fait tomber dessus.
22:39On a l'impression
22:40que c'était Lénine
22:41qui le présentait.

Recommandations