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  • il y a 9 heures
La rentrée sociale bat son plein en cette 90e édition de la Fête de l'Humanité, au carrefour de la mobilisation du 10 septembre et du 18, le plateau de Ça ira ! x Backseat prend la température. Baptiste a 31 ans, il s'est mobilisé récemment dans les luttes, il nous explique ses motivations et ses déclencheurs. Thomas Druon, électricien, est membre de la CGT Énergie Tarn-et-Garonne, habitué des mouvements sociaux, il revient sur ses luttes passées et celles à venir.

Avec Jean Massiet, Mejdaline Mhiri, Usul, Lumi et Emilio Meslet.

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Transcription
00:00On a voulu recevoir sur ces plateaux, sur ce plateau, des personnes en lutte pour venir nous en parler.
00:04Un tonnerre d'applaudissements pour Baptiste et Thomas.
00:20Alors Baptiste, tu as 31 ans, tu es en reconversion professionnelle pour devenir pâtissier après plusieurs années en bureau d
00:26'études et tu habites à Lille.
00:27C'est ça. Merci d'être avec nous, cher Baptiste. Et on est également avec Thomas.
00:37Thomas Druon, tu as 33 ans, tu es technicien chez Enedis, bâtisseur de la fête de l'humanité et secrétaire
00:44général du syndicat CGT, Énergie, Garonne et Tarnes.
00:53Merci, cher Thomas, d'être venu au pied levé. Tu remplaces une syndicaliste CGT qu'on voulait recevoir, mais qui
01:00a eu peur de la répression syndicale.
01:02On lui envoie énormément de force et on la remercie quand même d'avoir voulu venir.
01:12Merci à tous les deux d'être avec nous. On avait très envie de vous entendre parce que vous avez
01:15un rapport à la mobilisation sociale et à l'engagement politique qui est très différent.
01:19Racontez-nous un petit peu comment vous avez vécu votre 10 septembre, votre mobilisation.
01:23Baptiste, toi, c'était ta première mobilisation ?
01:25Oui, c'est ça. C'était ma toute première manifestation, ma mobilisation sur le terrain.
01:30Et alors, tu as fait quoi ?
01:32Alors, concrètement, j'ai eu des contacts avant cette mobilisation.
01:39Avant le 10 septembre, il y a eu plusieurs âgés qui sont passés à Lille.
01:43Et c'est là où je me suis un peu plus politisé sur le terrain.
01:47Avant, je t'ai déjà politisé depuis environ 5-6 ans.
01:50Quand tu dis politisé, ça veut dire que tu ne votais pas, par exemple ?
01:52Tu ne suivais pas beaucoup les infos ?
01:54Si, je votais, mais un peu en suivant mes parents au tout début.
02:00Et ensuite, je me suis un peu plus renseigné.
02:03Je n'étais vraiment pas du tout dans la politique.
02:05Et c'est en regardant des contenus, notamment YouTube, etc., les réseaux sociaux,
02:12et grâce à des potes de travail qui m'ont politisé là-dessus.
02:17Et donc, par la suite, sur les réseaux, j'ai vu qu'il y avait des tâches à Lille.
02:22Et c'est là que j'ai décidé de les rejoindre, de souhaiter le pas, après cette année mouvementée qui
02:28allait crescendo.
02:31Et du coup, c'est là que j'ai voulu manifester.
02:34Et alors, comment tu l'as vécu, ta toute première manifestation ?
02:40Ça s'est très bien passé.
02:42Forcément, un peu d'appréhension, mais j'avais déjà des camarades sur place, j'avais déjà des contacts grâce aux
02:47AG.
02:48Et donc, c'est grâce à ces contacts, j'étais avec Révolution Permanente.
02:54Révolution Permanente, oui.
02:55Entre autres.
02:56Et donc, ils m'ont tout de suite bien accueilli.
02:59Et on a discuté, on a marché pendant environ 4 heures.
03:04Vous vous êtes fait taper dessus par la police ou pas ?
03:05Parce que si tu ne te fais pas taper dessus, c'est que ce n'est pas une vraie manifestation.
03:08Il paraît.
03:09Non, je n'étais même pas préparé pour ça.
03:11Je n'avais rien.
03:12Non, non, j'étais un peu derrière avec eux.
03:15Et en fait, au bout de 4 heures, on a vu de la fumée au fond.
03:19On a vu que ça commençait à gazer, que les policiers ont commencé à tirer de la crème au gène.
03:23Donc, effectivement, on a pris le chemin en travers pour partir au bout de 4 heures.
03:30Donc, ça s'est globalement bien passé, vu qu'on était derrière.
03:33Et c'est à peu près tout.
03:36Thomas, toi, tu es un peu plus habitué.
03:38Je le disais, tu es syndicaliste CGT.
03:40Comment tu as vécu ce 10 septembre, qui était un mouvement étrange au début, venu d'Internet,
03:45qui n'appelait pas spécifiquement un mouvement de type syndical habituel ?
03:49Comment tu t'es greffé à ça ?
03:50Comment ça s'est passé ?
03:52Alors, bon, moi, sur le 10 septembre, j'étais déjà sur la fête,
03:55puisque je suis bâtisseur au comptoir des énergies, sur le forum social.
03:59Mais on a les collègues qui sont en grève conductive depuis le 2 septembre,
04:02sur tout notre champ fédéral.
04:04Et donc, forcément...
04:10Forcément, dès le 2 septembre, dans toutes nos assemblées générales,
04:14la question du 10, elle s'est posée immédiatement.
04:18Et après en avoir discuté dans nos assemblées générales,
04:21le mouvement s'est construit naturellement.
04:24Et on a appelé à rejoindre les manifestations et les initiatives organisées
04:27et à préparer la suite de notre lutte également.
04:30Mais le 10 faisait partie de notre cheminement.
04:32On va parler de la suite de la lutte, effectivement, avec la journée du 18, notamment.
04:36Les chroniqueurs, si vous avez des questions à poser à nos invités, surtout, n'hésitez pas.
04:39Alors ?
04:40Oui ?
04:41Oui ?
04:43Vas-y, vas-y, vas-y.
04:44Non, j'avais posé une question très bateau.
04:46Mais oui, du coup, comment ça s'est passé, la mobilisation pour vous ?
04:49Parce que...
04:51Enfin, pardon.
04:53Qu'est-ce que vous avez mis dans la rue ?
04:54Pourquoi est-ce que ce jour-là, vous êtes descendu dans la rue ?
04:58Qu'est-ce qui a été l'élément déclencheur, un petit peu, qui a fait qu'il fallait y aller
05:02et de rejoindre, en fait, ce mouvement ?
05:05Je pense que c'est quand même ma politisation au crescendo face à tous les événements qui sont déroulés
05:11suite aux législatives et au non-respect des élections.
05:15Ce qui a fait que je me suis de plus en plus renseigné.
05:19J'ai, on va dire, j'ai doom-scrollé et j'ai vu tout ce qui se passait.
05:23Je me suis plus renseigné et c'est là que j'ai trouvé un peu plus de comptes Instagram qui
05:29parlaient dès le 10 septembre.
05:31Et j'ai décidé de rejoindre l'AG.
05:33C'est tout un processus long avec toute une liste de revendications qui commençaient, comme vous avez mentionné avant, qui...
05:42Des revendications, du coup, qui vous parlaient, c'est ça ?
05:44Oui, c'est ça, c'est sur les salaires, ça peut être sur la sécurité sociale.
05:50Moi, je touche environ 900 euros de chômage et je suis en stage non rémunéré, donc ça me touche quand
05:58même pas mal.
05:59Et donc, oui, le chômage, suite à une fin de période d'essai, n'est pas à mon initiative.
06:06Et donc, c'est ça, enfin, toutes ces raisons professionnelles aussi, comme je ne rentrais pas dans le moule du
06:12travail,
06:13j'ai eu des moites expériences, c'est par là que je me suis politisé.
06:17Et puis après, quand on voit la politique...
06:20Donc c'est entre un ras-le-bol, on va dire, lié à ta situation professionnelle,
06:25et puis aussi cette histoire des élections qui t'ont poussé quand même dans la rue.
06:28Oui, c'est un tout, c'est vraiment, tout est lié, de toute façon, tout est politique.
06:34Donc c'est un tout qui m'a politisé et toutes ces revendications qui devraient être normales, mais qui ne
06:41le sont pas, malheureusement.
06:44Moi, j'ai une question pour les deux, en fait, qui n'est vraiment pas polémique,
06:50mais qui est une question qui est beaucoup revenue sur les plateaux télé,
06:52où ils nous ont beaucoup dit, à partir du moment où Mélenchon a dit qu'il soutenait l'Odysse,
06:58ça va démobiliser les gens.
07:00Donc j'ai une question, et ça pourrait être vrai pour le syndicaliste,
07:03comme pour celui qui n'était pas engagé en politique avant.
07:07Est-ce que vous avez perçu cet effet-là, peut-être pas pour vous, mais autour de vous ?
07:11Est-ce qu'il a eu un effet ? Est-ce qu'il a pété le truc, Mélenchon, ou pas
07:16?
07:17Moi, je n'ai pas eu l'impression, non. Il y a eu un ras-le-bol citoyen qui s
07:21'est exprimé.
07:22Peu importe ce que dit Mélenchon.
07:23D'ailleurs, de ce qu'on a pu voir dans la rue et ce qui a pu se passer un
07:27peu partout,
07:28sincèrement, je n'ai pas l'impression que ça ait démobilisé quoi que ce soit.
07:31De toute façon, oui, c'est la gauche qui très vite a repris le mouvement, en fait,
07:35et qui a finalement posé des revendications plutôt de gauche.
07:38Donc effectivement, que Mélenchon ait parlé ou pas, ça n'aurait peut-être pas changé grand-chose ?
07:42Moi, c'était plutôt que je regardais la team, donc la part du team,
07:47et c'est ceux qui ont créé On ne veut plus, et c'est grâce à eux que je me
07:50suis un peu mobilisé,
07:51enfin, en partie, et c'est la brèche.
07:58Et du coup, Thomas, là où les mouvements organisés avaient d'abord regardé d'un très mauvais oeil
08:04le mouvement des Gilets jaunes, alors parfois il y avait eu des convergences, parfois non,
08:08toi, comment ça s'est passé avec la CGT ? Est-ce que vous vous êtes tout de suite dit
08:12on y va, et peu importe finalement qui a déjà dans ce mouvement ?
08:15Qu'est-ce qui fait la différence avec, par exemple, le mouvement des Gilets jaunes
08:19pour le 10 septembre et potentiellement pour le 18 ?
08:21On a peut-être fait une erreur, nous, au moment des Gilets jaunes, on s'est posé certaines questions,
08:26on s'est peut-être freiné, là, on y est allé directement, et en fait, les syndicalistes,
08:32c'est des citoyens, donc s'il y a un mouvement citoyen, on prend notre part pleinement là-dedans,
08:38et nous, on bataille aussi, parce que même si on est en lutte en ce moment pour l'augmentation
08:43de nos salaires, on y est aussi pour la baisse de la facture des usagers,
08:46donc en fait, on y était pleinement, cette journée-là, elle était pleinement faite pour nous aussi,
08:52et le reste de l'année, on se bat aussi pour le service public en général,
08:55donc pour nous, ça avait tout son sens.
08:57Et toi, c'est quoi ton parcours militant ? Comment est-ce que tu en es arrivé à te syndicaliser
09:01?
09:02Donne envie aux gens de prendre leur carte un petit peu dans l'assistance, s'il ne faut pas encore.
09:06Alors moi, j'ai été embauché en septembre 2014, donc chez ERDF à l'époque,
09:11et en octobre, j'étais syndical à la CGT, j'avais eu la chance, moi, de passer deux années d
09:15'apprentissage,
09:16avec plein de collègues, des plus jeunes, des plus anciens,
09:19qui nous ont raconté l'histoire de la CGT, l'histoire de nos entreprises aussi,
09:24et d'où elles viennent, donc c'est super important.
09:26Et naturellement, après l'adhésion, première prise de participation aux premières initiatives,
09:33des prises de responsabilités en local assez rapidement, et puis le cheminement, il a suivi.
09:38Alors c'est quoi la suite, les gens sont chauds, pour le 18 ?
09:43Alors nous, on a toujours des piquets de grèves qui sont installés partout en France,
09:47donc en grèves conductives, donc depuis le 2 septembre, et ça ne va pas.
09:50Avec l'idée que ça va monter au 18 ?
09:52Et bien là, l'idée, c'est de continuer au moins jusqu'au 18,
09:55d'aller partout dans la rue, le maximum de nos collègues dans la rue,
10:00aux côtés de tous les autres, et ça se construit encore cette semaine.
10:04Et le 18, Baptiste, toi, tu iras ?
10:07Oui, bien sûr, maintenant que j'ai fait la première manifestation,
10:11le plus dur est passé, parce que j'avais un peu cette appréhension, mais...
10:14Après, on y prend goût, hein ?
10:15C'est ça, c'est ça le problème.
10:16Ouais, tu vas voir.
10:17Tu avais peur de quoi ?
10:20Quand tu parles d'appréhension, qu'est-ce qui te...
10:25Qu'est-ce qui te prégnait le plus ? La répression ?
10:27Ce soit la répression, et puis surtout, je n'avais pas de contact avant la manifestation,
10:32donc c'est un peu bête. Pour la ministre des retraites, je n'ai pas forcément voulu faire grève,
10:40et dans ma boîte non plus, il n'y a pas grand monde qui a fait grève, je crois qu
10:44'il n'y a qu'une seule personne.
10:45Et pour quelle raison ?
10:47Pour quelle raison ?
10:48Pourquoi toi et tes collègues, vous vous êtes dit à ce moment-là,
10:51c'est pas le moment d'aller dans la rue, j'imagine qu'il y avait des pressions dans l
10:54'entreprise,
10:55qu'est-ce qui fait que la mobilisation soit venue ici avec le 10 septembre,
10:59et pas au moment de la réforme des retraites ?
11:00Je pense que le 10 septembre s'est englobée quand même beaucoup, beaucoup de sujets
11:03par rapport à la réforme des retraites, qui est un seul sujet, je crois,
11:07et c'est ça qui fait qu'on en parle beaucoup plus sur les réseaux.
11:12Dans les grands médias, on entend qu'il n'y avait pas de mot d'ordre clair pour le 10.
11:17C'est quoi le mot d'ordre qui revenait le plus ?
11:21Est-ce que ça, ça les rend un peu confus ?
11:23Il n'y a pas d'interlocuteur clair ?
11:24Il n'y a pas de mot d'ordre central ?
11:26Qu'est-ce que vous, vous avez entendu ?
11:28Pour le 10 en particulier, ouais, c'est pas mal.
11:34Macron démission, le cornu...
11:36Il y a ça, il y a l'histoire des deux jours fériés,
11:38qui était un leurre aussi.
11:42Mais sinon, il y a toutes les autres revendications
11:45qui sont tout à fait justes, sur le pouvoir d'achat, etc.
11:50Et c'est vraiment...
11:52Du salaire.
11:53On parlait, ouais.
11:53Du salaire, ouais, bien sûr.
11:55Et est-ce que, à votre avis, là c'est une question un peu posée à tout le monde,
11:59que ce soit les chroniqueurs ou les invités,
12:01est-ce que pour vous, ce mouvement du 10 septembre, il a été une réussite ?
12:05Très vite, effectivement, sur les plateaux télé, on a entendu
12:07« Ah, il n'y a eu que 20 000 personnes à tel endroit, c'est un échec, etc. »
12:11On sentait qu'il y avait une vraie volonté de tout de suite qualifier ça d'échec.
12:15Comment est-ce que vous, vous l'avez vécu ?
12:17Est-ce que c'est un début ?
12:18Est-ce que c'est une vraie réussite ?
12:20Est-ce que c'est un échec ?
12:21Comment vous le voyez ?
12:22De toute façon, les médias qui sont détenus par les milliardaires
12:25ont tout intérêt à présenter cette mobilisation comme un échec.
12:29On racontera que le 10 est un échec,
12:30on racontera que toutes les suivantes sont un échec,
12:32sauf si ça s'amplifie vraiment.
12:34En réalité, on jugera de la réussite de ce mouvement,
12:38un, que s'il est massif et il continue.
12:40C'est pour ça d'ailleurs qu'à Luma, on a titré jeudi,
12:42« Ce n'est qu'un début », parce qu'aussi on espère que ce ne soit qu'un début.
12:45Et deux, si justement, il arrive à accentuer ce rapport de force
12:49pour obtenir ce dont parlait Baptiste,
12:52c'est-à-dire du pouvoir d'achat,
12:55la fin de le corps nu et de ses budgets austéritaires,
12:57et du suivant et de celui d'après et de celui d'encore après,
13:01potentiellement, etc.
13:01Donc aujourd'hui, c'est un poteau pour crier à la réussite,
13:04mais en tout cas, je veux le dire, ce n'était pas un échec.
13:06Il y avait 250 000 personnes au minimum.
13:10Le problème, c'est qu'un mouvement qui s'appelle « Bloquons tout »
13:13met la barre très très haut en termes de succès.
13:16C'est-à-dire que si tout n'est pas bloqué,
13:17c'est difficile de dire que c'est un succès.
13:19Je pense qu'il y avait aussi cette difficulté-là.
13:21Moi, je pense que c'est un début.
13:22Je ne pense pas que ça a été un succès.
13:24Je ne pense pas non plus que c'était un échec.
13:25Je pense que c'est un début,
13:27que le mouvement du 18 va pouvoir embrayer et amplifier.
13:30Je pense qu'il y aura plus de monde dans le mouvement du 18
13:32que dans le mouvement du 10.
13:33Et on verra ensuite ce que ça donnera pour les mouvements suivants.
13:36Après, qu'est-ce qu'on appelle une réussite ?
13:39Si la réussite et le succès,
13:40c'est qu'on renverse le gouvernement,
13:42on installe complètement autre chose.
13:43Bon, là, OK.
13:44Il n'y a rien d'un succès.
13:45Le fait de juste mobiliser énormément de gens,
13:48on l'a bien vu, même pour la réforme des retraites,
13:50on avait tendance à dire qu'on n'a rien obtenu,
13:52ça n'a servi à rien, etc.
13:53On sait bien que si, ça sert toujours,
13:55même si c'est désespérant,
13:56parce que justement, ça politise des gens,
13:58ça ramène des gens à la politique,
13:59ça permet d'avancer, même si on a l'impression
14:01qu'on fait énormément d'efforts
14:03et qu'on se bat beaucoup pour rien du tout.
14:05En fait, ce n'est pas rien.
14:06Derrière, ça sert toujours, ça nous sert toujours.
14:09Après, oui, c'est à nous de se battre
14:11pour l'amplifier le plus possible.
14:13Ceux qui en ont la possibilité, bien sûr,
14:14faire la grève, c'est hyper important
14:16et c'est formidable qu'il puisse y avoir
14:18des mouvements de grève qui se lancent.
14:20Et oui, peut-être que toute la France
14:23n'a pas été toute bloquée,
14:24mais après, on va avoir l'espoir que c'est que le début.
14:26Le problème du mouvement du 10 septembre,
14:27c'est qu'il a aussi souffert de la comparaison
14:29avec le mouvement des Gilets jaunes,
14:30qui a été massif très rapidement,
14:32dès le mois d'octobre...
14:33Pas beaucoup plus.
14:35Il y avait autant de policiers.
14:36Il n'y a pas un changement d'échelle.
14:38Il y avait presque autant de policiers.
14:39La répression policière était déjà énorme.
14:42La présence policière était importante.
14:44Effectivement, pour les premières mobilisations,
14:45les gens qui se mobilisent, par exemple,
14:46pour la première fois maintenant,
14:47ils ont affaire à des policiers
14:49qui sont aussi dans un état pas possible,
14:51qui sont très, très, très nombreux.
14:52Ce n'est peut-être pas non plus la même chose.
14:54Vous vous en pensez quoi, les gars ?
14:56Parce qu'en fait, c'est pour les invités.
14:58Le mouvement du 10,
14:59l'organisation du mouvement du 10,
15:01l'annonce du 10,
15:02même le préavis de grève de FO
15:05qui dit « dès le 1er septembre... »
15:07Tout ça, ça a fait tomber Bayrou.
15:10Ça a fait tomber Bayrou.
15:11Je ne pense pas du tout.
15:12Mais si !
15:13Ça a fait paniquer Bayrou,
15:14qui a dit « allez, moi, je vais précipiter
15:15mon truc de vote de confiance,
15:17je ne sais pas quoi ».
15:18Ça a fait paniquer...
15:21Bayrou !
15:21Est-ce que vous prenez la chute de Bayrou
15:23comme la première victoire du mouvement, justement ?
15:25Mais oui !
15:26Bayrou et son budget de crevard.
15:27Bien sûr !
15:28Laisse-les parler !
15:30C'est vrai que c'est juste le début.
15:33Je ne vois pas ce que ça change,
15:34parce que s'il met quelqu'un d'autre
15:35comme le cornu ou autre,
15:37ce sera la même chose qu'avant.
15:38Donc pour moi,
15:39c'est vraiment une toute petite étape
15:41de ce qu'il y a à faire,
15:43si on va aller beaucoup plus loin.
15:48j'aimerais savoir peut-être un petit peu
15:50par applaudissement
15:51les gens qui se sont mobilisés le 10.
15:57Et du coup,
15:58parce que je suis persuadée,
16:00comme toi, Jean,
16:00qu'il va y avoir encore plus de monde le 18.
16:03Est-ce qu'il va y avoir des gens
16:03qui n'étaient pas mobilisés le 10
16:05qui vont se mobiliser le 18 ?
16:09Quand même un petit peu.
16:10Donc globalement,
16:10tout le monde va sortir le 18,
16:11c'est ça ?
16:15Et même vous avez une mission,
16:17c'est ramener une personne
16:18qui ne s'est jamais mobilisée comme ça.
16:20On sera encore plus nombreux.
16:26Et toi, Thomas,
16:26comment ça se prépare le 18 ?
16:30Les âgés continuent ?
16:31Les âgés continuent.
16:35La mobilisation,
16:36elle est toujours à la hauteur.
16:37C'est une date qui est attendue
16:38parce que quand on est en reconductible,
16:40ça peut être compliqué aussi.
16:42Donc on est intelligent dans la grève
16:45et les camarades ont besoin
16:46d'avoir des dates fortes
16:48comme celle-là.
16:49Et nous, on sait que cette date-là
16:51va mettre la pression à nos employeurs.
16:53De toute façon,
16:53on est là pour faire chier nos patrons.
16:54Donc on va essayer de le faire le possible.
17:00Et puis, ce qui nous permet
17:01d'avoir un peu plus
17:02d'une perspective intéressante
17:04et d'emmerder encore plus nos patrons,
17:06c'est ce qui est en ligne,
17:07nous, depuis ce matin.
17:08Donc il y a une pétition
17:10qui est en ligne sur le site du Sénat.
17:12Et si elle atteint
17:13le nombre de signatures minimum,
17:15ça va faire chier.
17:16On prend la bien comme ça devant toi,
17:17comme ça,
17:17et ça sera pris par la caméra.
17:19Voilà.
17:20Donc le Sénat sera obligé de se saisir.
17:21Donc c'est une pétition pourquoi ?
17:22C'est une proposition de loi
17:23de Fabien Ngué
17:24qui a été travaillée avec notre fédération,
17:26la FNME-CGT,
17:27et qui ferait en sorte
17:28de baisser la TVA
17:30sur les factures d'énergie
17:33de 20% à 5,5%.
17:35Donc c'est ce qu'on expliquait.
17:36On se bat pour nos salaires,
17:37mais aussi pour les usagers.
17:43Oui, et c'est vrai que,
17:44avec ce qui s'est passé
17:45autour de la loi Duplon
17:46et du coup du nombre de signatures
17:48qui a explosé,
17:49on a bien vu qu'effectivement,
17:50une mobilisation presque digitale,
17:52ça pouvait effectivement faire reculer
17:54un projet gouvernemental,
17:56en tout cas dans une certaine mesure.
17:57Oui, exactement.
17:58Et puis ça nous a permis aussi
18:00de démontrer que même si on réclamait,
18:02parce qu'on sait l'expliquer,
18:03les potes savent l'expliquer en local,
18:06nos boîtes,
18:06elles sont en capacité
18:07d'augmenter nos salaires
18:08et également de faire baisser
18:10la facture des usagers.
18:12Donc c'est aussi important pour nous.
18:14Et ce que je disais tout à l'heure,
18:15ça rejoint notre bataille
18:15de tous les jours.
18:16C'est systématique,
18:17c'est toute l'année.
18:18C'est le service public
18:19pour les usagers.
18:20Alors on l'a dit,
18:21se mobiliser dans la rue,
18:22c'est difficile
18:23à cause de la répression policière.
18:25Est-ce que toi,
18:26tu constates que dans l'entreprise
18:27aussi, c'est difficile de se mobiliser ?
18:28Est-ce qu'être syndicaliste,
18:29c'est plus dur qu'avant ?
18:31Alors,
18:32je n'ai pas un comparatif énorme,
18:34mais il y a des nouvelles choses
18:36qui ont été mis en place
18:37qui nous empêchent
18:39de militer correctement
18:41par rapport à avant.
18:42La loi travail de Macron
18:43qui nous met en place
18:44les IRP,
18:45où on perd la plupart
18:46de nos prérogatives
18:47en tant que représentant
18:48du personnel,
18:49c'est quelque chose
18:49qui a été très compliqué
18:51et on le subit encore aujourd'hui.
18:53Donc, ouais,
18:54c'est aussi compliqué
18:55dans la boîte.
18:56Et on a eu, nous,
18:58suite à la réforme,
18:59la bataille contre la réforme
19:00des retraites,
19:01les plus de 1 000 syndicalistes
19:03qui ont été inquiétés,
19:04qui se sont retrouvés
19:04dans des commissariats,
19:05dans des tribunaux,
19:06où nous, par exemple,
19:07dans des conseils
19:08de discipline chez nous.
19:09Donc, ouais, ouais,
19:09on l'a senti.
19:10On a encore une camarade
19:12du syndicat de La Rochelle
19:14qui était convoquée,
19:14qui était au commissariat
19:15il y a une semaine.
19:16Donc, on voit que ça
19:17s'accentue un petit peu.
19:20Les copains ?
19:22Ouais.
19:23Vous la sentez comment,
19:24cette mobilisation du 18 ?
19:26Est-ce que le fait, justement,
19:27que par rapport à...
19:28Je rebondis juste,
19:29très rapidement,
19:30mais je pense que
19:32le fait peut-être
19:33de savoir aussi,
19:34du coup, comme le 10,
19:35ça a été, on va dire,
19:36on en parlait
19:36des semaines avant, etc.
19:37Pareil que le 18.
19:38Est-ce que le fait
19:39de savoir aussi
19:40qu'il va y avoir
19:40beaucoup de gens,
19:41on va dire,
19:42qui vont être derrière vous,
19:44etc.,
19:44ça aide aussi à se dire
19:45« Là, il y a plus de force
19:46à ce moment-là ».
19:47Parce que, évidemment,
19:47ce que tu viens de dire,
19:49ça n'empêche
19:49toutes les pressions syndicales,
19:51et ça dépend évidemment
19:52des endroits et tout ça,
19:53mais aussi de se dire
19:53« Là, il va y avoir
19:54plusieurs personnes
19:56qui vont se mobiliser
19:57dans différents secteurs,
19:58etc. »
19:59et ça peut faire
19:59une force plus forte
20:01et peut-être esquiver
20:02entre guillemets
20:03un petit peu plus
20:04les pressions
20:04que quand on est
20:05tout seul, isolé.
20:07C'est sûr que là,
20:08le niveau de rapport
20:08de force, il est pour nous
20:10et on travaille tous les jours
20:11à continuer à le faire grandir.
20:13Donc forcément,
20:14ça crée une émulation
20:15et on a tendance des fois
20:16sur le départ des mobilisations
20:18à s'attendre un peu,
20:19à regarder à côté
20:19et là, on sent que c'est parti.
20:21Et j'aurais dit,
20:22nous, ce qui se passe,
20:23nous, dans notre branche
20:24depuis début sept ans,
20:26et on a la chance
20:27dans notre syndicalisme
20:29de tous les jours
20:30à la CGT
20:30d'avoir une forte solidarité
20:33surtout dans la lutte.
20:34Donc ça va peser
20:35et je pense que ça va nous permettre
20:36d'avoir une belle journée le 18 ans.
20:38Et puis, il faut un peu de temps
20:39aussi pour aller chercher
20:40chaque collègue,
20:42y compris ceux qui doutent
20:43parce qu'ils sont jeunes,
20:43ils viennent d'arriver
20:44ou qui sont vieux
20:45et que la retraite n'est pas loin.
20:47C'est ce que j'ai entendu.
20:48Je me suis retrouvé embarqué
20:49dans une AG de cheminots
20:50le 10
20:51et eux,
20:52ils n'étaient pas partis en grève
20:53dans cette gare-là
20:54et ils racontaient
20:56à quel point,
20:56bon, pour le 18,
20:57ils construisaient en fait
20:58une grève,
20:59ça se construit.
21:01Donc là,
21:02en l'occurrence,
21:03il y a encore quelques jours,
21:04y compris vous autour de vous,
21:05pour convaincre
21:07les gens autour de vous.
21:08Évidemment que là,
21:09vous êtes à la fête de l'humain,
21:10c'est bien,
21:11on est entre gens
21:11qui s'intéressent à ces choses-là,
21:13qui se passionnent
21:13pour ces choses-là,
21:14qui envoient l'enjeu.
21:15Mais autour de vous,
21:16je pense que
21:17la haine de Macron,
21:18ça marche bien.
21:21Et au-delà de la réforme des retraites,
21:23de la taxe Zuckman,
21:24ou machin,
21:25parce que c'est vrai
21:25que là,
21:25on est sur des objectifs
21:27un peu lointains,
21:28on veut changer de modèle,
21:29en gros.
21:30C'est pas juste
21:31la réforme des retraites,
21:32il n'y a pas un mot d'ordre
21:33qui est si clair que ça,
21:34surtout parce qu'on a changé
21:36de Premier ministre,
21:37etc.
21:37On veut changer de monde,
21:38en fait.
21:39Et c'est difficile,
21:40parce que derrière,
21:42il y a les questions
21:42de logement,
21:43de coût de la vie,
21:44de machin.
21:44C'est dur de trouver
21:45le truc.
21:46Comment on...
21:47C'est quoi le truc
21:49qui convainc ?
21:50Et là,
21:50je parle à l'un
21:51comme à l'autre.
21:52C'est quoi ?
21:53C'est en finir avec Macron ?
21:54Comment tu prends la chose
21:55pour l'expliquer à quelqu'un
21:57qui est peut-être
21:57moins dedans ?
21:59D'accélérer,
21:59oui,
22:00c'est un mot d'ordre.
22:02Oui,
22:02c'est même un début.
22:04Après,
22:04on peut aller plus loin encore.
22:06Oui,
22:06je t'en prie.
22:07On peut reprendre
22:08les moyens de production.
22:10Je pense.
22:15Et toi,
22:15tu as été approché
22:16par ceux
22:16de Révolution Permanente ?
22:18Je les ai connus
22:18depuis seulement une semaine.
22:20Eh oui !
22:21Ils ont fait du bon boulot ?
22:23Comment ça se passe d'ailleurs ?
22:24C'est une vidéo aussi.
22:25Je suis d'accord.
22:26Comment ça se passe ?
22:26Parce que toi,
22:27encore une fois,
22:27c'est intéressant,
22:28Baptiste,
22:28on voulait te recevoir
22:29sur ce plateau
22:29parce que tu es un primo
22:32mobilisé.
22:32C'est ta première mobilisation,
22:34c'est la première fois.
22:35Donc,
22:35tu es approché par un groupe
22:36qui s'appelle
22:37Révolution Permanente à Lille.
22:38Comment ça se passe avec eux ?
22:39C'est des discussions,
22:40c'est des boucles WhatsApp ?
22:41Tu les revois souvent ?
22:42Non,
22:43pour l'instant,
22:44je n'ai pas vraiment
22:45officiellement rejoint.
22:46C'est juste que j'ai des contacts
22:47et on discute,
22:48c'est tout.
22:49Et après,
22:49ça va se faire
22:50au fil du temps.
22:52Et j'essaie juste
22:54un peu de plus m'éduquer
22:55et faire en sorte
22:57de ne pas me laisser faire
22:59par ce système.
23:02Et c'est une question
23:02qui s'adresse aussi
23:03à tous les deux.
23:04On le sait,
23:05il y a ce qui se joue dans la rue
23:06mais il y a aussi
23:06ce qui se joue dans les institutions.
23:08Qu'est-ce que vous attendez
23:09aujourd'hui
23:09des parties de gauche ?
23:10Est-ce que vous les trouvez
23:11à la hauteur de la situation ?
23:12Et si vous avez un message
23:13pour eux,
23:14ils vous écoutent peut-être ?
23:15Alors nous,
23:16pour ce qui nous concerne,
23:17il y en a au moins un
23:18avec qui on travaille régulièrement.
23:20Je parlais de la proposition
23:21de loi,
23:22par exemple,
23:23qui est portée
23:24par Fabien Gué.
23:25C'est le PCF ?
23:26Le Parti communiste,
23:27du coup ?
23:27Oui,
23:28tout à fait.
23:29Mais c'est une question
23:30qui revient souvent
23:31et c'est ce qui nous permet
23:33aussi des fois
23:34d'expliquer la mobilisation
23:35aux collègues
23:36qui ne veulent pas se mobiliser
23:37et qui ne comprennent pas
23:38tout à fait
23:38que la CGT puisse
23:40sa place mobilisée
23:41sur un sujet de société.
23:42Si on n'a pas,
23:43nous,
23:44cet outil-là
23:46de transcription
23:46dans la loi
23:47de certaines victoires
23:48qui peuvent être gagnées
23:49dans les entreprises,
23:51on ne pourra pas passer
23:52à cette fameuse étape
23:53de la deuxième
23:53de transformer la société.
23:55Et c'est un des petits créneaux
23:57qui peuvent nous aider
23:58à aller à la rencontre
23:58des collègues
23:59et leur expliquer
23:59qu'en fait,
24:00il y a les deux parties,
24:01les deux champs
24:02et qu'on ne peut pas
24:03en faire qu'un seul
24:04si on veut que ça fonctionne.
24:05Et toi, Baptiste ?
24:08Pardon,
24:08j'ai oublié la question.
24:09Ton rapport
24:09avec les partis politiques
24:10de gauche ?
24:10Qu'est-ce que tu attends
24:11encore des politiques ?
24:13Est-ce que tu attends
24:13quelque chose
24:14ou pas du tout ?
24:14Je suis encore
24:16en hésitation
24:18pour les partis politiques.
24:19Je ne sais pas du tout
24:22sur quoi me positionner.
24:23En tout cas,
24:24moi,
24:24j'essaie de militer
24:25sur le terrain
24:26pour l'instant
24:27et après,
24:28on verra
24:28parce que le vote présidentiel
24:30c'est juste une partie
24:32du jeu politique.
24:35Pour l'instant,
24:36pas spécialement d'opinion.
24:38Est-ce que tu avais voté
24:39aux dernières législatives ?
24:41Oui.
24:42Oui,
24:42j'avais voté
24:44LF dans ma commune.
24:46Je crois qu'il n'y avait pas
24:47tellement d'autres choix
24:47non plus.
24:49Ça s'appelle
24:49l'union de la gauche.
24:50Oui,
24:51à gauche,
24:52il n'y en avait qu'un
24:52normalement.
24:53Oui,
24:53c'est vrai que c'était
24:54le bon vieux temps.
24:55C'est vrai qu'il y avait ça.
24:56Ce ne sera peut-être pas
24:57comme ça la prochaine fois.
24:58C'est vrai.
24:59On verra.
25:01Tu voulais demander
25:02un truc, Emilio ?
25:03Non,
25:03parce que tu disais
25:04que tu n'es pas forcément
25:05t'engager dans les parties
25:05mais est-ce que tu les trouves
25:06à la hauteur ?
25:09À la hauteur,
25:10en tout cas,
25:10les parties de gauche,
25:12c'est sûr que le PS,
25:14ce n'est même pas
25:15en discussion
25:17mais LFI,
25:18c'est à voir,
25:19franchement,
25:19c'est dur à dire
25:20avant qu'il soit élu
25:21à quoi s'attendre.
25:23Ça va dire ?
25:25Pourquoi pas ?
25:26Je ne sais pas.
25:27Et qu'est-ce que vous avez pensé
25:28du traitement médiatique
25:29de la journée du 10 septembre ?
25:32Est-ce que vous avez regardé
25:33un petit peu les JT ?
25:34Est-ce que vous avez regardé
25:34un peu les chaînes d'info en continu ?
25:36Qu'est-ce que vous en avez pensé ?
25:37Alors,
25:38regarder non pas trop
25:39puisque,
25:39je le disais,
25:40on était déjà sur le montage
25:41de la fête.
25:42mais des premières images,
25:46déjà,
25:46on voyait autant,
25:47voire plus de forces de l'ordre
25:48que de manifestants.
25:50Donc,
25:50ça donnait un peu aussi
25:52une idée de la trouille
25:54qu'ils pouvaient avoir là-haut
25:55parce que sinon,
25:56on ne met pas autant de...
25:57on ne met pas autant de...
25:59toutes ces forces
26:00pour sécuriser
26:03les manifs.
26:05Et après,
26:06j'en ai pas vu beaucoup plus
26:07sur le traitement médiatique.
26:08J'en ai lu suffisamment un peu.
26:09trop habitué.
26:11Tout dépend de quels médias
26:12on décide de suivre
26:14et quelles lignes.
26:15Et puis,
26:15toi,
26:15tu avais déjà le meilleur média
26:16et le meilleur traitement médiatique ici.
26:18Voilà,
26:18exactement.
26:19Est-ce que vous pensez
26:20que le traitement médiatique...
26:21Je pose la question au chroniqueur.
26:22Est-ce que vous pensez
26:23que le traitement médiatique du 18
26:24sera différent de celui du 10
26:25parce que c'est une mobilisation
26:27à l'origine des syndicats ?
26:30Oui,
26:30je pense que ça compte.
26:31Ils aiment bien jouer Macron.
26:33Il le dit régulièrement,
26:35notamment au moment des Gilets jaunes
26:36et après la réforme des retraites.
26:38Il dit non,
26:38mais les manifestations
26:39organisées par les syndicats,
26:40elles se tiennent toujours bien.
26:42Ils savent organiser.
26:43On a un interlocuteur.
26:45Donc,
26:46ils peuvent essayer
26:46de mettre en concurrence
26:47en fait les mobilisations
26:48aussi pour faire peur,
26:50pour diaboliser
26:51ceux qui se mobilisent
26:51avec le mot d'ordre
26:53de l'Occontou,
26:54pour circonscrire ça
26:55à des manifestations syndicales
26:57et éviter en fait
26:58une forme de convergence
26:59des luttes
26:59entre des gens
26:59qui sont déjà habitués
27:01au combat
27:01et à manifester
27:02et à faire grève
27:02et d'autres peut-être
27:03qui sont des primo-manifestants.
27:05Donc,
27:05en fait,
27:05c'est ça le danger.
27:06C'est qu'eux,
27:06de toute façon,
27:07ils ont intérêt
27:09pour de toute façon
27:09que les convergences
27:10ne se fassent pas.
27:11Donc,
27:12ils ont intérêt
27:12à traiter un petit peu mieux
27:14en réalité
27:14la mobilisation du 18
27:15et c'est là où en fait
27:17il va falloir faire bloc aussi
27:18ensemble
27:18pour éviter
27:19et contrer ce récit
27:20parce que c'est un récit
27:21qui est puissant,
27:21qui est relayé,
27:22on ne va pas le répéter,
27:22par tous les milliardaires
27:23et les médias
27:23qui le possèdent,
27:24etc.
27:25Mais ça fait partie
27:25du sujet.
27:28Toi, Baptiste,
27:28il y a des journalistes
27:29qui sont venus
27:30à votre Assemblée Générale,
27:32c'est ça ?
27:33Est-ce que de France Inter,
27:34si je ne dis pas de bêtise ?
27:35C'est France Inter
27:35et France Télévisions,
27:36oui.
27:37Et comment est-ce
27:37que ça s'est passé derrière
27:38quand tu as vu le reportage ?
27:39Est-ce que tu as trouvé ça juste ?
27:41Comment tu as évalué ça ?
27:44Ils ont juste gardé
27:45quelques passages.
27:46Après,
27:46ils n'ont pas été autorisés
27:47à rester dans l'AG.
27:49Ils ont juste interviewé
27:50des gens
27:50qui voulaient bien être évoqués.
27:51Ils nous ont quand même
27:52filmé en fond,
27:53en voie ma tête,
27:54mais sinon,
27:55à part ça,
27:57ils ont passé juste
27:58deux, trois extraits.
27:59Ça a duré 20 secondes.
28:01Après,
28:02ils sont passés à autre chose.
28:04Qu'est-ce qui vous donne
28:05de l'espoir pour l'avenir ?
28:09Ces manifestations-là.
28:10Oui.
28:11Déjà,
28:12le fait qu'il y ait
28:13beaucoup de grèves,
28:14de blocages,
28:15c'est ça qui fera plier,
28:16je pense,
28:18le pouvoir.
28:19Parce qu'avec les manifs
28:20des retraites,
28:21on a vu que ça n'a pas
28:22trop bien marché,
28:23même si ça m'a politisé moi.
28:24Enfin, en plus,
28:25voilà.
28:26Mais oui,
28:27il y a plus
28:27d'intensification des mouvements.
28:29Ça,
28:30ça donne de l'espoir.
28:31Thomas ?
28:33Je dirais que
28:34j'ai l'impression
28:35qu'il y a de plus en plus
28:36de prise de conscience,
28:37surtout dans la jeunesse.
28:39On le voyait un peu moins,
28:40nous,
28:41nous,
28:41avant.
28:42Et moi,
28:42j'ai la chance
28:43d'être sur la fête de l'Huma
28:43avec tous les collectifs jeunes
28:45de notre fédération.
28:47Et on se sent bien.
28:48Alors,
28:49ça fait quelques temps maintenant.
28:50Mais je pense que c'est un signal
28:51qui est hyper positif.
28:53Prise de conscience des enjeux
28:54et aussi plus de conscience politique
28:56que ce qu'on a pu connaître
28:57il y a quelques temps.
28:58C'est vrai que la sociologie
29:00du mouvement du 10 septembre
29:01a aussi été analysée
29:02comme un mouvement
29:03particulièrement jeune.
29:04Et beaucoup d'étudiants,
29:05il y avait des lycéens mobilisés.
29:07C'est quelque chose
29:08qui est assez intéressant
29:09qu'on n'avait pas forcément
29:10retrouvé dans le mouvement
29:10des Gilets jaunes.
29:11Après,
29:12j'arrête de les comparer,
29:12je vous promets.
29:13Oui,
29:13parce que c'est l'écueil
29:15dans lequel sont tombés
29:16beaucoup de commentateurs
29:17à ce moment-là,
29:18notamment dans les grands médias.
29:20C'est-à-dire
29:20à se raccrocher à...
29:21Et d'ailleurs,
29:22il y a beaucoup plus de parallèles
29:24qui ont été faits
29:24avec les Gilets jaunes
29:25qu'avec ce à quoi
29:29ça a fini par ressembler,
29:30à savoir le mouvement
29:30des retraites
29:31ou même nuit debout
29:32au moment de la loi travail
29:34scélérate de Hollande,
29:35etc.
29:36Avec une sociologie,
29:37en effet.
29:38Alors,
29:38ça ne veut pas dire
29:38qu'il n'y avait personne,
29:39notamment dans l'ouest de la France,
29:41dans les villes moyennes,
29:42etc.
29:42Il y avait du monde,
29:43mais comme dans la réforme
29:44des retraites,
29:44comme au moment
29:45de la réforme des retraites.
29:46Donc,
29:46en effet,
29:48ils ont beaucoup focalisé,
29:50et je l'ai vu dans les JT,
29:51parce que je ne vous cacherai pas
29:52quand on a regardé
29:53avec attention
29:55pour Rhinocéros
29:56comment les gens racontaient ça,
29:58notamment Léa Salamé
29:59et quelques autres,
30:00et on voyait un focus sur...
30:02En fait,
30:03ça les arrangeait bien
30:04le moment
30:04où c'était un message
30:06confus sur les réseaux.
30:08Le bloquons tout,
30:09le ne payez pas
30:10par carte bleue,
30:12et c'est ça
30:12qu'ils sont allés vérifier.
30:13Est-ce que le pays
30:14a vraiment été bloqué
30:15alors qu'ils avaient dit
30:16qu'ils bloquaient tout
30:17et qu'on n'allait pas payer ?
30:18Ben non,
30:18les gens,
30:19ils ont quand même fait leur course.
30:20Ben oui,
30:20évidemment,
30:21oui,
30:21les gens,
30:23s'il y a besoin,
30:24ils ont allé faire leur...
30:24C'était pas ça,
30:26c'était déjà devenu autre chose
30:27et ça faisait un bout de temps
30:28que c'était devenu autre chose
30:29et vous avez fait semblant
30:30de croire que c'était encore
30:30un truc bizarre
30:32avec Francis Lalanne
30:33ou Eric Cantona
30:34qui dit qu'il faut pas...
30:35qu'il faut retirer
30:36l'argent des banques.
30:37Non,
30:38c'était plus ça depuis longtemps.
30:39T'as eu une imitation
30:40de Cantona ou de Lalanne ?
30:41Non,
30:41je suis pas fouteux,
30:43malheureusement.
30:44mais non,
30:45c'était plus...
30:46Et ils ont continué
30:47à faire comme si c'était
30:48un truc bizarre.
30:50Ah,
30:50le truc bizarre a échoué.
30:52Non,
30:52c'est devenu un truc
30:53qui a beaucoup plus à voir
30:54avec Nuit Debout
30:55et avec le mouvement des retraites.
30:58On arrive à la fin
30:58de notre échange.
30:59Baptiste,
31:00où est-ce qu'on peut te retrouver
31:01sur la fête de l'Humain ?
31:02Je crois que tu tiens un stand.
31:03À la fête de l'Humain,
31:04oui,
31:04je tiens un stand à Nanterre.
31:06Je suis bénévole à Nanterre.
31:08Communiste de Nanterre.
31:10Allez,
31:11retrouvez Baptiste.
31:12Merci beaucoup Baptiste
31:13et Thomas d'être venus.
31:14Bon courage pour la lutte.
31:16Merci.
31:16Bravo,
31:17bon courage.
31:18Merci.

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