00:00Vous le savez, un adolescent de 14 ans a ouvert le feu au fusil de chasse ce matin dans son
00:04collège d'Aubagne.
00:05Il a blessé le principal de l'établissement, une enseignante, avant d'être désarmée.
00:09Nous n'avions évidemment pas imaginé cette information et c'est pourquoi nous avions invité Louise Montangon,
00:15qui est responsable du syndicat de l'Uni à Bordeaux, après ce qui s'est passé la semaine dernière.
00:20Mais elle va pouvoir commenter, bien sûr, cette actualité et peut-être parler de l'état d'esprit qu'il
00:26y a dans le collège, dans le lycée et dans les facs.
00:29Bonjour Louise Montangon, est-ce que c'est un hasard ou pas ce qui est arrivé ?
00:34C'est une question qu'on peut se poser, est-ce que ça fait suite à un certain état d
00:38'esprit,
00:38aujourd'hui qui règne dans l'établissement, dans les établissements, dans l'enseignement ?
00:43Vous allez pouvoir nous en parler, la taxe est produite vers 10h dans l'enceinte du collège Joseph Lacanale de
00:48la Commune,
00:48à proximité de Marseille, le pronostic vital des victimes n'est pas engagé.
00:53Selon la préfecture de police des Bouches-du-Rhône, le collège n'était pas touché par le mouvement lycéen,
00:58le tireur est un élève du collège scolarisé en classe de 3ème, il n'est pas connu pour des faits
01:03de délinquance, de radicalisation.
01:06Je vous propose peut-être d'écouter Bruno, d'abord d'écouter Jordan Bardella,
01:11qui s'est exprimé sur ce qui aurait pu être un drame.
01:14Notre solidarité avec l'ensemble du personnel éducatif et des élèves de ce lycée,
01:20je n'accepterai jamais que des enseignants dans notre pays puissent aller travailler le matin la peur au ventre.
01:29L'ordre, l'autorité, la sécurité, la discipline et le respect des règles doivent revenir dans toutes les écoles de
01:37France.
01:38Et nous serons amenés à porter un choc d'autorité.
01:41Si les Français nous accordent leur confiance, le gouvernement que j'aurai vocation à conduire sera intraitable avec les violences,
01:48les perturbateurs seront écartés des établissements scolaires.
01:51Il n'y a aucune raison que une ou deux personnes puissent pourrir la classe
01:56et pourrir l'ambiance scolaire pour l'intégralité des élèves.
02:01Jordan Bardella ce matin, le suspect, pour une raison qu'on ne connaît pas,
02:05a tiré sur le proviseur qui a pris une gerbe de plomb de chasse dans les cuisses, le bas du
02:11dos.
02:11Il a tiré une deuxième fois sur une professeure qui prend un plomb, cette fois dans la cuisse.
02:16Il tire une troisième fois dans le couloir, ensuite il a été intercepté par un membre de l'équipe.
02:22C'est le conseiller principal d'éducation, ce qu'on appelle le CPE,
02:26de l'établissement qu'il a désarmé dans le couloir, selon la mairie.
02:30Écoutons Audrey Joanneton, qui est procureure de la République adjointe de Marseille.
02:35Aujourd'hui donc, au Collège Lacanale à Aubagne, aux alentours de 9h25,
02:41est entré dans l'établissement un collégien de cet établissement,
02:47qui est âgé de 14 ans et qui est en classe de troisième.
02:50Il est rentré avec un sac qui est un étui de guitare.
02:58Il a manifestement enlevé de cet étui de guitare une arme, qui est une arme longue, un fusil de chasse.
03:07Il est monté au premier étage de l'établissement, étant précisé que cet établissement est sur deux étages.
03:13Il est arrivé sur le palier du premier étage et là, il a tiré en direction de deux personnes qui
03:21étaient présentes dans ce hall du premier étage,
03:24qui sont le proviseur de l'établissement ainsi qu'un professeur qui était présent.
03:30Emmanuel Macron a réagi sur les réseaux sociaux, aux principales et à l'enseignante blessée ce matin dans un collège
03:37à Aubagne,
03:38aux élèves et aux parents sous le choc.
03:40J'adresse ma pleine solidarité et mon total soutien.
03:44Je salue le sang-froid et la réaction exemplaire de l'équipe éducative qui a permis d'éviter le pire.
03:51Géraldine est avec nous, elle a été professeure dans un collège.
03:54Collège-lycée.
03:55Et je n'ai pas souvenir, durant toute ma scolarité et ces dernières années, je n'ai pas souvenir d
04:03'avoir entendu
04:05qu'un élève était un jour entré avec une carabine pour s'attaquer à un professeur.
04:12Ne parlons même pas de ce qui est arrivé évidemment à M. Bernard et M. Patti.
04:16Et on peut avoir une pensée bien sûr pour eux.
04:19Louise Montangon est avec nous.
04:21Les responsables, je l'ai dit, du syndicat de l'Uni à Bordeaux.
04:25Alors vous êtes très jeune bien sûr, Louise, je ne vais pas vous demander d'avoir une réflexion sociologique sur
04:32un sujet comme celui-là.
04:33Mais est-ce que c'est un fait divers ou est-ce que c'est un fait de société, vous
04:38qui êtes très proche de cette jeune génération
04:41et vous voyez parfois des comportements qui peuvent surprendre ?
04:45Eh bien c'est cruel à dire mais j'ai envie de dire que c'est les deux à la
04:47fois parce que ça fait des années qu'on assiste à une banalisation de la violence
04:51au sein des universités, au sein des lycées, maintenant même au sein des collèges.
04:54Je tiens quand même à rappeler que depuis 2010, en tout cas de 2010 à 2022, le nombre de démissions
04:59des enseignants a été multiplié par 8
05:02parce que règne au sein des lycées, des collèges, des universités une peur en fait parce qu'on ne respecte
05:07plus son professeur,
05:08il n'y a plus d'hierarchie, il n'y a plus de cadre et en fait Emmanuel Macron, Édouard
05:12Geffray, les anciens ministres de l'éducation nationale,
05:14Gabriel Attal pour ne pas le citer, ça fait beaucoup de fois qu'ils apportent leur soutien à la communauté,
05:20des professeurs, des proviseurs, du personnel éducatif, mais en fait c'est clairement beaucoup de leur faute
05:26parce qu'ils incarnent tous le laxisme, le laxisme parce qu'on a laissé les élèves dépasser les maîtres,
05:34parce qu'on a laissé les élèves manquer de respect à leurs professeurs et ils incarnent aussi le laxisme judiciaire
05:39parce qu'aujourd'hui un élève de 14 ans peut se ramener en classe, c'est prémédité dans tous les
05:45cas,
05:46il peut se ramener à l'école, en classe, au collège avec un fusil et tirer plusieurs fois sur un
05:52proviseur, sur une professeure,
05:54une professeure pardon, et dans tous les cas qu'est-ce qu'il risque honnêtement ce gamin de 14 ans
05:58?
05:58Parce que c'est un gamin, je pense pas grand chose, parce que si en tout cas il va pas
06:04plaider la folie,
06:05parce que c'est ce qu'on voit beaucoup chez les mineurs, mais en tout cas moi j'ai une
06:09grosse grosse pensée au personnel
06:10qui a été touché, mais aussi à tout le corps professoral et le corps professionnel des lycées, des collèges,
06:17qui ont cette boule au ventre maintenant en fait quand ils vont donner cours, parce qu'ils ne sont plus
06:21respectés par leurs élèves.
06:22– Louise Montangon est avec nous, alors c'est vrai que l'école ne fait pas exception à une société
06:27où le fil de l'autorité est coupé.
06:31Ceux qui sont en rapport avec les éducateurs sportifs disent que c'est l'enfer,
06:37c'est-à-dire que quand t'as des jeunes gens de 12 ans, 13 ans, 14 ans à manager,
06:41déjà t'as les enfants sur le terrain, t'as les parents aussi, c'est ça.
06:44– Bon, donc le problème de l'autorité dans la société française, il va bien au-delà de l'école.
06:49– Bien sûr.
06:49– Il va aujourd'hui, il a disparu, et au-delà d'ailleurs de la France, dans toutes les sociétés
06:55occidentales,
06:56cette autorité verticale a sans doute ou a disparu, pas toujours d'ailleurs.
07:02Curieusement, il y a des métiers où l'autorité est restée très forte, parce qu'on ne peut pas faire
07:07autrement.
07:08Je pense évidemment aux militaires.
07:10– Bien sûr.
07:10– Je pense que dans certains circuits, je suis aussi surpris,
07:13lorsque vous entrez dans une batterie de cuisine, on dit une batterie ?
07:16Non, ce n'est pas une batterie d'ailleurs, ce n'est pas le bon terme.
07:20On prend la batterie de cuisine, c'est les instruments, c'est la casserole, etc.
07:28Mais c'est un autre terme qui est utilisé, d'ailleurs qui est un terme militaire, je crois.
07:32Ça file, ça file et ça va très très vite, et croyez-moi, vous n'avez pas le temps de
07:37dire
07:37« s'il te plaît, passe-moi, fais ça, etc. »
07:39Ça hurle, ça crie, parce qu'on est dans un temps de service.
07:43– Puis il y a respect envers du chef aussi.
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