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  • il y a 18 heures
"Notre père se considère comme un prisonnier des libertés journalistiques." Mourad Zeghidi, journaliste franco-tunisien, est emprisonné depuis le 11 mai 2024 en Tunisie. Inès et Yesmine, ses filles, se battent pour obtenir sa libération.

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Transcription
00:00La presse indépendante ne peut plus avoir lieu en Tunisie et ne peut plus s'exercer en Tunisie.
00:04Notre père est journaliste, il vit en Tunisie depuis une dizaine d'années, il est en prison depuis le 11
00:10mai 2024.
00:11Il a été arrêté puis condamné une première fois sur la base du décret présidentiel 54,
00:17qui est un décret qui est utilisé en Tunisie pour mettre sous silence essentiellement les journalistes mais aussi les militants.
00:23Donc il a été condamné une première fois sur la base de cet article.
00:25Et puis un mois avant sa libération, donc en décembre 2024, il devait être libéré en janvier 2025,
00:31on a déposé un mandat de dépôt contre lui pour suspicion de blanchiment d'argent.
00:34Et après un an de détention et d'enquête, son procès a enfin eu lieu.
00:38Et à ce moment-là, on pensait qu'il allait être libéré, puisque le dossier avait justement prouvé qu'il
00:43n'y avait aucun blanchiment d'argent.
00:45Mais à la place de ça, il a été condamné à trois ans et demi, ce qui a été confirmé
00:48en appel la semaine dernière.
00:50Et au moment de son arrestation en mai 2024, il était notamment chroniqueur sur la radio IFM,
00:56dans une émission qui s'appelle « L'émission impossible »,
00:58notamment avec deux co-chroniqueurs, Brahim Psaïs et Sonia Dahmen,
01:02et qui ont les deux été arrêtés le même jour que lui à Tunis.
01:05Notre père, il se considère comme un prisonnier des libertés journalistiques.
01:08Et son affaire aujourd'hui, elle est symptomatique de ce qui se passe en Tunisie,
01:11c'est-à-dire une répression des journalistes, une répression aussi des militants et de la société civile.
01:16Et pour nous, cette condamnation et le fait du coup de le condamner une nouvelle fois à trois ans et
01:19demi de prison,
01:20c'est vraiment un symbole très fort pour la presse et pour la liberté de presse en Tunisie.
01:24C'est d'envoyer un message à toute la presse, à tous les journalistes,
01:27et de dire « Le journalisme indépendant n'a plus sa place en Tunisie ».
01:30Et quel que soit votre niveau de véhémence,
01:32la presse indépendante ne peut plus avoir lieu en Tunisie et ne peut plus s'exercer en Tunisie.
01:37Là, avec la condamnation à trois ans et demi,
01:40sachant que les huit premiers mois passés dans le cadre de la première peine ne sont pas pris en compte,
01:44il serait encore emprisonné jusqu'à juin 2028.
01:47Pour nous, c'est inimaginable de se dire qu'on va passer encore deux ans comme ça.
01:52Ça a été deux années qui ont été très longues, très difficiles pour lui, pour nous, pour toute notre famille.
01:57Et on va continuer de se battre.
01:59Le fait que cette peine a été confirmée en appel, effectivement, elle nous ferme un certain nombre de voies.
02:04Et en même temps, la cassation est toujours possible, de même que les libérations conditionnelles.
02:08Donc pour nous, c'est pas fini, on n'abandonne pas.
02:10Le combat continue, y compris par le droit et par la justice.
02:15Donc notre père aura droit à une libération conditionnelle sous peu.
02:18Donc nous, évidemment, on va la demander.
02:20Et on appelle aussi, justement, à une mobilisation en ce sens-là.

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