00:00Et bon, vous êtes d'accord avec ce que vient de dire Jean-Michel Talbator ?
00:04Je me félicite en effet que Glucksmann ait rompu avec la secte, si je puis dire,
00:09et qu'il ait vu qu'il y avait effectivement un danger démocratique dans cette France insoumise
00:13qui est devenue très sectaire, perméable à l'idéologie islamiste,
00:16parce que c'est aussi ça maintenant, la France insoumise.
00:18Donc il est bien qu'au cœur de la gauche, il y ait cette fracture qui soit apparue.
00:22Il y a deux gauches, les deux gauches irréconciliables dont parlait l'ancien Premier ministre,
00:28Manuel Valls, pardon, j'ai un trou de mémoire maintenant,
00:31parce qu'il a déjà disparu du paysage.
00:35Mais quand je dis « je demande à voir », c'est que j'ai...
00:37Donc je me félicite encore une fois de la lucidité de Glucksmann,
00:41mais je l'ai entendu, et ça a été presque ses premiers mots,
00:43qui a été de dire « notre véritable adversaire, c'est l'extrême droite ».
00:47« Notre véritable adversaire, c'est l'extrême droite ».
00:48Je pensais que leur véritable adversaire à eux, c'était la France insoumise,
00:52et que l'extrême droite, comme l'avait vu en tout cas Philippe Brun,
00:56qui était l'autre candidat à la primaire,
00:59qui a été évacué pour des raisons inconnues,
01:02disait « nous avons oublié le peuple ».
01:04Or, c'est précisément ce qu'ils appellent l'extrême droite
01:07qui est porteuse d'une partie de cette voix d'un peuple
01:11qui n'arrive pas à se faire représenter par la gauche.
01:13Et donc, quand j'entends Glucksmann dire
01:14« notre adversaire, c'est l'extrême droite »,
01:16je me demande si au bout du compte et au bout du bout,
01:18s'il y avait un affrontement, ce qui est possible,
01:20entre Mélenchon et Le Pen au second tour,
01:22je me demande si toute cette gauche,
01:25soi-disant démocratique, bien peignée et sympathique,
01:29appellera à s'abstenir ou sinon à voter pour Mélenchon.
01:34Pour vous, la rupture avec les insoumis
01:37n'est pas si claire que ça pour vous ?
01:38Non, pour moi non.
01:40Jean-Michel Savator.
01:41L'épreuve de vérité, ça sera le deuxième tour des législatives
01:44après la présidentielle.
01:45Et là, on verra si Raphaël Glucksmann reste sur sa ligne
01:51et même Jérôme Gage, parce que Jérôme Gage était sur sa ligne.
01:55Et souvenez-vous de ce que Jérôme Gage disait de Mélenchon.
01:58Il disait « c'est un salopard antisémite ».
02:01Donc, on verra si les socialistes, au second tour de la législative,
02:07seront prêts à s'allier aux salopards antisémites
02:11ou s'ils s'abstiendront.
02:13Je pense que là, il y aura vraiment une épreuve de vérité.
02:16Raphaël Glucksmann, lui, veut croire que l'affaire est réglée.
02:18La ligne a été tranchée avec netteté.
02:19Il n'y aura pas d'alliance avec la France insoumise, a-t-il dit.
02:22On rappelle quand même qu'Olivier Faure avait dit
02:23que le parti socialiste déciderait seul le moment venu
02:26de ce qu'il fait aux législatives.
02:28Et Raphaël Glucksmann a répondu « Olivier Faure n'est plus majoritaire dans son parti ».
02:32Finalement, je me posais la question « ça arrange qui cette victoire ? »
02:34Et ça n'arrange pas qui, cette victoire ?
02:36Alors moi, je pense que pour Mélenchon, c'est pas une bonne nouvelle
02:39parce qu'il va avoir un partenaire à gauche assez difficile.
02:45Et puis moi, je pense que c'est une mauvaise nouvelle pour François Hollande.
02:47Parce que François Hollande, il pouvait espérer se faufiler à la présidentielle
02:51si Glucksmann avait été mal élu, s'il avait été élu au deuxième tour,
02:56Ricrac, etc.
02:57Bon, là, Glucksmann, c'est un plébiscite, 67%.
03:00C'est un score magistral dès le premier tour.
03:04Donc pour Hollande, ça va être plus compliqué.
03:05Et les écolos aussi.
03:08Et les écolos aussi, oui.
03:09Mais je pense que pour Hollande, qui lui était tapis dans l'ombre,
03:12là, je pense qu'il va avoir un problème.
03:13Évan Réoffol ?
03:14La leçon qu'il faut en tirer, elle saute aux yeux,
03:17c'est que c'est un effacement du Parti Socialiste,
03:19c'est la mort du Parti Socialiste.
03:21Glucksmann n'est pas membre du Parti Socialiste.
03:23Le secrétaire général du Parti Socialiste n'a pas eu 20%.
03:27Ségolène Royal qui disait vouloir revivifier la mémoire socialiste a fait 7%.
03:32Et en plus, Glucksmann a été élu sur un corps électoral
03:36qui, si on le généralise à l'ensemble du corps français,
03:39représente 0,1% des Français.
03:42C'est-à-dire que ça devient ridicule.
03:44C'est un mini-événement.
03:46Et c'est un mini-événement qui montre que le socialiste,
03:48maintenant, ne veut plus rien dire et ne porte plus.
03:50Il avait déjà fait 1,7% à la présidentielle.
03:52Pardon, il faut que je m'interrompe.
03:54Et donc, voilà, le socialisme est mort.
03:56Eh bien, ne vous inquiétez pas, on va continuer d'en parler.
03:58La conclusion était brève.