- il y a 39 minutes
Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, était l'invité de ÇA IRA ! mercredi 17 décembre, en pleine période d’examen budgétaire. L’occasion d’interroger le premier secrétaire du parti à la rose sur le programme et les conquêtes souhaitées par les socialistes.
Cette vidéo est extrait de cet entretien : https://youtu.be/ppZTLJKWgrM
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NewsTranscription
00:01Olivier Faure, on avait aussi envie de vous parler de la rénovation idéologique du Parti socialiste et de la direction
00:08que vous preniez.
00:09Au dernier congrès, vous avez promis une refonte doctrinale et un travail censé aboutir d'ici quelques semaines.
00:16Pour vous, c'est quoi être socialiste en ce moment, dans la période ?
00:21C'est simplement le retour à ce que nous avons été parfois. Parfois, nous avons dérapé. Mais pour moi, rien
00:34n'a changé depuis Jaurès et Blum.
00:36C'est-à-dire des choses un peu concrètes sur le Congrès socialiste ?
00:39Tout simplement, la défense de celles et ceux qui n'ont que leur force de travail pour vivre, la défense
00:44de ceux qui ont besoin de la solidarité nationale pour continuer à survivre,
00:48et la défense d'un idéal qui est un idéal qui prend sa sauce dans la République sociale de Jaurès,
00:57à laquelle on rajoute aujourd'hui la République écologique,
01:00parce que Jaurès était l'homme de son siècle. Il avait deux questions majeures à son époque.
01:06La question du régime politique, il a choisi la République plutôt que la Révolution.
01:10Et puis ensuite, il a choisi la démocratie. Et puis il a choisi, puisque la question sociale était une question
01:16qui était une question nouvelle,
01:19en tout cas qui se posait de manière différente avec l'émergence du capitalisme.
01:23Et donc, il ne connaissait pas l'anthropocène. Et à la République sociale, il faut rajouter l'adjectif écologique,
01:31parce que désormais, nous savons que le capitalisme n'est pas seulement prédateur du travail humain,
01:36il est aussi prédateur de la nature, et que nos ressources ne sont pas infinies. Et donc, il faut à
01:40un moment en tenir compte.
01:41Olivier Faure, ça n'importe qui à gauche aujourd'hui pourrait le dire.
01:44Mais tant mieux !
01:46Pourquoi il faudrait toujours chercher à se diviser ? Moi, je suis d'accord pour qu'il y ait des
01:49gens à gauche qui partagent mes avis.
01:50Donc, il n'y a pas d'identité spécifique socialiste ? Qu'est-ce qui vous différencie d'un écolo,
01:54d'un communiste, d'un insoumis ?
01:57Moi, je suis partisan. En fait, si vous voulez qu'on fasse le congrès de tout à l'envers, je
02:00suis prêt.
02:02C'est une demande très bien, un scoop. Merci Olivier.
02:04Je suis prêt. En fait, moi, je n'ai pas de problème. En fait, je considère que ça fait trop
02:08longtemps que les communistes et socialistes
02:10ne savent plus très bien pourquoi ils s'opposent. Donc, moi, je suis partisan de refaire un grand parti de
02:15toute la gauche
02:16qui comprenne les écologistes aussi. Ça m'irait très bien. Je n'ai pas de problème. Je considère qu'à
02:21l'inverse,
02:22les égoïsmes partisans, qui créent souvent des dissensions qui sont liées à la volonté de chacun de survivre face aux
02:28autres,
02:28posent problème. Donc, je n'ai aucune difficulté avec ça. Et je n'ai pas de problème pour me confondre
02:33avec des communistes,
02:35avec des écologistes qui, sur bien des points de vue, partagent ce que je dis. Après, il y a des
02:40différences de sensibilité.
02:41On est parfois plus ou moins... Les insoumis, c'est différent, c'est vrai. C'est les cousins éloignés.
02:47Donc, en fait... Et pourquoi, justement ?
02:49Ils ont un programme social-démocrate qui est même moins radical que celui du PS dans les années 80.
02:56Donc, pourquoi est-ce que LFI sort de cette définition que vous donnez du socialisme ?
03:00Parce que nous n'avons pas le même rapport, notamment sur les questions internationales.
03:03Moi, je ne me reconnais pas du tout. Pourquoi, en fait, sur une présidentielle,
03:09ce serait très compliqué d'être derrière un candidat unique de la gauche ?
03:13Tout simplement parce que sur les questions internationales, il y a de vrais désaccords
03:16entre Jean-Luc Mélenchon et ce que je porte.
03:19– Sur quoi, exactement ? On n'a pas compris.
03:21– Son rapport à la démocratie, son rapport à la Chine, son rapport...
03:24Lui, il considère que Taïwan, c'est une aberration de l'histoire.
03:29Moi, je considère que Taïwan est une démocratie et qu'on doit la défendre face à la Chine,
03:35face au régime de Pékin, face à Xi Jinping.
03:39Je ne suis pas un fanatique de cette route de la soie qui cherche à réinstaller.
03:44Je ne suis pas d'accord avec la façon dont ils soutiennent aujourd'hui le régime de Vladimir Poutine.
03:50– Ils soutiennent le régime de Vladimir Poutine.
03:53Aujourd'hui, vous considérez que la France insoumise...
03:55– Les Chinois, oui.
03:55– Ah, pardon, les Chinois, je crois que vous parliez de la France insoumise.
03:57– Non, les Chinois.
03:58– Mais du coup, Olivier Faure, on a l'impression, vu de l'extérieur,
04:01qu'aujourd'hui, le Parti Socialiste cherche à redevenir le parti hégémonique à gauche,
04:06en basant toute sa stratégie sur l'anti-mélenchonisme.
04:11Et vous êtes en train, vous l'avez dit il y a quelques minutes,
04:14de dessiner une sorte d'arc à gauche.
04:16Clairement, c'est soit LFI, soit les Verts, les communistes, les socialistes,
04:21que vous appelez à se mettre ensemble.
04:23Est-ce que ça, ça peut faire une vraie stratégie pour la gauche ?
04:26– Ce n'est pas une stratégie, c'est un constat.
04:28En fait, Jean-Luc Mélenchon ne fait rien.
04:30Il aurait pu, il a été à un moment, enfin à deux reprises,
04:33le candidat qui était le mieux placé au premier tour,
04:36qui a fait 19% puis 22%, il aurait pu chercher à rassembler l'ensemble de la gauche
04:41et devenir celui qui l'incarnait.
04:43Mais ce n'est pas ce qu'il a fait.
04:44Il a cherché à consolider son propre socle
04:47et à soumettre les autres forces à sa volonté.
04:49Mais moi, je ne fonctionne pas comme ça.
04:51Est-ce que je veux devenir hégémonique ?
04:53La réponse est non.
04:54Moi, je me satisfais tout à fait d'un débat permanent
04:57avec d'autres forces à gauche qui ne sont pas le Parti Socialiste
05:01et avec lesquels je dois composer.
05:03C'est comme ça que ça se passe,
05:04parce que nous sommes arrivés avec des identités différentes,
05:06avec des histoires différentes,
05:08avec... Et puis, je suis un démocrate.
05:10Donc, pour moi, la démocratie, ce n'est pas simplement...
05:13– Mélenchon, pour vous, ce n'est pas un démocrate ?
05:15– Je ne sais pas.
05:17Il a un mouvement qui n'est pas très démocratique, en tout cas.
05:18– Juste pour reprendre sur ce que défend le Parti Socialiste,
05:22vous avez confié le travail de rénovation et de logique
05:25à l'eurodéputée Chloé Riedel,
05:27et elle répondait ceci dans une interview il y a peu de temps.
05:31On va l'écouter.
05:32– La vérité, si on veut être honnête,
05:36c'est que souvent, quand on demande aux gens dans la rue
05:38de nous citer la dernière proposition qu'ils ont dans la tête
05:43venant du Parti Socialiste,
05:44parfois et souvent même, ça remonte à la campagne de Béloin en 2017,
05:50le revenu universel ou encore la taxe sur les ronds.
05:52Donc, on a aujourd'hui un défi qui est de se réidentifier,
05:58réidentifier les propositions qui sont celles des socialistes
06:01auprès des Français.
06:03– Alors, du coup, quelles sont les idées typiquement socialistes
06:05depuis 2017 ?
06:08Quelles sont les idées des socialistes ces dernières années ?
06:10Les idées fortes que vous voulez porter ?
06:12– Mais même ces derniers jours, en fait,
06:14quand vous regardez ce que nous avons porté sur le budget,
06:18nous avons été ceux qui avons remis sur la table la taxe Zuckman.
06:22C'est venu de notre bien-cité d'été à Blois,
06:25où nous avons présenté un contre-projet
06:27dans lequel il y avait une part importante du financement
06:31qui était réalisée par cette taxe Zuckman.
06:33Nous avons proposé au même moment
06:35de faire en sorte que les salariés gagnent tout de suite
06:38du pouvoir d'achat en faisant des taux différenciés de CSG
06:41pour qu'il y ait un gain immédiat pour les salariés.
06:44Voilà, deux idées.
06:44– Tout ça, ce n'est pas les grandes conquêtes sociales
06:47auxquelles aspire le Parti socialiste.
06:49Clairement, ce n'est pas le projet.
06:50– Ce n'est pas le projet.
06:52Chloé Riedel est chargé dans le moment,
06:54ce n'est pas moi ce soir qui vais vous annoncer tout ce qu'on va faire,
06:57puisque ça va être fait dans les prochaines semaines.
06:58– On aurait bien pris un scoop de plus.
06:59– Je voudrais justement savoir
07:01quelles sont les grandes conquêtes sociales
07:02qu'on pourrait peut-être aller chercher à gauche.
07:05– Mais vous posez la question au Parti socialiste,
07:07la réalité, c'est que vous pouvez poser la question aux Français,
07:11quelle est la grande conquête sociale des communistes,
07:14des écologistes, des insoumis ?
07:16Ils auront beaucoup de mal à vous dire quoi que ce soit.
07:19Parce que la seule chose qui a fonctionné,
07:21y compris à notre corps défendant,
07:23pendant la campagne d'UNFP, c'était quoi ?
07:25– Il peut y avoir des propositions concrètes,
07:26de réduction de temps de travail ?
07:29– Mais qui l'apporte aujourd'hui ?
07:30En fait, la réalité, c'est que, en fait, moi je ne sais pas,
07:33mais il me semble que les gens ont retenu de la campagne d'UNFP
07:37l'abrogation de la réforme borne,
07:39les 1 600 euros pour tous les salariés au SMIC,
07:42et après, peut-être chacun a choisi deux ou trois mesures
07:45dans ce qu'il avait compris de ce que nous disions.
07:46Mais la réalité, c'est que la gauche,
07:48elle ne peut pas être identifiée, effectivement, qu'à des taxes.
07:53Elle doit être aussi là pour promouvoir de grandes avancées.
07:56Des grandes avancées, il en faudrait dans le logement,
07:57par exemple, c'est une évidence que nous devrons proposer
08:00des choses fortes sur le logement.
08:02– Et comme quoi, par exemple ?
08:03– Par exemple, ce n'est pas ce soir que je vous le dirai,
08:06mais je vous donne quand même mon état d'esprit.
08:07– Quand même, on aimerait bien, on aurait bien voulu,
08:09puisqu'on a envie de parler de fonds.
08:10– Mais mon état d'esprit, il est le suivant,
08:12c'est que vous êtes né riche, et vous avez la possibilité, en réalité,
08:17de vous loger parce que vous avez quelqu'un qui vous a permis d'hériter d'un logement,
08:21peut-être même de deux logements, et vous allez même réussir à capitaliser
08:24en faisant payer un loyer à quelqu'un qui n'a rien reçu en héritage.
08:29Et donc, ce qui se passe aujourd'hui, c'est que vous avez des générations
08:32et des générations qui s'empilent les unes par-dessus les autres,
08:35et aujourd'hui, on est riche non pas de ces efforts,
08:38on est riche de ce que l'on a hérité.
08:40Eh bien, cette héritocratie a remplacé toute forme de méritocratie,
08:44et c'est donc l'un des sujets qui me semblent être majeurs
08:47pour la prochaine élection présidentielle.
08:49– Mais du coup, là, juste, est-ce que vous pouvez nous sortir
08:52une mesure forte que va porter le Parti Socialiste ?
08:55Là, vous dites que, j'entends bien le processus dans lequel vous êtes lancé,
08:59mais vous ne pouvez pas nous dire ce soir une mesure forte,
09:02une croquette sociale que veut réaliser le Parti Socialiste ?
09:06– Honnêtement, ce n'est pas que je ne veuille pas dire,
09:10mais c'est simplement, il y a un débat qui va avoir lieu dans nos murs,
09:15je ne peux pas arriver là et faire comme si, tout seul,
09:17j'avais décidé de tout.
09:18Donc, je vous donne un état d'esprit,
09:20j'essaie de vous donner une orientation,
09:22je pourrais vous dire que, par exemple, sur l'héritage,
09:25il y a des choses qui ne vont pas aujourd'hui,
09:26et que, par la taxe, le pacte d'Utreil est une aberration.
09:33Quand vous avez des gens qui sont censés être à 45% d'imposition
09:36et qui payent en réalité 4,5% parce qu'ils bénéficient du pacte d'Utreil
09:41sur la transmission d'actifs,
09:43mais qu'on y introduit tout et n'importe quoi,
09:45y compris le jet privé, l'hôtel particulier,
09:48enfin, j'en passe, c'est des meilleurs.
09:49– Donc, vous voulez vous battre sur la question de l'héritage ?
09:50– La question de l'héritage, la question du logement,
09:53ça, c'est deux questions.
09:54– C'est-à-dire un héritage universel, peut-être ce que proposait Thomas Piketty ?
09:56– Sur les droits nouveaux, pour vous donner là aussi
09:59une indication de ce que l'on veut faire,
10:01il y a, en fait, aujourd'hui, une question
10:03qui est une question qui est pendante,
10:06que personne n'a réglée,
10:07qui est la question des gens qui vont arriver à l'âge de la dépendance.
10:10Et donc, il va falloir s'occuper de gens,
10:13on parle parfois de silver economy,
10:16et bien, comment est-ce qu'on fait
10:17pour que ces gens-là ne soient pas victimes
10:19de prédateurs dans les EHPAD ?
10:21Comment est-ce qu'on fait pour qu'on ait des gens
10:26qui puissent être soignés correctement ?
10:28Comment est-ce qu'on fait pour qu'on ait
10:30toute une série de réformes
10:32qui permettent, donc, y compris aux anciens,
10:35de vivre des jours heureux jusqu'à la fin ?
10:38– Olivier Faure, vous l'avez évoqué,
10:40le programme du Nouveau Front Populaire,
10:41sur ce que les gens en avaient retenu.
10:43Il se trouve qu'il y a deux mesures
10:44qui n'ont pas été retenues,
10:45qui étaient au départ arrêtées dans les discussions,
10:47mais qui n'ont, in fine,
10:48pas été proposées aux Français.
10:51Notamment parce que le Parti socialiste
10:53s'y est opposé, c'est une sixième semaine
10:54de congés payés et la nationalisation de Sanofi.
10:57Pourquoi est-ce qu'à ce moment-là,
10:58ça ne vous paraissait pas opportun ?
10:59Une sixième semaine de congés payés,
11:00on se souvient que la cinquième,
11:01c'était François Mitterrand,
11:03c'est donc aussi une conquête socialiste.
11:05Pourquoi pas une sixième ?
11:06Pourquoi vous l'avez refusée ?
11:09Tout simplement parce que je pense qu'on n'est pas sur une île
11:13et que nous sommes ceux qui avons déjà fait les 35 heures,
11:18les cinq semaines de congés payés,
11:20la retraite à 72 ans.
11:22Et que donc, à un moment,
11:24il y a une question qui est liée aussi
11:26au temps travaillé dans une vie par les gens,
11:29par comparaison avec ce que font tous nos voisins
11:32et nos concurrents à l'autre bout du monde.
11:34et que si vous voulez que nous restions à un moment
11:38avec un territoire qu'on réindustrialise
11:40et non pas un territoire qui progressivement se dévitalise,
11:43forcément, vous ne pouvez pas tout faire.
11:45Voilà, c'est tout, c'est aussi simple que ça.
11:47Vous savez qu'il y a beaucoup de chômage aussi,
11:48qu'on pourrait peut-être répartir le travail
11:49et baisser le temps de travail,
11:51mais que du coup, il y ait plus de personnes
11:52qui puissent avoir accès à un salaire d'abord
11:54et à un travail ensuite.
11:56D'accord, mais enfin,
11:57j'essaie de raisonner comme quelqu'un
12:01qui rencontre toutes les semaines
12:03des industriels et des PME, des TPE.
12:06Des patrons ?
12:07Des patrons, bien sûr.
12:09Quand on dit des industriels ou des PME,
12:10c'est les dirigeants de ces...
12:12Mais pas seulement, des salariés aussi.
12:14En fait, je rencontre, je suis député,
12:16je suis dans une circonscription,
12:18je suis réuné secrétaire d'un parti,
12:19donc je vois des gens très différents toute l'année
12:21et je leur parle.
12:23Et on ne peut pas mettre tout le monde dans le même sac.
12:25Il y a des gens qui sont effectivement,
12:26comme Bernard Aranault, qu'on cite tout le temps,
12:28et qui sont là au summum de...
12:30qui sont dans les hauts de classement,
12:32y compris mondiaux.
12:33Et vous avez la PME du coin,
12:37qui est un primeur chez moi.
12:39C'est simplement peut-être de réponser
12:40l'organisation du travail
12:41quand on est un parti de gauche.
12:43C'est quand même une question majeure
12:44de comment on peut organiser le travail,
12:45effectivement, au sein d'une entreprise,
12:47mais aussi dans différents secteurs.
12:49Et on sait bien que Bernard Aranault
12:50n'est pas la même chose
12:51qu'un petit patron et tout ça,
12:52mais il y a plein de questions comme ça
12:54qui pourraient aussi...
12:55Effectivement, la question des nationalisations,
12:57question des...
12:57Mais la cinquième semaine de congés payés
12:58ou la sixième semaine de congés payés,
13:00c'est une réforme qui est uniforme.
13:01C'est pas simplement Bernard Arnault.
13:03C'est aussi, en fait, votre PME, votre TPE,
13:06peut-être qui est en concurrence
13:07avec l'autre bout du monde.
13:08Et donc, vous dites...
13:10En fait, il y a un problème
13:11de temps travaillé, quand même.
13:13Enfin, je le dis.
13:14Ce que vous devez aux socialistes
13:15et à ceux qui les ont accompagnés,
13:17je pense au Parti communiste, notamment.
13:18Mais enfin, vous avez 35 heures.
13:22Vous avez la retraite à 62 ans
13:25jusqu'à ce que Bonn arrive.
13:28Et vous avez aussi
13:31cinq semaines de congés payés.
13:33Dites-moi, quel est le pays du monde
13:35où on a ça ?
13:36Si vous en avez un seul...
13:37Non, mais un seul !
13:38Moi, je peux vous opposer.
13:39Un seul, Olivier Faure.
13:40C'est-à-dire aussi, depuis 30 ans,
13:41vous avez vu la fortune
13:43des milliardaires exploser.
13:45Moi, je suis là-dessus.
13:47Je sais, mais laissez-moi finir.
13:49Ça pose une question fondamentale.
13:50Vous dites que vous rencontrez
13:51des industriels,
13:53des grands patrons,
13:54il y en a justement
13:55qui font oeuvre de blocage
13:56comme Bernard Arnault.
13:57Et il se trouve que dans
13:58l'Humanité Magazine,
13:58celui que je vous ai montré
13:59tout à l'heure,
14:00sur Où va le PS ?
14:01J'ai interrogé l'un de vos
14:03plus proches au Parti socialiste
14:04qui s'appelle Laurent Baumel.
14:05Laurent Baumel
14:06qui incarne l'aile gauche,
14:06ancien frondeur,
14:07sous François Hollande.
14:08Et il disait que l'expérience
14:09montrait que lorsque les socialistes
14:11gouvernent,
14:12ils ont du mal à résister
14:13à la pression des marchés financiers
14:14et que le PS au gouvernement
14:17déplace quasiment nécessairement
14:18mécaniquement le curseur
14:20vers le social-libéralisme.
14:21Mais est-ce que ça veut dire
14:22qu'aujourd'hui,
14:23au vu de la pression
14:23de ces grands patrons,
14:24on est obligé de céder
14:25aux forces de l'argent ?
14:26En creux, j'ai l'impression
14:27que c'est ce que vous nous dites là.
14:28C'est pas du tout ce que je vous ai dit.
14:30Franchement, si c'est ce que vous avez
14:31tiré comme conclusion,
14:31c'est que je me suis mal exprimé.
14:33Ou réexpliquez-nous peut-être.
14:33Je vais me réexpliquer.
14:35J'ai simplement que les réformes
14:36qui sont uniformes
14:38et qui touchent de la même manière
14:41la TPE et la multinationale,
14:43c'est un problème.
14:44Vous ne pouvez pas faire, en fait,
14:47vivre la même chose
14:48à des entreprises
14:49qui n'ont absolument aucun rapport
14:50entre elles.
14:51Autrement, vous irez, vous,
14:52faire les piquets de grève
14:55pour aller expliquer aux salariés
14:57qu'en fait, ils sont plus...
14:59On a délocalisé, pardon,
15:01et puis là...
15:01Mais vos amis espagnols
15:03de Pedro Sanchez,
15:04lorsqu'il augmente le SMIC en Espagne,
15:06il augmente pour toutes les entreprises.
15:08Oui, mais attendez.
15:09Moi, je veux bien...
15:10Je suis d'accord avec Pedro Sanchez.
15:11Je suis même son vice-président
15:13au sein international socialiste.
15:15Mais à combien il était le SMIC
15:17par rapport au SMIC français ?
15:19Ah, mais attendez.
15:20Parce que le SMIC, en fait,
15:22le SMIC, c'est pas...
15:23Lui, il peut le faire
15:24parce que dans une situation...
15:26Moi, je suis pour monter le SMIC,
15:27par ailleurs.
15:28Je suis pour le SMIC à 1 600 euros.
15:29Mais ça touche à toutes les entreprises.
15:31Ça touche toutes les entreprises,
15:32c'est vrai.
15:32Donc pourquoi ça marche sur le SMIC
15:33et pas sur les autres propositions ?
15:35Les autres, quoi.
15:36Enfin, vous voulez faire le SMIC à 1 600,
15:38et puis vous voulez faire aussi
15:39la 6ème semaine de congé payé,
15:40et puis c'est aussi un trait à 60 ans.
15:42Je veux juste vous questionner.
15:43Et puis aussi,
15:43faire cette annuité et demie.
15:44Enfin, je vois bien qu'en fait,
15:45on peut accumuler...
15:46On cherche des solutions de gauche, justement.
15:48Oui, et on cherche la grande proposition
15:51du Parti Socialiste,
15:52qu'on n'a pas encore trouvé, du coup.
15:53Je vous ai déjà dit,
15:54je vous l'ai déjà dit beaucoup.
15:56Je vous ai parlé de l'héritage,
15:57je vous ai parlé du logement,
15:57je vous ai parlé du grand âge.
15:59Bon, c'est pas...
15:59On réquisitionne tous les logements,