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  • il y a 1 semaine
LE PROBLÈME DES DÉBATS AUTOUR DE LA MOBILISATION LYCÉENNE

Catégorie

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Personnes
Transcription
00:00Il y a quelques jours a eu lieu la grande confrontation sur les mobilisations lycéennes
00:03et je crois que la grande confrontation c'est surtout la grande erreur
00:06parce qu'elle renferme un grand problème qu'on appelle la performativité incantatoire
00:10et que je vais vous expliquer.
00:11Au début de l'émission, David Pujadas dit ceci
00:13Pas pour s'affronter, non, pour se parler, pour discuter et qui sait, pour se convaincre.
00:19Mais si le but c'est pas de s'affronter mais de parler ou d'échanger,
00:22pourquoi alors on appelle ça la grande confrontation et pas la grande discussion ou le grand dialogue ?
00:26Pourquoi on crée deux camps éloignés visuellement avec un fossé au milieu plutôt qu'un cercle par exemple ?
00:32Pourquoi on enferme les participants dans leur position
00:34en les poussant à représenter une idée figée à l'un des extrêmes du spectre
00:38plutôt que de chercher la vérité de ce qu'ils pensent
00:40qui est forcément beaucoup plus complexe et beaucoup plus nuancée ?
00:43Pourquoi on prend un jeune de 17 ans pour le jeter sur la place publique de la polarisation médiatique
00:47et des affiliations politiques plutôt que d'essayer d'entendre les revendications qu'il représente ?
00:52De la même manière, le présentateur nous dit
00:54Quand on dit qu'il y a deux France, évidemment, c'est toujours un peu schématique.
00:57Alors si c'est schématique et donc que ça pousse à la polarisation et qu'on le sait,
01:01pourquoi on sort pas de cette idée des deux France qui se combattent, qui sont polarisées ?
01:05Pour les mettre en cercle, écouter leur vécu, leurs expériences,
01:08pour identifier quelles sont toutes les France qui sont représentées ici.
01:11Ici, le cadre annoncé, qui se voudrait être celui de l'échange et de la discussion,
01:14ne fonctionne pas parce que dire qu'on va échanger ne suffit pas à créer un échange.
01:18Et c'est pas faute pour les participants d'avoir essayé de sortir de ce cadre.
01:21La configuration du plateau de France face à face, moi je ne m'y reconnais pas du tout.
01:25D'ailleurs, je viens de me reconnaître dans les propos tenus par madame en face.
01:28Je vous rejoins, monsieur le professeur, quand vous dites « je n'aime pas la configuration du plateau »,
01:32à savoir « est-ce qu'on est pour ou est-ce qu'on est contre ? »
01:33J'entrerai pas du tout dans ce débat sur « les uns sont pour la violence, les autres sont contre
01:39».
01:39En tant que mouvement, je le soutiens maintenant sur la question de la violence, évidemment,
01:42et surtout avec tout ce que j'ai pu entendre, parce que j'ai aussi appris et découvert des choses.
01:46Et quand j'ai entendu différentes personnes parler, je ne peux que vous regarder dans les yeux et dire que
01:50je condamne fermement ce qui a pu vous arriver.
01:52Ça, c'est une évidence.
01:53Donc là, vous dites « la France face les uns contre les autres ».
01:55Non, moi je suis française tout court en fait, tout comme mes gosses.
01:58Il n'y a pas deux Frances, il n'y a qu'une France.
01:59C'est pas faute pour les participants d'avoir mentionné tous les points de convergence
02:02sur lesquels il fallait arrêter de tourner en rond pour aborder le vrai sujet, les revendications.
02:06« Vraiment des points communs entre certains d'entre nous qui ont été placés de part et d'autre,
02:12alors qu'en réalité nous avons beaucoup de points communs. »
02:14« Et on est tous parents d'enfants ou d'adolescents, et dans un monde idéal, on aimerait qu'ils
02:19soient écoutés. »
02:20Il y avait matière à discuter avenir, solution, proposition,
02:24entre des personnes qui partagent au fond les mêmes intérêts,
02:27la fin de la violence et le début de l'écoute des jeunes.
02:29Mais quand on a un plateau avec tout le monde qui s'accorde pour dénoncer les violences
02:33qui sortent du cadre des mobilisations,
02:35tout en admettant que les revendications des lycéens sont légitimes à plein d'égards,
02:38tout en passant notre temps à questionner ces mêmes personnes inlassablement sur le sujet des violences
02:43plutôt que sur les solutions pour faire avancer les sujets portés par les jeunes,
02:46bah on ressort avec rien, là où on aurait pu ressortir avec tout.
02:50C'est ça la performativité incantatoire.
02:52Croire que dire qu'un débat sera utile, constructif, qu'il sera un échange, suffit pour qu'il le soit,
02:57même quand on te marie en place.

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