00:00Donc écoutez par exemple ce que disait monsieur Jeffrey, ça c'était hier, on ne touche pas à un professeur.
00:04Hier.
00:06Il y a quelque chose de sacré dans l'école.
00:08Et il y a un tabou qui est tombé il y a quelques années, qui est l'inviolabilité de l
00:11'école et l'inviolabilité des professeurs.
00:13Ce tabou, il faut le restaurer. Il faut le restaurer dans les familles, il faut le restaurer dans les sociétés,
00:18il faut le restaurer dans les médias, partout.
00:21On ne touche pas à un professeur, on ne touche pas à un institution scolaire. Je ne sais plus en
00:24quelle langue le dire.
00:26Mais ça doit être universellement partagé dans notre pays.
00:30Voilà, très clairement. Et à partir de là ensuite, on fait les opérations de contrôle, on surveille les entrées des
00:34établissements, etc.
00:35Et on ne peut pas vivre dans une espèce de contrôle permanent de tous contre tous quand le contrat de
00:40base est un contrat qui repose sur la confiance des uns et des autres.
00:43C'est terrible, vous allez voir, d'écouter toutes ces mots parce que c'est les mêmes.
00:47Donc les gens en ont assez, ma main ne tremblera pas, nous serons impitoyables.
00:52Bon, on aimerait évidemment que les choses changent.
00:55Ce n'est pas les réformes qu'il faudrait faire.
00:56Écoutez, Édouard Geffray, c'était en septembre, il y a quelques jours, après qu'un écolier a attaqué une proviseure.
01:05On ne touche pas à un proviseur ou à un professeur, disait-il.
01:10Des actes et des propos qui, dans les deux cas, sont inqualifiables.
01:14Vous connaissez ma ligne, c'est la même depuis le début.
01:16On ne touche pas à un professeur.
01:18On ne touche pas à un professeur, j'entends, mais il faut peut-être prendre des mesures.
01:21Je ne sais plus dans quelle langue le dire.
01:23On a envie de lui dire, arrête de dire, fait.
01:25Bien joué.
01:27Février 2027, 2026.
01:29Février 2027, ça serait intéressant, mais février 2026.
01:32Édouard Geffray.
01:34Il faut reposer certains tabous en termes de violence.
01:39Il y a des tabous qui sont tombés.
01:41On ne touche pas à un professeur.
01:43On ne frappe pas à un professeur.
01:45D'ailleurs, il faut lui dire qu'on ne touche personne.
01:47On ne touche pas à un professeur, on ne touche pas à un journaliste, on ne touche pas à un
01:50policier.
01:52Charlotte.
01:52Parce que pendant des années, on a expliqué que la violence, il y avait une excuse.
01:57Après, c'était les policiers, c'était la faute des policiers.
01:59Les pompiers, on ne sait pas très bien pourquoi.
02:01Maintenant, il y a les professeurs, on comprend encore moins.
02:03Et il y a parfois des camarades de classe et ce n'est pas plus excusable.
02:06Le vrai lien qu'il y a, évidemment, on comprend très bien pourquoi tout le monde précise
02:09que ça n'a rien à voir avec le blocage des lycées.
02:11Le collège n'était pas bloqué.
02:12Ce n'est pas un élève qui a participé au blocage, ni une organisation dans la foulée des blocages.
02:18Maintenant, le rapport à la violence d'une frange significative de cette jeunesse est absolument terrifiant.
02:25Et ça, ça parcourt tous les mouvements désormais.
02:27Et ça vient s'inviter, en effet, sur un terrain de gamins qui n'ont plus rien de...
02:34Je vais reciter Maurice Berger, mais qui dit depuis des années qu'en centre éducatif fermé,
02:39il a des gamins qui ont 12, 13, 14 ans, qui arrivent en face de lui,
02:43ils n'arrivent pas à leur faire prendre conscience de la gravité des coups portés et parfois mortels.
02:49Il dit, on en est là, on est obligé de passer des heures à faire prendre conscience.
02:53Il prenait un exemple qui, moi, m'a terrifié.
02:55Il avait des gamins en face de lui et il dit, mais est-ce que tu te rends compte
02:58que tu lui as retiré la vie à cet enfant ?
03:00Est-ce que tu as pensé à ses parents, ses frères et sœurs ?
03:02Il a dit, de toute façon, il serait mort un jour.
03:05Voilà les réponses qu'il avait.
03:06Ce rapport à la violence, à l'incapacité de concevoir les actes qu'il pose,
03:13là-dessus, le ministre de l'Éducation nationale avait raison.
03:16Ce n'est pas juste l'école, c'est une société entière qui doit se remettre en cause.
03:21Elisabeth Borne en octobre 2023.
03:29Je voudrais qu'on écoute, parce que, évidemment, de tout entendre comme ça
03:34fait prendre conscience de notre incapacité à résoudre ces problèmes.
03:37Elisabeth Borne en octobre 2023.
03:40Je veux le dire à tous les enseignants, nous serons au rendez-vous pour assurer votre sécurité.
03:48enseignants, élèves, équipes pédagogiques, vous protéger, c'est protéger la République.
03:54L'école est un sanctuaire.
03:56Mais comment croire encore en ces gens-là ?
03:58Moi, je vous assure, je ne les crois plus.
04:00Je ne les crois plus du tout, mais je ne suis pas le seul.
04:02Parce qu'on est un pape Ndiaye.
04:04Que voulez-vous qu'ils disent d'autre ?
04:05Mais qu'ils disent d'autre ?
04:06Mais alors, qu'ils ne parlent pas.
04:07Mais qu'ils le fassent.
04:07Mais regardez-les.
04:08Qu'ils le fassent sur les...
04:09Qu'ils le disent, qu'ils le disent.
04:10En fait, c'est des mots, j'en ai...
04:11Qu'ils le fassent quoi ?
04:12Ah ben, je sais ce qu'il faut faire.
04:17Entre éducatif fermé.
04:18Ah ben, d'abord, tout ce...
04:20Tolérance zéro.
04:20Non mais, vous avez un problème.
04:21D'abord, tolérance zéro.
04:22Alors ça, oui, d'abord.
04:23Et puis après, d'abord, répression, évidemment.
04:26Et puis, éducation.
04:27Alors là, je suis d'accord.
04:28Bien évidemment.
04:29Je suis d'accord là-dessus.
04:29Mais en fait, à ce problème collectif de la montée de la violence chez les jeunes,
04:33où en fait, ils sont insensibilisés.
04:36Parce qu'en face, ils ne voient même plus des êtres humains en face d'eux.
04:38C'est ce que raconte très bien Maurice Berger.
04:41Ce ne sont que des solutions individuelles.
04:43Ce sont des gamins...
04:44Le mot tabou n'arrête pas de revenir.
04:46Mais précisément, ce qu'il n'y a plus dans notre société,
04:49et là, il faut lire fourquet,
04:50le nouveau régime psychique dans lequel nous vivons,
04:52celui où justement, régime déstructuré,
04:54où il n'y a plus de tabou.
04:55Et il n'y a plus de totem non plus.
04:58Cet tabou, c'est quoi ?
04:59Un tabou, c'est quelque chose dont on ne parle pas.
05:01Un totem, c'est quelque chose devant lequel on s'arrête de penser,
05:03devant lequel on s'incline.
05:04Mais toutes choses qui ont disparu de notre société.
05:07Donc la mort, agresser l'autorité à qui l'on doit le respect,
05:11ces choses-là, aujourd'hui, sont relatives dans notre société.
05:15Aubagne, comme tant d'autres affaires,
05:17sont finalement le symptôme de ça.
05:18Et on peut, comment dire, dire Aubagne,
05:21ça montre qu'il faut affronter ce problème de la violence à l'école.
05:25Mais c'est un problème qui est aujourd'hui trop complexe
05:27pour être réglé collectivement.
05:29C'est un problème à prendre individu par individu.
05:31C'est un travail de titan.
05:33Les gens n'ont pas besoin de ces grilles de lecture
05:36qui sont trop complexes, pardon, Dimitri,
05:39trop complexes, qu'ils voient,
05:40comme les policiers sur le terrain,
05:42ils arrêtent, les jeunes sont à peine présentés à la justice
05:45et relâchés immédiatement.
05:48Mais si, mais au bout de quelques mois,
05:50il va être relâché.
05:51Charlotte, on termine,
05:53parce qu'on va être en pause dans une seconde.
05:56Écoutez ce que disait Papandiaï,
05:57des fameux ministres, il y en a huit.
05:59Donc quand voulez-vous que ça marche
06:01avec un président de la République
06:03qui n'a eu aucune ligne directrice sur l'éducation ?
06:05Ça devait être l'éducation nationale,
06:07ça devait être le plan marchal de l'éducation nationale.