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  • il y a 8 heures
Journaliste et réalisateur, Jean-Robert Viallet s’est notamment fait connaître avec « La mise à mort du travail », qui lui a valu le prix Albert Londres en 2010.

Après avoir documenté le monde du travail et le narcotrafic, il s’intéresse aujourd’hui aux enjeux environnementaux avec « F*ck La Planète - Le choix du réchauffement », sa nouvelle série documentaire en trois épisodes. Des premières alertes scientifiques à la mobilisation du marché contre les régulations environnementales, la série revient sur plusieurs décennies de lutte autour du climat.

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Transcription
00:01Aujourd'hui nous recevons donc Jean-Robert Vialet qui est un journaliste et réalisateur, réalisateur de documentaires.
00:10Alors après s'être intéressé au travail, notamment il a reçu le prix Albert Londres en 2010, en 2010 c
00:17'est ça je ne me trompe pas,
00:18pour un documentaire qui s'appelle La mise à mort du travail, une série documentaire même.
00:23Une série documentaire, trois épisodes.
00:27Il s'est intéressé donc au travail, au narcotrafic avec des hommes et puis après avec Stup,
00:32donc aujourd'hui il documente la destruction de l'environnement.
00:35Ça a commencé par L'homme a mangé la terre en 2019, et puis...
00:43Ça a continué par le système Total en 2024 ou 3, je ne sais pas, un film sur Total, sur
00:52le greenwashing de Total,
00:53et maintenant on aborde Net, qui est aussi une série documentaire en trois épisodes,
01:02qui sera diffusée très bientôt sur Arte, le 8 septembre, je ne me trompe pas ?
01:08Le 8 septembre sur Arte, et dès le 1er septembre en ligne sur le Arte TV.
01:12Très bien, donc c'est une série qui parle, qui retrace un petit peu l'histoire de l'étude du
01:20réchauffement climatique,
01:21l'histoire aussi des alertes qui sont lancées autour de cette question,
01:24mais aussi de la mobilisation du marché, en gros, contre toutes les formes de régulation.
01:29Ce que vous dites, c'est que c'est un combat de titans entre climatologues, scientifiques et économistes.
01:36C'est bien ça ?
01:37C'est bien ça, absolument. C'est un vieux combat, parce que la question du réchauffement climatique
01:41ne se pose pas au tout début du 19e siècle, mais au début du 19e siècle se pose déjà la
01:47question de l'effet de serre.
01:49C'est-à-dire que là, on commence à réfléchir à, effectivement, les effets du CO2 et des vapeurs d
01:55'eau,
01:57les effets que pourraient avoir les vapeurs d'eau et le CO2 dans l'atmosphère.
02:00Voilà. C'est vraiment dans notre siècle, c'est vraiment au milieu du 20e siècle que commence réellement la question
02:06et les inquiétudes sur la présence du CO2 dans l'atmosphère en tant qu'agent réchauffant
02:11ou en tout cas possible dérégulateur du climat.
02:15Et tout ça va progresser très vite dans les années 50, 60 puis 70.
02:20A la fin des années 70, on a vraiment là les premiers rapports aux Etats-Unis qui sortent en disant
02:25« On va avoir un réchauffement de 4 degrés si on a un doublement du CO2 dans l'atmosphère. »
02:30Et à partir des années 80, c'est-à-dire l'époque économiquement plus proche de ce qu'on connaît
02:35aujourd'hui,
02:36c'est-à-dire l'époque de dérégulation des marchés et avec l'arrivée de Reagan au pouvoir,
02:39on a le monde corporate, le monde économique, les entreprises et des économistes qui se mobilisent
02:46en se disant « Oh là là, qu'est-ce que c'est que cette histoire de réchauffement climatique ?
02:48»
02:49« Ça va venir impacter éventuellement nos business models. Il vaudrait mieux qu'on évite tout type de régulation. »
02:55Alors on va y revenir sur la volonté du marché et la complicité du personnel politique.
03:04Dans le premier épisode de la série, vous commencez par des images très fortes de la capitale indonésienne, Jakarta,
03:10qui s'enfonce sous les eaux. Alors qu'est-ce que c'est ? C'est un symbole ?
03:13C'est un symptôme, un symbole ? Pourquoi vous avez choisi de commencer par ces images ?
03:22J'ai choisi Jakarta parce que c'est un peu tout ça. C'est à la fois une allégorie d
03:27'un monde qui s'enfonce et qui part à la dérive.
03:30Et à la fois, effectivement, c'est clairement un endroit où on peut mesurer aujourd'hui la question du réchauffement
03:38climatique.
03:38Enfin, on peut même voir la question du réchauffement climatique directement.
03:42On l'a, nous, très fortement vu en Europe cet été.
03:46Mais là, voilà, Jakarta, c'est une ville de 42 millions d'habitants.
03:49C'est la plus grande mégapole du monde.
03:50C'est une espèce d'énorme machine économique.
03:53Et c'est une ville qui s'enfonce dans certains quartiers de 15 centimètres par an.
03:56Et elle s'enfonce pour trois raisons.
03:59Et je vous l'ai décrit très vite.
04:00Elle s'enfonce parce que la mer progressivement monte, bien sûr, avec les effets du réchauffement climatique.
04:05Elle s'enfonce parce qu'elle est construite sur un sol qui est un ancien delta et qu'on quitte
04:10à un sol fragile et que les habitants pompent de l'eau dans le sol.
04:13Et donc, le sol se fragilise et le poids des habitations favorise l'enfoncement.
04:18Et elle s'enfonce aussi pour une troisième raison.
04:21C'est que dans la mesure où le climat se réchauffe, là-bas, à Jakarta, vous avez plus d'évaporation.
04:27Donc, Jakarta est coincée entre la mer et les montagnes.
04:30Vous avez plus d'évaporation, des formations nuageuses au-dessus des montagnes, des pluies énormes au moment des moussons,
04:37et des ruissellements qui vont venir se déverser dans Jakarta et qui participent à la fragilisation de l'ensemble du
04:44système.
04:44Donc, on est vraiment là, Jakarta, dans la plus grosse mégapole du monde qui est en train de sombrer doucement.
04:51Bon, donc, c'est plus un symbole qu'un symptôme.
04:57C'est vraiment important.
05:00Dans votre travail documentaire, sur ce documentaire en particulier,
05:06on relève, comme je le disais tout à l'heure, la volonté du marché et la complicité du personnel politique,
05:12en gros, pour aller vite, de préserver les profits coûte que coûte.
05:16Et pourtant, eux-mêmes, que ce soit l'industrie pétrolière, les gouvernements,
05:22ils ont rédigé des rapports qui ne contredisaient pas ceux des environnementalistes.
05:26Il y a eu un moment où il aurait pu y avoir une forme de sursaut, peut-être ?
05:33Alors, on peut parler concrètement des éventuels moments où il y aurait pu y avoir un sursaut.
05:39À la fin des années 70, le président Carter, aux Etats-Unis, commande un rapport à un scientifique
05:47qui est considéré comme le père de la météorologie moderne, qui s'appelle Tcharnay.
05:51Et ce rapport va... Bon, Tcharnay va réunir des scientifiques, les meilleurs de l'époque,
05:57une dizaine de scientifiques, dans un centre océanographique pour voir l'état de l'art de ce qu'on a
06:03à ce moment-là
06:04sur la question climatique. C'est un peu, on va dire, un prégiec tout petit.
06:08Voilà, Tcharnay et ses collègues scientifiques.
06:11Et eux, ils éditent le premier rapport qui dit, si on a un doublement du CO2 dans l'atmosphère
06:17par rapport à la période pré-industrielle, on aura 4 degrés de réchauffement sur Terre.
06:22Lui, il dit, on aura... Pardon, je me suis trompé.
06:25Il dit, on aura entre 1 degré et 3 degrés de réchauffement sur Terre.
06:30Donc, à partir de là, ça a l'air que le président Carter, très fortement,
06:36mais en même temps, dans cette même période, c'est-à-dire au moment où le réchauffement climatique
06:40est vraiment posé comme une réalité très certaine par des scientifiques de très haut niveau,
06:47on est en plein dans la période des crises pétrolières.
06:49Et les crises pétrolières, ce sont des crises énergétiques
06:52qui, dans un système de production qui est entièrement basé sur le pétrole,
06:57tous les pays développés à l'époque, et les Etats-Unis en tête, bien sûr,
07:01la question qui se pose, ce n'est plus la question du réchauffement climatique,
07:04c'est la question de l'approvisionnement en pétrole.
07:06Et donc, on a des discours, c'est assez marrant, parce que dans cette époque-là,
07:09dans cette fin des années 70, on a des discours sur, par exemple,
07:12le partage, l'autopartage, partager les trajets automobiles,
07:16avec d'autres, la réduction de la vitesse.
07:19Mais on a donc exactement les mêmes discours que ceux qu'on entend aujourd'hui,
07:22sauf que ces discours sont là pour éventuellement économiser de l'énergie,
07:26essayer, tenter d'économiser de l'énergie.
07:29La question du réchauffement climatique ne se pose pas à l'échelle politique encore.
07:32Néanmoins, Carter, lui, est sensible à la question environnementale
07:35et à la question climatique.
07:41Pourtant, à cause de cette crise énergétique gigantesque,
07:47Carter va relancer la production de charbon aux Etats-Unis.
07:50Parce que la priorité, avant tout, coûte que coûte,
07:54c'est l'approvisionnement de l'énergie.
07:57La priorité, d'ailleurs, on le voit dans toutes les politiques et de tout temps,
08:03c'est toujours de continuer de produire.
08:06C'est une politique qu'on dit favorable à l'entreprise
08:10et qui, en même temps, est défavorable à tous les citoyens,
08:14y compris les entreprises elles-mêmes, au final.
08:16Donc, je voudrais vous faire réagir sur quelque chose.
08:22est sorti aujourd'hui, à l'occasion de l'ouverture des universités d'été du MEDEF,
08:31un sondage d'opinion nouée, commandé par les patrons d'entreprises eux-mêmes,
08:37et qui dit que 27% des patrons seulement estiment qu'une des mesures prioritaires du prochain président
08:44devrait être d'accompagner la transition écologique des entreprises.
08:47Qu'est-ce que ça vous inspire, cette sorte d'aveuglement ?
08:52On continue comme avant.
08:55Voilà, c'est ça que ça m'inspire.
08:56Après un été caniculaire en France et en Europe,
08:59avec de nombreux morts, avec des catastrophes,
09:01avec des questions nouvelles qui nous paraissent évidentes,
09:05on a un sondage d'opinion d'entrepreneurs
09:10qui ne mettent pas la question environnementale,
09:14et ce n'est pas que la question climatique qui compte,
09:15c'est la question environnementale en général, au premier plan.
09:18Alors que mettre la question environnementale au premier plan,
09:21ça doit être aujourd'hui une évidence absolue.
09:24Le monde entrepreneurial, il est parfois mobilisé pour certains,
09:28mais de manière, on va dire, comment dire, en pointillé.
09:35Le monde entrepreneurial, il a inventé d'autres choses.
09:38Il s'est mobilisé, dans certains cas, aux Etats-Unis beaucoup,
09:41il s'est mobilisé contre les régulations climatiques dans l'histoire.
09:44On voit dans les années 90 particulièrement,
09:46il y a une très grande mobilisation du monde entrepreneurial américain,
09:50de l'ensemble de l'industrie américaine.
09:52C'est à travers un organisme qui s'appelle la GCC,
09:55qui a existé quelques années,
09:56et qui a été, on va dire, le point de départ,
10:00réellement, du grand mouvement climato-sceptique,
10:02des contre-rapports scientifiques,
10:05pour éviter tout type de régulation.
10:07Le monde entrepreneurial d'aujourd'hui,
10:09parfois il se mobilise, des petites entreprises,
10:11des moyennes entreprises qui se mobilisent réellement,
10:12ça existe aussi, il ne faut pas le nier.
10:14Mais dans sa globalité, le monde entrepreneurial,
10:18il fait surtout du greenwashing.
10:19C'est-à-dire qu'il nous raconte beaucoup la théorie
10:23de ses engagements, des engagements verts,
10:25comme on raconte depuis très longtemps
10:26les théories sur les engagements sociaux.
10:28Mais ils n'ont personne pour, au fond, les contrôler.
10:32Donc on ne sait pas exactement ce qui se passe
10:34dans le monde entrepreneurial,
10:35réellement en termes de démarche,
10:37de transition vers une production plus vertueuse.
10:41Oui, c'est que le monde de l'entreprise, il est très divers
10:44et sans doute les petits patrons,
10:47ceux qui sont patrons de l'entreprise de moins de 10 personnes,
10:51n'ont sans doute pas les mêmes préoccupations.
10:53Que les grosses multinationales.
10:54J'imagine qu'un patron de Syrie
10:56ne doit pas avoir les mêmes préoccupations
10:58que le patron de chez Danone.
11:00Absolument.
11:02Pour en venir un petit peu à...
11:05Pour essayer un peu d'élargir la question,
11:08parce que la question de l'environnement,
11:11on parle du patronat,
11:12on parle des milieux économiques en général,
11:14on parle des gouvernements,
11:15c'est une question mondiale.
11:18Il y a une économiste que vous faites parler,
11:22enfin que vous ne faites pas parler,
11:23dont vous reprenez une archive dans le documentaire,
11:26qui s'exprime au premier sommet de la Terre
11:28à Stockholm en 72,
11:29qui s'appelle Barbara Ward-Jackson
11:31et qui dit,
11:33en prenant à partie les nations occidentales,
11:37en disant,
11:38si deux tiers de l'humanité doit rester pauvre
11:40pour qu'un tiers reste riche,
11:41ça ne peut pas fonctionner.
11:42Elle ajoute mes amis,
11:44je ne suis pas perdu,
11:45pour adoucir un petit peu le propos.
11:48Donc c'est une question mondiale,
11:49la régulation,
11:50qu'est-ce qu'il faut faire
11:52pour contrecarrer les échecs
11:55des différents sommets ?
11:57On a vu,
11:58il y a eu Paris,
12:00il y a eu Kyoto,
12:01il y a eu autant de,
12:03quelquefois de grandes décisions,
12:04il en sort des choses positives de ces sommets,
12:06et au final,
12:07il n'y a rien qui bouge.
12:09Au final,
12:09il n'y a rien qui bouge,
12:10parce qu'au fond,
12:12on est dans un monde
12:14dont l'économie est entièrement basée
12:15sur la croissance.
12:17Denise Médos
12:18et Donnella Médos,
12:19l'ont dit à l'époque
12:21de leur grande étude du MIT en 1972,
12:24ils le disaient déjà,
12:26que cette problématique de la croissance,
12:28qu'on ne peut pas croître infiniment
12:31dans un monde fini.
12:33Donc ça, c'est une vraie question.
12:35Mais pour l'instant,
12:37le monde économique se réfugie
12:39depuis très longtemps maintenant,
12:40derrière une idée,
12:41parce que le monde économique
12:41n'est pas climato-sceptique en soi.
12:43Il faut le savoir quand même,
12:46il faut en prendre conscience.
12:47Le monde économique se réfugie
12:48derrière autre chose,
12:49c'est-à-dire le monde économique
12:50se réfugie derrière le technosolutionnisme.
12:52On va trouver des moyens techniques
12:55pour s'adapter
12:56ou pour éventuellement
12:58endiguer les problématiques
12:59de la dérégulation climatique.
13:01C'est ça,
13:02ce que le monde économique croit,
13:03parce que ça les arrange bien,
13:04parce qu'ils se disent que,
13:06surtout,
13:06on va éviter de changer de modèle,
13:08parce que changer de modèle,
13:09effectivement,
13:10c'est gigantesque.
13:11C'est immense,
13:12le travail qu'il y a à faire
13:13pour prendre en compte
13:14la question environnementale
13:15et climatique.
13:15Oui,
13:17même si ces solutions-là
13:19étaient posées sur la table,
13:21en attendant,
13:22il y a toujours du profit à faire
13:23et tarir la source,
13:26ça serait très difficile.
13:28Vous me disiez
13:28qu'il y a des domaines
13:31dans lesquels
13:33on ne peut pas se passer
13:34ou pas encore du pétrole.
13:35Il y a des domaines,
13:36pour l'instant,
13:36dans les travaux publics,
13:38dans la fabrication du béton.
13:40Il y a plusieurs,
13:40par exemple,
13:41pour en prendre un exemple,
13:43il y a des domaines
13:43dans lesquels
13:43on ne sait pas encore
13:44se passer du pétrole
13:45et dans lesquels
13:47il faudra du temps
13:48pour se passer complètement
13:49du pétrole.
13:50Donc,
13:50on ne va pas arrêter
13:51de consommer du pétrole demain.
13:52Par contre,
13:52c'est obligatoire.
13:53Il n'y a pas le choix.
13:54Le charbon et le pétrole
13:55et le gaz,
13:56il faut décroître.
13:57C'est indispensable.
13:59On n'a pas le choix.
14:00On ne peut pas
14:01éternellement s'adapter.
14:02Ce n'est pas moi qui le dis,
14:02ce sont les scientifiques.
14:03Moi,
14:04je ne fais là
14:04que rapporter leurs propos.
14:05Moi,
14:05je suis un raconteur d'histoires,
14:06un journaliste,
14:07un raconteur de propos.
14:10Donc,
14:10on ne peut pas
14:14ce sera la maladaptation.
14:16Donc,
14:16on ne peut pas
14:18envisager un futur
14:20sans effectivement
14:21prendre en compte
14:22les questions de l'adaptation
14:23parce que maintenant,
14:23on en est dans le guidon.
14:25Les phénomènes climatiques extrêmes
14:26arrivent
14:26et ils vont augmenter
14:28chaque année un peu plus.
14:29On va avoir des phénomènes
14:30de plus en plus violents
14:32partout dans le monde.
14:34Et il faut aussi,
14:35effectivement,
14:36réduire nos émissions de CO2.
14:38Absolument.
14:38Il faut prendre cette question
14:39à bras-le-corps
14:40et c'est un immense enjeu
14:42de prendre cette question
14:43à bras-le-corps
14:43parce qu'il ne s'agit pas
14:44de notre petite nation,
14:46la France.
14:47Il s'agit de l'ensemble du monde
14:49qui doit essayer
14:50de se mettre d'accord
14:51pour réguler
14:52nos consommations
14:53d'énergie fossile.
14:55Et est-ce que finalement,
14:56cette question de l'adaptation,
14:58ce n'est pas au final
14:59une demande de résignation ?
15:03Il y a quelque chose
15:05dans ce concept
15:06de l'adaptation
15:07qui est d'une certaine manière
15:10pour partie une résignation.
15:12Mais on ne peut pas seulement
15:13considérer comme ça
15:14parce que là,
15:15on est devant l'abysse.
15:18Donc,
15:19il faut bien trouver
15:20des solutions
15:20pour les populations
15:21qui vont être impactées
15:22chez nous,
15:24les paysans,
15:26les ouvriers dans les usines,
15:27ceux qui travaillent
15:28sur les routes,
15:28qui vont...
15:29Voilà,
15:29il va falloir adapter le travail,
15:30il va falloir faire
15:31énormément de choses.
15:34Mais aussi,
15:35à l'autre bout du monde,
15:36au Bangladesh,
15:37les 20 millions de gens
15:38qui vivent sur des îlots
15:39instables
15:40et qui vont partir
15:42sous les eaux
15:42s'ils ne s'adaptent pas
15:45et s'ils ne se déplacent pas.
15:46Donc,
15:47l'adaptation,
15:48aujourd'hui,
15:49on ne peut plus faire autrement.
15:50Elle doit faire partie
15:53de la grande planification
15:54sur les questions
15:55environnementales
15:56et climatiques.
15:58Mais,
15:58si on ne fait que
15:59essayer de s'adapter
16:00et réagir
16:02aux problématiques
16:03qui se posent,
16:03on va évidemment
16:04dans le mur.
16:07Tout à l'heure,
16:08on parlait
16:08de lobbying,
16:10de lobbying
16:11climato-sceptique.
16:12Et,
16:13justement,
16:13je voudrais rebondir
16:14parce que vous évoquez
16:15des phénomènes
16:16qui peuvent arriver
16:16aussi en France.
16:17On vient de vivre là,
16:18donc,
16:19une canicule sans précédent,
16:21suivie
16:21de très fortes pluies,
16:23d'inondations,
16:25là,
16:25de phénomènes
16:26de tornades
16:26dans le sud
16:28de la France.
16:30Et pourtant,
16:32hier,
16:33dès sa première émission
16:34sur BFM TV,
16:34il y a une transfuge
16:36de CNews,
16:37une journaliste
16:38qui s'appelle
16:38Sonia Mabrouk,
16:39qui répond
16:40à un journaliste
16:40en plateau
16:41qui lui évoque
16:42la tornade
16:43en disant
16:44c'est un effet
16:44du changement climatique
16:45et elle lui dit
16:46il ne faut pas
16:47tout ramener
16:47à la politique.
16:49Est-ce qu'on peut encore
16:51réguler la parole
16:52des climato-sceptiques,
16:53voire les empêcher
16:53de nuire ?
16:56Comment vous dire ?
16:58C'est pathétique.
17:00Je suis désolé
17:01d'utiliser ce mot-là,
17:02mais,
17:02je veux dire,
17:03les climato-sceptiques,
17:04eux,
17:06ça fonctionne.
17:06Le climato-scepticisme,
17:07c'est des fake news.
17:09Ça fonctionne
17:10de la même manière
17:10et ça fait du buzz.
17:12Sur les réseaux sociaux,
17:13ça marche très très bien,
17:15le climato-scepticisme,
17:16parce que ce sont des fake news
17:18et parce que ça fait du buzz
17:19et on sait que les fake news
17:20font une quantité
17:21de likes gigantesques.
17:23maintenant,
17:24le climato-scepticisme,
17:26il a quand même du plomb dans l'aile
17:27aujourd'hui,
17:28parce qu'il n'y a plus,
17:29à l'échelle du monde entier,
17:31il y a des dizaines de milliers
17:33de laboratoires qui travaillent
17:33sur la question climat.
17:35Il y en a qui ne sont pas
17:36tout à fait d'accord
17:36sur l'ensemble des prévisions
17:38en termes de degrés,
17:39de montée des eaux,
17:40etc.,
17:40comme de la science.
17:41Ils discutent,
17:42mais je veux dire,
17:43il n'y a plus aucun laboratoire
17:46scientifique depuis des décennies
17:47qui considère que le réchauffement
17:50climatique n'existe pas.
17:51Je parle des laboratoires
17:53spécialistes dans ce domaine,
17:55des laboratoires de climatologie,
17:56de météorologie,
17:57d'océanographie.
17:58Donc, il n'y a pas un seul rapport
18:00qui contredit le fait
18:03que le réchauffement climatique,
18:04le réchauffement,
18:05la dérégulation climatique,
18:06il faut être plus précis,
18:07parce que ce n'est pas que du réchauffement,
18:08c'est la dérégulation climatique
18:09et est en route
18:11et qu'elle est liée,
18:14elle trouve ses origines
18:16dans nos activités humaines.
18:17Donc, ça,
18:18ça n'est même plus discuté.
18:19Donc, aujourd'hui,
18:20les climato-sceptiques,
18:21ils sont toujours là,
18:22ils sont toujours présents,
18:23surtout les climato-sceptiques américains
18:24qui aiment beaucoup faire
18:26des sorties,
18:29des punchlines à la télévision,
18:31etc.
18:32Ils sont très doués dans les médias,
18:33parfois,
18:34et puis,
18:36petit à petit,
18:37ils transfèrent un peu,
18:38on va dire,
18:39ils essaient d'aménager leur image
18:42de manière différente.
18:43Donc, ils vont s'appeler désormais
18:44des climato-réalistes,
18:46des choses comme ça.
18:47Ils vont se donner ce genre de nom.
18:49Et ils sont, eux,
18:51en fait,
18:54voilà,
18:55ils sont dans cette lignée,
18:57au fond,
18:57qui existe depuis les années 80,
18:59qui a une histoire longue,
19:01qui est cette lignée
19:02de gens
19:04payés par l'industrie pétrolière
19:05au départ,
19:06dans des think-songs américains,
19:08le Hortland Institute,
19:09le Kato Institute,
19:10enfin, voilà,
19:10il y en a quatre ou cinq,
19:11je ne vais pas aller citer tout,
19:12le Marshall Institute,
19:14qui ont été,
19:15à des moments,
19:15financés par l'industrie pétrolière
19:17et par l'industrie lourde
19:19pour produire des rapports
19:20pour contredire la science du climat,
19:23de manière à,
19:24pour ces industries-là,
19:25gagner du temps.
19:26Et au fond,
19:27ces think-songs
19:29dans lesquels ont travaillé,
19:31desquels ont émergé
19:32les premiers climato-sceptiques,
19:33sont des think-songs
19:34qui sont pro-marché.
19:36En réalité,
19:37le climat,
19:38ils s'en moquent un peu.
19:39Ce n'est pas vraiment
19:40la question de fond pour eux.
19:43La question de fond,
19:45c'est la liberté de marcher.
19:46C'est la liberté de reprendre
19:47et c'est qu'il est impensable
19:50d'imaginer pour
19:53les tenants de cette idéologie-là.
19:56Il est impensable
19:58qu'il puisse y avoir
19:59des entraves au marché.
20:01Et toute éventuelle régulation
20:03sur les problématiques
20:04environnementales et climatiques
20:06serait des entraves au marché.
20:08Donc vous avez des gens
20:09qui, soi-disant,
20:10climato-sceptiques,
20:11qui vont amoindrir
20:13les questions environnementales
20:14et les questions climatiques,
20:15qui vont éventuellement
20:16les mettre en doute, etc.
20:17Mais derrière
20:19cette démarche-là,
20:20ces sorties
20:23ces petits buzz,
20:25ces punchlines,
20:26derrière ça,
20:27en réalité,
20:28c'est vraiment
20:29l'adhésion totale
20:31à la liberté de marcher
20:32sans aucune régulation
20:34et sans limite.
20:35C'est ça,
20:36les origines du climato-scepticisme
20:37et de tout ce qu'on entend aujourd'hui.
20:41Bon, en conclusion,
20:42on peut dire qu'en gros,
20:44il faut réaménager,
20:46voire mettre fait en capitalisme.
20:47Il n'y a que ça
20:48pour finalement
20:50réguler le marché.
20:51C'est la première fois
20:53de l'histoire
20:54qu'on a
20:55avec la crise environnementale,
20:57le chute de la biodiversité
20:58et la question climatique
21:00et la dérégulation climatique.
21:06pas la dérégulation,
21:08le dérèglement climatique,
21:08pardon,
21:09c'est la première fois
21:10qu'on a une problématique mondiale
21:13de cette échelle
21:14qui se pose à nous,
21:15l'humanité,
21:16j'entends.
21:17Ça n'est jamais arrivé.
21:18Jamais l'humanité
21:19n'a eu à affronter
21:21une telle problématique,
21:24une telle intensité
21:25et d'une telle globalité.
21:27Voilà,
21:27ça nous concerne tous.
21:32Et cette problématique,
21:34elle est issue
21:35de notre utilisation
21:37des énergies fossiles.
21:39Voilà.
21:41Donc,
21:41ce qu'il faut faire,
21:42c'est compliqué,
21:43il faut sans doute agir
21:44dans plein de directions
21:46à la fois.
21:47la question économique,
21:48elle est fondamentale.
21:49La question de la croissance,
21:50elle est fondamentale.
21:52La question qui doit se poser
21:54sans doute à nous tous,
21:55globalement,
21:56c'est qu'est-ce qu'on continue
21:58à produire comme énergie ?
22:00Quel type d'énergie
22:01on continue à produire ?
22:03Comment la distribuer à qui ?
22:05Pour mieux la répartir
22:06de manière plus équitable.
22:08Parce qu'on ne peut pas,
22:09on ne vivra pas nous sans énergie,
22:11l'espèce humaine.
22:12Voilà,
22:13on est construit comme ça.
22:15Il ne s'agit pas de retourner
22:16à l'âge de pierre
22:17ou aux amiches
22:18ou de retourner tous
22:19dans nos cavernes
22:20et de vivre sans électricité.
22:21La question de la sobriété,
22:24elle n'impose pas
22:25ces formes-là de vie.
22:26Mais par contre,
22:27c'est la question de la sobriété
22:29qui est la vraie grande question
22:30aujourd'hui
22:30pour aller de l'avant
22:33et pour inventer
22:34un monde positif.
22:35Eh bien,
22:36elle pose ces questions-là.
22:37Comment on pense l'économie ?
22:39Comment on repense
22:40nos économies
22:41qui est bien trop basée
22:43sur la croissance ?
22:44Denis Smédoze le disait
22:45déjà depuis 1972.
22:46Denis s'est donné là,
22:48bien sûr,
22:48sa femme,
22:49qui était également scientifique
22:50avec lui,
22:51et comment on redistribue
22:52l'énergie
22:53et quelle énergie on produit.
22:54C'est ça qui est fondamental
22:55et ça doit être repensé partout.
22:58Merci beaucoup,
22:59Jean-Robert.
23:00Donc,
23:01le mot de la fin,
23:02ça serait
23:04faites confiance à la science,
23:05en fait,
23:06voilà,
23:06puisque
23:07tous les scientifiques
23:08aujourd'hui sont d'accord
23:09pour,
23:09à la fois,
23:10pour pointer le problème
23:11et aussi donner une partie
23:12des solutions.
23:14Ce problème
23:15et ces solutions,
23:16on les retrouve
23:16dans votre série documentaire.
23:18Je rappelle donc
23:20le 8 septembre,
23:22en linéaire,
23:22sur Arte,
23:24le soir,
23:25c'est le soir,
23:2521h,
23:2621h,
23:27et sur Arte.tv
23:28à partir du 1er septembre.
23:30Voilà.
23:30Merci beaucoup.
23:31Merci de votre invitation.
23:33Merci.

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