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  • il y a 1 semaine
La France est-elle devenue de droite ? Pas vraiment, selon le sociologue Vincent Tiberj. Mais cela signifie-t-il pour autant que la gauche a une chance électoralement ? C’est plus compliqué que ça. Dans cette vidéo, Climarx décortique les problèmes auxquels fait face la gauche pour le début de cette année présidentielle.

Pour aller plus loin :
1. Camille Peugny, Le triomphe des égoïsmes, PUF, 2026
2. Vincent Tiberj, La droitisation française. Mythe et réalités, PUF, 2024

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Transcription
00:00Je pense que je vais appeler la vidéo « Les français sont-ils réacs ? » ou quelque chose dans
00:03le genre,
00:03parce que comme ça, ça sous-entend que les français sont pas réacs.
00:06Du coup, les gens, ils cliquent parce qu'ils aiment bien quand c'est good vibe, tout ça.
00:10Alors qu'en fait, je vais giga-doomer.
00:14Je vais bien les avoir.
00:15Ah, ça a commencé ? L'émission a commencé ?
00:24Si vous regardez cette vidéo dans pile un an,
00:27on aura un nouveau président.
00:28Non, ou une nouvelle présidente, même si c'est plutôt mal parti.
00:33Et c'est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle.
00:37À méditer.
00:38Bon, je sais pas vous, mais moi, je commence à retourner les choses dans tous les sens
00:42pour essayer de savoir s'il y a un scénario où on ne plonge pas la tête la première
00:45dans une piscine de clous rouillés, sans lunettes,
00:48sachant que la plus grosse crise économique du XXIe siècle nous pend au nez.
00:54Fait chaud, hein ?
00:56C'est le stress.
00:57Ah non, c'est pas stress, c'est le réchauffement climatique, pardon.
01:00Tout va bien.
01:01Bon, alors je vous propose qu'on garde la tête froide
01:03et qu'on regarde la situation en face.
01:06La gauche a-t-elle une chance de nous sauver de la piscine de clous ?
01:09Ou est-ce qu'il faut arrêter d'être délulu et accepter
01:11que ce que les Françaises et les Français veulent,
01:12c'est Pascal Praud au JT de France 2,
01:14le bruit des bottes et des uniformes kaki ?
01:16Les Français sont-ils, finalement, des gros réacs ?
01:19Souvent, les sciences sociales, c'est déprimant.
01:22Mais il y a un peu plus d'un an, le sociologue Vincent Tibéry a publié un livre
01:25qui a redonné plein d'espoir à la gauche.
01:27Et Vincent Tibéry, il a des lunettes à la fois rondes et carrées,
01:30donc il est là pour vous prouver que rien n'est impossible.
01:33Dans son livre, il explique que contrairement aux apparences,
01:35il n'y a pas de droitisation par le bas en France.
01:38C'est-à-dire que les Françaises et les Français sont de plus en plus tolérants
01:41et progressistes sur le plan des valeurs culturelles,
01:43donc sur les rapports de genre, les minorités,
01:46le rapport à l'autorité, la peine de mort, ce genre de choses.
01:48Ce n'est pas une évolution linéaire,
01:50il y a des moments où la tolérance à l'égard des femmes et des minorités,
01:52elle recule, mais si on regarde l'évolution sur le long terme, ça augmente.
01:56Par exemple, on peut avoir l'impression, à cause des mascus sur les réseaux,
02:00qu'il y a une régression sur la question des droits des femmes,
02:02mais non, tendanciellement, les jeunes générations, elles sont plus progressistes.
02:06Alors, c'est un peu plus compliqué en ce qui concerne l'immigration,
02:09la tolérance, elle augmente globalement, mais il y a beaucoup de variations.
02:13On va y revenir.
02:14Et sur les questions économiques,
02:15eh ben, figurez-vous que les Françaises et les Français
02:17restent attachées à la redistribution et aux services publics.
02:20Moins que dans les années 70, certes,
02:22mais la demande de redistribution est particulièrement forte chez les classes populaires.
02:26On est loin de la Start-up Nation.
02:28Qui se souvient de la Start-up Nation ?
02:30C'était toute une époque, ça, hein ?
02:37Bon, cette progression du wokisme, ça s'explique surtout par le renouvellement générationnel.
02:41Les jeunes sont plus progressistes que les vieux.
02:43Mais attention, c'est pas une question d'âge.
02:45Les jeunes ne deviennent pas de droite en vieillissant.
02:47Non, si les boomers sont plus réacs, c'est pas parce qu'ils sont vieux.
02:50En fait, ils étaient tout autant réacs quand ils étaient jeunes, voire même plus.
02:54Parce qu'en discutant avec leurs enfants et leurs petits-enfants, ils changent d'avis.
02:58Ceux qui ont 18 ans aujourd'hui sont beaucoup plus tolérants que ceux qui en ont 70.
03:02Et quand ils auront 50 ans, ils seront tolérants pareil.
03:04Alors que ceux qui avaient 70 ans, ils seront probablement morts.
03:08Très peu tolérants, les morts d'ailleurs.
03:11On n'en parle pas assez.
03:12Ils votent peu, mais quand ils votent, ils votent FN.
03:15Les salauds !
03:16Alors très bien, on a juste à laisser faire la nature et on aura un président non-binaire.
03:21Eh bien, malheureusement, non.
03:22D'abord parce que les jeunes votent de moins en moins.
03:24Contrairement aux boomers qui, eux, ils votent un max.
03:27Et ils sont hashtag pas woke.
03:29On continue à avoir des cohortes extrêmement bien structurées qui votent régulièrement.
03:33On revient aux boomers.
03:34Et vous avez vu du coup où ils vont les boomers pour un certain nombre d'entre eux.
03:38Et à côté, vous avez des générations qui viennent après.
03:41La mienne a désormais une cinquantaine d'années.
03:43On vote moins de manière systématique que nos alter-égos il y a encore une vingtaine d'années.
03:48Et c'est encore plus vrai de nos enfants qui ont désormais une vingtaine d'années.
03:53Mais ça ne veut pas dire, encore une fois, que ces jeunes cohortes se désintéressent de la politique.
03:58Simplement, leur politique, ça ne passe pas par un bulletin de vote.
04:01Ça questionne la notion même de vote.
04:03Et ça, c'est une tendance générale dans la société.
04:06Les gens se sentent de moins en moins proches des partis politiques.
04:09Même quand ils votent, c'est plus par défaut que par adhésion.
04:12Tout le monde a des avis, des valeurs qui sont forcément associées à la droite ou à la gauche.
04:16Mais peu importe leurs opinions, les gens se considèrent de moins en moins comme de droite ou de gauche.
04:21Alors les gens qui se sentent très proches d'un parti, c'est carrément ultra minoritaire.
04:25Contrairement à l'impression qu'on peut avoir quand on traîne trop sur internet.
04:28Ça s'explique par plein de choses, notamment le déclin du sentiment d'appartenance de classe,
04:32qui était au cœur du mouvement ouvrier, le recul du syndicalisme et des facteurs plus politiques
04:36comme le tournant libéral de la gauche, François Hollande !
04:41Après 2012, beaucoup de gens qui votaient pour la gauche ont juste arrêté de voter.
04:45Ça ne veut pas dire qu'ils sont devenus de droite pour autant,
04:47ils sont juste passés du côté des abstentionnistes.
04:50Le changement, c'est maintenant !
04:52Est-ce que finalement, ce ne serait pas une bonne nouvelle pour la gauche, tout ça ?
04:54Il suffit de faire voter les abstentionnistes, et hop ! Président non-binaire !
04:58Ce changement, c'est non.
05:00Alors je vous le dis, moi quand j'entends, il suffit de faire voter les abstentionnistes,
05:05j'entends, oui bah, il faut juste qu'on traverse cette rivière,
05:08de lave, en fusion, et de punaise de lits inifugés, et on sera de l'autre côté.
05:13Merci ! Le problème, c'est précisément qu'on est coincé sur la mauvaise rive, en slip,
05:17et que ce serait bien de faire deux-trois petites propales sur la manière de traverser.
05:20Le fait de croire que les abstentionnistes sont de gauche, c'est un peu délulu.
05:24Si on a l'impression que tout le monde est de droite,
05:26c'est parce que tout le monde n'a pas le même poids politique dans la société.
05:29On parle beaucoup de la droitisation des ultra-riches, des grands patrons,
05:32mais on parle moins du rôle des classes moyennes supérieures.
05:35Alors, c'est qui les classes moyennes supérieures ?
05:37Eh ben, c'est à la fois les classes supérieures,
05:40genre les médecins, les avocats, les cadres du privé, tout ça,
05:44donc les riches, mais pas les ultra-riches,
05:45mais aussi les classes moyennes stabilisées, qui ont une situation de vie stable.
05:49Alors, ça peut être des professeurs des écoles, des infirmières,
05:53des petits cadres du public, des profs, etc.
05:55Donc, c'est pas rien, c'est pas trois personnes.
05:57Et les classes moyennes supérieures, c'est un mot qu'on triple, en termes politiques.
06:01Après, c'est trois mots, donc c'est plutôt logique que ça compte triple.
06:04Bref, ils ont un poids politique très important.
06:07Et pas de bol, ils sont de plus en plus de droite.
06:10Ça, c'est ce que montre le sociologue Camille Peny dans son livre « Le triomphe des égoïsmes ».
06:14Quand on regarde l'axe économique, il me semble effectivement que pour les classes moyennes supérieures,
06:18on a des arguments qui vont dans le sens d'une certaine forme de droitisation
06:21si on assimile à la droite de l'échiquier politique
06:24ces attitudes qui sont favorables au mérite et à la concurrence individuelle.
06:28Alors, pourquoi ils pèsent politiquement ?
06:30D'abord, tout simplement, c'est des gens qui votent un max, contrairement aux classes populaires.
06:34Les profs qui ont voté Macron en 2017, là ?
06:37Hein ?
06:38Mais c'est aussi un groupe qui a le pouvoir d'imposer ses valeurs au reste de la population.
06:42D'une part, dans les médias, parce que c'est eux qui ont accès.
06:45Alors, depuis tout à l'heure, je dis « eux », mais de toute évidence,
06:50médias, personnes qui y a accès, études supérieures.
06:55Mais surtout, ils ont de l'influence dans la vraie vie.
06:57Parce que, contrairement aux ultra-riches, les classes moyennes supérieures,
07:00elles fréquentent d'autres catégories sociales.
07:02Par exemple, une infirmière, elle peut être en contact avec les classes supérieures
07:06en étant mariée à un médecin, mais avoir des parents employés dans une petite entreprise
07:10et fréquenter des aides-soignantes dans le travail.
07:12Alors attention, évidemment, toutes les classes moyennes supérieures ne se droitissent pas.
07:15De toute évidence...
07:17This Girl.
07:19Et vous, merveilleux abonnés à la chaîne YouTube de l'Humanité.
07:22Ah pardon ? Vous n'êtes pas abonnés ?
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07:28Mais la tendance de fond dans cette catégorie de la population, c'est la droitisation.
07:32Et ça, c'est nouveau.
07:33Dans les années 80, c'était le contraire.
07:35Les classes moyennes étaient de plus en plus de gauche
07:37parce que leur proximité avec le monde ouvrier, notamment familial, mais aussi dans le travail,
07:41faisait qu'elles partageaient les sentiments de classe
07:43tout en devenant plus progressistes sur les questions culturelles
07:46grâce aux études supérieures.
07:48Mais avec le temps, le monde ouvrier et tout ce qui va avec, ça s'éloigne.
07:52Le monde du travail s'atomise, le syndicalisme recule, la gauche devient libérale.
07:56En jetant les individus dans une concurrence accrue dans tous les domaines de l'existence,
08:01les choix scolaires, les choix familiaux, les choix de carrière, les choix pour les enfants,
08:06eh bien, cette société crée des comportements égoïstes,
08:09c'est-à-dire que les groupes sociaux sont condamnés en quelque sorte
08:13à mobiliser l'ensemble de leurs ressources pour défendre leur position,
08:17y compris lorsque cela, objectivement, nuit au sort d'autres individus
08:22et donc, au final, à l'ensemble de la société.
08:24Adios, le mouvement ouvrier !
08:26Et bien sûr, depuis les années 80, les élites économiques et financières
08:30ont pris de plus en plus de place dans les sphères de pouvoir.
08:32Quelle question vous poseriez à votre copine Brigitte Macron,
08:35parce que vous êtes copine avec elle ?
08:37Quelle question vous lui poseriez ?
08:38Ou vous lui avez déjà posé, peut-être ?
08:41Alors que les classes moyennes étaient un pilier de la gauche,
08:44elles deviennent de plus en plus hostiles aux régulations dans le monde du travail,
08:47aux nationalisations, favorables au contrôle des chômeurs.
08:49Bref, pour utiliser un terme scientifique,
08:52elles pensent de plus en plus à leur gueule.
08:54Encore une fois, not all classes moyennes,
08:56mais c'est un mouvement de fond qui est nouveau et qui a des conséquences.
08:59Et on ne s'en rend pas compte si on regarde juste l'aspect culturel,
09:02puisque, comme le reste de la société, elles sont de plus en plus progressistes.
09:05Enfin, sauf sur un point,
09:07C'est sur l'immigration.
09:09Par exemple, on a une très forte augmentation de la part des cadres,
09:14y compris du public,
09:15qui considèrent qu'il y a trop d'immigrés aujourd'hui en France,
09:17que l'immigration est trop importante.
09:18On est, de mémoire, à des niveaux comparables à ce qu'on observe
09:21parmi les ouvriers ou parmi les employés,
09:24autour de 50%, alors qu'on était plutôt, il y a 15 ans,
09:26c'est-à-dire relativement récemment,
09:28autour de 30 à 35% parmi les cadres.
09:29Et vous ne devinerez jamais quelle partie progresse parmi les cadres.
09:34Le RN, oui.
09:35Ce n'était pas si difficile.
09:36On pourrait se dire, ok, fuck them,
09:39il ne nous mérite pas.
09:40Le vrai peuple, lui, est de gauche,
09:41car attaché aux services publics et à la redistribution.
09:45Mais, malheureusement, cette lecture individualisante,
09:47elle se répand dans toute la société,
09:49y compris chez celles et ceux qui en souffrent le plus.
09:52Vous savez qui sont les plus sévères avec les chômeurs,
09:54qui veulent le plus les fliquer ?
09:55Les classes populaires.
09:56Celles qui sont le plus touchées par la précarité,
09:59qui sont justement très exposées au chômage.
10:01Il y a ceux d'en haut, les bourgeois, les élites.
10:03On ne les aime pas, mais ils sont très loin,
10:05et on ne pense pas qu'on va réussir à les faire changer.
10:09Il y a nous, ceux qui travaillent,
10:12ceux qui se mobilisent,
10:14ceux qui n'ont pas grand-chose.
10:15Et puis, il y a encore en dessous,
10:17les assistés, les cassos, les chômeurs,
10:20ceux qui profitent, tout en ne travaillant pas.
10:23Et ça, ça ne bénéficie pas à la gauche.
10:25Si ça bénéficie à quelqu'un électoralement,
10:27c'est au RN.
10:28Mais l'effet principal, c'est surtout que
10:30la majorité des gens se désintéressent complètement de la politique,
10:33parce qu'ils ont une lecture individuelle de leurs problèmes,
10:36et qu'ils n'envisagent pas de solutions collectives.
10:39Si je résume,
10:40les gens sont de plus en plus woke,
10:42dans tous les milieux,
10:43mais sur le plan économique,
10:44les classes moyennes supérieures sont de plus en plus de droite.
10:47Et les classes populaires qui sont attachées à l'état social,
10:49elles ne sont pas de gauche.
10:51Parce qu'en l'absence de structures
10:52où pouvaient se créer des réseaux de solidarité
10:54et des luttes communes,
10:56comme l'entreprise ou le syndicat,
10:58elles se mettent à chercher des réponses individuelles
11:00à leurs problèmes collectifs.
11:02Et ceux qui servent de bouc émissaire dans tout ça,
11:04c'est les immigrés,
11:06qui sont au passage les travailleurs les plus précaires.
11:08Donc, même si l'ensemble de la population ne se droitise pas,
11:12ce n'est pas vraiment une bonne nouvelle pour la gauche.
11:14Parce que, même si les gens sont plus tolérants,
11:16ils voient de moins en moins un modèle de solidarité
11:18et de redistribution comme une réponse à leurs problèmes.
11:21Ce qui les pousse à défendre,
11:22ce qu'ils croient être leurs intérêts particuliers,
11:24au détriment de l'intérêt commun.
11:26Et une politisation,
11:27ce n'est pas juste des valeurs isolées.
11:29Ce qui compte,
11:30c'est comment les gens politisent leurs problèmes.
11:32Les liens qu'ils font entre les choses,
11:34comment ils se perçoivent dans la société,
11:36tout ça.
11:37Mais après, rien n'est définitif.
11:38Les gens changent d'avis,
11:39les choses évoluent.
11:40C'est bien ce que montre Vincent Tibéry.
11:42Mais ça demande un travail de longue haleine.
11:43C'est grâce au travail des militants et des militantes
11:45que, de fait,
11:46les gens, aujourd'hui,
11:48sont moins sexistes et homophobes qu'avant.
11:49Ce qu'on peut retenir de tout ça,
11:51c'est bien que,
11:51ce n'est pas le wokisme
11:53qui empêche les classes populaires d'être de gauche.
11:55Ce qui a tué la gauche,
11:56c'est d'avoir abandonné les classes populaires
11:58en lâchant sur le terrain de la redistribution,
11:59en reculant sur les questions économiques,
12:01en élisant François Hollande !
12:03Je ne sais pas,
12:04la gauche, merde,
12:05la lutte des classes, quoi !
12:07Aujourd'hui, il y a des partis
12:08qui tiennent une ligne économique,
12:10mais ça ne suffit pas,
12:11il faut aussi exister dans la vie quotidienne des gens
12:13et pas tout faire reposer
12:15sur une stratégie médiatique
12:16qui n'a aucun effet
12:17chez les dégoûtés de la politique.
12:18Ce qui manque,
12:19c'est une organisation
12:20qui défend un modèle de société
12:21qui agrège toutes les luttes
12:23qui mobilisent aujourd'hui,
12:25féministes, décoloniales, écologistes,
12:26et qui donne envie aux gens
12:27de se battre ensemble
12:29pour autre chose
12:30que pour des miettes chacun dans son coin.
12:31Mais pour ça,
12:32il faut arrêter d'être obsédé
12:34par la présidentielle
12:35et la com sur les réseaux sociaux.
12:37Même si, par miracle,
12:38la gauche gagnait les élections en 2027,
12:40elle représenterait, quoi,
12:4225% de la population ?
12:43À quel moment gagner de un cheveu
12:46alors que 75% des gens nous détestent
12:49ou on n'en rien a carré ?
12:50C'est notre projet !
12:52Alors, elle ne serait pas moins légitime
12:53que Macron ou Le Pen,
12:54ça c'est sûr,
12:54mais pardon d'avoir
12:56des plus grandes ambitions pour la gauche !
12:57Non mais c'est vrai,
12:58tout le monde fait comme si c'était normal
12:59que la politique,
13:00c'était un manège
13:01où il faut attraper le pompon.
13:02Genre tout le monde pleure,
13:04mais toi t'étais sur le vaisseau spatial
13:05donc t'as le droit de garder le pompon
13:06pendant 5 ans !
13:07Les métaphores sont de plus en plus foireuses !
13:09Bref, la gauche,
13:11c'est un projet de société,
13:12pas un concours de com.
13:14Un projet qui existe pas seulement
13:15à l'Elysée,
13:16à l'Assemblée
13:17et chez les professionnels de la politique,
13:18mais qui englobe tout,
13:19le travail,
13:20le travail domestique,
13:21la famille,
13:22les loisirs,
13:22la sexualité,
13:23la maladie,
13:23tout !
13:24Imaginez comme la politique,
13:25ce sera autre chose
13:26quand les gens réaliseront
13:27que la lutte des classes
13:28est quand même vachement plus stylée
13:31tout seul des clous rouillés des yeux !
13:32Traitez-moi du tophiste !
13:33Allez-y !
13:34Je m'en fous !
13:35Vincent Tibéri a dit
13:36que c'était pas une phase, maman !
13:37Mais c'est vrai que plus je vieillis,
13:39plus je me dis que...
13:40Quand même,
13:41le communisme,
13:42c'est vachement plus cool
13:44que la piscine de clous !

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