- il y a 9 heures
À l'issue du second tour des élections municipales 2026, comment s'en est sortie la gauche ? Entre succès, conquêtes et échecs, les résultats varient largement d'une ville à l'autre. Analyse à chaud avec Émilio Meslet, Cédric Clérin et Rachel Garrat-Valcarcel.
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NewsTranscription
00:00— Il est temps de faire un point plus global que peut-être on a pu le faire depuis le
00:07début de cette soirée sur...
00:08On va faire évidemment la droite et le centre, on va faire l'extrême droite, mais on va commencer par
00:13la gauche.
00:15Bonsoir, Emilio Mellet. — Salut. — Comment ça va ? — Ça va. Surtout vous, comment ça va, là ?
00:20Parce que 19h30...
00:21— Ça va pas si mal, en réalité. Je pense qu'on va s'effondrer dans une heure. — Rachel
00:24est en meilleure forme maintenant qu'avant de commencer le stream, en réalité.
00:28— C'est parce que Paris-Lyon-Marseille, il y a l'essoufflé, quoi. — Bon. De notre point de
00:36vue, on a l'impression d'une soirée qui a difficilement commencé pour la gauche,
00:41peut-être un petit peu plus contrastée, mais pas géniale. — C'est pas foufou, en effet, pour les parties
00:48de gauche. On voit quand même que les écologistes
00:50ne parviennent... On attend encore les résultats de Bordeaux, mais à ne conserver que Lyon et a priori Tours.
00:55— Oui, c'est vrai, on n'a pas parlé de Tours. — Ce qui semble très faible, ils perdent.
01:00Annecy, c'était attendu. Besançon, c'était plutôt attendu. Poitiers, c'était moins attendu.
01:05— Ça, c'est une grosse surprise. — Strasbourg, c'était parmi les attendus. Mais également Colombe. Donc ça reste
01:12à une soirée assez compliquée pour ceux qui pouvaient se prévaloir de la vague verte en 2020.
01:19Donc les écologistes, tout en ne conquérant qu'une seule mairie a priori, celle de Bagnolet. Pas l'Orient, qui
01:27était la principale ville...
01:29— Grosse surprise, l'Orient. — Eux-mêmes, visiblement, étaient très surpris. Ça se joue à pas grand-chose. Et
01:35à côté de ça, on a des pertes chez les écologistes.
01:37On a quand même des lourdes pertes chez les socialistes. Vous en avez fait la liste. Mais Brest, Clermont-Ferrand,
01:42Avignon, Cherbourg, Liévin, Tulle, Issoudun...
01:45C'est parce que c'est symbolique avec André Léniel. Mais voilà, ils perdent quand même un nombre de villes,
01:50tout en ayant, eux, un peu plus de conquêtes.
01:52Amiens, Pau, Strasbourg, du coup, Ronis-Soubois et Mont-de-Marsan, notamment. Il y en a sûrement d'autres à
01:59venir. Mais voilà, on voit que les pertes équilibrent un petit peu...
02:03— Ils ont perdu Périgueux aussi, je crois, dans la soirée. Mais ils ont gagné Bergerac.
02:06— Ils ont... Voilà. C'est pas non plus de la folie chez les socialistes qui gagnent en réalité une
02:14grosse ville, deux grosses villes, avec Strasbourg et Saint-Etienne,
02:17mais dont une-une qu'ils reprennent à la gauche. — Amiens aussi, quand même.
02:20— Et Amiens. Et Amiens. Ça fait trois, pardon. Et Pau, 80 000 habitants. Il y a du monde. Mais...
02:24Non, mais c'est sûr... Voilà.
02:26— Il y a du monde. — Il y a du monde. Mais surtout, c'est symbolique. François Bayrou qui
02:30perd. Et à côté de ça, on a la France insoumise, eux, qui ont des gains aussi significatifs.
02:35On avait Saint-Denis, donc au premier tour. Désormais, il y a Roubaix, quand même. Une deuxième ville de quasiment
02:40100 000 habitants.
02:41Une ville de 80 000 habitants aussi à la Réunion. Le tampon, c'est pas négligeable. On a noté aussi
02:47qu'ils reprennent Vénitieux aux communistes.
02:50À priori. Alors ça se joue à très peu de voix près, à priori. C'est encore en train. Il
02:54y aurait 25 voix près.
02:55— Mais à priori, c'est définitif.
02:56— Et selon les premiers échos, aussi, Creil, ce serait récupéré par les insoumis.
03:02— Oh. À contre un socialiste, alors.
03:03— À priori. Voilà. C'est... Ah oui.
03:06— Peut-être que ça peut encore bouger. Également la Courneuve.
03:10— Oui. On te confirme, monsieur. — On te confirme aussi à 250 voix d'avance sur...
03:15— Autre gros gain pour la gauche, c'est Nîmes, grâce au communiste Vincent Bouget.
03:20— C'est vrai que finalement, on s'est dit qu'on allait beaucoup en parler. Et finalement, c'est
03:23un peu passé par perte des profits au cours de la soirée.
03:25— Mais on va continuer à en parler. De toute façon, moi, j'ai un contrat qui m'oblige à
03:28parler de Vincent Bouget toutes les 20 minutes.
03:29— Et là, ça fait au moins 40 000. — J'ai l'impression que tu ne l'as pas
03:31respecté.
03:32— Non, c'est vrai que je ne l'ai pas respecté, que vous allez en chier pour la dernière
03:34heure.
03:35— Mais en tout cas, voilà. Donc il y a quand même des gains à gauche, mais qui sont en
03:40fait à regarder aussi avec les pertes à mettre en garde.
03:43— C'est presque un jeu à somme nulle, finalement, pour la gauche. Par contre, un rééquilibrage qu'on sent
03:48à l'intérieur même de la gauche.
03:49Par contre, ce qui se joue maintenant, là, on le voit sur tous les plateaux de télévision, c'est assez
03:52affolant, c'est le niveau de la discussion à gauche.
03:56C'est-à-dire que quand on regarde ensuite qui dirige quelle ville, eh bien en fait, qui a gagné
04:02les villes aujourd'hui ?
04:02C'est les villes, pour la plupart du temps, où les socialistes n'ont pas fusionné avec les insoumis. Ce
04:07qui était attendu, en fait.
04:09— C'est assez contestable, mais on en discutera sans doute.
04:12— Non, mais c'est le récit qui s'installe au Parti Socialiste, y compris...
04:15— Excuse-moi, mais à Creil, moi, j'ai l'inverse. J'ai l'Union de la gauche qui bat
04:20les insoumis d'extrême justesse de 80 voix.
04:24— Ah. En définitif ?
04:26— Oui, c'est définitif.
04:28— D'accord. Alors...
04:30— Oui, mais comme c'est le ministère de l'Intérieur, ça peut être une erreur.
04:34— Mais en tout cas, voilà. Ce que je disais, c'est qu'on assiste à une bataille de récits
04:38au sein de la gauche.
04:38D'un côté, les socialistes qui veulent dire « Regardez dès qu'on s'allie à LFI, on perd. »
04:43Parce qu'en fait, à part Nantes, parmi les grosses villes où il y a eu besoin de faire une
04:47alliance,
04:48eh bien, ils ont perdu à Brest, Clermont-Ferrand, Tulle, Avignon.
04:53— Avignon, ils perdent de justesse, cela dit.
04:56— De justesse. Mais en tout cas, dans le récit, notamment des opposants Olivier Faure.
04:59— Et ils font quasiment le total gauche, quoi.
05:01notamment dans l'opposition d'Olivier Faure. C'est compliqué de ne pas installer l'idée que LFI seraient responsables
05:10de leur malheur.
05:12Et de l'autre côté, on a LFI qui dit « Regardez, dès que les socialistes sont sortants et en
05:17tête de liste, ils perdent. »
05:19Donc en fait, on a cette bataille. C'est ce que Marine Tandelier disait sur un plateau.
05:22Elle disait « On a les gauches irréconciliables qui commencent à revenir. »
05:26Et le problème, c'est que quand on a des gauches irréconciliables, c'est la gauche qui perd, tout simplement.
05:28— Oui, parce que quand il y a 27% pour l'un et 23% pour l'autre, s
05:33'il n'y a pas d'union, il y a des fêtes.
05:36Après, il n'y aura pas de bataille de récits, parce qu'il y aura des fêtes de toute façon.
05:39Donc oui, effectivement, on risque d'avoir un festival de mauvaise foi.
05:41— Enfin je veux quand même dire quelque chose. C'est que si vous prenez par exemple Clermont, on l
05:48'a un peu dit,
05:49il fait un tout petit peu moins que le total gauche du premier tour.
05:54À Brest, c'est beaucoup moins. Mais visiblement, il y avait quand même d'autres problèmes que la division de
05:59la gauche
05:59dans le bilan du maire de Brest. — Vous connaissez que c'était le mandat de trop de France Clermont.
06:04À Nantes, la fusion donne presque exactement, si les estimations se confirment, le total gauche du premier tour.
06:10Donc bien sûr, c'est bonne guerre de la part de la droite du Parti socialiste. Mais ce sera vraiment
06:17à contraster.
06:18— Jérôme Gage l'a dit clairement. Lorsqu'on s'allie avec LFI, on se rétrécit et on perd.
06:23C'est texto la phrase de Jérôme Gage sur TF1 en réponse à Marine Tondelier tout à l'heure.
06:27On entendait Paul Vannier dire aussi que les mères socialistes étaient les boulets.
06:30Donc voilà, vous voyez le niveau des prochaines semaines. Parce qu'on est à un an de la présidentielle.
06:34Évidemment, c'est ça qui va compter. Manuel Bompard sortit un peu aussi la sulfateuse sur les socialistes,
06:40sur la vague des gagistes qui viseraient principalement les socialistes et les écolos.
06:45Voilà. Chacun essaie d'installer son récit pour installer le leadership à gauche.
06:49— Mais évidemment, on ne va pas faire de grandes conclusions ce soir.
06:54Mais il semble qu'il y ait quand même des choses... On sent qu'il point... On sent poindre, pardon,
07:00à la fois quelque chose de vrai dans le fait que si des mères socialistes installés depuis longtemps,
07:05là, n'arrivent plus à gagner des villes où ils étaient très installés, ça veut dire quelque chose.
07:10Si les insoumis font plus de 10% dans beaucoup de villes, ça veut dire quelque chose.
07:13Et à l'inverse, effectivement, si ni Limoges, ni Toulouse, ni les villes où les insoumis sont en tête
07:19et que le rapport gauche-droite les favorables ne permet de gagner, c'est qu'il y a aussi une
07:23question.
07:24Donc en réalité, on a un peu de vrai dans tout ça. La gauche a beaucoup de questions à se
07:28poser,
07:28mais il y a beaucoup de questions à se poser sans doute mutuellement.
07:30Et elle a l'air plutôt de vouloir se les poser chacun de son côté dans l'année qui vient,
07:35ce qui n'est pas de très bonne augure.
07:36— Et j'ajoute à ça que tu prenais les exemples de Toulouse et Limoges qui sont en effet parlants.
07:40Parce que Toulouse et Limoges, c'est justement avec Damien Modet et François Picmal,
07:44plutôt l'inverse, François Picmal à Toulouse et donc Damien Modet à Limoges.
07:48Ce n'étaient pas du tout les insoumis les plus urtiquants pour le reste de la gauche
07:51et a priori pour les électeurs de gauche. Dans des villes où le total gauche, en tout cas à Toulouse,
07:56était supérieur à 50% au premier tour. Ça pose la question de à la fois la campagne
08:03qu'ils ont eue en face, notamment à Toulouse, une campagne extrêmement agressive de la droite
08:06qui disait qu'Airbus allait partir de la ville, que c'était les antisémites qui arrivaient
08:13dans la ville de l'attentat de 2012 de Mohamed Merah. Et de l'autre côté, à Limoges,
08:18on a aussi quand même un insoumis qui fait un score décevant. Il perd largement, a priori,
08:25il perd de 11 points la ville par rapport au maire de droite, enfin pas au maire, au...
08:31Tu sais, c'est le sortant ?
08:31Pardon, tu parlais de quelle ville ?
08:33De Limoges, pardon.
08:33Oui, non, non, c'est pas le sortant.
08:34C'est pas le sortant, on est d'accord.
08:36Oui, mais il fait à peine moins, un petit peu moins que le total gauche du premier tour.
08:41Mais du coup, la question qui va aussi être une des questions qu'on va devoir se poser,
08:44c'est est-ce que lorsqu'un insoumis, quel qu'il soit, est en tête, fait qu'il y ait
08:49un barrage anti-LFI,
08:50de l'autre côté, une surmobilisation du camp d'en face ? C'est une des clés.
08:56D'ailleurs, Jean-Luc Mélenchon, dans une note de blog, commençait à l'esquisser comme une question,
09:00en gros, est-ce que les cabales contre les insoumis fonctionnent ?
09:04C'est toutes ces questions-là qu'on va devoir aussi se poser maintenant.
09:08J'ajoute, on n'en a pas parlé, que GAP, la préfecture des Hautes-Alpes,
09:12qui pouvait être vue comme un gain pour la gauche après le premier tour.
09:16De justesse, c'est le maire sortant de droite, Roger Didier,
09:20qui l'emporte avec 47,5% contre 46,9% pour Elie Cordier.
09:26Donc il y a 120 voix d'écart.
09:29Et pareil, l'ERN, dont les voix ont fondu, divisé par deux.
09:36Est-ce que tu avais d'autres choses à nous dire, Emilio ?
09:41Non, oui, un petit, j'ai quelques, pardon, oui, non, je vais choisir, oui ou non, plutôt oui.
09:47J'ai une bonne nouvelle pour toi, Bobigny, le maire, un parenté communiste, Abdel Sadi,
09:51vient de remporter Bobigny, alors que c'était chaud et marron depuis tout à l'heure.
09:56Donc la gauche garde une ville et on ne l'a pas dit, en Seine-Saint-Denis,
10:00pardon mes obsessions, mais si on regarde en banlieue où il se passe deux, trois trucs à gauche,
10:05si, si, je te regarde, ma chaîne, on regardera le stream,
10:08après combien de fois tu m'as interrompu pour donner des résultats de la bourgeoisie provinciale ?
10:14Le peuple jugera.
10:17En tout cas, en Seine-Saint-Denis, il y a au moins trois villes, voire quatre villes de droite,
10:20qui bascule à Aubervilliers, Villepinte, Le Blanc-Ménil, Ronis-Sous-Bois.
10:25Donc on a au moins quatre qui basculent dans l'autre sens.
10:28C'est beaucoup, hein ?
10:29Oui, c'est beaucoup, c'est beaucoup, c'était pas complètement attendu non plus, enfin, c'était possible.
10:34Le Blanc-Ménil, c'était pas facile.
10:36Le Blanc-Ménil, c'était vraiment pas facile.
10:37C'était chaud.
10:38Aubervilliers, que l'Union se fasse à gauche au second tour, c'était pas écrit d'avance.
10:42Électoralement, c'était logique, mais après, comment ça se goupille ?
10:46Voilà, c'est ça.
10:46Il y a beaucoup de choses qui sont électoralement logiques.
10:48La droite commençait à bien en serrer, et là, elle va reculer sérieusement.
10:54Donc je disais quand même que, donc là, effectivement, il y a la situation en Seine-Saint-Denis,
10:59mais par ailleurs, on en discutait longuement avec Rachel sur la nécessité de la gauche
11:03de se réimplanter dans ce qu'on appelle la France des sous-préfectures,
11:06d'avoir un maillage territorial aussi beaucoup plus fin,
11:09de proximité dans des plus petites villes plutôt rurales.
11:15C'est pas très bon.
11:17Nevers, ça marche pas.
11:19De justesse, là aussi, néanmoins.
11:20Alors, Mulhouse, qui est une préfecture, mais ça ne marche pas non plus.
11:22Non, c'est pas une préfecture, mais c'est la plus grosse ville du Haut-Rhin.
11:26Du Haut-Rhin, pardon.
11:27Beauvais, ça ne fonctionne pas.
11:29Ça marche à La Roche-sur-Yon, ça marche à Pau, ça marche à Mont-de-Marsan,
11:34ça marche à Bergerac.
11:37Pau, sous-préfecture ?
11:38Pau, c'est une préfecture.
11:39Sous-préfecture ?
11:40Non, préfecture.
11:41Ah, nous étions sur la préfecture.
11:42Bayonne, on n'a pas vu Bayonne, je ne sais pas si c'est...
11:44Alors moi, je n'ai pas les résultats à Louvier, par exemple, aussi, je ne sais pas si...
11:47Où le député socialiste Philippe Brun, le chef de file du budget, avait une possibilité de prendre la ville,
11:54mais ça fait partie des endroits à regarder.
11:57Mettez-vous d'accord, là.
11:58On a les résultats, il est battu.
12:01Il est battu.
12:02Philippe Brun est battu à Louvier.
12:03Mais de justesse.
12:04De justesse, puisqu'il perd de 110 voix.
12:08110 voix, Philippe Brun battu.
12:10Jean-René Etchégaray, Renaissance réélu à Bayonne, 50,7% contre 41% pour Jean-Claude Hiriard, de la gauche
12:20à Berçal.
12:21Et la liste d'extrême droite, 8,29%.
12:26C'est tout pour toi, Emilio ?
12:28C'est tout pour moi.
12:30Merci beaucoup.
12:31Et là, tu as écrit ton dernier papier, j'imagine.
12:34J'ai couru venir vous rejoindre dès que j'avais fait sur le bouton « Envoi ».
12:37Merci beaucoup, Emilio.