- il y a 25 minutes
Le « Front populaire 2027 » veut organiser un vote pour une « candidature commune » et a annoncé plusieurs modalités du scrutin, prévu le 11 octobre 2026. Mais le chemin avant de dépouiller des bulletins dans l’urne est encore long. Analyse avec Rachel Garrat-Valcarcel et Aurélien Soucheyre.
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NewsTranscription
00:00La primaire de la gauche va-t-elle avoir lieu ? En tout cas, ils se sont donnés une date
00:02pour un vote.
00:03Tout à fait. Le 11 octobre, ils l'ont annoncé samedi, c'était dans une conférence de presse à Tours.
00:12Donc un vote théoriquement le 11 octobre qui devrait avoir lieu en bureau de vote physique,
00:18au moins un par canton et en bureau de vote virtuel.
00:23Ils ont aussi annoncé des conditions pour être candidats à cette primaire.
00:28500 signatures de maire, donc ce n'est quand même pas rien.
00:32Ce ne sont pas exactement les vraies conditions pour être candidats à la vraie élection présidentielle,
00:40parce que les parrains pourront donner deux ou trois parrainages.
00:45Mais c'est sûr que ça va limiter grandement les candidatures.
00:50En tout cas, c'est la volonté qu'ils ont. Il n'y aura que des candidats, disons, sérieux à
00:56cette primaire.
00:57Mais peut-être qu'il faut dire qui est dans cette primaire.
01:01C'est une primaire dite de la gauche unitaire.
01:04Maintenant, il y a le Parti socialiste, même si on en reparlera.
01:08En tout cas, Olivier Faure était présent à Tours, mais on parlera du PS.
01:12Il y a l'après, il y a Debout, il y a Europe Écologie Les Verts, il y a Génération.
01:16Absolument.
01:17Et il y a déjà des candidats déclarés. Il y a une grosse actualité qui est tombée hier soir.
01:20Il y a déjà Marine Tondelier, secrétaire nationale d'Europe Écologie Les Verts.
01:24Enfin, des écologistes, pardon, parce qu'ils ont changé de nom.
01:26Tout à fait.
01:26Qui était désigné par une primaire de la primaire chez les écologistes.
01:31Et hier soir, il y a François Ruffin qui s'est déclaré.
01:34Absolument.
01:35Absolument pas une surprise.
01:37Dans une interview à Libération et sur TF1, c'était évidemment très attendu.
01:41C'était l'un des plus fervents défenseurs du processus de primaire.
01:44Il avait lancé lui-même un appel, je pense, il y a un petit peu moins d'un an, quelque
01:51chose comme ça.
01:53Et donc, il a effectivement fait acte de candidature hier.
01:58On peut aussi citer Clémentine Autain, qui est ouvertement candidate et qui doit présenter son programme, je crois, le 6
02:05février.
02:06Donc, il y a au moins trois candidats et candidates déclarés.
02:13La grande question maintenant, c'est qui, en vérité, deux grandes questions, qui, en vérité, pourrait obtenir ces 500 signatures
02:21?
02:21Honnêtement, ce n'est quand même pas si évident que ça.
02:25François Ruffin, ça paraît possible.
02:27Mais Clémentine Autain, est-ce qu'elle va si facilement que ça avoir ces 500 signatures ?
02:31On verra.
02:32Il y a une possibilité de double parrainage.
02:34Des maires pourraient parrainer plusieurs candidats à la primaire.
02:39Ce n'est pas encore décidé si ce sera double ou triple.
02:42Et puis, quid du Parti Socialiste ?
02:46Quid du Parti Socialiste, puisque Olivier Faure était présent.
02:49Mais Patrick Caner, qui est président du groupe PS au Sénat, a dit qu'il n'avait pas l'aval
02:54de la direction ou du bureau du PS.
02:57Et que ça lui posait un problème qu'Olivier Faure soit présent.
03:00Donc, actuellement, on ne sait pas si le PS va aller jusqu'au bout de cette primaire.
03:04C'est ça.
03:06C'est sûr qu'Olivier Faure et le courant d'Olivier Faure, ils sont très favorables à cette primaire.
03:12Mais vous vous en souvenez peut-être, Olivier Faure, il a gagné son congrès l'année dernière.
03:17Franchement, il craque.
03:18Et surtout, dans les instances du Parti, c'est-à-dire le Conseil national, le Bureau national, il n'est
03:25pas majoritaire.
03:26Il a besoin du courant de Boris Vallaud, le président du groupe à l'Assemblée nationale, pour être majoritaire.
03:34Or, les autres courants, ils sont beaucoup, beaucoup moins allants pour cette primaire.
03:39Alors, la difficulté des opposants, c'est qu'ils sont aussi eux-mêmes très divisés entre, je ne vais pas
03:45vous faire toute la liste,
03:46mais entre ceux qui sont pour aller directement avec Raphaël Luxman, qui lui, pour l'instant, a exclu d'aller
03:51dans cette primaire,
03:52et ceux qui ne sont pas forcément contre l'idée de primaire, mais veulent d'abord que les socialistes désignent
03:59leur candidat pour la primaire,
04:01comme les écologistes l'ont fait avec Marine Tandelier.
04:04Et ça, ce n'est pas la position d'Olivier Faure qui, lui, serait favorable à ce qu'il y
04:07ait 2, 3, 4 candidats socialistes au premier tour.
04:09Ça ne lui pose pas de problème.
04:11Même si ça divise potentiellement les voix pour un candidat PS.
04:13Alors oui, mais comme ce ne sera pas un scrutin majoritaire à deux tours, la question ne se pose pas
04:18en ces termes-là.
04:19Du coup, ce sera un scrutin comment ?
04:21Ce ne sera pas comme pour la présidentielle. Il n'y aura pas un premier tour, un deuxième tour, comme
04:24il y a eu pour d'autres primaires.
04:25A priori, si je reprends les termes utilisés par Lucie Casté, qui est un peu la grande arbitre de ce
04:30processus,
04:32l'ancienne candidate à Matignon du NFP.
04:38Comme ils n'ont donné qu'une seule date, par définition, ça veut dire que potentiellement, il n'y a
04:41pas de deuxième tour.
04:43Donc, elle n'a pas totalement exclu. Elle a dit plutôt autre chose.
04:47Elle n'a pas été aussi catégorique. Ça ouvre plein de voies.
04:52Ce n'est pas qu'on pense bien sûr à la primaire populaire et à son jugement majoritaire.
04:56En vérité, il y a plein d'autres modes de scrutin possibles qui ne sont pas notre scrutin majoritaire à
05:01deux tours.
05:02Donc ça, on n'y est pas à cas. Mais pour finir sur le parti socialiste.
05:06Les opposants d'Olivier Faure, ils ont tout un tas de positions différentes contre ou modérément pour cette primaire.
05:12Le problème, c'est que tous sont en revanche assez d'accord pour dire qu'Olivier Faure, il n'avait
05:17pas mandat pour engager autant que ça l'EPS l'autre jour.
05:23D'ailleurs, le fait qu'Olivier Faure parle à cette conférence de presse, ce n'était pas du tout évident
05:28à l'origine, justement pour ne pas trop engager le parti.
05:32Et moi-même, quand je l'ai entendu parler et aller assez loin défendre le processus, je me suis dit
05:38qu'il allait mettre le feu au parti.
05:39Pas manquer, puisqu'il n'y a pas que Patrick Cannaire qui s'est exprimé là-dessus.
05:43Aussi des tenants du courant valo, dont Olivier Faure a absolument besoin pour faire avaler cette primaire, sont exprimés pour
05:51dire qu'il était allé trop loin.
05:53Et je pense à Alexandre Ruizy, sénateur socialiste de l'Oise, qui a dit qu'en allant trop loin, Olivier
06:03Faure était peut-être en péril, la question de l'union de la gauche.
06:08Donc théoriquement, c'est ce qu'il a rappelé, malgré tout, en samedi à Tours.
06:14Les socialistes, les militants socialistes devront voter sur le choix qu'ils font de stratégie pour la présidentielle après les
06:20municipales.
06:21Franchement, bien malin, qui peut dire à quel camp va remporter ce scrutin-là, sachant qu'encore une fois, on
06:30parle d'un parti socialiste qui est très divisé,
06:31et divisé vraiment un peu à 50-50 ces dernières années.
06:34– Alors l'objectif affiché de la primaire, c'est d'éviter la dispersion à gauche, et d'avoir un
06:40candidat pour toute la gauche.
06:42On ne sait pas si le parti socialiste va, in fine, y participer.
06:46Pour l'instant, Raphaël Glucksmann, qui est proche du PS, mais qui est aussi un peu indépendant, n'y participe
06:51pas.
06:52Jean-Luc Mélenchon, qui est le candidat qui avait fait les plus gros scores aux dernières présidentielles à gauche, n
06:57'y participe pas, et ne compte pas du tout y participer.
06:59– Le parti communiste français, pour l'instant, n'y participe pas non plus.
07:03Donc, quelle est la crédibilité ? C'est un mot sur lequel tu revenais souvent dans le papier que tu
07:07as écrit très récemment sur le juge de la primaire.
07:09Cette primaire est en quête de crédibilité, mais tu dis qu'elle est soutenue dans les enquêtes d'opinion.
07:15– Alors, ce qui est soutenu dans les enquêtes d'opinion surtout, c'est la volonté d'unité des électeurs
07:22de gauche.
07:23Après, il y a plein de manières de faire l'unité.
07:26Il y a à faire l'unité via une primaire organisée, consentée, etc.
07:31Et puis, faire la primaire au gourdin.
07:35C'est une expression qu'avait utilisée un député écologiste que je ne citerai pas après 2022.
07:39C'est-à-dire, au fond, tout le monde est candidat, mais en fait, le plus fort tue les autres.
07:42Ce qui s'est passé à la présidentielle de 2022, avec Jean-Luc Mélenchon qui a fait 22%,
07:49alors que le deuxième candidat de gauche n'a pas réussi à faire 5%.
07:53Donc ça, c'est une première chose.
07:54– Mais du coup, ça a empêché la gauche d'avoir un candidat au second tour.
07:58– Absolument, absolument.
07:59Néanmoins, c'est vrai, l'aspiration unitaire des électeurs de gauche, elle n'a pas varié.
08:05Elle est toujours entre 75 et 80%.
08:08Je serais tenté de vous dire que c'est tout le temps la même chose.
08:11Le problème, c'est que, premièrement, ceux qui veulent l'unité,
08:14ils veulent toujours l'unité vers le parti qu'ils préfèrent.
08:17Et deuxièmement, les 20-25% qui ne la veulent pas, ils ne la veulent vraiment pas.
08:22Et sur 30 à 33% d'électeurs de gauche, assez constamment aux élections depuis 10 ans,
08:29forcément, c'est difficile de se priver d'une telle partie.
08:32Ça, c'est pour la partie popularité du processus.
08:37Deuxièmement, sur la crédibilité, effectivement.
08:39Il y a un énorme problème de crédibilité,
08:41puisque aujourd'hui, aussi bien au centre-gauche qu'à la gauche de la gauche,
08:47on a beau jeu de dire qu'au fond, c'est une primaire de la petite gauche.
08:52Certains disent même que c'est une primaire du groupe écologiste,
08:54puisque, effectivement, aujourd'hui, les candidats déclarés
09:00sont tous membres du groupe écologiste à l'Assemblée nationale,
09:03ou, puisque Marine Tondelier n'est pas parlementaire,
09:06chef du parti Les Écologistes.
09:09Ça, effectivement, c'est une grande faiblesse du processus actuellement.
09:13Et c'est aussi pour ça qu'ils sont extrêmement dépendants du parti socialiste.
09:17On peut légitimement, et j'ai posé la question en conférence de presse samedi,
09:22on peut légitimement se poser la question.
09:24On avait là, j'allais dire, sur scène, en tout cas devant le micro samedi,
09:28six parlementaires, deux qui n'ont pas voté la censure,
09:32quatre qui l'ont votée et qui vont la revoter encore mardi après-midi.
09:38Est-ce que ce n'est pas quand même un sujet majeur de division
09:42quand on prétend vouloir gouverner ensemble ?
09:44C'est ce que dit, par exemple, François Hollande.
09:46Il n'est pas le seul.
09:47Il y a des fortes tensions sur le budget, l'usage du 49-3
09:50et le fait que, pour l'instant, les motions de censure qui ont été déposées
09:53n'ont pas été votées par le PS, en tout cas par la majorité des députés PS,
09:56puisqu'il y en a quelques-uns, cinq, je crois, qui l'ont voté.
09:59Et aujourd'hui, il y a d'autres motions de censure qui sont examinées.
10:02Une déposée par les insoumis, les communistes et les écologistes.
10:05Oui, nous sommes mardi, tout à fait.
10:08Aujourd'hui, ça ne peut rien dire en vidéo.
10:10Et on verra si, pour l'instant, elles ne sont pas parties pour être adoptées
10:14et ça divise à gauche.
10:17À cette question, Marine Tondelier a répondu, un peu comme à son habitude,
10:21par une pirouette, en disant, voilà, cette semaine, c'est ça qui nous divise,
10:25mais on aurait été une autre semaine, ça aurait été autre chose,
10:27ça aurait été la 69, ça aurait été, je ne sais pas, le nucléaire, etc.
10:32Ça n'est pas totalement faux.
10:33Les divisions de la gauche, sur certains sujets, on ne les découvre pas aujourd'hui.
10:38Maintenant, on peut aussi considérer que la question de savoir si on veut faire survivre
10:44ou faire tomber un gouvernement, ça fait partie des questions assez majeures
10:47qu'un député a à se poser.
10:51Mais ça dit, en fait, le fait que ces gens qui viennent quand même
10:55de la France insoumise pour partie, qui défendent toujours l'avenir en commun,
10:59le programme de la France insoumise, mais pas la stratégie de la France insoumise,
11:05on voit bien l'état de dépendance qu'ils ont, puisqu'ils sont obligés
11:09de laisser couler.
11:09Si le Parti socialiste décide de rejeter le Parti socialiste,
11:13ou si le Parti socialiste de l'UM décide de ne pas participer à cette primaire,
11:16cette primaire, elle n'existera pas.
11:18Elle n'existera pas politiquement, elle n'existera pas, comment dire,
11:22même concrètement, en vérité, sans le Parti socialiste.
11:26C'est vraiment très compliqué de faire 4 500 minimum bureaux de vote physique,
11:32puisque c'est donc le nombre de cantons.
11:35Voilà, donc c'est crucial.
11:37Tout le monde veut 2 millions de votants, c'est le fixe pour objectif 2 millions de votants.
11:40Alors, ils ne peuvent pas dire moins, soyons lucides,
11:43puisque 2 millions de votants, c'est même moins que la primaire
11:48qui a désigné Benoît Hamon début 2017,
11:53puisque les primaires qui désignent François Hollande,
11:54c'est 2 800 000 personnes, quand même considérable.
11:59Donc, à moins de 2 millions, c'est sûr que le projet est quand même
12:02beaucoup moins crédible, il faut forcément annoncer ça.
12:08Là, on a beaucoup dit que tout ça a des problèmes de crédibilité,
12:13qu'on ne sait pas encore si ça va se produire,
12:15mais on voit quand même, et en ça, ils n'ont pas forcément tort,
12:19les promoteurs de la primaire, qu'il y a une volonté
12:22de verrouiller le rendez-vous, d'une certaine manière,
12:26en disant, de toute façon, ça aura lieu.
12:29C'est vrai qu'aujourd'hui, ça ne paraît pas du tout pertinent,
12:32puisque les deux candidats de gauche, si on inclut Raphaël Guzman,
12:37à être le plus haut dans les sondages, ne participent pas à cette primaire.
12:42Mais qu'en sera-t-il au mois d'octobre ?
12:44La vérité, c'est qu'on n'en sait rien.
12:46Par ailleurs, on peut se dire que, ce n'est pas illégitime de le penser,
12:51qu'une primaire qui réunirait éventuellement plus de 2 millions de personnes,
12:54ça aurait du poids sur, entre guillemets, la primaire des sondages,
12:58parce qu'il ne faut pas se le cacher, malgré cette primaire,
13:02même si elle a lieu, en fait, ce dont on a un peu l'impression,
13:05c'est qu'à gauche, là, il commence une très longue épreuve des poteaux,
13:10c'est-à-dire qui va rester sur son poteau le dernier.
13:14C'est un peu ça qui va se passer.
13:16Au fond, les promoteurs de la primaire espèrent que le souffle de la primaire
13:21fera que les autres seront obligés de tomber.
13:24Ce n'est pas certain, mais on ne peut pas exclure que ce soit le cas.
13:28Et surtout, si jamais, à l'automne, cet outil devient plus pertinent,
13:33parce que, je ne sais pas, il y a quelque chose qui a vraiment fondamentalement
13:36changé dans le paysage, au moins l'outil sera prêt.
13:40Le problème pour les promoteurs de la primaire, c'est que c'est forcément
13:42un événement extérieur qui devra changer la donne.
13:45Je ne vois pas comment eux peuvent véritablement…
13:47– Comment ils peuvent eux-mêmes créer l'actualité.
13:48– Voilà, c'est ça.
13:48– C'est ce qu'ils essayent de faire.
13:49D'ailleurs, Ruffin parle de primaire Geyser pour casser le scénario annoncé
13:53d'une gauche divisée.
13:55Après, à voir si ça va fonctionner ou non.
13:58J'avais une question aussi à te poser.
13:59On voit dans la façon dont Ruffin se déclare candidat,
14:03la façon dont Marine Tondelier se déclare candidate,
14:06quand on voit son clip, on voit que c'est déjà des candidatures
14:08de candidats à la présidentielle qui passent par une primaire,
14:11mais ils ne sont pas enfermés dans la primaire.
14:14Est-ce qu'ils font ça parce que, déjà, pour gagner une présidentielle,
14:17il faut crédibiliser, inscrire sa candidature le plus tôt possible,
14:21lui donner du souffle, mais aussi parce que d'ici au 11 octobre,
14:24ils sont candidats à la présidentielle, soumis au résultat de la primaire,
14:27alors que, par exemple, Jean-Luc Mélenchon ne l'est pas
14:29et il peut dérouler jusqu'au 11 octobre.
14:31– Alors, tu as totalement raison.
14:34Et d'ailleurs, je pense que c'est aujourd'hui la grande force,
14:37enfin l'une des grandes forces de Jean-Luc Mélenchon,
14:39c'est-à-dire qu'en fait, ça fait déjà des mois qu'il fait des meetings
14:43un peu partout dans le pays, là, évidemment, c'est lié aussi
14:45aux élections municipales, mais il fait souvent le moment politique
14:48un peu partout dans le pays, et voilà, c'est vrai que c'est l'une des rares,
14:53sinon la seule personnalité politique qui peut drainer des centaines
14:56et des centaines de personnes, y compris dans des zones
14:58pas particulièrement de gauche, donc c'est sa force, lui,
15:01il peut tracer son sillon, il n'y a pas de souci.
15:04Sur le reste, en fait, le fait de se déclarer candidat à la présidentielle,
15:08mais pas candidat à la primaire, en fait, ce n'est pas très nouveau.
15:11En vérité, lors de la primaire de 2011, la première primaire ouverte,
15:17c'était déjà le cas, les déclarations de candidature,
15:20c'était je suis candidat ou candidate à l'élection présidentielle,
15:23pas je suis candidat à la primaire, enfin, l'idée, c'est de gagner
15:26la Ligue des champions, pas la Coupe Inter-Toto, si vous voulez.
15:29Coupe Inter-Toto, je ne sais pas si tout le monde a l'air à la F.
15:31– Je crois qu'on comprend la phrase, globalement, quand même.
15:33– Pas les qualifications pour la Ligue des champions.
15:41Et je crois même que c'était déjà le cas pour les candidats socialistes
15:44à la primaire de 2006, entre Strauss-Kahn, Fabius et Royal.
15:49En fait, vous êtes candidat à la présidentielle à travers une primaire.
15:54C'est aussi une vision relativement américaine des choses,
15:57puisque, comment dire, aux États-Unis, vous êtes candidat à l'élection présidentielle,
16:02même si vous n'êtes pas allé au bout, en fait.
16:05Je ne sais pas, Pernice Sanders, il est candidat à l'électionnaire,
16:07comme il a été deux fois candidat à la présidentielle,
16:09sauf que comme il s'est arrêté pendant les primaires,
16:10parce qu'il les a perdus, en fait, il n'est pas été le nominé du Parti démocrate.
16:16Donc voilà, ça veut un peu dire ça.
16:19Et puis aussi, dernier point là-dessus, c'est une primaire ouverte.
16:22Il s'agit de parler au plus de monde possible,
16:25qu'il y ait le plus de votants possible.
16:27C'est, à ce titre, encore plus logique de s'adresser à tous les Français,
16:33tous les Français, si on prétentieux de le dire comme ça,
16:35mais c'est assez logique de faire ça quand on se dit,
16:39quand on se prétend candidat à l'élection présidentielle.
16:41– Les organisateurs de la primaire appellent les Français à s'en emparer
16:45pour la crédibiliser, pour lui donner de la force,
16:47pour changer le scénario annoncé de la division.
16:52– On va voir ce que ça donne, on verra s'ils sont convaincants
16:56et si le peuple de gauche s'en empare ou pas.
16:58On verra ça dans les mois qui viennent.
17:00– On verra, effectivement.
17:02C'est sûr qu'aujourd'hui, ça ne paraît pas bien embarqué.
17:05Et puis parce que personne, même quelqu'un de gauche
17:08qui s'intéresse à l'alternance et à éviter que l'extrême droite
17:12gagne l'élection présidentielle,
17:14c'est normal que ça n'intéresse pas follement
17:16les détails techniques et politiques de l'organisation de la primaire.
17:19Mais le jour venu, ce sera peut-être différent.
17:21– Et puis il y a une date, comme tu disais,
17:24il y a une date qui a été consacrée.
17:26– Une date, ça permet de matérialiser, de concrétiser un petit peu les choses.
17:28– On pouvait se dire il y a quelques semaines, quelques mois
17:29qu'ils arrivaient même, peut-être ils ne s'arriveraient même pas
17:32à s'entendre sur une date.
17:34Après, cette date est loin, ça donne aussi un avantage.
17:37– Cette date est loin et en même temps, comment dire,
17:40il y avait deux écoles qui s'affrontaient pour la date,
17:43soit avant l'été 2026, soit après l'été 2026,
17:47considérant qu'aujourd'hui, la gauche, elle est globalement dans les choux,
17:54disons ça comme ça.
17:57Et comment dire, un candidat de gauche va avoir besoin de temps
18:03pour faire campagne, pour se faire connaître,
18:06pour faire connaître son programme, ses idées,
18:08rentrer dans le paysage, pour essayer de – ça prendrait plus de temps encore –
18:15mais de susciter une majorité sociale avant d'avoir une majorité politique dans le pays.
18:19C'est vrai que du coup, octobre, on revient dans des canons
18:22relativement habituels des primaires, parce que la primaire socialiste
18:25ouverte de 2011, c'était déjà au mois d'octobre, 2011.
18:30Donc voilà, c'était aussi un débat là-dessus.
18:32C'est loin et en même temps, c'est peut-être aussi trop proche,
18:37entre guillemets, de l'élection présidentielle.
18:39C'est à sept mois de l'élection présidentielle, mais quand même.
18:41On verra ça.
18:42Merci beaucoup, Rachel.
18:43Merci beaucoup.
18:44Et à très bientôt.