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  • il y a 9 heures
Plus de huit millions d’électeurs ivoiriens sont appelés aux urnes ce samedi 25 octobre pour le premier tour d’un scrutin présidentiel à la fois attendu et redouté. Au pouvoir depuis 2011, Alassane Dramane Ouattara, dit « ADO », est candidat à un quatrième mandat, alors qu’il ne devait initialement n’en faire que deux.

Le contexte, lui, est délétère. Toute manifestation est interdite, plus de 700 personnes ont été arrêtées et au moins 40 ont déjà été condamnées à de la prison ferme, souvent trois ans, pour « troubles à l’ordre public ». Ces violences ravivent le souvenir de celles de 2010-2011 : une quasi-guerre civile entre partisans de Laurent Gbagbo et ceux d’Alassane Ouattara, soutenu par des pays voisins et surtout par la France, qui l’a installé au pouvoir par la force des armes. L'analyse de Benjamin König et Théo Bourrieau, journalistes à l'Humanité.

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Transcription
00:00La Côte d'Ivoire est-elle le dernier pilier de la France-Afrique ?
00:03Samedi 25 octobre, le pays d'Afrique de l'Ouest va organiser l'élection présidentielle
00:06dans un contexte très particulier, très tendu.
00:09Le président sortant à la Sane Ouattara abrigue un quatrième mandat
00:13alors que la constitution du pays n'en autorise que deux
00:15et plusieurs figures de l'opposition ont été écartées.
00:19Alors que le Mali, le Burkina Faso, le Niger ont rompu avec Paris
00:22et que le Sénégal prend ses distances,
00:24la Côte d'Ivoire continue d'entretenir des relations très étroites
00:27avec l'ancienne puissance coloniale.
00:30C'est de tout ça dont on va discuter aujourd'hui,
00:31donc élection présidentielle samedi.
00:36Le 25.
00:37J'avais lu 24, bon, samedi ou dimanche, en tout cas ce week-end.
00:39Donc c'est une date très importante
00:42et comme je commençais à le dire, ça soulève beaucoup, beaucoup de questions.
00:45Je disais dans le monde diplôme, parce que oui, j'ai un petit peu révisé avant de venir.
00:50En juillet, Emmanuel Macron a reçu Alassane Ouattara
00:52et juste après, Alassane Ouattara a annoncé sa candidature.
00:55Je crois deux jours ou trois jours après, il a annoncé sa candidature,
00:58donc sa candidature pour un quatrième mandat.
01:01Est-ce que ça a un lien selon toi ?
01:04Est-ce que tu penses que Alassane Ouattara est venu demander l'autorisation,
01:08l'aval, les conseils d'Emmanuel Macron ?
01:09Est-ce que c'est un petit peu caricatural de présenter ça comme ça ?
01:11Non, ce n'est pas caricatural, c'est effectivement quelque chose qui est assez commun.
01:17Ce n'est pas la première fois que ça se passe.
01:19C'est effectivement Alassane Ouattara, qui est l'allié principal aujourd'hui de la France
01:24dans l'Ouest africain, c'est-à-dire dans tous les pays des anciennes colonies.
01:28Donc tu l'as signalé, beaucoup d'autres pays ont rompu,
01:31parce que c'est un mouvement géopolitique général en Afrique.
01:34Et la Côte d'Ivoire est encore ce pilier-là, c'est clair.
01:38Et donc Alassane Ouattara, alors l'autorisation peut-être pas,
01:42mais en tout cas s'assurer des modalités, du soutien de la France derrière.
01:48Sur la question du mandat, juste une petite correction.
01:54À la base, c'était deux mandats,
01:55mais Alassane Ouattara avait fait modifier la Constitution en 2016
01:58pour qu'il n'y ait plus de limites dans le temps.
02:01Il avait promis plusieurs fois qu'il ne se représenterait pas
02:04après la fin de son deuxième mandat.
02:08Mais finalement, il en a fait un troisième.
02:09Et là, il se présente à nouveau pour un quatrième.
02:12Ça fait 15 ans qu'il est à la tête, un peu plus de 15 ans,
02:15qu'il est à la tête de la Côte d'Ivoire.
02:18On va revenir un peu en arrière.
02:19Je crois que c'est important aussi de faire un point sur ce qui s'est passé en 2010-2011.
02:23Donc Laurent Gbagbo a été proclamé vainqueur par le Conseil constitutionnel.
02:27Mais plusieurs dirigeants de la région,
02:29mais aussi des dirigeants occidentaux, notamment la France,
02:33ont reconnu Alassane Ouattara comme vainqueur.
02:36Est-ce que peut-être qu'on peut revenir sur ce qui s'est passé il y a 15 ans
02:39et la crise dans laquelle s'est retrouvé le pays
02:40et surtout le rôle de la France dans tout ça ?
02:43Il y a eu une intervention militaire, etc.
02:45On peut même revenir un petit peu avant,
02:47puisque quand Gbagbo arrive au pouvoir,
02:50il lutte depuis les années 80
02:52pour l'instauration du multipartisme en Côte d'Ivoire,
02:56pour réorienter l'économie,
02:58pour sortir tout simplement de la dépendance à la France
03:00et vraiment des liens france-africains qui étaient très établis.
03:06Gbagbo, à l'époque, avec son parti du Front populaire ivoirien, le FPI,
03:11effectivement, il fait ses mandats.
03:14Clairement, sa politique déplait très fortement à la France
03:18et aux institutions bancaires mondiales, au FMI, etc., à l'Occident,
03:23puisqu'il met une politique de gauche.
03:27Alors lui, il se revendique comme social-démocrate,
03:30en tout cas dans le sens où économiquement vraiment de gauche,
03:33c'est-à-dire souverainiste, panafricaniste et socialiste,
03:38mais évidemment par l'instauration du multipartisme,
03:41par l'instauration d'une démocratie, avec une liberté d'expression, etc.,
03:45ce qui n'était pas le cas avant Côte d'Ivoire,
03:48qui avait toujours été ce qu'on appelle sous le régime du oufouettisme,
03:51qui est encore une pensée politique dont se réclame Alassane Ouattara,
03:55le oufouettisme qui est évidemment tiré du nom de Félix Oufouet-Bouagny,
03:58qui était le premier président de la Côte d'Ivoire à l'indépendance,
04:03je ne sais plus si c'était le premier d'ailleurs,
04:04mais en tout cas qui a dirigé la Côte d'Ivoire pendant des décennies
04:07et qui a évidemment laissé une empreinte profonde dans le pays,
04:10notamment par son côté politique france-africaine.
04:14Voilà, donc déjà il y a ça.
04:15Quand cette élection-là arrive en 2010, effectivement,
04:18Bacbo est proclamé vainqueur.
04:20Depuis plusieurs mois déjà, il y a des groupes armés qui viennent du nord,
04:24qui sont soutenus à la fois par des pays alentours,
04:29notamment le Burkina,
04:31parce qu'il y a beaucoup d'intérêts qui sont en jeu.
04:36Il n'y a pas que des intérêts géopolitiques,
04:37il y a aussi des intérêts ethniques, économiques, etc.
04:42Mais du coup, Bacbo finalement était vincé de la présidence.
04:48Il était retranché dans le palais présidentiel.
04:50Il est bombardé par l'aviation française,
04:53avec ce qu'on appelait à l'époque l'intervention,
04:55ça s'appelait la force licorne.
04:56Il y avait un mandat de l'ONU, mais qui était un mandat fantoche,
04:59en fait, que la France avait obtenu à l'ONU
05:01pour se couvrir un peu au niveau du droit international,
05:04mais qui est en fait clairement une intervention militaire
05:06pour déloger un président qui ne nous plaisait pas,
05:09qui menait une politique un peu trop indépendante.
05:12Mais comment on justifie le fait de bombarder
05:15un président démocratiquement élu ?
05:1815 ans après, c'est difficile de comprendre
05:20comment ça a pu se passer,
05:21comment l'ONU a pu délivrer un mandat.
05:24C'était quoi les justifications à l'époque ?
05:27D'abord, ils disaient que c'était Ouattara qui avait gagné.
05:30Ils ont reconnu Ouattara comme gagnant,
05:33c'est-à-dire la communauté internationale,
05:34ce qui était à l'époque encore plus, on va dire,
05:37le poids de l'Occident.
05:38Le mandat de l'ONU, comment l'ONU a pu délivrer
05:42ce genre de mandat, tout simplement,
05:44parce que la France l'a réclamé.
05:47Et on sait qu'évidemment, avec le soutien
05:49de beaucoup d'autres pays puissants,
05:52l'ONU peut délivrer des mandats.
05:54Des fois, les délivrances des mandats de l'ONU,
05:57on le voit aujourd'hui par Haïti,
05:59c'est les États-Unis qui demandent un mandat.
06:01Donc c'est pour se couvrir aussi.
06:04Donc c'est des questions qui sont évidemment
06:05un peu compliquées, mais qui dépendent
06:07des rapports de force géopolitiques,
06:08y compris à l'ONU.
06:09Tu parlais du multipartisme,
06:11que c'était un des trucs qu'avait essayé
06:12d'instaurer Laurent Ouagbo.
06:14Donc ça veut dire qu'aujourd'hui,
06:15il n'y a pas de multipartisme en connu parcer ?
06:17Si, si, complètement.
06:18Oui, ça, ça a été enterriné justement
06:21à cette époque-là.
06:23Je ne sais plus exactement la date,
06:25il faudrait que je l'aie.
06:26Mais en gros, c'est évidemment avec la mort aussi
06:28de Félix Soufouet-Boigny,
06:29où là, il y a, on va dire,
06:31une libéralisation de la vie politique ivoirienne.
06:36Aujourd'hui, il y a énormément de partis.
06:39Et pour en revenir à cette élection-là,
06:42donc il y avait une vingtaine de candidats déclarés.
06:46Et comme tu l'as dit,
06:47plusieurs ont été écartés.
06:49Les plus importants, enfin parmi les plus importants,
06:52Laurent Ouagbo lui-même,
06:53qui entre-temps avait été traîné
06:55à la Cour pénale internationale
06:56et qui a été acquitté par la CPI,
06:59justement pour cette guerre civile
07:00qui avait suivi l'élection de Ouattara.
07:04Il était accusé d'avoir organisé,
07:07orchestré cette guerre civile en 2011, du coup, c'est ça ?
07:09Exactement, et de crimes de guerre,
07:12des crimes contre l'humanité,
07:13dans le cadre de cette guerre civile
07:14qui avait suivi l'élection contestée de 2010.
07:17Et donc la guerre civile s'était étendue
07:19sur plus d'un an dans tout le pays,
07:21avec évidemment des, on va dire,
07:25des petits détails qui sont difficiles à saisir,
07:28parce qu'il faudrait beaucoup de temps
07:30pour le comprendre, mais entre notamment
07:31des factions venues du nord du pays
07:33et autour de la capitale,
07:36à l'époque à Bijan.
07:37Aujourd'hui, ça a été déplacé à Yamoussoukro,
07:39la capitale.
07:40Je lis un message du tchat
07:42qui est regardé sur Wikipédia.
07:44En 2010, la commission électorale indépendante
07:46se voit physiquement empêchée
07:47de proclamer les résultats provisoires
07:48par certains de ses membres,
07:50favorables au président sortant.
07:51Après ces incidents,
07:52les chiffres sont finalement communiqués
07:53et donnent à l'Assad Ouattara vainqueur
07:55avec 54,1% des voix.
07:57Mais les conseillers constitutionnels,
07:59entièrement nommés par le président sortant,
08:00considèrent que les résultats de la CIE sont invalides.
08:02C'est un peu le foutoir, finalement, en 2010.
08:05Oui, c'est exactement ça, évidemment,
08:07puisqu'il y a toujours une commission électorale.
08:09La commission électorale, aujourd'hui,
08:10c'est elle qui vient de décider
08:11d'écarter des candidats,
08:12dont Bagbo et aussi Tijan Thiam,
08:14qui est un candidat de centre droit,
08:16qui se réclame du libéralisme,
08:18mais qui est assez jeune
08:19et qui pourrait faire de l'ombre à Ouattara.
08:22Donc, évidemment, il y a toujours des manipulations
08:23dans les commissions électorales
08:24et dans les conseillers constitutionnels,
08:25parce qu'on y place les hommes pour ensuite assurer ses arrières.
08:29Et effectivement, à cette époque-là,
08:30il y avait un imbruglio sur savoir
08:33effectivement qui a gagné.
08:35Donc, même encore aujourd'hui,
08:37les zones d'ombre, bien sûr, restent là-dessus.
08:40Ce qui est sûr, ce qui est par contre avéré,
08:44c'est évidemment l'intervention militaire française
08:46pour mettre en place Ouattara.
08:48Oui, c'est vrai que peu importe,
08:49finalement, la véracité des résultats,
08:50de toute façon, la France et l'Occident
08:51avaient choisi son candidat.
08:53Et elle a appuyé en bombardant notamment le palais présidentiel.
08:56Voilà.
08:57Très bien.
08:58Je reprends le fil.
09:00Oui, tu parlais des opposants.
09:02Je crois que c'est important d'y revenir un petit peu.
09:04Donc, on a parlé de Laurent Gbagbo.
09:05Tu viens de donner un autre nom dont j'ai...
09:07Laurent Thiam, c'est ça ?
09:08Tidjan Thiam.
09:08Tidjan Thiam, voilà.
09:10Donc, il y a une vingtaine d'opposants.
09:12Certains ont été écartés.
09:14Pourquoi ?
09:15Comment ils ont été écartés ?
09:17Alors, en général, ça repose sur le code de la nationalité ivoirienne.
09:22Il y a un concept qui est manipulé depuis une bonne vingtaine d'années.
09:26Il s'appelle le concept d'ivoirité,
09:28qui est un concept qui mord franchement sur le nationalisme,
09:32où, en gros, il fallait être absolument ivoirien,
09:34pas de double nationalité,
09:36deux pères et deux mères ivoiriens nés en Côte d'Ivoire.
09:39Il y a eu un assouplissement, justement,
09:41dans la réforme constitutionnelle de 2016,
09:43sur ces points-là.
09:45Mais, en gros, c'est souvent sur cette base-là
09:48ou sur une base judiciaire, mais du lawfare,
09:52c'est-à-dire, en gros, tu as une affaire judiciaire contre Colophès
09:54et ça permet de t'écarter de la course à la présidentielle.
09:58Non seulement ils ont été écartés,
10:00donc il y en a plusieurs, mais les deux principaux
10:02sont Bacbo et Tidjian Tiam,
10:04mais ils ne pourront même pas voter.
10:06Donc ils sont aussi privés de tous leurs droits civiques.
10:09Donc ça, c'est quelque chose qui est, évidemment, à pointer.
10:12Sur ce qu'il reste aujourd'hui,
10:14c'est-à-dire, du coup, dans quelle situation on est là
10:16pour le scrutin du 25 ?
10:18Donc, évidemment, les principaux candidats à la Sano-Ouattara
10:21avec son parti, le RHDP,
10:24qui est le rassemblement oufouettiste pour la démocratie,
10:28je ne sais plus exactement,
10:28mais je ne l'ai plus en tête.
10:31Mais rassemblement des oufouettistes pour la démocratie et la paix.
10:35Et puis les autres principaux candidats, du coup,
10:38sont Simone Eyvé,
10:41qui a repris son nom de jeune fille,
10:43mais qui était Simone Bacbo,
10:45qui était la première dame et l'épouse de Laurent Bacbo
10:47pendant des années.
10:48Ils ont divorcé il y a quelques années.
10:50Elle a fondé son propre mouvement politique.
10:51Elle a une audience politique assez importante.
10:54Ça a été une compagnonne d'abord de lutte du Front populaire ivoirien
10:58dans les années 80-90.
11:00Aujourd'hui, elle est candidate.
11:01Et puis, il y a un autre candidat qui va représenter un petit peu
11:04une aile, on va dire, centre droit libéral,
11:07qui s'appelle Jean-Louis Billon.
11:09Et enfin, il y a un candidat,
11:11vu que Bacbo n'a pas pu se présenter.
11:13C'est un ancien bras droit à lui,
11:16un compagnon de route pendant 40 ans,
11:18qui est candidat,
11:20qui s'appelle Awadon Melo,
11:23qui a la particularité d'être vice-président des BRICS,
11:25donc très implanté dans le développement.
11:28Donc, il est vice-président des BRICS pour l'Afrique,
11:31qui a été ministre des infrastructures et du développement.
11:35Voilà, donc il y a une audience un peu importante
11:37et qui sera dans le journal bientôt.
11:39On a décidé de faire un entretien avec lui,
11:41parce qu'il y a beaucoup de choses,
11:43beaucoup de questions qui se posent,
11:44à la fois sur la politique économique,
11:46qui pourrait être orientée à gauche,
11:47avec un souverainisme,
11:49et puis aussi sur la situation géopolitique,
11:51puisque lui étant, il est lié aux BRICS,
11:55toutes les questions, évidemment,
11:56de lien avec la France,
11:57de remise en cause de la France-Afrique,
11:58de développement des partenariats
12:00pour les pays africains,
12:01à la façon comme ça se passe sur l'ensemble du continent.
12:04C'est des questions qui sont prégnantes.
12:05Et donc, on trouvait intéressant qu'il y réponde.
12:08Ce sera dans le journal bientôt.
12:10Bientôt ?
12:11Avant l'élection ?
12:12Oui, oui, d'ici la fin de semaine.
12:13D'accord, c'est bien, tu nous utilises.
12:15De toute façon, on est mardi,
12:16donc il reste demain, jeudi ou vendredi ?
12:18Voilà, exactement.
12:19Il te reste trois jours.
12:19A priori, normalement, c'est vendredi.
12:21J'ai déjà reçu l'entretien,
12:23mais on est en train de l'affiner,
12:24parce qu'il était un peu long.
12:24D'accord, très bien.
12:26Mais du coup, je me pose une question,
12:28c'est que tu viens de nous parler
12:28du bras droit de Laurent Gbagbo.
12:31Tu nous as parlé juste avant
12:32de l'ancienne compagne, de Laurent Gbagbo.
12:35J'imagine que les soutiens de Laurent Gbagbo
12:37sont encore très présents, très nombreux,
12:39qu'il a encore une influence politique assez importante.
12:41Du coup, est-ce que...
12:42Y compris, pardon, excuse-moi, je te coupe,
12:43y compris dans la diaspora ivoirienne,
12:45notamment en France et tout,
12:47parce que Gbagbo, c'était l'espoir
12:49d'une politique de gauche.
12:51On sait comment ça s'est fini en eau de boudin,
12:53donc pour lui et même pour lui devant la CPI,
12:56où donc, je rappelle, il a été acquitté quand même,
12:57et donc ce qui donne un petit peu la mesure de l'histoire.
13:04Mais aujourd'hui, effectivement,
13:06on va dire que ses héritiers sont un peu éclatés.
13:08Est-ce qu'ils ne vont pas se marcher ?
13:09C'est possible, c'est une question qu'il leur est posée
13:15assez souvent, y compris par les médias ivoiriens,
13:17c'est pourquoi, est-ce que vous allez vous rassembler ?
13:20Ça pourrait être possible,
13:22ça peut être entre les deux tours aussi,
13:23parce que c'est un scrutin à deux tours.
13:26Mais effectivement, en tout cas,
13:27leurs positions sont assez proches.
13:29C'est donc panafricanisme, souverainisme.
13:33Donc, sur ces questions-là,
13:35il pourrait y avoir une alliance.
13:38Il faut rajouter que,
13:40comme Gbagbo a été empêché de se présenter,
13:42son parti, maintenant, qui s'appelle le PPACI,
13:45donc Parti des Peuples Africains Côte d'Ivoire,
13:47a exclu Don Melo,
13:49enfin, en tout cas, Don Melo n'a pas le soutien du PPACI
13:52pour cette élection-là.
13:53Donc, Don Melo, c'est...
13:56Tu nous en as parlé déjà, là ?
13:57Oui, oui, Don Melo.
13:59C'est lui, le candidat vice-président des BRICS,
14:01qui est, lui aussi,
14:04issu anciennement du Front Populaire ivoirien,
14:06aujourd'hui, du PPACI,
14:08et qui a été...
14:11On va dire qu'il n'a pas le soutien du parti,
14:13parce que le parti voulait présenter Gbagbo.
14:15Voilà.
14:15Donc, je sais que c'est un peu un micmac,
14:17il faut comprendre la politique ivoirienne.
14:18Je te pose des questions, je fais un peu le naïf.
14:20Puis, en vrai, c'est aussi, moi, un pays que je connais assez peu
14:23et dont les enjeux politiques m'échappent.
14:24Et je pense que c'est aussi le cas du Tchad.
14:26Donc, à mon avis, toutes mes questions bêtes, finalement...
14:28Non, non, il n'y a pas de questions bêtes, en effet.
14:30Alors, attends, je reprends le fil de mes questions.
14:32On a parlé des opposants.
14:34Oui, un enjeu, d'ailleurs, justement,
14:35puisque je pense que ça peut rentrer dans le cadre des interrogations,
14:38qu'on peut tout savoir.
14:39Quels sont les enjeux, en dehors de l'enjeu géopolitique ?
14:41Et pourquoi, d'ailleurs, c'est un des derniers piliers de la France-Afrique.
14:44La Côte d'Ivoire, c'est un poids lourd économique.
14:46C'est le deuxième pays, deuxième économie du continent derrière le Nigeria.
14:49Enfin, or, mais Afrique du Sud.
14:51Voilà.
14:52Donc, c'est un poids lourd énormément.
14:55Bon, il y a, évidemment, le secteur agricole avec café, cacao.
14:58Mais il y a beaucoup d'autres choses, des hydrocarbures, des mines.
15:01Voilà. Et puis, il faut savoir que les entreprises françaises
15:04sont très, très, très, très, très bien implantées
15:08et qu'il y a une croissance assez forte du PIB ivoirien depuis plusieurs années,
15:13depuis même 15 ans.
15:147 ou 8 %, je disais, je crois.
15:15Voilà. Le pays se développe assez rapidement.
15:18Mais en fait, le pays ne se développe pas tant que ça.
15:20C'est une croissance qui profite, évidemment,
15:23comme toute croissance néolibérale, aux élites, à une petite partie,
15:26voire même aux multinationales françaises qui, évidemment, rapatrie les capitaux.
15:29– Et tu disais qu'il y avait beaucoup d'entreprises françaises très bien implantées.
15:34Alors, quand on parle des entreprises françaises en Afrique de l'Ouest,
15:37on pense Total, Arrivée, etc.
15:39Mais je lisais aussi que c'est aussi des entreprises,
15:41genre, il y a Auchan, Carrefour.
15:43Enfin, c'est aussi des entreprises du quotidien qui, finalement, s'implantent.
15:46– Oui, oui. Alors, il y a beaucoup, effectivement,
15:47quand on y va dans ces pays-là, dans tous les pays d'Afrique de l'Ouest,
15:51il y a, donc, on va dire, les multinationales qui sont liées vraiment,
15:56emblématiques, comme tu le dis, Total, etc.
15:58Mais, en fait, il y a énormément de grandes entreprises,
16:01notamment du commerce et des services.
16:03C'est elles qui détiennent une bonne partie de la téléphonie,
16:08l'accès Internet, donc les commerces, les supermarchés, etc.
16:15Et puis, après, il y a tous les services logistiques.
16:18Bolloré, par exemple, a longtemps, évidemment, détenu énormément de...
16:23Toute la logistique des ports africains, etc.
16:26Alors, maintenant, il s'est retiré, mais il l'a revendu, on va dire.
16:29– Et donc, là, c'est un peu l'emprise économique de la France sur la Côte d'Ivoire.
16:35On a parlé de l'emprise politique.
16:36Est-ce que c'est ça, la France-Afrique ?
16:38Est-ce que c'est pour ça que la Côte d'Ivoire est un des derniers piliers de la France
16:41-Afrique ?
16:41C'est au vu de cette emprise économique et de cette emprise politique qu'est la France sur la Côte
16:46d'Ivoire ?
16:46– Oui, c'est précisément ce point-là.
16:48En fait, la France-Afrique est un terme générique
16:50qui est utilisé souvent un peu à toutes les sauces,
16:53mais il recouvre exactement cette réalité-là,
16:55c'est-à-dire une emprise économique,
16:58et qui a pour pendant cette emprise politique.
17:01Alors, les deux, évidemment, sont intrinsèquement liés.
17:04C'est difficile de savoir quelle est la poule et quel est l'œuf.
17:07Mais en tout cas, c'est évidemment, après, on est dans ce mouvement-là.
17:11Après les indépendances, la France a gardé ses intérêts,
17:15à la fois politiques et économiques.
17:18Il y a des pays qui sont très importants pour elle.
17:20Il y a des pays où elle est aujourd'hui chassée.
17:22Et ça, c'est un basculement géopolitique majeur,
17:25mais y compris pour les politiques et économiques, bien sûr.
17:28Donc, on est typiquement dans ce cas de figure-là, oui.
17:32On le disait au tout début,
17:33qu'il y a quand même pas mal de pays d'anciennes colonies
17:35qui ont commencé à rompre leurs liens avec la France.
17:39Donc, Niger, Sénégal qui commence, etc.
17:42Pourquoi la Côte d'Ivoire est encore si attachée à la France,
17:47encore sous son emprise à la France ?
17:48Est-ce que c'est uniquement dû au fait que ce soit Alassane Ouattara
17:50qui soit le président ?
17:50Oui, clairement, c'est les élites ivoiriennes, oui.
17:53Ça veut dire qu'un des enjeux de l'élection,
17:54c'est que si Alassane Ouattara n'est pas réélu,
17:56on peut imaginer que dans les mois, années à venir,
17:58la Côte d'Ivoire se détache elle aussi
18:00et rompe elle aussi ses liens avec la France.
18:02Alors oui, toute la question, c'est comment
18:04est-ce que ça peut se passer ?
18:05Alors, il ne s'agit pas, en fait, je pense que personne,
18:08j'ai posé la question à Ouadon Melo, par exemple,
18:11il n'est pas question de rompre brutalement
18:13comme on peut le faire le Burkina, le Mali,
18:16le Tchad, le Niger.
18:19Parce qu'eux ont eu ce changement par des coups d'État militaire.
18:26Un bon exemple, c'est le Sénégal,
18:29où depuis deux ans, il y a un gouvernement
18:30issu de la gauche souverainiste du PASTEF,
18:33de Ousmane Sonko et Baciroudi Omaïfaï,
18:35et eux ne veulent pas rompre avec la France.
18:38Par contre, ils traitent la France
18:40comme n'importe quel autre partenaire,
18:42parce que c'est un pays souverain,
18:43et qui veulent développer les partenariats
18:45avec les pays qui peuvent leur apporter
18:48quelque chose d'intéressant
18:50et développer des liens avec tous les pays.
18:52Donc, voilà, je ne pense pas qu'il y ait
18:54de rupture nette de ce point de vue-là,
18:58mais tout simplement, il y aura une prise en compte
19:00des intérêts souverains du pays,
19:03sur tous les plans,
19:04et sans être inféodés à l'ancienne puissance coloniale.
19:07Donc, on va dire que dans la nouvelle géopolitique africaine,
19:10il y a un peu toutes les nuances de gris.
19:14Il y a ceux qui rompent brutalement,
19:17mais parce qu'en fait, ils utilisent ça,
19:19comme les régimes militaires du Burkina, du Mali notamment,
19:22ils n'ont pas rompu.
19:24D'ailleurs, on voit qu'il y a encore des liens,
19:26y compris militaires, avec le Mali par exemple,
19:28on ne le sait pas,
19:29mais il y a une coopération sur le renseignement.
19:31Mais ça reste très discret.
19:34Donc, en tout cas, ça peut être évidemment
19:36une réorientation de la politique extérieure
19:40de la Côte d'Ivoire,
19:41et ce serait un changement majeur,
19:42évidemment que la France craint ça.
19:46L'État français, par exemple.
19:47Oui, parce que nous, nous, on serait plutôt contents.
19:50On a parlé d'Alassane Ouattara,
19:51on a dressé un petit peu le portrait
19:53de quelques-uns de ses opposants.
19:56C'est quoi l'état des lieux actuellement ?
19:58Est-ce qu'Alassane Ouattara a de grandes chances
20:00d'être réélu ?
20:01Est-ce qu'il y a des sondages
20:02qui montrent une potentielle ouverture ?
20:04Est-ce qu'on sait un peu ce que peuvent donner
20:06les résultats de ce week-end ?
20:07Ou est-ce que c'est le flou total ?
20:08On n'en sait rien.
20:09C'est très difficile à dire.
20:11Moi, en tout cas, je me garderais bien
20:12de donner des pronostics.
20:15D'ailleurs, je n'en ai pas vu passer
20:18sur ce point-là.
20:19On sait bien que les sondages,
20:20de toute façon, ne seraient pas fiables.
20:22Par contre, on peut analyser la situation.
20:25Elle est en effet extrêmement tendue.
20:27D'abord, parce qu'il y a évidemment des craintes
20:31de résurgence, de violence,
20:33les mêmes qui avaient suivi le scrutin de 2010.
20:37Ça n'a jamais été...
20:39Comment dire ?
20:40On ne s'est jamais attaqué.
20:42Il n'y a pas eu de commission vérité,
20:44de réconciliation.
20:45Il n'y a pas eu de travail politique
20:46pour justement arriver à refaire unité.
20:49Donc le pays est encore extrêmement divisé.
20:52Sur beaucoup de points.
20:54Et évidemment qu'une élection contestée
20:57pourrait à nouveau ouvrir la voie
20:59à des violences extrêmement graves.
21:01À l'époque, il y avait eu 1500 morts de mémoire.
21:03Donc ce serait quand même...
21:05C'était une guerre civile.
21:06Il n'y a pas d'autre mot.
21:07Donc évidemment, il y a cette crainte-là.
21:11D'autre part, la campagne se déroule
21:14dans un climat...
21:17Je ne sais pas comment le dire.
21:19C'est parfois près...
21:20Enfin, il y a à la fois une répression,
21:22à la fois une pré-insurrection
21:24dans certains points.
21:26Toutes les manifestations sont interdites,
21:28sauf les meetings de campagne autorisées.
21:31Donc on voit que...
21:31Pas que de la Zanotara,
21:32des autres candidats aussi.
21:34Oui, oui.
21:34Tout le monde peut tenir un meeting,
21:36mais par exemple, là,
21:37les Ivoiriens n'ont pas le droit
21:38sinon de se réunir dans la rue.
21:41Donc il y a quand même un climat de tension très, très fort.
21:45Et ça, ça augure selon le résultat,
21:49le déroulement du scrutin de dimanche.
21:51Ça peut effectivement vraiment partir en live
21:56sur ce point-là.
21:56Et ce serait...
21:57En tout cas, beaucoup d'Ivoiriens le craignent.
21:59Beaucoup d'analyses, de spécialistes du pays le craignent.
22:01Ça, c'est clair.
22:02Et est-ce qu'on sait la position de l'État français là-dessus ?
22:05Est-ce qu'ils sont prêts à intervenir
22:08comme ils l'avaient fait en 2010 ?
22:09Est-ce qu'ils surveillent ?
22:10Non, parce que c'est plus possible,
22:11y compris à justifier au niveau politique.
22:15Enfin, ce serait totalement incompris.
22:18Il faut savoir, la jeunesse ivoirienne,
22:19et comme les autres jeunesses des pays autour,
22:23il y a, de ce qu'on appelle là, dans la presse,
22:25souvent le sentiment anti-français.
22:26Ce n'est pas un sentiment anti-français.
22:28Elle veut juste être souveraine dans son pays.
22:31Donc, évidemment que ça, c'est une donnée.
22:34La jeunesse ivoirienne, évidemment,
22:37en a marre de cette domination politique et économique
22:40de l'ancienne puissance coloniale.
22:41Ça, c'est clair.
22:42C'est un élément très important,
22:43parce que ça pourrait, là aussi,
22:47à la fois dans le vote,
22:48c'est-à-dire qu'est-ce que va voter cette jeunesse ?
22:50Est-ce qu'elle va aller voter ?
22:51Pour qui ?
22:52Et puis, évidemment, dans les suites du vote.
22:54Oui, parce que là, en gros,
22:57voter pour Alassane Ouattara,
22:58c'est dans la tête de beaucoup d'Ivoiriens d'Ivoiriennes.
23:00Voter pour Alassane Ouattara,
23:01c'est voter pour la continuité de la France-Afrique, etc.
23:04C'est aussi clair que ça ?
23:05C'est un peu plus compliqué que ça.
23:06Nous, on ne le voit que comme ça.
23:07Mais évidemment qu'il y a des sentiments d'appartenance
23:12sur beaucoup d'autres points.
23:13C'est aussi une forme de stabilité.
23:17Il se réclame du oufouétisme.
23:19C'est aussi la continuité de celui qui a amené l'indépendance.
23:22Donc, en fait, vous voyez, c'est comme gaulliste en France.
23:26Il y a aussi aussi se réclame du gaullisme, finalement.
23:28Voilà, exactement.
23:30On peut s'en réclamer parce que c'est une figure ancienne.
23:33Et puis, évidemment, en tout cas, ce qui est sûr,
23:34c'est que lui, il a mené une politique libérale
23:37qui a notamment permis pas mal de grands travaux d'infrastructure.
23:40Donc, il y a des choses qui sont visibles.
23:42Abidjan a beaucoup changé.
23:43Il y a des nouvelles autoroutes.
23:45Enfin, voilà, des choses comme ça, des infrastructures.
23:48Après, est-ce que ça profite au plus grand nombre ?
23:50C'est toujours la question.
23:52Donc, évidemment, que ce qui détermine un vote
23:55est parfois beaucoup plus compliqué qu'un seul bout de la lorniette,
23:59on va dire, même si c'est une grosse lorniette,
24:01cette question-là du souverainisme pour toute la jeunesse africaine.
24:05Mais c'est difficile encore de savoir,
24:08est-ce qu'il y a aussi un côté ethnique qui existe très fort ?
24:12On vote aussi souvent en fonction de celui dont on pense
24:16qu'il va représenter le mieux, l'ethnie,
24:17ou en tout cas des zones du pays,
24:19qui est toujours assez divisée entre nord et sud.
24:22Donc, ça, c'est des éléments à prendre en compte aussi.
24:25Mais c'est des...
24:25On va dire qu'il faut connaître dans la finesse,
24:27c'est beaucoup plus compliqué.
24:29Un des électeurs, un des acteurs importants,
24:33on a commencé à en parler en début de cette émission,
24:35c'est le conseil constitutionnel et le conseil, le CEI,
24:38donc on sait...
24:40Attends, c'est quoi CEI ?
24:41Le conseil d'élection...
24:42Il y a une commission électorale.
24:43La commission électorale.
24:45C'est deux acteurs extrêmement importants lors des élections,
24:47puisque c'est eux qui valident, etc.
24:49On voit qu'en 2010, c'est ça aussi qui a posé problème.
24:53Est-ce que là, en 2025, par qui...
24:55Qui est-ce qui travaille là ?
24:57Par qui c'est nommé ?
24:58Par qui c'est géré ?
24:59Est-ce qu'il y a eu une réforme ?
25:00Ou est-ce qu'on peut aussi s'attendre à ce que...
25:02Ce qu'elles disent soit finalement pas pris en compte
25:05et que chacun fasse un peu comme il veut ?
25:06Est-ce qu'il y a eu du changement depuis 2010
25:07sur ces deux institutions-là ?
25:09En fait, oui, il y avait un changement pareil
25:11au moment de la réforme constitutionnelle de 2016.
25:14Mais en fait, le principe est toujours le même.
25:15Et puis, c'est celui de placer ses hommes
25:19quand on est au pouvoir pour assurer ses arrières.
25:21Et c'est bien ça, le problème.
25:23On l'a vu, la commission électorale s'est décrédibilisée
25:26en écartant plusieurs candidats
25:28sous des motifs totalement fallacieux.
25:31Donc, c'est quelque chose qu'on retrouve
25:32dans beaucoup de pays, malheureusement,
25:35cette manipulation des commissions électorales.
25:37Oui, bien sûr.
25:38Et effectivement, comme tu le dis,
25:40elle pourrait ne pas être subie.
25:41C'est-à-dire que s'il y a une contestation des résultats,
25:44elle se fera dans la rue.
25:45Il y aura une contestation juridique,
25:47mais de pure forme.
25:49Donc, on peut s'attendre à ce que ce soit encore
25:51un sacré bordel ce week-end ?
25:53Mais c'est à craindre.
25:54Et c'est bien ce qu'on...
25:56Enfin, un bordel...
25:58C'est même pas...
26:00Le mot est clair.
26:01Ce serait des violences post-électorales.
26:03Voilà.
26:03Donc, ça, c'est quelque chose qui est à craindre.
26:07Donc, pour l'instant, d'ailleurs,
26:07la position de la France, c'est de dire
26:08qu'il faut que ça se passe,
26:09ça se déroule dans le calme.
26:10C'est la seule position.
26:12Mais on sait que le calme est une façon
26:14de maintenir le statu quo.
26:16Merci beaucoup, Benjamin.
26:17Je crois qu'on a fait le tour.
26:18Si le chat, vous avez des questions,
26:20n'hésitez pas.
26:21C'est assez rare qu'on parle de la Côte d'Ivoire.
26:23Je pense que ce n'est pas la première fois
26:23qu'on en parle depuis qu'on a lancé
26:26l'International.
26:27Oui.
26:27Je pense que d'ici ces prochains jours,
26:29semaines, on va avoir l'occasion
26:30d'y revenir assez souvent.
26:31C'était aussi important pour nous
26:32d'y accorder une place assez importante.
26:35Évidemment, on se sert des élections
26:36qui vont avoir lieu.
26:37Mais c'est aussi important de rappeler
26:39un peu le contexte et l'histoire du pays
26:41de ces 15, 20 dernières années
26:42pour bien comprendre tous les enjeux
26:44de ces élections.
26:46Exactement.
26:46Évidemment, on vous invite à aller lire
26:48quand il sera paru l'entretien
26:49que tu es en train de réaliser
26:51avec un des opposants à la Sanwatera.
26:54Tu me rappelles son nom ?
26:55Awadon Melo.
26:56Awadon Melo.
26:57Voilà.
26:57Il y aura aussi un papier
26:58pour expliquer justement
26:59un peu tous les enjeux
27:00et donner un peu le cadre général
27:01de cette élection.
27:02Et puis, effectivement,
27:03on y reviendra, je pense,
27:04sans doute la semaine prochaine.
27:06Oui, suivant comment ça s'est passé
27:08ou suivant ce qui est en train
27:08de se passer.
27:09Ça peut prendre plusieurs jours après.
27:11On sait que les proclamations
27:12des résultats, le décompte,
27:14il y a toujours des contestations.
27:15Ça peut prendre voir bien deux semaines.
27:16On verra ça.
27:17et il faut à la fin de la fin de la fin de la fin de la fin de la
27:17fin...
27:17et pour s'il est peut-être là tout-cement.

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