00:01Tout pour investir, le placement à suivre.
00:05Charlotte Aubin-Darquet, AM, bonjour.
00:08Bonjour Antoine.
00:09Alors je le disais dans le sommaire, c'est vrai que le sujet de l'infrastructure devient une des dynamiques
00:16vraiment qu'on regarde le plus près du côté des marchés, du côté de l'investissement, du côté de l
00:21'investisseur,
00:22parce que c'est une dynamique de très très long terme, on sait qu'il y a des programmes en
00:25cours qui mettent du temps à être déployés, mais du côté de la zone euro, du côté du monde entier,
00:31on allait dire du point de vue de l'infrastructure électrique, du point de vue d'énormément de dispositifs qui
00:37sont mis en œuvre dans l'industrialisation de l'intelligence artificielle, etc.
00:41Enfin bon, c'est un sujet infini.
00:44Maintenant, il y a aussi une infinité de solutions pour y investir quand on est investisseur.
00:49Et je parlais des fameuses valeurs ennuyeuses à la Bourse de Paris, les Vinci, les FH, etc., qui sont aussi
00:56gages de rendement.
00:58Maintenant, il y a plein d'autres solutions pour y investir quand on regarde un petit peu les fonds, quand
01:02on regarde un petit peu le private equity.
01:04Et c'est vrai que chez Arkea, vous vous en êtes fait un peu une spécialité.
01:08Et c'est vrai qu'on est en pleine période d'hésitation politique, notamment du côté européen.
01:17Bon, chez nous, j'en parle même pas du côté de l'Espagne, du côté de l'Italie.
01:22On sent qu'il y a des dynamiques qui tournent, qui sont un petit peu compliquées.
01:27Comment se dresse un petit peu le panorama de l'investissement dans l'infrastructure à l'heure actuelle ?
01:32Oui, en effet, aujourd'hui, les infrastructures sont une classe d'actifs très stratégique en Europe.
01:39On en parle, j'imagine, à chacune de vos émissions.
01:42C'est parfait.
01:43On a trois grands enjeux.
01:45Et après, je reviendrai sur les fondamentaux de l'infrastructure.
01:48Les trois grands enjeux pour l'Europe, c'est notre souveraineté, souveraineté énergétique, souveraineté digitale.
01:55Nos enjeux de décarbonation et de changement climatique.
01:59Je pense que l'été, qu'on a connu, crée une anxiété à un niveau inconnu auparavant.
02:06Et les enjeux de financement et d'approvisionnement en énergie de notre intelligence artificielle et nos data centers.
02:15Tout ça tourne autour des infrastructures.
02:19Et avec des besoins qui sont estimés à 900 milliards par an à l'échelle de l'Europe.
02:27soit 5% du PIB.
02:30Aujourd'hui, si je vous redonne, si on peut revenir deux secondes, Antoine, sur les fondamentaux d'infrastructure.
02:36L'infrastructure représente des actifs réels.
02:39Donc, pour un investisseur, on connaît les actifs réels de l'immobilier.
02:44Mais les infrastructures sont des actifs réels qui apportent des services essentiels.
02:48J'apporte juste une précision.
02:50Parce que là, on parle vraiment d'économie au sens large.
02:53C'est-à-dire qu'on parle beaucoup du problème de l'endettement des États.
02:57On rappelle, quand on investit dans une ligne de chemin de fer, c'est un actif tangible.
03:03Quand on s'endette pour payer le salaire des fonctionnaires, c'est vraiment pas de la bonne dette.
03:10Là, c'est comme le bon et le mauvais colestérol.
03:12Là, on peut parler de bonne dette.
03:13Parce qu'au bout du compte, on a des actifs tangibles.
03:16Et qui ensuite, déjà, rapportent pendant toute la durée de l'investissement.
03:19Et qui ensuite, rapportent après.
03:21Exactement.
03:22Alors, les services essentiels, c'est quoi ?
03:24Le transport, l'énergie, l'eau, les ports, les services de chauffage, les réseaux de chaleur, les data centers, la
03:34connectivité des territoires.
03:36Tout ça, sont les actifs réels.
03:37Ensuite, l'infrastructure a pour caractéristique d'avoir des revenus contractés sur le très long terme.
03:44Ces services essentiels qui sont contracycliques.
03:47On ne coupe pas le robinet dans les périodes de crise économique et financière.
03:52Et on est, en général, indexé sur l'inflation.
03:56Donc, ça donne déjà une approche conservatrice de la classe d'actifs.
04:01Ensuite, nous, notre activité, on l'a développée sous la forme de la dette.
04:06Donc, l'infrastructure, je vous disais, 900 milliards.
04:09Aujourd'hui, on couvre à peu près 300 milliards par an.
04:13Donc, il y a un gap à financer énorme pour les besoins européens.
04:18Et à peu près sur les 300,165 milliards sont financés en dette.
04:24Parce que ce sont des actifs très capital intensifs et on y met beaucoup de dettes.
04:30La dette a pour vertu d'être encore plus conservatrice dans une classe d'actifs déjà conservatrice.
04:37Pourquoi ?
04:37Parce qu'on a une priorité sur les cash flow.
04:40Parce qu'on finance en dette des actifs qui ont des revenus contractés.
04:45On prend des sûretés sur les actifs réels.
04:49On a une visibilité sur les cash flow.
04:51Donc, quand vous prêtez à un Vinci ou un porteur de projet renouvelable,
04:58vous prêtez sur une durée déterminée et vous encadrez l'activité de l'emprunteur.
05:03Ce qui veut dire que cette classe d'actifs vous donne beaucoup de visibilité sur les cash flow.
05:08Et comme structurer ces financements est complexe, on a ce qu'on appelle une prime de complexité et d'illiquidité
05:18qui représente à peu près 600 points de base au-delà de le rebord sur nos stratégies juniors.
05:25Donc, on parle d'un rating WB pour ramener à des éléments comparables sur de la dette corporate WB.
05:35On aura un spread inférieur d'à peu près 350 points de base.
05:41Oui, donc ça fait une différence.
05:43Exactement. Donc, vous avez une prime d'illiquidité et de complexité, des sûretés sur les actifs,
05:49ce qui fait qu'en plus d'avoir des revenus récurrents visibles,
05:56les sûretés et les actifs tangibles vous donnent un taux de défaut
06:02qui est très inférieur au taux de défaut de la dette corporate.
06:07Alors, juste avant d'attaquer un petit peu les projets concrets qui peuvent être concernés
06:12par ces investissements-là, donc on le redit, c'est vrai, il y a une prime d'illiquidité
06:16parce que c'est des investissements de très très long terme.
06:19Mais justement, on peut l'avoir dans son portefeuille en tant que stratégie d'investissement.
06:24Il y a quand même deux choses qui rentrent en ligne de compte là
06:26dans toutes ces politiques d'investissement dans l'infrastructure.
06:28C'est, qu'on le veuille ou non, le risque politique.
06:31On peut le voir en bourse à chaque fois qu'il y a des projets d'aller grappiller
06:35du côté des concessionnaires d'État.
06:39Il y a toujours des points d'accroche très sensibles sur le marché actions.
06:45Et puis, il y a aussi un univers de taux.
06:49Voilà, définitivement, l'argent n'est plus gratuit.
06:51Ça, c'est bon.
06:52On a des idées de 10 ans français du côté des 5 %,
06:57du côté américain, on est bien au-delà maintenant.
07:00Est-ce que ça ne modifie pas un petit peu l'environnement justement
07:02de cet investissement qui est censé se passer sur le temps long
07:05mais qui est soumis à beaucoup d'aléas politiques et monétaires ?
07:10Alors, merci Antoine.
07:12C'est justement tout à fait favorable à notre classe d'actifs.
07:15Pourquoi ?
07:16Parce que nous, on fait des financements sur des durées de 4 à 5 ans.
07:21Mais sur des actifs qui ont une durée de vie de 30 ans.
07:24On n'a pas besoin de se projeter sur l'avenir de ces infrastructures
07:28et du cadre politique.
07:30Et est-ce que le gouvernement français va retirer les subventions
07:33passées aux renouvelables ?
07:34Ce n'est pas notre problématique.
07:36Est-ce que je vais être remboursé et toucher mes intérêts
07:39de Euribor plus 6 sur 5 ans ?
07:41Point barre.
07:42J'ai bien encadré mon financement.
07:46Et au contraire, j'ai envie de dire,
07:49et ce n'est peut-être pas politiquement correct,
07:50aujourd'hui, pour l'épargne, on a, vous en parlez plus souvent que moi,
07:56combien ?
07:576 400 milliards d'épargne en France.
07:59Oui, oui.
08:0019% des revenus, qui est bien au-delà du reste de l'Europe.
08:04On est très conservateurs sur notre épargne en France.
08:06Et on finance quoi ?
08:10Enfin, on investit dans du liquide ou de l'assurance-vie en euros,
08:16qui finance beaucoup l'OAT française.
08:18Voilà, le renouvellement de la dette.
08:20Mais à part ça...
08:21J'ai envie de dire que certains de nos investissements,
08:24qui financent les infrastructures de demain,
08:26sont peut-être plus intéressantes.
08:29La prime de rendement n'est pas tout à fait corrélée
08:33avec le niveau de risque.
08:34Alors, il nous reste une minute trente.
08:36Est-ce qu'on peut évoquer quelques projets concrets,
08:39quelques idées de dynamique d'investissement ?
08:41Alors, notre plateforme est centralisée
08:45sur la transition énergétique et digitale.
08:47C'est votre thématique.
08:49C'est notre thématique,
08:50qui représente plus de 5% des infrastructures.
08:53Alors, on était sur décarbonation, digitalisation.
08:56Évidemment, aujourd'hui, la priorité, c'est la souveraineté.
09:00Et l'épargne des Français doit contribuer à cette souveraineté,
09:05à cette indépendance énergétique,
09:07au-delà de la décarbonation.
09:09Mais aussi, avoir une énergie compétitive
09:13qui passe par l'électrification de nos usages.
09:16Pourquoi ?
09:17Parce qu'aujourd'hui,
09:20on a un débat nucléaire-renouvelable.
09:24Il est faux.
09:24L'électricité, c'est 23% de nos usages,
09:29de notre consommation d'énergie.
09:3270%, c'est des énergies fossiles importées à 90%.
09:36On a besoin, en Europe,
09:39on n'est pas producteur de fossiles,
09:41on a besoin de s'enfranchir de nos importations.
09:43Et ça passe par l'investissement
09:45dans nos infrastructures d'électrification,
09:47production nucléaire-renouvelable
09:50et nos usages.
09:52La mobilité,
09:54les transformations de nos systèmes de chauffage,
09:56les pompes à chaleur, etc.
09:58Stockage, intelligence du réseau, etc.
10:01Et l'électrification,
10:03c'est aussi ce dont on a besoin
10:04pour construire et approvisionner nos data centers.
10:08Il nous faut une énergie abondante,
10:11compétitive et locale
10:13pour qu'on préserve notre indépendance digitale.
10:17Donc, on n'a pas le choix.
10:19La souveraineté,
10:20on ne le dira jamais assez.
10:21Cet investissement dans l'infrastructure,
10:23c'est une manière de rester souverain.
10:25Charlotte Aubin,
10:26Arke et AM,
10:26merci infiniment d'avoir soulevé
10:28un petit peu ces dynamiques d'investissement,
10:30vraiment de très très long terme,
10:32et qui peuvent être contracycliques.
10:34Et ça, c'est plutôt utile
10:36dans le contexte actuel.
10:37Alors,