- il y a 8 heures
Dans un an, Emmanuel Macron rendra les clés du pouvoir sans avoir endigué la montée du RN, à qui il a, au contraire, pavé la voie jusqu’à en faire le favori de la présidentielle. En 2024, face à la possible arrivée de l’extrême droite à Matignon, la gauche avait su s’unir en formant le Nouveau Front populaire, obtenant même le plus grand nombre d’élus aux législatives.
Mais, en 2027, socialistes, insoumis, écologistes et communistes devraient – sauf surprise – partir en ordre dispersé. Dès lors, et bien qu’elle n’ait pas dépassé les 32 % à chaque élection depuis 2014, la gauche a-t-elle déjà perdu ou peut-elle gagner ? Sur quelle ligne politique ? L’union réclamée par le peuple de gauche est-elle encore possible ?
Pour son millième numéro, l’Humanité a réuni la députée LFI Aurélie Trouvé, sa collègue écologiste Sandrine Rousseau, le sénateur PS Rémi Cardon et le porte-parole du PCF, Léon Deffontaines, pour un débat à un an d’une présidentielle à haut risque.
00:00 Introduction : pourquoi ce débat ?
1:23 Pourquoi la gauche n'arrive pas à s'imposer après Macron
10:22 Quelles mesures pour changer la vie des gens
21:48 Quelle place pour l'écologie ?
27:29 Santé, pouvoir d'achat, éducation... les priorités des français
32:46 La lutte des classes contre le racisme
40:15 Quelles futures grand conquêtes pour la gauche ?
49:30 Les gauches sont-elles irreconciliables ?
1:00:21 S'unir pour la présidentielle ?
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Mais, en 2027, socialistes, insoumis, écologistes et communistes devraient – sauf surprise – partir en ordre dispersé. Dès lors, et bien qu’elle n’ait pas dépassé les 32 % à chaque élection depuis 2014, la gauche a-t-elle déjà perdu ou peut-elle gagner ? Sur quelle ligne politique ? L’union réclamée par le peuple de gauche est-elle encore possible ?
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00:00 Introduction : pourquoi ce débat ?
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10:22 Quelles mesures pour changer la vie des gens
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NewsTranscription
00:00:01Mille numéros, ça se fête ! Pour la millième édition de l'Humanité Magazine et à un an de l
00:00:05'élection présidentielle qui pourrait précipiter l'arrivée de l'extrême droite à l'Elysée,
00:00:08nous avons réuni quatre des principales sensibilités de la gauche pour un débat exigeant tant sur le fond des projets
00:00:13que sur la stratégie présidentielle.
00:00:15Dans un an, Emmanuel Macron rendra les clés du pouvoir sans avoir réussi à endiguer la montée du Rassemblement National
00:00:20à qui il a au contraire pavé la voie.
00:00:22Dans un an, la gauche partira, sauf surprise, en ordre dispersé, là où face au risque de voir Bardella arriver
00:00:28à Matignon en juillet 2024,
00:00:30elle avait su s'unir en formant le nouveau Front populaire. Le NFP était alors arrivé en tête des élections
00:00:35législatives en nombre d'élus.
00:00:37Assiste-t-on à un retour des gauches irréconciliables ? La gauche est-elle à la hauteur du moment historique
00:00:43?
00:00:43Pourra-t-elle dépasser le seuil de 32% des suffrages auxquels elle est bloquée depuis 2014 ?
00:00:47A-t-elle déjà perdu ou peut-elle gagner ? Et sur quelle ligne politique pour changer la vie des
00:00:52gens ?
00:00:52Pour ce débat que je coanime avec Aurélien Souchère, chef du service politique de l'Humanité,
00:00:56nous accueillons sur notre plateau quatre responsables politiques.
00:00:59Aurélie Trouvé, députée de Seine-Saint-Denis et responsable des relations unitaires de la France insoumise. Bonjour.
00:01:04Bonjour.
00:01:05Rémi Cardon, sénateur de la Somme et secrétaire nationale du PS à la communication et la riposte.
00:01:10Bonjour.
00:01:10Sandrine Rousseau, députée écologiste de Paris.
00:01:13Bonjour.
00:01:14Et Léon Desfontaines, deuxième vice-présidente d'Amiens Métropole et porte-parole du Parti communiste français.
00:01:19Bonjour à tous les quatre et merci d'avoir répondu à notre invitation.
00:01:23Alors, il faut toujours prendre les sondages avec des pincettes, mais la gauche est donnée battue dans quasiment tous les
00:01:28cas de figure en 2027.
00:01:30Sandrine Rousseau, comment vous expliquez qu'elle ne parvienne pas à incarner la possibilité d'une alternance
00:01:34après dix années de macronisme alors que l'UNFP est arrivé en tête aux législatives ?
00:01:40Déjà, je voudrais dire qu'à chaque fois qu'on a essayé l'union, ça a marché. Et quand on
00:01:45ne l'essaye pas, ça perd. Et là, j'ai l'impression qu'on s'est enfermé dans des espèces
00:01:50de batailles qui ne parlent pas du tout.
00:01:53Et on parle d'alliance non-stop. On ne parle plus de projet. On ne sait pas pourquoi on veut
00:01:57le pouvoir.
00:01:58Et quand je vois tout ce qui se passe à l'Assemblée nationale, quand je vois la succession de textes
00:02:02qui nous est présenté,
00:02:03que ce soit les derniers en date sur la loi Yadant, sur la loi contre le 1er mai, sur la
00:02:11loi de programmation agricole, la loi spéciale sur l'agriculture,
00:02:15enfin, toutes les lois qui nous sont présentées, mais Redouelle après, enfin, vraiment, on enquille les lois les plus horribles
00:02:22qui soient.
00:02:22Et en fait, à chaque fois, on fait bloc, la gauche fait bloc pour contrer ça. Et donc, le sujet,
00:02:28c'est comment se fait-il qu'on perçoive le danger,
00:02:31qu'on ait finalement la même analyse dans un hémicycle comme celui de l'Assemblée nationale et qu'on n
00:02:36'arrive pas derrière à transformer ça dans des unions.
00:02:38Et moi, j'entends qu'évidemment, il y a des responsabilités, il y a des inimitiés, mais je le redis,
00:02:44à chaque fois qu'on a essayé, ça a fonctionné.
00:02:47Et moi, l'idée qu'on pourrait passer cette présidentielle, qu'on se concentrerait sur le premier tour, que le
00:02:53premier tour serait autour de 15-16%,
00:02:55que c'est atteignable, etc. Oui, on peut faire 17%. Il y a un des candidats de gauche qui pourrait
00:03:00passer la barre, mais à 17%, on ne passe pas de 17% à 51%.
00:03:04Et moi, c'est vraiment mon angoisse, parce que derrière, il y a des gens qui souffrent très concrètement et
00:03:09très immédiatement de nos divisions.
00:03:12Léon Desfontaines, même question. On a l'impression que 2027, pour l'instant, se joue entre le RN et la
00:03:17droite.
00:03:17C'est qu'il n'y a pas d'ébullition à gauche, alors qu'on parle de la vie des
00:03:19gens. Pourquoi est-ce que la gauche, pour l'instant, n'est pas vue comme alternance ?
00:03:24Je vais repartir du nouveau Front populaire. Vous l'avez cité en introduction. Le nouveau Front populaire, c'est pour
00:03:28le coup une alliance inédite des forces de gauche.
00:03:31Et Mme Rousseau, vous le disiez tout à l'heure, à chaque fois que la gauche se rassemble, elle a
00:03:33gagné.
00:03:34Je n'ai pas exactement la même appréciation sur le nouveau Front populaire.
00:03:36Si le nouveau Front populaire nous a permis d'arriver en tête, c'est certain, notamment au nombre de députés,
00:03:41il ne nous a pas permis de gagner, parce que la preuve en est, aujourd'hui, à l'Assemblée nationale,
00:03:44il y a des majorités qui se font contre toute progression sociale,
00:03:48tout progrès social, on l'a vu avec le dernier débat, notamment sur le 1er mai, où finalement, la droite
00:03:53est majoritaire à l'Assemblée nationale.
00:03:54La droite est majoritaire parce que si on fait la somme des macronistes et du RN, ils ont une majorité
00:03:58absolue pour faire passer l'ensemble des textes de régression sociale.
00:04:01Et les scores que nous avons obtenus lors du nouveau Front populaire, et je le dis souvent, et je l
00:04:07'ai dit notamment en 2024,
00:04:09lorsque je faisais le tour des universités d'été de nos quatre forces politiques, où je disais qu'on est
00:04:14arrivé en tête, qu'on a gagné, mais qu'on a perdu.
00:04:16On a perdu parce qu'on a perdu de nombreuses circonscriptions, et notamment les circonscriptions les plus ouvrières.
00:04:20J'étais candidat moi-même pour le nouveau Front populaire, dans la troisième circonscription de la Somme, une circonscription très
00:04:26ouvrière, sociologiquement,
00:04:27dans ce qu'on appelle le Vimeu, ce qu'on appelait le Vimeu rouge, 50% d'ouvriers, le RN
00:04:32fait 49,71%.
00:04:35Comment se fait-il que la gauche, dans sa globalité rassemblée, elle pèse 15% alors qu'il y a
00:04:39encore 30 ans, elle était majoritaire dans ce territoire-là ?
00:04:44Et la circonscription a été de gauche.
00:04:46Et la réponse, c'est la division ?
00:04:48Non, la réponse, ce n'est pas la division, parce que pour le coup, on était rassemblés.
00:04:50Et donc, la réponse qu'on doit apporter, c'est surtout, quel discours ?
00:04:53Moi, je n'ai aucune religion sur le rassemblement.
00:04:54La question, c'est le fonds et le projet qui permet d'aller chercher celles et ceux qui ne croient
00:04:57plus en la gauche.
00:04:58Moi, ma priorité pour 2027, mais pas que pour 2027, pour l'ensemble des années qui vont arriver,
00:05:02c'est de permettre à la gauche de reconstruire le bloc social qui a fait sa force,
00:05:06d'aller rechercher celles et ceux qui, notamment, sont les ouvrières, les ouvriers, les employés.
00:05:09Et c'est à cela qu'on doit s'adresser en premier lieu.
00:05:12Et la question qu'on doit toutes et tous se poser, c'est comment se fait-il que des gens
00:05:15qui votaient à gauche il y a encore 20 ans,
00:05:17qui aujourd'hui soit s'abstiennent, soit votent Rassemblement National, ne votent plus à gauche ?
00:05:22Et donc, c'est à cette question-là qu'on doit répondre.
00:05:23Et je ne crois pas que c'est le Rassemblement qui permettra d'y répondre.
00:05:26La preuve en est avec le NFP.
00:05:27Par contre, je pense que c'est avec un projet politique renouvelé.
00:05:29Et je partage en tout point ce que vous disiez, Madame Rousseau, sur le fait qu'on a besoin, en
00:05:33revanche, d'avoir des débats de fond à gauche.
00:05:35On débat uniquement de la candidature ou du casting.
00:05:37Moi, j'aimerais qu'on ait un débat de fond sur la manière dont on pourrait réindustrialiser le pays,
00:05:41dont on pourrait développer une agriculture durable pour le territoire,
00:05:45comment on peut retrouver notre souveraineté,
00:05:47comment on est capable d'améliorer le quotidien de l'ensemble des travailleurs de ce pays.
00:05:50En tout cas, je pense que c'est ce qui nous permettra d'aller rechercher cet électorat que nous avons
00:05:52perdu.
00:05:53On parlera justement du fond des projets ensuite.
00:05:55Mais Aurélie Trouvé, je voulais vous poser la question.
00:05:57Depuis 2014, je le disais, quelle que soit l'élection, le total des voix de gauche n'a jamais dépassé
00:06:01les 32%
00:06:02alors que l'extrême droite progresse d'élection en élection.
00:06:05Pourquoi la gauche en tant que bloc est-elle si faible selon vous ?
00:06:08D'abord, qu'est-ce qu'on entend par gauche ?
00:06:10Parce que les dynamiques ne sont pas les mêmes.
00:06:12Moi, je considère qu'il y a certes un affaiblissement de la gauche traditionnelle,
00:06:16mais il y a aujourd'hui un renforcement de la gauche de rupture.
00:06:19Et on le voit d'ailleurs dans les élections municipales,
00:06:22avec des grandes villes qui étaient à droite, qui sont passées à gauche,
00:06:26ou qui étaient centres et qui sont passées vraiment dans la gauche de rupture.
00:06:29Je peux parler de Saint-Nim, mais je peux parler aussi de Nîmes, par exemple.
00:06:32Donc ce qu'on observe, c'est pour moi un renforcement de la gauche de rupture.
00:06:37Et en ce qui concerne la France insoumise, nous n'avons fait que progresser d'élection en élection.
00:06:42Donc ce constat, d'abord un peu déprimant, je ne le partage pas, vraiment.
00:06:48Maintenant, c'est clair que le RN aujourd'hui, plus que jamais, est aux portes du pouvoir.
00:06:53Et évidemment, ça doit interroger.
00:06:54Moi, je suis d'accord aussi sur le fait qu'il faut d'abord, un, aller rechercher le vote des
00:06:59quartiers populaires,
00:07:00des classes populaires, et deuxièmement, l'abstention.
00:07:05Et alors moi, par contre, j'en retiens des enseignements différents.
00:07:10D'abord, je pense, un, qu'il faut faire bloc populaire, ne surtout jamais opposer, par exemple, le rural et
00:07:15l'urbain.
00:07:16Parce qu'en réalité, nous avons, et moi qui viens pourtant d'un milieu plutôt rural, en tout cas, pas
00:07:24du tout urbain.
00:07:25Mais aujourd'hui, en Seine-Saint-Denis, je considère qu'en fait, il y a les mêmes problèmes.
00:07:30Il y a des problèmes identiques quand on est dans un quartier populaire de Seine-Saint-Denis ou dans certaines
00:07:36sous-préfectures,
00:07:37par exemple, le manque criant de services publics.
00:07:39Et donc, je ne suis pas, enfin voilà, je suis pour faire bloc populaire et pas opposer ni rural ni
00:07:45urbain,
00:07:45ou par exemple, ne pas opposer le social et le sociétal, ce qui est une grave erreur.
00:07:50Ça, c'est la première chose.
00:07:52Ensuite, je dis, je pense que c'est la gauche de rupture qui est aujourd'hui en progression.
00:07:57Pourquoi ? Parce que je pense d'abord que les classes, les rapports sociaux se tendent,
00:08:04qu'il y a un capitalisme qui se radicalise et qui demande une rupture.
00:08:08Et quand on dit rien que le programme, tout le programme, ce n'est pas juste par dogmatisme.
00:08:12C'est parce qu'en réalité, je ne peux pas faire la démonstration, je n'ai pas le temps ici,
00:08:16mais si vous répondez rien qu'à un besoin humain fondamental,
00:08:18qui est se nourrir de façon suffisante et saine, rien que ça,
00:08:21ça vous demande de changer tout le mode de production, tout le mode de consommation,
00:08:25et de changer toutes les politiques qui les encadrent, y compris de désobéir à l'Union européenne
00:08:30et de mettre à bas les accords de libre-échange.
00:08:33J'arrive jusque-là.
00:08:34Donc c'est pour vous dire que c'est pas...
00:08:37C'est juste d'aujourd'hui répondre aux besoins, y compris primaires et essentiels,
00:08:42demandent de changer l'ensemble et pas des mesurettes ou juste 10 petites mesures
00:08:46et surtout pas revenir, comme ça a été fait par certains,
00:08:49sur le programme qu'on avait élaboré du nouveau Front populaire,
00:08:52qui pour le coup était un programme de rupture.
00:08:54Rémi Cardon, est-ce que vous, vous le partagez, ce constat d'une gauche trop faible
00:08:57qui ne dépasse pas les 32% depuis 2014 ?
00:09:00Oui, il y a un platon de verre, mais il y a quand même une dynamique d'union,
00:09:03tout de même, on le voit bien dans nos départements,
00:09:05et même dans la Somme en particulier.
00:09:07Même si on est unique, on fait 16% sur des circonscriptions très compliquées,
00:09:13ça n'empêche que sans ça, on finit en dessous de 10, et toutes et tous.
00:09:17Et j'ai bien peur que les présidentielles, ça peut ressembler aussi à ça,
00:09:19si jamais on ne crée pas une dynamique d'union.
00:09:21En tout cas, je vois surtout que c'est une question de temps et de volonté.
00:09:25Le temps, il nous reste peu de temps pour trouver en tout cas une voie de rassemblement
00:09:29et en tout cas un mode de désignation, et ça devient urgent.
00:09:34Et puis la deuxième, c'est la question de volonté.
00:09:36Est-ce que chacun veut venir dans ce rassemblement pour faire face à,
00:09:42si on regarde les sondages, à l'extrême droite qui va être malheureusement très forte ?
00:09:48Et donc c'est la raison pour laquelle on ne doit même pas s'interroger
00:09:51si on doit y aller ou pas, si on doit y aller.
00:09:53Et on doit se retrouver toutes et tous pour effectivement une primaire,
00:09:57un mode de désignation où on aura un candidat, un projet.
00:10:00Et aussi utiliser cette primaire pour confronter nos idées,
00:10:05que la gauche aussi anime la vie politique,
00:10:08que les thèmes de l'extrême droite ne monopolisent pas justement les plateaux télé.
00:10:13C'est à nous aussi de le faire.
00:10:15C'est une question de volonté.
00:10:16Donc j'espère qu'on a tous la même volonté là-dessus.
00:10:21On a évoqué le fait qu'il faut changer de paradigme,
00:10:24ce que disait Aurélie Trouvé.
00:10:26Vous dites que Rémi Cardon, que c'est l'URN qui impose ces thèmes.
00:10:30Léon Desfontaines, on est au milieu d'une crise énergétique
00:10:32qui va sans doute déboucher sur une crise sociale.
00:10:35Les prix du pétrole explosent.
00:10:36La gauche a plein de propositions, nationaliser Total, bloquer les prix.
00:10:42Mais pourtant, on a l'impression que sur les plateaux télé en ce moment,
00:10:44c'est plus le RN qui en tire les marrons du feu, entre guillemets,
00:10:48en proposant de baisser la TVA sur les carburants.
00:10:50Que feriez-vous si vous étiez au pouvoir ?
00:10:52Et quand on parle de la vie des gens, comment est-ce que la gauche peut être audible ?
00:10:55Alors que par exemple, on sait que les services publics sont plébiscités dans le pays
00:10:58et ce n'est pas la gauche qui en tire les richesses électorales.
00:11:02Ce n'est pas le bon terme, mais qui transforme ça en vote.
00:11:07Sur la question du vote, je pense que c'est quelque chose de beaucoup plus profond
00:11:11et ancré dans la population.
00:11:13Le rejet de la gauche.
00:11:14Il y a un véritable rejet de la gauche.
00:11:16Parce que la gauche est vue comme un tout homogène d'ailleurs.
00:11:19Et que lorsque Jean-Luc Mélenchon parle,
00:11:22ou lorsque Raphaël Glucksmann parle,
00:11:24pour les gens, c'est la gauche.
00:11:26Quand bien même, nous, on est capable d'analyser que ce sont deux discours,
00:11:29je pense que ce n'est pas Madame Trouvé qui me dirait le contraire,
00:11:32deux discours qui sont quand même complètement et radicalement différents.
00:11:34Pour autant, c'est vu comme un tout homogène.
00:11:36Pourquoi ? Parce que systématiquement, on dit qu'il y a des différences,
00:11:40mais qu'on est capable de se mettre d'accord, etc.
00:11:41Moi, je pense qu'on a besoin d'être clair sur notre ligne, sur nos orientations.
00:11:47Et en l'occurrence, c'est ce sur quoi on va demander aux Françaises et aux Français
00:11:52de voter en 2027 leur projet.
00:11:54Mais pour revenir sur la question énergétique et sur la question de fonds,
00:11:57parce que je pense que c'est ça qui doit nous animer,
00:11:58en tout cas qui doit animer une bonne partie de nos débats.
00:12:02Face à la hausse du prix du pétrole et du litre d'essence,
00:12:06et de gasoil particulièrement,
00:12:08il y a des mesures d'urgence qui doivent être prises.
00:12:10Je pense qu'on sera à peu près tous d'accord là-dessus, j'espère.
00:12:13Sur le blocage des prix, notamment, comme mesure d'urgence,
00:12:15évidemment, mais on a des mesures à moyen et long terme à prendre.
00:12:20Et c'est sur ça que potentiellement les avis divergent,
00:12:22encore qu'il faudra en débattre.
00:12:23Mais en effet, la nationalisation totale me paraît indispensable.
00:12:26On a un gros groupe pétrolier qui fait des bénéfices records
00:12:30année après année, qui déverse une bonne partie des bénéfices
00:12:33à ses actionnaires.
00:12:35Or, si on avait une entreprise publique,
00:12:37ça permettrait justement de maîtriser davantage les prix
00:12:39et surtout d'éviter que des gros groupes pétroliers
00:12:41puissent s'enrichir sur le dos des Françaises et des Français.
00:12:44Ça, c'est la première mesure.
00:12:45La deuxième, et pour le coup, moi, je partage l'ambition,
00:12:48les moyens pour y parvenir, j'ai plus de mal à les voir,
00:12:50mais l'ambition qui a été portée par le Cornu d'électrifier la France.
00:12:54On le sait, si on veut répondre à l'impératif environnemental,
00:12:56garder notre souveraineté énergétique,
00:12:58il va falloir passer à l'électrification du pays.
00:13:00Il va falloir permettre que notre parc automobile,
00:13:03à terme, avec des voitures, si possible, produites en France,
00:13:05ça implique quand même de repenser notre mode de production,
00:13:08mais que les voitures soient davantage électriques,
00:13:10développer massivement les lignes de chemin de fer, le ferroviaire et autres.
00:13:15Et pour ce faire, si on veut électrifier les besoins,
00:13:17aussi bien dans le parc automobile, mais que dans l'industrie,
00:13:20eh bien, on n'aura pas d'autre choix que d'investir massivement
00:13:23dans des unités de production énergétique.
00:13:25Et pour ce faire, on a besoin des énergies renouvelables,
00:13:28évidemment, parce que c'est de l'énergie qui peut être produite assez rapidement,
00:13:31et on aura besoin d'un mix énergétique, renouvelable et nucléaire.
00:13:35Et on le dit, d'ici 2050, si on veut répondre à l'appératif environnemental,
00:13:38permettre de réindustrialiser le pays,
00:13:39permettre d'améliorer les conditions matérielles d'existence
00:13:44des travailleurs de ce pays,
00:13:45eh bien, on a besoin de construire massivement
00:13:47des réacteurs nucléaires dans le pays
00:13:48pour permettre de répondre à l'ensemble de ces besoins.
00:13:51Et c'est comme cela qu'on arrivera à maîtriser les prix
00:13:54et qu'on arrivera demain à répondre à l'appératif environnemental.
00:13:58– Rémi, sur Cardon, sur cette question de l'énergie et du pouvoir d'achat,
00:14:03que peut faire la gauche ?
00:14:04– Je rejoins beaucoup de choses qui ont été dites déjà,
00:14:06mais moi, il y a un point,
00:14:07parce que j'étais justement rapporteur sur un rapport sur la filière automobile,
00:14:11et ce que j'ai repéré dans les six mois d'audition,
00:14:13c'est qu'effectivement, j'étais très déçu de voir la position,
00:14:17le bouger, en tout cas, de la Commission européenne
00:14:19sur le fait d'ouvrir à 10% pour des véhicules thermiques,
00:14:23notamment en 2035.
00:14:25J'étais très, très, très déçu,
00:14:26parce qu'on voit bien aujourd'hui,
00:14:28on revient en fait avec l'actualité
00:14:30où effectivement le prix du carburant explose,
00:14:32alors que la France a une chance, justement,
00:14:34d'avoir une capacité à produire de l'électricité
00:14:36et donc à servir les Françaises et les Français
00:14:38qui peuvent se déplacer avec des véhicules électriques.
00:14:41C'est la raison pour laquelle, là-dessus,
00:14:44encore une fois, je suis désolé,
00:14:45mais on donne une règle de 2035
00:14:47sur la fin des ventes des véhicules thermiques,
00:14:50on bouge un tout petit peu,
00:14:51parce que la Commission européenne oriente le Parlement
00:14:54pour bouger là-dessus,
00:14:55pour au final faire de la reculade sans arrêt.
00:14:57Et à court terme, qu'est-ce que vous feriez là, maintenant ?
00:14:59Ça, c'est à court terme,
00:15:00c'est à court terme,
00:15:01parce que c'est à moyen et à long terme.
00:15:03Ça ne fait pas baisser le prix des carburants instantanément.
00:15:05Alors, il faut accélérer sur le leasing social.
00:15:07Le leasing social, il existe pour 50 000 voitures,
00:15:10mais il faut un leasing social aussi
00:15:12sur les voitures d'occasion,
00:15:13il existe des voitures électriques d'occasion,
00:15:15et donc là aussi, j'ai déjà rencontré des acteurs,
00:15:17on peut monter à 15 000 véhicules supplémentaires.
00:15:20Donc là aussi, c'est une question de volonté du gouvernement.
00:15:21Alors, force est de constater que le gouvernement a fait un choix
00:15:25sur le budget précédent,
00:15:27d'orienter budgétairement parlant
00:15:32toutes ces politiques,
00:15:33à la fois sur la rénovation thermique
00:15:35et sur l'électrification du parc automobile,
00:15:38d'utiliser les C2E,
00:15:39les certificats d'économie d'énergie.
00:15:41Donc en fait, même les parlementaires n'ont même pu
00:15:42la main en termes d'amendements ou autres
00:15:45pour mettre plus de moyens,
00:15:47ce qui paraît totalement scandaleux.
00:15:49Et donc là-dessus, moi, je crains le pire,
00:15:51puisqu'on voit bien qu'on vient,
00:15:53avec les systèmes de C2E,
00:15:55on vient mettre en concurrence des politiques
00:15:56qui vont dans le même sens,
00:15:57c'est-à-dire une planification écologique
00:16:00pour embarquer les gens vers mieux se déplacer
00:16:04et mieux consommer.
00:16:05Sandrine Rousseau, est-ce que la gauche arrive
00:16:07à être audible sur ce sujet ?
00:16:09Pas tellement,
00:16:10et parce qu'on n'a pas complètement les mêmes propositions,
00:16:12je pense que là, on va l'entendre,
00:16:13c'est que moi, je pense qu'il faut un blocage des prix immédiats
00:16:16et tout de suite, en fait, dans les 24 heures.
00:16:18C'est-à-dire qu'il n'y a pas à attendre.
00:16:20Et surtout, je regrette amèrement
00:16:22qu'il n'y ait pas d'autres propositions
00:16:24comme la démobilité,
00:16:26un plan de télétravail très important,
00:16:30des chèques d'urgence pour les personnes
00:16:33dont le travail nécessite de multiples déplacements.
00:16:35Je pense par exemple aux aides à domicile
00:16:37qui aujourd'hui souffrent terriblement,
00:16:39les infirmiers, infirmières, etc.
00:16:41Enfin, vraiment, toutes les personnes
00:16:42qui ont absolument besoin de ça.
00:16:43Et comment ça se fait qu'il n'y a pas aussi
00:16:45un plan d'urgence d'équipement,
00:16:46des livreurs de courte distance
00:16:48en matériel électrique et mécanique,
00:16:53je pense à des vélos, par exemple, en ville,
00:16:55pour pouvoir livrer très facilement
00:16:57et entamer une démobilité.
00:17:00En fait, on a déjà eu la crise de l'inflation
00:17:03du pétrole et du gaz
00:17:05au moment de l'invasion de l'Ukraine.
00:17:07Et il n'y a eu aucune espèce d'annonce structurelle
00:17:10ou de politique publique permettant d'accompagner
00:17:14la sortie de la dépendance aux énergies fossiles.
00:17:16Mais cet été, il a fait extrêmement chaud.
00:17:18On n'a aucun plan d'aménagement des logements
00:17:21pour que ça soit vivable sans climatisation.
00:17:24Donc, en fait, on est dans un déni climatique.
00:17:26Et quand j'entends que la solution,
00:17:28c'est des réacteurs nucléaires,
00:17:29je rappelle quand même que le temps de construction
00:17:31d'un réacteur nucléaire est de 20 à 30 ans
00:17:32et que là, on a quand même des besoins
00:17:34tout à fait immédiats.
00:17:35Et surtout, je trouve qu'il y a une politique
00:17:39de l'autruche assez incroyable.
00:17:41C'est-à-dire que le blocage des prix,
00:17:42je rappelle quand même que c'est le blocage
00:17:44des marges pour les grandes entreprises.
00:17:46C'est-à-dire que ce n'est pas un blocage des prix
00:17:48qui coûte à l'État.
00:17:50Alors après, on pourrait aussi imaginer
00:17:51qu'il y ait une taxation très forte des surprofits
00:17:54parce que là, il y en a qui s'en mettent plein les poches.
00:17:56Enfin, je veux dire, c'est évident
00:17:57qu'il y a un enrichissement hallucinant
00:17:59de certaines multinationales.
00:18:02Et de l'autre côté, des chèques qui permettraient
00:18:04aux personnes qui en ont absolument besoin
00:18:06d'avoir une forme de gratuité
00:18:07au moins sur les litres des centres indispensables.
00:18:10Mais encore une fois, on peut prendre
00:18:11des mesures à court terme.
00:18:13Là, maintenant, ce dont on a besoin,
00:18:14c'est de mesures à moyen et long terme.
00:18:16C'est-à-dire, on a besoin de changer
00:18:17en profondeur notre système de consommation,
00:18:20en profondeur notre système de production
00:18:21et notre société.
00:18:23On ne peut pas continuer.
00:18:24Et là-dessus, enfin, je le dis,
00:18:25mais des crises sur le pétrole,
00:18:27on n'est qu'au début.
00:18:29On n'est qu'au début.
00:18:29Donc, en fait, soit à chaque fois,
00:18:31on découvre et on fait
00:18:32« Ah, mon Dieu, quel scandale ! »
00:18:34etc.
00:18:34Soit on pense vraiment le moyen et long terme.
00:18:37Et ce qui caractérise la Macronie,
00:18:38c'est son incapacité à penser ça.
00:18:40Mais du coup, ça met des fers au pied
00:18:42des personnes ou des menottes aux mains
00:18:44des personnes qui ont des budgets serrés
00:18:46qui n'arrivent plus à vivre.
00:18:48Aujourd'hui, vous faites un arbitrage
00:18:50entre le plein d'essence
00:18:51et manger toute la semaine,
00:18:53trois fois par jour.
00:18:54Ce n'est pas possible.
00:18:55On ne peut pas vivre dans cette société-là.
00:18:57Aurélie Trouvé, vous portez aussi
00:18:58à la France insoumise le blocage des prix.
00:19:00Oui, d'ailleurs, vous dites qu'on n'est pas audible.
00:19:02Il me semble que dès le premier jour,
00:19:03la France insoumise a martelé
00:19:05le blocage des prix
00:19:06et qu'on a été audible, fort heureusement,
00:19:07face au Rassemblement national
00:19:09qui a proposé des baisses de taxes,
00:19:11c'est-à-dire, en fait, un chèque en blanc.
00:19:13Et je regrette d'ailleurs
00:19:14que le Parti socialiste ait suivi ça.
00:19:17Un chèque en blanc à Total
00:19:18et aux multinationales du pétrole.
00:19:20Je veux dire, ce n'est quand même pas compliqué
00:19:22à comprendre que, d'abord,
00:19:23c'était ce qu'avait fait la Macronie en 2022
00:19:26après la guerre en Ukraine.
00:19:27La baisse de taxes ou des chèques énergie,
00:19:29ça revient à la même chose.
00:19:31C'est que ça laisse Total
00:19:32et les multinationales du pétrole
00:19:34se faire des méga, méga profits.
00:19:37Ça les laisse faire flamber
00:19:38les prix sur le dos des gens.
00:19:40Et en plus, on demande aux contribuables
00:19:42de venir payer les chèques énergie
00:19:44aux pauvres gens
00:19:45qui se font avoir par la multinationale totale.
00:19:48Vraiment, ça ne va pas du tout.
00:19:49Et je rappelle quand même, d'abord,
00:19:52que, un, France Insoumise, Parti communiste,
00:19:54une partie, une grande partie des Verts
00:19:56maintiennent cette position de blocage des prix.
00:19:58J'en suis très heureuse.
00:19:59Je regrette que le Parti socialiste,
00:20:00alors que c'est une des premières mesures
00:20:02du nouveau Front populaire,
00:20:03ne l'ait pas aussi portée.
00:20:05Parce que c'est vrai,
00:20:06on est plus audible quand on est ensemble
00:20:08et surtout quand on respecte le programme
00:20:10sur lequel on a été élu.
00:20:13Et ensuite, comme le dit Sandrine Rousseau,
00:20:17le plan d'urgence,
00:20:18c'est aussi l'urgence de la sortie progressive
00:20:21des hydrocarbures.
00:20:22Parce que c'est une dépendance absolument mortifère.
00:20:27Donc, et je rejoins ce que dit Léon Desfondaines,
00:20:30évidemment, il y a la question,
00:20:31notamment, d'aller massivement
00:20:33vers les transports en commun.
00:20:34C'est pour ça que, moi,
00:20:34le leasing social, très bien.
00:20:36Enfin, ça reste le tout voiture.
00:20:37La vraie question aujourd'hui,
00:20:39elle est de donner l'alternative
00:20:41en matière de transports en commun,
00:20:42même s'il y a une électrification
00:20:44absolument nécessaire.
00:20:45Et sur la voiture,
00:20:48leasing social, certes,
00:20:49mais il faut déjà penser
00:20:50à transformer l'industrie automobile
00:20:52qui, aujourd'hui,
00:20:53fait des voitures électriques
00:20:55absolument pas abordables,
00:20:57des grands formats.
00:20:59Et donc, ça laisse libre cours aux Chinois
00:21:01nous envoyer des petites voitures
00:21:03électriques abordables.
00:21:04Donc, il faut un grand plan d'investissement aussi
00:21:06pour transformer l'industrie
00:21:09et faire en sorte qu'on ait
00:21:11ces petites voitures électriques
00:21:12abordables.
00:21:13Et par ailleurs,
00:21:13le leasing social,
00:21:14je suis désolé,
00:21:14je suis un peu technique,
00:21:15il faut en faire par ailleurs
00:21:16sur l'occasion.
00:21:17Donc, voilà,
00:21:17tout ça pour vous dire que...
00:21:18Un point de conversion.
00:21:19Tout ça, tout ça et...
00:21:21Enfin, mais je dis à court terme,
00:21:23il y a une seule mesure,
00:21:24il faut être...
00:21:24Je suis désolé,
00:21:25mais là, c'est la mesure,
00:21:26la première mesure du NFP.
00:21:28À court terme,
00:21:28la seule chose entendable
00:21:29pour les gens,
00:21:30Sandrine l'a dit,
00:21:31c'est l'essence à 1,70 €
00:21:33et le gazole à 1,80 €
00:21:35comme avant la guerre.
00:21:36Ça coûte zéro contribuable
00:21:38et il n'y a que les grands
00:21:39actionnaires de Total
00:21:39qui payent.
00:21:40Vous savez qui c'est
00:21:40les grands actionnaires de Total,
00:21:41essentiellement à 60 %,
00:21:42c'est les grands fonds
00:21:43d'investissement américains.
00:21:45Donc, je pense qu'on peut
00:21:45le faire quand même.
00:21:48Léon Desfontaines,
00:21:49on a vu l'écologie,
00:21:50que l'écologie,
00:21:51ces dernières années,
00:21:53a subi un rouleau compresseur
00:21:54qui vise à la délégitimer.
00:21:56Elle est aujourd'hui
00:21:56quasiment absente
00:21:57des débats de la présidentielle.
00:22:00Comment la remettre au cœur ?
00:22:02Voilà, c'est dans le prolongement
00:22:03de ce qu'on disait
00:22:04sur les carburants.
00:22:05Comment est-ce qu'on remet
00:22:06l'écologie au centre ?
00:22:08Je pense qu'il faut à tout prix
00:22:10réfléchir à l'écologie
00:22:11dans l'ensemble de nos territoires
00:22:12et contre aucune population ciblée,
00:22:15notamment contre les travailleurs
00:22:15de ce pays.
00:22:16Moi, j'entends ce que me dit
00:22:17Madame Trouvé.
00:22:18Je partage évidemment
00:22:19la nécessité de développer
00:22:19massivement les transports
00:22:21en commun dans nos villes,
00:22:22les transports en commun urbains
00:22:23et même périurbains,
00:22:25investir dans le ferroviaire
00:22:27plutôt d'ailleurs
00:22:27que dans l'aéronautique,
00:22:29comme on peut le faire, etc.
00:22:30Je partage bien évidemment
00:22:30en tous points.
00:22:32En revanche, aujourd'hui,
00:22:33il y a des modes de vie
00:22:34de nombreux concitoyens
00:22:36qui rendent impossible
00:22:38l'utilisation des transports
00:22:40en commun.
00:22:40Et donc évidemment,
00:22:41sur celles et ceux
00:22:42qui n'ont pas d'autre choix
00:22:42que de prendre la voiture,
00:22:43il faut regarder
00:22:43ce qu'on met en place
00:22:45et notamment le leasing social.
00:22:47Moi, je partage
00:22:47ce qui a été dit.
00:22:48Le leasing social
00:22:49avec une conditionnalité
00:22:51quand même, je crois,
00:22:51à ce que les voitures
00:22:52soient produites en France.
00:22:53Ce ne serait quand même
00:22:54pas du luxe
00:22:55parce qu'aujourd'hui,
00:22:56malheureusement,
00:22:56de plus en plus de voitures
00:22:58électriques
00:22:58sont produites
00:22:59en dehors du territoire national.
00:23:00La Twingo électrique
00:23:01en Europe,
00:23:01elle est produite en Slovénie.
00:23:02C'est quand même dramatique
00:23:03alors qu'on avait
00:23:04les capacités de production
00:23:05aujourd'hui en France.
00:23:06Donc il y a quand même
00:23:06une concurrence déloyale
00:23:07qui s'est installée
00:23:07sur les productions
00:23:08de voitures électriques.
00:23:09La seule voiture électrique
00:23:09accessible qu'on produit
00:23:10en France
00:23:11et qui pourrait être accessible
00:23:12sur le leasing social,
00:23:13c'est la R5 produite à Douai
00:23:14qui est à 150 euros par mois
00:23:15et donc le leasing
00:23:16à 100 euros par mois
00:23:16reste à peu près
00:23:17quelque chose d'abordable.
00:23:18Mais en réalité,
00:23:19aujourd'hui,
00:23:19on est en train de subventionner
00:23:20avec le leasing social
00:23:21des entreprises
00:23:22y compris avant tout
00:23:24extra-européennes
00:23:25et donc en fait
00:23:26avec l'argent du contraire
00:23:27qui va être directement
00:23:28dans les poches
00:23:28d'entreprises
00:23:30qui ne sont pas françaises
00:23:32et donc d'entreprises
00:23:33et donc dont on ne reverra
00:23:34peu l'argent.
00:23:35Mais sur la question
00:23:35de l'écologie,
00:23:37j'y reviens.
00:23:38La question de l'électrification
00:23:39des besoins
00:23:40et moi je pense qu'il faut
00:23:40qu'on parle concrètement.
00:23:42Comment fait-on
00:23:43pour l'électrification
00:23:44de notre industrie,
00:23:46l'électrification
00:23:47de nos transports en commun,
00:23:48l'électrification
00:23:49de notre parc automobile
00:23:52sans énergie nucléaire ?
00:23:54Et à un moment,
00:23:55c'est la question
00:23:55qui doit se poser.
00:23:56On a un avantage comparatif
00:23:59énorme en France,
00:24:00c'est que notre parc nucléaire
00:24:01nous permet d'avoir
00:24:01une énergie bas carbone
00:24:02et une énergie peu chère.
00:24:05Comment fait-on
00:24:06pour électrifier nos besoins
00:24:07sans énergie nucléaire ?
00:24:09Bien sûr,
00:24:09il faut du renouvelable
00:24:10et il ne s'agit pas
00:24:10de le nier,
00:24:11mais il faut les deux.
00:24:12Il faut un mix nucléaire
00:24:13et renouvelable.
00:24:14Et encore une fois,
00:24:15moi je lis,
00:24:16j'ai lu le projet
00:24:17Négawatt
00:24:17sur lequel repose
00:24:18une bonne partie
00:24:19de celles et ceux
00:24:19à gauche
00:24:20qui proposent la sortie
00:24:21du nucléaire.
00:24:21Mais le projet Négawatt
00:24:22dit que concrètement,
00:24:24il faut arrêter
00:24:24la production d'acier
00:24:25en France.
00:24:26Ça veut dire
00:24:26qu'ArcelorMittal,
00:24:27on ferme.
00:24:28Si on veut électrifier
00:24:29ArcelorMittal,
00:24:30les usages,
00:24:31utiliser notamment
00:24:32l'hydrogène,
00:24:33il faut des réacteurs nucléaires.
00:24:34C'est un processus productif
00:24:35pour dépenser 50%
00:24:37de moins d'énergie
00:24:38dans les processus
00:24:38de production
00:24:39dans les usines.
00:24:40Donc en fait,
00:24:40il ne dit pas
00:24:41qu'il faut délocaliser,
00:24:41il dit qu'il n'y a pas
00:24:44de politique publique
00:24:45d'accompagnement,
00:24:45d'investissement
00:24:46dans les usines
00:24:47et particulièrement
00:24:48les plus énergivores
00:24:49pour faire en sorte
00:24:50qu'il y ait une modernisation
00:24:51de l'outil de production
00:24:52et du coup,
00:24:53une diminution
00:24:53des consommations énergétiques.
00:24:56Mais en fait,
00:24:57c'est tout ce que dit
00:24:57Négawatt.
00:24:58Il y a une source
00:24:59d'économie d'énergie
00:25:00absolument considérable
00:25:02dans l'industrie française.
00:25:05Simplement,
00:25:06pour ça,
00:25:06les industriels
00:25:07ne peuvent pas le faire
00:25:08parce que pour eux,
00:25:10le plus simple
00:25:10est la délocalisation.
00:25:12Donc il faudrait
00:25:12qu'on ait véritablement,
00:25:14encore une fois,
00:25:14une prévision des choses.
00:25:16Mais ce que je voudrais dire
00:25:17juste sur la mobilité,
00:25:18mais je ne sais pas si c'est...
00:25:19C'est qu'en fait,
00:25:19il ne faut pas laisser à penser
00:25:21qu'on remplacera
00:25:22une voiture thermique
00:25:23par une voiture électrique.
00:25:24Déjà parce que ça a
00:25:25un coût écologique énorme.
00:25:27Et qu'en fait,
00:25:27il y a aussi à penser
00:25:28la mobilité,
00:25:29c'est-à-dire à savoir
00:25:30quels sont les besoins
00:25:31et comment on répond
00:25:32à ces besoins.
00:25:33Et quand on parle
00:25:33de transport en commun,
00:25:34on imagine en effet
00:25:35le train,
00:25:36on imagine le tramway,
00:25:37on imagine le bus.
00:25:39Mais voilà,
00:25:40c'est qu'il y a aussi
00:25:41des transports en commun
00:25:42qui sont à plus petite échelle.
00:25:44C'est-à-dire qu'on n'est pas obligé
00:25:45d'avoir 60 personnes
00:25:46dans un bus
00:25:46ou un train complet.
00:25:49On peut très bien imaginer
00:25:50des petites solutions,
00:25:51enfin des solutions
00:25:52de proximité
00:25:53de transport en commun.
00:25:53Mais tout cela,
00:25:54encore une fois,
00:25:55nécessite d'aller vers
00:25:57une forme d'évolution culturelle
00:25:59de rapport à sa voiture.
00:26:02Parce qu'aujourd'hui,
00:26:02les Français et françaises
00:26:03considèrent que leur voiture,
00:26:04c'est un peu comme leur domicile,
00:26:05c'est leur propriété privée
00:26:06et on comprend pourquoi.
00:26:07Mais il y a tout un tas
00:26:09de politiques publiques
00:26:10qui manquent
00:26:11pour accompagner les gens.
00:26:12Mais que la gauche
00:26:15ne prenne pas ce virage
00:26:16et laisse l'illusion
00:26:18que tout va continuer
00:26:19comme si de rien,
00:26:21je le dis,
00:26:22et ce n'est pas très agréable
00:26:23d'avoir ce rôle-là aujourd'hui,
00:26:24mais ça ne va pas pouvoir se faire.
00:26:25Parce qu'il n'y a pas
00:26:27de solution facile à court terme.
00:26:30Donc il va falloir changer
00:26:31nos comportements.
00:26:32Mais là,
00:26:32on pourrait déjà tester des choses.
00:26:34J'ai parlé tout à l'heure
00:26:35du télétravail.
00:26:36On pourrait imaginer
00:26:37aller fournir aussi
00:26:39des courses en proximité
00:26:40avec des véhicules
00:26:41qui ne dépendent pas
00:26:44du prix de l'essence.
00:26:45On pourrait imaginer
00:26:45développer aussi
00:26:46un accès aux soins différents.
00:26:48Tout ça devrait être pensé
00:26:50et devrait être la priorité
00:26:52sur la table des ministres aujourd'hui.
00:26:54mais moi,
00:26:55je n'entends rien de ça.
00:26:57Rien de ça.
00:26:58Et c'est comme si
00:26:58on laissait les gens,
00:26:59et c'est en ça
00:27:00que la transformation écologique
00:27:02est aujourd'hui
00:27:03absolument insupportable,
00:27:04c'est qu'on laisse les gens
00:27:05au pied du mur
00:27:06être acculés
00:27:08par soit l'augmentation du prix,
00:27:10soit par l'augmentation des normes,
00:27:11et on ne leur donne aucun outil,
00:27:13aucun moyen
00:27:14de prendre ce virage
00:27:15et d'être proactif là-dedans
00:27:17et d'avoir une vie meilleure.
00:27:18C'est-à-dire qu'en fait,
00:27:18ça n'est que de la contrainte,
00:27:19ça n'est que du moins.
00:27:20Et ça,
00:27:21c'est le libéralisme.
00:27:22C'est vraiment
00:27:24laisser l'écologie au marché,
00:27:25c'est laisser la moitié
00:27:27de la population de côté.
00:27:29On ne va pas pouvoir
00:27:30faire réagir tout le monde
00:27:30sur tous les sujets,
00:27:31mais le prochain
00:27:32est extrêmement préoccupant.
00:27:34C'est un sondage
00:27:34du CVPF paru
00:27:35il y a quelques jours
00:27:36qui expliquait
00:27:38les priorités des Français
00:27:39pour cette élection présidentielle.
00:27:41Je vous cite
00:27:41les cinq premières.
00:27:42C'est préserver
00:27:43le système de santé,
00:27:44améliorer le pouvoir d'achat,
00:27:45faire que le travail
00:27:46paye mieux,
00:27:47améliorer le système éducatif
00:27:48et la sécurité.
00:27:50Rémi Cardon,
00:27:51quand vous avez
00:27:52cette liste-là,
00:27:53est-ce que vous dites
00:27:54que la gauche
00:27:54a une opportunité
00:27:56justement sur ces thèmes
00:27:57de pouvoir percer ?
00:27:58Une opportunité rêvée
00:27:59puisque si on en croit
00:28:00les thèmes
00:28:01qui ressortent
00:28:02entre guillemets
00:28:03en tendance,
00:28:04ce sont des thèmes
00:28:05qu'on porte déjà
00:28:06toutes et tous
00:28:07depuis bien longtemps
00:28:08à plusieurs échelons,
00:28:09que ce soit
00:28:10à l'échelon local
00:28:11ou à l'échelon national.
00:28:12Et donc,
00:28:12on aurait en tout cas
00:28:14tout intérêt
00:28:14à se mobiliser
00:28:15collectivement là-dessus
00:28:17pour porter une voix.
00:28:18Alors, sur la question...
00:28:19Pourquoi ça ne marche pas
00:28:19pour le moment ?
00:28:20Il faut laisser aussi le temps.
00:28:22On sort des élections municipales.
00:28:24Les élections municipales
00:28:25n'ont pas été une catastrophe
00:28:26pour le coup
00:28:27pour la gauche.
00:28:28On s'en sort plutôt bien.
00:28:29On n'est pas non plus...
00:28:31On ne recule pas forcément.
00:28:32En tout cas,
00:28:33si j'en crois mon département,
00:28:35on s'en sort plutôt bien.
00:28:37Amiens, ville...
00:28:38On ne va pas faire
00:28:38le bilan des municipales.
00:28:39Mais voilà.
00:28:41Mais même nationalement,
00:28:42on s'en sort plutôt bien
00:28:43quand même,
00:28:44malgré tout.
00:28:45Je tiens à rappeler aussi
00:28:46que, pour le coup,
00:28:48sur les thèmes
00:28:49qui rend en ressort,
00:28:49c'est aussi des thèmes
00:28:50qu'on a eus.
00:28:51On a eus ces échos-là
00:28:52dans les portes-à-portes
00:28:54au quotidien,
00:28:54dans les campagnes,
00:28:56dans chaque élection municipale.
00:28:58Donc, maintenant,
00:28:58c'est comment on se met
00:28:59au travail collectivement.
00:29:01Et je le redis,
00:29:02désolé de refaire là-dessus,
00:29:05il faut qu'on puisse
00:29:06trouver un espace
00:29:08pour qu'on puisse
00:29:09se mettre d'accord
00:29:10sur le fond
00:29:11et sur la forme.
00:29:12Sur la forme,
00:29:12c'est l'incarnation.
00:29:14Ça, on y reviendra
00:29:15de toute façon.
00:29:16Et ça, je suis désolé
00:29:17de vous le dire.
00:29:18Ça veut dire quoi,
00:29:19un espace pour le fond ?
00:29:22Il y a des espaces
00:29:23pour pouvoir discuter
00:29:23des différentes idées.
00:29:25On voit bien
00:29:26qu'il y a des convergences
00:29:27sur certains sujets.
00:29:28Il y a un peu plus
00:29:29de divergences,
00:29:29si on en croit,
00:29:30M. Desfontaines et vous,
00:29:32sur le nucléaire.
00:29:33Mais il y a moyen,
00:29:35en tout cas,
00:29:35on l'a fait avant.
00:29:36On l'a fait avant
00:29:37sur le nouveau fond populaire.
00:29:41Oui, on y reviendra
00:29:42sur les questions stratégiques,
00:29:43les discussions à avoir
00:29:44ou pas,
00:29:45le périmètre d'accord,
00:29:47le périmètre de l'union
00:29:48potentiel.
00:29:49Mais Aurélie Trouvé,
00:29:50quand vous entendez
00:29:50cette liste
00:29:51des priorités
00:29:52des personnes
00:29:53sondées par le Cévis-Pof
00:29:54sur un échantillon,
00:29:55je le précise,
00:29:56de plus de 10 000 personnes,
00:29:59est-ce que vous aussi,
00:29:59vous y voyez
00:30:00une opportunité
00:30:00pour la gauche ?
00:30:03Évidemment,
00:30:03mais de toute façon,
00:30:04je veux dire,
00:30:05sans arrêt,
00:30:06on explique qu'en fait,
00:30:08il y a un récit,
00:30:10il y a une bataille de récits.
00:30:12Et le Rassemblement national,
00:30:13je le rappelle,
00:30:14profite quand même
00:30:15de tous ces médias
00:30:17Bolloré,
00:30:17Stérin, etc.,
00:30:18qui ont par ailleurs
00:30:20une force de frappe
00:30:21hallucinante.
00:30:22D'ailleurs,
00:30:22je salue l'humanité
00:30:24et un certain nombre
00:30:25de médias
00:30:25qui font ce contre-récit.
00:30:27Mais déjà,
00:30:28on est confronté à ça.
00:30:29Ensuite, du coup,
00:30:30ça me permet aussi
00:30:30de répondre
00:30:31sur la question du RN,
00:30:33parce que,
00:30:33je veux dire,
00:30:34les sociologues du monde,
00:30:35le premier ferment
00:30:36du vote RN,
00:30:37il faut le rappeler,
00:30:37c'est le racisme.
00:30:39Donc,
00:30:39ça veut dire
00:30:40une bataille
00:30:41contre le racisme
00:30:42pied à pied.
00:30:44Voilà.
00:30:44Quand bien même,
00:30:45ce n'est pas dans votre liste
00:30:46de départ.
00:30:47L'immigration,
00:30:48par exemple,
00:30:48vient bien plus tard
00:30:49dans les préoccupations.
00:30:51Par ailleurs,
00:30:52je pense qu'il y a
00:30:52une forte préoccupation
00:30:54des gens
00:30:54et particulièrement
00:30:56des gens racisés
00:30:58contre le racisme.
00:30:59Vous voyez ?
00:31:00Et que le combat
00:31:01antiraciste
00:31:02doit être au centre
00:31:02de nos batailles
00:31:03et pour moi,
00:31:04c'est une bataille sociale
00:31:05parce que je vais vous prendre
00:31:07ce que je veux dire aussi.
00:31:09Et je vais répondre
00:31:10sur la question
00:31:10quand vous disiez
00:31:11il faut qu'on retrouve
00:31:11le vote des ouvriers.
00:31:12Mais pas seulement.
00:31:13Il faut qu'on retrouve
00:31:14le vote des quartiers populaires,
00:31:16des femmes,
00:31:16des auto-entrepreneurs,
00:31:17de tous ceux
00:31:18qui sont dominés
00:31:18par le capitalisme,
00:31:19des racisés.
00:31:20Par exemple,
00:31:22celui qui est exploité
00:31:23au travail,
00:31:24c'est souvent
00:31:26un travailleur racisé,
00:31:27une femme racisée,
00:31:29la première victime
00:31:30des pesticides,
00:31:31c'est le travailleur
00:31:31saisonnier agricole,
00:31:34racisé,
00:31:34sans papier,
00:31:35etc.
00:31:35Tous ces combats,
00:31:37enfin,
00:31:37tous ces combats
00:31:39anticapitalistes
00:31:39convergent.
00:31:40Et ce que je veux dire,
00:31:41c'est que nous,
00:31:42faire bloc populaire,
00:31:43c'est pas retrouver
00:31:44seulement le vote
00:31:45des ouvriers.
00:31:47Il n'y a pas seulement
00:31:49la question
00:31:49du conflit capital-travail
00:31:51au cœur de nos combats.
00:31:53Il y a le conflit
00:31:54capital-nature.
00:31:55Et aujourd'hui,
00:31:56je regarde Sandrine Nousseau,
00:31:58mais aujourd'hui,
00:31:58on a une conjonction
00:31:59complète à faire,
00:32:00une articulation
00:32:01entre les luttes écologistes
00:32:02et les luttes sociales,
00:32:04les luttes antiracistes,
00:32:05les luttes féministes.
00:32:06C'est-à-dire,
00:32:07on doit être
00:32:07ceux qui tiennent
00:32:10le front,
00:32:11si vous voulez,
00:32:12et qui tiennent
00:32:12tous les fronts
00:32:13face aux dominations
00:32:14du capitalisme.
00:32:16Et pour moi,
00:32:17c'est ça un programme
00:32:18de rupture,
00:32:19mais c'est ça aussi
00:32:19une lutte
00:32:20qui fera que la gauche
00:32:22finie demain au pouvoir
00:32:24et puisse changer
00:32:25réellement la vie des gens.
00:32:26Et je finis là-dessus.
00:32:28Je le dis,
00:32:28je crois qu'aujourd'hui,
00:32:30nous gagnerons
00:32:31avec un programme
00:32:32de rupture,
00:32:33avec un programme
00:32:34qui change vraiment
00:32:35la vie des gens.
00:32:36Je pense que les 5 ans
00:32:37de Hollande
00:32:37ont fait énormément
00:32:38de mal à la gauche
00:32:39et que nous remontons
00:32:40la pente
00:32:40parce qu'on offre
00:32:41justement un programme
00:32:42de rupture,
00:32:43un programme anticapitaliste
00:32:44aux gens.
00:32:45Léon Desfontaines,
00:32:46on a interviewé
00:32:47Kofi Amnian
00:32:48à l'Humanité
00:32:48qui a été le premier
00:32:49maire noire
00:32:50élu en Bretagne
00:32:50en 1989
00:32:52et il nous a dit
00:32:52plusieurs choses
00:32:53parce qu'il y a eu
00:32:53un déferlement
00:32:54de messages racistes
00:32:55contre des maires noires
00:32:56notamment élus
00:32:57à Saint-Denis.
00:32:58On est à Saint-Denis
00:32:58aujourd'hui
00:32:59au studio de l'Humanité.
00:33:00Il nous a dit
00:33:01deux choses,
00:33:01enfin il nous a dit
00:33:02plein de choses
00:33:02mais il nous a dit
00:33:02deux choses.
00:33:03Il nous a dit
00:33:03notamment que la gauche
00:33:04n'était pas à l'auteur,
00:33:05n'avait pas été
00:33:05assez à l'auteur
00:33:06sur le combat antiraciste
00:33:07et il nous a dit
00:33:08aussi
00:33:08quand il y a
00:33:09une conscience de classe
00:33:10il n'y a plus de motifs
00:33:11pour le vote RN.
00:33:12Qu'est-ce que vous en pensez ?
00:33:13Oui, moi je pense
00:33:14qu'on n'est probablement
00:33:16pas à la hauteur
00:33:16sur la lutte
00:33:17contre le racisme
00:33:18et la preuve en est d'ailleurs.
00:33:19Le racisme
00:33:19et la montée
00:33:20de l'antisémitisme
00:33:21notamment progressent
00:33:21aujourd'hui dans les sociétés.
00:33:22Donc évidemment
00:33:23que toute la classe politique
00:33:24n'est pas à la hauteur
00:33:25et la gauche particulièrement
00:33:26parce que je pense
00:33:26qu'on devrait être avant-gardiste,
00:33:28en tout cas nous sommes
00:33:29les avant-gardistes
00:33:30sur ces combats-là
00:33:31évidemment.
00:33:31Mais je pense en effet
00:33:32que le sujet central
00:33:34c'est la question
00:33:34encore une fois
00:33:35de la lutte des classes
00:33:36parce que lorsqu'on permet
00:33:37de susciter
00:33:38de la conscience de classe
00:33:39chez l'ensemble
00:33:40des travailleurs de ce pays
00:33:41et bien l'ensemble
00:33:42des travailleurs
00:33:42se rendent compte
00:33:43que ce n'est pas
00:33:44de la faute de l'immigré
00:33:45que ce n'est pas
00:33:45de la faute de je ne sais pas qui
00:33:47si aujourd'hui
00:33:48il voit son salaire baisser
00:33:49ou son poire d'achat reculé
00:33:50mais c'est bien de la faute
00:33:51du patronat, du capital
00:33:52qui aujourd'hui tire
00:33:53une plus-value
00:33:54sur son salaire,
00:33:55sur son travail,
00:33:56sur le fruit de son labeur
00:33:57et que si les salaires
00:33:58n'augmentent pas
00:33:58c'est notamment
00:33:59parce qu'aujourd'hui
00:34:00le capital s'accapare
00:34:01une bonne partie
00:34:01des richesses
00:34:02qu'il a produites
00:34:02et ça c'est l'enjeu principal
00:34:04des futures élections
00:34:05mais l'enjeu principal
00:34:06de la gauche tout court
00:34:07et c'est comme ça
00:34:08qu'on arrivera à faire
00:34:09reculer l'extrême droite
00:34:10moi je suis désolé
00:34:11mais encore une fois
00:34:12j'entends pas des discours
00:34:13racistes
00:34:13quand j'entends
00:34:14des électrices
00:34:15et des électeurs
00:34:15du Rassemblement national
00:34:17il y a des débats
00:34:18chez les sociologues
00:34:18et chez les politistes
00:34:19là-dessus
00:34:19mais encore une fois
00:34:20je ne crois pas aujourd'hui
00:34:21qu'il y ait autant de racistes
00:34:23dans notre pays
00:34:23et je ne crois surtout pas
00:34:24que c'est par une approche
00:34:26moralisante
00:34:26qu'on arrivera
00:34:27à faire reculer
00:34:27l'extrême droite
00:34:28moi je le dis très clairement
00:34:29il faut qu'on aille
00:34:30à la rencontre
00:34:30des électeurs
00:34:31du Rassemblement national
00:34:32il faut qu'on discute
00:34:33avec eux
00:34:34qu'on comprenne
00:34:34les déterminants
00:34:35de leur vote
00:34:36et la plupart du temps
00:34:37moi ce qu'ils me disent
00:34:38c'est on vivait mieux avant
00:34:39il y a un sentiment
00:34:40et qui n'est pas qu'un sentiment
00:34:41il y a un grand déclassement
00:34:42dans notre pays
00:34:42et le déclassement
00:34:44aujourd'hui nourrit
00:34:45en bonne partie
00:34:46l'extrême droite
00:34:47et force est de constater
00:34:48qu'en parallèle
00:34:49la gauche
00:34:50n'est pas susceptible
00:34:51avec son discours
00:34:52de montrer
00:34:53qu'elle va améliorer
00:34:54les conditions matérielles
00:34:55d'existence
00:34:56ils ont l'impression
00:34:57je vous dis
00:34:58les paroles rapportées
00:34:59que j'ai entendues
00:34:59dans le Vimeux chez moi
00:35:00ils ont l'impression
00:35:01que voter pour la gauche
00:35:02et bien ils vont avoir
00:35:03moins accès
00:35:04à la mobilité
00:35:05qu'ils vont avoir
00:35:06moins ci
00:35:07moins ça
00:35:07moins ça
00:35:08il faut leur démontrer
00:35:09que la gauche
00:35:09permet d'améliorer
00:35:10leur quotidien
00:35:11et lorsqu'on leur dit
00:35:12vous allez devoir
00:35:13utiliser moins la voiture
00:35:14je suis désolé
00:35:15pour elle et eux
00:35:16la voiture
00:35:16c'est ce qui leur permet
00:35:17d'accéder aux loisirs
00:35:18ce qui leur permet
00:35:18de voir leur famille
00:35:19ce qui permet d'aller au travail
00:35:20et il n'y a aucun autre moyen
00:35:21possible de mobilité
00:35:22quand même on repense tout
00:35:24etc
00:35:24lorsqu'ils vont à l'usine
00:35:25qui se situe à 10 km de chez eux
00:35:27ils n'ont pas d'autre moyen
00:35:27dans un village de 200 habitants
00:35:29ils n'ont pas d'autre moyen
00:35:30que de prendre leur voiture
00:35:31pour y aller
00:35:31et donc la question qui se pose
00:35:32qui est fondamentale pour nous
00:35:33c'est comment on est capable
00:35:34à gauche
00:35:35de porter un projet
00:35:36qui leur parle à eux
00:35:37qui parle de leur quotidien
00:35:38et surtout des manières
00:35:39de le changer
00:35:40et en parallèle
00:35:40de démontrer
00:35:41que l'extrême droite
00:35:42est un faussaire
00:35:42de la question sociale
00:35:43moi c'est la bataille
00:35:44que j'ai voulu mener
00:35:49et c'est celle que je crois
00:35:50doit être menée à gauche
00:35:51et ça doit être le combat principal
00:35:53si on veut faire reculer
00:35:54l'extrême droite
00:35:55Sandrine Rousseau
00:35:55il faut aller s'adresser
00:35:56aux fâchés et pas fâchaux
00:35:57s'ils existent
00:35:58et lutter pied à pied
00:36:00contre le racisme
00:36:02déjà
00:36:03vraiment là
00:36:04c'est une caricature
00:36:05ce qu'on a dit
00:36:06c'est qu'il fallait
00:36:08développer des politiques publiques
00:36:09pour avoir moins besoin
00:36:10de la voiture
00:36:11donc en fait
00:36:12c'est pas une contrainte
00:36:13c'est au contraire
00:36:14ne pas dépendre
00:36:15dans son budget
00:36:15du prix de l'essence
00:36:16c'est quand même
00:36:17une émancipation
00:36:18moi ce que je
00:36:19ce qui me semble
00:36:20très flagrant
00:36:21dans l'enquête du CIVIPOF
00:36:22c'est la part importante
00:36:26donnée aux services publics
00:36:27et ça en fait
00:36:28il y avait une promesse républicaine
00:36:30et la France a fait
00:36:31un choix très radical
00:36:31en sortie de la guerre
00:36:32un choix très important
00:36:34même
00:36:35et unique au monde
00:36:36qui était de mettre
00:36:37une partie importante
00:36:38de la richesse française
00:36:40en commun
00:36:40pour mettre en place
00:36:42des services publics
00:36:43et que vous soyez pauvres
00:36:45ou que vous soyez riches
00:36:46vous auriez la même qualité
00:36:47de service public
00:36:48c'est-à-dire que vous auriez
00:36:48la même qualité de soins
00:36:51le même chirurgien
00:36:52vous auriez le même accès
00:36:54à l'école
00:36:54et aux chances
00:36:56que donne cette école
00:36:57de pouvoir trouver son chemin
00:36:59être émancipée
00:37:00etc.
00:37:01et en fait
00:37:01cette promesse
00:37:03des services publics
00:37:04pour moi
00:37:04c'est l'identité française
00:37:05c'est-à-dire qu'on parle
00:37:06d'identité française
00:37:07du matin au soir
00:37:08on en parle
00:37:08de manière
00:37:09complètement détournée
00:37:10il y a eu un braquage
00:37:12de l'identité française
00:37:13par le Rassemblement National
00:37:14qui nous a dit
00:37:16et qui serine
00:37:17sur tous les plateaux
00:37:18que l'identité française
00:37:19c'était juste
00:37:20bleu, blanc, rouge
00:37:20alors qu'en fait
00:37:21profondément
00:37:22l'identité française
00:37:23c'est d'avoir dit
00:37:24eh bien on met
00:37:25une grosse part
00:37:26de notre PIB en commun
00:37:27pour faire en sorte
00:37:28que quel que soit
00:37:29le niveau d'études
00:37:31des parents
00:37:31quel que soit
00:37:32le niveau de richesse
00:37:32des parents
00:37:33eh bien chacun
00:37:33ait accès à une école
00:37:34de la République
00:37:35qui soit une école
00:37:35de qualité
00:37:36et qui lui permette
00:37:37d'avoir un avenir
00:37:38on s'est dit ça
00:37:39sur à peu près
00:37:40tous les services publics
00:37:41et en fait
00:37:42ce qui est en train
00:37:42de se passer aujourd'hui
00:37:43c'est qu'en rognant
00:37:44petit à petit
00:37:45budget après budget
00:37:46les ressources
00:37:48de ces services publics
00:37:50eh bien on a rendu
00:37:51les services publics
00:37:52non désirables
00:37:53et pour les usagers
00:37:55de ces services
00:37:56et aussi pour les travailleurs
00:37:58de ces services
00:37:59qui ont des conditions
00:38:00de travail
00:38:01qui se dégradent
00:38:02à une vitesse incroyable
00:38:03je pense à l'hôpital
00:38:03mais aussi aux enseignants
00:38:05mais aussi à la SNCF
00:38:07mais aussi à l'ensemble
00:38:08des services publics
00:38:10et en fait ça se dégrade
00:38:11tellement que les gens fuient
00:38:12c'est-à-dire qu'en fait
00:38:13ils n'ont plus envie
00:38:15de travailler
00:38:16et vraiment
00:38:17cette ambition
00:38:18qui était de se dire
00:38:20qu'on offre le meilleur
00:38:21à chacun
00:38:21et que c'est ça
00:38:23notre société
00:38:25c'est ça qui fera
00:38:25le ciment de notre société
00:38:27qu'on ait relégué ça
00:38:28au second plan
00:38:29que les services publics
00:38:31se délitent
00:38:32dans la majorité
00:38:33des territoires français
00:38:34en dehors des centres urbains
00:38:35et encore même
00:38:36dans les centres urbains
00:38:37ça se dévite
00:38:37mais en fait
00:38:38les gens
00:38:40sont perdus
00:38:41face à cela
00:38:41c'est-à-dire qu'en fait
00:38:42ils se sentent
00:38:43au bord de la route
00:38:45de la société
00:38:45et moi je voudrais vraiment
00:38:48que la gauche
00:38:48reprenne ça en main
00:38:49c'est-à-dire de dire
00:38:50mais les amis
00:38:50c'est une question de vie
00:38:52en fait
00:38:53c'est une question d'espoir
00:38:54c'est une question
00:38:55de fierté
00:38:56et on a lâché
00:38:58la fierté à gauche
00:38:59et je voudrais juste
00:39:00avoir quelques phrases
00:39:01là-dessus
00:39:01parce qu'on a laissé
00:39:03la question de la fierté
00:39:04au Rassemblement National
00:39:06en disant
00:39:06vous serez fiers
00:39:07d'être français
00:39:08et ça c'est une fierté
00:39:09au rabais
00:39:09c'est-à-dire
00:39:10c'est une fierté
00:39:11qui consiste juste
00:39:11à être née quelque part
00:39:13alors que la fierté
00:39:14qu'on doit offrir
00:39:15nous la gauche
00:39:16au peuple
00:39:17qui vit en France
00:39:18c'est de se dire
00:39:19que son enfant
00:39:20pourra réussir à l'école
00:39:21c'est une fierté
00:39:22qui pourra se dire
00:39:24qu'on a de quoi
00:39:25aller en vacances
00:39:26c'est une fierté
00:39:27qui permet de dire
00:39:28on va prendre le train
00:39:29et on va aller voir
00:39:30nos proches
00:39:31et les gens qu'on aime
00:39:31c'est une fierté
00:39:32qui consiste à se dire
00:39:33que si mamie est malade
00:39:36et bien elle aura
00:39:37des soins à domicile
00:39:38ou elle pourra aller
00:39:39à l'hôpital
00:39:39et en fait cette fierté
00:39:41là c'est pas une petite fierté
00:39:42mais ça
00:39:43c'est en train
00:39:43de complètement se déliter
00:39:45et on oublie
00:39:46complètement ça
00:39:46et derrière
00:39:47on oublie les gens
00:39:48qui travaillent là-dedans
00:39:48et on oublie
00:39:49une partie des territoires
00:39:50et donc voilà
00:39:51la gauche devrait porter
00:39:52ces aspects-là
00:39:53et dans la fierté
00:39:54je mets aussi celle
00:39:55de faire cette transformation
00:39:56écologique absolument indispensable
00:39:58parce que sinon
00:39:58on va se prendre le mur
00:39:59et que c'est aussi
00:40:00une fierté
00:40:01de réussir ça
00:40:01parce qu'aucun pays
00:40:02aujourd'hui ne prend ça
00:40:03suffisamment à bras-le-corps
00:40:05donc oui
00:40:05vive la fierté
00:40:07et vive les libertés
00:40:08égalité
00:40:09fraternité
00:40:10et non pas juste
00:40:10trois couleurs
00:40:11oui le drapeau bleu blanc rouge
00:40:12d'ailleurs à l'origine
00:40:13c'est surtout le drapeau
00:40:14de la révolution
00:40:14pour préparer cette émission
00:40:16on a relu le programme
00:40:17du NFP
00:40:18et on l'a comparé
00:40:19à celui de 1980
00:40:20qui contenait
00:40:21une cinquième semaine
00:40:22de congés payés
00:40:23la retraite à 60 ans
00:40:24la semaine de 39 heures
00:40:26qui avait
00:40:27dans son espace politique
00:40:28de l'époque
00:40:29on a l'impression
00:40:29plus d'ambition
00:40:30que celui du NFP
00:40:31même s'il a été négocié
00:40:32sur un temps court
00:40:32où sont passées
00:40:34les grandes conquêtes sociales
00:40:35dans les programmes de gauche
00:40:36Rémi Cardon ?
00:40:37ils vont venir
00:40:38chaque parti politique
00:40:39est en train de concevoir
00:40:40son projet
00:40:41et je pense que
00:40:42tu disais très bien
00:40:43Sandrine
00:40:44il y a un travail
00:40:46sur la question des fiertés
00:40:46et pour retrouver la fierté
00:40:47il y a la question
00:40:48des libertés
00:40:49la liberté de choisir
00:40:50sa vie
00:40:52c'est ça le sujet
00:40:53la bataille culturelle
00:40:54qui doit se faire
00:40:54face au Rassemblement National
00:40:55et face aux libéraux
00:40:57elle est essentiellement là-dessus
00:40:59pour qu'on retrouve
00:41:00de la confiance
00:41:00et de la fierté
00:41:01il faut qu'on travaille là-dessus
00:41:03et donc sur la question
00:41:04des libertés
00:41:04j'y viens
00:41:05nous on a essayé de penser
00:41:07notre projet aussi
00:41:08autour de ça
00:41:09et c'est la raison pour laquelle
00:41:11le Sijipof le dessine aussi
00:41:13la liberté de se soigner
00:41:15la liberté de se déplacer
00:41:16la liberté de sentir aussi protégé
00:41:19par la question de sécurité et autres
00:41:21et tout ça
00:41:21ce sont des sujets
00:41:22que la gauche doit se réancrer là-dessus
00:41:25et même donner une dimension
00:41:28doctrinale forte
00:41:30mis à jour à 2026
00:41:31et même à 2030
00:41:33et 2050
00:41:34et donc c'est là où
00:41:35je pense l'enjeu
00:41:36et les grandes conquêtes
00:41:38il faut effectivement
00:41:39les concevoir
00:41:40à partir d'un fil conducteur
00:41:41il faut qu'on ait du sens
00:41:42dans ce projet
00:41:43en tout cas
00:41:43le projet du Parti Socialiste
00:41:45j'espère que ce sera le projet
00:41:46commun des uns et des autres
00:41:47je n'ai pas répondu sur le racisme
00:41:51Aurélie Trouvé
00:41:52ces conquêtes sociales
00:41:53c'est celles qui permettent
00:41:54l'émancipation
00:41:56justement
00:41:56de refaire classe
00:41:58de ne pas séparer
00:41:59la ruralité
00:42:00des quartiers populaires
00:42:01comme vous le disiez
00:42:02c'est ça qui doit guider la gauche
00:42:04aujourd'hui
00:42:05proposer des nouvelles conquêtes sociales
00:42:06et lesquelles ?
00:42:07Oui, la nouvelle conquête sociale, écologique
00:42:10féministe, antiraciste
00:42:11comme je le dis
00:42:12c'est-à-dire que toutes ces luttes-là
00:42:13tous ces conquis-là
00:42:16je ne parle pas d'acquis
00:42:17mais de conquis
00:42:20doivent faire partie
00:42:21d'un programme de rupture
00:42:22ce que je veux dire
00:42:23c'est que
00:42:23moi je crois à la conjonction
00:42:26ou à la convergence
00:42:27de ces luttes
00:42:28de ces combats
00:42:30anticapitalistes
00:42:30comme je l'ai expliqué
00:42:32mais moi je veux reprendre
00:42:33la notion de fierté
00:42:34parce que c'est vrai
00:42:34que moi je me dis
00:42:36en tout cas
00:42:36finalement
00:42:37quand je t'écoute Sandrine
00:42:38je me dis
00:42:39le concept qu'on a avancé
00:42:40de Nouvelle-France
00:42:41quelque part
00:42:42c'est ça la fierté
00:42:43c'est-à-dire que c'est une façon
00:42:44tu vois
00:42:45la Nouvelle-France
00:42:45de dire
00:42:46nous sommes fiers
00:42:47d'être dans cette France
00:42:48qui offre
00:42:49une telle protection sociale
00:42:51de tel service public
00:42:52mais aussi
00:42:53une Nouvelle-France
00:42:54qui permet
00:42:56une Nouvelle-France
00:42:57féminisée
00:42:58créolisée
00:42:58métissée
00:42:59qui est fière aussi
00:43:00des migrations
00:43:02parce que
00:43:03moi je le dis
00:43:04il faut passer à l'offensive
00:43:05là-dessus
00:43:06du coup je réponds
00:43:07sur la question du racisme
00:43:08pour moi
00:43:08les migrants
00:43:10la migration
00:43:11est une chance
00:43:12une chance sociale
00:43:13une chance culturelle
00:43:14et même une chance économique
00:43:16parce que
00:43:18pour de multiples raisons
00:43:20aujourd'hui
00:43:21vous avez
00:43:22des migrants
00:43:23qui par ailleurs
00:43:24sont la force vive
00:43:26et active
00:43:26de la nation
00:43:27dans une population
00:43:28vieillissante
00:43:29et je le dis
00:43:30ça doit être vécu
00:43:32à la fois
00:43:32comme cette chance culturelle
00:43:33économique et sociale
00:43:34donc on doit passer
00:43:35à l'offensive
00:43:35sur cette question là
00:43:36pas seulement en défensif
00:43:38pourquoi je le mets au centre
00:43:39je rappelle quand même
00:43:40ce qui s'est passé à Saint-Denis
00:43:41le 4 avril
00:43:42c'est pas rien
00:43:44avec Bali
00:43:44Bagayogo autour
00:43:45etc
00:43:45mais il y a aussi
00:43:46de longues luttes
00:43:48antiracines
00:43:48mais ça montre aussi
00:43:49que cette question là
00:43:50elle va être
00:43:51pour moi
00:43:52elle va être assez centrale
00:43:53dans la campagne présidentielle
00:43:55et tant mieux
00:43:56mais parce que
00:43:56je le rappelle
00:43:57je suis désolée
00:43:58mais je suis d'accord
00:43:59il y a plein de fermants
00:44:00du vote RN
00:44:01mais un des fermants
00:44:03centraux
00:44:04c'est malheureusement
00:44:06les idées racistes
00:44:07qui se propagent
00:44:08à une vitesse
00:44:09grand V
00:44:10dans ce pays
00:44:11deuxième fermant
00:44:12on l'oublie souvent
00:44:13c'est aussi
00:44:14parce que
00:44:15c'est aussi
00:44:16moi je le vois
00:44:16en commission d'affaires économiques
00:44:17à l'Assemblée nationale
00:44:18le deuxième bouc émissaire
00:44:20du RN
00:44:20c'est la nature
00:44:21et le vivant
00:44:22le trumpisme aujourd'hui
00:44:23le RN
00:44:24l'extrême droite
00:44:25c'est une lutte
00:44:26sans merci
00:44:27contre le vivant
00:44:28climaticide
00:44:29etc
00:44:29donc ça aussi
00:44:30ça doit être au coeur
00:44:31de notre bataille
00:44:32contre le Rassemblement
00:44:33national
00:44:33qui sera notre adversaire
00:44:35et bien entendu aussi
00:44:36c'est ne pas laisser
00:44:37le RN
00:44:38représenter l'antisystème
00:44:40et la rupture
00:44:40voilà
00:44:41et donc pour ça
00:44:42il faut opposer
00:44:43un programme de rupture
00:44:44rappeler que le RN
00:44:45et bien Marine Le Pen
00:44:47elle vient dîner
00:44:47avec Pouyanné
00:44:48bon
00:44:48et que donc
00:44:49qui est le PDG de Total
00:44:50je le précise
00:44:51oui pardon
00:44:51c'est vrai
00:44:54Léon Desfontaines
00:44:55je vous voyais
00:44:56hocher de la tête
00:44:57mais pas pour acquiescer
00:44:58sur Nouvelle France
00:44:59au Parti Communiste
00:44:59vous utilisez le terme
00:45:01de Nouvelle République
00:45:02en quoi c'est différent
00:45:03de la Nouvelle France
00:45:03de la France insoumise ?
00:45:05en fait
00:45:06ayons un débat du coup
00:45:06sur ce qu'est la France peut-être
00:45:07mais moi je rejoins
00:45:09ce que disait Mme Rousseau
00:45:10sur le fait que
00:45:10la France
00:45:11c'est pas un repli identitaire
00:45:13tel que veut l'imposer
00:45:14le RN
00:45:16d'ailleurs
00:45:16quand on voit
00:45:17les débats des philosophes
00:45:18à l'époque de la Révolution française
00:45:20il y a deux courants philosophiques
00:45:21qui s'opposent
00:45:22et notamment
00:45:22les philosophes des Lumières
00:45:24qui je crois
00:45:25ont imposé
00:45:26ce que c'était
00:45:26les bases même
00:45:28de notre système républicain
00:45:29mais qui disent
00:45:30que la France
00:45:30c'est un destin commun
00:45:32c'est que la France
00:45:33c'est peu importe
00:45:33son origine sociale
00:45:34peu importe
00:45:35où on est né
00:45:36peu importe
00:45:37la couleur de peau
00:45:38peu importe
00:45:38la religion etc
00:45:39on va faire ensemble
00:45:41pour permettre
00:45:41de faire avancer
00:45:43l'intérêt général
00:45:44voilà
00:45:44c'est ça la République
00:45:45la Révolution universaliste
00:45:47la République
00:45:48universaliste
00:45:49donc pour moi
00:45:49défendre la France
00:45:50et une nouvelle République
00:45:51c'est à dire
00:45:51une République
00:45:52qui revienne
00:45:53à ces fondamentaux là
00:45:54c'est ça
00:45:54notre ambition
00:45:55et je nous mets
00:45:56juste en garde
00:45:56sur le fait que
00:45:58dans la nouvelle France
00:45:59moi tel que je l'ai entendu
00:46:01je nous mets en garde
00:46:02une chose
00:46:02c'est sur
00:46:03l'essentialisation
00:46:04moi je ne souhaite pas
00:46:06que des Françaises
00:46:07et des Français
00:46:08se définissent
00:46:08comme métis
00:46:09noir ou blanc
00:46:10je souhaite qu'ils se définissent
00:46:11comme Français
00:46:11et faisant partie
00:46:12de la même communauté
00:46:14celle d'avoir
00:46:15un destin commun
00:46:16voilà
00:46:16mais c'est peut-être
00:46:18j'espère qu'on est d'accord
00:46:19et je pense que
00:46:19quand Aurélie Trouvé
00:46:20disait que
00:46:21pour elle
00:46:22l'enjeu fondamental
00:46:23c'était d'avoir des services publics
00:46:24sur lesquels on fait destin commun
00:46:25je pense que sur ça
00:46:25on arrive à se retrouver
00:46:29et après
00:46:30sur la nécessité
00:46:31de faire conscience de classe
00:46:33je pense que
00:46:33encore une fois
00:46:34il faut allier le drapeau
00:46:35bleu blanc rouge
00:46:36pour moi le drapeau bleu blanc rouge
00:46:37c'est l'idée des Lumières
00:46:38la Révolution française
00:46:39et le drapeau rouge
00:46:40et c'est pour ça que c'est important
00:46:41de mettre les luttes sociales
00:46:42aussi au cœur de notre projet
00:46:44et encore une fois
00:46:45je pense qu'on fera reculer
00:46:46l'extrême droite
00:46:47à condition qu'on soit capable
00:46:48de refaire conscience de classe
00:46:50et de permettre
00:46:51de montrer aux ouvrières
00:46:52et aux ouvriers
00:46:53mais pas que aux employés
00:46:54et plus généralement
00:46:55aux travailleurs de ce pays
00:46:56qu'ils ont des intérêts communs
00:46:57à dépasser le système capitaliste
00:46:59Sandrine Rousseau
00:47:00vous vouliez réagir ?
00:47:01Oui juste pour dire
00:47:02bleu blanc rouge
00:47:02ça ne se suffit pas à soi-même
00:47:04c'est-à-dire que derrière
00:47:04il y a un modèle social
00:47:05et que dire juste
00:47:07bleu blanc rouge
00:47:07en fait ça ne suffit pas
00:47:09et le RN
00:47:11nous n'oublions pas
00:47:11un projet d'hyper capitalisme
00:47:13d'hyper libéralisme
00:47:15de libertarien même
00:47:16c'est-à-dire chacun pour soi
00:47:18et en fait
00:47:19c'est pour ça
00:47:20qu'ils font illusion
00:47:21en ne s'attachant
00:47:22qu'au drapeau
00:47:23et en ne regardant pas
00:47:24le modèle social
00:47:25qui est profondément aussi
00:47:26au fondement de la société française
00:47:28et moi je voudrais juste
00:47:30dire que le racisme
00:47:31n'est pas quelque chose
00:47:32qui
00:47:33enfin
00:47:34le racisme
00:47:35nourrit structurellement
00:47:36les inégalités économiques
00:47:37c'est-à-dire qu'en fait
00:47:38on ne peut pas se dire
00:47:39qu'on va gommer
00:47:41les inégalités économiques
00:47:42si on ne regarde pas
00:47:43les discriminations
00:47:44que subissent
00:47:45certaines personnes
00:47:46en raison de leur couleur de peau
00:47:47de leur religion etc
00:47:47parce que
00:47:48en fait
00:47:48vous pouvez exploiter une personne
00:47:50parce que vous la déconsidérez
00:47:52ou parce qu'elle est déconsidérée
00:47:54dans les hiérarchies sociales
00:47:55donc si vous avez une peau noire
00:47:58par exemple
00:47:58et bien vous êtes déconsidéré
00:47:59et donc vous êtes
00:48:00évidemment
00:48:01bien plus facilement exploitable
00:48:03qu'une personne
00:48:04qui symboliquement
00:48:05a une position
00:48:07dans la hiérarchie sociale
00:48:08qui est plus importante
00:48:09là où juste
00:48:10je pense que Nouvelle-France
00:48:11est un sujet
00:48:12qu'on peut débattre
00:48:13c'est qu'en fait
00:48:14la France est profondément métissée
00:48:15depuis toujours
00:48:16c'est-à-dire depuis toujours
00:48:18il n'y a pas de nouveauté
00:48:20dans le métissage
00:48:21de la société française
00:48:22nous ne sommes pas une île
00:48:23au milieu du Pacifique
00:48:24qui serait comme ça
00:48:25assaillie de personnes
00:48:27dans des bateaux
00:48:27mais nous sommes
00:48:28une société
00:48:29qui a été traversée
00:48:31de mille et un flux
00:48:32et c'est très bien ainsi
00:48:33parce que c'est ça
00:48:33qui fait de notre richesse
00:48:34Rémi Cardon
00:48:35juste avant de passer
00:48:36aux questions stratégiques
00:48:37qu'on veut aborder
00:48:37il ne nous reste pas
00:48:38énormément de temps
00:48:38vous vouliez réagir aussi
00:48:40sur cette question
00:48:40de c'est quoi la France ?
00:48:42Alors effectivement
00:48:43c'est quelles promesses
00:48:43on va dessiner
00:48:44en termes d'offres politiques
00:48:45mais aussi
00:48:46derrière
00:48:47je pense qu'il ne faut pas oublier
00:48:49les démocraties
00:48:49sont minoritaires
00:48:50dans le monde
00:48:51il y a quand même
00:48:52je ne vais pas faire peur
00:48:53aussi
00:48:54en tout cas la gauche
00:48:55doit faire un travail
00:48:56de prise de conscience
00:48:57et de travailler
00:48:58auprès des français
00:48:59pour qu'ils prennent conscience
00:49:00que ce qui est en train
00:49:01de se jouer
00:49:01peut être très grave
00:49:02sur cette élection présidentielle
00:49:04avec l'arrivée
00:49:05de l'extrême droite
00:49:05on l'a vu d'ailleurs
00:49:06sur des mesures
00:49:07il n'y a pas plus tard
00:49:08qu'il y a quelques semaines
00:49:09où des maires
00:49:10des nouveaux maires ARN
00:49:12prennent des mesures
00:49:12complètement délirantes
00:49:13sur les questions des libertés
00:49:14et donc là-dessus
00:49:16il va falloir être
00:49:16hyper hyper proactif
00:49:18pour combattre ça
00:49:20avec force
00:49:21et c'est pour ça
00:49:22que je remets
00:49:22la question des libertés
00:49:23au cœur du débat
00:49:24de la gauche
00:49:24parce que je pense
00:49:25que ça va jouer
00:49:26essentiellement là-dessus
00:49:26sur cette élection présidentielle
00:49:30après tout ce qu'on s'est dit
00:49:31là
00:49:31on s'est dit pas mal de choses
00:49:32est-ce que vous estimez
00:49:33qu'il y a des gauches irréconciliables
00:49:34ou est-ce que vous dites
00:49:35que tous les cas
00:49:36déjà après ce que vous avez dit
00:49:37vous pourriez faire campagne commune
00:49:38et gouverner ensemble
00:49:39ou c'est beaucoup plus compliqué
00:49:40que ça
00:49:40Léon Desfontaines
00:49:42moi je pense qu'il y a du débat
00:49:43la preuve en est
00:49:44je pense qu'il faut pousser les débats
00:49:45moi j'ai honnêtement
00:49:46aucune religion
00:49:47sur la question du rassemblement
00:49:49ou pas du rassemblement
00:49:49encore une fois
00:49:50moi la question fondamentale
00:49:51qu'on doit se poser
00:49:52c'est comment on est susceptible
00:49:53d'aller chercher
00:49:54ces électrices et ces électeurs
00:49:55que la gauche a perdu
00:49:56alors pas forcément humainement
00:49:58mais statistiquement
00:49:59etc
00:49:59enfin encore une fois
00:50:00comment on est capable
00:50:01de reconstruire
00:50:02le bloc social
00:50:04historique
00:50:05de la gauche
00:50:05et notamment
00:50:06d'aller chercher
00:50:07ces travailleurs
00:50:08travailleuses
00:50:08qui soit
00:50:10tombent dans l'abstention
00:50:11parce qu'ils pensent
00:50:12que la gauche a déçu
00:50:14que la gauche a trahi
00:50:15ce qui est vrai
00:50:16ou alors
00:50:17qui rejettent la gauche
00:50:19parce que
00:50:20par la brutalisation
00:50:21sans cesse
00:50:21de la vie politique
00:50:22ils ne se retrouvent pas
00:50:23dans la gauche
00:50:24et la réalité
00:50:24c'est que
00:50:25je crois que la faiblesse
00:50:26de la gauche
00:50:27c'est qu'on est enfermé
00:50:28vous m'excuserez
00:50:29monsieur le sénateur
00:50:30mais dans un congrès
00:50:31du parti socialiste
00:50:31depuis 2005
00:50:32entre plusieurs sensibilités
00:50:34plusieurs tendances
00:50:34et qu'aujourd'hui
00:50:35il faut dépasser
00:50:36les clivages politiques
00:50:37on a trop tendance
00:50:38à se regarder le nombril
00:50:38à gauche
00:50:39et d'essayer d'aller chercher
00:50:40convaincre les électeurs
00:50:41de gauche de voter
00:50:42pour un tel ou pour un tel
00:50:43l'enjeu c'est de dépasser ça
00:50:44et de s'adresser très largement
00:50:45au peuple de France
00:50:46pour permettre d'aller chercher
00:50:47celles et ceux
00:50:48qui ne croient plus en la gauche
00:50:49et leur démontrer deux choses
00:50:50la première
00:50:51c'est que le rassemblement national
00:50:52ça a été dit à de multiples reprises
00:50:53est un faussaire
00:50:54sur toutes les questions
00:50:55et particulièrement
00:50:56sur la question sociale
00:50:57et sur la défense
00:50:57de notre modèle social
00:50:58et la deuxième chose
00:50:59c'est que les seuls
00:51:00qui proposent d'améliorer
00:51:01leur quotidien
00:51:02c'est la gauche
00:51:03mais alors
00:51:04sur quel projet
00:51:05et moi je le dis
00:51:06si on veut répartir les richesses
00:51:07si on veut permettre
00:51:08à celles et ceux
00:51:09qui aujourd'hui
00:51:10comptent les fins de mois
00:51:11qui ont des fins de mois
00:51:12difficiles
00:51:13de vivre mieux
00:51:14on a besoin de produire
00:51:15plus de richesses
00:51:16sur le territoire national
00:51:17on a besoin
00:51:18d'attirer de nouvelles entreprises
00:51:20produire plus de richesses
00:51:21pour mieux les répartir
00:51:22et ça va être ça
00:51:23je crois la question fondamentale
00:51:24de 2027
00:51:25si on veut permettre
00:51:26d'attirer celles et ceux
00:51:27qui ne croient plus en la gauche
00:51:28et bien il faut leur montrer
00:51:28que la gauche a un destin
00:51:30pour le pays
00:51:31propose un destin pour le pays
00:51:32celui-ci est simple
00:51:33c'est produire plus de richesses
00:51:34en respectant l'environnement
00:51:36en prenant en compte
00:51:36la question climatique
00:51:37évidemment
00:51:38pour ensuite mieux les répartir
00:51:39enfin pas ensuite d'ailleurs
00:51:40en parallèle
00:51:41pour mieux les répartir
00:51:42pour mettre
00:51:43d'augmenter les salaires
00:51:44développer des services publics
00:51:45financer un système
00:51:46de sécurité sociale
00:51:47digne de ce monde
00:51:48tel que nous l'avions
00:51:49toutes et tous défendu
00:51:50lors du NFP notamment
00:51:51Aurélie Trouvé
00:51:52je prolonge la question d'Aurélien
00:51:54pourquoi ce qui avait été possible
00:51:55en juin-juillet 2024
00:51:57ne le serait pas
00:51:58pour 2027
00:51:59est-ce que c'est possible
00:52:00d'une nouvelle union
00:52:01comme le demande
00:52:02d'ailleurs majoritairement
00:52:03le peuple de gauche
00:52:05je réponds à ça
00:52:06juste à la fin
00:52:07juste un point
00:52:07pour répondre à la Nouvelle France
00:52:08je suis d'accord
00:52:09avec ce que tu dis
00:52:09c'est à dire que
00:52:10par ailleurs
00:52:11la France a toujours été féminisée
00:52:13évidemment créolisée
00:52:14métissée
00:52:14la différence pour la Nouvelle France
00:52:16c'est d'être fière
00:52:16justement de cela
00:52:17puisque je reprends
00:52:19justement ton idée
00:52:19de la fierté
00:52:21et puis voilà
00:52:22qu'il puisse y avoir
00:52:22l'égalité des droits
00:52:23en gros
00:52:24qu'on abatte les rapports
00:52:25de domination
00:52:25des hommes sur les femmes
00:52:26ou bien des blancs
00:52:27sur les autres
00:52:29mais ça va plus loin que ça
00:52:30la Nouvelle France
00:52:31c'est pas seulement ça
00:52:32c'est être fière
00:52:33d'une France
00:52:34qui répond aux besoins de chacun
00:52:35d'où les services publics
00:52:36la protection sociale
00:52:37bref
00:52:38c'est juste pour faire
00:52:38un point sur la Nouvelle France
00:52:40oui mais c'est un peu stratégique
00:52:41c'est notre vision globale
00:52:44aussi qui est en jeu
00:52:46effectivement
00:52:47donc j'y arrive
00:52:48deuxièmement
00:52:48et justement
00:52:49je réponds à la question de l'union
00:52:51moi
00:52:52la question
00:52:52elle est de ne pas faire
00:52:53de fusion
00:52:54pour la confusion
00:52:55c'est à dire que
00:52:56je veux dire
00:52:57si l'unité
00:52:58c'est
00:52:59enfin je veux dire
00:53:00la question
00:53:01elle est de faire union
00:53:02autour de quoi
00:53:02ce qui a marché
00:53:03pour la NUPES
00:53:04ce qui a marché
00:53:05pour le nouveau Front Populaire
00:53:06c'est que nous sommes partis
00:53:07d'un programme
00:53:07d'accord
00:53:08et que ce programme
00:53:09était un programme
00:53:10de rupture
00:53:10malheureusement depuis
00:53:11par ailleurs
00:53:12j'observe
00:53:13qu'il a été piétiné
00:53:15par une partie
00:53:15et c'est bien le problème
00:53:17de
00:53:18et particulièrement
00:53:19du parti socialiste
00:53:19qui a voté
00:53:20qui n'a pas voté
00:53:21la censure
00:53:22et qui en plus
00:53:23par exemple
00:53:24sur le blocage des prix
00:53:25s'assoit sur une des premières mesures
00:53:26et ça c'est un problème
00:53:28parce que les gens
00:53:29se disent
00:53:29mais attendez
00:53:30on a gagné en 2024
00:53:31avec un programme de rupture
00:53:33pourquoi tout le monde
00:53:34n'est pas à nouveau
00:53:34autour de ça
00:53:35donc évidemment
00:53:36que ça nous handicap
00:53:37pour la suite
00:53:37donc je pense que
00:53:38la première des choses
00:53:39et c'est en tout cas
00:53:40nous la proposition
00:53:41qu'on a faite
00:53:41et je la refais
00:53:42de la France Insoumise
00:53:44c'est ce qu'on appelait
00:53:47une offre fédérative
00:53:47c'est se tourner vers
00:53:48ceux
00:53:49et en premier lieu
00:53:51ceux qui en tout cas
00:53:52ont respecté
00:53:52le programme
00:53:54du nouveau Front Populaire
00:53:55et ont voté la censure
00:53:56déjà dans une première étape
00:53:58mais aussi
00:53:59au monde syndical
00:53:59associatif etc
00:54:01commençons par
00:54:03nous fédérer
00:54:04autour de ce programme
00:54:05de ce programme
00:54:06de rupture
00:54:07en partant de celui
00:54:08du nouveau Front Populaire
00:54:09effectivement
00:54:10il faut pouvoir
00:54:11il a été gagnant
00:54:12je rappelle
00:54:12qu'on a gagné
00:54:14les élections législatives
00:54:15on a été la première force
00:54:16on a déjoué
00:54:17on a déjoué
00:54:18les pronostics
00:54:19enfin je veux dire
00:54:19moi j'étais en larmes
00:54:20le soir
00:54:21le premier
00:54:21je sais pas vous
00:54:23moi j'étais en larmes
00:54:23j'y croyais pas
00:54:24qu'on puisse être devant
00:54:25le Rassemblement National
00:54:27aux législatives
00:54:28vraiment
00:54:29enfin je veux dire
00:54:29j'avais la peur au ventre
00:54:30qu'on finisse devant
00:54:31qu'on donne autant d'espoir
00:54:32aux Français
00:54:33je veux dire
00:54:33il faut tenir ça maintenant
00:54:35et on le doit
00:54:36on le doit aux Français
00:54:36et à tous ceux qui
00:54:37et par ailleurs
00:54:38les premiers à les chercher
00:54:39pour moi c'est pas
00:54:40les électeurs du RN
00:54:41c'est ceux qui ne votent pas
00:54:42ou ne votent plus
00:54:43et ont besoin
00:54:44de retrouver de l'espoir
00:54:45dans la gauche
00:54:46et dans une gauche
00:54:46de rupture
00:54:47Rémi Cardon
00:54:48donc l'offre fédérative
00:54:50de la France
00:54:50visiblement ne s'adresse pas
00:54:52prioritairement en tout cas
00:54:53aux socialistes
00:54:53de l'autre côté
00:54:54le parti socialiste
00:54:55appelle à une union
00:54:56de la gauche
00:54:56non-mélenchoniste
00:54:57c'est l'expression
00:54:57qui est utilisée
00:54:58c'est-à-dire que vous ne pouvez
00:54:59plus travailler ensemble
00:55:00le problème c'est que
00:55:01vous voyez
00:55:02déjà il n'y a pas forcément
00:55:03d'envie de travailler ensemble
00:55:05visiblement
00:55:05si je vous écoute
00:55:07et puis deuxièmement
00:55:07vous parlez du programme
00:55:10du NFP
00:55:11mais en réalité
00:55:12aujourd'hui
00:55:13je suis désolé
00:55:14on doit le faire aussi évoluer
00:55:15un programme ça évolue
00:55:17et vous-même
00:55:17vous le faites
00:55:18à chaque élection présidentielle
00:55:20il me semble
00:55:21sauf erreur de ma part
00:55:21et en l'occurrence
00:55:22aujourd'hui
00:55:23ce que je ne comprends pas
00:55:23c'est votre raisonnement
00:55:24c'est-à-dire
00:55:25ça a marché
00:55:25on a gagné avec le NFP
00:55:27mais du coup
00:55:27on ne fait pas d'union
00:55:28pour les présidentielles
00:55:29parce qu'on a notre programme
00:55:30et on a notre candidat
00:55:33on a Mélenchon
00:55:35et on a d'autres programmes
00:55:36c'est pas nous
00:55:37qui avons fait du case au départ
00:55:38c'est quand même
00:55:40c'est ce que vous proposez
00:55:42aux électeurs de gauche
00:55:43faisons la gauche
00:55:43non Mélenchoniste
00:55:44c'est pas nous
00:55:45c'est le PS
00:55:46sauf qu'en l'occurrence
00:55:47on voit bien
00:55:48qu'on est en incapacité
00:55:49de travailler avec Mélenchon
00:55:50je n'ai pas dit
00:55:51avec les insoumis
00:55:52je n'ai pas dit
00:55:53avec les insoumis
00:55:53j'ai dit avec Mélenchon
00:55:55donc c'est là
00:55:55au moment là
00:55:56pourquoi ?
00:55:57parce que
00:55:58je ne vais pas revenir
00:55:59sur les débats qu'il y a eu
00:56:00c'est la posture
00:56:02à la fois
00:56:03les propos parfois
00:56:04qui sont nauséabonds
00:56:06et voilà
00:56:06donc si la France insoumise
00:56:08veut travailler sur l'union
00:56:10elles sont
00:56:11je ne vais pas utiliser
00:56:12mon temps de parole pour ça
00:56:12parce que je pense que
00:56:14il faut qu'on accélère
00:56:15de toute façon
00:56:15oui en plus il faut qu'on accélère
00:56:17mais moi je pense
00:56:18qu'on a une chance inouïe
00:56:20de créer les conditions
00:56:21d'union
00:56:22pour éviter le pire
00:56:25voilà
00:56:25et en l'occurrence
00:56:26ce que je vois
00:56:27c'est que la France insoumise
00:56:28ne souhaite pas
00:56:29travailler avec la gauche
00:56:31Sandrine Rousseau
00:56:32quand vous voyez
00:56:32les discussions
00:56:32entre Rémi Cardin
00:56:33et Aurélie Trouvé
00:56:34ça vous inspire quoi ?
00:56:36je vais vous dire
00:56:37beaucoup de tristesse
00:56:38parce que là
00:56:38je suis un peu désespérée
00:56:39de ce qui va se passer
00:56:40parce que
00:56:41là on est dans un truc
00:56:43où on construit
00:56:45de gauche irréconciliable
00:56:46mais c'est nous-mêmes
00:56:47qui construisons
00:56:49cette irréconciliabilité
00:56:51et derrière
00:56:52vous l'avez dit
00:56:53à chaque élection
00:56:54on ne dépasse pas 32%
00:56:5632% c'est déjà pas mal
00:56:57c'est déjà pas mal
00:56:58mais 32%
00:57:00si on se divise en deux
00:57:01ça fait 15
00:57:02et moi je ne sais pas
00:57:03comment on passe
00:57:04de 15 à 50,01
00:57:06lors de 2027
00:57:09et j'étais au moment
00:57:11de la dissolution
00:57:12moi j'étais invitée
00:57:12sur les plateaux
00:57:13le soir des résultats
00:57:15et vous savez
00:57:16on a des sondages
00:57:16comme ça
00:57:17sortis des urnes
00:57:18quand on est sur les plateaux
00:57:20à 18h
00:57:20le RN était
00:57:21en majorité absolue
00:57:23à 19h
00:57:24il était en majorité
00:57:24relative dans les sondages
00:57:25et à 20h
00:57:26c'est nous qui étions en tête
00:57:27et en fait
00:57:28nous étions en tête
00:57:29parce que nous avons
00:57:30dépassé les partis
00:57:31c'est-à-dire parce qu'une société
00:57:32civile s'est mobilisée
00:57:34parce que les syndicats
00:57:35ont renoncé
00:57:36à la charte d'Amiens
00:57:37et ont pris position
00:57:38au détriment
00:57:39en prenant des risques
00:57:41considérables
00:57:41parce que les associations
00:57:42en prenant aussi
00:57:43des risques
00:57:44sur leur capacité
00:57:45à aller chercher
00:57:46des subventions
00:57:47ont pris position
00:57:49parce que des citoyens
00:57:50et citoyennes
00:57:50ont fait la queue
00:57:51devant les commissariats
00:57:52pour qu'il y ait
00:57:52des procurations
00:57:53et en fait
00:57:54là j'ai l'impression
00:57:56qu'on oublie
00:57:57tous ces gens
00:57:57j'ai l'impression
00:57:58qu'on oublie
00:57:59cette mobilisation
00:58:00cette ferveur populaire
00:58:01et autant
00:58:02je partage
00:58:03avec Aurélie
00:58:04l'idée
00:58:05qu'il faille
00:58:05aller sur
00:58:06beaucoup
00:58:06plus de ruptures
00:58:10d'ambition
00:58:11de courage
00:58:13aussi
00:58:13d'aller affirmer
00:58:14des choses
00:58:15autant
00:58:16je partage
00:58:17avec le parti
00:58:18socialiste
00:58:19l'idée
00:58:19que quand même
00:58:20on ne peut pas
00:58:21continuer
00:58:22dans un récit
00:58:23d'irréconciliabilité
00:58:25mais que vous
00:58:25alimentez aussi
00:58:26donc en fait
00:58:27moi je veux juste
00:58:28qu'on se pose
00:58:30et qu'on se dise
00:58:30attention
00:58:31là c'est quand même
00:58:32des personnes
00:58:32qui demain
00:58:33peuvent subir
00:58:34le RN
00:58:34si nous ne sommes
00:58:35pas à la hauteur
00:58:36c'est des gens
00:58:36qui demain
00:58:37pourront être expulsés
00:58:38de leur logement
00:58:38c'est des gens
00:58:39qui demain
00:58:40pourront voir
00:58:42ne plus
00:58:44avoir aucune
00:58:44espèce de confiance
00:58:45et déjà
00:58:46certains n'en ont
00:58:47plus du tout
00:58:47mais ne plus du tout
00:58:48avoir de confiance
00:58:49dans la police
00:58:50et dans la capacité
00:58:50de la police
00:58:51à nous protéger
00:58:52parce que ce sera
00:58:52une police
00:58:53qui sera
00:58:54aux ordres
00:58:55d'un gouvernement
00:58:56d'extrême droite
00:58:57enfin
00:58:57c'est les droits
00:58:59des personnes LGBT
00:59:01derrière c'est quand même
00:59:03tout notre
00:59:03et puis évidemment
00:59:04c'est un capitalisme
00:59:06exacerbé
00:59:06un capitalisme
00:59:07sauvage
00:59:08doublé
00:59:09d'un déni
00:59:09climatique
00:59:10donc je veux dire
00:59:10l'enjeu est tel
00:59:12l'enjeu est tel
00:59:13que je vous
00:59:14enfin vraiment
00:59:15je le demande
00:59:15arrêtons
00:59:16d'alimenter
00:59:18ce débat
00:59:19des gauches
00:59:20irréconciliables
00:59:20et par ailleurs
00:59:21moi je me dis
00:59:22dans la primaire
00:59:23qui est actuellement
00:59:24en cours
00:59:24dans laquelle je ne crois
00:59:26pas tellement
00:59:26en l'état
00:59:27parce que je pense
00:59:28qu'elle est complètement
00:59:28refermée sur des chefs
00:59:29de parti
00:59:30et qu'en fait
00:59:30les chefs de parti
00:59:32aujourd'hui
00:59:32ne racontent pas
00:59:33une histoire
00:59:34d'émancipation
00:59:35et de courage
00:59:37mais je voudrais
00:59:38vraiment qu'on se dise
00:59:39que les citoyens
00:59:41devraient avoir
00:59:41la main
00:59:42sur le processus
00:59:43et j'en termine là
00:59:44demandons aux citoyens
00:59:45de choisir
00:59:46en fait avant
00:59:46au sein de la gauche
00:59:48permettons aux citoyens
00:59:49de dire
00:59:50ben voilà
00:59:50moi je vote
00:59:51pour tel ou tel
00:59:52dans la primaire
00:59:52et qu'on fasse
00:59:53une primaire
00:59:54sans candidat
00:59:54c'est à dire que
00:59:55s'il y a 1000
00:59:55ou 10 000 citoyens
00:59:56qui votent
00:59:57pour une personne
00:59:58et bien que cette personne
00:59:59puisse être candidate
00:59:59et qu'en fait
01:00:00ce soit le peuple de gauche
01:00:01qui reprenne la main
01:00:02sur le récit de la gauche
01:00:03parce que si on laisse
01:00:04les partis faire
01:00:05alors les partis
01:00:06vont avoir des replis
01:00:07identitaires
01:00:07et on est mort
01:00:08et on est mort
01:00:09et derrière nous
01:00:10on laisse sur le bas côté
01:00:12toute une partie
01:00:13de la population
01:00:13qui a vitalement
01:00:15besoin de la gauche
01:00:15il nous reste
01:00:17quelques minutes seulement
01:00:18donc un dernier
01:00:19tombeau de table
01:00:20s'il vous plaît
01:00:21là on voit que
01:00:22l'union des droites
01:00:23et de l'extrême droite
01:00:23si elle ne se fait pas
01:00:24complètement électoralement
01:00:25elle se fait de plus en plus
01:00:26dans les esprits
01:00:28et que la gauche
01:00:29met en avant
01:00:30des différents
01:00:31et il y a des différents
01:00:32réels
01:00:32est-ce qu'ils sont fondamentaux
01:00:33est-ce qu'il faut continuer
01:00:34en 2027
01:00:34comme ça s'est passé
01:00:35en 2022
01:00:36Aurélie Trouvé
01:00:37d'abord je veux quand même
01:00:38excusez-moi
01:00:39mais comme on est dans le débat
01:00:40je vais réagir sur les gauches
01:00:41irréconciliables
01:00:42pour moi il n'y a pas
01:00:42de gauche irréconciliable
01:00:43tout dépend de ce qu'on
01:00:44considère comme la gauche
01:00:45et d'abord je pense
01:00:46qu'il faut partir du programme
01:00:48et je le redis
01:00:49bah oui il faut partir du programme
01:00:51bah oui c'est ça
01:00:51qui nous a réunis
01:00:52la NUPES
01:00:53qui nous a réunis
01:00:54le NFP
01:00:55et moi je pense
01:00:56que nous ne pouvons gagner
01:00:57que sur un programme
01:00:58de rupture
01:00:58et sur une cohérence
01:00:59mais moi je veux dire
01:01:00le programme du Nouveau Front Populaire
01:01:01pour moi il n'est pas assez ambitieux
01:01:02donc je ne vais pas te dédire là-dessus
01:01:04c'est simplement qu'on l'a
01:01:05Sandrine je continue
01:01:07donc je pense que c'est de ça
01:01:08dont il faut qu'on parle
01:01:09voilà
01:01:10et qu'on parte
01:01:12un programme de rupture
01:01:13et par ailleurs
01:01:14rester fidèle
01:01:15à ce programme de rupture
01:01:17une fois dans le mandat
01:01:18au minima dans le mandat
01:01:20enfin je suis désolée
01:01:20on parle d'un présidentiel
01:01:21mais déjà dans le mandat
01:01:22il n'a pas été respecté
01:01:23et c'est un problème
01:01:24alors que comme tu le dis
01:01:25sur certains points
01:01:28bah oui c'est vrai
01:01:29que nous aussi
01:01:29on aurait voulu aller plus loin
01:01:31mais on a su se mettre d'accord
01:01:32et assez rapidement
01:01:33sur un programme
01:01:34qui reste quand même
01:01:35un programme pour moi
01:01:36de rupture
01:01:36et c'est ça qui est important
01:01:38par exemple sur l'énergie
01:01:39je reviens là-dessus
01:01:40sur l'énergie
01:01:41rapidement Aurélien
01:01:42on avait un point de désaccord
01:01:44et on a dit
01:01:45on va continuer à y travailler
01:01:46dans le programme du NFP
01:01:48parce que je le rappelle
01:01:49par exemple
01:01:50la question du nucléaire
01:01:51tous les débats
01:01:52c'est pas Négawatt
01:01:53c'est RTE
01:01:53qui a un scénario
01:01:54donc les réseaux électriques
01:01:56de France
01:01:56qui a un scénario
01:01:57par ailleurs
01:01:58sans nucléaire
01:01:59d'ici un certain nombre
01:02:00d'années
01:02:00on a un désaccord
01:02:02là-dessus
01:02:02mais on a su le surmonter
01:02:04parce qu'on avait
01:02:05toute une série
01:02:07de mesures
01:02:07de mesures cohérentes
01:02:09qui permet
01:02:10un programme de rupture
01:02:11avec le macronisme
01:02:13et c'est de ça
01:02:14dont il faut qu'on parle
01:02:15donc c'est pour ça
01:02:15que je vous dis
01:02:17que pour moi
01:02:17si une fusion
01:02:19amène à la confusion
01:02:20ça ne règle rien
01:02:21au problème
01:02:21ça ne nous permettra
01:02:23pas de gagner
01:02:23la question
01:02:24qu'est-ce qui nous permet
01:02:25de gagner
01:02:25si on est d'accord
01:02:26que c'est un programme
01:02:27de rupture
01:02:27comme on l'a été
01:02:28pour la NUPES
01:02:28comme on l'a été
01:02:29pour le NFP
01:02:30alors on est capable
01:02:31d'avancer
01:02:31voilà
01:02:33Rémi Cardon
01:02:34Rémi Cardon d'abord
01:02:35du coup moi j'ai une interrogation
01:02:36sur les propos
01:02:37et donc attend pardon
01:02:37et donc pour nous
01:02:39il n'y a aucun noucaze
01:02:39nous dans notre texte
01:02:41qui est sorti
01:02:41ce dimanche
01:02:42de notre assemblée représentative
01:02:43nous nous adressons
01:02:45très clairement
01:02:45à tous ceux
01:02:46qui veulent rester fidèles
01:02:47à un programme
01:02:48de rupture
01:02:48merci Aurélie
01:02:49trouver Rémi Cardon
01:02:50rapidement
01:02:50donc imaginons
01:02:51on a un programme commun
01:02:53ça veut dire que demain
01:02:54on peut trouver un accord
01:02:54sur le mode de désignation
01:02:55pour le candidat
01:02:57je vous pose la question
01:02:58parce que du coup
01:02:58je m'interroge aujourd'hui
01:03:00je veux dire
01:03:00si on a un programme commun
01:03:02on part du programme
01:03:02et ensuite
01:03:03il faut bien avoir une tête
01:03:04pour l'incarner
01:03:05donc comment on fait alors
01:03:06je vous pose la question
01:03:07non mais je vous pose la question
01:03:08comment on fait alors du coup
01:03:09moi c'est intéressant
01:03:10d'avoir votre avis
01:03:11parce que pour le coup
01:03:12le parti civiliste
01:03:13je ne sais pas
01:03:13je n'ai pas compris
01:03:13si vous étiez contre la primaire
01:03:15pour la primaire
01:03:16pour François Hollande
01:03:17pour Luxman
01:03:18je ne sais pas
01:03:19je ne sais pas
01:03:20sauf en ma part
01:03:21je ne vous ai pas manqué de respect
01:03:22non mais nous
01:03:22on a une ligne assez claire
01:03:25au moins
01:03:25non mais répondez à ma question
01:03:27on a un programme commun
01:03:28imaginons
01:03:28on est quatre
01:03:29peut-être que vous pourriez commencer
01:03:30d'abord par répondre
01:03:32au nom du parti socialiste
01:03:33avant de me poser la question
01:03:34à moi
01:03:35parce que moi j'étais assez claire
01:03:36du coup vous êtes pour ou contre la primaire
01:03:38non mais nous
01:03:39on n'est pas pour la primaire
01:03:40on l'a dit
01:03:41on l'a expliqué
01:03:41en long, en large et en travers
01:03:42par contre je vous pose la question
01:03:43est-ce que le parti socialiste
01:03:46est pour ou contre la primaire
01:03:48vous allez voir
01:03:49dans quelques semaines
01:03:50bah non mais dites non
01:03:50bah moi je suis pour à 100%
01:03:52ah oui parce qu'il y a quand même
01:03:54des avis différents
01:03:55mais ok
01:03:56la direction du parti socialiste
01:03:58a pris position pour la primaire
01:03:59ce qui n'est pas le cas
01:04:00d'une bonne moitié du parti socialiste
01:04:01vous allez voir
01:04:02dans quelques semaines
01:04:02on verra
01:04:03et je précise
01:04:04les militants socialistes
01:04:05voteront bientôt
01:04:06on est quatre autour de la table
01:04:07on a un programme commun
01:04:08comment on fait pour désigner
01:04:10une candidature commune
01:04:11une candidature commune
01:04:12Sandrine Rousseau
01:04:14une réaction
01:04:17une conclusion surtout
01:04:18j'ai
01:04:20enfin vraiment moi je pense que
01:04:21la gauche est forte
01:04:22encore une fois
01:04:24quand elle est
01:04:26quand elle est
01:04:27quand elle représente
01:04:28toutes les tendances
01:04:29et
01:04:31et oui
01:04:32enfin là
01:04:32si on regarde ce qui se passe
01:04:34aux Etats-Unis
01:04:34là
01:04:35et je vous le dis à vous
01:04:36une gauche
01:04:38modérée n'a pas réussi
01:04:40à contrer Trump
01:04:40aujourd'hui
01:04:41ce qui est réussi
01:04:42à contrer Trump
01:04:43c'est des Mamdani
01:04:43c'est ce qui se passe
01:04:44à Minneapolis
01:04:45c'est à dire quelque chose
01:04:46qui vraiment
01:04:47ouvre un autre espace
01:04:49un espace
01:04:50qui crée de l'espoir
01:04:53mais je dis
01:04:54à Elifi
01:04:54tout seul
01:04:55je ne vois pas
01:04:56comment vous y arrivez
01:04:57non plus
01:04:58c'est à dire qu'au mieux
01:04:59vous faites aller
01:04:5918%
01:05:0020%
01:05:01même 22%
01:05:02les 22%
01:05:03pour aller jusqu'à 50%
01:05:05comment vous faites quoi
01:05:05et donc on est dans
01:05:07l'illusion de la puissance
01:05:08alors qu'en fait
01:05:09nous ne sommes puissants
01:05:10que quand nous sommes
01:05:11rassemblés
01:05:12et donc la question
01:05:13c'est comment on désigne
01:05:14la personne
01:05:15puisqu'en effet
01:05:15nous sommes prisonniers
01:05:16de cette 5ème république
01:05:17raison pour laquelle
01:05:18oui mais la primaire
01:05:19telle qu'elle est actuellement
01:05:21en fait elle est complètement
01:05:22refermée et verrouillée
01:05:23enfin c'est vraiment
01:05:25ce qui est verrouillé
01:05:25je comprends
01:05:26c'est ultra verrouillé
01:05:27il faut 500 signatures
01:05:28et c'est les chefs de parti
01:05:30qui décident de tout
01:05:31dans un autre choix
01:05:32c'est pour éviter d'avoir 50 candidats
01:05:33enfin je veux dire
01:05:33déjà on a pas mal à gauche
01:05:35et alors
01:05:35il y aurait 50 candidats
01:05:36et alors
01:05:36et alors
01:05:37on laisse le peuple de gauche
01:05:38choisir
01:05:39c'est quoi le sujet en fait
01:05:40ben non mais
01:05:41c'est quoi le sujet ?
01:05:42et au moins ça ouvrirait les débats
01:05:43et au moins on créerait quelque chose
01:05:45mais en fait
01:05:46à force de tout contrôler
01:05:47on va se
01:05:48voter
01:05:49littéralement
01:05:50voilà
01:05:50et c'est ça qui me
01:05:51qui me fait très peur
01:05:52et je le dis
01:05:53j'ai quand même
01:05:55ce sentiment
01:05:56qu'on ne créera
01:05:57l'espoir à gauche
01:05:58que si nous sortons
01:05:59des logiques
01:06:01identitaires de parti
01:06:02et si nous sortons
01:06:03d'un débat
01:06:04d'alliance
01:06:04pour aller vers des débats
01:06:07de révolution
01:06:08d'une certaine manière
01:06:09allez
01:06:10Léon Desfontaines
01:06:11le parti communiste
01:06:12en tout cas la direction
01:06:13du parti communiste
01:06:14dans une phase de congrès
01:06:15va proposer à ses militants
01:06:17une candidature
01:06:18du parti communiste
01:06:19vous en êtes d'ailleurs
01:06:20l'un des rédacteurs
01:06:21du texte
01:06:23quand vous entendez
01:06:24ce débat
01:06:25qu'est-ce que ça vous inspire vous ?
01:06:26la première chose
01:06:27pour revenir très brièvement
01:06:28quand même sur le processus
01:06:29de primaire
01:06:29prenons l'exemple
01:06:30de nos voisins
01:06:31l'Italie fait des primaires
01:06:33depuis 2005
01:06:33l'Italie n'a pas été capable
01:06:35parce qu'elle s'est rassemblée
01:06:36d'être un frein
01:06:37à la montée de l'extrême droite
01:06:39et la preuve en est
01:06:40et la gauche est en déliquescence
01:06:41aujourd'hui en Italie
01:06:42et ils sont bien sûr
01:06:43en débat chez eux
01:06:44pour voir comment ils peuvent refonder
01:06:45de l'autre côté
01:06:46moi ce que je dis
01:06:47c'est que
01:06:47si on a une primaire demain
01:06:49en France
01:06:50admettons tous les candidats
01:06:51s'y mettent
01:06:52on va essayer de convaincre
01:06:53avant tout d'ailleurs
01:06:53les électeurs de gauche
01:06:54de voter pour un tel un tel
01:06:56parce que c'est celles et ceux
01:06:56qui vont se mobiliser
01:06:57lors de cette primaire
01:06:58si demain
01:06:59Raphaël Glucksmann
01:07:00gagne cette primaire
01:07:01je suis désolé
01:07:01moi je ne suis pas prêt
01:07:02à faire campagne
01:07:03pour Raphaël Glucksmann
01:07:04avec son modèle
01:07:05de quasi-fédéralisme européen
01:07:07que je ne partage en rien
01:07:08si demain
01:07:09Jean-Luc Mélenchon
01:07:10gagne cette primaire
01:07:11je suis désolé
01:07:11mais je ne suis pas en accord
01:07:12avec le fait de faire campagne
01:07:13Jean-Luc Mélenchon
01:07:14qui a une figure repoussoire
01:07:15parce qu'il a abandonné
01:07:16peu à peu la question sociale
01:07:17mais surtout
01:07:17d'une brutalisation
01:07:19sans cesse de la vie politique
01:07:20et donc aujourd'hui
01:07:21la question fondamentale
01:07:22et moi c'est pour ça
01:07:23que je veux traiter
01:07:23c'est la question
01:07:24du projet et du programme
01:07:26c'est quel contenu
01:07:27nous permettra
01:07:27d'aller chercher
01:07:28celles et ceux
01:07:28qui ne croient plus
01:07:29en la gauche
01:07:29et bien c'est un projet
01:07:30qui je crois
01:07:31remet en cause
01:07:31le modèle européen
01:07:32tel que nous l'avons construit
01:07:33tel qu'il a été construit
01:07:34et tel qu'il s'est imposé
01:07:35aux Françaises et aux Français
01:07:36notamment après le référendum de 2005
01:07:38et c'est un projet
01:07:39qui soit capable
01:07:40de refaire de la question sociale
01:07:41la question de la lutte des classes
01:07:43sa priorité
01:07:44et donc pour ce faire
01:07:45notamment la question
01:07:46de la réindustrialisation
01:07:47de notre pays
01:07:47la question énergétique
01:07:48elle n'est pas anecdotique
01:07:49parce que les centrales nucléaires
01:07:51permettent de produire
01:07:51plus d'énergie
01:07:52sur notre territoire
01:07:53décarbonée, bas carbone
01:07:54c'est ce qui permettra
01:07:55de réindustrialiser notre pays
01:07:56c'est ce qui permettra
01:07:59lignes de chemin de fer
01:08:00pour construire des bâtiments
01:08:02et notamment des logements sociaux
01:08:03pour construire des voitures
01:08:04électriques bas carbone etc
01:08:05on a besoin d'une industrie
01:08:07et donc pour ça
01:08:08on a besoin
01:08:09d'avoir une énergie
01:08:10qui est produite massivement
01:08:12et qui soit bas carbone
01:08:13et il n'y a que l'énergie
01:08:14le mix énergétique
01:08:15nucléaire et renouvelable
01:08:15qui peut le permettre
01:08:16donc c'est pas une question anecdotique
01:08:18et c'est comme
01:08:18c'est avec je crois
01:08:19ce projet là
01:08:20que nous serons en capacité
01:08:21d'aller chercher
01:08:21celles et ceux
01:08:22qui ne croient plus en la gauche
01:08:23et moi aujourd'hui
01:08:24je ne vois personne d'autre
01:08:25que Fabien Roussel
01:08:27pour incarner cela
01:08:27mais ayons le débat
01:08:28encore une fois
01:08:28je n'ai pas de religion
01:08:30sur le rassemblement
01:08:30mais je pense que
01:08:31notre priorité
01:08:32ce n'est pas de savoir
01:08:33si on a un programme commun
01:08:33on ne l'a pas
01:08:34la question fondamentale
01:08:35c'est quel programme
01:08:36pour faire reculer
01:08:37l'extrême droite
01:08:38on va être obligé de conclure
01:08:40peut-être peut-on imaginer
01:08:41un nouveau débat
01:08:41dans les semaines à venir
01:08:43en tout cas merci
01:08:43Aurélie Trouvé
01:08:44merci Sandrine Rousseau
01:08:46Rémi Cardon
01:08:47et Léon Desfontaines
01:08:48d'avoir accepté
01:08:49de débattre
01:08:49pour l'Humanité Magazine
01:08:50à notre chaîne YouTube
01:08:51merci Aurélien
01:08:52pour la co-animation
01:08:53de ce débat
01:08:54merci à toi Emilio
01:08:54n'oubliez pas
01:08:55de vous abonner
01:08:56c'est important
01:08:56parce que nous
01:08:57contrairement à d'autres
01:08:58nous n'avons pas
01:08:58de milliardaires
01:08:59pour nous soutenir
01:09:00et nous n'en voulons pas
01:09:02précision importante
01:09:03donc on compte sur vous
01:09:04et à bientôt