- il y a 1 semaine
Sur la Croisette, Canal+ tente de faire régner la terreur après une tribune dénonçant l’emprise du milliardaire catholique intégriste sur l’industrie cinématographique. Les 600 signataires ont été déclarés persona non grata pour les futures productions du groupe. De quoi inquiéter la profession. Décryptage avec le streamer RiboDansLaSauce, le journaliste Anthony Cortes et le journaliste Cyprien Caddeo en direct du Festival de Cannes.
00:00 L'offensive de Bolloré pour censurer les acteurs
12:00 Réactions de Exarchopoulos et de Giraudeau
19:31 Réaction du réalisateur Arthur Harari
30:53 Réaction de la ministre de la culture
35:25 Réaction de David Lisnard maire de Cannes
40:38 Notre journaliste Cyprien Caddeo en direct Cannes
1:09:53 Conclusion
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NewsTranscription
00:00:01Bolloré continue à tenter de mettre la main sur l'intégralité du monde de la culture,
00:00:06des médias et du cinéma. Donc Bolloré, le moment où il a émergé comme étant un milliardaire qui
00:00:12rachète des médias pour mener la bataille culturelle, on va dire ça comme ça, c'est quand
00:00:16même le moment où il a acheté le groupe Canal. Sachant qu'il a racheté le groupe Canal avant
00:00:19même de racheter e-télé et de faire de e-télé CNews, avant de racheter Europe 1 et de faire
00:00:23Europe 1, cette radio-cousine de CNews qu'on connaît maintenant où on a vraiment ses fâches
00:00:26Hollande dessus etc. La première pierre à cet édifice médiatique de Bolloré, en tout cas on en a beaucoup
00:00:31parlé à cette époque-là, c'était en 2016 si je dis pas de bêtises, c'était un petit bout
00:00:34de temps déjà,
00:00:35c'était Canal quoi. Le groupe Canal, non Canal c'est Canal+, mais le groupe Canal c'est aussi
00:00:39un groupe
00:00:39absolument incontournable dans la production de cinéma français, c'est même du coup la plus grosse boîte
00:00:44de production française devant France Télévisions d'ailleurs, devant le service public et donc là le
00:00:49groupe Canal est en clash pourrait-on dire avec toute une partie du cinéma français qui avait donc signé
00:00:54une tribune pour s'opposer à la tentative de rachat d'UGC, donc les cinémas UGC que vous connaissez
00:00:59probablement, par Bolloré. Parce qu'effectivement si Bolloré finit par posséder UGC intégralement à
00:01:04100% d'ici 2028, c'est son projet, et qu'à côté de ça en plus il possède le
00:01:08groupe Canal, bon bah ça
00:01:08veut dire que de la production jusqu'à la distribution des films, il a son nom à dire et du
00:01:13coup le monopole de
00:01:14l'Empire Bolloré serait extrêmement dangereux pour le monde du cinéma et probablement qu'il se mettra à
00:01:19faire avec le cinéma français, ce qu'il est d'ores et déjà en train de faire depuis des années
00:01:22avec les
00:01:23chaînes d'info en continu, par exemple typiquement c'est news.
00:01:25Ouais complètement, bah c'est vrai que là ce qui se joue c'est aussi une des tentacules de la
00:01:29pieuvre Bolloré
00:01:30parce que c'est vrai que là on parle du cinéma, on a parlé rapidement du monde de l'édition
00:01:34mais c'est vrai que
00:01:36Bolloré aujourd'hui a la main vraiment sur la culture en général, sur nos imaginaires aussi comme certains
00:01:42l'appellent et d'ailleurs je renvoie à l'édition de l'UMA d'il y a deux jours où
00:01:47la une c'était OPA de Bolloré sur nos imaginaires,
00:01:50où il y a toute une infographie qui rend compte justement de tout ce qui est dans la main de
00:01:55Vincent Bolloré et c'est évidemment
00:01:58immense, enfin qu'on essaie de s'y pencher, alors je vais pas faire la liste exhaustive parce que pour
00:02:02le coup on en a vraiment pour une heure
00:02:03et on va rater Cyprien, on va pas pouvoir avoir un duplex mais c'est vrai que dans le monde
00:02:08de l'édition par exemple voilà il détient donc
00:02:10Fayard où il édite aujourd'hui certaines personnalités à l'extrême droite, Jordan Bardella, Eric Zemmour, Marie Maréchal, etc.
00:02:19Il détient Lattès aujourd'hui, Grasset, Marabout, le livre de poche, etc.
00:02:26Donc dans la presse écrite et magazine, t'en as parlé un petit peu, enfin pour les médias en tout
00:02:32cas de CNews et compagnie,
00:02:33mais on peut parler de magazine, le JDD évidemment, Capital Télé Z, Femmes Actuelles, Sam Interest, Géo, Voici, etc.
00:02:44Il a même des écoles de journalisme, donc l'ESJ, l'école supérieure de journalisme de Paris, notamment, évidemment, des
00:02:53jeux vidéo, Gameloft, Gameloft aussi,
00:02:55c'est même dans l'ESJ, et voilà, je vais peut-être m'arrêter là mais je regarde rapidement, il
00:02:59y a des radios Europe 1, Europe 2, RFM évidemment, et dans la musique aussi universelle.
00:03:05Ok, on n'y pense pas souvent, mais voilà, tout ça pour dire à quel point Bolloré cherche à contrôler
00:03:12en tout cas tout l'univers de la culture,
00:03:15la production culturelle, et là avec le cinéma, quand on sait à quel point la France est attachée à son
00:03:21cinéma,
00:03:23à quel point normalement la liberté de créer est un principe absolu et fondamental chez nous en France,
00:03:30ben là, tout ça est en danger, et d'où la fronde de ces acteurs, et pas seulement, et pas
00:03:35seulement,
00:03:36parce qu'il y a aussi beaucoup de régisseurs, techniciens, etc.
00:03:40Donc voilà un petit peu le contexte de ce qu'il joue, c'est au-delà du cinéma, c'est
00:03:45un sujet plus global encore et plus large.
00:03:46Oui, et d'ailleurs c'est marrant parce qu'on parle beaucoup de, enfin pas de bataille culturelle,
00:03:50mais on parle beaucoup de ces espèces d'OPA que tente de faire l'extrême droite sur les services publics
00:03:55de manière générale,
00:03:55et on a beaucoup parlé de l'audiovisuel public, notamment toutes les polémiques sur le CNC,
00:03:58on a aussi parlé de comment l'idéologie libertarienne ou ultralibérale, c'est à peu près pareil,
00:04:03commence un petit peu à émerger en France à travers des figures comme par exemple David Lysnard dont on va
00:04:07parler tout à l'heure,
00:04:08puisque en qualité de maire de Cannes, évidemment qu'il est en qualité de libertarien,
00:04:11évidemment qu'il a eu son mot à dire sur toute cette affaire, hélas, parce que vous allez voir, il
00:04:16était vraiment absolument insupportable.
00:04:18Donc c'est vrai que ça rejoint pas mal de thèmes qu'on a abordés assez longuement dans cette émission
00:04:21depuis le début de l'année en finale,
00:04:23donc tout ça s'inscrit dans un tout de, à la fois, cette logique de bataille culturelle de Bolloré et
00:04:28de tous les extrêmes droits de manière générale,
00:04:29on peut aussi penser à Pierre-Edouard Stern, qui est peut-être un peu moins talentueux et dangereux que Bolloré
00:04:33dans l'histoire,
00:04:34mais qui fait un petit peu comme lui finalement quoi.
00:04:36Donc à la fois c'est cette logique de bataille culturelle, mais aussi cette logique d'attaque sur les services
00:04:41et sur l'audiovisuel public par l'extrême droite,
00:04:44parce que les deux vont ensemble quoi.
00:04:46En fait, à partir du moment où la manière qu'à l'extrême droite pour mener cette bataille culturelle très
00:04:51souvent,
00:04:51bah typiquement c'est la méthode Bolloré, racheter des médias pour pouvoir en faire des outils de propagande,
00:04:57et bah à partir du moment où on privatise l'audiovisuel public, il y aura même plus ce petit silo
00:05:01de résistance qui est le service public de l'audiovisuel,
00:05:03parce que bon, même s'il y a plein de choses à redire sur le service public de l'audiovisuel,
00:05:06il suffit de regarder, je sais pas, écouter France Inter ou regarder France Info TV pour se rendre compte que
00:05:11bon, c'est pas non plus...
00:05:12Ça cède aussi parfois un petit peu à la tentative droitière, c'est le moins qu'on puisse dire,
00:05:16mais ça reste quand même pas totalement et directement aux mains de milliardaires d'extrême droite.
00:05:20Donc c'est un sujet qui est très très important, on en a beaucoup parlé cette année, je trouve, et
00:05:23pas que nous,
00:05:23et effectivement c'est un gros gros sujet.
00:05:25Et là, avec cette fronte-là dans le milieu du cinéma, ça prend encore plus d'importance,
00:05:29sachant qu'il y a des gens qui ont vraiment un poids particulier, qui ont signé cette tribune,
00:05:33et ça rejoint aussi le sujet, comme on disait en introduction, de Grasset.
00:05:37Dans les maisons d'édition, il y a eu une fronde un petit peu analogue avec le limogéage d'Olivier
00:05:41Nora,
00:05:42le grand Manoutou, comme tu disais tout à l'heure, de Grasset, qui s'est fait limogé comme une merde,
00:05:46finalement, par Bolloré.
00:05:48Et donc du coup, il y a eu pareil, une tribune avec tout un tas d'auteurs, d'horizons assez
00:05:51différents, pas que des gauchistes pour une fois,
00:05:53qui sont un petit peu réveillés pour dire, oulala, mais il y a un problème là, c'est un peu
00:05:56fâchiste tout ça.
00:05:57Et juste avant de prolonger aussi sur le monde de l'édition, je fais une parenthèse, je vois que Naïri
00:06:02disait, il a aussi des salles de spectacle,
00:06:03et c'est vrai, c'est vrai, on n'a pas cité ça, mais par contre l'Olympia, l'Olympia,
00:06:06c'est Bolloré.
00:06:07Donc voilà, on voit vraiment que cette pieuvre, elle est vraiment étendue sur toutes les touches de la culture.
00:06:14Mais oui, sur le monde de l'édition, oui, il y a eu cette fronde-là, alors qu'on peut
00:06:17juger potentiellement tardivement.
00:06:19En tout cas, il y a eu une fronde.
00:06:21Donc après le limogéage d'Olivier Nora, une bonne partie, une grande partie de ses auteurs ont annoncé quitté la
00:06:29maison,
00:06:29et tu disais, il n'y avait pas que des gauchistes, c'est vrai.
00:06:32Notamment Frédéric Becbédé, enfin c'est vrai que...
00:06:34Bernard Aurélie aussi, voilà, il est parti.
00:06:37Oui, il est parti aussi.
00:06:39Et bien d'autres, alors je ne sais plus combien il était exactement, mais en tout cas il était une
00:06:43bonne centaine.
00:06:43J'ai vu hier qu'il y avait aussi Olivier Guesbo qui n'est pas de droite, enfin qui n
00:06:48'est pas en réac,
00:06:49je veux dire, c'est une sauce d'aime Bontemps, et lui aussi est parti.
00:06:53Enfin bref, il y a toute une liste interminable.
00:06:55Et on voit que ça, oui, il se passe quelque chose dans le monde de la culture, dans ça, une
00:06:59prise de conscience.
00:06:59Alors, moi j'avoue, ça m'a un petit peu agacé de me dire, mais il aura fallu tout ce
00:07:05temps.
00:07:05Surtout pour Grasset, il y avait vraiment cette idée un petit peu d'intelligentsia germanopratine, etc.
00:07:12Alors après, il faut faire attention avec cette rhétorique, parce que c'est aussi précisément la rhétorique que Bolloré utilise
00:07:15pour défendre son projet.
00:07:17C'est-à-dire, mais non, là, c'est ces espèces de gauches caviards, de petits bobos qui se cooptent
00:07:22entre eux,
00:07:23qui sont agacés qu'on s'en prenne à leur caste.
00:07:26Alors voilà, il faut faire attention avec ce discours.
00:07:27Mais c'est vrai que bon, quand on est de gauche, quand on a plusieurs la sonnette d'alarme depuis
00:07:30quasiment 2016,
00:07:31par rapport à Bolloré, par rapport à l'extrême-droitisation, à la fachetisation de la société,
00:07:36et que là, il y en a qui se réveillent juste parce que leur patron s'est fait limoger chez
00:07:39Grasset.
00:07:40C'est vrai qu'on l'a un petit peu mauvaise.
00:07:42Mais voilà, il ne faut pas non plus tomber dans le préjoint inverse et se dire,
00:07:44bien fait pour eux, c'est du bourgeois, on n'en a rien à foutre, c'est la gauche caviar.
00:07:47Parfois, même si c'est la gauche caviar et même si on ne les apprécie pas pour cette raison-là,
00:07:51et bien ça reste quand même des adversaires, finalement, de cette extrême-droite.
00:07:57Oui, oui, et puis en plus, ça me fait penser à un article de Mediapart qui parle, là, pour le
00:08:00coup du cinéma,
00:08:01mais qui étend à toute la bataille qui agite le monde culturel, et qui dit, il va falloir se compter,
00:08:07et il va falloir aussi pouvoir compter les uns sur les autres, parce que c'est malin que ça se
00:08:10passe.
00:08:11Alors lui aussi, d'ailleurs, je ne sais plus comment il s'appelle, je crois que c'est Confavreux, je
00:08:14crois,
00:08:15enfin bref, un journaliste culturel de Mediapart.
00:08:17Je connais mon Mediapart.
00:08:19Et qui lui aussi signale que c'est tardif et que c'est dommage parce que nous les signaux étaient
00:08:24là,
00:08:25qu'il fallait, enfin que voilà, les alertes aussi étaient très nombreuses,
00:08:30venant notamment des médias indépendants, des moignages en interne, etc., etc.
00:08:34Ils ont cru qu'ils allaient pouvoir être préservés, et je crois qu'il cite, il dit en gros,
00:08:40ça revient un peu à dire, encore un instant, s'il vous plaît, monsieur le bourreau,
00:08:44et c'est vrai qu'il y avait un peu de ça, mais bon, maintenant qu'ils sont partis,
00:08:47maintenant qu'ils lancent alertes, maintenant qu'ils ont le point levé,
00:08:50même Virginie Despentes, d'ailleurs, qui est la révolutionnaire en chef,
00:08:53mais bon, tant pis, maintenant ça y est, ils ont conscience de tout ça,
00:08:57il va falloir faire front face à cette dérive.
00:09:02Et puis quelque part, c'est aussi un principe de, comment dire, de résistance finalement,
00:09:06parce que si on estime que là, ce qui est en train de se passer,
00:09:07si on prend vraiment au sérieux le danger qu'est Bolloré et tout ce qu'il représente,
00:09:11et Bolloré en particulier, qui est tout particulièrement un danger,
00:09:14on a presque l'impression que c'est le boss de fin de l'extrême droite française finalement,
00:09:17peut-être même encore plus parfois qu'un Bardella, qu'une Le Pen, etc.
00:09:21Si on prend la mesure de ce danger-là, à un moment donné, ce qui se passe là,
00:09:24en ce moment, enfin, ce que nous autres à gauche, on essaye de faire depuis des années,
00:09:27et là, ce qui est en train de se généraliser, c'est presque déjà de la résistance.
00:09:29Il y a quelque chose de l'ordre de la résistance, quoi.
00:09:32Et quand on est dans une forme de résistance, on va dire,
00:09:34parfois on se retrouve à avoir des allées de circonstances,
00:09:36des camarades auxquels on ne s'attendait pas.
00:09:37Et du coup, moi je lisais, pour préparer l'émission,
00:09:40une interview aussi dans Mediapart, pour le coup, de David Dufresne.
00:09:42Donc David Dufresne, que vous connaissez peut-être qu'on salue,
00:09:45parce que c'est un collègue streamer aussi avec son émission au poste,
00:09:46bien sûr, excellente émission.
00:09:48Allez le voir, allez voir l'entretien qu'il a fait avec Michel Ferre
00:09:50il y a quelques jours, il est exceptionnel.
00:09:51Peu importe, mais c'est ce que je voulais dire.
00:09:53Donc David Dufresne qui, lui, n'a pas signé la tribune chez Grasset,
00:09:55mais il était quand même édité chez Grasset,
00:09:57et lui, il a carrément déchiré son contrat avec Grasset en live sur le Patou de C ce soir,
00:10:02pour l'histoire de marquer le coup.
00:10:04Et David Dufresne, il expliquait que pendant la résistance,
00:10:07parfois on se retrouvait à résister avec des personnes
00:10:09auxquelles on ne s'attendait pas forcément.
00:10:11Et donc lui, je crois que c'est son grand-père ou sa grand-mère
00:10:14qui était résistant, résistante, je ne me souviens plus exactement,
00:10:16qui expliquait que voilà, que lui c'était un gauchiste,
00:10:20et il se retrouvait à résister pourtant avec des gens
00:10:22qui étaient des espèces de patriotes, des nationalistes, des gaullistes,
00:10:25qui n'étaient pas des camarades à l'origine,
00:10:26mais quand le fascisme arrive avec ses grosses bottes pour tout écraser,
00:10:30il faut essayer de s'allier de manière le plus large possible.
00:10:32Alors quand je dis ça, attention, je ne parle pas d'accord électoral,
00:10:34mais je parle dans cette logique de résistance en tout cas aux fascistes
00:10:37qui sont en train de venir.
00:10:38Parfois on se retrouve à avoir des alliés qui ne font pas forcément plaisir,
00:10:41parfois des alliés qui auraient pu se bouger le cul plus tôt,
00:10:43mais bon, quand l'heure est grave, on prend ce qu'il y a à prendre.
00:10:46En tout cas, c'est mon point de vue.
00:10:47Oui, complètement.
00:10:48C'est vrai que quand on est en situation d'urgence,
00:10:50il faut sauver l'essentiel.
00:10:51C'est grand-mère Françoise d'Aubonne, sa grand-mère.
00:10:55Oui, c'est ça, il va falloir trouver des alliés de circonstances
00:10:58parce qu'il va falloir se réunir autour de valeurs,
00:11:01mais je suis plutôt d'accord avec Mélenchon qui avait dit qu'il faut plutôt autour de principes.
00:11:04Oui, principes, ça mère nos valeurs, généralement.
00:11:07Donc voilà, c'est ce moment-là, c'est ça qui se joue.
00:11:11Mais ce qui est intéressant avec la fronde dans le monde du cinéma à Cannes,
00:11:15c'est que tout le monde n'est pas non plus le point levé.
00:11:18On va pouvoir en parler.
00:11:19Il y a certains extraits qui sont assez parlants.
00:11:22Il y a certains qui, oui, sont plutôt offensifs contre Bolloré,
00:11:26contre son entreprise idéologique.
00:11:28Et puis d'autres qui sont plus tièdes, on va dire,
00:11:31qui pensent davantage à leur avenir personnel.
00:11:35Bon, parfois ça ne peut pas s'entendre, mais en tout cas s'expliquer.
00:11:38Mais c'est quand même désolant.
00:11:39Mais il y a quand même beaucoup de monde encore
00:11:41qui n'a pas encore pris conscience de l'urgence de la situation.
00:11:45Du coup, je te propose de regarder cet extrait que tu nous as sélectionné.
00:11:47Du coup, c'est Adèle Exarchopoulos, j'espère que c'est bien prononcé son nom.
00:11:50Désolée.
00:11:51Et Sarah Giraudot qui ont réagi au boycott du coup de Canal+.
00:11:54Attendez, le son est beaucoup trop fort dans mon oreille.
00:11:56Je baisse un peu pour toi aussi.
00:11:58Donc on va regarder ça et voir un petit peu
00:12:00est-ce que la réaction est basée ou plutôt molle.
00:12:03On va voir.
00:12:04Tu ne peux pas avoir peur de perdre ton travail
00:12:07juste parce que tu exprimes dans quelques études collectives
00:12:11la liberté d'être sous.
00:12:13Non, mais c'est des réactions aussi à chose.
00:12:16Sauf que c'est des réactions pour faire peur.
00:12:17C'est peut-être des choses intimidantes.
00:12:20Peut-être, mais voilà.
00:12:22Il faut en finir.
00:12:23C'est un second promis de chaque côté.
00:12:25Mais je pense qu'il faut essayer de continuer à réussir son temps
00:12:30parce que ça va être quand même
00:12:31le canal plus finance une grande partie du cinéma
00:12:34et des films qui ne vont peut-être pas forcément dans leur lignée de pensée aussi.
00:12:39Donc ça veut dire qu'il y a une liberté qui peut continuer quand même à exister.
00:12:43C'est juste dommage de ne pas tout flinguer.
00:12:44Il dépasse tout l'heure de perdre ton travail.
00:12:46Ok.
00:12:47Alors, c'est intéressant parce que du coup, ce qu'elle explique là, c'est que bon,
00:12:50OK, certes, c'est Bolloré, certes, c'est l'extrême droite.
00:12:53Mais le groupe canal, ça fait déjà dix ans que c'est Bolloré.
00:12:55Et malgré tout, malgré ça, au final, il y a quand même une certaine liberté.
00:12:59C'est un peu ce côté.
00:12:59Pour l'instant, ça va.
00:13:00Et même si c'est encore un pas dans la mauvaise direction,
00:13:03ça peut quand même continuer à aller.
00:13:04Donc, c'est ce que c'est la position vraiment qu'on doit avoir, ça.
00:13:06Au contraire, on doit plutôt regarder ce qu'a déjà fait Bolloré par le passé,
00:13:10notamment avec Fayard, par exemple.
00:13:12Fayard, il a vraiment transformé cette maison d'édition historique
00:13:14comme un organe de propagande de l'extrême droite.
00:13:16Sachant qu'avec Fayard, il a quand même édité deux fois le bouquin de Jordan Bardella,
00:13:19l'a imprimé, mais genre à des centaines de milliers d'exemplaires,
00:13:22beaucoup plus que la plupart des bouquins en France,
00:13:24en le distribuant en plus dans toutes ses boutiques relais
00:13:29européens et ITV, je vais mettre ça dans le même sac, télé et radio.
00:13:32Pareil, il a juste viré tout le monde, remplacé tout ça par des pions,
00:13:35et il en a fait vraiment un organe de propagande fasciste,
00:13:38mais genre caricatural, quasiment.
00:13:40Enfin, pas quasiment, totalement caricatural.
00:13:41Il y avait aussi le JDD où pareil, il y a eu une grève dans la rédaction,
00:13:43il a dit « Ah ouais, votre grève ? Bah je m'en fous, barrez-vous ! »
00:13:45Il a viré tout le monde et il a remplacé, encore une fois, placé ses pions.
00:13:48Donc, pour quelles raisons ?
00:13:50Juste parce que c'est le cinéma français,
00:13:52juste parce que voilà, il y a l'exception culturelle française,
00:13:54juste parce que Canal jusque-là, ça va,
00:13:56on pouvait encore produire des choses intéressantes chez Canal,
00:13:59et que ce n'était pas totalement gangréné par l'idéologie de Bolloré.
00:14:01Donc, ça serait juste pour ça,
00:14:02juste pour cette raison qu'on peut se dire « Non, ça pourrait encore le faire,
00:14:05peut-être avec Bolloré, quoi ! »
00:14:07C'est loin, c'est fou, non ?
00:14:08Ouais, c'est ça, et puis, enfin, en fait, la première réaction,
00:14:10celle d'Adélèque Zarcopoulos, à côté de celle de Sarah Girodo,
00:14:14elle est presque, pas révolutionnaire, mais elle est presque plus dure, en tout cas,
00:14:17fin de temps, on a dit « C'est un constat ! »
00:14:18Elle dit juste « Bon, c'est pas possible d'être menacé
00:14:21par ce qu'on pense ici ou par ce qu'on pense là. »
00:14:24Ah, je vois son trop faible.
00:14:25C'est trop faible dans les micros ou c'est dans la vidéo ?
00:14:27Ah, je ne comprends rien.
00:14:27Attendez.
00:14:29Hop.
00:14:30Euh...
00:14:30Vas-y, pas dans le micro, Bolloré.
00:14:32Est-ce que vous m'entendez, là ?
00:14:33Est-ce que le son est bon ?
00:14:35Ou est-ce que c'est trop faible, là aussi ?
00:14:38Non, c'est bon, c'est bon.
00:14:39C'est bon ? Ouais.
00:14:41Non, c'est bon, c'est bon, c'est bon.
00:14:42Non, ça va.
00:14:42Non, ça va, les micros, je trouve.
00:14:43Bon, arrêtez de faire chier le chat, alors voilà.
00:14:46Mais oui, celle d'Alex Zarkopoulos, je ne dirais pas qu'elle est à la hauteur.
00:14:50Mais au moins, voilà, elle constate que ce n'est pas possible d'être menacée
00:14:54par ce qu'on pense ici ou par ce qu'on pense là.
00:14:56Par contre, celle de la réaction de Sarah Giraudot est décevante, quoi.
00:15:00Parce qu'il y a un côté, oui, mais bon, c'est quand même Canel qui paye.
00:15:04Et puis, en plus, il y a une façon de relativiser déjà la volonté de Bolloré d'intervenir
00:15:15dans certaines productions.
00:15:16Parce que c'est vrai que Bolloré a participé au financement et pas qu'un peu à certains
00:15:21films très prosélites.
00:15:25Comment il s'appelle ce film ?
00:15:26Sacré-Cœur, exactement.
00:15:28Attends, il y a Vaincrou Mourir et Sacré-Cœur.
00:15:30Mais je ne sais plus.
00:15:30Je crois que Vaincrou Mourir, il a vraiment officiellement pris part.
00:15:34Sacré-Cœur, juste, on ne sait pas trop d'où sortent les financements, mais a priori,
00:15:36c'est lui aussi.
00:15:37C'est ça.
00:15:38Et puis, il y a une enquête de Mediapart qui disait aussi, il y a quelque temps,
00:15:42que tout projet de film à plus d'un million d'euros, Vincent Bolloré a un droit de regard
00:15:46là-dessus.
00:15:48Et ça, c'est d'autres médias qui le révélaient.
00:15:50C'était Christophe Honoré qui était un réalisateur et qui dit que Bolloré a déclaré
00:15:54en comité de validation de projet de film.
00:15:57Pas de PD, pas de syndicaliste.
00:15:59Oui.
00:16:00Voilà.
00:16:01Donc là, on est face à un vrai cas de censure, de choix idéologiques, d'entreprises idéologiques.
00:16:08Donc, quand on entend Sarah Giraudot dire oui, mais bon, quand même, il met de l'argent
00:16:12et puis ça pourrait être pire quelque part.
00:16:15Non, c'est juste pas acceptable parce que ça, là en plus, ça va aller croissant évidemment
00:16:21jusqu'à l'arrivée potentielle de l'extrême droite au pouvoir.
00:16:24On le voit bien ces derniers temps déjà.
00:16:27L'extrême droite par Vincent Bolloré, par Pierre…
00:16:37Pierre-Yves André.
00:16:38C'est même un joueur de foot.
00:16:40C'est un joueur de foot ancestral.
00:16:42Non mais voilà, on voit que par les deux déjà, il commence à tomber les masques
00:16:47peu à peu, il commence à avoir moins de pudeur pour influencer certains projets, pour
00:16:51mener la bataille culturelle.
00:16:53Donc, c'est juste irresponsable d'entendre des acteurs ou des actrices comme ça,
00:16:57ils dire oui, mais ça pourrait être pire et puis ils nous financent.
00:17:00Donc, merci patron.
00:17:02Il y a un autre argument qui avait été avancé aussi, c'est au moins, il est français.
00:17:05Ça va ? Vous préférez quoi ?
00:17:06Les fois, Netflix ou les Chinois qui rachent les eaux, Disney ?
00:17:08Ça dépend.
00:17:09Moi, je préfère des Chinois sans projet fasciste pour financer le cinéma français
00:17:14plutôt qu'un Français fasciste, quoi, personnellement.
00:17:16Après, c'est peut-être mon biais pro-chinois.
00:17:19Je ne sais pas.
00:17:19J'en sais rien.
00:17:20Parfois, on m'attaque là-dessus.
00:17:21Mais bon, en plus, je suis sur le plateau de l'Humanité, donc j'ai le droit d'avoir
00:17:23un biais pro-chinois.
00:17:23Aujourd'hui, c'est moi le homme faire chier.
00:17:27Mais on voit que c'est…
00:17:28Je vois dans le chat, là, quelqu'un qui dit globalement, c'est juste une femme cis-blanche
00:17:30qui ne voit pas le problème du haut de ses privilèges ou de sang mieux qui dit « bourgeoisie
00:17:34sauf sa place en collaborant ».
00:17:35Et je suis assez d'accord avec ça, mais pour autant, parmi les signateurs de la Tribune
00:17:38de Libération, parmi les 600 auteurs et parmi certains autres qui sont déjà prononcés
00:17:42par le passé, on a aussi des bourgeois parfois, on a aussi des gens très privilégiés,
00:17:47des gens cis-blancs, bourgeois, tout ce que vous voulez, et qui, quand même, sont un
00:17:51petit peu plus rentrés en résistance que ça, quoi.
00:17:53Donc, ça dépend.
00:17:53Et moi, c'est un peu ce que je disais tout à l'heure, quoi.
00:17:55Pour moi, au fur et à mesure de la fascisation, on va peut-être avoir de plus en plus de
00:17:58profils qui, malgré le fait que sur le papier, peut-être, qui sont juste là pour conserver
00:18:02leur place et qu'on ne peut pas les attendre pour être à l'avant-garde de la Révolution
00:18:04ou quoi que ce soit, quand même, un petit peu, à un moment, sortir du bois pour se dire
00:18:08« ouais, non, mais là, franchement, ça va pas ». Alors, après, c'est un peu regrettable
00:18:10qu'il fasse ça que quand ça tombe sur eux et pas comment ça tombe sur les autres.
00:18:14Mais bon, si à un moment donné, on prend l'antifascisme au sérieux et qu'on se dit
00:18:17que c'est une nécessité de se battre et de résister contre cette fascisation,
00:18:22ben, force est de constater, encore une fois, comme je disais tout à l'heure,
00:18:24qu'il ne faut pas trop bouder ses soutiens et ses alliés potentiels
00:18:28parce que sinon, normalement, on va perdre, tout simplement, quoi.
00:18:31Et je vais être en chat qu'on réussit tout à l'heure.
00:18:33Non, le bourgeois, exactement.
00:18:36On parlait de bourgeoisie, mais on parlait aussi de Nepo Babies et je pense qu'on peut
00:18:39faire un tout petit lien aussi avec certains acteurs qui se mouillent moins.
00:18:44Ils ont le plus souvent de Nepo Babies.
00:18:46Enfin, par exemple, ben là, Sarah Giraudot, c'est la fille de Bernard Giraudot et d'Annie
00:18:49Dupéret, deux grands acteurs français illustres.
00:18:53Donc là, on est sur une bourgeoisie chimiquement pure.
00:18:55Mais c'est ça.
00:18:57Et donc, bon, alors que peut-être qu'ils rejoindront les rangs révolutionnaires
00:18:59dans quelques temps.
00:19:00On l'a en 44, mais on les accueillera.
00:19:04Il n'est pas que Mitterrand a été décoré de la Francis par Pétain avant de l'être
00:19:07résistant.
00:19:07Je ne sais pas si l'exemple est très bien.
00:19:09Voilà.
00:19:09Mais bon, on coupera.
00:19:10L'exemple comme il faut.
00:19:12Bref.
00:19:12Alors, on a d'autres extraits comme ça.
00:19:14Alors, on a deux, trois.
00:19:15Donc, on va regarder un petit peu des extraits assez rapidement de différents acteurs.
00:19:20Comment ils se prononcent par rapport à ça ?
00:19:22À Cannes.
00:19:22Et puis après, surtout, on va regarder un petit peu les réactions politiques.
00:19:25Ce que je te propose, c'est de regarder plutôt laquelle des deux ?
00:19:27Cette ou celle-là ?
00:19:29Selon toi ?
00:19:31Arthur Harari, c'est intéressant parce que c'est un des premiers à avoir signé la
00:19:35tribune.
00:19:36Il est plutôt parmi les révoltés, on va dire.
00:19:40Ok.
00:19:40Mais en fait, il arrive à rejoindre les deux pans du discours.
00:19:44C'est-à-dire qu'en fait, il est à la fois révolté et en même temps, bon…
00:19:46D'accord.
00:19:47Révolté, mais pas trop.
00:19:47Bon, je suis proposé de regarder ça alors parce que ça risque d'être intéressant pour
00:19:51prendre un petit peu la température de comment ça se passe à Cannes.
00:19:53Même si, encore une fois, juste après, on aura notre envoyé spécial Cyprien à Cannes
00:19:56directement pour nous donner un peu la température, justement.
00:19:59On va regarder ça et après, voilà.
00:20:00On va plutôt passer sur les réactions politiques avec notamment la ministre de la Culture.
00:20:04Alors, j'oublie son nom.
00:20:05C'est Catherine Pégard.
00:20:06Toute personne ne la connaît.
00:20:07Ce gouvernement-là, c'est dramatique.
00:20:08On les oublie tous.
00:20:09On a aussi David Lissnard.
00:20:11On en parlait tout à l'heure.
00:20:12Ça, j'aimerais vraiment regarder la réaction.
00:20:13Et aussi, le président du CNC qui s'est prononcé.
00:20:17Mais on va commencer avec ça, du coup.
00:20:18Hop là.
00:20:19Donc, Arthur Harari, signateur de la tribune anti-Bolloré, répond à la direction de Canal+.
00:20:25Signez cette tribune…
00:20:26Voilà, voilà.
00:20:26C'est beaucoup trop fort, là, pour le coup.
00:20:28Désolé.
00:20:28On a perdu des oreilles.
00:20:30Zappé Bolloré.
00:20:31Et que pensez-vous de la menace de Maxime Sada ?
00:20:35Qu'il ne finance plus les projets signataires ?
00:20:40Signataires, pardon.
00:20:42Et si Canal+, ne finance plus une grosse partie du cinéma français qui pourrait combler le trou ?
00:20:48Si les autres producteurs ont réussi à répondre à cette question.
00:20:54Merci.
00:20:58Il se trouve que, avant les actualités du dernier jour, en signant cette pétition, je m'étais exprimé dans la
00:21:10presse une fois, en libération en l'occurrence, en disant quelque chose que je ne peux que redire.
00:21:16C'est-à-dire qu'il me semble qu'il faut nommer les choses quand elles existent.
00:21:22Voilà, c'est le…
00:21:24Encore une fois, je parlais tout à l'heure du réel.
00:21:26Le réel s'impose à nous.
00:21:27On est dans un moment…
00:21:29Un moment qui me semble devoir être nommé, quoi.
00:21:34Dans un an, il y a des élections.
00:21:36Il n'y a jamais eu une possibilité aussi grande qu'un parti de l'extrême droite ou l'air
00:21:40de la France.
00:21:41Et il m'a semblé que cette tribune, qui est questionnable à plein d'endroits et c'est le jeu
00:21:48démocratique…
00:21:51Je me permets de mettre pause.
00:21:52Il y a des élections de la tribune et il dit que la tribune est questionnable, quoi.
00:21:55Ça, je ne comprends pas trop.
00:21:56Ça fait un peu penser à la question de Gilles Lelouch.
00:21:57Je ne sais pas si tu as vu ce que tu étais.
00:21:58On lui pose la question.
00:21:59C'est un militant slash journaliste de parole d'honneur qui lui pose la question de se dire
00:22:03« Bon, vous qui interprétez Jean Moulin dans ce film sur Jean Moulin, qu'est-ce que vous pensez de
00:22:07ce parti d'extrême droite,
00:22:08le Rassemblement National qui est aux portes du pouvoir ? »
00:22:09Et après, ils ont brisé aussi sur « Est-ce que la solution, c'est la France insoumise peut-être
00:22:13? »
00:22:13Donc, il est en mode « Je ne répondrai pas à cette question, c'est trop orienté. »
00:22:16Enfin, ça fait un petit peu penser à ça, quoi.
00:22:17C'est bon, on prend position, mais quand même, on a pris l'habitude toute notre vie de ne pas
00:22:21parler politique
00:22:21parce que ce n'est pas trop notre rôle.
00:22:23Bon, normalement, assumer un petit peu plus, surtout qu'il est signateur de la tribune.
00:22:26Je veux dire, là, il est embarqué dans une voie, autant y aller totalement, quoi.
00:22:30Ça, j'ai du mal à comprendre, quoi.
00:22:31Sur Jean Moulin, ce qui est fou, c'est la suite de la réponse.
00:22:34Alors, Lelouch, lui, s'arrête en disant « Je ne répondrai pas ».
00:22:36Après, il y a un réalisateur qui, en gros, fait de Jean Moulin une figure presque centriste, quoi.
00:22:39Il y a un côté, on met au-dessus des partis.
00:22:41Enfin, ne nous parlez pas d'extrême-droite, quoi.
00:22:44Enfin, c'est délirant.
00:22:45Le Conseil national de résistance, oui, c'est aussi l'alliance des communistes avec De Gaulle, quoi, finalement.
00:22:49La droite et la gauche, qui sont copains, finalement, à la sortie de la guerre.
00:22:52Aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe.
00:22:53Oui, j'ai déjà PDH pour la question, tout à fait.
00:22:55Très bonne question, on en a beaucoup parlé, donc c'est… bravo à eux.
00:22:58Ne pas être d'accord, mais qu'il fallait que quelque chose soit nommé sur la situation, voilà, de ce
00:23:06groupe qui est fondamental dans le financement du cinéma français.
00:23:10Et pas que français, c'est un des poumons du cinéma européen.
00:23:14Canal+, qui est le garant et qui a des engagements contractuels envers la diversité du cinéma.
00:23:20C'est vrai que le fait que ce groupe soit au sein du… enfin, que cette entreprise soit au sein
00:23:28d'un groupe large qui est propriété de Vincent Bolloré et qui, voilà, qui concentre de plus en plus un
00:23:38nombre assez étourdissant d'organes de presse, de télévision.
00:23:41Et où, voilà, l'orientation est très, très clairement à l'extrême droite, qu'il fallait nommer cette chose-là.
00:23:48Que quand quelque chose n'est pas… c'est long, n'est pas dit, elle pourrit et… voilà.
00:23:55Donc c'est pour ça que j'ai signé.
00:23:56Pas forcément par adhésion avec chaque terme de la tribune, mais voilà.
00:24:00Et je redis une chose que j'ai dit, les équipes de Canal+, la direction de Canal+, la
00:24:08politique éditoriale de Canal+, qui est, voilà, en faveur de la diversité,
00:24:15à plus que mon respect, je pense que c'est le cœur de… comme l'existence du CNC qui est
00:24:21maintenant directement menacée par le… voilà, les…
00:24:24partent du Rassemblement National qui disent qu'ils veulent démanteler le CNC, ils le disent.
00:24:29Donc, que se passera-t-il si on ne commence pas aujourd'hui à réfléchir à ça ?
00:24:34Mais donc, voilà, je le dis, je n'assimile pas le groupe Canal+, la politique d'aide et les
00:24:47efforts qui sont faits à ce qu'est le groupe Bolloré
00:24:52et à ce que sont les… à ce qu'est l'idéologie de Vincent Bolloré.
00:24:56Je… je n'ai jamais… je n'ai jamais qualifié… bon, voilà, bon, je crois que les choses sont claires.
00:25:02Ah, les… non, non, les choses sont claires, tu trouves, toi ?
00:25:05Non, c'est clair.
00:25:06Justement, je trouve que ce n'est pas assez clair.
00:25:07Ça pourrait être plus clair.
00:25:08La tribune était claire, pour le coup.
00:25:09Alors, je sais, c'est… c'est terrible, c'est terrible.
00:25:11Ça me… ça me fait presque de la peine de le voir terrorisé à ce point.
00:25:14Enfin, c'est vraiment…
00:25:16Il faut qu'il est paralisé, évidemment.
00:25:18C'est terrible.
00:25:19Et puis, ce discours-là, ça veut dire quoi ?
00:25:20Ça veut dire qu'il faut séparer le groupe du propriétaire, je ne sais pas.
00:25:25Enfin, c'est…
00:25:26Moi, je pense que c'est… ce qu'il voulait dire, c'est plutôt peut-être…
00:25:29Comment dire ?
00:25:29Il veut dire qu'il y a tout un tas de gens qui, là, actuellement, travaillent à Canal+,
00:25:32même si Bolloré l'a racheté.
00:25:33Et là, effectivement, de fait, le groupe Canal, par rapport au cinéma, en tout cas,
00:25:38n'est pas partie en mode full propagande de Bolloré,
00:25:40contrairement à ce qu'on disait au début, CNews, par exemple, ou le JDD, quoi.
00:25:43Donc, là, je pense que ce qu'il voulait dire plutôt, c'est…
00:25:45Là, actuellement, il y a plein de gens qui travaillent à Canal,
00:25:47et il n'y a aucun souci avec eux.
00:25:48Au contraire, ils sont woke et inclusifs et j'aimerais les saluer
00:25:51et en espérant que ça continue comme ça.
00:25:52Mais justement, ça ne continuera pas comme ça.
00:25:54Parce qu'on a l'exemple…
00:25:55On est la jurisprudence CNews…
00:25:57Enfin, ITL et CNews…
00:25:58La jurisprudence…
00:25:59Le JDD,
00:26:00la jurisprudence européen,
00:26:01la jurisprudence…
00:26:04Bah, j'ai déjà fait le tour, non ?
00:26:05J'ai dit CNews ?
00:26:08Relais ?
00:26:08Enfin, voilà, on a 10 000 jurisprudences…
00:26:10Fayard, pardon, c'est Fayard dont je voulais parler.
00:26:11On sait comment marche Bolloré.
00:26:13Et justement, Bolloré, c'est pas…
00:26:14Oh, il va petit à petit dire…
00:26:15Oh non, en fait, là-dessus, j'aimerais bien qu'on fasse autrement.
00:26:17C'est qu'à un moment donné, quand il est prêt,
00:26:19il vire tout le monde, il remplace, il en fait,
00:26:21premier degré, un organe de propagande, quoi.
00:26:22Ouais, ouais.
00:26:23Ce qui est à noter dans ce témoignage-là,
00:26:26dans cette réponse-là,
00:26:27ce qui est, en tout cas, à noter de positif,
00:26:29c'est qu'en fait, il cite le projet de Bolloré,
00:26:32le projet de l'extrême-droite, le danger du RN.
00:26:34Bon, ça, quelque part, c'est à saluer,
00:26:36parce que tout le monde ne le fait pas dans le monde du cinéma.
00:26:39On parlait tout à l'heure de Gilles Lelouch et autres.
00:26:42Enfin, voilà, ils préfèrent botter en touche.
00:26:45Voilà, c'est vraiment des centristes typiques.
00:26:48Là, au moins, ils nomment l'ennemi, entre guillemets.
00:26:50Par contre, ce qui est à noter, c'est une terreur absolue
00:26:53et qui dit quelque chose à quel point il va falloir questionner,
00:26:58interroger, repenser aussi le mode de financement du cinéma.
00:27:01Parce que là, en fait, c'est tellement dans les mains d'un seul homme,
00:27:05d'un seul milliardaire.
00:27:08Déjà, avant même que Bolloré soit là,
00:27:09Canal+, était déjà incontentable dans le cinéma.
00:27:12Et puis, cette situation quasi monopolistique,
00:27:14enfin, on ne peut pas parler de monopole non plus quand on parle de Canal,
00:27:16mais quand c'est quelques grands groupes qui se partagent
00:27:18l'intégralité du production cinématographique d'un pays,
00:27:20déjà, le problème à la base est d'être là.
00:27:22Et c'est aussi ça qui permet à Bolloré de faire ses opéras là-dessus.
00:27:25Oui, complètement.
00:27:25Et c'est vrai que ce débat-là, je pense qu'il va arriver assez rapidement
00:27:29dans l'espace public parce qu'il y a des plateformes qui commencent à émerger.
00:27:33Enfin, émerger Netflix, ça fait longtemps qu'ils sont là.
00:27:34Mais je veux dire, ils sont de plus en plus demandeurs.
00:27:37Enfin, tout à fait.
00:27:38Et ils essayent de financer de plus en plus de films qui sortent en salle.
00:27:41D'ailleurs, on le voit de plus en plus avant les films,
00:27:43leurs logos, etc.
00:27:45Et va se poser la question de la négociation.
00:27:48En fait, ce qui est intéressant dans le modèle du financement,
00:27:50c'est que Canal finance le cinéma, mais pas par mécénat.
00:27:54C'est parce qu'en fait, ils ont l'avantage,
00:27:57disons, une espèce de contrepartie de pouvoir diffuser les films en avance.
00:28:01C'est-à-dire, si moi, ils sont aussi en salle,
00:28:04mais il va se poser la question de,
00:28:06est-ce que Amazon, et je crois qu'Amazon est plutôt demandeur aussi,
00:28:09de financer davantage pour avoir ce type d'avantage ?
00:28:13Peut-être Netflix, peut-être d'autres, Disney Plus et autres.
00:28:17Si je dis pas de bêtises, ils ont fait ça pas mal avec le sport aussi, il me semble.
00:28:20Oui, exactement.
00:28:21Ils avaient acheté les rois de diffusion pour le tennis,
00:28:23pour vraiment les matchs de grand chlème.
00:28:24Roland Garros, ils ont oublié de passer par Prime Vidéo.
00:28:27Oui, pourquoi ?
00:28:27J'imagine qu'ils ont autant de vérité à le faire avec le cinéma,
00:28:30y compris le cinéma français.
00:28:31Oui, c'était pareil avec la Ligue 1 à un moment.
00:28:35Complètement.
00:28:36Donc voilà, ce débat-là va arriver,
00:28:38et ça va être intéressant à suivre.
00:28:40Et il est le même nécessaire,
00:28:41parce que quand on voit ce niveau de terreur...
00:28:44Parce que c'est vrai que de tout peinir,
00:28:45si on veut lutter contre Bolloré,
00:28:46on ne peut pas juste lutter uniquement contre Bolloré.
00:28:48Parce que par exemple, si ça se fait à un niveau législatif,
00:28:50imaginons un président de gauche élu,
00:28:52ils veulent un peu assainir le climat médiatico-politique de ce pays,
00:28:56et bien ça serait peut-être par des lois antitrust,
00:28:58des lois contre la concentration médiatique,
00:28:59ou des lois qui enlèvent du pouvoir économique
00:29:02à des milliardaires qui en ont beaucoup trop.
00:29:03Mais ça ne pourrait pas être une loi spécifiquement sur Bolloré,
00:29:05sur la base de ses idées.
00:29:07C'est ce que je veux dire.
00:29:07Donc la solution à ce problème,
00:29:11ce n'est pas s'en prendre à Bolloré en soi,
00:29:12mais à la situation et au mode de production économique même,
00:29:15je dirais,
00:29:16qui permet à des Bollorés d'émerger
00:29:18et de finir par faire ce genre de projet.
00:29:22Donc c'est vrai que derrière cette question,
00:29:23on peut se dire,
00:29:24c'est Bolloré le mec d'extrême droite
00:29:26qui veut racheter le cinéma français dans sa quasi-intégralité,
00:29:29et du coup il y a des acteurs qui s'y opposent.
00:29:30La question en vérité est beaucoup plus profonde que ça.
00:29:32Et en fait, pareil,
00:29:34c'est un truc que j'avais lu en préparant l'émission.
00:29:36Là, les logiques qu'on a d'OPA sur des secteurs culturels comme ça,
00:29:40extrêmement agressive,
00:29:41avec Bolloré qui rachète,
00:29:42qui dit maintenant c'est ma boîte.
00:29:43Bolloré, il a quand même dit pour se justifier,
00:29:44je crois que c'est au moment de la faire grasser,
00:29:45mais pas de cette affaire-là,
00:29:46de dire je suis chez moi, je fais ce que je veux.
00:29:48Sauf que quand chez lui,
00:29:49c'est la moitié du cinéma français,
00:29:50est-ce qu'on a envie d'en arriver là ?
00:29:51Et en fait, c'est un peu cette logique
00:29:53qui existe déjà dans les boîtes industrielles,
00:29:54les boîtes plus classiques,
00:29:56où personne ne s'étonne qu'un milliardaire arrive,
00:29:58rachète une boîte pour 2 milliards,
00:29:59et fasse ce qu'il vole avec.
00:30:00Je ne sais pas, on va commencer à...
00:30:01Bah non.
00:30:02Elon Musk et Twitter, pour le coup, si,
00:30:03parce que c'est un événement,
00:30:04justement, parce que c'est un réseau social incontournable.
00:30:05Mais voilà, ça se rapproche aussi
00:30:07de ce qu'il a pu se passer avec Elon Musk et Twitter, par exemple.
00:30:09Mais en fait, quand on regarde
00:30:10comment fonctionne le capitalisme
00:30:11depuis, je ne sais pas, au moins deux siècles,
00:30:13en fait, c'est un peu la norme de faire ça.
00:30:14À la base, c'est celui qui a le plus d'argent,
00:30:16c'est le plus gros qui arrive
00:30:17et qui mange tout le monde.
00:30:18Et jusque-là, en France, on se disait
00:30:20qu'au moins, le secteur culturel
00:30:23était à l'abri à peu près de ça,
00:30:24parce que voilà, c'est la France,
00:30:25et on a une autre idée de ce qu'est
00:30:26que la culture française.
00:30:27Mais en fait, si on n'a pas
00:30:28des vraies solutions de gauche,
00:30:29des vraies solutions économiques
00:30:33contre ça, à un moment donné,
00:30:35les mêmes logiques de capitalistes prédateurs
00:30:38qui existent déjà depuis des siècles
00:30:39vont être appliquées au monde
00:30:40de la culture française.
00:30:42Et même si la France
00:30:43est un grand pays de culture,
00:30:44ça n'y résistera pas, quoi.
00:30:46Et dans ce contexte,
00:30:47je pense que ça peut être intéressant
00:30:48justement d'écouter
00:30:49la ministre de la Culture.
00:30:51Alors qu'est-ce qu'elle a dit,
00:30:52justement ?
00:30:52D'abord, enchantée,
00:30:54Catherine Pégard.
00:30:55Je ne sais pas si vous connaissez
00:30:56pas son nom.
00:30:57On va écouter la ministre de la Culture,
00:30:59et puis ensuite, on va prendre Cyprien.
00:31:01On n'aura pas le temps
00:31:02de regarder David Linard ?
00:31:04Si, on peut.
00:31:05On a le temps de faire les deux,
00:31:06tu penses ?
00:31:07Oui, je pense.
00:31:08C'est juste le président du CNC,
00:31:09tant pis,
00:31:10mais on ne te regardera pas.
00:31:11Hop là !
00:31:12J'aurais préféré vous parler
00:31:14de l'énorme succès du cinéma
00:31:16de Cannes,
00:31:17de la richesse de la programmation...
00:31:19Attendez, attendez.
00:31:19Hop là, le son n'était pas assez fort.
00:31:21J'aurais préféré vous parler
00:31:23de l'énorme succès du cinéma de Cannes,
00:31:25de la richesse de la programmation française
00:31:28qui s'y affiche avec plus de 60 films,
00:31:31et des fabuleux artistes qu'on y rencontre.
00:31:34Mais j'ai aussi entendu l'émotion,
00:31:37l'inquiétude,
00:31:38qui s'exprime dans le secteur du cinéma,
00:31:40comme elles se sont exprimées
00:31:42dans le secteur du livre récemment.
00:31:44Ces réactions nous disent
00:31:45que nous partageons au moins une même conviction.
00:31:48La culture est le lieu du débat.
00:31:51Nous sommes un pays de culture,
00:31:53nous l'aimons sous toutes ses formes,
00:31:55et nous la voulons diverse, éclectique et respectée.
00:31:58Dans cette économie ambitieuse et fragile,
00:32:03Canal Plus a eu une place importante
00:32:05en finançant aujourd'hui
00:32:06environ un film français sur deux.
00:32:09Les premiers films, le cinéma indépendant
00:32:12et bien d'autres.
00:32:13Ils participent de cette diversité de notre cinéma
00:32:16à laquelle nous devons,
00:32:18oui, nous devons, veiller collectivement.
00:32:21La place majeure de cette entreprise dans le cinéma
00:32:24lui donne une voix qui compte.
00:32:25Je regrette que la réponse, disproportionnée à tout le moins,
00:32:30apportée aux inquiétudes bien réelles
00:32:32qui se sont exprimées, les avives alors.
00:32:35Alors même que les films sélectionnés aujourd'hui
00:32:39devraient démentir les craintes
00:32:41par la variété des récits ou des imaginaires
00:32:44dans lesquels ils nous entraînent.
00:32:46Tu l'avais vu, toi, cet extrait ?
00:32:47Non.
00:32:49Parce qu'au début, ça commençait, bon voilà,
00:32:51ça se faufule un petit peu, ça ne dit pas grand-chose.
00:32:53Elle exprit son inquiétude quant à la réaction,
00:32:55donc l'action de Maxime Sada, du coup,
00:32:56le président du groupe Canal qui a dit, bon,
00:32:58voilà, se consignez la tribune,
00:32:59on ne travaillera plus avec vous.
00:33:01Et du coup, elle finit par dire, mais non, regardez,
00:33:02Canal, ils produisent plein de films
00:33:04qui montent de la diversité, donc ça va.
00:33:06C'est vraiment ça, sa réponse.
00:33:07Ils ont produit l'histoire de Souleymane,
00:33:10donc ça va, on en parlera dans deux ans,
00:33:11genre, qu'est-ce que c'est que ça ?
00:33:12Vraiment, l'inconséquence de ceux qui nous gouvernent,
00:33:15et des macronistes en particulier,
00:33:17c'est quand même fou, quoi.
00:33:18Je ne sais pas s'ils font exprès de ne pas comprendre,
00:33:22s'il y a un move derrière,
00:33:24et ses pensées en amont,
00:33:25ou s'ils sont juste totalement délus,
00:33:27je n'arrive pas à le dire.
00:33:27C'est un truc que je ne comprendrais jamais
00:33:28avec les macronistes.
00:33:29S'ils sont proactifs dans cette fascisation,
00:33:31ou c'est les idiots utiles de Bolloré,
00:33:32je n'arrive pas à le dire.
00:33:33Franchement, c'est un mystère pour moi.
00:33:38La France est un grand pays de cinéma.
00:33:41Notre filière du cinéma est une magnifique réussite culturelle
00:33:44et industrielle,
00:33:46qui participe de l'attractivité de notre pays
00:33:49et de notre souveraineté culturelle.
00:33:51Nos industries culturelles ne doivent pas être instrumentalisées
00:33:55à des fins politiques.
00:33:57Madame la députée, je crois que vous serez d'accord
00:33:59pour dire avec moi que nous ne devons pas être
00:34:02les jeux de polémiques qui fragilisent
00:34:05une de nos plus belles réussites,
00:34:07en attaquant semaine après semaine
00:34:10ces différents piliers
00:34:12accusés d'être au service d'idéologie politique.
00:34:15Bon, la réponse est nulle.
00:34:17Donc là, du coup, c'était LFI qui pose une question au gouvernement
00:34:19et c'est elle qui a répondu.
00:34:20Donc elle conclut en disant
00:34:21« Ah, c'est bon, arrêtez de dire que tout le monde est fasciste, quoi. »
00:34:23Il faut qu'on parle de Bolloré qui veut
00:34:25racheter l'intégralité du cinéma français.
00:34:27Enfin, vraiment, j'ai du mal à comprendre, quoi.
00:34:29Ou alors il flippe de Bolloré, tout simplement.
00:34:31Il se dit « Oulala, s'il est contre nous, on va être dans la merde, quoi. »
00:34:33Je ne sais pas.
00:34:33C'est à peu près la même réponse que Sarah Giraud tout à l'heure.
00:34:37Ou même que le président du CNC.
00:34:39C'est un petit...
00:34:40Arrêtez d'être radicaux.
00:34:41Arrêtez d'être extrémistes.
00:34:42Parlez-vous.
00:34:43On va trouver des compromis.
00:34:45Tout ça de copains.
00:34:46Et puis, n'oubliez pas, le cinéma, nos unis, grand cinéma,
00:34:49exception culture française, blablabla.
00:34:51Et en fait, c'est cette espèce de litanie permanente.
00:34:54Mais en fait, c'est du macronisme furieux.
00:34:56C'est un peu ce qu'il disait tout à l'heure.
00:34:57C'est une façon de ne pas se mouiller.
00:35:00Alors, est-ce que c'est de la collaboration active ?
00:35:02Est-ce que c'est la passivité qui produit finalement le même effet ?
00:35:06En vrai, ce n'est pas très important.
00:35:08C'est l'acte qui compte plus que l'intention, comme disait Hegel.
00:35:11C'est ça.
00:35:11Est-ce qu'on se fait un plaisir en écoutant Elisner ?
00:35:14Ou est-ce qu'on prend Cyprien ?
00:35:16Si on a le temps de regarder David Elisner,
00:35:17parce que l'extrait est quand même hallucinant.
00:35:18Tout le coup, j'ai déjà vu.
00:35:20Mais pour moi, on ne peut pas ne pas regarder l'extrait de David Elisner.
00:35:22Parce que Béchemignon aussi.
00:35:23Oui, oui, oui.
00:35:25Exactement.
00:35:26Il dure une minute.
00:35:27Il faut s'extrait.
00:35:28Donc, David Elisner, je vous rappelle, maire de Cannes.
00:35:29Donc là, on est au festival de Cannes.
00:35:31C'est le maire de Cannes.
00:35:31Sa parole a une certaine importance par rapport à ça.
00:35:34Et c'est surtout peut-être un futur candidat à la présidentielle
00:35:37sur une ligne vraiment libertarienne.
00:35:39Il va être le Millet français.
00:35:40Et donc, écoutez ce qu'il a à dire.
00:35:41C'est vraiment...
00:35:42Il a une vision du monde qui est absolument terrifiante
00:35:44quand on y réfléchit bien.
00:35:45Et rappelez-vous que tout ça, il imagine le dire au nom de la liberté.
00:35:49Donc, je trouve ça absolument fou.
00:35:50Il y a une phrase en particulier que vous allez probablement reconnaître,
00:35:53qu'on a déjà entendue, déjà pour défendre Bolloré.
00:35:55Et c'est édifiant, vous allez voir.
00:35:57Je pense qu'il faut quand même être sacrément de mauvaise foi et masochiste
00:36:01pour mordre la main qui vous nourrit sans demander de contrepartie idéologique.
00:36:05Parce que mordre la main qui vous nourrit en parlant de Bolloré,
00:36:07c'est exactement la même phrase que Siglhanouna avait dit à Louis Bouaillard
00:36:10sur le plateau de « ne touche pas mon poste ».
00:36:11On me dit « Ah, quoi, tu critiques Bolloré ?
00:36:13Petit ingrat, on ne mord pas la main qui nous nourrit ».
00:36:16Donc, c'est vraiment l'analogie de « on est des clébards de Bolloré ».
00:36:19J'en sens.
00:36:20Respectez-vous, je ne sais pas.
00:36:21Je trouve ça incroyable.
00:36:22Qu'est-ce que vous demandez de contrepartie idéologique ?
00:36:24Qu'est-ce que vous voulez ?
00:36:25Juste un visio-call.
00:36:28Juste un visio-call.
00:36:28Juste un visio-call.
00:36:29Juste un visio-call.
00:36:30Juste un visio-call.
00:36:31Cinq minutes.
00:36:32Cinq minutes.
00:36:46Cinq minutes.
00:36:47Ils ne sont pas réellement des samouratins.
00:36:49Donc, certains se donnent des postures faciles, des combats faciles.
00:36:53Ils auraient dû aller voir le film sur Jean Moulin.
00:36:55Ils auraient vu ce qu'était la vraie résistance.
00:36:57Et je pense qu'ils auraient dû se taire.
00:36:59Voilà.
00:36:59Et ils auraient dû se taire.
00:37:00Et j'espère que cette polémique va retomber.
00:37:02Parce que le cinéma français a besoin de cannabis.
00:37:04Il ne faut pas que le cinéma français lubie.
00:37:07Et qu'on ne peut pas ainsi dénigrer.
00:37:09Qu'on s'exprime et qu'on condamne les lignes politiques et tout,
00:37:13c'est la liberté d'expression.
00:37:14Et c'est fondamental.
00:37:15Mais là, il ne s'agit pas du tout de la liberté d'expression.
00:37:17Il s'agit d'un dénigrement.
00:37:19Si Canal+, avait des choix idéologiques et de ses financements,
00:37:22ça ne mériterait d'être souligné et d'être condamné.
00:37:24Et ce n'est pas le cas.
00:37:27Donc, qu'est-ce que vous voulez ?
00:37:28C'est à la fois infondé, ingrat.
00:37:32Et peut-être un peu imbécile aussi, masochiste.
00:37:35Voilà.
00:37:35La réaction de Canal, elle est compréhensible.
00:37:37OK.
00:37:38Donc, la réaction de Canal est compréhensible.
00:37:39Mais le fait d'avoir écrit une tribune dans ce genre-là,
00:37:41ça, ce n'est pas compréhensible par contre.
00:37:42Parce que, certes, ce n'est pas vraiment la liberté d'expression.
00:37:44C'est avant tout...
00:37:46C'est quoi le mot qu'il a utilisé ?
00:37:47De la diffamation ?
00:37:48Non, je ne sais plus ce qu'il a mot.
00:37:49Du dénigrement.
00:37:50Voilà.
00:37:51Donc, bon, je ne sais pas.
00:37:51Il a la liberté à la géométrie variable,
00:37:53vraisemblablement.
00:37:53C'est le cas d'à peu près 100% des ultra libéraux dans ce monde.
00:37:57Ils pensent à l'aider pour la liberté.
00:37:58Au final, ils sont pour la liberté d'exploiter,
00:38:00se faire de la tuyne et de la liberté de payer le moins d'impôts possible.
00:38:03Et derrière, ils n'en ont absolument rien à foutre.
00:38:04Mais il y a tout un front, comme ça, semblable à David Linnard.
00:38:08Alors, là, on est sur le front politique,
00:38:12même sur le front médiatique.
00:38:14Quand on lit les éditos de ces derniers jours de L'Opinion ou du Figaro,
00:38:20c'est à peu près le même temps.
00:38:21Enfin, là, j'ai sous les yeux l'édito de Nicolas Béthoud dans L'Opinion
00:38:25d'il y a deux jours où, en gros, il dit...
00:38:28En fait, c'est la même façon d'inverser, disons, la charge accusatoire.
00:38:32En fait, c'est une volonté de jeter le discrédit sur les acteurs,
00:38:35sur ceux qui se mobilisent plutôt que sur l'entreprise idéologique de Bolloré.
00:38:38Et ces éditos disaient notamment...
00:38:42Alors, où est-ce que je dis ?
00:38:43Bon, en gros, je ne le retrouve pas, mais je l'ai en tête.
00:38:46En gros, il dit que les mains de Bolloré sont sales, mais son argent est propre.
00:38:51Et en gros, les acteurs voudraient imposer une sorte de label
00:38:55de bonne conscience, de bien-pensance.
00:38:58Et en gros, c'est ça toute la démarche de ces acteurs.
00:39:01Une façon de salir cette lutte, de salir ce combat, cette mobilisation.
00:39:06Et c'est exactement ce que fait David Linnard.
00:39:08Alors, avec des mots encore plus durs.
00:39:10Oui, mais c'est pas étonnant.
00:39:12C'est vraiment sa ligne depuis un certain temps.
00:39:14Cette ligne milléiste, voilà.
00:39:18Et puis, alors, j'imagine qu'elle est partagée par l'ERN.
00:39:20Alors, l'ERN est plutôt discret, pour le coup, sur ce sujet pour l'instant.
00:39:23Mais bon, voilà.
00:39:25Après, comme ils portent publiquement, et puis déjà depuis un petit moment,
00:39:28la privatisation de l'audiovisuel public intégralement, en réalité,
00:39:30et la suppression plus récente du CNC,
00:39:32en fait, ils n'ont pas beaucoup besoin de parler dans cette histoire.
00:39:35Parce qu'en plus, il y a aussi un petit côté où ça peut la foutre un peu mal
00:39:38de s'opposer au cinéma français.
00:39:39Il y a certains milieux comme ça qui, quand même, ont plutôt bonne presse,
00:39:42malgré tout, en France.
00:39:43Quoi qu'on dise l'extrême droite, comme si vraiment le vrai bon peuple français,
00:39:48enraciné, n'en avait rien à foutre de cette gauche caviar parisienne qui les méprise.
00:39:52En vérité, il y a quand même un...
00:39:54Le cinéma français et le monde de la culture, de manière générale,
00:39:57a un poids en France qui fait que s'en prendre directement
00:39:59et de manière aussi violente à eux comme a pu le faire Maxime Sada.
00:40:02Bon, ça leur faudrait faire mauvaise presse.
00:40:04Donc, je pense que le RN, ils sont sur cette ligne qu'ils ont depuis le début,
00:40:07c'est-à-dire se faire discret si besoin.
00:40:10De toute manière, les gens connaissent leur projet, ils sont identifiés,
00:40:13donc ils n'ont même pas besoin, forcément, de capitaliser là-dessus
00:40:15pour que, si jamais ça prenne, les gens qui sont plutôt pro-bolorés dans cette histoire
00:40:20se mettent à voter pour le RN.
00:40:22Ils sont assez identifiés sur tout ce qui est audiovisuel public
00:40:25pour ne pas avoir à en faire des tonnes
00:40:26et éventuellement se mettre à dos certains pensées.
00:40:29Complètement.
00:40:31Complètement.
00:40:31On va partir à Cannes où Cyprien nous attend
00:40:35et dont on a pu mesurer l'excédent de vote anglais.
00:40:38Je ne sais pas si tu nous entends.
00:40:41Salut les gars !
00:40:42Salut !
00:40:42Il est bien ?
00:40:43Ça va et toi ?
00:40:44En tout cas, il a l'air de faire beau à Cannes.
00:40:45Je ne sais pas si on te voit, oui, on te voit.
00:40:47C'est grave.
00:40:47On voulait projeter du soleil avant de parler de fascisme.
00:40:51Ouais.
00:40:52En plus, il fait gris chez nous.
00:40:53Il commence à faire beau vendredi, je crois, en région parisienne.
00:40:55Mais pour l'instant, il fait vraiment bien dégueulasse.
00:40:57Donc j'avoue, là, je vois ciel bleu et je me dis
00:40:58Ah !
00:40:58C'est chouette !
00:41:00Bah Cyprien, pour te présenter,
00:41:02t'es journaliste à la rubrique politique
00:41:05mais t'es aussi passionné de cinéma.
00:41:09Aussi, tu publies souvent régulièrement des critiques cinéma.
00:41:13Je renvoie vers tes réseaux sociaux
00:41:14et tu nous envoies souvent des petites stories
00:41:16qui sont personnellement mon guide de cinéma à chaque fois.
00:41:21Pour le meilleur et pour le...
00:41:22Enfin, pour le pire.
00:41:24Même moi.
00:41:25Non, je rigole !
00:41:27Alors...
00:41:27Je suis très bien là !
00:41:30Alors, t'es à Cannes depuis quelques jours.
00:41:32Est-ce que d'abord, tu peux nous raconter...
00:41:34On va parler ensuite des films que t'as pu voir, etc.
00:41:37Mais là, on va rester sur le sujet.
00:41:39Est-ce que tu peux nous raconter un petit peu l'ambiance,
00:41:42l'atmosphère à Cannes dans ce contexte-là,
00:41:45avec cette publication de Tribune, la réponse de Saada ?
00:41:49Voilà, comment on se sent à Cannes en ce moment ?
00:41:54C'est très particulier parce que le festival vit quand même sa vie, malgré tout.
00:41:58Et il y a cette euphorie cinéphile de voir des films, etc.
00:42:02Donc, tout ne s'est pas arrêté avec la polémique.
00:42:05Mais par contre, c'est vrai que ça a interrompu un petit peu.
00:42:09Enfin, ça a mis une ambiance un peu particulière.
00:42:11Parce qu'en gros, là, depuis...
00:42:13Notamment, la réponse de Saada à la Tribune,
00:42:16le sport national, c'est devenu de huer à chaque fois les logos canals devant les films.
00:42:21Et ils sont très nombreux parce qu'en fait, c'est un petit...
00:42:24On le savait déjà, mais on s'en rend d'autant plus compte.
00:42:27Canal+, c'est partout.
00:42:28En fait, ils financent énormément de films,
00:42:30y compris des films français, bien sûr,
00:42:32mais y compris des films étrangers,
00:42:35européens, voire internationaux,
00:42:36qui ne peuvent pas se faire sans Canal+.
00:42:39Donc, en fait, il y a plein de films.
00:42:40Hier, par exemple, c'était Minotaur, un film russe,
00:42:42qui parle de la guerre en Ukraine
00:42:44et qui était, pareil, produit en partie par Canal+.
00:42:48Donc, gros sué sur le logo Studio Canal et Canal.
00:42:52Et après, il y a une ambiance...
00:42:54Il y a une ambiance aussi un peu de tétanie, en fait.
00:42:57Parce qu'on a essayé, nous, d'avoir pas mal de témoignages de gens
00:43:01pour qu'ils réagissent à la menace de Saada,
00:43:03à la fameuse blacklist.
00:43:05Et en fait, y a plein de gens qui disent
00:43:07mais moi, je ne peux pas parler parce que, en fait,
00:43:09tout le monde a quelque chose à vendre à Canal+, en partie.
00:43:11C'est-à-dire qu'il y a des distributeurs qui veulent vendre des projets
00:43:14de films à financer, tout simplement à produire.
00:43:17Et Canal reste un guichet extrêmement important
00:43:19et, en fait, incontournable à l'heure actuelle.
00:43:21Il y a d'autres qui partent en pré-production pour leurs films
00:43:24et qui ont aussi besoin de Canal.
00:43:25Et puis, en plus, il y a la question maintenant,
00:43:26et c'est d'ailleurs ça qui avait déclenché la tribune,
00:43:28la question du GC.
00:43:29Puisqu'en fait, je vous écoutais parler avant notre reprise de direct.
00:43:34Et Bouloré, techniquement, ne veut pas racheter tout le cinéma français
00:43:37parce qu'il y a plein d'acteurs en réalité.
00:43:38Mais par contre, il veut prendre toute la chaîne de production des acteurs majeurs.
00:43:42C'est-à-dire Canal+, qui est le premier financeur,
00:43:45et maintenant UGC, dont il est monté au capital,
00:43:48il veut prendre le contrôle total d'ici 2028,
00:43:50qui est un énorme distributeur et qui est incontournable pour plein d'acteurs.
00:43:54Donc, en fait, il y a plein de gens qui se disent
00:43:55mais si je parle, je ne vais juste pas pouvoir ni produire mon film,
00:43:59ni le vendre, ni le distribuer.
00:44:01Et donc, il faut quand même se souvenir que le Festival de Cannes,
00:44:05c'est avant tout un marché.
00:44:06Donc, en fait, vous savez, vous avez la croisette, le tapis rouge, etc.
00:44:10Mais en fait, sous le Paris des Vestiels, vous avez un gigantesque marché
00:44:13qui est encore une espèce de foire d'exposition,
00:44:14où tout le monde essaie de tirer.
00:44:16C'est du business, c'est une industrielle, le cinéma.
00:44:18Et donc, tout le monde est un peu maitrifié par rapport à ça.
00:44:21Ce qui ne veut pas dire que les gens ne sont pas trop Bouloré.
00:44:23Mais de fait, tout le monde se rend compte à quel point il y a une canalodépendance, en tout cas.
00:44:30Et que ce n'est pas si simple, en fait.
00:44:31Voilà. Surtout pour les gens les plus fragiles.
00:44:34Parce que c'est plus facile de prendre la parole quand on est une star.
00:44:37Par exemple, Juliette Binoche a parlé d'arrivée des signatrices.
00:44:40Moi, je ne pense pas que KTN Plus va boycotter Juliette Binoche.
00:44:43Il ne fait plus faire des films avec Juliette Binoche.
00:44:45Par contre, les techniciens qui ont signé cette tribune, etc.
00:44:47Eux, je pense, ont beaucoup plus de soucis à faire.
00:44:50Parce que pour le coup, il y a des techniciens, il y en a beaucoup sur le marché.
00:44:54Ils peuvent faire jouer à la concurrence, quoi.
00:44:57Donc, ambiance étrange un peu, ouais.
00:44:59Ok, ok.
00:45:00Et est-ce que tu as vu, on l'a regardé justement, la prise de parole d'Arthur Harari
00:45:05qui à la fois pointe le problème, il n'a pas peur de le pointer.
00:45:10Et en même temps, on le sent un petit peu terrorisé aussi.
00:45:13Est-ce que ça rejoint un peu ce que tu dis sur le côté, voilà, une forme de tétanie ?
00:45:17Certains sont pétrifiés.
00:45:19Je ne sais pas s'il est terrorisé, mais oui, je l'ai écouté Harari.
00:45:23Je trouve qu'il arrive quand même à avoir un discours où il assume quand même d'être le signataire.
00:45:27Où il dit quand même qu'il faut nommer les choses.
00:45:30Et qu'en fait, ce qui est fou, c'est que voilà,
00:45:32c'est simplement dire que Bolloré d'extrême droite, ça suffit déjà à avoir la menace, en fait.
00:45:38Parce qu'en gros, pour juste rappeler,
00:45:40Sahada, il répond à la tribune, certes, mais il répond aussi à des propos
00:45:43tenus par la réalisatrice Marina Plon à Cannes après son film.
00:45:47Et où elle avait dit crypto-fasciste, que crypto-fasciste n'est pas dans la tribune de...
00:45:55Allô ?
00:45:56Ah, petit problème technique.
00:45:57Moi, je me disais que ça laguait un peu plus tout à l'heure, mais je me disais...
00:45:59Tu m'entends encore ?
00:46:00Ah, ça y est.
00:46:01C'est bon, t'es revenu.
00:46:01T'es revenu.
00:46:02Ouais, pardon.
00:46:04C'est bon, super.
00:46:05Et donc, dire extrême droite, déjà, c'est déjà quasiment subversif, quoi.
00:46:09Pour l'univers Canal+, donc c'est ça qui est un peu inquiétant.
00:46:13Et pour revenir sur Harry, oui, lui, il fait le distinguo en disant
00:46:16« C'est pas pour autant que j'aime à gamme tout le groupe Canal ».
00:46:19Mais en fait, il dit ça aussi parce que pour le moment, on ne sait pas faire sans.
00:46:23Il faut quand même le dire très clairement.
00:46:26Et pendant le moment, c'était un peu l'illusion qui était en cours.
00:46:28C'est-à-dire qu'on se disait que Canal, factuellement, produit des films d'une variété politique assumée.
00:46:37Il y avait souvent l'histoire de Suleymane qui était évidemment produit par Canal.
00:46:40Mais là, je sors à l'instant d'un film d'Emmanuel Marc qui s'appelle « Notre Salut »
00:46:44qui parle de la collaboration et qui est…
00:46:46Bon, il est sous-embargant, je ne peux pas trop en parler.
00:46:48Mais disons que c'est bien mieux que Giannoli et « Les rayons et les ombres ».
00:46:51Et surtout, c'est vraiment un film…
00:46:53Voilà, c'est pas un film Bolloré.
00:46:54Voilà, on peut le dire, en tout cas.
00:46:56Et en plus, avec Swan Arlo qui est signataire de la tribune contre Canal.
00:47:02Enfin, contre Bolloré.
00:47:04Donc, en vrai, oui, il y a encore cette diversité.
00:47:06C'est pour ça que je pense qu'Ari prend cette précaution en se disant
00:47:08« Non, mais Canal assure encore la diversité ».
00:47:11On voit qu'en fait, à tout moment, ils peuvent appuyer sur le bouton « Stop ».
00:47:13Et ce qui s'est passé un peu à Grasset.
00:47:14Pendant Grasset, ils ont vécu à Grasset.
00:47:16Ils ont vécu pendant trois ans pour l'illusion qu'en fait, tout allait bien,
00:47:18que ça n'avait rien changé.
00:47:19Et le jour où ça change, tout le monde est dans la sauce
00:47:22et tout le monde se retrouve sur le carreau, en fait.
00:47:25Et là, la menace de Salada, ça rappelle ça, en fait.
00:47:27Ça rappelle que, OK, Canal, pour l'instant, assure…
00:47:32Ne met pas trop de pression, même s'il y a eu quelques cas de pression
00:47:35qu'on a cité dans Luma, notamment sur le film d'Ouzon,
00:47:38qui était sur les violences sexuelles dans l'église.
00:47:40Oui.
00:47:40Mais bon, c'est vrai que c'est pas non plus…
00:47:43C'est pas du CNews Canal+, ça c'est évident.
00:47:46Mais c'est aussi dur, en fait.
00:47:47C'est qu'en fait, Bolloré a besoin d'avoir des guichets…
00:47:51CNews, ça perd de l'argent, en fait.
00:47:53Donc s'il ne fait qu'une entreprise purement idéologique,
00:47:55ce ne sera pas rentable.
00:47:56Donc il a besoin d'avoir des guichets qui font rentrer la thune
00:47:58et le Canal, et aussi la diversité de Canal+,
00:48:02assure cette rentrée d'argent variée.
00:48:04Comme par exemple, il y a des maisons d'édition comme Pika,
00:48:07qui fait du manga,
00:48:08où il n'y a pas une…
00:48:09Il y a par exemple qui édite l'attaque des titans.
00:48:10Bon, on ne sait pas…
00:48:11Il n'y a pas de fascisme évident, je fais Pika, quoi.
00:48:14Mais ça fait rentrer de la thune pour Bolloré.
00:48:16Donc ça produit un cas de confiance.
00:48:17Ok, ok.
00:48:18Alors ça, tu penses éventuellement,
00:48:19ou alors peut-être que les différents acteurs du cinéma français
00:48:22estiment que de toute manière, il est dépendant, on va dire,
00:48:25à ce que Canal reste à peu près normal et pas trop fasciste,
00:48:28pour des raisons économiques,
00:48:29ou est-ce qu'à priori, quand même, peut-être qu'il pourrait
00:48:32effectivement mettre de plus en plus ses pattes dans la production.
00:48:35Et parce que sinon, ça voudrait dire quoi, le fait de vouloir racheter UGC comme ça ?
00:48:37Si ce n'est pas pour avoir la main, justement,
00:48:40de la production jusqu'à la distribution sur le cinéma.
00:48:42Ça pourrait être quoi ?
00:48:43S'il y a des gens qui estiment qu'en fait,
00:48:44il a besoin que Canal reste un groupe à peu près normal
00:48:47pour pouvoir ne serait-ce que survivre au sein de Canal,
00:48:50au sein de l'écosystème médiatique.
00:48:52Si on a cette analyse-là,
00:48:53comment on peut analyser le fait qu'ils veulent racheter UGC
00:48:55et avoir 100% des parts de UGC d'ici 2028 ?
00:48:58Ça serait quoi l'intérêt du coup ?
00:48:59Ce serait uniquement économique selon cette analyse ?
00:49:01Alors, pas purement économique,
00:49:02parce que je pense que c'est jamais déconnecté l'économie de l'idéologie chez Bolloré,
00:49:05mais c'est aussi avant tout un homme d'affaires.
00:49:07Je pense qu'il ne faut pas avoir ça en tête,
00:49:08ça reste un capitaliste.
00:49:09Donc, ce qu'il veut, c'est maîtriser la chaîne de production.
00:49:11Si tu maîtrises ce qui a l'intérêt aux Etats-Unis,
00:49:14par exemple aux Etats-Unis,
00:49:15un cinéma, enfin,
00:49:16un sujet de production ne peut pas posséder des salles de cinéma.
00:49:18Ok.
00:49:18Là, on a un canal qui effectivement aurait la contrôle de la chaîne,
00:49:22enfin, un canal Bolloré,
00:49:23qui aurait toute la chaîne de production
00:49:24et donc ça permet de réduire des coûts
00:49:26et ça permet d'assurer un système aussi vertueux,
00:49:28c'est-à-dire, je produis des films avec Canal+,
00:49:30je les distribue avec UGC
00:49:31et j'assure la promotion avec le JDD, CNews, Europe 1, etc.
00:49:35Et c'est un système intégré où tout est intégré
00:49:39et en plus, il a des relais dans les gares qui étaient à la Gardère avant
00:49:44qui permettent de diffuser la propagande et éventuellement la promotion.
00:49:48Donc, c'est un système redoutable, en fait.
00:49:52Donc ça, c'est d'abord,
00:49:53et économiquement, ça risque d'être très profitable pour lui.
00:49:56Et ensuite, effectivement, il y a la question de…
00:49:58il a les coups des franches pour…
00:50:00ça lui libère de l'espace si jamais il veut teinter effectivement d'idéologie,
00:50:04c'est ses choix ciné.
00:50:06Moi, je le vois pas complètement arrêter la production de films diverses
00:50:12parce que c'est aussi la crédibilité de Canal qui repose dessus
00:50:14et je pense qu'il peut pas flinguer ça.
00:50:16Par contre, qu'il en profite pour produire plus de films un peu chelous,
00:50:20un peu réacs, comme il l'avait déjà…
00:50:22Alors, c'était pas une production,
00:50:23mais comme il avait déjà distribué un film anti-avortement sur C8,
00:50:26c'est un film américain, mais il l'avait diffusé en prime time sur C8,
00:50:29un film vraiment complotiste, anti-VG, absolument dégueulasse,
00:50:33un film d'évangélique américain.
00:50:35Ce genre de trucs, qu'il en fasse des films maison aussi,
00:50:38ça c'est pas impossible.
00:50:39Et comme il aura toute la gêne de production,
00:50:40pour le coup, il aura aucun mal à les vendre.
00:50:42Ok, ok.
00:50:43Et tu parlais de la dépendance à Canal,
00:50:45et tu disais notamment, on peut pas faire sans en tout cas aujourd'hui.
00:50:49Il y a d'autres acteurs qui sont entrés dans le financement du cinéma,
00:50:53je pense à Amazon, à Netflix, du cinéma sur grand écran.
00:50:56Est-ce qu'ils présentent une solution pour diversifier les sources de financement,
00:51:01ou est-ce que là aussi, ça présente les mêmes problèmes que Canal ?
00:51:04C'est très compliqué parce qu'en fait, c'est aussi des groupes capitalistes.
00:51:07Donc, enfin, on peut se réjouir effectivement,
00:51:12que les guichets soient plus diverses parce que,
00:51:13de toute façon, les monopoles, c'est toujours un très gros danger,
00:51:17pour l'industrie, pour toutes les industries d'ailleurs.
00:51:21Mais Bezos, c'est pas non plus notre copain politique, a priori,
00:51:24pour ce qui est d'Amazon.
00:51:26Donc, voilà.
00:51:28Et même Netflix, même si c'est censé être un peu plus...
00:51:30Enfin, ils ont un peu une DR un peu woke,
00:51:33Netflix, ou un peu progressiste en tout cas,
00:51:35ça peut bouger très vite.
00:51:36Donc, voilà.
00:51:37Le problème, c'est qu'en fait, on ne sait pas faire autrement pour l'instant
00:51:40qu'avec des... Enfin, financièrement, le cinéma,
00:51:43c'est une industrie capitaliste, en tout cas le cinéma contemporain,
00:51:46et on ne sait pas faire autrement.
00:51:47Ça intervient un moment en plus où le financement public,
00:51:49qui est important aussi, mais se casse la gueule
00:51:51parce qu'on a France Télé qui est attaqué,
00:51:54et aussi les financements régionaux, etc.,
00:51:57qui ont été drastiquement réduits au nom des coupes budgétaires.
00:52:00Je pense aux régions Pays de la Loire,
00:52:03ou aux Gabronalpes qui ont largement sabré.
00:52:06Donc, voilà.
00:52:07C'est aussi ça le problème.
00:52:10C'est-à-dire qu'à moins de vouloir...
00:52:12En fait, là, si aujourd'hui vous voulez faire un film
00:52:14sans les grands groupes,
00:52:16sans canal, mais même sans les grands groupes,
00:52:18vous pouvez vous condamner à faire un cinéma de Maki
00:52:20à 20 balles,
00:52:21qui sera vu par pas grand monde, en fait.
00:52:25Et...
00:52:26Ah, ça a recoupé.
00:52:27Dommage, alors là, parce que la connexion est beaucoup mieux.
00:52:28Ouais, allô ?
00:52:29Ouais, c'est bon.
00:52:30C'est revenu, c'est revenu.
00:52:31Les petites coupures...
00:52:32Pourtant, la connexion allait mieux, là.
00:52:33T'étais en HD et c'était fluide,
00:52:35mais bon, c'est pas grave, c'est revenu.
00:52:36Tu peux continuer.
00:52:38Vous utilisez le cinéma de Maki,
00:52:39si on était au cinéma de Maki.
00:52:40C'est un terme assez intéressant,
00:52:41je le connaissais pas, mais ça me plaît.
00:52:44Oui, je le disais, ça existe,
00:52:45c'est un des gens qui veulent vraiment être indépendants complètement
00:52:47de tous les circuits de financement
00:52:49pour faire un cinéma très libre,
00:52:50mais c'est un cinéma aussi très contraint
00:52:51par un manque de tunes et un manque de visibilité.
00:52:53Donc c'est un choix, mais on peut pas demander à tout le monde
00:52:55et à tous les cinéastes de se mettre à faire du cinéma confidentiel
00:53:00ou... voilà.
00:53:01Donc il faut arriver à arracher des espaces de résistance
00:53:04tout en pouvant encore faire le cinéma,
00:53:07un cinéma qui est moyen de faire de l'art, quoi, aussi.
00:53:10Tous les films ont pas voulu en faire 40 millions,
00:53:12enfin, à coûter 40 millions, évidemment,
00:53:13mais au loin s'en faut.
00:53:15Mais voilà, on peut pas avoir que des films à tout petit budget
00:53:19qui passent dans des circuits d'art et d'essai
00:53:21ou de cinéma municipaux non plus.
00:53:23Donc c'est un petit problème.
00:53:25Alors, vas-y, vas-y.
00:53:27Du coup, il y a une question que je me posais,
00:53:28c'est que là, du coup, il y a quand même pas mal d'inquiétude
00:53:30par rapport à Bolloré.
00:53:31Là, toute la conversation qu'on a d'habitude,
00:53:32qu'on a depuis le début, c'est justement pour essayer de se dire,
00:53:35bon, à quel point il va avancer son projet fasciste
00:53:37dans le cinéma français ?
00:53:39Est-ce que ça va être juste, il va l'aiguiller un petit peu plus,
00:53:42censurer un petit peu, mais ça restera quand même
00:53:44le cinéma français tel qu'on le connaît,
00:53:45ou est-ce que vraiment ça va partir en full propagande ?
00:53:47C'est un petit peu la question qu'on se pose.
00:53:48Mais du coup, quand on réfléchit à l'aune de l'élection en 2027
00:53:51et de la potentielle arrivée au pouvoir du Rassemblement national,
00:53:53qui, eux, veulent privatiser l'audiovisuel public
00:53:55et supprimer le CNC,
00:53:56ce qui n'aurait encore plus d'importance
00:53:58et un rôle encore plus monopolistique à Bolloré,
00:54:00mais de manière assez massive, premièrement.
00:54:01Et en plus, du coup, évidemment,
00:54:03que l'idéologie qui est directement au pouvoir
00:54:06serait totalement raccord avec l'idéologie de Bolloré.
00:54:08Donc, est-ce que peut-être, parmi les acteurs,
00:54:10enfin, quand je dis acteur, c'est pas acteur-actrice,
00:54:12mais au sens figuré,
00:54:13parmi les différentes personnes qui font le cinéma français aujourd'hui,
00:54:17est-ce que cette inquiétude, elle va plus aussi se structurer
00:54:19sur l'éventualité d'une arrivée du RN au pouvoir en 2027 ?
00:54:23Est-ce que c'est à ce moment-là que peut-être
00:54:24les derniers vont finir par se réveiller ?
00:54:27Comment tu le sens ?
00:54:28Est-ce que tu as un petit peu un feeling d'abord à ça ?
00:54:31C'est un peu compliqué parce qu'en fait,
00:54:33un peu le paradoxe du Festival de Cannes,
00:54:35c'est aussi, et c'est-à-dire un peu le moment politique
00:54:37dans lequel on est aussi,
00:54:38c'est que, en fait, la parole,
00:54:42bon, il y a des syndicats, etc., eux qui prennent la parole,
00:54:44mais la parole des acteurs, des actrices,
00:54:47notamment des grosses paroles,
00:54:48des top stars un peu,
00:54:49qui pèsent forcément plus dans le débat public,
00:54:52est très verrouillée.
00:54:54C'est-à-dire qu'en fait, le Festival de Cannes
00:54:55est extrêmement politique dans les films produits.
00:54:57Vraiment tous les films sont politiques,
00:54:59on parle plus ou moins du contemporain,
00:55:02c'est pas un festival dépolitisé, ça c'est sûr,
00:55:05mais par contre, dans les interventions,
00:55:08notamment conférences de presse, etc.,
00:55:10c'est Silence Radio,
00:55:12et c'est une consigne qui a été plus ou moins…
00:55:13On a mangé des échos qui nous disent que
00:55:16les attachés de presse, qui elles-mêmes
00:55:17sont sous pression, elles-mêmes ou eux-mêmes,
00:55:19parfois de producteurs ou de distributeurs,
00:55:22qui ont peur juste de…
00:55:25voilà, de l'effet sur la promo de leur film,
00:55:26tout simplement, c'est vraiment du calcul,
00:55:29eh ben, on passe ses consignes
00:55:30de pas trop trop lourir, quoi.
00:55:32Parce qu'il faudrait pas…
00:55:33il faudrait pas que c'est des conséquences néfastes, etc.
00:55:35Alors, il y a des cinéastes et des gens qui…
00:55:37comme Harry, par exemple,
00:55:39qui ont aucun problème à le faire
00:55:42et qui prennent les risques,
00:55:44mais à d'autres… voilà,
00:55:46d'autres personnes où je sens que c'est…
00:55:48c'est un peu assez d'autiède.
00:55:49Donc, pour l'instant,
00:55:50la question de la présidentielle,
00:55:51la question de la bascule fasciste,
00:55:52elle est pas trop…
00:55:53elle est pas trop abordée.
00:55:54Je sais pas si vous avez passé l'extrait,
00:55:55mais il y a quand même un cas emblématique,
00:55:57c'est quand même Gilles Lelouch,
00:55:58qui joue dans le film…
00:56:00Que j'aime bien.
00:56:01Ouais, voilà.
00:56:02Bon, ben, sur Jean Moulin,
00:56:03et qui est pas fichu de répondre
00:56:06sur les échos avec la situation actuelle.
00:56:07Genre, on lui demande même pas de…
00:56:09parce que je trouve que la question
00:56:09était très mal posée de la part des confrères
00:56:11qui lui demandait plus ou moins de dire
00:56:12allez voter LFI,
00:56:13mais…
00:56:13mais…
00:56:14mais par contre…
00:56:15Attention, il pouvait quand même…
00:56:16Attention, il pouvait quand même…
00:56:16Attention, attention.
00:56:18Non, mais il y a des moyens…
00:56:20enfin, la question…
00:56:21le début de la question était très pertinente.
00:56:22À un moment, il y a évidemment
00:56:23qu'il y a des passerelles à tirer
00:56:23entre la seconde guerre mondiale,
00:56:25enfin, en tout cas,
00:56:25un moment fasciste des années 30 et 40,
00:56:28et…
00:56:28et maintenant.
00:56:29Donc, en fait,
00:56:31qu'il soit incapable de dire…
00:56:33même une phrase un peu bateau sur…
00:56:35oui, ça m'inquiète, quoi,
00:56:36c'est quand même un peu télévision.
00:56:37Oui.
00:56:37Surtout qu'il aurait très bien pu dire,
00:56:38bon, en ce qui concerne LFI,
00:56:39je vais pas me prononcer,
00:56:40c'est pas mon histoire,
00:56:41mais quand même,
00:56:41c'est vrai que le RL,
00:56:42c'est un parti fasciste.
00:56:43J'aurais simplement pu répondre quelque chose
00:56:44un petit peu de cet ordre là,
00:56:45en évacuant la partie un peu plus
00:56:47qui les met moins de la question sur LFI, quoi,
00:56:49qui était peut-être un petit peu plus orientée,
00:56:50on va dire.
00:56:52Euh…
00:56:52Mais même ça, il l'a pas fait, effectivement.
00:56:53Et la réponse, c'était vraiment…
00:56:55pathétique, quoi.
00:56:55On attendait…
00:56:56on attendait pas de dire Lelouch
00:56:58un…
00:56:58un manifeste politique très conséquent,
00:57:00mais…
00:57:00mais bon,
00:57:01c'est…
00:57:01ça dit aussi…
00:57:03heureusement,
00:57:04ils sont pas tous à ce niveau-là d'inconséquence,
00:57:06mais…
00:57:06mais…
00:57:07mais voilà,
00:57:07ça dit aussi le moment.
00:57:09Donc, euh…
00:57:10oui, pour l'instant,
00:57:10il y a pas eu trop de…
00:57:11de prise de parole.
00:57:12Après, le festival est pas terminé,
00:57:14donc, par exemple, demain,
00:57:15il y a la compte de presse du film
00:57:16dont je vous parlais,
00:57:17notre salut,
00:57:18où il y a Swan Arlo.
00:57:19Donc, c'est attendu,
00:57:19Swan Arlo aura des questions là-dessus.
00:57:21Et comme, pour le coup,
00:57:22lui, il a parlé très librement,
00:57:24y compris dans une tribune dans l'UMA,
00:57:26euh…
00:57:26je pense qu'il va prendre la parole.
00:57:27Peut-être aussi qu'il sera au palmarès à la fin
00:57:30et que ça lui aura une tribune.
00:57:31On se souvient que Justine Crier,
00:57:32en 2023,
00:57:33elle avait profité de la Palme d'Or
00:57:35pour l'Anatomie d'une Chute
00:57:36pour parler des retraites,
00:57:38euh…
00:57:38dans un discours très social.
00:57:40Donc, voilà, ça…
00:57:41ça…
00:57:42on ne sait pas…
00:57:43on ne sait pas…
00:57:44voilà, il reste encore quelques jours
00:57:45pour que les gens sortent un peu les doigts,
00:57:47euh…
00:57:47mais bon, voilà.
00:57:48Encore une fois,
00:57:49dans le contexte un peu tendu
00:57:50et…
00:57:51et…
00:57:51où tout le monde est un peu tétanisé,
00:57:53je vous parlais au début, quoi.
00:57:54Ok.
00:57:55Juste avant que tu poses la question,
00:57:56petite remarque,
00:57:58si j'ai pas de bêtises,
00:57:58Anatomie d'une Chute, du coup,
00:58:00Palme d'Or il y a deux ans,
00:58:01était d'ailleurs produit,
00:58:02entre autres,
00:58:02par la région Auvergne-Rhône-Alpes,
00:58:03en France,
00:58:04qui justement a pris un…
00:58:06bah a pris un gros coup de…
00:58:07un gros coup de bâton
00:58:08en termes de financement public, quoi.
00:58:09Donc, au final, bon…
00:58:10tout ça est finalement assez d'accord, quoi.
00:58:12Mais j'ai un doute,
00:58:12il faudrait vérifier,
00:58:13mais j'ai rien qu'il y avait
00:58:13pas de l'argent de canal aussi,
00:58:15mais…
00:58:15Il y avait les deux, du coup.
00:58:17Ouais, voilà,
00:58:17il y a de l'argent de canal
00:58:18à peu près partout, donc…
00:58:20et voilà,
00:58:20il faut l'avoir en tête…
00:58:22et c'est vrai,
00:58:22c'est tous les films qui se font huer
00:58:24en début de série,
00:58:25en plus d'un moment des crédits au début,
00:58:27tous les films, quasiment,
00:58:28se font huer maintenant,
00:58:29sur 30 secondes, quoi,
00:58:30et après, par contre,
00:58:31la bonne nouvelle,
00:58:32c'est que, en contrepartie,
00:58:34les logos France Télévisions
00:58:35et du CNC sont…
00:58:38ovationnés.
00:58:39Ah, d'accord !
00:58:40Ah, donc c'est une petite ambiance,
00:58:42vu que les services publics,
00:58:43ça, ça fait plaisir, quand même.
00:58:44Exactement,
00:58:44il y a Charles Lalonde,
00:58:45le 35 hop, là,
00:58:46s'il était au plus.
00:58:47Voilà.
00:58:49Juste avant de parler des films que t'as pu voir,
00:58:51c'est-à-dire que tu nous parlais,
00:58:51tu me disais,
00:58:52c'est pas un festival dépolitisé,
00:58:53bien au contraire,
00:58:54il y a des films politiques
00:58:55et t'en as vu.
00:58:56Alors, tu nous diras un petit peu,
00:58:57tout à l'heure,
00:58:58pour nous donner un peu d'espoir aussi,
00:59:00pour nous dire que le film politique n'est pas mort,
00:59:01et tu nous parleras de ce que t'as pu voir,
00:59:03mais…
00:59:04je voulais te parler d'une…
00:59:06te citer…
00:59:07une citation d'Anna Muglalis,
00:59:09interrogée par Emilio Mellé,
00:59:11pour l'Humanité,
00:59:12allez la lire sur le site de l'UMA,
00:59:14elle dit,
00:59:15il va nous falloir repenser toute la façon de produire des films,
00:59:18tout le monde ferait bien de se rappeler
00:59:19que le festival de Cana a été fondé juste avant la guerre
00:59:21pour résister à la propagande fasciste,
00:59:23promue par le Monstrat de Vanise,
00:59:25un festival créé avec l'aide de la CGT.
00:59:28En gros, il va falloir se mobiliser,
00:59:29mais juste avant que t'arrives,
00:59:31on parlait de…
00:59:32est-ce que ce secteur-là du cinéma
00:59:33est en capacité à se mobiliser ?
00:59:35On parlait notamment de la sociologie aussi,
00:59:37dans le tchat on parlait de sociologie bourgeoise,
00:59:39de Nepo Babies, etc.
00:59:40Qu'est-ce que t'en penses toi de ce côté-là ?
00:59:42Est-ce que le cinéma peut vraiment se soulever
00:59:44ou sa sociologie sera forcément un frein à cette révolte ?
00:59:49En fait, je pense qu'il faut pas…
00:59:51c'est une question intéressante,
00:59:53et je pense que cette question des Nepo Babies et de la bourgeoisie,
00:59:56elle est surtout…
00:59:58quand on voit un peu la face très exposée du cinéma,
01:00:01c'est-à-dire le star system, les réalisateurs et les acteurs et les actrices.
01:00:05Et là, c'est vrai.
01:00:06Alors après, ça empêche pas…
01:00:08ça empêche pas certains de l'ouvrir,
01:00:09même tous bourgeois qu'ils sont.
01:00:11Donc bon, il faut faire un petit cingo,
01:00:13et puis il y a des gens qui l'ouvrent pas alors qu'ils pourraient…
01:00:16Bref.
01:00:16Mais par contre, le cinéma, c'est aussi des syndicats,
01:00:20c'est aussi des techniciens,
01:00:22des petites mains, des scénarios, etc.
01:00:24Et tous ces gens-là, eux,
01:00:26ils sont pas forcément…
01:00:26ils sortent pas forcément de Paris XVIe,
01:00:30le moins s'en fout.
01:00:32Et d'ailleurs, ils sont souvent précaires.
01:00:33Et donc, c'est eux qui font quand même aussi vivre le cinéma en tant qu'art collectif.
01:00:38Et eux, ils sont peut-être en capacité de se mobiliser,
01:00:40ils ont peut-être plus les codes de la lutte.
01:00:41Je veux dire, il y a quand même des grands mouvements intermittents,
01:00:46régulièrement en France, etc.,
01:00:47sur lesquels on peut aussi se reposer et attendre des choses.
01:00:51Il y a des syndicats, voilà, d'auteurs, de réals,
01:00:54qui s'organisent, en fait.
01:00:55Et d'ailleurs, la tribune des 600,
01:00:58et le collectif zappé au Japon Bolloré,
01:01:00c'est aussi une volonté de faire collectif.
01:01:02Alors, pour l'instant, je sais pas où ça…
01:01:03à quel point ça est efficace,
01:01:04et où est-ce que ça va aboutir,
01:01:05et comment ça va se structurer vraiment,
01:01:07au-delà du festival et de ce moment où on est en train de vivre, là.
01:01:10Mais bon, voilà, c'est pas…
01:01:11faut pas caricaturer le cinéma,
01:01:13on a un simple lieu ultra bourgeois, ça l'est.
01:01:17Je veux dire, c'est…
01:01:18Là, on est à Cannes, dans un lieu ultra privilégié, etc.
01:01:21Il n'y a aucun problème avec ça.
01:01:23Mais bon, là, c'est le moment Cannes.
01:01:24Mais par ailleurs, quand les gens reviennent chez eux,
01:01:27ils s'y vivent, ils viennent de partout,
01:01:29ils travaillent, ils essayent de faire leurs heures, etc.
01:01:31Donc, il y a une diversité des situations, quand même,
01:01:33qu'il y a une lutte des classes à l'intérieur même du cinéma
01:01:35qui est quand même à ne pas sous-estimer, en fait.
01:01:37Oui, et ça, c'est important de le rappeler.
01:01:39Et d'ailleurs, quelqu'un rappelle dans le chat
01:01:39que la tribune, il y avait 600 signatures initialement.
01:01:43Et là, on est passé à 2 000 signatures.
01:01:44Donc, a priori, c'est déjà en train de s'élargir.
01:01:46Évidemment que dans ces 2 000 signatures,
01:01:47il n'y a pas que des superstars,
01:01:48parce qu'est-ce qu'il y a déjà 2 000 superstars du cinéma en France ?
01:01:51La réponse est non, quoi.
01:01:52Tout à fait.
01:01:53Exactement.
01:01:54Il y a plein de gens,
01:01:54et il y a plein de gens de tous les postes du cinéma.
01:01:56Maintenant, en parlant de Jérémy,
01:01:57en parlant de superstars du cinéma,
01:01:59il y a Jérémy Perrin dans le chat qui arrive et qui dit
01:02:00oui, je ne sais pas à quelle question tu réponds,
01:02:02mais on te salue, Jérémy.
01:02:03Vous avez un sujet qui doit t'intéresser.
01:02:04Mais oui.
01:02:05Toi qui es réalisateur et un gros gauchiste.
01:02:07J'imagine que voilà, ça t'intéresse.
01:02:11Alors, on va parler un peu de cinéma.
01:02:13Je disais, tu vas nous faire rêver,
01:02:14mais oui, fais-nous rêver un peu,
01:02:15parce que tu as enchaîné les projections.
01:02:17D'abord, explique-nous peut-être un peu les dessous
01:02:18comment ça se passe, ces projections.
01:02:21Est-ce que tu as enchaîné beaucoup de films ?
01:02:22Comment est-ce que tu choisis tout ça ?
01:02:23Et ensuite, qu'est-ce qui t'a particulièrement plu ?
01:02:27Et est-ce que dans le lot, il y a des films politiques ?
01:02:31Et engagés.
01:02:33Oui, il y en a plein.
01:02:34Alors, pour vous dire comment ça se passe un peu au Cannes,
01:02:35globalement, la vie d'un journaliste à Cannes,
01:02:37c'est de voir entre 3 et 6 films par jour
01:02:41en fonction de ce que tu dois faire par ailleurs.
01:02:42C'est-à-dire, moi, je dois écrire aussi des critiques.
01:02:44On a déjà fait un prochain réalisateur hier.
01:02:48Donc, ça prend du temps.
01:02:49C'est le temps où tu ne peux pas faire des films.
01:02:50Mais globalement, tu commences à 8h du matin ta première séance
01:02:53et tu finis à 2h du matin.
01:02:54Tu ne devras pas beaucoup.
01:02:55C'est pour ça que j'ai des lignes de soleil.
01:02:56Il ne faut pas que vous voyez mes cernes.
01:02:58Mais bon, enregistre-là, ce n'est pas l'usine non plus.
01:03:00Évidemment, on n'en va pas se plaindre.
01:03:01Mais voilà, c'est ça, en gros, le rythme du festival,
01:03:03pour que vous ayez un peu en tête ce que c'est.
01:03:05Donc, à la fin, on aura vu une quarantaine de films comme ça sur 10 jours.
01:03:08Moi, j'ai raté les premiers jours.
01:03:09Donc, j'en avais un petit peu moins.
01:03:11Et voilà.
01:03:12Donc, c'est ça.
01:03:13Et donc, il y a différentes projections.
01:03:15Des projections pour la presse, des projections au grand public, de gala,
01:03:17comme on dit, avec le fameux tapis rouge, etc.
01:03:20On peut varier un peu les plaisirs.
01:03:21Moi, j'ai fait des séances presse et des séances tapis rouge aussi.
01:03:26Voilà.
01:03:27Et pour ce que j'ai vu des films,
01:03:29oui, j'ai vu pas mal de films qui sont très politiques.
01:03:33Moi, celui que j'ai vraiment pour l'instant préféré.
01:03:35Alors, il y a celui dont je vous parlais sur notre salut,
01:03:39qui sera donc du chez ce soir.
01:03:41On a fait une séance presse ce matin,
01:03:42mais qui sera du chez ce soir pour tout le monde.
01:03:44Donc, je ne peux pas en parler plus que ça,
01:03:45parce qu'il y a un embargo.
01:03:46Mais vous avez compris que c'est bien.
01:03:50Et sinon, il y avait le film Fjord de Christian Mounjou,
01:03:54qui est un cinéaste roumain, mais qui tourne en Norvège chaque fois,
01:03:56qui raconte en fait l'opposition entre une famille très conservatrice roumaine
01:04:01qui éduque ses enfants un peu à la dure,
01:04:04et le système de protection de l'enfance torvégien,
01:04:07qui lui est très bienveillant envers les enfants,
01:04:09mais qui est devenu une espèce de bureaucratie complètement boursouflée
01:04:11qui enlève les enfants un peu pour rien aux gens.
01:04:14Donc, c'est super intéressant parce que c'est un film
01:04:16qui te demande un peu à penser contre toi-même,
01:04:18parce que clairement, tu n'es pas pour les roumains conservateurs
01:04:21et en même temps, tu n'es pas pour l'État boursouflé
01:04:23qui vole des enfants non plus.
01:04:25Donc, c'est un peu le choc des institutions,
01:04:27deux institutions toxiques finalement,
01:04:28qui ne sont pas renvoyées dos à dos, mais qui ont des effets,
01:04:31qui se croisent.
01:04:32Et bref, c'est un film très intelligent, en fait,
01:04:33sur ce que les institutions font aux individus.
01:04:37Voilà.
01:04:38Hier, il y avait donc Minotaur, film russe,
01:04:41qui parle de la vie en Russie depuis l'invasion de l'Ukraine.
01:04:45Et en gros, on suit un petit oligarque de province
01:04:48à qui on demande de faire une liste d'employés
01:04:50qui doit en gros livrer en quota à l'armée.
01:04:53En gros, on dit de choisir 14 employés
01:04:54et ce sera envoyé au front.
01:04:56Donc, ça raconte la médiocrité de la bourgeoisie russe,
01:05:00l'oligarchie russe qui est peinard à l'arrière
01:05:02et qui envoie ses hommes crever.
01:05:05C'est assez frais.
01:05:06Alors, c'est un film très froid, très russe,
01:05:08sans mauvais cliché.
01:05:09Mais pour le coup, c'est vraiment rapide,
01:05:11mais qui est vraiment brillant.
01:05:14Qu'est-ce que j'ai vu ?
01:05:16Je vous conseille, ça sortira dans un mois,
01:05:17dans un style beaucoup plus fun,
01:05:19Jim Quinn, qui est une comédie d'animation queer
01:05:23et complètement punk,
01:05:25sur en gros l'histoire de Omgonde à Paris.
01:05:28Et on suit un duo de gays
01:05:31qui se battent contre une épidémie
01:05:33qui s'appelle l'hétéro,
01:05:34ce qui rend les gays hétérosexuels.
01:05:36Et voilà.
01:05:37Et en fait, c'est un total renversement des stigmates.
01:05:39C'est beaucoup d'autodérision sur les milieux LGBT
01:05:42et en même temps, une charge contre l'homophobie,
01:05:44contre l'extrême droite française,
01:05:47très référencée politique française en fait.
01:05:49Et franchement, c'est un kiff absolu de film.
01:05:51Donc, il sort mi-juin.
01:05:52C'est fait par ceux qui ont fait la websérie
01:05:54Les Kassos, si vous connaissez.
01:05:57Ok.
01:05:57Quelqu'un disait les Lyska dans le chat.
01:05:59Mais c'est Les Kassos du coup, il s'est trompé.
01:06:00Non, c'est Les Kassos.
01:06:01Ok, c'est Les Kassos.
01:06:03C'était très très punk en réalité.
01:06:05Très très trash.
01:06:06Ouais, mais c'est le même ton.
01:06:07C'est le même ton, complètement relâche.
01:06:09Ils n'ont pas peur d'aller au bout de leurs idées, de leurs blacks.
01:06:12Donc, c'est vraiment très cool.
01:06:15Puis voilà, en gros, les films qui sont pas mal, je réfléchis.
01:06:18Il y a un film français qui sort, je ne sais pas trop comment,
01:06:20mais qui s'appelle L'Espèce Explosive,
01:06:22où tu suis un gendarme et une psy
01:06:24qui sont confrontés à une invasion sanglier dans les Ardennes
01:06:27et dans une guerre entre les chasseurs et les agriculteurs
01:06:31qui font un rôle de business de la chasse.
01:06:33Et c'est une espèce de comédie noire complètement barrée,
01:06:35mais très très drôle et très très bien sentie
01:06:38sur les débats qui peuvent diviser les territoires ruraux en France.
01:06:44Donc voilà, je ne veux pas vous faire toute la liste
01:06:47parce que j'en ai déjà vu une quinzaine et j'en oublie au passage sans doute.
01:06:50Mais je vous renvoie vers l'humain, les critiques qu'on publie.
01:06:56Mais le cinéma est en grande forme.
01:06:59Par ailleurs, ça qui est un peu désespérant,
01:07:01c'est qu'en fait, on sent qu'il y a des envies,
01:07:03il y a des envies de cinéma,
01:07:04il y a plein de nouveaux réalisateurs qui apparaissent,
01:07:06des cinéastes femmes surtout,
01:07:08qui sont en train de percer.
01:07:09Parce que là, je vous parlais de L'Espèce Explosive,
01:07:11c'est-à-dire un premier film de Sarah Arnold
01:07:13qui est une cinéaste française.
01:07:15Mais il y en a plein de nouvelles têtes
01:07:17et on se dit qu'il y a une vivacité du cinéma
01:07:20et ça intervient à un moment où tu as l'impression
01:07:22qu'effectivement quelqu'un peut appuyer sur le book on stop,
01:07:23à savoir Vincent Bolloré.
01:07:24C'est ça qui est aussi un peu inquiétant,
01:07:26qui est un peu le paradoxe de ce festival
01:07:28où tout est réjouissant,
01:07:30mais l'effet de Damoclès assombrit le tout.
01:07:36Je vois dans le 4, on dit que le Dupieux a l'air très mauvais.
01:07:39Est-ce que tu l'as vu ?
01:07:41Le Dupieux avec les gracismes low poly de PlayStation 1 là ?
01:07:44J'avoue que c'était scénétique maintenant,
01:07:46mais ça m'hype un peu aussi.
01:07:47C'est pas le Dupieux.
01:07:48S'il y a deux Dupieux.
01:07:51Ah !
01:07:52Il y a deux Dupieux et donc je n'ai pas encore vu le Vertis
01:07:54qui est le film dont vous parlez,
01:07:55qui est le film en rue que j'attends pas mal
01:07:56parce que ça m'intrigue quand même,
01:07:57qui est le film en graphisme de Sims.
01:08:01Mais non, le film qui a été diffusé pour l'instant,
01:08:03c'est Full Chill qui est son film en anglaise
01:08:06avec Preston Seward et Woody Harrelson.
01:08:08Effectivement, ça, c'est pas fou.
01:08:10Il y a deux ou trois trucs marrants,
01:08:12mais c'est vraiment un de ses films les plus osés.
01:08:17Et surtout, on sent qu'il y a un peu
01:08:19en train de se transformer en vieux con quand même,
01:08:22sur le féminisme et sur la question aussi
01:08:26des mouvements sociaux en France.
01:08:27C'est pas une catastrophe,
01:08:29c'est pas réac ou quoi que ce soit,
01:08:31mais c'est juste, ça sent un petit peu le gars
01:08:32qui commence à lui dire quoi.
01:08:35La dégueulisation de Dupieux peut-être.
01:08:38Ouais, voilà.
01:08:38Ouais, c'est ça.
01:08:39Ou la bertambliarisation là.
01:08:41C'est à peu près ça.
01:08:43Voilà.
01:08:44Parfait.
01:08:44Ben écoute, merci beaucoup pour toutes ces recours.
01:08:46Ils sont salués dans le chat.
01:08:47Ils disent, voilà, on dit,
01:08:48on va aller voir tout ça.
01:08:50Quelqu'un a demandé si t'étais Regé le Gorilla.
01:08:52Non.
01:08:52Tu es Cyprien KDO ?
01:08:53Non.
01:08:54Mais je vous confirme qu'il est sur la croix d'oeuf.
01:08:57Si vous voulez tout savoir.
01:08:58En tout cas, je voulais l'avoir lu à la base.
01:09:00On était obligés pour ça actuellement
01:09:01de se rappeler à quelqu'un de l'humain.
01:09:02Et tout pour le buzz,
01:09:03on voulait Régé à la base.
01:09:04Je plaisante.
01:09:05Je plaisante.
01:09:06Il fait partie de ceux qui ont pris des influenceurs
01:09:08et des vidéastes qui ont des postures
01:09:09aussi contre Bolloré.
01:09:09Donc ça aussi à saluer.
01:09:10C'est vrai.
01:09:11C'est vrai.
01:09:12Il n'a pas mâché ses mots sur x.com en Twitter il y a quelques jours,
01:09:15d'ailleurs.
01:09:15Vraiment, il a dit franchement,
01:09:17bougez-vous le cul, le cinéma français.
01:09:18Là, le cinéma français,
01:09:19il y a le fascisme en face.
01:09:20Fermez les yeux.
01:09:21Honte à vous, quoi.
01:09:22Donc voilà.
01:09:23Soutien à Régé le Gorilla, n'est-ce pas ?
01:09:26En tout cas, merci beaucoup Cyprien.
01:09:27Je dirige le chat vers les papiers que tu écris et écriras
01:09:31sur le site de l'UMA et même sur tes réseaux aussi,
01:09:34où tu postes régulièrement des petites critiques,
01:09:35des petits conseils.
01:09:36Donc voilà.
01:09:37Si vous avez aimé ces conseils-là, n'hésitez pas.
01:09:40Cyprien est là pour ça.
01:09:41Voilà.
01:09:41On va créer une autre line.
01:09:44En tout cas, merci encore.
01:09:45Merci beaucoup.
01:09:46Et puis bon retour.
01:09:47Yes.
01:09:48Salut.
01:09:50Hop là.
01:09:51Ça change un peu de parler cinéma comme ça à la fin.
01:09:53Ça fait du bien, quoi.
01:09:54Ça me fait la même vibe quand j'ai parlé politique
01:09:56pendant 600 heures sur ma chaîne et que j'en ai marre
01:10:00et que je me mets à faire un petit réacte sur un truc
01:10:01en rapport avec l'art de manière générale.
01:10:04Franchement, ça fait du bien ce genre de petite respiration sur Twitch
01:10:07quand on a la tête dans la politique toute la journée.
01:10:09Là, en plus, c'est bien parce qu'on est parti de la politique
01:10:11pour au final finir en rock au cinéma.
01:10:13Et ça, c'est cool.
01:10:13Mais j'aimais bien ce sujet.
01:10:14Je trouve que c'était très intéressant.
01:10:15Carrément.
01:10:16Et puis ça donne un peu d'espoir.
01:10:17Je ne sais pas.
01:10:18Mais en tout cas, d'ouvrir sur le ciné, ça donne un peu d'enthousiasme.
01:10:22Moi, j'ai envie d'aller voir des films.
01:10:25Honnêtement, je trouve qu'il y a un petit peu de...
01:10:27C'est une question que je me posais là.
01:10:29Est-ce qu'il n'y a pas un monde où on commence à assister au début de la fin
01:10:32de Bolloré ?
01:10:33Parce que déjà, ces news, c'est un petit peu en train de perdre en audience.
01:10:36Et pareil, je reparle de l'entretien de David Rucherin avec Mediapart
01:10:38que j'ai lu avant de préparer l'émission.
01:10:40Mais dedans, il est assez optimé sur la fin.
01:10:41Moi, je veux même aller...
01:10:42Pour conclure, on finira peut-être là-dessus.
01:10:44Une petite note d'espoir.
01:10:45Je vais aller...
01:10:45Est-ce que j'ai pris un screen ?
01:10:46Il a dit quelque chose qui était assez chouette, justement,
01:10:49sur est-ce qu'on peut pas avoir un petit peu d'espoir en ce moment
01:10:52par rapport à l'extrême-droite ?
01:10:53Et notamment, moi, c'est...
01:10:55Comment dire ?
01:10:55C'est cette front dans le cinéma.
01:10:56On va dire que des choses que les milieux gauchistes disent depuis dix ans,
01:11:00et bien là, il y a des milieux beaucoup plus mainstream, moins politisés,
01:11:02qui se retrouvent un petit peu de gris ou de force
01:11:04à parler exactement comme les militants antifascistes, quasiment, quoi.
01:11:07Et donc, moi, ça me donne un petit peu espoir, cet élargissement, on va dire,
01:11:09de l'antifascisme français.
01:11:12Je sais pas si c'est le bon terme.
01:11:13Et donc, David Dufresne disait ça.
01:11:14Par ailleurs, je pense que le sentiment de surpuissance
01:11:16dans lequel baigne actuellement l'extrême-droite française
01:11:18va lui jouer des tours.
01:11:19Ces gens-là sont absolument persuadés d'être quasiment au pouvoir
01:11:21ou d'y être carrément déjà.
01:11:22Et là, c'est carrément ce qu'on voit en France.
01:11:23L'avantage, c'est que les choses sont extrêmement claires
01:11:25à un an de l'élection présidentielle,
01:11:26et qu'on voit qu'en Hongrie, en Italie, même aux États-Unis,
01:11:28l'extrême-noite recule.
01:11:29Donc, il faut arrêter de dire tout est inéluctable.
01:11:31Chacun doit défendre sa position là où il peut.
01:11:34Et donc, dans chacun, il y a aussi des personnes du cinéma français.
01:11:38Parce que là, c'est pas un petit peu ce qu'on est en train de voir.
01:11:40Un élargissement de cette fronde contre l'extrême-droite.
01:11:43Une espèce de clarification, une réalisation du plus grand nombre
01:11:45que, bah ouais, au final, la gauche a peut-être un petit peu raison
01:11:47sur la montée du fascisme.
01:11:49Ça quitte nos sphères.
01:11:50Et en même temps, ce serait qu'à l'international, l'extrême-droite
01:11:52est peut-être un tout petit peu moins dans un momentum
01:11:54qui a encore 2-3 ans, où là, vraiment, c'était extrêmement inquiétant.
01:11:57On savait encore, évidemment.
01:11:58Mais, peut-être une petite perte de vitesse à l'international.
01:12:01Effectivement.
01:12:01Donc, moi, je sais pas.
01:12:02Moi, j'ai un petit peu espoir en ce moment.
01:12:03Et je me dis que même cette histoire par rapport à Bolloré,
01:12:05tout ça participe à une clarification.
01:12:07Et du coup, les gens vont être un petit peu, du degré ou de force,
01:12:09obligés de se positionner.
01:12:10Et voilà.
01:12:11Et mon humanisme, quelque part, me pousse à penser que
01:12:15la France t'a pas dit son dernier mot.
01:12:16Enfin, la phrase des Zemmour.
01:12:18Ouais, non, mais je suis plutôt d'accord avec toi.
01:12:19J'ai envie de partager cet optimisme.
01:12:21Je vois qu'un site crash-production sur le tchat dit
01:12:24que je pense que l'extrême-droite va finir par se griller.
01:12:27Je me demande si elle est pas déjà quelque part en train de se griller.
01:12:30C'est-à-dire que, notamment, quand on voit les plans de Bolloré,
01:12:34les déclarations de Saint-Hazard,
01:12:36je trouve qu'il y a un côté excès de confiance
01:12:39qui fait qu'on tombe les masques presque trop tôt.
01:12:42Et on voit, enfin, en tout cas, nous, on le savait évidemment,
01:12:45nous politiser, etc.
01:12:45Mais plus largement dans la société,
01:12:48je pense qu'il peut y avoir une prise de conscience
01:12:50de ce que peut représenter l'extrême-droite au pouvoir,
01:12:53ce que peut représenter l'extrême-droite aux manettes,
01:12:54tout ça, voilà, sur la question des conséquences culturelles,
01:12:58politiques, de liberté en tout genre, etc.
01:13:01Donc, c'est possible que, justement,
01:13:04cette espèce d'excès de confiance, vu qu'on les voyait si haut
01:13:06et qu'on les voit si haut encore dans les sondages,
01:13:08à plus de 35% parfois,
01:13:11créent parfois une forme de, peut-être pas de maladresse,
01:13:14mais en tout cas, de finissent par se trahir, en tout cas.
01:13:17Voilà, le masque fini par tomber.
01:13:18Et en plus, on a des exemples de l'extrême-droite au pouvoir
01:13:20dans des pays où on est proches,
01:13:23comme les États-Unis, notamment.
01:13:24Enfin, je ne sais pas, l'expérience Trump,
01:13:25et notamment avec la guerre en Iran,
01:13:28le Bourbi dans lequel il s'est mis presque tout seul,
01:13:31qui a dit, bon, avec l'aide d'Israël et Netanyahou, quand même,
01:13:32on ne va pas se mentir.
01:13:33Je veux dire, on a aussi des exemples de l'autre côté de l'Atlantique,
01:13:36et pareil, Ravier Millet, bon, pour l'instant, on en parle un petit peu moins,
01:13:38mais là, c'est désastreux économiquement ce qui se passe en Argentine.
01:13:41Donc, à la fois, il y a l'extrême-droite européenne,
01:13:43française en tout cas,
01:13:44qui est peut-être un peu en train de prendre la confiance,
01:13:45et peut-être même qu'ils vont finir par se brûler les ailes
01:13:48sur le soleil comme Icare.
01:13:50Et en plus, de l'autre côté de l'Atlantique,
01:13:51on a des exemples de l'extrême-droite au pouvoir
01:13:52où ça ne marche pas si bien, et je ne sais pas.
01:13:55Moi, je suis dans cette phase-là où je me dis,
01:13:56alors peut-être, alors peut-être tous les bases.
01:13:58Alors peut-être, oui.
01:14:00Et puis, on peut se dire que,
01:14:02est-ce qu'on n'en a pas marre justement
01:14:04cette espèce d'hystérisation du monde ?
01:14:06Est-ce qu'on n'a pas envie d'un autre projet
01:14:08que celui de justement mettre de l'huile sur le feu ?
01:14:11Nous, évidemment que oui.
01:14:12Mais au-delà, voilà,
01:14:13est-ce que ça peut changer les choses ?
01:14:15Et au-delà aussi de l'action du profil,
01:14:17on a aussi beaucoup parlé de, voilà,
01:14:19l'espèce de transition entre Marine Le Pen,
01:14:21Jordan Bardella,
01:14:22qui peut aussi créer,
01:14:23enfin qui peut amener l'extrême-droite à perdre certaines plumes.
01:14:25Bref, tout ça peut s'agréger
01:14:27et finalement faire que l'extrême-droite,
01:14:29comme tu l'as dit,
01:14:30peut se brûler les ailes sous le soleil.
01:14:31On verra bien, on verra bien, mais on verra bien.
01:14:33En tout cas, avant toute lutte, il faut être optimiste,
01:14:35donc bon, on va choisir cette voie.
01:14:37Et puis voilà, il ne reste plus qu'un an avant la présidentielle,
01:14:40donc il y a intérêt à se bouger.