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Retrouvez le replay de 100% Mabrouk sur BFMTV.

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00:00On va accueillir sur ce plateau Laurent Valdigui, journaliste d'investigation, qui va nous rejoindre.
00:05Et nous sommes en direct avec la présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône, Martine Vassal, que je salue.
00:12Je vais rappeler le contexte. Il y a le choc et l'effroi à Aubagne aujourd'hui où un proviseur
00:18et une professeure ont été blessés par un élève de 14 ans,
00:22armé d'un fusil de chasse. Jusqu'où va aller cette violence désinhibée et décomplexée ?
00:27Je rappelle qu'à l'heure actuelle, le mobile reste indéterminé, en tous les cas vague.
00:32Merci Martine Vassal d'être avec nous.
00:35Vous avez insisté rapidement sur, et c'est tout à fait normal, la sécurisation de cet établissement,
00:41et plus largement d'ailleurs de tous les collèges et ces établissements du département.
00:46Pourquoi y avait-il, selon vous, un blocage auparavant ?
00:50Pourquoi n'y a-t-il pas, dans cet établissement et peut-être d'autres, des portiques de sécurité ?
00:55Est-ce que c'est idéologique ?
01:00Je pense malheureusement que oui, parce que depuis 2015, lorsque j'ai eu l'honneur de devenir présidente du Conseil
01:06départemental,
01:07j'ai fait le choix de sécuriser l'actualité de nos collèges.
01:11Vous savez que le département est en charge de tout ce qui est bâtimentaire et de tout ce qui est
01:15entretien des collèges.
01:16Et donc, au fil du temps, nous sécurisons, parce que c'est cher, ça coûte plus d'un million d
01:21'euros par collège.
01:22Nous en avons 138, donc je vous laisse faire la multiplication.
01:25Et ce que nous avons fait, c'est que nous avons demandé au conseil d'administration de chacun des collèges
01:29d'être en accord avec nous,
01:31parce que si c'est pour sécuriser et pour ne pas que l'équipe éducative s'en serve, ça ne
01:36sert à rien de dépenser l'argent public.
01:37Et là, nous avons malheureusement un certain nombre de collèges, notamment encore cinq collèges, qui ont refusé pour différentes raisons,
01:46certainement aussi un peu idéologiques, en disant que cet argent-là, il fallait l'utiliser pour autre chose.
01:50En tout cas, ce qui est sûr et certain, c'est que la décision que j'ai prise ce matin,
01:53c'est que les cinq derniers collèges qui ne voulaient pas être sécurisés,
01:56le sauront, en collaboration avec les effectifs de police pour savoir où est-ce qu'il faut mettre les bonnes
02:02caméras, comment est-ce qu'il faut remonter les grillages.
02:05Je pense qu'aujourd'hui, vous l'avez dit très justement, les jeunes sont de plus en plus violents.
02:11Cette violence, elle augmente régulièrement, on le voit avec nos lycéens.
02:17Et donc là, il faut véritablement qu'on prenne les choses à bras le corps et que malgré la volonté
02:23de certains,
02:24on fasse en sorte que nos enfants et le corps enseignant soient le plus sécurisés possible à l'intérieur des
02:30établissements scolaires.
02:31– Martine Vassal, disons les choses, il est impossible à dire si ces portiques auraient pu éviter les blessés aujourd
02:39'hui.
02:39Malgré tout, c'est vrai qu'arriver avec un fusil de chasse caché dans un étui à guitare et passer
02:45comme ça,
02:46la grille d'entrée d'un établissement, c'est tout à fait choquant, ça nous interpelle tous.
02:51Mais on a du mal à comprendre que vous soyez obligés, si je vous comprends bien, d'imposer quand même
02:57des portiques de sécurité dans certains établissements.
03:01Ça devrait être, en tous les cas, semble-t-il, la plupart des parents ne vous le demandent.
03:06Et ce n'est pas du tout au nom de tout sécuritaire, c'est tout simplement pour être rassuré, si
03:09j'ai bien compris.
03:11– Tout à fait, et donc l'idée c'est quoi ?
03:13C'est que le conseil d'administration qui est composé à la fois d'équipes pédagogiques, mais aussi de parents
03:18et d'enfants,
03:19puisse accepter le fait qu'il soit sécurisé.
03:22Mais là, vous avez entièrement raison, à partir de maintenant, nous avons décidé de sécuriser automatiquement la totalité des collèges.
03:29Alors, est-ce que ça aurait pu éviter ou pas ?
03:31Donc ça, l'enquête pourra le dire.
03:33Mais ce qui est sûr, c'est que les tourniquets que nous avons mis en place, les grillages que nous
03:38avons montés,
03:39et aussi la vidéoprotection que nous mettons à l'intérieur des établissements,
03:43eh bien, permet peut-être d'arrêter un peu certains comportements qui ne soient pas des comportements agressifs.
03:50Donc, ce n'est pas la panacée universelle.
03:52Je pense qu'il y a quand même un problème de société avec notre jeunesse aujourd'hui.
03:56Oui, nos lycéens ont des revendications, OK, donc tact, mais derrière, il faut aussi les entendre, les écouter,
04:05comme d'ailleurs les élus locaux, parce qu'on a vraiment l'impression d'être vraiment mis de côté et
04:09pas du tout écouté, ni entendu.
04:13Martine Vassal, restez avec nous, parce qu'on a envie de savoir aussi, vous avez échangé avec de nombreux acteurs
04:17sur place,
04:18des professeurs, des parents, on imagine le choc et l'effroi, ce qu'ils demandent également en retour,
04:23et tout ce qu'ils vous ont dit aujourd'hui.
04:24Laurent Valdiguier, il y a la sécurisation des établissements, il y a les portiques, il y a la vidéo, etc.
04:32La hauteur des grillages.
04:33La hauteur des grillages, évidemment, quand on est parent, c'est ce qu'on demande pour la sécurité de ces
04:39enfants.
04:39Difficile à dire si cela aurait pu éviter ou pas ce qui s'est passé aujourd'hui.
04:43Vous ne pouvez pas transformer les établissements scolaires en hubs d'aéroports, parce que dans une école ou dans un
04:49collège ou dans une école, ça rentre et ça sort tout le temps.
04:51Et puis vous ne pouvez pas créer ce temps qu'il y a pour prendre l'avion, pour empêcher absolument
04:56tout couteau, tout fusil d'assaut.
05:00En revanche, c'est vrai qu'on peut imaginer que la mise en place de portiques, de caméras, etc. soit
05:08assez dissuasive pour un élève.
05:12Ce n'est pas la première fois qu'un fusil rentre dans une école.
05:16Le précédent en France, c'est Grasse en 2017.
05:19Oui, c'est vrai, mais ça reste quand même inédit.
05:22Malheureusement, on parlait beaucoup de couteaux, d'attaques à l'arme blanche, de battes de baseball.
05:26Là, à chaque fois, on dit un cap effranchi.
05:29Grasse 2017, le garçon de 16 ans, il a été condamné à 5 ans de prison ferme.
05:33Depuis 2017, il y a eu 3 cas d'attaques aux couteaux contre des enseignants.
05:37Avant, il y en avait eu des attaques dans des collèges,
05:39mais c'était en général contre la petite amie ou contre un autre élève avec lequel il y avait eu
05:44un différent.
05:45Là, on est dans un phénomène assez nouveau, puisqu'il y a eu Saint-Jean-de-Luce en 2023,
05:49il y a eu Caen en 2022 et il y a eu Nojean en 2025.
05:53Où là, le phénomène nouveau, type tuerie de masse aux Etats-Unis,
05:56sauf que là, c'est avec des couteaux, heureusement,
05:58donc ça fait beaucoup moins de blessés, de par fortiori,
06:03c'est ces 3 phénomènes nouveaux en France
06:06où un élève revient au collège dans un état de...
06:08Alors, l'enquête le dira, là, parce que là, c'est le temps de l'enquête sur Aubagne,
06:14pourquoi il s'en prend manifestement à un proviseur, à un enseignant.
06:19Martine Vassal, vous avez échangé avec de très nombreux acteurs sur place,
06:22les professeurs, des parents, je le disais, on imagine le choc et le froid,
06:25mais qu'est-ce qu'ils demandent ?
06:28S'il y avait un retour sur ce drame, le plus rapidement possible,
06:34quelle est la première préoccupation de tout le personnel éducatif et des parents ?
06:40Eh bien, d'être sûr que ça ne se reproduise pas,
06:42mais là, on ne peut rien garantir.
06:44Je crois qu'aujourd'hui, nous, ce qu'on constate en tant qu'institution organisatrice,
06:51c'est qu'on voit qu'il y a de plus en plus d'enfants qui souffrent.
06:54Il y a du harcèlement, on entend les problématiques de harcèlement de part et d'autre.
07:01Je pense qu'aujourd'hui, il faut quand même qu'on pose le problème aussi différemment.
07:05Quelle est l'influence des réseaux sociaux aujourd'hui ?
07:07Est-ce qu'il est normal que derrière les réseaux sociaux,
07:11ce soit l'anonymat complet ?
07:13Est-ce qu'on ne peut pas essayer d'obliger les GAFA à faire des lois
07:18pour permettre à ce que si vous rentrez dans ce réseau social,
07:22vous mettez votre carte d'identité avec votre nom, votre prénom, votre date de naissance ?
07:26Il y a effectivement ces problématiques.
07:29Il y a effectivement ces problématiques, il y a aussi l'école qui n'est plus un sanctuaire, malheureusement.
07:35Et c'est vrai qu'une arme, un fusil de chasse qui rentre, des armes blanches et d'autres armes,
07:41c'est totalement incroyable, sidérant.
07:44Malheureusement, c'est ce qui s'est passé.
07:45Vous étiez sur le terrain.
07:46Je vous remercie d'avoir répondu ce soir à nos questions.
07:49Et donc, on apprend que vous allez équiper, de fait, ces établissements dans votre département de portique de sécurité.
07:58Merci, Martine Vassal.
07:59Alors, on le fait régulièrement, mais on va faire ceux qui ne veulent pas, surtout.
08:03Effectivement.
08:03Et c'est l'information que vous nous délivrez ce soir.
08:05Je vous remercie.
08:06Je vous dis à bientôt.
08:07Merci.

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