- il y a 23 minutes
Nouvelle France ou nouvelle république ? Le concept de "Nouvelle France", est une idée développée par la France insoumise, dont on a particulièrement parlé lors des dernières municipales dans la foulée de l'élection de maires "racisés". Quant au concept de "Nouvelle République", c'est l'idée qu’oppose le secrétaire du Parti communiste, Fabien Roussel, dans une tribune publiée dans Le Monde.
Le débat dépasse de loin la seule sémantique : conception de l'identité, lutte des classes, contre les discriminations, contre l'extrême droite... Guillaume Roubaud Quashie, membre de la direction du PCF, historien et président de la fondation Gabriel Péri, et historien, est face à Antoine Léaument, député LFI de l'Essonne et membre de la direction du mouvement.
00:00 Introduction
1:47 C’est quoi la Nouvelle France et la Nouvelle République
12:55 LFI communautariste selon Fabien Roussel
21:51 Nouvelle France vs « grand remplacement »
27:10 La lutte des classes au cœur des projets?
36:30 Le terme racisé questionné
46:30 De qui parle la Nouvelle France
52:28 Le social pour faire reculer le RN
1:04:18 Convaincre les quartiers populaires
1:14:08 Conclusion, accords et désaccords
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Le débat dépasse de loin la seule sémantique : conception de l'identité, lutte des classes, contre les discriminations, contre l'extrême droite... Guillaume Roubaud Quashie, membre de la direction du PCF, historien et président de la fondation Gabriel Péri, et historien, est face à Antoine Léaument, député LFI de l'Essonne et membre de la direction du mouvement.
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1:47 C’est quoi la Nouvelle France et la Nouvelle République
12:55 LFI communautariste selon Fabien Roussel
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27:10 La lutte des classes au cœur des projets?
36:30 Le terme racisé questionné
46:30 De qui parle la Nouvelle France
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NewsTranscription
00:00:01Bonjour Emilio, tu es reporter au service politique de l'humanité et aujourd'hui Emilio on a même deux concepts
00:00:08pour le prix d'un.
00:00:09Et oui puisque notre question du jour c'est Nouvelle-France ou Nouvelle-République.
00:00:13Alors pour situer, Nouvelle-France c'est une idée développée par la France insoumise dont on a particulièrement entendu parler
00:00:19lors des dernières municipales,
00:00:20notamment dans la foulée d'élections de maires racisés, de fait victimes d'une déferlante raciste comme Balibagayoko à Saint
00:00:27-Denis.
00:00:27Quant à la Nouvelle-République, c'est l'idée qu'oppose le secrétaire national du Parti communiste Fabien Roussel dans
00:00:32une tribune publiée dans Le Monde.
00:00:35Alors le débat dépasse largement la seule question sémantique entre conception de l'identité, de la lutte des classes, de
00:00:44la lutte contre les discriminations, contre l'extrême droite même.
00:00:48Tout un tas de questions découlent de ces deux concepts.
00:00:53On va voir ça en détail dans l'heure qui vient avec nos deux invités que je vous présente dès
00:00:58maintenant.
00:00:58On accueille d'abord Guillaume Roubault-Kouachi.
00:01:01Bonjour Guillaume.
00:01:02Bonjour.
00:01:02Vous êtes membre de la direction du Parti communiste français.
00:01:07Vous en êtes même l'un des porte-parole.
00:01:10Et par ailleurs, vous êtes également historien, spécialiste du communisme du XXe siècle.
00:01:15Et pour débattre avec vous pendant l'heure qui vient, on a également le plaisir d'accueillir aujourd'hui Antoine
00:01:22Léaumant.
00:01:23Bonjour.
00:01:23Bonjour.
00:01:25Alors vous, vous êtes député de la France Insoumise.
00:01:28Vous êtes élu de l'Essonne depuis 2022.
00:01:31Vous avez été réélu en 2024.
00:01:33Et vous, vous êtes également membre de la direction de votre mouvement, la France Insoumise.
00:01:37Alors maintenant que les présentations sont vêtes, on va pouvoir passer au vif du sujet.
00:01:43Mais d'abord, on se disait qu'il faut qu'on plante le décor.
00:01:48Nouvelle France, Nouvelle République, de quoi est-ce qu'on parle exactement ?
00:01:51On va commencer par écouter quelques mots de Jean-Luc Mélenchon.
00:01:55C'est en vidéo.
00:01:56Je le vois politiquement à Saint-Denis comme l'acte de naissance d'une nouvelle période.
00:02:04Voici, mesdames, messieurs, la Nouvelle France.
00:02:07Ce pays est à elle.
00:02:10Ce sont ses enfants.
00:02:13Ce pays leur appartient.
00:02:16Voilà ce que moi je veux retenir.
00:02:18Et pour beaucoup qui ont un peu d'ancienneté ici, c'est presque une revanche sur la vie.
00:02:24Oui, nous avions raison de croire qu'on vivait mieux ensemble que séparément.
00:02:28Oui, nous avions raison de penser que le tour viendrait qui serait celui des humiliés et des opprimés qui passent
00:02:35dans la grande lumière de l'histoire.
00:02:38À Saint-Denis est née politiquement la Nouvelle France avec des gens qui l'espéraient, qui la voulaient et qui
00:02:45le sont.
00:02:47Alors, la Nouvelle France que met en avant la France insoumise, en réalité, c'est un concept qui est un
00:02:52peu plus ancien, qui date autour de 2024.
00:02:55Antoine Léomant, la première question s'adresse à vous.
00:02:57De quoi s'agit-il exactement ?
00:02:59C'est paraît-il un concept matérialiste ?
00:03:01Bien sûr, c'est ce qu'on essaye de faire en général quand on essaye d'avoir une action politique
00:03:05claire.
00:03:06On se base sur le réel tel qu'il est et on essaye de le comprendre, d'en comprendre les
00:03:11phénomènes, les interactions sociales.
00:03:13Et nous, l'idée, le point de départ, c'est un nouveau pays est né depuis 1958 et la naissance
00:03:19de la Ve République.
00:03:20Et je pense qu'en réalité, on ne va pas être si éloigné que ça.
00:03:24Il y a une logique d'opposition entre Nouvelle France, Nouvelle République.
00:03:27Moi, je considère que la Nouvelle France, c'est l'état du pays tel qu'il est aujourd'hui et
00:03:31que la Nouvelle République, c'est un objectif politique vers lequel on tend.
00:03:34Et je pense que sur ça, on sera sans doute d'accord puisque nous, nous proposons une sixième république.
00:03:38La Nouvelle France, c'est un pays qui a profondément changé.
00:03:40En 1958, on était sur un pays davantage rural.
00:03:44Aujourd'hui, l'essentiel de la population habite dans les villes.
00:03:47Il faudrait définir exactement ce que c'est que les villes, mais ça fait partie des nouveautés.
00:03:51On était dans un pays dans lequel les femmes n'avaient pas les mêmes droits que les droits qu'elles
00:03:56ont aujourd'hui.
00:03:57Un pays dans lequel, oui, il y a une question qui est posée de l'accès à l'éducation, par
00:04:02exemple, où il y avait une petite portion de la population qui avait accès au bac.
00:04:06Aujourd'hui, on a un pays où il y a 80% d'une classe d'âge qui accède au
00:04:10bac.
00:04:11Bref, c'est un pays qui s'est profondément transformé, qui a profondément changé et dans lequel les réalités matérielles
00:04:17ont un poids.
00:04:17Je ne prends qu'un exemple.
00:04:19Internet n'existait pas en 1958.
00:04:21Ce n'est pas le même pays.
00:04:22Aujourd'hui, avec l'accès à Internet d'une grande partie de la population, l'accès au téléphone, ce n
00:04:26'était pas le cas non plus en 1958.
00:04:28Il y avait très peu de gens qui avaient accès au téléphone en 1958.
00:04:32Aujourd'hui, c'est l'essentiel de la population.
00:04:34Il n'y a presque personne qui n'a pas accès au téléphone.
00:04:36Tout ça crée des nouvelles relations, des nouveaux modes de relations sociales.
00:04:40Et c'est ça que décrit le concept de Nouvelle-France.
00:04:43Et c'est ce sur quoi je trouve il est intéressant d'aller et d'étudier pour comprendre ce qui
00:04:48a changé depuis 1958.
00:04:50Je rappelle quand même une chose, c'est que pour voter pour la constitution de 1958, il fallait avoir 21
00:04:55ans.
00:04:56C'est-à-dire que ceux qui ont pu voter pour cette constitution sont nés au minimum en 1937.
00:05:01Ils ont aujourd'hui 89 ans.
00:05:03Il y a un nouveau pays qui s'est construit, qui s'est forgé.
00:05:05Et ce concept de Nouvelle-France, il décrit à la fois le peuple qui vit dans ce pays et le
00:05:10pays tel qu'il est de manière matérielle.
00:05:12Oui, il y a une différence entre 1958 et aujourd'hui.
00:05:17Et c'est tout ça qui est en jeu dans cette notion de Nouvelle-France.
00:05:21Et qu'on essaye de matérialiser, de montrer, de donner à voir pour qu'on puisse se saisir de ces
00:05:27réalités dans notre pays.
00:05:28Alors le concept a fait beaucoup réagir, notamment au moment, on disait, il est un peu plus vieux que ça,
00:05:33mais notamment au moment des élections municipales et dans leur foulée.
00:05:38Et notamment, on le disait il y a quelques minutes, le secrétaire national du Parti communiste Fabien Roussel
00:05:44y a opposé dans une tribune publiée par Le Monde le 7 avril, le concept de Nouvelle-République.
00:05:52Alors Antoine Léaumant dit que finalement, c'est deux choses qui ne sont pas dans la même temporalité.
00:05:59Pour vous, est-ce qu'il y a une vraie différence et pourquoi cette notion de Nouvelle-République vous paraît
00:06:09plus opérante ?
00:06:11En fait, il y a un problème qui est lié à la définition de la Nouvelle-France.
00:06:16Moi, je n'arrive pas. Je cherchais un peu forcément préparer l'émission d'aujourd'hui.
00:06:19Des définitions un peu stabilisées autour de Nouvelle-France.
00:06:22J'ai eu un petit peu de mal à en trouver.
00:06:23Simplement, on a l'impression que Nouvelle-France, moi, ce qui m'ennuie avec cette théorisation, c'est qu'on
00:06:28a l'impression qu'elle parle de démographie.
00:06:30On a l'impression qu'elle parle de population, qu'elle parle d'origine de population.
00:06:34Et ça m'ennuie parce que quel est le moment politique que nous vivons ?
00:06:37C'est un moment dans lequel l'extrême droite a une place très importante et qui parle beaucoup de grands
00:06:42remplacements.
00:06:43Et donc, soit on considère effectivement que la France, depuis quand, mettons 1958 ou n'importe quelle autre période,
00:06:49elle a connu sur ce plan-là, sur la question migratoire, un changement massif et majeur.
00:06:54Et qu'avant, il existe effectivement un avant de la France et que cet avant-là, il est percuté par
00:07:01ces nouveautés migratoires.
00:07:02C'est la théorie du grand remplacement.
00:07:04Évidemment, l'extrême droite, on va dire qu'il y a un grand remplacement et c'est affreux.
00:07:07Et moi, je pense qu'on n'a pas à dire qu'il y a un grand remplacement.
00:07:10Oui, mais il est bien. Pour moi, il n'y a pas de grand remplacement.
00:07:13L'histoire de la France est une histoire, depuis très longtemps, de migration.
00:07:16Enfin, je ne sais pas, moi, pensez à Anna Carcis-Clott, qui n'était pas français et qui se retrouve
00:07:20à votre place à l'époque,
00:07:21député de la nation au moment de la Révolution française.
00:07:24Pensez aux migrations belges, aux migrations italiennes.
00:07:26Enfin, je veux dire, cette grande histoire du grand remplacement, c'est une espèce de truc complètement fou.
00:07:31Je veux dire, vous ne considérez pas qu'aujourd'hui, la France, elle soit particulièrement différente,
00:07:36plus mélangée qu'elle ne l'était il y a 50 ans ou il y a 100 ans.
00:07:39Il y a 100 ans, quand arrivait Manouchian, etc., l'arménien.
00:07:43D'où la Nouvelle République, donc ?
00:07:44En tout cas, Nouvelle-France, je ne vois pas pourquoi, je ne vois pas ce que ça veut dire, je
00:07:47ne vois pas quoi ça correspond.
00:07:48Et si ça correspond à quelque chose qui est de l'ordre migratoire, qui tend à valider l'idée,
00:07:54oui, il se passe quelque chose de nouveau sur le plan migratoire, moi, je ne suis pas d'accord avec
00:07:58ça.
00:07:58Et simplement pour le dire, non pas, c'est pas bien, mais dire c'est bien à la place, moi,
00:08:01je ne suis pas pour valider ce schéma-là.
00:08:02En revanche, ce qui est certain, c'est que politiquement, nous, on porte une aspiration.
00:08:06Une aspiration qui est une aspiration à une Nouvelle République, ça, voilà, c'est vraiment fondamental, c'est ce qu
00:08:10'on porte, nous.
00:08:11Sur le plan, je commence à être un peu long, c'est ça que j'entends un petit peu.
00:08:13Eh bien, je m'arrête.
00:08:14Un petit peu ? Non, mais juste sur Nouvelle République, du coup, quels en sont les principaux piliers ?
00:08:19En quelques mots, vraiment, on y reviendra après dans le détail.
00:08:21Bien sûr, ça veut dire qu'on voit bien que le monde dans lequel on vit en ce moment, il
00:08:25est complètement cadenassé.
00:08:26Il y a des problèmes de différents types.
00:08:27D'abord, il y a des problèmes qui sont connus depuis longtemps et qui font que nous sommes communistes.
00:08:31C'est ce que disait Jaurès il y a bien longtemps, que le citoyen a été libre dans la cité,
00:08:35mais serve à l'entreprise.
00:08:36Typiquement, voilà, ça, c'est une grande évolution que nous, on porte.
00:08:39On porte pour des droits des travailleurs, pour que ceux qui produisent les richesses,
00:08:43ceux et celles qui produisent les richesses, se retrouvent en capacité de piloter, de diriger.
00:08:47Ils le feront bien mieux que les milliardaires qui ne pensent qu'à leur petit profit et qui s'incagent
00:08:51pour cela,
00:08:52eh bien, les vies des travailleurs, des travailleuses et la planète.
00:08:55Donc, il y a ces éléments-là.
00:08:56Et il y a évidemment les éléments de liberté, d'égalité, tout ça qu'il faut faire rentrer dans un
00:09:00nouvel âge.
00:09:01C'est ça, ce projet fondamental qui est le projet que nous portons.
00:09:03Mais ce n'est pas un projet qui est lié à des assignations identitaires dans lesquelles on mettrait des ventes
00:09:08dans des petites cases.
00:09:09Au lieu de dire c'est bien ou c'est pas bien, moi, ça ne m'intéresse pas.
00:09:11Si vous voulez, les gens sont pluriels et puis voilà.
00:09:13Et il faut qu'ils ne soient pas discriminés par rapport à ceux qu'on croit qu'ils sont, etc.
00:09:18Antoine Léom, on va s'arrêter sur un mot particulièrement qu'a utilisé Guillaume Rouboukouaché,
00:09:23un concept raciste, complotiste, celui du grand remplacement.
00:09:26On est à un an d'une élection présidentielle majeure où l'extrême droite pourrait l'emporter.
00:09:31On a vu le débat public aussi se structurer autour des questions d'identité.
00:09:35Alors, c'est quoi cette nouvelle France ?
00:09:37Pourquoi ça vous paraît nécessaire de poser ce contre-récit aux théories du RN, à cette théorie fumeuse du grand
00:09:44remplacement ?
00:09:44Bon, déjà, on ne parle pas du tout des mêmes choses.
00:09:47C'est-à-dire, le grand remplacement, c'est effectivement...
00:09:50D'ailleurs, c'est une théorie antisémite qui a été forgée par des antisémites
00:09:53et qui vise à dire que, d'une certaine manière, il y aurait un genre de plan
00:09:57qui vise à remplacer une population qui serait présente sur le territoire national
00:10:02par une autre population et que, donc, tout cela s'opérerait dans une sorte de bousculade
00:10:08qui chasserait ceux qui étaient là avant pour les remplacer par d'autres personnes.
00:10:12Pardon, mais ce n'est pas du tout comme ça que ça fonctionne.
00:10:13Et ça fonctionne plutôt par une forme de mélange plutôt que de remplacement.
00:10:18Et c'est, pour le coup, la notion que nous opposons à celle de grand remplacement,
00:10:22c'est plutôt la notion de créolisation qui vise à décrire le processus
00:10:25par lequel se forge la culture, la culture commune qui se déploie petit à petit
00:10:31et qui est le fait de mélanges de cultures qui viennent, effectivement, parfois de l'immigration,
00:10:38mais pas seulement, qui viennent de, je ne sais pas, du cinéma, qui viennent de la musique,
00:10:42qui viennent de plein d'endroits.
00:10:43Et le processus de créolisation, il décrit pareil un processus matériel
00:10:46qui est comment ça se fait qu'ensuite, des nouvelles musiques, des nouvelles cultures vont pouvoir émerger.
00:10:52Donc, c'est deux choses différentes.
00:10:53Par contre, là où j'aurais peut-être un point de désaccord,
00:10:55c'est sur l'idée qu'il n'y aurait pas de réalité migratoire différente.
00:10:59Si, quand même, il y a, en 1958, il y avait une personne sur dix qui avait un grand-parent
00:11:05immigré.
00:11:06Aujourd'hui, on est à une personne sur trois qui a au moins un grand-parent immigré.
00:11:10Et en fait, oui, ça a des implications.
00:11:12Moi, par exemple, j'en suis le fruit.
00:11:14Ma grand-mère était italienne.
00:11:16Bon, et bien, vous parliez tout à l'heure de l'immigration belge et italienne.
00:11:19Littéralement, c'est mon cas.
00:11:19Moi, je suis de famille belge et italienne.
00:11:22Et les autres, ils étaient bérichons.
00:11:24Donc, tout ça provoque des mélanges.
00:11:27Mais ce que décrit le concept de Nouvelle-France,
00:11:30ce n'est pas simplement le fait qu'il y a des réalités migratoires.
00:11:34C'est qu'il y a deux multiples réalités qu'il faut être capable de prendre en compte.
00:11:37Je prends un autre exemple.
00:11:38Mais les familles monoparentales, c'était exceptionnel en 1958.
00:11:42Aujourd'hui, c'est devenu beaucoup plus fréquent.
00:11:45Et ça pose des réalités sociales qu'il faut être capable de comprendre et de traiter.
00:11:49Il n'est pas aussi facile de s'inscrire dans la vie politique
00:11:52quand on est un parent isolé que quand on est plusieurs et qu'on peut se passer le relais.
00:11:57Ça n'est pas la même chose pour pouvoir s'impliquer dans la vie politique.
00:12:00Et donc, la question qui est posée, qui est une question au final de citoyenneté,
00:12:04c'est comment faire en sorte qu'avec les réalités matérielles qui sont les nôtres aujourd'hui
00:12:08et celles de notre peuple, on puisse provoquer une implication citoyenne de masse
00:12:12pour changer, en l'occurrence, notre constitution et passer à une sixième république.
00:12:16C'est pour ça que je disais, il n'y a pas trop de différences d'objectifs, a priori.
00:12:20L'idée de changer de constitution, de donner une constitution
00:12:23qui donne le pouvoir aux citoyens de notre pays,
00:12:27c'est un objectif qui, je pense, est commun entre le PCF et la France insoumise.
00:12:30Par contre, comprendre les réalités matérielles du peuple
00:12:33et les traiter de manière concrète en disant
00:12:35voilà ce qu'il faut faire pour réussir à aboutir à l'objectif,
00:12:39ça, c'est peut-être une méthode différente.
00:12:42En tout cas, il y a peut-être une différence d'analyse à ce niveau-là.
00:12:45Alors, on y reviendra aussi, juste après, notamment autour de ce que vous disiez
00:12:50de la question sociale que vous commenciez à aborder,
00:12:53mais on voulait rester un tout petit peu sur la question du rapport
00:12:56à la question de l'identité et de sa place dans le débat public.
00:13:00L'un des principaux reproches qui a été formulé, notamment par Fabien Roussel,
00:13:05c'est ça, on va l'écouter en vidéo tout de suite.
00:13:09Ce que fait la France insoumise avec ce principe de nouvelle France ?
00:13:13Il ne se bat pas pour l'égalité des droits.
00:13:15Lui, il fait du communautarisme.
00:13:18Il a un concept identitaire.
00:13:21Il essentialise les gens.
00:13:23Alors, est-ce que, Guillaume Rouboukouachi,
00:13:25est-ce que vous, vous craignez une dérive communautariste avec ce concept ?
00:13:28Est-ce que, finalement, la question de l'identité est un peu taboue ?
00:13:32Et on entendait parler, là, d'Antoine Léaumant,
00:13:36du concept de créolisation qui a pour objectif
00:13:40de donner à voir le brassage de population en France.
00:13:43Est-ce que ça, c'est quelque chose que vous partagez ?
00:13:46Il y a au moins deux questions dans ma question,
00:13:48mais en les prenant dans l'ordre, je pense que ça va aller.
00:13:51La première, c'était quoi, déjà ?
00:13:52C'était sur le risque de dérive communautariste.
00:13:55En fait, si vous voulez, il y a un moment, il faut...
00:13:58Moi, j'aimerais qu'on me dise plus clairement
00:14:00ce que c'est que la nouvelle France.
00:14:01Si c'est ce que vous avez dit, là,
00:14:03mais je n'arrive pas à comprendre en quoi 58
00:14:05est une rupture générale, surtout matérielle.
00:14:07C'est une rupture de constitution, de république.
00:14:09Enfin, la France de 58, je veux dire,
00:14:12les grands changements, ils ne se passent pas en 58, d'accord ?
00:14:15Il y a un changement de constitution, ça change beaucoup de choses.
00:14:16Enfin, nous, moi, en tout cas, je suis marxiste et matérialiste,
00:14:19c'est important, les superstructures.
00:14:20Mais enfin, à un moment, je veux dire,
00:14:21les changements décisifs ne se font pas que par ce biais-là,
00:14:24il ne faut pas exagérer.
00:14:25La France de 58, elle est toujours coloniale en 57,
00:14:27comme en 58, comme en 59.
00:14:28Pas au point maintenant.
00:14:28Non, mais d'accord, mais enfin, l'Algérie est indépendante.
00:14:31Non, mais la Kaneki, c'est infligé.
00:14:32On est bien d'accord sur cette question,
00:14:34mais je veux dire, malgré tout,
00:14:40qui a quand même pris un coup dans l'aile
00:14:41et qui n'est pas tombé tout seul.
00:14:42Il a d'ailleurs fallu des luttes dans lesquelles
00:14:43les communistes étaient impliqués
00:14:45et évidemment, les peuples concernaient les premiers.
00:14:48Du coup, j'ai oublié la question qui était,
00:14:49ah oui, le risque ou dérive communautariste.
00:14:51J'en sais rien.
00:14:51C'est-à-dire que si, effectivement,
00:14:53on entend par Nouvelle-France quelque chose
00:14:56qui consiste à dire, il y a une ancienne France
00:14:58et elle aurait telle caractéristique
00:15:00et celle-là ne nous intéresse pas,
00:15:01et il y a une Nouvelle-France qui aurait telle caractéristique
00:15:03et celle-là nous intéresse,
00:15:04alors il y a une dérive communautariste
00:15:05et c'est ça dont on ne s'y retrouve pas.
00:15:06Mais il faut être clair.
00:15:08Pour l'instant, j'aimerais qu'on ait des éléments
00:15:09un peu précis sur ce qu'on entend par là.
00:15:11Mais vous craignez des assignations à des identités.
00:15:14C'est presque comme ça que vous avez commencé la discussion.
00:15:18Donc, est-ce que si on tire le fil jusqu'au bout,
00:15:19ça veut dire un risque communautariste, justement ?
00:15:22En tout cas, ce qui est certain,
00:15:23c'est qu'on vit une période qui est très identitariste.
00:15:26C'est d'abord porté par l'extrême droite.
00:15:28C'est l'extrême droite qui n'arrête pas
00:15:29de vouloir étiqueter les gens
00:15:30et qui les remette dans des cases.
00:15:32Face à cela, il y a plusieurs possibilités.
00:15:34Soit vous dites, oui, je suis dans cette case
00:15:36et cette case me définit,
00:15:38mais par contre, c'est bien.
00:15:39Et donc, à ce moment-là,
00:15:40vous allez sur le terrain de l'adversaire
00:15:41et vous renversez la question.
00:15:43Mais à mon avis, vous êtes toujours autant aliéné
00:15:45que dans la situation antérieure.
00:15:46Ou alors, vous dites, non, ce n'est pas mon sujet.
00:15:48Je m'en fous que tu me définisses comme ça.
00:15:50Moi, je suis ceci.
00:15:51Voilà ce que je veux être.
00:15:52Et avançons ensemble.
00:15:53Et puis, allons sur le fond.
00:15:54On va venir sur les questions de classe après.
00:15:55On est d'accord ?
00:15:55Juste après.
00:15:56Bon, alors d'accord, je m'en tiens là pour l'instant.
00:15:57Et Antoine Léaumont, quand on a passé l'extrait de Fabien Roussel,
00:16:01je vous ai entendu souffler à l'évocation du mot communautarisme.
00:16:03Vous vous en défendez.
00:16:05Expliquez-nous.
00:16:05Non, mais je pense qu'il y a vraiment une incompréhension.
00:16:09Je veux dire, qu'est-ce qui peut être moins communautariste
00:16:12que de renvoyer à l'idée de France ?
00:16:14Je veux dire, ou alors on considère que la nation
00:16:17est un processus communautariste.
00:16:20Mais pardon, renvoyer à la Nouvelle-France,
00:16:21c'est parler de la nation.
00:16:22Il y a un sujet qui est posé sur
00:16:24qu'est-ce qu'est l'internationalisme ensuite.
00:16:26Mais moi, je suis aussi marxiste
00:16:28dans ma manière de voir les choses.
00:16:31Et y compris dans le manifeste du Parti communiste,
00:16:34Marx et Engels disent que la nation est une étape
00:16:37pour renverser la bourgeoisie.
00:16:39Et la question qui est posée, c'est
00:16:42à quoi un certain nombre de personnes
00:16:45sont systématiquement renvoyées ?
00:16:47Pourquoi est-ce qu'on nous fait cette accusation
00:16:49de communautarisme ?
00:16:50Pardon, moi je trouve qu'il y a un fond raciste
00:16:51dans cette accusation qui nous est...
00:16:53Bah oui, je suis désolé,
00:16:54mais je préfère le dire comme je le pense.
00:16:55Je trouve qu'il y a un fond raciste.
00:16:57Personne chez nous n'a jamais dit autre chose
00:17:00que nous aspirons à prendre le pouvoir
00:17:02dans notre pays, et y compris dans les municipalités
00:17:04dans lesquelles nous sommes.
00:17:05Qu'est-ce qui choque nos adversaires politiques,
00:17:07et notamment ces news et compagnie,
00:17:09qui nous font ce reproche-là ?
00:17:10Ce qui les choque vraiment,
00:17:11c'est qu'il y a des personnes qui ressemblent
00:17:13à la France telle qu'elle est,
00:17:14qui arrivent à des postes de responsabilité.
00:17:16En fait, ce qui choque une partie
00:17:17de la bourgeoisie, c'est que
00:17:19des personnes qui, normalement,
00:17:21sont placées dans des situations de minorité,
00:17:23ou éventuellement, quelquefois,
00:17:26dans des postes de responsabilité
00:17:29ou de prestige, qui vont être associés,
00:17:30je sais pas quoi, au sport,
00:17:31ou à la chanson, à la musique.
00:17:32Mais là, on parle d'autre chose.
00:17:33On parle de prendre les responsabilités politiques
00:17:35dans le pays.
00:17:35Et ce qui choque une partie de la bourgeoisie,
00:17:38c'est que ce sont les classes populaires
00:17:40qui s'emparent du pouvoir,
00:17:41et qui, aujourd'hui, oui,
00:17:44représentent une France
00:17:46qui, d'habitude, était plutôt mise à distance,
00:17:49mise à l'écart, marginalisée,
00:17:51et qui aspirent non seulement
00:17:52à prendre le pouvoir,
00:17:53mais à prendre le pouvoir
00:17:54de manière révolutionnaire.
00:17:56Je veux dire,
00:17:56Bali Bagayoko, par exemple,
00:17:57puisqu'il a été l'objet
00:17:59de beaucoup d'attaques racistes,
00:18:01en particulier.
00:18:01Bali, qu'est-ce qu'il défend ?
00:18:03Il défend un programme
00:18:03qui est celui de la France insoumise.
00:18:05Je veux dire, ça choque personne
00:18:06quand il y a des maires
00:18:08qui arrivent au pouvoir
00:18:09et qui vont défendre
00:18:12le programme du PS.
00:18:12Ce qui choque tout le monde,
00:18:13c'est qu'il y ait à la fois
00:18:16une arrivée
00:18:16dans les conseils municipaux
00:18:18de plein de gens
00:18:19qui, jusqu'à présent,
00:18:20ne s'investissaient pas forcément
00:18:21dans la politique
00:18:21ou étaient mis à l'écart
00:18:22des responsabilités politiques
00:18:23et qui, aujourd'hui,
00:18:24les prennent,
00:18:25et pour appliquer un programme
00:18:26qui est un programme
00:18:27insoumis et révolutionnaire.
00:18:28Alors, on n'a pas l'impression
00:18:29que ce soit ce qui vous choque,
00:18:30Guillaume.
00:18:31Non, et puis je voulais
00:18:31quand même répondre aussi
00:18:32sur votre deuxième question
00:18:33et puis répondre à ça.
00:18:34J'espère que quand vous dites
00:18:35que vous trouvez que c'est raciste,
00:18:36vous ne pensez pas à Fabien Roussel.
00:18:38Ah, en plus, voilà.
00:18:39Si, si, si.
00:18:39Ah, ben voilà.
00:18:40Non, mais pardon, mais...
00:18:40Déjà que c'est Doriot,
00:18:41vous vous direz que c'est cohérent.
00:18:42Non, mais je préfère...
00:18:42Doriot est raciste,
00:18:43au moins, c'est cohérent.
00:18:44Non, pardon, mais je préfère le dire.
00:18:45Je trouve que l'accusation...
00:18:46Je trouve que l'accusation
00:18:48communautarisme
00:18:49vis-à-vis de la Nouvelle-France,
00:18:51je ne comprends pas, en fait,
00:18:52d'où ça vient,
00:18:53à part de ces news, justement.
00:18:54Ben, justement,
00:18:54je vais vous répondre rapidement là-dessus.
00:18:56D'abord, quand il dit
00:18:57Saint-Denis est né à Saint-Denis,
00:18:59etc., etc., etc.
00:19:00Bon, quand même,
00:19:01moi, quand je suis...
00:19:02J'ai grandi à 10 jeux.
00:19:03Quand j'arrive à Bagneux,
00:19:04dans les Hauts-de-Seine,
00:19:05il y a plus de 15 ans,
00:19:06le secrétaire de section
00:19:07du Parti communiste
00:19:08s'appelle Gholam Esmaële-Hippour.
00:19:09La première adjointe
00:19:10s'appelle Yasmine Boudgena
00:19:11et elle était députée européenne
00:19:13avant que je n'arrive
00:19:13et elle aurait...
00:19:14Vous savez très bien
00:19:15qu'elle aurait pu être
00:19:16votre collègue,
00:19:16comment dire,
00:19:17si la France insoumise
00:19:18n'avait pas imposé
00:19:19à sa place
00:19:19Aurélien Saint-Toult.
00:19:21Donc, Yasmine Boudgena,
00:19:22en l'occurrence, à Bagneux.
00:19:24Par ailleurs,
00:19:24je rappelle aussi,
00:19:25on est en Seine-Saint-Denis,
00:19:26que Eliane Assassi,
00:19:28famille franco-algérienne,
00:19:29était présidente
00:19:30du groupe au Sénat.
00:19:31Donc, si la question
00:19:32est de se dire
00:19:32est-ce qu'il y a un parti
00:19:34qui, dans ce pays,
00:19:35s'est préoccupé
00:19:36de représenter
00:19:36le monde du travail
00:19:37et de la création
00:19:38tel qu'il est,
00:19:39il y en a un,
00:19:39je peux vous le dire,
00:19:40il existe depuis longtemps
00:19:41et il n'est pas né
00:19:41il y a six mois
00:19:42ni il y a quelques années.
00:19:43Moi, je le dis comme ça.
00:19:44aux partis de communiste.
00:19:45Je préfère le dire
00:19:46parce qu'on se dit
00:19:48racistes, détériaux, ça va.
00:19:51Je trouve qu'il y a une différence
00:19:55entre le parti communiste
00:19:57et les réalités
00:19:57des structures
00:19:58du parti communiste
00:19:58sur le terrain
00:19:59et les positions
00:20:00qui sont prises
00:20:01par le chef du parti communiste
00:20:02en ce moment.
00:20:03Par exemple,
00:20:04quand j'entends ça,
00:20:04ça me choque.
00:20:05J'ai lu la tribune
00:20:07de Fabien Roussel,
00:20:09j'ai du mal à comprendre
00:20:11pourquoi opposer
00:20:12deux concepts
00:20:13qui décrivent
00:20:13des réalités différentes.
00:20:15Encore une fois,
00:20:16la nouvelle république,
00:20:16la sixième république,
00:20:17appelons ça comme on veut,
00:20:18en tout cas,
00:20:19nous, on appelle ça
00:20:19la sixième république
00:20:19parce qu'on est dans
00:20:20la cinquième.
00:20:21Nouvelle, c'est peut-être
00:20:22pour opposer au concept
00:20:23de Nouvelle France,
00:20:23mais ça parle de réalités
00:20:24qui sont différentes.
00:20:25L'une parle d'un objectif,
00:20:27l'autre parle d'une réalité
00:20:28matérielle,
00:20:29à la fois physique
00:20:30et des aspects techniques
00:20:33et en même temps
00:20:34de notre peuple
00:20:35tel qu'il est.
00:20:36On parle de deux choses
00:20:37différentes.
00:20:37On va arriver à ces
00:20:38différentes questions.
00:20:39D'abord,
00:20:40il y avait deux choses
00:20:42avant d'aller plus avant
00:20:44justement sur les fameuses
00:20:45réalités matérielles
00:20:46que je vous évoquais
00:20:47parce que c'est très intéressant.
00:20:49D'abord,
00:20:49vous vouliez répondre
00:20:50en quelques mots
00:20:51sur la question
00:20:51de la créolisation
00:20:52puisque cette partie-là
00:20:54de la question
00:20:55n'avait pas trouvé
00:20:57de réponse jusqu'à présent.
00:20:59En quelques mots,
00:21:00Guillaume Rouboukouachi ?
00:21:01Écoutez,
00:21:02en fait,
00:21:02c'est toujours la même chose.
00:21:03C'est-à-dire que
00:21:04il y a une proposition théorique
00:21:05qui est faite
00:21:06sur créolisation
00:21:06qu'il faut regarder de près.
00:21:08Moi,
00:21:08je n'ai pas d'hostilité absolue
00:21:09par rapport à ces enjeux.
00:21:11Mais si vous voulez,
00:21:12la question est de savoir
00:21:13quelle est la grande question
00:21:15que nous vivons en ce moment.
00:21:16Ce que l'extrême droite porte,
00:21:18c'est que la grande question
00:21:19que nous vivons,
00:21:19elle est migratoire
00:21:21et démographique.
00:21:22Moi,
00:21:22je ne suis pas pour considérer
00:21:24que ces questions
00:21:24n'existent pas,
00:21:25sont nulles,
00:21:25qu'il ne faille pas les traiter.
00:21:26Il faut les traiter,
00:21:27surtout quand elles empêchent
00:21:28les individus concernés
00:21:29d'avoir accès
00:21:31à la liberté,
00:21:32à l'égalité
00:21:32et à l'ensemble des droits
00:21:33auxquels ils ont droit
00:21:34comme n'importe quel être humain.
00:21:35Mais en revanche,
00:21:36il me semble que ça ne doit pas
00:21:37nous détourner
00:21:38de la question de classe
00:21:39à un moment ou à un autre
00:21:39sur laquelle il va falloir aller
00:21:40quand même.
00:21:41parce que sinon,
00:21:42si vous voulez,
00:21:42on ne touche pas
00:21:43au cœur de la machine capitaliste
00:21:45et donc,
00:21:45c'est sympathique.
00:21:46Mais voilà.
00:21:47Oui,
00:21:47alors on y vient tout de suite
00:21:49premier,
00:21:49mais juste avant ça
00:21:50parce qu'il y a quand même
00:21:50une question
00:21:51sur laquelle
00:21:52vous n'avez pas tout à fait répondu.
00:21:54C'est le risque
00:21:56d'effet miroir
00:21:57avec cette France
00:21:58fantasmée
00:21:59par l'extrême droite,
00:22:02une sorte d'idéal du passé
00:22:04auquel il faudrait revenir.
00:22:07Du coup,
00:22:08il n'y a pas ce pendant
00:22:10avec la nouvelle France
00:22:11qui pourrait exclure une partie
00:22:13et du coup...
00:22:14En tout cas,
00:22:15je ne crois pas.
00:22:16Mais de fait,
00:22:16vous avez raison.
00:22:17La France telle que
00:22:19l'imagine l'extrême droite,
00:22:20c'est une France
00:22:21qui est fantasmée,
00:22:21qui n'a jamais existé,
00:22:22qui n'existe pas
00:22:23et qui n'existera jamais.
00:22:25J'étais là,
00:22:26je reviens du Béarnes.
00:22:28J'étais à Pau
00:22:29et j'avais des camarades béarnais
00:22:32qui défendent d'ailleurs
00:22:34les langues régionales.
00:22:35On a eu plein de débats
00:22:35hyper intéressants
00:22:36sur le jacobinisme
00:22:37et les langues régionales.
00:22:38C'était hyper intéressant
00:22:39et je crois que
00:22:40en défendant mes positions
00:22:42qui sont assez jacobines,
00:22:43je les ai réconciliées
00:22:44avec le jacobinisme.
00:22:45Mais c'est une autre histoire.
00:22:47Et il me disait,
00:22:48mais c'est incroyable,
00:22:49l'extrême droite,
00:22:50elle va fantasmer
00:22:52des choses comme le Béret,
00:22:53par exemple,
00:22:54et qu'elle va utiliser
00:22:55comme des symboles
00:22:56de la France éternelle
00:22:57et tout ça,
00:22:58alors qu'en réalité,
00:22:59nous,
00:23:00on va les défendre
00:23:00comme des éléments
00:23:01plutôt de notre culture régionale
00:23:03et ils vont donner
00:23:05une logique nationale
00:23:06à des éléments
00:23:06de culture régionale.
00:23:07Pourquoi je vous dis ça ?
00:23:08Parce que je viens juste
00:23:09sur la question du fantasme.
00:23:11Mais pardon,
00:23:11en fait,
00:23:12l'extrême droite fantasme
00:23:13sans arrêt
00:23:14ce qu'est l'identité nationale,
00:23:15à mon sens.
00:23:16Mais justement,
00:23:17en employant le terme nouvelle,
00:23:18est-ce qu'il n'y a pas
00:23:19le risque de se dire
00:23:20que par opposition,
00:23:21il y a cette vieille France
00:23:21qui existerait de tout temps
00:23:24et à laquelle il faudrait revenir ?
00:23:25Non, mais en fait,
00:23:26ce à quoi il va le revenir,
00:23:27c'est la France d'Ancien Régime
00:23:28ou quelque chose
00:23:29qui s'en approche au maximum
00:23:31et à quelque chose
00:23:32qui n'existe pas.
00:23:34Nous,
00:23:34qu'est-ce que nous défendons
00:23:35comme identité ?
00:23:36Peut-être que c'est ça
00:23:37le sujet qu'il faut poser.
00:23:38On défend une identité
00:23:39qui est une identité républicaine
00:23:40qui dit à l'article 1er
00:23:42de la Déclaration des droits
00:23:42de l'homme et du citoyen
00:23:43les hommes naissent
00:23:44et demeurent libres
00:23:45et égaux en droit.
00:23:45Pardon,
00:23:46mais entre les droits
00:23:47qui sont inscrits
00:23:47dans la Déclaration des droits
00:23:48de l'homme et du citoyen
00:23:49et la réalité matérielle
00:23:50des droits,
00:23:51il y a une grosse différence
00:23:52et pour l'instant,
00:23:53on n'a pas encore réussi
00:23:54à coller
00:23:55à une Déclaration matérielle.
00:23:57Et en fait,
00:23:59ce qu'il faut bien comprendre,
00:24:00c'est qu'il y a plein de gens
00:24:02qui vivent dans notre pays,
00:24:04grandissent dans notre pays,
00:24:06voient écrit
00:24:06liberté, égalité, fraternité
00:24:07sur le fronton
00:24:08des écoles et des mairies.
00:24:09Tout ça veut dire des choses
00:24:11qui sont des choses
00:24:11extrêmement profondes,
00:24:12mais la réalité matérielle
00:24:13ne colle pas à pardon.
00:24:14Mais quand la police,
00:24:15par exemple,
00:24:15fait des contrôles d'identité
00:24:16en raison de la couleur
00:24:18de peau des gens,
00:24:18quand la police frappe
00:24:20des gens sans raison,
00:24:21quand par exemple
00:24:21dans notre pays,
00:24:22un homme de 65 ans
00:24:24vient avec une carabine
00:24:25en menaçant des enfants
00:24:26et en disant
00:24:27je suis raciste,
00:24:28je suis fier d'être raciste
00:24:29et que ça ne choque personne
00:24:30et que ça ne fait pas
00:24:31la une des grands médias
00:24:32et qu'il ne se passe
00:24:33absolument rien,
00:24:34il y a plein de gens
00:24:34qui ont l'impression
00:24:35oui, et moi j'en fais partie,
00:24:37de vivre dans un pays
00:24:37qui prône des valeurs
00:24:39mais qui ne les fait pas respecter.
00:24:40C'est ça la question
00:24:41qui est posée.
00:24:42Et quand l'extrême droite
00:24:43arrive sur des questions
00:24:45comme la question migratoire
00:24:46ou comme la question
00:24:48du grand remplacement
00:24:49ou de ces sujets-là,
00:24:50pardon,
00:24:50mais il faut leur rentrer
00:24:51dans le lard.
00:24:51Il ne faut pas les laisser arriver
00:24:53en mode tranquille,
00:24:54oui, pardon,
00:24:55il y a peut-être un problème
00:24:55qui est posé avec l'immigration.
00:24:56Non, il n'y a pas de problème
00:24:57qui est posé.
00:24:58La question qui est posée,
00:24:59c'est comment notre pays
00:25:00répond à une réalité matérielle
00:25:01puisque l'immigration
00:25:02est une réalité matérielle,
00:25:03c'est un phénomène matériel
00:25:05et comment on y répond matériellement.
00:25:06Je suis un petit peu long
00:25:07mais je voudrais aller jusqu'au bout.
00:25:08Il y a 6 millions de personnes
00:25:09qui sont étrangères dans notre pays.
00:25:10On n'en parle jamais
00:25:11comme des habitants de notre pays.
00:25:13On en parle toujours
00:25:14d'une manière
00:25:15qui est une manière
00:25:15extrêmement agressive.
00:25:16Ils seraient responsables
00:25:17de je ne sais pas quoi,
00:25:18de toutes les agressions,
00:25:20ils seraient responsables
00:25:20de la criminalité,
00:25:21ils sont responsables
00:25:22de tous les maux
00:25:23si jamais on écoute
00:25:24l'extrême droite.
00:25:24Pardon,
00:25:25mais 6 millions de personnes
00:25:26dans notre pays
00:25:26dont 1 million de personnes
00:25:28sont nées sur le sol
00:25:29de la République française
00:25:30et qui sont étrangers
00:25:31à l'heure actuelle
00:25:31parce que les lois de la République
00:25:33sont faites comme ça.
00:25:34Moi, ça me choque énormément.
00:25:35C'est contradictoire
00:25:36avec ma vision de la France.
00:25:37Ça ne me semble pas normal.
00:25:39Et quand on parle
00:25:39de la Nouvelle France,
00:25:40ce qu'on dit,
00:25:41c'est qu'il y a ce peuple
00:25:43qui est là,
00:25:43qui est une réalité matérielle
00:25:45et qu'il faut considérer
00:25:47comme étant le peuple
00:25:48de notre pays
00:25:49sans aller plus loin que ça.
00:25:50Juste un mot,
00:25:51parce qu'il faudra quand même
00:25:51qu'on avance un peu,
00:25:52j'imagine, dans le débat.
00:25:53Mais je n'arrive pas à comprendre
00:25:55pourquoi il est dit
00:25:55que cette Nouvelle France
00:25:56naît à Saint-Denis
00:25:57il y a 3 semaines
00:25:58quand à 100 mètres,
00:25:59il y avait Myriam Dercaoui,
00:26:00maire communiste d'Aubergilier.
00:26:01Il faut qu'on m'explique
00:26:02à un moment pourquoi
00:26:02Myriam Dercaoui,
00:26:04ce n'est pas la Nouvelle France
00:26:04qui naît,
00:26:05mais en revanche,
00:26:06un insoumis qui est à Saint-Denis,
00:26:08c'est la Nouvelle France
00:26:09qui naît.
00:26:09Pardon, mais il me semble
00:26:10que pour le coup,
00:26:11en Seine-Saint-Denis,
00:26:12la France insoumise
00:26:12et le Parti communiste,
00:26:14on a travaillé ensemble.
00:26:15Donc évidemment que c'est
00:26:16la Nouvelle France
00:26:16qui est en train de naître
00:26:17politiquement,
00:26:18particulièrement en Seine-Saint-Denis
00:26:19où justement,
00:26:20on a réussi,
00:26:20je pense,
00:26:29dans la responsabilité politique.
00:26:31Parce qu'en fait,
00:26:31c'est un peu...
00:26:31C'est toute l'histoire
00:26:32du Parti communiste
00:26:33depuis 1920.
00:26:33Oui, c'est l'histoire
00:26:34de la France insoumise aussi.
00:26:35C'est pas la France qui naît.
00:26:35Je veux dire,
00:26:36en l'occurrence,
00:26:36ce que vous prenez,
00:26:37quand les politistes bien malins
00:26:38disent,
00:26:39c'est bizarre,
00:26:39regardez,
00:26:40on voit l'évolution
00:26:41dans la dernière période,
00:26:42il y a moins d'ouvriers
00:26:43à l'Assemblée nationale.
00:26:43Non, il n'y a pas moins d'ouvriers
00:26:44à l'Assemblée nationale,
00:26:45il y a moins de communistes
00:26:46à l'Assemblée nationale.
00:26:47Et en général,
00:26:47quand il y a moins de communistes,
00:26:48il y a moins d'ouvriers.
00:26:49Et personne,
00:26:50en l'occurrence,
00:26:50aujourd'hui,
00:26:51n'a remplacé en la matière,
00:26:52en matière d'un parti
00:26:53qui a l'ambition
00:26:54de représenter jusqu'au bout
00:26:55le monde du travail
00:26:55et de la création.
00:26:56Vous pouvez faire
00:26:57toutes les analyses
00:26:58protopographiques
00:26:58que vous voulez
00:26:58sur les parlementaires.
00:26:59Vous voyez,
00:27:00la diversité sociale
00:27:01et l'ancrage
00:27:02dans le monde du travail
00:27:02et de la création,
00:27:03elle est directement corrélée
00:27:05au nombre
00:27:05de parlementaires communistes.
00:27:07Donc ne dites pas
00:27:07que tout est né
00:27:08il y a trois jours.
00:27:09Enfin, il ne faut pas exagérer.
00:27:11Guillaume Roubauchochi,
00:27:12vous vouliez parler
00:27:12de la lutte des classes.
00:27:13Oui, c'est vrai.
00:27:14On y vient.
00:27:14D'accord.
00:27:15Puisque c'est central
00:27:17dans l'analyse
00:27:18qu'en fait le parti communiste.
00:27:19Je vous lis
00:27:20une phrase
00:27:20de la tribune
00:27:21de Fabien Roussel.
00:27:22Seul enjeu décisif,
00:27:23celui de construire
00:27:24un projet collectif
00:27:25fondé sur des intérêts communs
00:27:26et construire
00:27:27un large rapport de force
00:27:28unissant le monde du travail
00:27:29face au capital.
00:27:31Pourquoi la lutte des classes
00:27:32est pour vous aujourd'hui
00:27:33au cœur
00:27:34de ce qui doit être
00:27:35la lutte de la lutte ?
00:27:37Pour une raison très simple.
00:27:38C'est que
00:27:39quels sont les problèmes
00:27:40auxquels nous sommes confrontés
00:27:41et ils sont de divers ordres.
00:27:42Mais quand même,
00:27:42le problème premier,
00:27:43c'est quand même celui
00:27:44de l'orientation
00:27:46de notre monde.
00:27:47L'orientation de notre monde,
00:27:47elle est décidée
00:27:48par une poignée
00:27:49de milliardaires,
00:27:50des grands actionnaires
00:27:51qui sont propriétaires
00:27:52de nos grands moyens
00:27:52de production,
00:27:53qui décident ce qu'il faut produire,
00:27:54où il faut le produire,
00:27:55comment il faut le produire
00:27:56et qui le font
00:27:57avec un seul objectif
00:27:58qui est celui
00:27:58de faire le maximum de profit.
00:28:00Et pendant ce temps-là,
00:28:01ils écrasent nos vies,
00:28:02ils nous empêchent
00:28:03de pouvoir développer la France,
00:28:04de développer le monde,
00:28:05ils pillent l'environnement.
00:28:07C'est ça le problème massif
00:28:08qui concerne tous les habitants
00:28:09de notre planète
00:28:10et la France en particulier.
00:28:11Et ça, c'est une question de classe.
00:28:12C'est-à-dire,
00:28:13qui est-ce qui pilote ?
00:28:14Qui est-ce qui a le pouvoir ?
00:28:15Qui est-ce qui dirige ?
00:28:16Aujourd'hui,
00:28:16ce sont les propriétaires
00:28:17qui dirigent et qui pilotent.
00:28:19Et donc, la grande question,
00:28:20c'est qu'il faut que ça change.
00:28:21Il faut que ceux
00:28:21qui produisent les richesses
00:28:22se retrouvent du bon côté du Manche.
00:28:24Et vous verrez qu'avec ça,
00:28:25eh bien oui,
00:28:25on arrêtera
00:28:26un certain nombre
00:28:27de productions inutiles.
00:28:28Oui, on relancera,
00:28:28on lancera des productions
00:28:29qui sont nécessaires.
00:28:30Oui, on se préoccupera
00:28:38On l'empêche de faire
00:28:39ce qu'il pourrait faire
00:28:40qui serait utile pour lui-même,
00:28:41utile pour son épanouissement.
00:28:42C'est la question absolument fondamentale
00:28:44de ce point de vue-là.
00:28:45C'est pour ça qu'on en parle.
00:28:46Et c'est pour ça que nous,
00:28:46on est obnubilés
00:28:47par cette question-là.
00:28:48Parce qu'en même temps,
00:28:50qu'est-ce qui se passe ?
00:28:51Il y a évidemment une opération
00:28:52qui consiste à essayer
00:28:54en permanence
00:28:55de diviser cette majorité travailleuse
00:28:58pour essayer de faire en sorte
00:28:59que les petits amis
00:29:01qui gèrent les choses à leur profit
00:29:02continuent à le gérer à leur profit.
00:29:04Et donc, nous, face à cela,
00:29:05on est là pour mettre aussi
00:29:07en échec cela.
00:29:07Bien sûr que nous sommes porteurs
00:29:09d'un projet d'humanité.
00:29:11On est ici à l'humanité.
00:29:12Donc, ça veut dire que
00:29:13toute personne, comment dire,
00:29:15qui subit des discriminations,
00:29:17auxquelles on refuse
00:29:19les droits les plus élémentaires,
00:29:21même les droits qui ne sont pas
00:29:22élémentaires de n'importe quel droit,
00:29:23évidemment, qui pourra toujours
00:29:24s'appuyer sur le Parti communiste
00:29:25pour le défendre.
00:29:26C'est une vision de l'humanité
00:29:27qu'on défend depuis toujours.
00:29:29Mais en plus de cela,
00:29:30si je peux dire,
00:29:31on est conscient aussi
00:29:32du moment stratégique
00:29:33que nous vivons.
00:29:34Le moment stratégique que nous vivons,
00:29:36c'est un moment
00:29:36où on essaye de fracturer
00:29:38le monde du travail
00:29:39et de la création
00:29:40en lui disant,
00:29:41attention, lui,
00:29:42il n'est pas dans la même étiquette
00:29:43que toi, etc.
00:29:44Et donc, c'est ton ennemi
00:29:45parce que, je ne sais pas quoi,
00:29:46il est noir, blanc,
00:29:47ce que vous voudrez,
00:29:47je ne sais rien.
00:29:48Et nous, nous disons,
00:29:49non, non,
00:29:50vous êtes ensemble,
00:29:51le monde du travail
00:29:52et de la création.
00:29:52Il faut faire grandir
00:29:53cette conscience de classe.
00:29:54Mais alors, du coup,
00:29:56parce qu'il y a une question
00:29:57en regard de ça,
00:29:59est-ce que,
00:30:00c'est une question
00:30:01qui revient régulièrement,
00:30:02qui pourrait se résumer ainsi,
00:30:04est-ce que mettre à bas
00:30:05le capitalisme
00:30:06suffisait à lever
00:30:07toutes les oppressions,
00:30:08finalement ?
00:30:09Et en quoi
00:30:11la reconnaissance
00:30:12d'identité
00:30:12comme source
00:30:13de discrimination
00:30:14et donc moteur
00:30:15potentiellement
00:30:15de combat aussi
00:30:16empêcherait
00:30:17de bâtir
00:30:18un projet commun
00:30:19émancipateur ?
00:30:20Finalement,
00:30:21est-ce qu'il n'y a pas aussi
00:30:21un risque de colorblind
00:30:23comme c'est parfois
00:30:24reproché au PCF ?
00:30:25Alors,
00:30:27répondons,
00:30:27c'est une bonne question.
00:30:29Allons-y.
00:30:30Non, non, mais
00:30:31d'abord,
00:30:32sur le racisme.
00:30:33Sur le racisme.
00:30:33Il y a évidemment
00:30:34au moins deux manières
00:30:35d'envisager le racisme.
00:30:36Soit on l'envisage
00:30:37de manière purement idéaliste.
00:30:39Aujourd'hui,
00:30:39voilà,
00:30:39c'est des idées,
00:30:40c'est complètement déconnecté
00:30:41des situations sociales
00:30:42et de la situation matérielle.
00:30:44Soit on se dit
00:30:44que peut-être
00:30:45que la situation matérielle,
00:30:47le chômage,
00:30:48les concentrations,
00:30:49un certain nombre d'éléments,
00:30:50si je peux dire,
00:30:50qui sont là,
00:30:51peuvent être
00:30:51joués en interaction,
00:30:53si je puis dire,
00:30:53par rapport à ça.
00:30:54Nous,
00:30:55on essaie de penser
00:30:56le problème globalement.
00:30:57Ça veut dire que
00:30:57pas de réductionnisme,
00:30:58ça veut dire,
00:30:59pour parler de manière plus claire,
00:31:00il ne suffit pas
00:31:01simplement de s'occuper
00:31:02des questions économiques
00:31:04et des questions capitalistes
00:31:05pour régler la question
00:31:06du racisme et de l'antisémitisme
00:31:08qui appellent une lutte
00:31:09spécifique contre elle,
00:31:10mais penser qu'on pourra
00:31:12régler la question du racisme
00:31:13et de l'antisémitisme
00:31:15indépendamment
00:31:15du gros bordel lamentable
00:31:17dans lequel on est tous enfoncés,
00:31:18qui s'appelle le capitalisme,
00:31:20qui s'appelle
00:31:20la mise en concurrence
00:31:21des salariés,
00:31:21qui s'appelle
00:31:21Tout ce qu'on voudra,
00:31:22c'est une vision idéaliste
00:31:23à pleurer,
00:31:25je ne sais pas
00:31:25si c'est de rire
00:31:26ou de désespoir.
00:31:27Donc moi,
00:31:27je ne suis pas du tout d'accord
00:31:28avec l'idée
00:31:29qu'on puisse penser
00:31:29la lutte antiraciste
00:31:30de manière déconnectée
00:31:32de la lutte,
00:31:32comment dire,
00:31:34contre le capitalisme.
00:31:35Pour autant,
00:31:36je pense aussi
00:31:37qu'il faut savoir
00:31:39mener une lutte spécifique
00:31:40par rapport aux questions
00:31:41antiracistes
00:31:42qui n'est pas complètement
00:31:43soluble,
00:31:43si je peux dire.
00:31:44Les deux doivent être pensés
00:31:45ensemble,
00:31:45mais on peut très bien
00:31:46mener des combats spécifiques.
00:31:47Par exemple,
00:31:48en 1990,
00:31:49restons en Seine-Saint-Denis,
00:31:50Jean-Claude Guessot
00:31:51qui était député
00:31:52de la Seine-Saint-Denis,
00:31:53c'est lui,
00:31:53pour le groupe communiste,
00:31:55alors qu'on n'est pas
00:31:55dans la majorité,
00:31:56qui fait passer une loi
00:31:57qui porte son nom,
00:31:58qui justement,
00:31:59nous fait avancer beaucoup
00:32:00en matière de lutte
00:32:01contre le racisme
00:32:01et l'antisémitisme.
00:32:02Donc ça fait longtemps
00:32:03qu'on sait
00:32:03qu'il ne suffit pas
00:32:05de dire nationalisation
00:32:07et plan
00:32:07et puis tout est réglé.
00:32:08Mais,
00:32:09je dis simplement un mot,
00:32:10ne croyons pas
00:32:11que les idées flottent
00:32:12indépendamment,
00:32:13comment dire,
00:32:14du réel
00:32:14et donc,
00:32:16lutter,
00:32:16comment dire,
00:32:17pour le dépassement
00:32:18du capitalisme,
00:32:18ça fera quand même
00:32:19du bien aussi,
00:32:20si je puis dire,
00:32:20même si ça ne suffit pas,
00:32:22comment dire,
00:32:22sur ces questions.
00:32:23Antoine Léomand,
00:32:24ça ne suffit pas,
00:32:25je vous voyais
00:32:26opiner du chef
00:32:27au début de l'intervention
00:32:28de Guillaume Rouboucochi
00:32:29sur la question
00:32:30de la lutte des classes,
00:32:31quid de la lutte des classes
00:32:31pour la France insoumise ?
00:32:33En fait,
00:32:33ça dépend,
00:32:33il y a des éléments
00:32:34avec lesquels je suis en accord
00:32:35et des éléments
00:32:35avec lesquels je suis en désaccord.
00:32:37Déjà,
00:32:37il faut commencer par rappeler
00:32:39que le capitalisme
00:32:40s'est structuré
00:32:40et a fait
00:32:45en raison aussi
00:32:46de la mise en place
00:32:46d'une politique raciste
00:32:47qui s'appelle l'esclavage
00:32:48qui a quand même
00:32:50fait 12 millions de victimes
00:32:51dont 20% des personnes
00:32:53mourraient
00:32:54dans le seul trajet
00:32:56vers notamment l'Amérique.
00:32:59Mais le capitalisme
00:33:01a besoin
00:33:01dans la phase
00:33:02dans laquelle il est
00:33:03de structure,
00:33:04justement de cliver,
00:33:05de faire des lignes de fracture
00:33:07et c'est pour ça
00:33:07que les capitalistes
00:33:10du genre de Bolloré
00:33:11ont acheté des médias
00:33:12pour essayer de faire rentrer
00:33:13dans la tête des gens
00:33:13que la grande question
00:33:14du moment,
00:33:15c'est une question
00:33:16de clivage
00:33:16à l'intérieur de la population.
00:33:18Donc,
00:33:18si on considère
00:33:19que nos adversaires politiques
00:33:21font du racisme
00:33:21un outil
00:33:22pour maintenir leur pouvoir,
00:33:24il faut donc faire
00:33:25de la lutte antiraciste
00:33:26une priorité
00:33:27pour réussir
00:33:28à les contrer
00:33:29sur cet aspect-là
00:33:29des choses.
00:33:30Et pourquoi c'est nécessaire ?
00:33:31Parce que
00:33:31je trouve ça
00:33:33un peu idéaliste
00:33:34pour le coup
00:33:35de dire
00:33:35bon,
00:33:35on va fixer
00:33:36un objectif politique
00:33:37et on va réussir
00:33:40et puis une fois
00:33:40qu'on aura réussi
00:33:41et qu'on va mettre
00:33:42en place notre programme,
00:33:43tout le monde va découvrir
00:33:44qu'en fait,
00:33:44on peut régler
00:33:45la question sociale
00:33:45et que donc,
00:33:46il y aura moins de problèmes
00:33:48de racisme.
00:33:48C'est moi qui suis censé
00:33:48d'avoir dit ça ?
00:33:50Non,
00:33:51ce que je veux dire,
00:33:52c'est qu'il manque
00:33:54à mon sens toujours
00:33:56un petit cliquet
00:33:57qui est
00:33:58comment on fait
00:33:59pour unir le peuple
00:34:00dans un monde
00:34:01dans lequel
00:34:01les capitalistes
00:34:02sont en train
00:34:03d'essayer de le diviser
00:34:03sur la base du racisme.
00:34:04Mais comment ?
00:34:05Justement,
00:34:05en luttant
00:34:07efficacement
00:34:07contre le racisme.
00:34:08Et il faut arrêter
00:34:08d'avoir une vision
00:34:09purement morale
00:34:10de la question du racisme.
00:34:11Ce n'est pas juste
00:34:12une question morale.
00:34:12Bien sûr qu'il y a des gens
00:34:13qui sont activement racistes,
00:34:15qui en font un objectif.
00:34:16Le type qui va avec sa carabine
00:34:18et qui dit
00:34:18je suis raciste
00:34:18et qui menace des gamins
00:34:19parce qu'ils n'ont pas
00:34:20la bonne couleur de peau,
00:34:21mais là,
00:34:22il faut des sanctions
00:34:22qui sont des sanctions exemplaires.
00:34:24Le type,
00:34:24il sait ce qu'il fait
00:34:24et clairement,
00:34:25il est objectivement raciste.
00:34:28Mais le racisme
00:34:30est un système
00:34:30de domination
00:34:31qui s'insinue
00:34:32dans chaque espace
00:34:33de la société.
00:34:34Et je vais aller plus loin.
00:34:35Il y a des personnes de gauche
00:34:36qui peuvent avoir
00:34:36des comportements racistes
00:34:37et qui peuvent tenir
00:34:38des propos racistes,
00:34:39mais qui n'ont pas envie
00:34:40d'en avoir.
00:34:41Eux-mêmes,
00:34:41quand on leur dit
00:34:42écoute, là,
00:34:42c'était un peu limite
00:34:43ce que tu as dit,
00:34:44ça choque et ça fait
00:34:45que les gens,
00:34:46souvent,
00:34:46ils ont un petit électrochoc
00:34:47genre oh là là,
00:34:48pourquoi tu dis ça ?
00:34:49Je vais vous donner
00:34:50un exemple très concret.
00:34:51La question,
00:34:52pardon,
00:34:52je vais juste jusqu'au bout
00:34:53de cette question.
00:34:53La question,
00:34:54t'es de quelle origine ?
00:34:55On ne m'a jamais posé
00:34:56cette question-là.
00:34:56Pourtant,
00:34:57je suis d'origine belge
00:34:58et italienne,
00:34:58mais jamais personne
00:34:59ne m'a posé cette question-là.
00:35:00Par contre,
00:35:00les gens qui n'ont pas
00:35:01ma couleur de peau,
00:35:02souvent,
00:35:03cette question,
00:35:03elle leur est posée.
00:35:04Et cette seule question,
00:35:05elle renvoie à une assignation
00:35:08qui est ce qu'on peut appeler
00:35:09un déni de francité,
00:35:10c'est-à-dire,
00:35:10on vous met à distance
00:35:11du collectif national.
00:35:13Comprendre,
00:35:14faire comprendre
00:35:15que ces systèmes de domination,
00:35:17ce mécanisme de domination
00:35:18particulier,
00:35:18qui est le racisme,
00:35:19s'insinue dans chaque espace
00:35:20de la société,
00:35:21réussir à l'extirper
00:35:23quand il est entré
00:35:25dans la tête des gens
00:35:25et réussir à en faire comprendre
00:35:27les mécanismes,
00:35:27un peu de la même manière
00:35:28que le mouvement MeToo
00:35:29a fait comprendre
00:35:30à plein d'hommes,
00:35:31notamment,
00:35:31mais pas seulement,
00:35:32que c'était un système
00:35:34de domination
00:35:34et que tout le monde
00:35:35était concerné.
00:35:36Réussir à faire comprendre ça,
00:35:38c'est un élément,
00:35:39à mon sens,
00:35:40indispensable
00:35:41de la lutte
00:35:42pour l'unification
00:35:43de la classe populaire,
00:35:44en tout cas,
00:35:45des travailleuses,
00:35:45des travailleurs,
00:35:46de ceux qui sont placés
00:35:47dans des situations
00:35:47de domination économique.
00:35:49Pardon,
00:35:50je suis un peu long.
00:35:51Comment est-ce qu'on veut
00:35:52obtenir l'union
00:35:53des classes populaires
00:35:54si jamais,
00:35:54à l'intérieur des classes populaires,
00:35:56il y a des gens qui disent
00:35:57moi j'ai droit
00:35:58à des droits supérieurs
00:35:58parce que je suis né là,
00:36:00ma famille est là
00:36:01depuis plusieurs générations
00:36:02et que toi,
00:36:02ta famille est arrivée après.
00:36:04Comment on fait matériellement
00:36:05pour unir les classes populaires
00:36:06si jamais il y en a un
00:36:07qui pense que son voisin
00:36:08n'a pas le droit
00:36:09d'être français
00:36:10au même titre que lui ?
00:36:11Comment on fait matériellement ?
00:36:12Et c'est ça la question
00:36:13à laquelle il nous faut répondre
00:36:14et c'est ça la question
00:36:15à laquelle la France Insoumise
00:36:16essaie de répondre
00:36:16et y compris
00:36:18non pas en faisant
00:36:19du communautarisme
00:36:20puisque c'est ce qui nous est reproché,
00:36:21c'est pour ça que je disais
00:36:22que c'est raciste
00:36:22et que ça me choque
00:36:23mais au contraire
00:36:25en renvoyant
00:36:26à notre identité commune
00:36:29qui est une identité républicaine.
00:36:31Juste sur les mécanismes
00:36:33de reconnaissance
00:36:34qu'évoque Antoine Léaumant,
00:36:35on voit que ces derniers temps
00:36:36ça passe aussi
00:36:37par un certain nombre
00:36:38d'emplois de mots
00:36:39qui ont été émergés.
00:36:40Je pense notamment
00:36:41à la question
00:36:42à l'usage du mot racisé
00:36:44que d'ailleurs
00:36:45Bali Bagayoko
00:36:47refuse d'employer.
00:36:48Qu'est-ce que vous en pensez
00:36:50Guillaume Rouboukouach ?
00:36:51Alors je vais vous répondre
00:36:51juste un tout petit mot
00:36:52parce que sur votre question
00:36:53qui était comment unir
00:36:54le monde du travail
00:36:55et de la création,
00:36:56oui c'est ce que j'ai dit
00:36:56ça passe stratégiquement
00:36:58par la mise en échec
00:36:59de la stratégie déployée
00:37:01pour le diviser
00:37:01donc notamment
00:37:02par une lutte
00:37:03contre le racisme
00:37:04et l'antisémitisme
00:37:04ça c'était absolument évident
00:37:06si on veut rassembler
00:37:07le monde du travail
00:37:07et de la création.
00:37:08J'avoue t'un mot aussi
00:37:09c'est aussi mettre en avant
00:37:11ce qui l'unit matériellement
00:37:12parce que quand même
00:37:14on a vécu des périodes
00:37:15il n'y a pas très longtemps
00:37:18côté comment dire
00:37:19ce genre de plaisanterie
00:37:20ça s'appelle la mobilisation
00:37:22contre la réforme des retraites
00:37:23par exemple
00:37:23je veux dire
00:37:23quand on met en avant
00:37:24les questions de classe
00:37:25parfois il arrive quand même
00:37:26qu'on rencontre la classe
00:37:28à laquelle on s'adresse
00:37:28et je pense que c'est aussi
00:37:29important de l'avoir ça
00:37:30Est-ce qu'on la rencontre
00:37:31dans toute cette diversité ?
00:37:32Quand même la mobilisation
00:37:33de la réforme des retraites
00:37:34quand même moi je veux bien
00:37:35Vous avez l'impression
00:37:36que les quartiers populaires
00:37:36étaient très présents
00:37:37dans ces manifestations ?
00:37:38Écoutez moi en tout cas
00:37:39ils ont fait ce qui
00:37:39ça dépend lesquels
00:37:40on peut nuancer
00:37:41moi je ne suis pas sociologue
00:37:42je n'ai pas fait des analyses
00:37:43dans le détail
00:37:43on verra dans 10 ans
00:37:44quand il y aura eu
00:37:45trois thèses sur le sujet
00:37:46mais pour l'instant
00:37:47moi en tout cas
00:37:48j'ai vu que c'est une mobilisation
00:37:48très large
00:37:49qui a touché très massivement
00:37:50alors oui il y a des endroits
00:37:51qui sont plus indiqués
00:37:52que d'autres
00:37:52et qui étaient plus présents
00:37:53mais bon il ne faut pas exagérer
00:37:54avec quoi vous allez le comparer ?
00:37:56Trouvez-moi un point de comparaison
00:37:58aussi massif de ce point de vue là
00:37:59quand même
00:37:59et puis en plus il y avait un accord
00:38:00tout le monde était d'accord
00:38:01dans cette logique là
00:38:02même si tout le monde
00:38:03n'a pas pu faire l'effort
00:38:03d'aller se manifester etc
00:38:05mais quand même
00:38:05Par contre on a vu par exemple
00:38:06que la jeunesse
00:38:08elle s'est mobilisée
00:38:08notamment au moment
00:38:09de l'utilisation du 49-3
00:38:10davantage sur une question
00:38:11démocratique finalement
00:38:12que sur peut-être
00:38:14la question centrale
00:38:15qui était pourtant posée
00:38:16par les syndicats
00:38:18Peut-être
00:38:18je ne sais pas
00:38:19je vais répondre
00:38:21à votre question
00:38:22alors du coup
00:38:23non je ne suis pas
00:38:24un truc
00:38:24sur mobilisation
00:38:26il y a une question
00:38:27qui je trouve
00:38:28doit être posée aussi
00:38:29dans le sens inverse
00:38:30à la mort de Naël
00:38:31il y a eu des mobilisations
00:38:33sociales
00:38:33et des mobilisations
00:38:34populaires de masse
00:38:35qui se sont faites
00:38:36dans des cadres
00:38:36dont certains
00:38:37comment ils ont appelé ça
00:38:38elle émeute
00:38:40pardon mais
00:38:41la lutte contre
00:38:42un pouvoir exécutif
00:38:43jugé autoritaire
00:38:44et arbitraire
00:38:44qui tue des gens
00:38:45c'est une lutte
00:38:46profondément républicaine
00:38:47et française
00:38:48et pourtant
00:38:50personne ne les a lues
00:38:51de cette manière là
00:38:52sans doute à part nous
00:38:53qui avons dit
00:38:54qu'on n'appelait pas
00:38:55au calme
00:38:56mais à la justice
00:38:57mais pardon
00:38:58moi je considère
00:38:59que ça fait partie
00:38:59de l'histoire révolutionnaire
00:39:00du peuple français
00:39:00pourquoi vous dites à part nous
00:39:01pourquoi vous dites à part vous
00:39:02enfin qui était le maire
00:39:03de Nanterre
00:39:04il n'était pas insoumis
00:39:05vous savez de quel côté il était
00:39:06qui était dans les manifestations
00:39:07mais oui
00:39:08mais c'est très bien
00:39:09d'être dans les manifestations
00:39:10justement moi ce que je dis
00:39:12et j'étais pas en train
00:39:12d'attaquer le parti communiste
00:39:13vous dites à part nous
00:39:14mais non
00:39:15mais je dis à part nous
00:39:16parce que pardon
00:39:16j'ai pas eu l'impression
00:39:17que sur l'ensemble
00:39:18de la sphère politique
00:39:19peut-être que j'ai manqué
00:39:19des prises de parole
00:39:20du PCF
00:39:22sur ce sujet
00:39:23mais il y a une différence
00:39:25entre dire
00:39:27on n'est pas d'accord
00:39:28avec ce qui s'est passé
00:39:28et dire
00:39:30oui j'appelle au calme
00:39:31il faut se calmer
00:39:32etc etc
00:39:33ce sont des mobilisations
00:39:34qui sont des mobilisations
00:39:35contre un pouvoir jugé
00:39:37un pouvoir exécutif
00:39:39jugé arbitraire
00:39:40et ce pouvoir exécutif
00:39:41jugé arbitraire
00:39:42si la situation s'enflamme
00:39:43de cette manière là
00:39:44c'est parce que
00:39:45ça n'est pas une fois
00:39:46c'est plusieurs fois
00:39:48que c'est arrivé
00:39:48que des personnes se fassent tuer
00:39:49par la police
00:39:50et que par ailleurs
00:39:51dans un grand nombre
00:39:52de situations
00:39:52les gens vivent
00:39:54le rapport à la police
00:39:55dans un rapport
00:39:56qui est un rapport arbitraire
00:39:57c'est des luttes
00:39:58qui sont profondément
00:39:58en fait c'est littéralement
00:40:00des luttes qui sont ancrées
00:40:01dans l'histoire
00:40:01de la révolution française
00:40:02où on disait
00:40:03que le principal problème
00:40:04qui pouvait être posé
00:40:05c'était quand un pouvoir
00:40:06exécutif armé
00:40:09détenait beaucoup de pouvoir
00:40:10et qu'il fallait
00:40:11des contre-pouvoirs
00:40:12pour justement
00:40:12empêcher l'arbitraire
00:40:13donc ce que j'essaye de dire
00:40:16c'est qu'il y a
00:40:18des mobilisations sociales
00:40:19mais c'était un peu
00:40:20la même chose
00:40:20avec le mouvement
00:40:21des gilets jaunes
00:40:22on a défini
00:40:23le mouvement
00:40:24des gilets jaunes
00:40:24en disant
00:40:24c'est le mouvement
00:40:25de la ruralité
00:40:26et pas le mouvement
00:40:26des quartiers populaires
00:40:27la mort de Naël
00:40:28les mouvements
00:40:29des quartiers populaires
00:40:30et pas les mouvements
00:40:30de la ruralité
00:40:31pardon
00:40:31mais si jamais
00:40:32on veut faire
00:40:32l'union des classes populaires
00:40:34comment on fait autrement
00:40:35qu'en parlant
00:40:36de ces luttes
00:40:37du peuple français
00:40:38et c'est vrai
00:40:38je rejoins
00:40:39sur la question de la retraite
00:40:40oui il y a une unité
00:40:41qui se fait
00:40:41mais à chaque fois
00:40:42c'est des questions
00:40:43qui sont posées
00:40:43qui sont des questions sociales
00:40:44ou des questions
00:40:45de droits démocratiques
00:40:46qui sont posées
00:40:47dans ces mobilisations
00:40:48ce qu'il faut réussir à faire
00:40:49à mon avis en tout cas
00:40:50c'est de réussir
00:40:51à unifier ces luttes
00:40:52à les faire converger
00:40:53dans une même direction
00:40:54et de pas en laisser
00:40:55une partie de côté
00:40:56parce qu'ils ne nous plaisent
00:40:57pas tout à fait
00:40:57ou l'autre partie de côté
00:40:58parce qu'ils ne nous plaisent
00:40:59pas tout à fait
00:40:59voilà c'est ce qu'on essaye
00:41:00de faire
00:41:00et souvent
00:41:02la réalité matérielle
00:41:03et humaine
00:41:03percute des plans
00:41:05de bataille préétablis
00:41:06mais il faut être capable
00:41:06de voir ce qui se passe
00:41:08dans notre pays
00:41:09et d'y participer
00:41:09de manière utile
00:41:10pour les mobilisations
00:41:11Convergence des luttes
00:41:13vous pourrez réagir
00:41:14Guillaume Rouboukouachi
00:41:15si vous le souhaitez
00:41:16mais vous parlez
00:41:16Convergence des luttes
00:41:18dans l'analyse
00:41:19que vous posez
00:41:20autour du concept
00:41:22de Nouvelle-France
00:41:22on voit qu'il y a aussi
00:41:24beaucoup de questions
00:41:24d'urbanité
00:41:25on voulait aussi aborder
00:41:26cette question là
00:41:27parce que finalement
00:41:29elle recoupe
00:41:30une question
00:41:32très en vogue
00:41:33ces derniers mois
00:41:35et ces dernières années
00:41:36à gauche
00:41:36sur finalement
00:41:37à qui la gauche
00:41:38doit s'adresser
00:41:40on pense à tout le débat
00:41:41autour de la question
00:41:42à des zones rurales
00:41:43à investir
00:41:45celle des quartiers populaires
00:41:46de l'articulation
00:41:47entre les deux
00:41:48qui finalement
00:41:49doit être le moteur
00:41:50de la transformation sociale
00:41:52quel est votre point de vue
00:41:53Guillaume Rouboukouachi
00:41:54je vais marcher avec retard
00:41:55mais je vais quand même répondre
00:41:55à votre question d'avant
00:41:56parce que vous l'aviez posée
00:41:57mais je vais vous répondre
00:41:58non mais juste en deux mots
00:42:00race
00:42:00je n'aime pas ce concept
00:42:01parce que c'est un concept nazi
00:42:03pour la faire brève
00:42:04quand même
00:42:04on revient sur la question
00:42:05de l'usage de racisme
00:42:06oui c'est vous qui avez posé
00:42:07la question
00:42:08j'y réponds
00:42:08j'essaie d'être discipliné
00:42:11donc race
00:42:12concept qui n'a pas été inventé
00:42:13par les nazis
00:42:14mais c'est un concept nazi
00:42:14par excellence
00:42:15c'est dans Mein Kampf
00:42:16il faut remplacer
00:42:17la lutte des classes
00:42:17par la lutte des races
00:42:18mais moi je ne suis pas
00:42:19pour remplacer la lutte des classes
00:42:20par la lutte des races
00:42:20et je ne crois pas
00:42:21à la validité de la notion de race
00:42:23je n'aime pas ce mot
00:42:24raciser
00:42:24c'est une forme de progrès
00:42:27si je puis dire
00:42:28par rapport à l'enfermement
00:42:30dans race
00:42:30parce que du coup
00:42:31on montre une forme de processus
00:42:32le problème
00:42:33c'est quand on commence
00:42:34à dire que les gens
00:42:35sont déracisés
00:42:37ou cette personne est une racisée
00:42:38moi j'ai horreur de ça
00:42:39je n'aime pas ça
00:42:40je trouve que c'est une manière
00:42:41qui comment dire
00:42:42est un peu
00:42:44on retombe dans le problème
00:42:45qu'on voulait dénoncer
00:42:46qu'est-ce que je veux dire par là
00:42:47quand quelqu'un
00:42:48pour prendre l'exemple
00:42:49d'Antoine Léomant
00:42:49quand quelqu'un vient me dire
00:42:51effectivement vous en avez eu
00:42:52pas mal dans ma vie
00:42:52et puis c'est pas fini
00:42:53mais de quelle origine
00:42:54là il me racise
00:42:56à ce moment-là
00:42:57je suis racisé par lui
00:42:59mais moi
00:43:00si on me demande
00:43:00qu'est-ce que je suis moi
00:43:02je ne suis pas un racisé
00:43:03parce que trois connards
00:43:04excusez-moi
00:43:05me racisent
00:43:06c'est leur problème
00:43:07ça va pas me définir moi
00:43:08c'est pas parce qu'eux
00:43:09me regardent avec ces lunettes-là
00:43:10que ça va me définir moi
00:43:12donc moi je ne suis pas un racisé
00:43:13mais je suis racisé par des gens
00:43:15ok
00:43:15c'est ça que je veux dire
00:43:16mais ça là c'est moi qui le dis
00:43:18le parti communiste
00:43:18n'a pas fait de ligne théologique
00:43:20ni de bulle pontificale
00:43:22sur le sujet
00:43:22donc le débat viendra
00:43:24mais je réponds
00:43:24puisque vous me posez la question
00:43:25dans cela vous êtes finalement d'accord
00:43:27avec Christiane Taubira
00:43:28qu'on interviewait
00:43:29en début de semaine
00:43:29qui disait que c'était
00:43:30philosophiquement un concept problématique
00:43:32mais un concept
00:43:32qui détient une désastreuse pertinence
00:43:34parce qu'on assigne des gens
00:43:35malgré leur volonté
00:43:36à une race particulière
00:43:39si vous voulez
00:43:39je l'ai dit
00:43:40un mécanisme raciste
00:43:41un mécanisme raciste
00:43:42donc oui évidemment
00:43:43et donc sur
00:43:44le mot racisé
00:43:46pardon
00:43:46juste pour comprendre
00:43:47elle disait que
00:43:49du coup
00:43:50un peu ce qui est dit là
00:43:52moi je suis d'accord avec
00:43:54tout à fait
00:43:54c'est globalement la même logique
00:43:56elle dit la même chose
00:43:56c'est de dire
00:43:58que c'est un mot
00:43:59qui permet finalement
00:44:00de désigner un mécanisme social
00:44:01et que c'est
00:44:02exactement ça
00:44:03une désastreuse pertinence
00:44:04c'est le terme qu'elle emploie
00:44:05pour regretter
00:44:07à la fois le fait
00:44:08que ça s'applique
00:44:09et ça rejoint
00:44:10une des questions
00:44:10que vous aviez posées
00:44:12tout à l'heure
00:44:13c'est comment faire
00:44:14pour être antiraciste
00:44:15et sans être colorblind
00:44:17en fait
00:44:17mais c'est une question
00:44:18qui est une question fondamentale
00:44:19et le terme racisé
00:44:20ne décrit pas les personnes
00:44:21qui subissent
00:44:23l'assignation
00:44:24à une couleur de peau
00:44:25ou à autre chose
00:44:26moi je prépare
00:44:26moi un des sujets
00:44:29que je reprends
00:44:29à la sociologie
00:44:30c'est le déni de francité
00:44:31c'est à dire
00:44:32ce que provoque le racisme
00:44:34c'est une mise à distance
00:44:35de la nation
00:44:37et je vais assez loin
00:44:38dans la manière
00:44:38dont j'étudie ça
00:44:39puisque moi je considère
00:44:41qu'y compris
00:44:42des personnes étrangères
00:44:43c'est à dire
00:44:43qui n'ont pas
00:44:44la citoyenneté française
00:44:45si on regarde
00:44:46la ligne historique
00:44:47de la révolution
00:44:48et des mouvements révolutionnaires
00:44:49français
00:44:49et des mouvements républicains français
00:44:51que ce soit en 1789
00:44:52plutôt 1793 d'ailleurs
00:44:54ou en 1848
00:44:56justement l'idée
00:44:57c'est qu'il n'y a pas
00:44:58de détachement entre l'idée
00:45:00de nationalité
00:45:01et l'idée de citoyenneté
00:45:02moi je suis pour ça
00:45:03et je suis pour faciliter
00:45:04sans cesse
00:45:04l'accès à la citoyenneté
00:45:05de celles et ceux
00:45:06qui vivent sur le territoire
00:45:07de la république française
00:45:08parce que je considère
00:45:08que c'est normal
00:45:09de pouvoir participer
00:45:10aux institutions
00:45:11de notre pays
00:45:12pardon mais il y a un truc
00:45:12qui a l'air de choquer personne
00:45:13qui est que à l'heure actuelle
00:45:15il y a un député du RN
00:45:17qui m'a demandé ça
00:45:18la dernière fois
00:45:18il m'a dit
00:45:19est-ce que vous considérez
00:45:19que le code électoral est raciste
00:45:20il pensait que j'allais
00:45:22dire répondre non
00:45:22mais à l'heure actuelle
00:45:23ce qui se produit
00:45:24c'est qu'il y a trois niveaux
00:45:25de citoyenneté
00:45:25on peut être citoyen
00:45:27de la république française
00:45:28on vote à toutes les élections
00:45:28on peut être citoyen européen
00:45:31on vote à toutes les élections locales
00:45:33mais pas aux élections nationales
00:45:34et européennes
00:45:35oui et européennes pardon
00:45:36donc encore le niveau au-dessus
00:45:38par rapport au niveau national
00:45:39c'est quand même un peu spécial
00:45:40comme manière de faire
00:45:41et puis on peut avoir
00:45:41un troisième niveau de citoyenneté
00:45:43qui est étranger
00:45:44et vous participez à rien
00:45:44donc vous n'êtes pas considéré
00:45:45comme citoyen
00:45:46c'est extrêmement choquant
00:45:47ça devrait faire réagir tout le monde
00:45:50qu'il y ait deux niveaux
00:45:51de citoyenneté différents
00:45:52en fonction de si on est étranger
00:45:53européen
00:45:53ou étranger pas européen
00:45:55ça c'est un élément de lutte
00:45:56pertinent contre l'extrême droite
00:45:57en disant
00:45:58bah alors c'est quoi la différence
00:45:59si c'est pas le racisme exactement
00:46:00c'est quoi exactement
00:46:01leur problème
00:46:02c'est que en fait
00:46:03ce qu'ils veulent
00:46:03mais ils le disent pas comme ça
00:46:04et c'est ça ce qui est décrit
00:46:07ils le disent pas comme ça
00:46:08ce qui les intéresse
00:46:09c'est la couleur de peau à la fin
00:46:10et c'est la raison pour laquelle
00:46:11des gens y compris
00:46:12qui sont nés en France
00:46:13y compris depuis plusieurs générations
00:46:14sont assignés encore
00:46:17malgré tout
00:46:17à autre chose qu'à la France
00:46:19mais c'est
00:46:20pardon pardon
00:46:20le droit de vote des résidents étrangers
00:46:22c'est un combat
00:46:23je pense que vous avez en commun
00:46:24en tout cas
00:46:24différentes formations
00:46:26l'ont mené
00:46:28pour en revenir à cette question
00:46:30de
00:46:32qui est moteur finalement
00:46:33de la transformation
00:46:35de la transformation sociale
00:46:36je l'ai disé il y a quelques minutes
00:46:38vous insistez beaucoup
00:46:40à la France insoumise
00:46:41sur la question
00:46:42de l'urbanisation
00:46:43du peuple
00:46:44du peuple et des villes
00:46:45finalement
00:46:47et évidemment
00:46:49avec ce focus
00:46:50sur les questions
00:46:51de
00:46:53certains ont appelé ça
00:46:54à une certaine époque
00:46:55diversité
00:46:56la question de genre
00:46:57et la question
00:46:59de la jeunesse
00:47:01on ne peut pas
00:47:02ne pas avoir en écho
00:47:04une note
00:47:05de 2011
00:47:06je suis sûre que vous la connaissez
00:47:07de Terra Nova
00:47:08qui appelait
00:47:09elle aussi à l'époque
00:47:10à cibler
00:47:11une nouvelle coalition
00:47:12dans la perspective
00:47:13des élections de 2012
00:47:14à destination du PS
00:47:15a été reproché
00:47:17à l'issue
00:47:19de ça
00:47:19au PS
00:47:21d'y avoir puiser là
00:47:22une façon
00:47:22de mettre à distance
00:47:23les classes populaires
00:47:25est-ce que pour vous
00:47:26c'est un piège
00:47:27et comment
00:47:29ne pas tomber
00:47:30dedans du coup
00:47:31je n'ai pas tout à fait
00:47:33compris la question
00:47:33mais je vais essayer
00:47:34de répondre à la partie
00:47:35vous voulez que je résume
00:47:35je veux bien
00:47:36parce que du coup
00:47:372011 Terra Nova
00:47:38la note à destination
00:47:40la fameuse
00:47:41à destination du PS
00:47:42pour une nouvelle cible électorale
00:47:44nouvelle coalition
00:47:45ils appelaient ça
00:47:46ça vivait très précisément
00:47:47je vous le dis demain
00:47:48pour la France de demain
00:47:49plus jeune
00:47:50plus diverse
00:47:51plus féminisée
00:47:51on revoit quelques caractéristiques
00:47:53de ce que vous mettez en avant
00:47:54dans la nouvelle France
00:47:55à l'issue
00:47:56à l'issue de ça
00:47:57a été reproché au PS
00:47:59de cette servie
00:47:59de ce concept
00:48:00et de
00:48:01de ce nouveau public
00:48:03à viser
00:48:03pour mettre à distance
00:48:04les catégories populaires
00:48:06et
00:48:07et certaines classes sociales
00:48:08du coup
00:48:09oui
00:48:09j'ai un peu
00:48:10j'ai un peu de mal
00:48:11à penser que
00:48:12les jeunes
00:48:13les personnes
00:48:14qui subissent le racisme
00:48:15et les femmes
00:48:16ne soient pas
00:48:17des classes populaires
00:48:18parce qu'en général
00:48:19c'est aussi lié
00:48:20à une situation sociale
00:48:20donc dire que
00:48:22essayer de faire venir
00:48:22les jeunes dans la vie politique
00:48:24ça serait
00:48:24enfin les jeunes
00:48:25essentiellement
00:48:26vivent
00:48:27sous le seuil de pauvreté
00:48:28notamment les étudiants
00:48:30par exemple
00:48:30l'essentiel des étudiants
00:48:31sont sous le seuil de pauvreté
00:48:32donc dire que
00:48:33c'est pas une mobilisation
00:48:34des classes populaires
00:48:35c'est un peu spécial
00:48:36le présupposé
00:48:37qui est derrière
00:48:37je vais le dire
00:48:39franco de port
00:48:39parce que sinon
00:48:40personne
00:48:41on tourne autour du pot
00:48:42c'est la question
00:48:43division entre
00:48:44l'urbain et le rural
00:48:46c'est ça la question
00:48:47qui est posée par certains
00:48:48les bourgs et les tours
00:48:49comme dirait François Ruffin
00:48:50les bourgs et les tours
00:48:50comme dit François Ruffin
00:48:51en pensant que
00:48:52d'une manière ou d'une autre
00:48:53il y aurait une différence
00:48:54à l'intérieur du peuple
00:48:55pardon mais c'est des réalités sociales
00:48:57qui sont des réalités sociales
00:48:58similaires
00:48:58il y a plus de pauvreté
00:48:59dans les quartiers populaires
00:49:00en même temps
00:49:00le nom même
00:49:02signale
00:49:04le caractère
00:49:05notamment le taux de pauvreté
00:49:06on est à 44%
00:49:07de taux de pauvreté
00:49:08dans les QPV
00:49:09donc il y a plus de pauvreté
00:49:11dans les quartiers populaires
00:49:12mais il y a aussi
00:49:12de la pauvreté
00:49:13dans les milieux ruraux
00:49:15et les réalités matérielles
00:49:16pour le coup
00:49:17c'est des réalités matérielles
00:49:18qui sont souvent similaires
00:49:19c'est des services publics
00:49:20qui s'en vont
00:49:20c'est des déserts médicaux
00:49:22la Seine-Saint-Denis
00:49:22a un désert médical aussi
00:49:24même si souvent
00:49:25quand on va parler
00:49:26de désert médical
00:49:26les gens ils ont l'impression
00:49:27qu'on parle de la ruralité
00:49:28pardon c'est pas le cas
00:49:31c'est des réalités
00:49:32qui sont des réalités
00:49:34matérielles
00:49:34qui ont des différences
00:49:36mais qui ont aussi
00:49:37beaucoup de similarités
00:49:37et là je pense
00:49:38qu'on va se rejoindre
00:49:39qui peuvent permettre
00:49:40de proposer un programme
00:49:41qui est un programme
00:49:41qui unifie
00:49:42qui tend à unifier
00:49:43les classes populaires
00:49:44peu importe le lieu
00:49:45où elles habitent
00:49:46mais pour ça
00:49:47pour réussir à faire ça
00:49:48c'est justement ça l'enjeu
00:49:49c'est comment on fait
00:49:50pour que des personnes
00:49:51qui vivent dans la ruralité
00:49:52et où il y a souvent
00:49:54une différence
00:49:54dont on parle pas aussi
00:49:55c'est la différence d'âge
00:49:56c'est à dire
00:49:56dans la ruralité
00:49:57il va y avoir
00:49:58des personnes
00:49:59qui vont être plus âgées
00:50:00et y compris
00:50:00qui ont des modes d'information
00:50:01qui sont différents
00:50:02honnêtement là
00:50:02j'aimerais bien
00:50:03qu'on demande
00:50:03la moyenne d'âge
00:50:04des gens qui regardent
00:50:05l'émission sur Twitch
00:50:06je pense que c'est pas
00:50:07les mêmes modes d'information
00:50:08c'est pas les mêmes âges
00:50:09que les personnes
00:50:10qui regardent CNews
00:50:10ou qui regardent BFMTV
00:50:11ou qui regardent
00:50:12le 20h de TF1
00:50:13c'est des réalités
00:50:14qui sont des réalités
00:50:15sociales qui sont différentes
00:50:16mais la question
00:50:17c'est comment on fait
00:50:18pour unifier
00:50:19alors même que
00:50:20et c'est pour ça
00:50:21que la question du racisme
00:50:22c'est une question centrale
00:50:23alors même qu'une partie
00:50:24de ces classes populaires
00:50:25ne vit pas
00:50:25la question du racisme
00:50:27et que l'autre partie
00:50:28la vit
00:50:28et que tout ça
00:50:29a des implications
00:50:30qui sont des implications majeures
00:50:31le rapport à la police
00:50:32le rapport à l'école
00:50:33c'est des questions
00:50:34qui sont des questions
00:50:35le rapport à la santé
00:50:36je veux dire
00:50:36parler du syndrome méditerranéen
00:50:38du fait que
00:50:39même dans l'accès à la santé
00:50:41il y a encore des différences
00:50:42quand on arrive
00:50:43chez des gens
00:50:43qui normalement prêtent
00:50:44le serment d'Hippocrate
00:50:45là encore
00:50:45il y a des différences
00:50:46c'est des sujets
00:50:47qui sont des sujets majeurs
00:50:48et qui ont été invisibilisés
00:50:50qui n'ont pas eu leur place
00:50:51dans le débat public
00:50:52au niveau
00:50:53où elles auraient dû l'avoir
00:50:55et où on a un peu fait
00:50:56oh pardon
00:50:57non mais il n'y a pas de problème
00:50:58de toute façon
00:50:58la France est pas raciste
00:50:59il n'y a pas de problème
00:50:59il n'y a pas de sujet
00:51:01on ne regarde pas
00:51:01on ne regarde pas ces sujets-là
00:51:03dans le fond
00:51:03non pardon
00:51:03c'est l'inverse qu'il faut faire
00:51:04il faut réussir à entrer dans le fond
00:51:05il faut réussir à extirper
00:51:09des préjugés
00:51:10qui existent encore
00:51:11sur ces questions-là
00:51:12parce que sinon
00:51:13on n'arrivera pas
00:51:13à faire l'unité des classes populaires
00:51:14mais donc ça veut dire
00:51:15Antoine Léoman
00:51:15que vous n'avez pas
00:51:16à la France insoumise
00:51:16renoncé à reconquérir
00:51:19les fâchés pas fâchaux
00:51:20pour citer une nouvelle fois
00:51:21François Ruffin
00:51:22alors je vais le dire autrement
00:51:23parce que je considère
00:51:24que ceux qui votent REN
00:51:26de fait ils ont voté fâchaux
00:51:27donc la notion de fâchés pas fâchaux
00:51:29vous aurez remarqué
00:51:30qu'on est revenu dessus
00:51:31qu'on s'est dit
00:51:33ah peut-être que là
00:51:34on n'avait pas bien compris
00:51:35quelque chose
00:51:35et c'est notamment
00:51:36les travaux de Félicien Fauré
00:51:37qui aident à comprendre ça
00:51:38qui a étudié le vote REN
00:51:40et qui dit que
00:51:41ce vote REN
00:51:42son sous-bassement
00:51:43c'est une politisation raciste
00:51:45des difficultés sociales
00:51:46il dit très concrètement
00:51:47que les personnes qui votent
00:51:49pour le Rassemblement National
00:51:50sont capables de s'accommoder
00:51:53d'un ordre politique raciste
00:51:55pas forcément qu'ils le sont eux-mêmes
00:51:56mais qu'ils sont prêts à s'en accommoder
00:51:57exactement
00:51:57et donc le sujet de bataille
00:51:59et notamment
00:52:00quand vous me dites
00:52:01on n'a pas renoncé à convaincre
00:52:03bah non en fait non
00:52:03on n'a renoncé à convaincre personne
00:52:05les abstentionnistes
00:52:06on n'a pas renoncé à les convaincre
00:52:07d'aller voter
00:52:08ceux qui votent pour des parties
00:52:10moins à gauche que nous
00:52:11on va dire
00:52:11on n'a pas renoncé à les convaincre
00:52:13de voter pour nous au premier tour
00:52:14et si on veut réussir
00:52:16à obtenir une majorité
00:52:17il faut réussir à convaincre des gens
00:52:18qui sinon voteraient
00:52:19dans un autre espace politique
00:52:21je veux dire
00:52:21juste parce qu'on va peut-être
00:52:23essayer de
00:52:24distribuer la parole
00:52:26voilà exactement
00:52:27mais justement
00:52:28autour de cette question
00:52:29de fâcher pas facho
00:52:32est-ce que
00:52:34parce que notamment
00:52:35j'en reviens à la tribune
00:52:36de Fabien Roussel
00:52:37il était aussi beaucoup question
00:52:38de passer par
00:52:40démanteler l'arnaque sociale
00:52:43du RN
00:52:44désigner les tenants
00:52:45du capitalisme
00:52:46comme les véritables
00:52:48oppresseurs
00:52:49est-ce que réellement
00:52:50ça peut suffire
00:52:51à attraper
00:52:52les électeurs
00:52:53qui sont
00:52:54aspirés
00:52:55par l'extrême droite
00:52:56est-ce que
00:52:57en clair
00:52:57porter le combat
00:52:59de l'augmentation
00:53:00du SMIC
00:53:00du droit social
00:53:01etc
00:53:01ça peut suffire
00:53:02à faire reculer
00:53:03le racisme
00:53:04alors
00:53:06il y a plusieurs
00:53:07fausses à dire
00:53:07la première peut-être
00:53:08c'est que
00:53:10il n'y a aucun cadeau
00:53:11à faire au RN
00:53:12qu'est-ce que je veux dire
00:53:13par là
00:53:14d'abord il faut être humble
00:53:15et déterminé
00:53:16humble parce qu'on est tous
00:53:17en échec
00:53:18il faut quand même le dire
00:53:19à un moment
00:53:19donc on ne va pas commencer
00:53:20à rouler des mécaniques
00:53:21je veux dire
00:53:21le RN ne cesse d'augmenter
00:53:23on n'en est pas les premiers
00:53:24responsables
00:53:24enfin quand même
00:53:25donc humilité
00:53:28détermination
00:53:28parce qu'on sait tout
00:53:29ce que ça veut dire
00:53:29que si le RN l'emporte
00:53:31donc détermination
00:53:33une fois que j'ai dit ça
00:53:34trois choses
00:53:35un
00:53:36effectivement
00:53:36il faut leur faire
00:53:37cadeau de rien
00:53:38je connais des discours
00:53:39qui disent
00:53:40oui
00:53:40il faut arrêter de dire
00:53:42le RN
00:53:44le fascisme
00:53:44la seconde guerre mondiale
00:53:45le Pétain
00:53:46ça ne marche pas
00:53:46d'abord je pense qu'on aurait tort
00:53:48de leur faire ce cadeau
00:53:49parce qu'il y a encore des gens
00:53:51qui sont conscients
00:53:53il y a une conscience historique
00:53:54dans notre pays
00:53:54et elle a des effets politiques
00:53:56on ne va pas commencer
00:53:57à la saboter
00:53:58et puis quand même
00:53:58je suis désolé
00:53:59ce n'est pas les brebis galeuses
00:54:00dès que vous soulevez un caillou
00:54:02dans le RN
00:54:02ça grouille immédiatement
00:54:04on a une casquette du nazi
00:54:07qui tourne là
00:54:08dans les circonstances
00:54:09les plus dramatiques
00:54:10qu'on a connues
00:54:10il n'y a pas très longtemps
00:54:11on a découvert
00:54:12Vincent Claudin
00:54:12qui était l'assistant parlementaire
00:54:14d'une de vos collègues
00:54:16députée du RN
00:54:17en l'occurrence
00:54:18qu'est-ce qu'il était ce garçon
00:54:19il était à la tête
00:54:20de Lyon Populaire
00:54:21qui était un groupuscule
00:54:23absolument néo-nazi
00:54:24donc c'est Hitler
00:54:26Goebbels
00:54:26toute la famille
00:54:26c'est ça dont on parle
00:54:27c'est pas une formule
00:54:29d'excité
00:54:29c'est des gens
00:54:30qui sont néo-nazis
00:54:31bon donc
00:54:32on ne va pas leur faire
00:54:33le cadeau de
00:54:33on passe à autre chose
00:54:34c'est fini
00:54:35ça ne marche pas
00:54:35ça ne marche plus
00:54:36on ne parle pas de ça
00:54:36non
00:54:37l'extrême droite
00:54:38elle a une histoire
00:54:38il y a une conscience populaire
00:54:40dans une partie de notre pays
00:54:40qui le sait
00:54:41qui sait ce que ça veut dire
00:54:42il ne faut pas lâcher
00:54:42cette affaire-là
00:54:43deuxième affaire
00:54:44oui
00:54:44il faut quand même
00:54:45les amener
00:54:46sur le terrain social aussi
00:54:47parce que je suis désolé
00:54:48c'était déjà
00:54:49de la grande arnaque
00:54:50à l'époque
00:54:50de Marine Le Pen
00:54:51parce que ça a été du vent
00:54:53mais en plus
00:54:54en ce moment
00:54:54où Bardella est en train
00:54:55de faire
00:54:56ses grandes amours
00:54:57avec le MEDEF
00:54:57on ne va pas commencer à dire
00:54:58ah non
00:54:59ne parlons pas de social
00:55:00parce que du coup
00:55:00ce n'est pas intéressant
00:55:01il ne faut pas leur parler
00:55:02de ça
00:55:02ça ne marche pas
00:55:03non
00:55:03il faut le dire
00:55:04la retraite à 60 ans
00:55:05ils ne sont pas pour
00:55:06l'augmentation réelle
00:55:07et concrète
00:55:08de la vie
00:55:08des milieux populaires
00:55:10ils ne sont pas favorables à ça
00:55:11et je peux vous assurer
00:55:12que quand vous allez
00:55:13dans une partie
00:55:14de leur électorat
00:55:14il y a des gens
00:55:15quand vous leur dites ça
00:55:16ils ne vous croient pas
00:55:17ils ne vous croient pas
00:55:18parce que chez beaucoup d'électeurs
00:55:19il y a des gens
00:55:20qui se disent
00:55:20oui
00:55:20ceux qui vont nous défendre
00:55:22nous
00:55:22et pas comme blancs
00:55:24comme gens
00:55:25qui vivent
00:55:25qui travaillent
00:55:26et qui ont du mal
00:55:27à joindre les deux bouts
00:55:28ils pensent que le RN
00:55:29ils peuvent s'appuyer dessus
00:55:30et que c'est un allié
00:55:30il faut démanteler ça
00:55:32il faut démanteler ça
00:55:33donc pas de cadeau
00:55:34sur l'histoire
00:55:34pas de cadeau
00:55:35sur le plan social
00:55:36et évidemment
00:55:37pas de cadeau
00:55:38sur les questions racistes
00:55:39il faut mener les trois
00:55:40il ne faut rien lâcher
00:55:41il n'y a aucun cadeau
00:55:42à faire au RN
00:55:42ils sont coupables
00:55:44et fautifs
00:55:44sur ces trois affaires
00:55:45et il faut les cartonner
00:55:46systématiquement là-dessus
00:55:47il y a un mot pour finir
00:55:48concrètement
00:55:49sur fâchés
00:55:49fâchés pas fâchaux
00:55:51est-ce que
00:55:51est-ce que
00:55:52ces gens existent
00:55:54ou est-ce qu'il y a
00:55:55quand même aussi
00:55:56à combattre
00:55:56ce racisme diffus
00:55:59alimenté
00:56:00on le sait
00:56:00on parlait de bollerie
00:56:01il y a quelques instants
00:56:03il faut combattre le racisme
00:56:04après
00:56:05moi je ne sais pas
00:56:06ce que ça veut dire
00:56:06cette formule
00:56:06je ne sais pas
00:56:07en tout cas
00:56:08ce que je sais
00:56:08c'est qu'il y a des gens
00:56:09qui aujourd'hui
00:56:10votent pour le rassemblement national
00:56:12pour moi
00:56:12la vie ne s'arrête pas
00:56:14à un bulletin
00:56:14et donc ça veut dire
00:56:15que
00:56:16sinon qu'est-ce qu'on fait
00:56:17on est minoritaire
00:56:18en ce moment que je sache
00:56:19donc qu'est-ce qu'on fait
00:56:20on dit que ceux qui ne votent pas
00:56:21pour nous
00:56:21ils sont des cons
00:56:22et c'est fini pour la vie
00:56:23non
00:56:24moi je suis pour
00:56:25faire grandir
00:56:26la conscience de classe
00:56:26c'est la lutte de classe
00:56:27donc dans les gens
00:56:28qu'on a rassemblés
00:56:29qui sont le monde du travail
00:56:30et de la création
00:56:30il y a des gens qui ne votent pas
00:56:31il y a des gens qui votent pour nous
00:56:32il y a des gens qui ne votent pas pour nous
00:56:33et bien moi je veux
00:56:34que tous ces gens-là
00:56:35ils montent en conscience de classe
00:56:36ils s'activent
00:56:37ils s'organisent
00:56:37ils rejoignent les syndicats
00:56:39ils entrent dans les partis politiques
00:56:40et ils se battent
00:56:41ils se battent avec nous
00:56:42pour leurs intérêts
00:56:43donc moi je ne sais pas
00:56:44s'ils sont fâchés
00:56:44ou pas fâchés
00:56:45je n'en sais rien
00:56:45ce que je sais
00:56:46c'est que notre axe stratégique
00:56:47c'est celui-là
00:56:48c'est de rassembler le monde
00:56:49du travail et de la création
00:56:50pour la défense
00:56:51de ses intérêts propres
00:56:52qui coïncident
00:56:54avec les intérêts
00:56:55de l'humanité
00:56:56et de la planète
00:56:56il y avait juste une question
00:56:58après vous pourrez bien sûr
00:57:00répondre Antoine Léomand
00:57:01mais que vous évoquiez
00:57:02d'ailleurs tout à l'heure
00:57:03à propos des violences policières
00:57:05celle du racisme systémique
00:57:08qui traverse
00:57:08les politiques d'État
00:57:11au-delà de ça
00:57:12est-ce que c'est un front
00:57:13auquel il faut prioritairement
00:57:15également s'attaquer
00:57:16pour justement
00:57:17faire reculer les divisions
00:57:19que vous évoquiez
00:57:20comme je vous le disais
00:57:22tout à l'heure
00:57:24je parle violences policières
00:57:25mais aussi
00:57:27évidemment
00:57:27dans le logement
00:57:29enfin voilà
00:57:29dans tout un tas
00:57:30de ces dimensions
00:57:31de la vie quotidienne
00:57:31les discriminations
00:57:32à l'embauche
00:57:33qui touchent
00:57:33qui concernent
00:57:34évidemment
00:57:34tout à l'heure
00:57:35je vous le disais
00:57:35nous on le fait
00:57:36depuis longtemps
00:57:37et pour les deux raisons
00:57:38fondamentales
00:57:38on le fait
00:57:39parce qu'on est le parti
00:57:40de l'émancipation humaine
00:57:41donc tout ce qui fait obstacle
00:57:43on se mobilise contre
00:57:44et deuxièmement
00:57:45on le fait encore plus
00:57:46maintenant
00:57:46parce que c'est un enjeu stratégique
00:57:48ça veut dire que
00:57:49dans la stratégie mise en oeuvre
00:57:51par l'extrême droite
00:57:52il y a cet axe stratégique
00:57:53de division
00:57:54donc partant
00:57:54il faut se mobiliser
00:57:55plus particulièrement
00:57:56par rapport à ça
00:57:56c'est pour ça que Fabien Roussel
00:57:58en 2022 par exemple
00:58:00proposait
00:58:00dans le cadre de sa campagne
00:58:02en l'occurrence
00:58:03l'inéligibilité
00:58:04parce que ça devient insupportable
00:58:05c'est-à-dire que maintenant
00:58:06on considère qu'effectivement
00:58:07peut être élu de la nation
00:58:09n'importe quelle personne
00:58:10qui tient des propos racistes
00:58:11Éric Zemmour
00:58:11il a eu tous les plateaux de télé
00:58:13pour tout le monde
00:58:14alors maintenant
00:58:14c'est Sarah Knafo
00:58:15qui dit évidemment
00:58:16elle n'a rien à voir
00:58:16elle est gentille
00:58:17c'est exactement la même ligne
00:58:18et tous ces gens-là
00:58:19qui font des scores
00:58:20en général assez modestes
00:58:21malgré l'exposition médiatique
00:58:24invraisemblable
00:58:24à laquelle ils ont droit
00:58:25ben non
00:58:26nous nous disons que non
00:58:26si on est condamné
00:58:27pour avoir tenu
00:58:29des propos racistes
00:58:29qui atteignent
00:58:30qui atteignent à la nation
00:58:31ben il faut être inéligible
00:58:32c'est un aspect
00:58:33parmi beaucoup d'autres
00:58:34qu'il faut évidemment mener
00:58:35parce que c'est effectivement
00:58:36un combat qui forcément
00:58:37dans la période qu'on vit
00:58:38revêt un caractère stratégique
00:58:39Vous vouliez répondre
00:58:40Antoine Léman
00:58:40Oui sur plusieurs
00:58:41bon déjà je suis globalement d'accord
00:58:44et je pense que
00:58:45sur les trois niveaux
00:58:47que vous avez fixés
00:58:48en disant
00:58:49ben il ne faut pas arrêter
00:58:50de leur dire que
00:58:50oui oui c'est les héritiers
00:58:51de Pétain
00:58:51c'est un parti littéralement
00:58:53fondé par des Waffen et 16
00:58:54donc ils ont une histoire
00:58:55qui est une histoire particulière
00:58:56quand même
00:58:57moi je ne m'inscrirais pas
00:58:58dans un parti
00:58:59dans un parti comme celui-ci
00:59:01donc leur rappeler l'histoire
00:59:02et par ailleurs
00:59:03chaque fois qu'ils font
00:59:03comment ils appellent ça
00:59:04le point Godwin
00:59:05où on est censé
00:59:07avoir fini la discussion
00:59:08mais c'est le moment
00:59:08où précisément
00:59:09ça commence à les agacer
00:59:10parce qu'on est en train
00:59:11de revenir au fondamental
00:59:12c'est ce que dit Césaire
00:59:13ce qui dérange l'Européen
00:59:15c'est le Hitler
00:59:16qu'il y a dans la politique
00:59:17qui mène
00:59:17donc oui c'est vraiment
00:59:19là quand on arrive
00:59:20au moment
00:59:20où on leur a fait dire
00:59:22ah bah c'est le point Godwin
00:59:23c'est que c'est le moment
00:59:23où ça commence
00:59:24vraiment on est bien
00:59:26on les a bien poussés
00:59:26dans leur retranchement
00:59:27donc il ne faut pas arrêter
00:59:28de leur renvoyer à ça
00:59:29ça c'est le premier élément
00:59:29le deuxième élément
00:59:30c'est que effectivement
00:59:32lutter contre l'imposture sociale
00:59:34du RN
00:59:34c'est quelque chose
00:59:35de particulièrement efficace
00:59:36notamment dans le moment précis
00:59:38dans lequel on est
00:59:38où les droites extrêmes
00:59:41et l'extrême droite
00:59:42sont en train d'essayer
00:59:42de se coaliser
00:59:44dans la stratégie
00:59:45qui est celle de ce terrain
00:59:46et d'ailleurs
00:59:46j'en profite pour dire
00:59:47que le rôle spécifique
00:59:48de monsieur Retailleau
00:59:49c'est précisément celui
00:59:50en étant les républicains
00:59:52de faire toujours
00:59:53des prises de position
00:59:54qui sont plus à droite
00:59:56que l'extrême droite
00:59:57pour permettre deux choses
00:59:58un la diabolisation
00:59:59de la France insoumise
01:00:00pour que dans un deuxième tour
01:00:01on puisse avoir une raison
01:00:02de voter pour le RN
01:00:03en disant
01:00:03ah bah il y a pire
01:00:04que le RN
01:00:04il y a la France insoumise
01:00:05c'est ça l'objectif
01:00:06de monsieur Retailleau
01:00:07et c'est que comme
01:00:08en étant perçu
01:00:09comme plus à gauche
01:00:10que le RN
01:00:10et bien il puisse faire
01:00:12enfin plus à gauche
01:00:12je suis dit
01:00:14mais vous voyez
01:00:14ce que je veux dire
01:00:15mais qu'il puisse faire
01:00:16le pont
01:00:16avec cette droite là
01:00:18mais moi je pense
01:00:18qu'une partie
01:00:19de l'électorat du RN
01:00:20il n'est pas d'accord
01:00:21avec ça
01:00:22toute la mise en scène
01:00:23avec la princesse
01:00:25de Bourbon
01:00:26et tout ça
01:00:26qui représente
01:00:28un monde
01:00:29qui est un monde
01:00:29à la fois riche
01:00:31et un monde
01:00:31qui renvoie
01:00:32à la monarchie
01:00:33pardon mais je pense
01:00:34qu'il y a plein de gens
01:00:35qui sont hyper mal à l'aise
01:00:36avec ça
01:00:36dans l'électorat
01:00:37du RN
01:00:38parce que c'est une mise
01:00:39en scène
01:00:39qui vise
01:00:40à montrer le luxe
01:00:41toutes les réunions
01:00:42qui sont faites en ce moment
01:00:43avec le MEDEF
01:00:44avec des très grands patrons
01:00:45tout ça a un objectif
01:00:47qui est de faire
01:00:47l'objectif traditionnel
01:00:48du fascisme
01:00:49c'est diviser
01:00:50les classes populaires
01:00:51pour défendre
01:00:52les intérêts
01:00:52des propriétaires
01:00:53donc tout ça continue
01:00:54mais il y a une question
01:00:56pardon il faut qu'on finit
01:00:57non non
01:00:57il y a une question
01:00:58il y a une question
01:00:58qui reste
01:01:01le point
01:01:01le point central
01:01:02c'est que la question du racisme
01:01:05il faut réussir
01:01:06à l'apprendre
01:01:07et à la faire reculer
01:01:08puisque les travaux
01:01:09des sociologues
01:01:10nous disent
01:01:11et en étant entrés
01:01:11dans le détail
01:01:12que le racisme
01:01:13est le sous-bassement
01:01:13du vote RN
01:01:14et que c'est une politisation
01:01:15raciste des questions sociales
01:01:17alors l'un des enjeux
01:01:18c'est de réussir
01:01:19à extirper cette question là
01:01:21comment on fait ?
01:01:22c'est ça
01:01:22parce que la question
01:01:23que vous m'aviez posée
01:01:23c'était
01:01:24est-ce qu'on a renoncé
01:01:25à convaincre une partie
01:01:26des classes populaires
01:01:27qui votent pour le RN
01:01:28les fâchés pas fâchaux
01:01:29on se considère
01:01:30qu'ils sont
01:01:30et fâchés
01:01:31et fâchaux
01:01:32si jamais
01:01:32ils votent pour le RN
01:01:33mais du coup
01:01:34comment on fait
01:01:34pour extirper cette question là ?
01:01:36et là
01:01:36il y a d'autres
01:01:37travaux de sociologie
01:01:38qui me semblent
01:01:38extrêmement intéressants
01:01:39à regarder
01:01:40qui sont ceux
01:01:41de Vincent Tibéry
01:01:42qui travaillent
01:01:43sur la question
01:01:44de la politisation inversée
01:01:45c'est-à-dire
01:01:46qu'aujourd'hui
01:01:47les jeunes
01:01:47sont prescripteurs
01:01:48de normes
01:01:48pour leurs parents
01:01:49et si vous voulez
01:01:50un excellent exemple de ça
01:01:51vous avez le vote
01:01:51des sénateurs au Sénat
01:01:52sur l'IVG
01:01:54l'inscription de l'IVG
01:01:55où vous avez
01:01:55les petites filles
01:01:56ou les filles
01:01:56des sénateurs
01:01:57qui leur disent
01:01:57si jamais tu votes pas
01:01:58l'inscription volontaire
01:02:00de l'IVG
01:02:02dans la constitution
01:02:04alors en gros
01:02:04tu peux me dire au revoir
01:02:06moi je ne tolérerais pas ça
01:02:07ça c'est des phénomènes
01:02:09qui existent partout
01:02:10Pascal Praud
01:02:10qui dit
01:02:11le seigneur m'envoie une épreuve
01:02:12ma fille vote Mélenchon
01:02:13Ménard
01:02:14qui écrit une lettre
01:02:16à sa fille
01:02:16parce que sa fille
01:02:17vote pour la France insoumise
01:02:18ça c'est des phénomènes
01:02:19qui existent
01:02:20dans l'ensemble
01:02:20de la société
01:02:21et tout le monde
01:02:21n'est pas dans des positions
01:02:22comme Ménard
01:02:23ou Pascal Praud
01:02:23il y a plein de gens
01:02:24qui mettent un bulletin de vote
01:02:27RN dans l'urne
01:02:28et dont les enfants
01:02:29votent pour la France insoumise
01:02:30pour le PCF
01:02:30pour le PS
01:02:30pour ce que vous voulez
01:02:31moi je dis
01:02:32à ceux qui sont
01:02:33dans cette situation là
01:02:34parce que je sais
01:02:34qu'il y en a plein
01:02:35des jeunes sans doute
01:02:35qui nous écoutent
01:02:36et qui se disent
01:02:36mon dieu je m'arrache les cheveux
01:02:37j'arrive pas à convaincre mes parents
01:02:38j'arrive pas à convaincre mes gros parents
01:02:39je dis faites ce travail là
01:02:41convainquez vos parents
01:02:41mais n'essayez pas
01:02:42de les convaincre
01:02:43sur la base juste
01:02:44justement
01:02:44de la question sociale
01:02:45on va se mettre tous d'accord
01:02:46parce que si on ne traite pas
01:02:48la question du racisme
01:02:49si on ne traite pas
01:02:50la question des discriminations
01:02:51si on ne traite pas
01:02:52la question
01:02:52que renvoie au wokisme
01:02:54quand ils sont d'extrême droite
01:02:56mais la question
01:02:57des discriminations
01:02:57des personnes LGBT
01:02:58la question des discriminations
01:03:00qui s'adressent
01:03:01spécifiquement aux femmes
01:03:01bref si on ne traite pas
01:03:02toutes les questions
01:03:03de domination
01:03:03qui sont là
01:03:05alors on ne réglera pas
01:03:06le problème
01:03:06et pour aller
01:03:07vraiment je termine d'une phrase
01:03:08ce sont des luttes
01:03:09profondément républicaines
01:03:10lutter contre des systèmes
01:03:11de domination
01:03:12c'est permettre
01:03:13l'égalité réelle
01:03:13et en fait
01:03:14c'est l'objectif
01:03:15de la République
01:03:16si on va jusqu'au bout
01:03:16de la République
01:03:17il y a une dimension sociale
01:03:18mais tous les autres
01:03:19systèmes de domination
01:03:20qui existent
01:03:21dans notre société
01:03:21il faut réussir
01:03:22à les combattre
01:03:23et à les exploser
01:03:24si jamais on veut faire
01:03:24l'unité du peuple
01:03:25je veux dire un tout petit mot
01:03:26parce que vous avez insisté
01:03:27en disant que vous étiez d'accord
01:03:28avec ce que j'avais dit
01:03:29mais quand même
01:03:29ce qui m'a frappé
01:03:30quand j'ai écouté
01:03:32pour voir un petit peu
01:03:33ce que vous disiez
01:03:34ce qu'on allait se dire
01:03:35quand j'ai écouté
01:03:36le débat Mélenchon-Lordon
01:03:37il dit en gros
01:03:39moi
01:03:39enfin nous
01:03:40forcément
01:03:41donc on a deux
01:03:43deux priorités
01:03:45qui sont
01:03:45ceux qui ont jeté l'éponge
01:03:47les quartiers populaires
01:03:48et la jeunesse
01:03:48et la question de classe
01:03:50on voit bien
01:03:50que c'est pas quelque chose
01:03:51qui structure son raisonnement
01:03:53moi j'ai ramené de ce côté là
01:03:55mais on voit bien
01:03:55que c'est pas ça
01:03:56il parle beaucoup des villes
01:03:57quartier populaire
01:03:58jeunesse
01:03:58bon ok
01:03:59mais moi j'ai rien contre les jeunes
01:04:01j'ai rien contre les quartiers populaires
01:04:01tout ça est très bien
01:04:02mais si vous voulez
01:04:04effectivement
01:04:04à certains égards
01:04:06je trouve que la question
01:04:07de Julien Mlawit
01:04:08est intéressante
01:04:08parce que je trouve que
01:04:10ça ressemble quand même
01:04:11à une structuration
01:04:12sociale-démocrate
01:04:13électorale
01:04:14en gros
01:04:14c'est-à-dire
01:04:15en gros
01:04:16et plutôt qu'une logique de classe
01:04:17voilà
01:04:18justement pour revenir
01:04:19sur cette question
01:04:19parce qu'à l'époque
01:04:20Jean-Luc Mélenchon
01:04:21a beaucoup aussi critiqué
01:04:23à l'issue
01:04:24notamment de la présidentielle
01:04:26à laquelle
01:04:26François Hollande
01:04:27a accédé au pouvoir
01:04:29cette stratégie
01:04:31et on voit
01:04:31qu'un certain nombre
01:04:32de termes
01:04:33se ressemblent
01:04:34vous défendez
01:04:35une stratégie
01:04:36qui se veut différente
01:04:37puisque vous le disiez
01:04:38à nouveau
01:04:38on s'adresse
01:04:39aux classes populaires
01:04:40qu'il s'agit
01:04:41d'unifier
01:04:42par là
01:04:42mais comment ne pas
01:04:43tomber dans ce piège
01:04:45je crois que la question
01:04:46se rejoint
01:04:46bon déjà pour moi
01:04:48convaincre les quartiers
01:04:49populaires
01:04:49les personnes qui habitent
01:04:50dans les quartiers populaires
01:04:51et les jeunes
01:04:51de participer
01:04:53de s'inscrire dans les élections
01:04:54c'est une question sociale
01:04:55il faut bien voir
01:04:57comment on est dans notre pays
01:04:58à l'heure actuelle
01:04:58on est dans une situation
01:04:59de suffrage censitaire
01:05:00qui ne dit pas son nom
01:05:01il y a 10 millions de personnes
01:05:03qui sont ou pas inscrites
01:05:04ou mal inscrites
01:05:04sur les listes électorales
01:05:05ces personnes ont des caractéristiques
01:05:06spécifiques
01:05:07elles vivent davantage
01:05:08dans les quartiers populaires
01:05:09et elles sont davantage jeunes
01:05:11et l'abstention
01:05:12est socialement située
01:05:14notamment
01:05:15dans les quartiers populaires
01:05:16et chez les jeunes
01:05:16et par ailleurs
01:05:18je pense que c'est pas un coup de bol
01:05:20je pense que c'est
01:05:20l'effet d'une action politique
01:05:22les habitants des quartiers populaires
01:05:24et les jeunes
01:05:25votent davantage à gauche
01:05:26et particulièrement très à gauche
01:05:28que les autres
01:05:28donc
01:05:29on n'a pas réfléchi
01:05:30très très longtemps
01:05:31on s'est dit
01:05:31oh là là
01:05:32il y a plein de gens
01:05:33qui ne votent pas
01:05:33et qui ont des caractéristiques sociales
01:05:36qui généralement
01:05:36les fait plutôt voter pour nous
01:05:37qu'est-ce qu'on peut faire ?
01:05:38essayer de faire en sorte
01:05:39que les gens s'inscrivent
01:05:39sur les listes électorales
01:05:40et qu'ils aillent voter
01:05:41parce qu'il y a là
01:05:42une capacité
01:05:44et une capacité révolutionnaire
01:05:45je le dis comme je le pense
01:05:46mais une capacité
01:05:47d'action politique révolutionnaire
01:05:49par les bulletins de vote
01:05:50qui est immobilisé
01:05:51mais ça n'exclut pas
01:05:53le fait d'essayer
01:05:53de convaincre d'autres gens
01:05:54parce que sinon
01:05:56c'est pour ça que je disais
01:05:57que j'étais d'accord
01:05:57parce que sinon
01:05:58on renonce
01:05:59ça veut dire quoi ?
01:05:59ça veut dire
01:06:00c'est la peste de Camus
01:06:01dès qu'une personne
01:06:02est contaminée
01:06:03par la maladie de voter RN
01:06:04alors on abandonne
01:06:05et puis c'est foutu
01:06:06et on n'essaye pas
01:06:07de régler
01:06:08ou rhinocéros
01:06:09mais c'est comme ça
01:06:10que ça fonctionne le fascisme
01:06:11c'est de proche en proche
01:06:13des gens qui se laissent convaincre
01:06:14par des solutions simplistes
01:06:16sur le monde
01:06:17Guillaume Roubauchet
01:06:18une question
01:06:20le vote populaire
01:06:21de droite
01:06:21a toujours existé
01:06:23on voit
01:06:23que l'électorat de droite
01:06:24populaire
01:06:25s'est dirigé
01:06:26davantage vers
01:06:27l'extrême droite
01:06:27et on voit
01:06:28les travaux
01:06:29de sociologues
01:06:30qui montrent
01:06:31des travaux candidatifs
01:06:32que
01:06:33y compris sur les questions
01:06:34de classe
01:06:35au sein de l'entreprise
01:06:36les électeurs RN
01:06:37plutôt issus
01:06:37des classes populaires
01:06:38et classes moyennes
01:06:40valorisent des items
01:06:41plutôt de droite
01:06:41c'est à dire
01:06:42de la méritocratie
01:06:43une relation très verticale
01:06:44dans l'entreprise
01:06:45entre l'employeur
01:06:46et les salariés
01:06:47comment est-ce qu'on peut
01:06:47aller chercher
01:06:48ces gens là aussi
01:06:49je vais vous répondre
01:06:50bien sûr
01:06:52mais quand même
01:06:53pour répondre en deux mots
01:06:54à ce que vous disiez
01:06:56moi évidemment
01:06:57enfin je veux dire
01:06:57vous connaissez
01:06:58l'implantation du parti communiste
01:07:00quand même
01:07:00donc les quartiers populaires
01:07:01c'est quelque chose
01:07:01qui n'est pas une réalité
01:07:02qui nous est étrangère
01:07:02et à laquelle on est
01:07:03évidemment sensible
01:07:04mais si quelqu'un déménage
01:07:05parce qu'il se retrouve ailleurs
01:07:07il nous intéresse quand même
01:07:07parce qu'il appartient toujours
01:07:08à ce moment du travail
01:07:09la création qui nous intéresse
01:07:10et quand un vote n'est plus jeune
01:07:11il nous intéresse toujours
01:07:12parce qu'il appartient toujours
01:07:13nous on est structuré par ça
01:07:15vous voyez
01:07:15je veux dire
01:07:16donc je ne sens pas
01:07:16cette structuration
01:07:17de votre côté
01:07:19maintenant pour répondre
01:07:20à votre question
01:07:21on a 10 ans
01:07:22on a 10 ans
01:07:23c'est normal que la France insoumise
01:07:25soit moins structurée
01:07:28géographiquement
01:07:28que le
01:07:28je ne parle pas
01:07:29en termes d'implantation
01:07:30je parlais en termes
01:07:31de préoccupation stratégique
01:07:32je ne sentais pas ça
01:07:33et puis par ailleurs
01:07:33quand même Mélenchon
01:07:35dès qu'il peut
01:07:35il met une cartouche
01:07:36à la CGT
01:07:37il dit le mouvement ouvrier
01:07:38il n'y a rien
01:07:38pardon mais il y a quand même plus
01:07:41regardez le Lordon
01:07:42machin là
01:07:42Lordon
01:07:42parce que non
01:07:43ce n'est pas une insulte
01:07:44mais regardez le débat
01:07:45avec Lordon
01:07:45en l'occurrence
01:07:46vous verrez
01:07:46il le dit ça
01:07:47il dit
01:07:47où l'on est arrivé
01:07:48il n'y a plus rien
01:07:48le mouvement ouvrier
01:07:49c'est fini
01:07:50il y a un petit peu plus
01:07:51de gens qui sont organisés
01:07:52et qui travaillent à la CGT
01:07:53qu'il y en a dans tous les partis
01:07:54de gauche réunis
01:07:55donc quand même
01:07:56un petit peu d'humilité
01:07:57bon bref
01:07:58maintenant que ceci
01:07:58et ce n'est pas un obstacle
01:08:00au contraire
01:08:00c'est bien
01:08:00il faut s'appuyer
01:08:01il faut renforcer ça
01:08:02maintenant votre question
01:08:03que je vais oublier
01:08:04forcément parce que
01:08:04j'ai une mémoire modeste
01:08:05sur les enquêtes sociologiques
01:08:07qui montrent que
01:08:07l'électorat du Rassemblement
01:08:09plutôt populaire
01:08:11peut adhérer à des items
01:08:12plutôt de droite
01:08:12à savoir méritocratie
01:08:13et relations verticales
01:08:14dans l'entreprise
01:08:15alors moi
01:08:17ce que j'aime pas trop
01:08:18parfois dans la sociologie
01:08:19électorale un peu rapide
01:08:20mais c'est pas du tout
01:08:21ce dont vous accusez ici
01:08:22c'est qu'on dit
01:08:24ben voilà
01:08:24ça a bougé comme ci
01:08:25comme ça
01:08:26moi je fais de l'histoire
01:08:27donc je sais que les gens
01:08:27naissent et que les gens meurent
01:08:29donc c'est pas
01:08:29donc à un moment
01:08:30c'est pas forcément
01:08:30les mêmes personnes
01:08:31je veux dire
01:08:31c'est que c'est pas les mêmes
01:08:32à un moment
01:08:32il faut quand même
01:08:33se rendre compte de ça
01:08:33c'est pas les mêmes personnes
01:08:34donc c'est pas les mêmes
01:08:35socialisations
01:08:36il y a plein de choses
01:08:36qui bougent si vous voulez
01:08:37je sais pas si c'est la nouvelle France
01:08:38mais c'est les nouvelles France
01:08:39au fur et à mesure
01:08:40si vous voulez
01:08:40parce que c'est pas les mêmes personnes
01:08:41donc on peut pas dire
01:08:42il est passé de ça à ça
01:08:43vous voyez ce que je veux dire
01:08:44mais celle d'aujourd'hui
01:08:45adhère plutôt à ses items
01:08:47maintenant la question c'est
01:08:49qu'est-ce qu'on fait
01:08:49par rapport à cet électorat là
01:08:51à ces gens là
01:08:54bon en tout cas
01:08:55nous nous considérons
01:08:56que en tant qu'ils sont
01:08:57producteurs et productrices
01:08:58de richesses
01:08:58ils nous intéressent
01:08:59et qu'ils ont des intérêts
01:09:00objectifs à être de ce côté là
01:09:01et que quand on les amène
01:09:03quand même
01:09:04sur des sujets
01:09:05où c'est difficile
01:09:05de faire de la poudre
01:09:07de perlimpinpin
01:09:08comme dit notre président
01:09:09de la république
01:09:09et qu'on les amène
01:09:10typiquement sur la question
01:09:12de fonds
01:09:12comme la réforme des retraites
01:09:13qu'est-ce que vous voulez
01:09:15que je vous dise
01:09:15ils vont tous
01:09:16dans la même direction
01:09:16et les châtelains
01:09:18de Saint-Cloud
01:09:19et les autres
01:09:19et Bourbon et de Sicile
01:09:21et toute la famille
01:09:21et bien ça change rien
01:09:22si vous voulez
01:09:23je veux dire
01:09:23ils peuvent dire
01:09:23ce qu'ils veulent
01:09:24à la fin
01:09:26la classe
01:09:26si je puis dire
01:09:27la classe est là
01:09:28en quelque sorte
01:09:28donc la question c'est
01:09:29est-ce qu'on est en capacité
01:09:30de mettre les questions
01:09:31de classe au premier plan
01:09:32ou pas
01:09:33de faire émerger cette classe
01:09:35bien sûr
01:09:35mais est-ce qu'on est capable
01:09:36de dire que c'est un enjeu
01:09:38ou pas
01:09:38de le mettre
01:09:38parce que tous les débats
01:09:40politiques sont structurés
01:09:41sur
01:09:41oh il y a trop d'immigrés
01:09:42il y a pas assez d'immigrés
01:09:43c'est une question
01:09:44il faut la traiter
01:09:45pas de problème
01:09:46mais il faut quand même
01:09:47que la question de classe
01:09:47soit posée
01:09:48et si vous posez
01:09:49la question de classe
01:09:49vous voyez
01:09:50qu'aussitôt
01:09:51les tenants du capital
01:09:51sont quand même
01:09:52plus en difficulté
01:09:53pour affirmer devant les leurs
01:09:54que ah oui mais non
01:09:55mais oui mais non
01:09:56alors juste
01:09:57on arrive pas loin
01:09:58du terme du débat
01:09:59mais quand même
01:10:00je trouve ça intéressant
01:10:01de vous entendre
01:10:02sur la critique
01:10:03et formulée à l'instant
01:10:04sur le rapport
01:10:05au monde du travail
01:10:05au syndicalisme etc
01:10:06justement au prisme
01:10:07au fait du fait
01:10:08que le concept
01:10:10de Nouvelle France
01:10:11veut aussi une forme
01:10:12de réponse
01:10:13à la fragmentation
01:10:13du monde du travail
01:10:15oui c'est vrai
01:10:16que c'est quelque chose
01:10:16qu'on n'a pas trop évoqué
01:10:18dans le débat
01:10:18mais le monde
01:10:20dans lequel
01:10:20il y avait le syndicat
01:10:22et le parti
01:10:23qui essayait
01:10:24d'organiser
01:10:26la classe sociale
01:10:27n'existe plus
01:10:28au sens
01:10:30au sens où
01:10:30il pouvait exister avant
01:10:31et justement
01:10:32c'est par ailleurs
01:10:33une difficulté matérielle
01:10:34qu'on a
01:10:34c'est que
01:10:35avant
01:10:35il y avait
01:10:36ces outils-là
01:10:38Jean-Luc
01:10:38quand il dit
01:10:39il n'y a plus rien
01:10:40c'est par rapport
01:10:41à ce qu'on avait avant
01:10:42c'est clair
01:10:42qu'on n'a plus
01:10:43les mêmes outils
01:10:44à disposition
01:10:45et c'est d'ailleurs
01:10:46un des objectifs
01:10:47des capitalistes
01:10:48que d'essayer
01:10:48d'exploser
01:10:50les collectifs
01:10:50de travail
01:10:51si on ne lit pas
01:10:52l'ubérisation
01:10:53de cette manière-là
01:10:54en comprenant
01:10:55que leur enjeu
01:10:56ça a été
01:10:56d'exploser les gens
01:10:58et les mettre
01:10:58dans des rapports
01:10:59qui sont des rapports
01:11:01qui sont du rapport
01:11:02de travail à la tâche
01:11:03en fait et sans contrat
01:11:04salarié
01:11:05qui a une forme
01:11:06de protection
01:11:07et qui permet
01:11:07y compris d'avoir
01:11:08des lieux collectifs
01:11:09d'avoir des structures
01:11:10représentatives du personnel
01:11:11d'avoir des syndicats
01:11:13qui organisent
01:11:14parfois des actions
01:11:15et des revendications
01:11:17si on ne repère pas
01:11:18le fait que ce monde-là
01:11:20n'est plus
01:11:21le monde dans lequel
01:11:22on vit aujourd'hui
01:11:22c'est aussi une des formes
01:11:23de la Nouvelle-France
01:11:24cette explosion
01:11:25du monde du travail
01:11:26et le fait que le syndicat
01:11:27a moins de place
01:11:28aujourd'hui
01:11:28que ce qu'il pouvait avoir avant
01:11:29si on n'arrive pas
01:11:30à comprendre ces réalités-là
01:11:31effectivement c'est un peu
01:11:32difficile
01:11:33de trouver les moyens
01:11:34d'unifier les classes populaires
01:11:36nous le travail
01:11:37qu'on fait
01:11:37c'est quoi
01:11:38c'est juste ça en fait
01:11:39ça peut paraître
01:11:40ça peut paraître
01:11:42je ne sais pas
01:11:44idéaliste
01:11:44ou j'en sais rien
01:11:45mais nous ce qu'on essaye
01:11:45de faire
01:11:46c'est un
01:11:47on a un programme
01:11:48et notre programme
01:11:49ça vise un peu l'objectif
01:11:50que vous disiez
01:11:51en début d'émission
01:11:52mais le programme
01:11:53il vise à unifier
01:11:54autour de revendications communes
01:11:56et de fait
01:11:56c'est pour ça
01:11:57qu'on est aussi relou
01:11:58avec le programme
01:11:59à la France Insoumise
01:12:00c'est que c'est notre
01:12:02comment dire
01:12:03c'est ce qui nous unit
01:12:04en fait nous-mêmes
01:12:04les Insoumis
01:12:05on peut avoir
01:12:06des différences d'analyse
01:12:07je pense que
01:12:07je ne raconte pas les choses
01:12:08de la même manière
01:12:09que d'autres personnes
01:12:10à la France Insoumise
01:12:10et je trouve que
01:12:12contrairement à ce qui est dit de nous
01:12:13il y a une grande diversité
01:12:14de paroles
01:12:14et une grande liberté de parole
01:12:16à l'intérieur
01:12:17de la France Insoumise
01:12:17qui permet souvent à des gens
01:12:19de s'attacher
01:12:20à des personnalités différentes
01:12:21parce qu'ils vont dire
01:12:22ils vont avoir des mots
01:12:23qui parlent plus
01:12:25à certains qu'à d'autres
01:12:26et donc ça permet
01:12:27à tout le monde
01:12:28d'avoir un point d'entrée
01:12:29mais ensuite
01:12:30ce point d'entrée
01:12:30il est inutile
01:12:31si jamais il ne permet pas
01:12:32de s'unifier autour d'un programme
01:12:34et de revendications sociales communes
01:12:35et c'est ça le travail
01:12:36que je pense
01:12:39on essaye de faire
01:12:41avec parfois en tâtonnant
01:12:42parfois peut-être
01:12:44qu'on dit des choses
01:12:45et que ça ne marche pas
01:12:46par exemple
01:12:46quand vous disiez
01:12:47vous reveniez sur l'expression
01:12:48fâchez pas fâcho
01:12:49on en est revenu
01:12:50on trouve qu'aujourd'hui
01:12:51on dit
01:12:52ah non
01:12:53on avait manqué
01:12:54une partie de la réalité
01:12:54on avait manqué
01:12:55la partie
01:12:56lutte contre le racisme
01:12:57spécifiquement
01:12:58qui peut être
01:12:59un des outils
01:13:00un des structurants
01:13:02du vote RN
01:13:02donc voilà
01:13:03on essaye de faire ça
01:13:05et ce que la notion
01:13:06de Nouvelle France
01:13:06permet de faire
01:13:07c'est simplement
01:13:07de décrire
01:13:08le monde tel qu'il est
01:13:09et peut-être aussi
01:13:10celui vers lequel
01:13:11on souhaite arriver
01:13:11d'un mot peut-être
01:13:12juste un tout petit résumé
01:13:14parce que comme on vient
01:13:15d'avoir une petite synthèse
01:13:16sur Nouvelle République
01:13:17comment vous synthétiseriez
01:13:20pardon je vais y arriver
01:13:21en vraiment quelques mots
01:13:22parce qu'on arrive vraiment
01:13:23au terme de l'émission
01:13:25bien sûr
01:13:25nous effectivement
01:13:26on est favorables
01:13:27à une Nouvelle République
01:13:28qui donne
01:13:28toute seule leur place
01:13:29au monde du travail
01:13:30et de la création
01:13:31tous les droits
01:13:32tout ce à quoi
01:13:33ils ont droit
01:13:34en tant qu'ils produisent
01:13:35les richesses
01:13:35c'est pas de la charité
01:13:36une petite pièce
01:13:37pour faire plaisir
01:13:38c'est parce qu'ils portent le monde
01:13:39il est temps qu'ils le conduisent
01:13:40mais d'un mot quand même
01:13:41parce que c'est le 90e anniversaire
01:13:43du Front Populaire
01:13:43et avant le Front Populaire
01:13:45et bien oui
01:13:46on avait une situation
01:13:46où le monde syndical
01:13:48était très affaibli
01:13:49heureusement qu'à l'époque
01:13:50on s'est pas dit
01:13:51bon ben prenons-en acte
01:13:52et passons à autre chose
01:13:53à ce moment là
01:13:53on s'est battu
01:13:54pour renforcer les organisations
01:13:56et ça a été un succès
01:13:57très important
01:13:58et je pense qu'aujourd'hui
01:13:59c'est une ambition
01:13:59c'est la meilleure manière
01:14:00d'être fidèle
01:14:01à ce moment du Front Populaire
01:14:02c'est aussi d'inviter les gens
01:14:04à s'organiser
01:14:05et à avancer
01:14:05et à rejoindre le monde syndical
01:14:06plutôt que d'en acter le décès
01:14:08Une toute dernière question
01:14:09pour conclure
01:14:10je vous fais confiance
01:14:11d'un mot rapide
01:14:12est-ce que vous avez l'impression
01:14:13l'un et l'autre
01:14:14d'être plus d'accord
01:14:15à la fin de cet match
01:14:16que lorsqu'on l'a commencé
01:14:17si vous commencez pas à répondre
01:14:19puisque vous avez commencé
01:14:20cet match
01:14:21et on laissera conclure
01:14:22Guillaume Rouboukouachi
01:14:23Antoine Léauban
01:14:23J'essaye de faire très vite
01:14:25déjà moi je pense
01:14:25qu'il y a essentiellement
01:14:26des points d'accord
01:14:27entre les militants
01:14:29du parti communiste
01:14:30et le parti communiste
01:14:32tel qu'il est réellement
01:14:33sur le terrain
01:14:34et les insoumis
01:14:35vraiment c'est un
01:14:35parfois je me demande
01:14:37pourquoi on fait pas
01:14:38les choses ensemble
01:14:41parfois je trouve
01:14:41qu'il y a des mots durs
01:14:42qui peuvent être dits
01:14:43dans un sens ou dans l'autre
01:14:44et notamment
01:14:46moi par exemple
01:14:47des propos de Fabien Roussel
01:14:48tout à l'heure
01:14:48je l'ai dit
01:14:49il me choque
01:14:49oui je crois qu'on a compris
01:14:51en fait j'ai plus de désaccords
01:14:53souvent avec Fabien Roussel
01:14:54qu'avec les militants communistes
01:14:56et en l'occurrence
01:14:57là dans la discussion
01:14:57qu'on a eu
01:14:58on a des points de différence
01:15:00on a des points de divergence
01:15:02j'ai l'impression
01:15:02qu'en tout cas
01:15:03pour les objectifs
01:15:04qui sont les nôtres
01:15:05allez on va dire
01:15:06à 95%
01:15:07on doit être d'accord
01:15:07sur à peu près
01:15:08sur à peu près tout
01:15:09dans les objectifs
01:15:11déjà en finir avec le capitalisme
01:15:12c'est déjà un bon objectif commun
01:15:13d'accord à 95% aussi
01:15:15Guillaume Roubococchi
01:15:16je sais pas
01:15:18on n'a pas parlé
01:15:19suffisamment longtemps
01:15:20mais vous avez quand même
01:15:20réussi en le petit temps
01:15:21à dire que Fabien Roussel
01:15:23était raciste
01:15:23alors je dirais que moi
01:15:24j'avais connu déjà
01:15:26la mort et le néant
01:15:27déjà et ça me rajeunit
01:15:28entre temps
01:15:29après Doriot
01:15:30bon bon bon
01:15:31je dis pas
01:15:32sur le fond
01:15:33non mais sur le fond
01:15:34c'est quand même
01:15:34c'est pas ce qui est raciste
01:15:35sur le fond de la discussion
01:15:36qu'on a eu aujourd'hui
01:15:37ce propos là
01:15:37il a un fond raciste
01:15:38non mais sur le fond
01:15:40bah écoutez
01:15:41on est sur deux formations de gauche
01:15:43c'est de l'évidence
01:15:44mais après
01:15:45je dis quand même
01:15:46que le rapport
01:15:48à la classe
01:15:49et au monde du travail
01:15:50et de la création
01:15:51n'est je crois pas le même
01:15:52voilà
01:15:52mais c'est normal
01:15:54sinon vous seriez communiste
01:15:55et si j'y accordais
01:15:56moins d'importance
01:15:57je serais insoumis
01:15:57mais c'est pas le cas
01:15:58voilà
01:15:59c'est donc un débat
01:16:00on le voit
01:16:00qui va être amené
01:16:01à se poursuivre
01:16:02dans les semaines
01:16:03et les mois
01:16:04qui arrivent
01:16:06pour ce qui est
01:16:07de l'autre côté
01:16:08on arrive au terme
01:16:09déjà de
01:16:11de cette humatch
01:16:11je voulais vous remercier
01:16:13une nouvelle fois
01:16:13l'un et l'autre
01:16:14Guillaume Roubocouachi
01:16:15et Antoine Leomand
01:16:16d'avoir accepté
01:16:17de participer
01:16:18à ce débat
01:16:19merci à toi aussi
01:16:20Emilio
01:16:21merci à toi Julien
01:16:22merci à tous ceux
01:16:24qui sont en régie
01:16:24et qui nous permettent
01:16:25d'avoir cette émission
01:16:27il y a Mike, Franck
01:16:29je crois que j'ai vu
01:16:29Clara aussi
01:16:30et puis merci à Raphaël
01:16:32qui est un petit peu
01:16:32notre chef d'orchestre
01:16:34alors j'en profite à vous
01:16:36pour vous dire
01:16:36que si vous avez manqué
01:16:38ça ira hier
01:16:39notamment avec Lucie Castet
01:16:40et Marino
01:16:42de Stupid Economics
01:16:43on a aussi abordé
01:16:45par exemple
01:16:45la question du 1er mai
01:16:46le seul jour férié
01:16:48et chômé
01:16:49en France
01:16:50pendant lequel
01:16:51le gouvernement
01:16:52veut absolument
01:16:53nous faire travailler
01:16:54vous pouvez retrouver
01:16:55tout ça
01:16:56en replay
01:16:57dès à présent
01:16:58sur notre site
01:16:59et surtout
01:17:00merci bien sûr
01:17:01à vous tous
01:17:01qui et toutes
01:17:02qui nous avez suivi
01:17:04cet après-midi
01:17:05on se retrouve bientôt
01:17:06pour un New Value Match
01:17:07et d'ici là
01:17:08n'oubliez pas
01:17:09lisez l'humain
01:17:10regardez nos vidéos
01:17:11bien entendu
01:17:12n'hésitez pas
01:17:13à vous sub
01:17:13à la chaîne
01:17:14et surtout
01:17:15abonnez-vous
01:17:16on a besoin de vous
01:17:23abonnez-vous
01:17:26abonnez-vous
01:17:27abonnez-vous
01:17:27abonnez-vous
01:17:28abonnez-vous