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  • il y a 15 heures
François Roudier, secrétaire général de l'Organisation internationale des constructeurs automobiles, était l'invité de Brigitte Boucher dans Good Morning Business, ce lundi 12 octobre. Ils sont revenus sur la place de la Chine dans le marché automobile international, ainsi que les répercussions de cet envahissement sur l'Europe, sur BFM Business, depuis le Salon de l'auto. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Nous recevons avec Justine Vasson, François Roudier, bonjour.
00:03Bonjour.
00:03Et merci d'être avec nous ce matin.
00:05Vous êtes secrétaire générale de l'Organisation Internationale des Constructeurs Automobiles.
00:09Merci d'être parmi nous.
00:10Alors l'OICA c'est à peu près 36 associations membres sur tous les continents.
00:15Alors ici au Salon de l'Automobile, il y a à peu près 20 marques chinoises qui sont représentées.
00:20Est-ce que ça signifie finalement que la Chine a la suprématie sur ce secteur automobile ?
00:26Bah écoutez oui, il y a une période chinoise dans l'histoire de l'auto, c'est évident.
00:31Il y a eu une période américaine, il y a eu une période allemande.
00:32Maintenant on est entré vraiment dans cette période chinoise.
00:35On l'avait vu quand même nous dans l'auto depuis un certain temps.
00:39Et là maintenant on voit des Chinois qui sont beaucoup plus offensifs à l'export,
00:43qui ont besoin de l'exportation parce que leur marché est déplorable actuellement.
00:47Donc il y a besoin d'avoir les revenus qui viennent de l'exportation.
00:51Et puis ce qu'on voit surtout c'est des stands, et j'invite les gens à venir,
00:55parce qu'on voit que maintenant c'est vraiment de très haut niveau.
00:58Il y a beaucoup de choses qui sont très européennes.
01:01Donc on s'adapte vraiment beaucoup plus aux clients.
01:04Ce n'est pas la voiture chinoise pour le Chinois qui est vendue en France.
01:07Selon Alix Partners, ces marques chinoises pourraient d'ailleurs représenter
01:11quelques 20% des ventes mondiales d'ici 2030.
01:15Les voitures chinoises, elles sont essentiellement portées par l'électrique, par l'hybride.
01:20On voit que les ventes thermiques sont passées sous les 50% de parts de marché.
01:26C'est quand même un signe incroyable.
01:29On n'aurait pas dit ça il y a quelques années encore ?
01:31Non, mais le grand plan qu'a lancé Xi Jinping en 1994 était vraiment de pousser la Chine
01:36dans les nouvelles technologies.
01:38Et l'automobile, il fallait avancer dans l'électrique.
01:41Pourquoi ? Parce qu'ils n'avaient pas vraiment la capacité de dépasser les Occidentaux
01:45sur le véhicule thermique.
01:46Maintenant, ils font d'excellents moteurs thermiques.
01:48Et lorsque vous interrogez les directions de l'administration chinoise, ils vous disent
01:53« Nous, on ne va pas passer 100% électrique parce que la Chine est grande et on n'ira
01:57pas mettre des stations de recharge dans le désert de Gobi ».
02:00Donc, on est très bon en électrique.
02:01On fait de l'hybride et on voit qu'effectivement, avec l'effet de volume chinois, les Chinois
02:07ont produit plus de 30 millions de voitures cette année.
02:10Ils ont la capacité d'en produire 60.
02:12Au niveau mondial, on est à 96,400 000 voitures qui ont été produites l'année dernière.
02:18Donc, vous voyez, il y a une capacité énorme.
02:20Donc, cette tendance va se poursuivre en plus, c'est ça ?
02:22Cette tendance va se poursuivre.
02:22Et je vous dis, ils ont vraiment besoin.
02:24Le marché chinois, c'est moins 20% tous les ans.
02:26C'est-à-dire, ce qu'on voit en Europe ou en France, par exemple, où on est dans un
02:30marché
02:30à moins 20% par rapport à avant le Covid, eux, c'est tous les mois.
02:34Donc, on a vraiment besoin, pour eux, d'avoir du cash qui vienne de l'étranger.
02:39Justine Vassaigne.
02:39Est-ce qu'on peut craindre, François Roudier, comme le craint, par exemple, Luc Châtel,
02:45le président de la filière automobile française, que l'industrie européenne,
02:49elle se fasse complètement manger par ces constructeurs chinois,
02:51que BYD devienne numéro un mondial, qu'ils prennent toute la place ?
02:56Est-ce que c'est une crainte légitime ?
02:57Alors, il y a une crainte qui est totalement légitime, je pense, c'est par rapport aux équipementiers.
03:02Moi, je ne représente pas les équipementiers.
03:03On ne représente vraiment que les constructeurs, voitures, camions, bus.
03:06Et effectivement, autant sur les grands constructeurs, on voit qu'il y a des partenariats.
03:11En France, regardez, Renault est avec Geely, Stellantis a acheté 20% de Lipmotor.
03:18Donc, on trouve cela sur les équipementiers.
03:21Les grands équipementiers sont à peu près dans le même schéma.
03:23Mais lorsque vous tombez sur les niveaux 2, 3, ce qu'on appelle tier 1, tier 2, tier 3,
03:28là, effectivement, c'est très dangereux parce que les Chinois ont leur système.
03:33BYD, où vous êtes, a un système extrêmement intégré.
03:36Il a ses fabricants, il a ses fournisseurs.
03:39Donc, effectivement, il peut y avoir un tsunami complet sur l'industrie.
03:44C'est ce qui arrive en Allemagne.
03:45Des centaines de milliers d'emplois disparaissent en Allemagne.
03:48Et ça disparaît dans tout le tissu industriel.
03:50Oui, et on sait bien, Volkswagen est en grande difficulté en ce moment.
03:54Est-ce que, du coup, l'Europe a raison de se protéger ?
03:56On voit qu'il y a le Made in Europe qui est en discussion,
03:59des annonces qui pourraient intervenir très rapidement
04:01sur le fait qu'il y ait un quota de composants européens
04:04dans la fabrication de voitures européennes.
04:0770% disent la Commission, 75% disent les constructeurs.
04:11Est-ce qu'ils ont raison de faire ça ?
04:12Est-ce qu'ils ont raison aussi de limiter, comme ils l'ont fait,
04:14puisqu'il y a un accord qui a été trouvé entre la Commission et la Chine,
04:18l'importation de voitures hybrides chinoises qui repréhendent déjà 26% du marché en Europe ?
04:24Écoutez, alors nous, on a toujours été, depuis 1919, pour le libre commerce.
04:27Donc ça, c'est une règle.
04:29Ceci dit, il y a quand même une position entre la forteresse américaine
04:34de l'administration Trump et la fête à neneux européenne
04:37où tout le monde rentre.
04:39Et ça, c'est vraiment quelque chose qui ne peut pas fonctionner.
04:41Donc vous avez cette démarche qui, finalement, va vers les négociations
04:45et l'accord sur l'hybride, qui n'est pas quand même finalisé,
04:47montre bien que, de toute façon, on est dans un système de négociation.
04:52Vous dites que vous êtes pour un commerce ouvert,
04:54mais il y a des subventions chinoises, il y a une forme de dumping de la part de la Chine.
04:58C'est un peu normal que l'Europe se protège aussi, non ?
05:01Tout à fait.
05:02Il faut jouer à Hermagal, il ne faut pas être naïf, non ?
05:04Tout à fait, on n'est pas naïf et les subventions ont toujours existé.
05:07Donc le free trade est un peu un rêve, le saint Graal.
05:11Mais effectivement, c'est bien qu'il y ait des partenariats.
05:14On voit de plus en plus la volonté des Chinois de produire en Europe,
05:18comme l'ont fait les Japonais, comme l'ont fait les Coréens.
05:20L'histoire se répète.

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