Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 9 heures
Pour ces élections municipales, le PCF s’est fixé deux enjeux majeurs : conserver les 600 villes à direction communiste (2,5 millions d’administrés) et reconquérir les villes perdues en 2020 comme Arles dans les Bouches-du-Rhône ou encore Saint-Pierre-des-Corps en Indre-et-Loire. Décryptage des succès du PCF au premier tour avec Gaël De Santis et Cyprien Caddeo.

✊ Faire un don défiscalisé à 66 % : https://www.humanite.fr/don
📰 Accéder aux contenus exclusifs : https://abonnement.humanite.fr/

📱 Pour ne rien manquer de l'Humanité :
Instagram : https://instagram.com/lhumanitefr
X (Twitter) : https://x.com/humanite_fr
Bluesky : https://bsky.app/profile/humanite.fr
Threads : https://www.threads.net/@lhumanitefr
TikTok : https://tiktok.com/@lhumanitefr
Twitch : https://twitch.tv/lhumanitefr

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:01Le Parti communiste, on voulait nous en parler aujourd'hui puisque c'est quelque chose qu'on oublie parfois, il
00:05faut même le rappeler,
00:06c'est la troisième force municipale dans le paysage puisque le premier c'est les Républicains, la seconde c'est
00:12le Parti socialiste
00:12et on a quand même 6700 conseils municipaux qui sont communistes avant le premier tour de 2026, ce qui en
00:19fait la première force.
00:20Qu'est-ce que tu peux nous dire sur le bilan du PCF sur le premier tour notamment, puisqu'il
00:24y a eu quand même pas mal de réélections ?
00:25Alors, ce qui est intéressant là, on a quelques victoires du PCF qui n'étaient pas attendues, par exemple à
00:33Nangis, en Seine-Maritime,
00:34mais on a énormément, énormément de maires réélus ou de maires qui ont réussi à passer le témoin à leurs
00:42successeurs.
00:43Pour l'heure, le Parti communiste français revendique 250 communes remportées dès le premier tour de cette élection municipale.
00:52C'est une donnée intéressante puisque l'année... Il y a 6 ans, en 2020, alors c'est une élection
00:57un peu particulière,
00:58il y avait 225 communes avec un maire communiste qui avait renouvelé leur maire communiste dès le premier tour de
01:09l'élection municipale.
01:10Donc il y a un petit progrès. C'est aussi le fait que... Là, il y a une certaine satisfaction
01:16du côté de la direction du Parti communiste français,
01:18mais il y avait déjà une satisfaction avant qui était que, dès l'année dernière, le PCF avait appelé de
01:25ses voeux au rassemblement le plus large
01:27pour faire des listes d'intérêts général, donc de gauche. Et dans 80% des villes, il y avait l
01:37'union de la gauche, pas toujours derrière un communiste d'ailleurs.
01:40Souvent, c'est derrière un socialiste, derrière un vert, derrière un divers gauche. Dans 80% des villes de plus
01:46de 10 000 habitants,
01:46il y avait une union de la gauche très large qui s'est faite dès le premier tour. Et donc
01:51ça, c'est le deuxième motif de satisfaction.
01:55Voilà. Ensuite, après, on voit qu'il y a des... Pour nuancer un peu les choses, il y a les
02:01communes communistes qui sont reconduites.
02:04C'est le cas de Montreuil, qui est avec 110 000 habitants. La première ville à direction communiste, c'est
02:10Patrice Bessac, en France.
02:13Pour l'instant, la seule ville de plus de 100 000 habitants dirigée par le PCF. On va parler potentiellement
02:18après les...
02:18On finira par... On finira exactement par les espoirs de conquête.
02:21Et pour préciser, c'est la deuxième ville communiste en Europe, derrière Grasse, en Autriche.
02:28Et d'ailleurs, la maire de Grasse, à l'issue des élections municipales, a envoyé un petit message en saluant
02:34le fait que les communistes
02:36c'est une bonne implantation locale en France. Et elle a salué notamment Philippe Rioux, qui a été réélu à
02:42Grigny.
02:43Et qui, il y a quelques années de cela, a été meilleure maire du monde. Et en ce moment, la
02:47meilleure maire du monde, c'est la maire de Grasse, en Autriche.
02:51Donc les maires communistes ont des bilans salués à l'international, au-delà même de la question de leur couleur
02:57politique.
02:58Juste une question que je voulais te poser, c'est qu'est-ce que nous disent ces réélections ? Parce
03:01que ça montre une implantation locale qui est forte.
03:04Est-ce que ça montre aussi qu'il y a des figures locales qui sont très appréciées ? Est-ce
03:07qu'on sait que le facteur personnalité, j'ai envie de dire,
03:09mais le facteur, l'attachement des habitants à leur maire, joue dans beaucoup de villes où il y a eu
03:16des larges réélections, d'ailleurs pas qu'au Parti communiste.
03:18Mais souvent, on a dit, on sait que les communes du Parti communiste sont particulièrement exposées, pas partout, mais souvent
03:24exposées au risque du RN,
03:27qui fait des gros scores aux élections nationales. Et on se rend compte que ça résiste quand même dans la
03:31question des élections locales.
03:32Qu'est-ce que ça nous raconte, ces réélections ? Il est vrai que le Parti communiste français, on voit
03:39les résultats que font ces maires
03:42et bien supérieurs au score que peut réaliser le Parti communiste français dans les élections nationales, que ce soit l
03:48'élection présidentielle
03:49ou que ce soit l'élection européenne. Donc il y a un véritable enracinement. Il y a une capacité à
03:56travailler avec le reste de la gauche
03:58pour faire des listes de large union. Quand on voit en Ile-de-France les mairies qui ont pu être
04:04réélus dès le premier tour,
04:10on voit qu'en effet, il y a beaucoup de villes où le maire est une figure importante.
04:21Tu signalais, voilà, et ce qui est intéressant dans ces élections aussi, c'est qu'il y a beaucoup de
04:25maires communistes
04:26dans des villes de 100, 200, 300, 500, 1000, 1500 habitants, 2000 habitants.
04:32Un communiste de la ruralité, on peut dire ?
04:33De la ruralité ou du bout du périurbain.
04:38Et on a beaucoup, on a quelques maires comme ça qui sont réélus à 100% des voix parce qu
04:44'il n'y a qu'une seule liste.
04:46Je pense, voilà, Ludovic Chaput à Bourbon-Larchambault dans l'Allier, Patrick Charlemagne à Chantillon dans l'Allier,
04:54à Descertines, non pas Descertines. Il y a tout un tas de villes comme ça, ou des petites villes,
04:59où le maire a fait 100%. Je tiens à signaler d'ailleurs deux personnalités qui sont liées à l'humanité.
05:05Pierre Laurent à Sarmantin-du-Tartre est élu à 100% des voix sur une petite liste, c'est une
05:12commune de 180 habitants.
05:15Et on a également un ancien directeur de la Fête de l'Humanité qui, lui, Pascal Aubrey, a bussi les
05:24poids,
05:25une ville qui a un peu plus de 100 habitants, qui est élu dès le premier tour.
05:28Donc on a ça. Mais également, on voit que, dans certaines zones du pays, c'est le Parti communiste français,
05:36son maire et le candidat républicain face à l'extrême droite.
05:41C'est quelque chose qu'on voit notamment dans le Nord, en Picardie, en Meurthe-et-Moselle, dans les Bouches
05:49-du-Rhône.
05:50Et on voit qu'il y a des maires qui sont élus face à l'extrême droite.
05:57Voilà. Je pense à Vermadoua, dans 3500 inscrits dans l'Aisne, où on a un candidat communiste qui a gagné
06:06face à l'extrême droite.
06:08C'est le cas également de Francis Tujag dans les Alpes-Maritimes, à Comte.
06:17Pareil, élu face à l'extrême droite. C'est le cas... Voilà. Fabien Roussel, par exemple, à Saint-Amand-les
06:24-Eaux.
06:25Il avait été battu lui-même à l'élection législative par le scrutin national face par le candidat Rassemblement national.
06:34Là, cette fois-ci, dans l'élection municipale, le RN, qui faisait 40% des voix à la législative, a
06:41été réduit à une vingtaine de pourcents.
06:46Voilà. Donc ça, ça arrive dans plein d'endroits sur le territoire.
06:48Peut-être dire une chose aussi, que cette implantation locale des communistes, elle n'est pas d'hier, si on
06:52peut dire,
06:52puisque le communisme municipal a 100 ans maintenant, plus de 100 ans, puisque je crois que les premières élections de
06:57villes communistes,
06:58après le congrès de Tours, forcément, c'était 1925. Donc ça fait effectivement plusieurs villes qui ont fêté leur siècle
07:03de communisme municipal.
07:04Et de manière générale, le communisme municipal, en tant que concept politique, a un siècle.
07:08Et donc c'est aussi le fruit de cette histoire-là. Peut-être quelques items politiques qui sont caractéristiques de
07:14ça,
07:14notamment en termes de mesures, tout simplement. Tu peux nous en citer ?
07:18Par exemple, là, je vous renvoie au dossier de l'Humanité magazine qu'on a réalisé il y a 3
07:23-4 semaines sur le communisme municipal.
07:26Mais par exemple, on prend dans la ville des Alpes-Maritimes dont je parlais à Comte.
07:30Là, on se rend compte qu'il y a un aspect intéressant. C'est une petite ville, 6 000 habitants.
07:36Mais on mise énormément sur la culture, le sport. Alors ça peut paraître des choses qui, maintenant, sont habituelles,
07:43parce que le communisme municipal a irrigué et d'autres forces politiques s'en sont inspirées.
07:49Mais voilà, on est dans une ville de 5 800 habitants. Là, ils ont créé une maison de la culture
07:56et de la danse,
07:57donc pour permettre énormément la participation des jeunes. Une salle de spectacle de 400 places,
08:03qui est beaucoup mise à disposition pour faire des spectacles, mais également pour les scolaires.
08:12On a une bibliothèque pour moins de 6 000 habitants. Il y a 30 000 livres empruntés.
08:18Dans certaines villes, comme Montreuil, ils ont donné la gratuité de la carte quand on est à l'école primaire.
08:25Donc ça a fait venir énormément de monde. À Comte, là, ils font un festival de théâtre.
08:29Sur 6 000 habitants, on aide beaucoup les associations. C'est 80 associations.
08:34Et on mise beaucoup sur le sport. Rien que pour donner, pour une ville de 5 800 habitants,
08:41il y a 500 licenciés du club de football et 300 pour le basket.
08:45Il y a d'autres endroits où...
08:46Si tu me permets de citer un autre exemple, parce que j'étais parti en reportage là-bas,
08:49c'était Mitrimori dans la Seine-et-Marne.
08:52Il y a une petite ville collée à l'aéroport de Roissy,
08:55pas vraiment avec l'accès à la mer, on peut le dire.
08:57Et donc, en fait, Mitrimori possède un camp de vacances, en gros, en Vendée, depuis les années 50.
09:04Et ça, c'est un achat de la ville des années 50.
09:06Ce qui est très intéressant, parce qu'à la fois, ça raconte l'héritage communiste dans cette ville-là.
09:09C'est-à-dire que dans les années 50, ils ont acheté ce camp de vacances pour pas très cher
09:12en soi.
09:13Et les habitants et les jeunes de Mitrimori en profitent toujours tous les étés,
09:16ceux qui ne peuvent pas partir en vacances, bien sûr.
09:18Mais par ailleurs, si aujourd'hui, ces mêmes villes devaient faire ces achats,
09:21ils ne pourraient pas.
09:22Parce que les dotations financières pour les villes ont été extrêmement serrées.
09:27Les budgets se sont effondrés.
09:28Donc, en fait, là, Mitrimori profite de cet héritage.
09:30Mais la mère de Mitrimori, donc Charlotte Blandiou-Farid, me disait
09:33« Si on devait refaire la même politique, on le voudrait, mais on ne pourrait pas. »
09:36Donc, en fait, ça aussi, ça raconte que les ambitions n'ont pas changé.
09:39Mais les contextes budgétaires, notamment, sont contraints.
09:44Arrêtons-nous peut-être sur Mitrimori.
09:45Parce qu'il y a deux autres aspects du communisme municipal.
09:48Voilà, un service public comme celui-là.
09:50Et il y en a beaucoup de villes communistes ou d'anciennes villes communistes
09:54qui ont un parc pour permettre l'accès aux droits aux vacances pour tous.
09:58J'invite les gens à chercher les gosses de Bagnolet pour écouter une belle musique des années 30
10:04sur, justement, les gosses de Bagnolet qui, bien loin du mauvais air, font un séjour à la mer.
10:11Parce que, justement, on envoyait les enfants à la mer pour respirer un bon air.
10:17Voilà, un droit aux vacances dès les années 30.
10:19Très belle chanson.
10:20Mais Mitrimori, il y a deux autres aspects.
10:22Il n'y a que Mitrimori, la mer, Charlotte Blandeau-Farid, élue au premier tour.
10:27C'est intéressant.
10:27C'est qu'elle anime un réseau, l'association des villes et villages jumelés avec les camps de réfugiés palestiniens.
10:37Donc elle fait beaucoup vivre cette solidarité avec de la solidarité concrète.
10:42Ça peut être des échanges avec des Palestiniens qui viennent en France, des Français qui vont en Palestine.
10:47Voilà, qui vont vivre concrètement la solidarité internationale à l'échelon communal.
10:52C'est des fois des coopérations également politiques pour aider dans les camps de réfugiés palestiniens ou dans les villages
10:59palestiniens.
11:00C'est pas que symbolique.
11:01C'est aussi du tout.
11:02Il y a des choses concrètes qui se font sur le terrain.
11:05Donc ça, c'est un aspect.
11:06La solidarité internationale est un marqueur des communistes.
11:09Et donc il y a tout un tas de villes qui, par exemple, ont fait citoyens d'honneur.
11:14Il fut un temps Salah Amouri, Marwan Bargouti.
11:17Donc voilà, il y a cet aspect-là, Mitrimori.
11:19Mais c'est également une mer de combat sur le territoire.
11:21Par exemple, quand il est question de faire une sorte de ligne directe entre l'aéroport Charles de Gaulle...
11:30Charles de Gaulle Express.
11:31Le Charles de Gaulle Express et Paris, qui ne passe pas par les villes du parcours.
11:35Elle, la mer de Mitrimori, s'est battue contre cette conception pour que les habitants de sa ville puissent avoir
11:42accès aux transports en commun.
11:44Donc on a à la fois des maires qui mènent des batailles internationales, bènent des batailles nationales et font vivre
11:52le service.
11:53Peut-être une question, parce qu'il y a une question dans le chat là-dessus sur...
11:56Alors bon, la question n'est pas ça qui ironise.
11:58Pourquoi on ne parle pas de vague rouge alors ?
11:59Est-ce qu'on cherche à nous invisibiliser ?
12:01Bon, évidemment, la vague rouge, ce ne serait évidemment pas le cas.
12:05Mais ceci, il y a un vrai sujet, je trouve, intéressant.
12:07C'est vrai que ce communisme municipal est quand même très important dans l'histoire du pays.
12:11Il est quand même très peu médiatisé.
12:12Le Parti communiste est globalement sous-traité médiatiquement, on pourrait quand même le dire.
12:17Comment tu expliques ça, même cette ignorance de l'histoire de ce communisme municipal qui devrait nous intéresser ?
12:27D'abord, il y a une certaine focalisation dans l'agenda médiatique sur les grandes forces politiques.
12:34Et il est vrai que...
12:35Avec un gros prisme national.
12:37Un gros prisme national, premièrement.
12:38Et deuxièmement, il est vrai que dans cette élection, il y a deux forces qui s'implantent à l'EFI
12:43et le Rassemblement national.
12:45Et donc qui ont finalement très peu de mairies, très peu de...
12:50Voilà, mais qui font des scores qui sont en progression.
12:53Et donc, voilà, on est moins regardé le score du PCF.
13:00Même si dans certaines villes, il y a eu une attention pour certaines villes du Pas-de-Calais
13:04où ça se battait contre le Rassemblement national.
13:06Et je pense que Nîmes et Le Havre, on en reparlera, où il en est question.
13:12Mais voilà.
13:12Donc il y a cet aspect-là.
13:14Il y a la deuxième chose.
13:15C'est qu'il est vrai que ça se maintient.
13:18Le Parti communiste français, c'est 2,5 millions d'habitants qui sont administrés par des villes à direction communiste.
13:26Ce n'est pas rien.
13:27C'est beaucoup, beaucoup, beaucoup de monde.
13:30Mais il n'y a pas de vague rouge.
13:32D'ailleurs, on le voit dans le résultat de ces élections, c'est que le Parti communiste français avait des
13:38espoirs de conquête.
13:40Mais on voit à Champigny-sur-Marne, dans le Val-de-Marne, que le maire de droite était réuni malgré
13:46une campagne d'enfer menée par Julien Léger.
13:51Le maire de droite a réussi à transformer quand même petit à petit la population de la ville.
13:56On peut citer Alès, qui était dans le Gard, qui était éloignée.
13:57Alès également.
13:58Choisis-le-Roi, ben là, on espère que ce soit une ville en conquête pour la gauche.
14:05Mais de très peu, la liste insoumise est arrivée devant la liste du nom de la gauche.
14:09Il y a une fusion entre les insoumis et les communistes.
14:10Il y a une fusion, ils vont à la bataille.
14:12Et voilà, on va regarder également ce qui se passe au Havre.
14:18Mais peut-être que le Havre, Nîmes, peuvent tomber dans l'escarcelle.
14:21Justement, on parle en temps, parce que là, on est quand même sur deux villes où, pour le coup,
14:25il bénéficie d'un projecteur national, puisque le Havre, évidemment, ville d'Edouard-Philippe,
14:29donc enjeu autour de l'ancien Premier ministre, candidat à la présidentielle,
14:35qui a lui-même lié son destin au résultat au Havre, puisqu'il a dit « si je perds au
14:38Havre,
14:39je ne serai pas candidat pour 2027 ».
14:40Donc, c'est un peu presque une primaire du centre qui se joue avec le Parti communiste.
14:46Il peut éliminer un candidat centriste, en tout cas, s'il venait à gagner.
14:49Je dirais de droite.
14:50Oui, de droite, bien sûr.
14:51Mais du bloc central, plutôt du bloc macroniste, c'est ce que je voulais dire.
14:56Alors, le premier tour n'a pas été aussi satisfaisant quand même qu'on l'attendait,
15:00puisque le score d'Edouard-Philippe est quand même largement en avance.
15:03Est-ce qu'il y a encore des marges ?
15:04Est-ce que c'est encore gagnable au Havre, en gros, pour le Parti communiste ?
15:06Alors, pour qu'on soit clair, on va donner les résultats.
15:09Oui, tout à fait.
15:10Au Havre, Edouard-Philippe, donc, candidat d'horizon du bloc central de la droite,
15:13fait 43,76%.
15:15C'est un très bon résultat.
15:18Jean-Paul Lecoq, député communiste, partait à la bataille.
15:22Il réalise un score de 33,25%.
15:24Il pourra compter sur les reports de voix de la France insoumise,
15:30qui a fait 4%.
15:32Donc, on peut partir sur 37%.
15:33Il y a 6 points à récupérer.
15:34Et il y a un candidat, Franck Keller, du Rassemblement national, qui fait 15,3%.
15:40Donc, pour gagner...
16:04Peut faire basculer tout un tas d'électeurs vers le vote Jean-Paul Lecoq pour récupérer les 7 points qu
16:11'il manque ?
16:11Et deuxième chose, il y a une interrogation sur l'électeur du Rassemblement national au second tour.
16:16Est-ce que ce qui prévaudra, c'est le vote RN, RN, RN ?
16:23Est-ce que ce qui prévaudra, ce sera le risque que les communistes emportent ?
16:29La fibre anticommuniste, anticommuniste, bien sûr.
16:31Mais également, on sait que dans le vote RN, il y a une partie d'électorat populaire
16:36qui peut se dire que c'est le moment de dégager.
16:40Il y a un représentant illustre de la Macronie.
16:43Donc, peut-être que la Russie...
16:43Et de se résiter en président dans un an, potentiellement, aussi.
16:47Oui, bien sûr.
16:48Et alors, la deuxième ville dont vous voulez parler, qui est aussi...
16:51Pour le coup, c'est là, je reviens, moi, de reportage qui était il y a deux jours.
16:55C'est Nîmes, donc de Nîmes, préfecture du Gard.
16:59Nîmes où, en gros, ça va jouer en triangulaire, ce contour,
17:03puisque ça va jouer entre le Rassemblement national, qui est arrivé en tête du premier tour à 160 voix près,
17:10devant la gauche, réunis, or, et les filles.
17:12Et les filles ont fait un très petit score, pour le coup, à Nîmes, ils ont fait 4%.
17:17Donc, autour de Vincent Bouget, qui est le candidat communiste,
17:19qui est soutenu par les écologistes, le PS, Place publique, enfin, à peu près tout le monde, en fait.
17:26Et qui, donc, et les filles ont appelé à voter pour lui, au second tour.
17:31Donc, lui, il a un retard de voix de 150, et ensuite, il a eu le maire sortant,
17:35enfin, le premier ragement sortant, exactement, Franck Proust, pour la droite.
17:39C'est quand même... Alors, les sondages donnaient à peu près à ce score, la gauche,
17:44mais ne donnaient pas le RN devant.
17:45En gros, le RN a fait un score plus haut qu'attendu,
17:47ce qui prouve qu'il y a un effondrement des voix de droite,
17:49et qu'il y a des bascules, des reports de voix, dès le premier tour, en fait,
17:53de la droite traditionnelle, déjà, qui vont vers le RN.
17:56Moi, j'ai croisé des électeurs de droite qui m'ont confirmé qu'ils avaient voté RN dès le premier
17:59tour,
17:59et qu'ils espéraient, je cite, un grand coup de balai dans la ville,
18:02enfin, voilà, ce genre de... Contre la racaille, etc., bref, ce genre de discours-là.
18:08Donc, ça reste ouvert, mais il y a des voix à aller chercher,
18:10notamment du côté des quartiers populaires à Nîmes,
18:13où ça a quand même beaucoup voté à gauche, mais ça s'est beaucoup absolu.
18:16Donc, oui, c'est l'un des grands espoirs pour le Parti communiste français,
18:23qui a demandé à ce que toutes les forces républicaines
18:28se fassent en sorte d'éviter qu'une ville, qui est grande d'ailleurs...
18:33Oui, c'est plus de 120 000 habitants.
18:35C'est la plus grosse ville, pour le coup, gouvernée par le Parti communiste,
18:37devant Montreuil, s'ils venaient à l'emporter.
18:39Mais derrière le Havre, c'est qu'il y a le Havre.
18:41C'est aussi une très grande ville pour le RN, si elle l'emportait.
18:46Ce serait un moyen pour... Il faut voir après, pour le Rassemblement national,
18:51de rayonner autour. Donc, c'est plutôt... Ce serait plutôt inquiétant.
18:58Et voilà, donc, il va falloir...
18:59Mais ce qui témoigne encore, là, on a un exemple de ville
19:02où, effectivement, le Parti communiste est sur la brèche, sur le front,
19:06contre le risque de bascule RN.
19:08Là, pour le coup, en plus, dans un département...
19:11Et puis, on va en parler tout à l'heure avec Florent,
19:12qui va nous rejoindre quasiment dans quelques minutes.
19:14Je le vois, il est prêt. Il s'échauffe.
19:17Il fait des pompes.
19:18Pas du tout. Je lui mets la pression.
19:19Vous ne le voyez pas en chambre, mais je lui mets la pression.
19:23Oui, c'est clairement une ville
19:25qui signerait une implantation encore plus grande
19:27pour les rênes dans le Gard, là où ils ont déjà 6 députés,
19:30donc sur 6. Donc, évidemment, c'est un sujet.
19:33Et après, pour ajouter aussi,
19:34une petite musique depuis 2-3 ans,
19:38à savoir que la gauche serait inapte
19:41hors des très grandes métropoles
19:43à conquérir des villes.
19:44Et donc, ce serait également un symbole
19:47que pour la gauche,
19:48que de faire reculer le Rassemblement national
19:52dans une terre du Sud-Est
19:54où le Rassemblement national est fort.
19:56Même si Nîmes est une ville centre, en soi.
19:57Nîmes est une ville centre, mais...
20:00C'est une ville très pauvre.
20:01C'est une ville très pauvre.
20:03Et donc, il va falloir...
20:05Il y a aussi dans le récit qui va se jouer derrière.
20:09Si la gauche est capable de déjouer des victoires du RN,
20:14ça la met en meilleure position
20:16pour pouvoir réfléchir aux échéances suivantes.
20:20Peut-être le temps qu'il faut nous rejoindre.
20:23Une autre ville qu'on n'a pas citée,
20:25de moindre envergure, certes,
20:26mais tout aussi importante,
20:27c'est Sète, dans l'Hérault, cette fois,
20:29dans le département voisin.
20:30Pareil, j'en reviens,
20:31mais ville qui a été communiste,
20:34une des villes historiques du couvert du communisme
20:36dans les années 60-70,
20:37qui a re-été communiste en 1995 et 2001,
20:40et qui, là, pourrait repasculer à gauche.
20:42Alors, la Côte d'être n'est pas communiste,
20:43au sens où elle n'est pas encartée PCF,
20:45mais elle est soutenue,
20:45notamment par le PCF,
20:46mais aussi par LFC et les écologistes,
20:50Laura Seguin.
20:51Donc, pareil, autre ville
20:52dont il faudra regarder attentivement les résultats,
20:55avec, là, à la fois un risque de maintien à droite
20:59et quand même une poussée du RM.
21:01Et tiens, puisque c'est la chaîne de l'humanité,
21:04on a beaucoup travaillé,
21:05avec le collègue Thomas Le Mailleux,
21:08a beaucoup travaillé sur la question de ce terrain.
21:10Oui.
21:11Juste pour signaler qu'il y avait une des villes
21:13qui est Brionne, une ville communiste,
21:18où Valérie Bleu-Burriot,
21:19communiste, l'emporte à 53,35% des voix,
21:23face à Cédric Lejeune,
21:24qui était un candidat de ce terrain.
21:27Oui, un produit ce terrain.
21:27Un produit ce terrain.
21:29Voilà, c'est un candidat de ce terrain.
21:32C'est quelqu'un qui a participé au séminaire Politicae,
21:34qui est l'école de cadre de ce terrain,
21:36qui également a fait un parcours interne
21:40à l'école de cadre du Rassemblement national,
21:42avec un cours sur « mettez l'intelligence artificielle
21:46au service de votre combat politique »
21:47et il l'a utilisé pendant la campagne.
21:49Donc voilà, il y a...
21:50Il y a des sorties de la pépinière d'extrême droite
21:53qui est censée permettre de remporter des villes
21:55et on voit qu'effectivement, ça résiste bien à Brionne.
21:59À Brionne, on espère que ce soit le cas partout en France.
22:03Tout à fait.
22:03N'oubliez pas d'aller voter dimanche.
22:06Ça prouve que les maires, ça ne se fabrique pas en usine non plus
22:08et que c'est bien d'avoir une implantation locale.
22:10Ce qui est d'ailleurs un sujet pour le Rennes, justement,
22:12on va en parler.
22:13Merci beaucoup, Gaëlle, de nous avoir rejoints
22:17pour nous parler du coup d'un focus sur les partis communistes.
22:20Merci beaucoup.

Recommandations