00:05Une association aujourd'hui dans Smart Cities, je vous présente mon invité Marion Gomart.
00:10Bonjour, vous êtes la co-directrice de Coup de Pouce, association créée en 1984.
00:16Avec quelle mission, c'est quoi la mission, l'ambition de Coup de Pouce ?
00:19L'objectif c'est de lutter contre le déterminisme social à travers les trajectoires scolaires.
00:25C'est-à-dire qu'en France plus qu'ailleurs dans l'OCDE, PISA l'a encore montré récemment, mais
00:30c'est vrai depuis longtemps,
00:32en France plus qu'ailleurs, l'origine socio-économique d'une famille, d'un enfant, détermine sa trajectoire scolaire, ce
00:38qui est une grande injustice.
00:40Et ça se voit à travers des signaux qui sont visibles dès les premières années de scolarité.
00:46Et donc nous on agit en prévention plutôt qu'en remédiation, donc dès les premières années de scolarité,
00:50de la maternelle au CE1, pour lutter contre les difficultés scolaires qui vont arriver ultérieurement par le décrochage scolaire.
00:57Et ce constat, il est en train de s'aggraver ? C'est-à-dire si on compare la France
01:00d'il y a 40 ans à la France d'aujourd'hui ?
01:02C'était déjà vrai il y a 40 ans, clairement.
01:05L'association a été créée par un groupe d'enseignants très vite rejoints par des chercheurs pour comprendre quels sont
01:11les problèmes
01:11et a commencé par faire 10 ans d'études pour comprendre le problème, puisqu'à l'époque il y avait
01:15moins d'études sur le sujet.
01:17Ça a largement été corroboré depuis. Probablement que, oui, je crois que ça s'aggrave.
01:25En tout cas, le poids de l'origine détermine de plus en plus la trajectoire scolaire.
01:30Vous venez de publier, c'était au début du mois de septembre, votre premier baromètre coup de pouce 2026,
01:35avec plusieurs résultats de ce sondage. On en a retenu un, 56% des parents pensent que l'école ne
01:41parvient pas à compenser
01:42justement les inégalités scolaires. Elles apparaissent à quel âge ? Très très tôt, dès le primaire, dès l'étude.
01:49Parce qu'en fait, ce n'est pas nécessairement les difficultés scolaires en tant que telles les plus graves qu
01:54'on va repérer,
01:55mais les raisons pour lesquelles, justement, certains enfants n'ont pas le bagage nécessaire pour bénéficier,
02:01comme les autres, des apprentissages de l'école, qui sont les mêmes pour tous.
02:04Donc on pourrait se dire l'école est égalitaire en France. En réalité, ce qui se passe, c'est que
02:08des enfants n'ont pas le rapport aux apprentissages
02:12qui vont leur permettre de bénéficier de ces apprentissages. Il s'agit de le sens qui est donné aux apprentissages.
02:18Pourquoi la maîtresse me propose d'apprendre à lire, écrire, compter ? Est-ce que je vois la continuité après
02:22l'école ?
02:22Ou est-ce que, voilà, c'est la tâche de l'école, c'est ça qu'on fait à l
02:25'école, et donc c'est ça qu'on fait,
02:26et puis quand je rentre à la maison, c'est fini, je fais autre chose.
02:29Donc le sens, c'est très important. Le plaisir à manipuler ces apprentissages et la confiance de l'enfant à
02:36réussir,
02:37dans sa capacité à réussir à l'école. Il y a des enfants, dès la maternelle, qui sont étiquetés comme
02:41le pas bon de la classe,
02:42et ça va les suivre toute leur scolarité. Donc effectivement, ces signaux, ils sont visibles dès les premières années de
02:47scolarité.
02:47Et donc vous proposez des formations, un club coup de pouce, ça fonctionne comment, en fait ?
02:53Donc concrètement, pour lutter contre ce phénomène, on voit bien que c'est plutôt sur le temps hors école
02:59qu'il faut agir, puisque c'est là, essentiellement, qu'on va pouvoir agir sur le rapport aux apprentissages,
03:03ce fameux rapport aux apprentissages des enfants.
03:05Donc nous, on conçoit avec des chercheurs des programmes périscolaires, donc après l'école,
03:10qu'on donne, je simplifie un peu, mais on donne prêt à l'emploi aux municipalités,
03:14qui ont la compétence périscolaire.
03:16Un programme coup de pouce, périscolaire, concrètement, effectivement,
03:20c'est un club de 5 à 6 enfants animé par un animateur ou souvent une animatrice
03:27qui va être rémunéré par la municipalité, donc qui est professionnel.
03:31Et nous, coup de pouce, on va faire tout le reste.
03:32On va les outiller, on leur donne le kit pédagogique, on va former les animatrices et les animateurs
03:38et on va organiser des choses à l'échelle nationale pour l'ensemble de ces clubs.
03:42Donc aujourd'hui, on a environ 2 000 clubs, ce qui fait qu'on accompagne environ 11 300 enfants
03:48et 17 000 parents, puisqu'on accompagne également les parents,
03:52à travers toute la France, dans 255 communes métropolitaines et outre-mer.
03:56Merci beaucoup. Marion Gomart, comment on peut aider coup de pouce ?
04:00Il faut nous soutenir. Les temps sont durs financièrement.
04:04Les subventions des grands ministères ne sont pas en hausse, on va dire.
04:09Donc il faut pouvoir nous soutenir, parce qu'en fait, c'est l'affaire de tous.
04:15Voilà, c'est miser sur l'avenir.
04:16Et pour maximiser son impact, il faut agir en prévention plutôt qu'en remédiation.
04:20Donc encore une fois, c'est vraiment là-dessus qu'il faut agir.
04:24Le déterminé social, c'est la plus grande injustice dans notre société.
04:26Donc voilà, il faut faire un don.
04:28Et des coups de pouce. Merci beaucoup Marion Gomart, mon vent, à votre association.
04:33Voilà, c'est la fin de ce Smart Impact.
04:34Merci à toutes et à tous de votre fidélité. À très vite.