- il y a 17 heures
Le premier financeur du cinéma français a annoncé qu’il ne travaillera plus avec les 600 signataires d’une tribune contre Vincent Bolloré. Maxime Saada a affirmé, dimanche, en marge du Festival de Cannes, avoir « vécu cette pétition comme une injustice vis-à-vis des équipes Canal qui s’attachent à défendre l’indépendance de Canal+, et dans toute la diversité de ses choix ». Décryptage avec Marie-José Sirach et Caroline Constant, journalistes à l'Humanité.
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NewsTranscription
00:01Le 11 mai dernier, 600 personnalités du cinéma, dont Juliette Binoche, Swan Arlo ou le réalisateur Arthur Harari,
00:07ont publié dans Libération une tribune, Zappé Bolloré, pour faire part au public de leur inquiétude sur la mainmise du
00:13milliardaire,
00:14non seulement sur une partie du cinéma français, mais avec le rajat du GC sur les tuyaux qui permettent de
00:19diffuser.
00:20Ce qui le met, une fois de plus, dans une situation de toute puissance.
00:24La réplique a été quasi immédiate. Ce dimanche 17 mai, Maxime Saada, directeur général du groupe Canal+,
00:31et donc employé de Bolloré, a indiqué à Cannes que les signataires de cette pétition ne trouveraient plus d'emploi
00:36dans le groupe Canal+.
00:38Avec moi, Marie-Jo Sirac, éditorialiste de l'Humanité et pilier de la rubrique Culture.
00:44Marie-Jo, es-tu surprise de cette annonce de Canal+, peux-tu imaginer un cinéma sans tous ses grands
00:49noms
00:50et toutes ces mains anonymes qui le font vivre, des techniciens aux producteurs, comme le voudrait Saada ?
00:56Surprise, non, mais surprise par la brutalité de la réaction qui nous plonge dans l'Amérique macartiste des années 50,
01:06où on faisait la chasse aux sorcières.
01:07En désignant ces 600 pétitionnaires et les menaçants de ne plus les faire travailler,
01:16Maxime Saada joue l'affrontement, alors que les pétitionnaires ont quand même le mérite de soulever une question d'importance,
01:27c'est-à-dire la dénonciation de la position quasi monopolistique de Bolloré sur le milieu du cinéma, mais pas
01:36que.
01:36Et effectivement, connaissant les méthodes de Bolloré, c'est maintenant qu'il faut réagir,
01:44parce qu'après il sera peut-être trop tard, comme pour les médias dont Bolloré s'est emparé, les maisons
01:51d'édition.
01:53La situation est quand même suffisamment inquiétante pour ne pas se laisser faire et alerter sur le risque
02:02qu'encourt le cinéma français de ne plus afficher sa diversité, sa pluralité, le risque de voir le financement du
02:13cinéma
02:14sous l'emprise idéologique de Bolloré.
02:18Tu viens d'en parler, mais depuis dix ans, on connaît les méthodes Bolloré, justement.
02:23C'est de jeter son dévolu sur une maison, sur un média, sur le cinéma, d'attendre que la contestation
02:31monte,
02:32comme avec Morandini à ITV, et de décapiter tout ce qui dépasse.
02:35C'est vraiment une façon de faire, c'est-à-dire mettre la main, attendre que la contestation monte,
02:43décapiter tout ce qui dépasse pour en faire un média au sens large du terme à son image,
02:50comme il l'a fait avec ITV qui est devenu CNews, on se le rappelle dans une brutalité extrême,
02:55comme avec Europe 1 qui est devenu l'antichambre de CNews, comme avec le JDD dont on se rappelle la
03:02longue lutte.
03:03Est-ce que tu penses que la lutte des gens du cinéma, elle va suffire ?
03:06Est-ce que tu ne penses pas qu'à un moment donné, il va falloir aussi que les pouvoirs publics
03:11restreignent
03:14les prérogatives de Bolloré, en fait, sur ce qui est en train de s'apparenter à une pieuvre sur nos
03:21imaginaires,
03:22au sens large du terme, c'est-à-dire de l'information à l'édition, c'est-à-dire à
03:27la littérature, en passant par le cinéma ?
03:31Ce qui est sûr, c'est que Bolloré est en ses tentacules pour embastiller tout le monde,
03:37c'est-à-dire qu'il a une volonté idéologique de mettre au pas l'édition, les médias, le cinéma,
03:46tout ce qui est apporté de sa main.
03:51Effectivement, il y a la question de... Il y a Canal+, et il ne s'arrête pas à Canal
03:55+,
03:56la preuve, c'est que depuis novembre, il a décidé de racheter UGC, il a commencé par un rachat de
04:0120%, on en est aujourd'hui à 38%.
04:03L'objectif est de racheter UGC à 100% d'ici 2028, sachant qu'UGC, c'est quand même 51
04:11salles de cinéma,
04:13520 écrans à peu près, c'est-à-dire que c'est énorme, c'est les tuyaux.
04:17C'est-à-dire qu'il aurait la mainmise sur toute la chaîne de production du cinéma, de la réalisation
04:22jusqu'à la distribution.
04:23Et ça, c'est extrêmement inquiétant. Et ce que pointe cette pétition, c'est la faiblesse constitutionnelle à l'égard
04:32de la loi,
04:32à l'égard de ces positions quasi monopolistiques. C'est-à-dire que la loi anti-concentration, il y en
04:38a une,
04:39mais elle ne répond pas à un bolloré, à un milliardaire qui a les dents qui réellent le parquet et
04:44qui veut absolument tout contrôler.
04:45Et qui prend en étau, en fait, parce que Grasset, il a racheté la maison Grasset, il a viré son
04:55directeur éditorial, Olivier Nora, il y a moins d'un mois.
04:58Les auteurs sont partis en masse, mais en vérité, tout ça était aussi prévisible, en fait, parce que c'est
05:07effectivement, encore une fois,
05:08le même modus operandi que sur ITV, Europe 1, le JDD, Prisma Presse en ce moment où 270 emplois sont
05:18menacés.
05:19C'est, je fais un acte fort et puis je fais partir les gens qui ne sont pas d'accord
05:26avec moi.
05:27Mais du coup, je referme les tuyaux, en fait, à chaque fois. Et en fait, c'est en ça. On
05:32se dit à un moment donné,
05:33à quel moment les pouvoirs publics vont réagir face à ça, parce que c'est quelque chose qui est quand
05:39même en train de nous enfermer tous.
05:41La méthode Belloré est assez sournoise, parce qu'effectivement, quand il prend la tête d'un média, d'une maison
05:48d'édition ou de canal,
05:50il laisse au départ les mains libres, c'est-à-dire qu'il ne se mêle pas, entre guillemets, parce
05:56que ce n'est pas tout à fait vrai, de la ligne éditoriale.
05:59Sauf que quand quelqu'un ose lui tenir tête, il n'hésite pas trois secondes à le virer.
06:06C'est le cas pour Olivier Nora. Tout le monde pensait que Nora était intouchable,
06:10puisqu'il a fait la preuve quand même de sa capacité à faire rayonner les éditions Grasset,
06:18à accueillir des auteurs extrêmement divers, de très grande qualité, avec une exigence éditoriale importante.
06:24Mais le jour où Nora s'est opposée à Belloré, il n'a pas hésité une seconde pour le virer.
06:31Et Saada n'est pas à l'abri de ça. C'est-à-dire que Saada, c'est l'homme
06:35de main de Belloré,
06:36mais lui non plus, il faudrait qu'il s'interroge et se dise que ça pourrait aussi lui arriver.
06:43Et là, la réponse de Saada, elle est un peu perverse parce que non seulement elle blackliste 600 signataires,
06:58600 acteurs du monde du cinéma, mais c'est aussi un avertissement à ceux qui auraient la tentation de se
07:04joindre à cette pétition.
07:06Et c'est aussi la volonté de cadenasser et d'empêcher tout débat.
07:10Et Canal+, tout seul, régnant maître sur le financement du cinéma, ce n'est pas possible.
07:15Alors, ils ne sont pas tout seuls. Il y a France Télévisions, il y a un peu Arte, il y
07:18a des plateformes.
07:21Mais pour l'instant, il y a un déséquilibre. Enfin, Canal+, quand même, détient le gros...
07:27Enfin, est le premier empire du financement du cinéma privé.
07:31Moi, il y a un truc qui me frappe dans ce que tu dis aussi, c'est que tu dis
07:35qu'il ne touche pas au l'éditorial.
07:36Moi, je pense que c'est ce qu'il fait en premier quand il met la main sur quelque chose.
07:39On l'avait vu d'ailleurs avec Canal+, la chaîne, quand il est arrivé.
07:43La première chose qu'il a faite, c'est de virer l'investigation, c'est de virer les guignols, en
07:50fait.
07:50Donc, voilà, dont il a réduit les moyens et après qu'il a viré.
07:53Donc, l'humour politique, la contestation, je veux dire l'impertinence.
07:57Et puis ensuite, ça a été de virer cette émission qui était l'avant-soirée, en fait,
08:07qui était dirigée à l'époque par Maïté Nabirabet, d'ailleurs, qui a gagné contre lui au Prud'homme.
08:11Mais sa méthode, c'est vraiment d'entrer quelque part, de changer le fonctionnement,
08:19de reprendre la main dessus et de faire une espèce de cercle vertueux.
08:23Je veux dire, si on regarde aujourd'hui dans les médias, enfin, de cercle vertueux pour lui, pas pour nous.
08:27Si on regarde dans les médias, et c'est aussi pour ça que quand tu parles de tuyaux, ça m
08:33'inquiète.
08:33Mais les gens qui travaillent au JDD travaillent aussi pour CNews, donc l'ancienne ITV, et travaillent aussi pour Europe
08:451, en fait.
08:46Il fait une espèce de cercle avec les gens qui sont acquis à sa cause.
08:54C'est ce qui risque de se passer aussi avec l'édition et le cinéma, ou je me trompe, là,
08:58en fait ?
08:59Non, non, c'est probable. Enfin, c'est un des scénarios possibles, une des hypothèses possibles.
09:04Ce qui est sûr, c'est que comme il est en position dominante dans le financement du cinéma privé,
09:14Tout le monde n'a pas signé cette pétition, parce qu'effectivement, beaucoup, beaucoup de projets dépendent du financement de
09:23Canal+.
09:24Donc il les tient, les producteurs, les cinéastes, il les tient. Il le sait, et il en profite.
09:31C'est pas aussi simple que pour les auteurs, par exemple, qui sont partis en masse de chez Grasset,
09:37parce qu'il y a d'autres éditeurs en France. Il y a Gallimard, il y a plein, plein d
09:41'éditions indépendantes, libres.
09:44Donc ils peuvent être accueillis ailleurs.
09:46T'as pas Cagnol+, t'es quand même très mal pour pouvoir financer ton film.
09:52D'où la question, effectivement, d'une loi anti-concentration et de réfléchir à d'autres financements du cinéma en
09:59France.
10:00Et alors, justement, ça m'amène à ma question suivante sur les questions de financement,
10:04parce que là, on parle de Bolloré et de son empire, en vérité, sur le cinéma et de l'emprise
10:11qu'il a sur le cinéma.
10:12Mais on sort de la commission, de cette fameuse commission sur l'audiovisuel public,
10:18audiovisuel public avec France Télé qui finance une partie du cinéma français
10:21et dont on ressort, en fait, entre les arbitrages budgétaires votés par l'Assemblée, en fait, avec un milliard de
10:31moins sur le...
10:32Enfin, avec des millions de moins sur le truc, mais sur leur budget, mais avec ce que voulait Charles Aloncle,
10:41ce serait un milliard de moins sur le budget de l'audiovisuel public, donc un quart de ses moyens.
10:45Donc autant d'argent en moins aussi pour le cinéma.
10:48Donc on affaiblit aussi la possibilité, pour France Télévisions, de financer du cinéma qui soit alternatif, en fait,
10:59et du cinéma d'auteur, et voilà, non, c'est cet affaiblissement.
11:05Et quand on sait, et je vais finir, je te redonne la parole juste derrière,
11:08quand on sait que ça a été documenté, Charles Aloncle, le rapporteur de cette fameuse commission,
11:15avait visiblement des messages venant du groupe Lagardère et de chez Bolloré
11:23pendant tout le temps de cette commission qui arrivait.
11:26Donc lui dit qu'il ne les a pas lues, mais rien ne nous le dit,
11:29vu qu'ils sont dans le même camp idéologique, en fait, rien ne nous dit que c'est le cas.
11:33Comment toi, ça te fait réagir ? Est-ce que ça ne te provoque pas un petit peu d'inquiétude
11:37sur le cinéma et la culture en règle générale ?
11:42Il est vrai que l'affaiblissement du service public, la campagne idéologique d'une violence inouïe,
11:50des attaques répétées sans cesse contre le service public, conduisent à son affaiblissement.
11:56Un milliard en moins, c'est effectivement des pans entiers de création audiovisuelle qui vont passer à la trappe.
12:03et la part que consacre France Télévisions au cinéma.
12:07Donc c'est extrêmement inquiétant.
12:09Au lieu de renforcer le service public, on est en train de le couler.
12:14Même s'il faut améliorer le service public.
12:17Mais l'améliorer, ce n'est pas le couler.
12:18Mais voilà, l'améliorer, ce n'est pas le couler.
12:21Après, effectivement, il y a quelque chose de concomitant dans cette façon d'agir.
12:25C'est-à-dire qu'ils sont sur tous les terrains.
12:27Ils sont extrêmement bien organisés et coordonnés pour attaquer sur tous les fronts.
12:33Et là, j'en reviens au pétitionnaire de Zappé Bolloré.
12:40Je trouve qu'ils sont courageux, qu'il faut les soutenir, effectivement,
12:43parce qu'il faut avoir du cran pour élever sa voix contre un gars qui est super puissant.
12:53Oui, et d'ailleurs, c'est ce que...
12:55Enfin, on en parlait tout à l'heure dans ma rubrique, la rubrique Média.
12:58Mais aujourd'hui, Bolloré, en fait, dans la presse, par exemple, il fait tellement peur que quand il arrive
13:05et qu'il dit qu'il va faire un plan social ou qu'il va amener des changements éditoriaux de
13:18masse,
13:19les gens partent, font jouer leur clause de conscience tout de suite.
13:23C'est ce qui est en train de se passer chez Prisma, en fait, qui lui appartient maintenant.
13:27Donc Prisma, c'est Géo, c'est Capital, c'est Gala, c'est toute une série de journaux qui sont
13:35assez ancrés dans le...
13:37Voilà, il y a 270 suppressions d'emplois.
13:40Mais au-delà de ça, par exemple, la Capital, dont ils veulent changer la ligne éditoriale,
13:44les gens sont tellement inquiets, en fait, qu'ils sont partis en masse avant même que...
13:51Donc effectivement, oui, il faut avoir du courage pour dénoncer Bolloré,
13:56mais lui-même provoque aujourd'hui une panique, en fait, chez les gens qu'il cible, quoi, en fait.
14:07On peut parler de panique et même d'autocensure, c'est vrai.
14:10Ce qui est sûr, c'est que sa position dominante quasi incontournable
14:16dans les domaines des médias, de l'édition ou du cinéma,
14:21fait que ça fragilise encore plus et ça remet en cause quand même l'exception culturelle française
14:28et la démocratie, c'est-à-dire la question de la diversité, de la pluralité,
14:34de l'ouverture du cinéma français qui coproduit quand même des films du monde entier,
14:41sont peut-être à très court terme menacés.
14:44Et du coup, la question qui vient évidemment derrière, c'est que font les pouvoirs publics ?
14:51Mais aussi, j'ai le sentiment que, alors, les syndicalistes se battent pied à pied dans tous ces secteurs,
14:57en fait, pour défendre les intérêts des travailleurs qui y bossent.
15:03Mais moi, j'ai le sentiment quand même que du côté des partis politiques
15:07et du côté des chercheurs aussi en économie,
15:11il n'y a pas tant d'alternatives à ces financements qui nous arrivent, en fait,
15:18et qu'il n'y a pas un moment donné où tous ces gens disent stop, quoi.
15:22En fait, Julia Cagé a fait un travail remarquable sur les médias, en fait, etc.
15:27Mais je la trouve quand même un petit peu seule, moi, sur ces questions-là et sur les questions culturelles.
15:32Je trouve que, alors que c'est tellement important dans nos imaginaires collectifs,
15:37on parlait en conférence de rédaction ce matin de captation de nos imaginaires.
15:41Il est vraiment, et c'est vraiment question de ça, c'est une forme d'asservissement, en fait, aussi,
15:46qu'on nous fait comme ça en asséchant la création.
15:53Donc, est-ce que tu crois, tu ne crois pas que les pouvoirs publics et la recherche aussi
15:57n'ont pas un rôle déterminant à jouer et qu'il va peut-être falloir les pousser un petit peu
16:02aux fesses, quoi ?
16:03– Oui, il est la responsabilité maintenant des politiques de prendre le relais,
16:09c'est-à-dire de ne pas laisser Soin Arlo ou Juliette Binoche tout seul se dépatouiller avec cette affaire
16:13-là.
16:13C'est de la responsabilité publique que de repenser le financement du cinéma,
16:20la défense du pluralisme, la défense de la diversité.
16:24C'est à eux de prendre le relais, puisque c'est aussi une loi qui peut mettre un terme
16:28à cette expansion, cette hégémonie d'un Bolloré.
16:33Donc, oui, il faut absolument que les syndicalistes font leur job de syndicaliste.
16:38Les acteurs, les 600 pétitionnaires ont pris leur responsabilité.
16:45Maintenant, c'est aux politiques de prendre la leur et de ne pas regarder, de compter les points,
16:50parce que la situation est grave.
16:51Et on est à un an des présidentielles, on a encore le temps de baliser le secteur,
16:57c'est-à-dire de produire une vraie loi antitrust qui empêche ce genre de situation.
17:04– Et qui soit générale, parce qu'en vérité, on a vu toute une grande partie du personnel politique
17:11s'émouvoir avec ce qui est arrivé à Europe 1 ou au JDD,
17:15mais ça n'a pas donné pour autant derrière une vraie réflexion sur le sujet.
17:24On a eu des commissions anti-concentration des médias au Sénat,
17:27sous l'impulsion de David Assouline à l'époque.
17:31Mais en vérité, le système en lui-même, il n'est pas attaqué.
17:35Et on aurait peut-être besoin de ça aujourd'hui, en fait,
17:37c'est-à-dire repenser la totalité du financement de la culture et des médias.
17:43– Oui, et pour ce qui est du cinéma, il y a le rôle du CNC qui est important quand
17:47même,
17:47qui est attaqué lui aussi de toutes parts,
17:49mais qui fait que quand même, le financement du cinéma,
17:53c'est aussi grâce à la TSA, à la taxe prélevée sur les billets d'entrée de cinéma,
17:59qui est redistribuée, cette taxe est redistribuée à l'ensemble des producteurs,
18:04qui sont tenus, avec cet argent-là, de réinvestir dans la production,
18:07dans la création cinématographique.
18:09Mais cette taxe-là ne suffit pas.
18:11Donc comment on élargit l'assiette des financeurs du cinéma en France ?
18:18Eh bien, on peut réfléchir à taxer, non pas à taxer le chiffre d'affaires
18:25des grands cinémas, des complexes cinématographiques,
18:29des complexes de cinéma, qui ont 20, 30, 40 salles.
18:34On peut réfléchir à une vieille idée qui date des années 2000,
18:38qui était portée à l'époque par Jean-Pierre Brard,
18:40qui était député communiste sur la circoconscription de Montreuil,
18:43d'une taxe confiserie, c'est-à-dire taxer à hauteur,
18:53d'établir un quota, parce que le nombre de pop-corns
18:56et de je ne sais pas quoi qui se vendent dans les salles,
18:59dans les multiblexes, et de Haribo, pardon pour la pub,
19:02c'est vraiment pas de la pub, parce que c'est très mauvais
19:04pour la santé, ce genre de cochonceté,
19:08il faudrait qu'ils contribuent au financement du cinéma,
19:10parce que c'est grâce au cinéma qu'ils s'en mettent plein les fouilles,
19:13quand même.
19:14D'accord.
19:15Écoute, je crois qu'on a fait le tour de la question.
19:18Peut-être pas.
19:18C'est peut-être maintenant aux politiques et aux chercheurs
19:23de prendre un peu le relais et d'être un peu offensifs
19:27sur ces questions-là.