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  • il y a 2 semaines
Ce mercredi 14 octobre, Laure Closier a reçu Sibylle Le Maire, fondatrice du club Landoy et directrice exécutive du groupe Bayard, Alexandra Roulet, économiste professeure à l'INSEAD et membre du CAE, Olivier Provost, directeur et associé de Rumeur Publique, et Louis-Samuel Pilcer, haut fonctionnaire et enseignant à Sciences Po et à Polytechnique, dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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00:03BFM Business et la Tribune présentent, débat et controverse, les experts, leur closier.
00:11Il est 9h30 sur BFM Business, bonjour à tous les experts, on commence ensemble ce matin, ils sont 4 et
00:16non pas 3, vous allez voir c'est riche ce matin.
00:18Je commence avec le sommaire opération transparence de la part de Bercy, ça fait évidemment beaucoup parler notamment sur les
00:24réseaux sociaux,
00:25c'est dans une note annexée à son budget que Bercy est réunie pour la première fois au même endroit,
00:30en chiffres détaillés, le poids des pensions de retraite,
00:32c'est des fonctionnaires dans le même budget de chaque ministère, c'est dans l'éducation nationale que le chiffre
00:36est le plus parlant, 65 milliards d'euros de budget,
00:40c'est près d'un tiers des crédits du ministère, pour l'intérieur c'est 30% pour l'enseignement
00:44supérieur, c'est 20%.
00:45Qu'est-ce que ça change au débat ? On verra ça dans un instant.
00:47Du côté des aides aux entreprises, là aussi opération transparence de la part de Bercy qui dévoile un premier chiffrage,
00:52on avait celui du Sénat à 211 milliards, en fait c'est 166 milliards d'euros, le chiffre date de
00:582024,
00:59est-ce qu'on en fait trop pour les entreprises ici ? Vous avez déjà la réponse avant que j
01:03'ai posé la question,
01:04mais quand même on va en discuter, est-ce que ça vaut le coup ce chiffre de 166 milliards par
01:10rapport à ce que ça rapporte ?
01:11C'est peut-être le débat le plus intéressant.
01:13On parlera également de dette évidemment, est-ce que le CMAO grec se rapproche ?
01:18Il y a eu cette nuit des alertes du côté du FMI, la patronne du FMI qui s'inquiète de
01:23la situation de la France sur les marchés,
01:25en disant que ce sera très long pour retrouver une situation normale.
01:28Et puis ce débat qui nous vient d'Allemagne, est-ce qu'il faut taxer l'intelligence artificielle pour financer
01:33les emplois qu'elle détruit ?
01:34C'est le ministre allemand du numérique qui propose de taxer le chiffre d'affaires généré par l'intelligence artificielle.
01:39Je vous présente mes 4 experts.
01:42Et on est avec Sybille Lemaire, bonjour !
01:44Bonjour !
01:45Bienvenue dans les experts, vous êtes fondatrice du club Landois, directrice exécutive du groupe Bayard.
01:49À côté de vous, Louis-Samuel Pilser, bonjour !
01:52Vous êtes haut fonctionnaire enseignant à Sciences Po et à Polytechnique, Alexandra Roulet, bonjour !
01:56Vous êtes économiste et professeur à l'INSEAD, membre du CAE.
02:00À côté de vous, Olivier Provo, bonjour directeur et associé de Rumeurs Publiques.
02:04Je commence avec cette opération Transparence de Bercy, double opération, sur les aides aux entreprises et puis sur les retraites
02:10des fonctionnaires.
02:11Je commence avec vous, Louis-Samuel Pilser, qu'est-ce que ça change au débat ?
02:14C'est-à-dire que là, au moins, on a des chiffres, on peut discuter sur du factuel.
02:19On manquait d'ordres de grandeur ?
02:22En réalité, on les avait, les ordres de grandeur, sur les retraites des fonctionnaires, personne n'est étonné.
02:25C'est plus une question de présentation, d'ailleurs, ça ne change pas les équipes macro de notre budget.
02:32En revanche, sur les aides aux entreprises, c'est intéressant parce que le Sénat avait positionné un chiffre qui était
02:36de 210 milliards.
02:37Aujourd'hui, Bercy propose 160 comme chiffrage avec deux périmètres.
02:42Est-ce qu'on voit dans l'annexe au PLF qui a été suggérée par Bercy sur ce sujet ?
02:47C'est aussi que ces périmètres posent un certain nombre de débats.
02:51Est-ce que c'est vraiment des aides aux entreprises, l'exonération de cotisation patronale ?
02:56Je le pense.
02:57Mais est-ce que la formation professionnelle, ça constitue des aides aux entreprises ?
03:00Est-ce que la baisse de TVA, enfin le taux réduit de TVA sur la restauration, c'est une aide
03:04aux entreprises ou une aide aux consommateurs ?
03:05Enfin, il y a plein de débats, en fait, sur le contenu de ces 160 milliards.
03:08Donc, je trouve que ce travail de transparence, il est plutôt louable.
03:10Parce que ça permet au moins de savoir de quoi on parle et de ne pas penser que c'est
03:13un chèque fait à des grands groupes du CAC 40.
03:15C'est des dispositifs qui, chacun, répondent à des objectifs de politique publique qui sont plutôt, à chaque fois, pertinents.
03:19Dans cette catégorie, il y a les côtés aides nécessaires et puis les trucs un peu moins nécessaires.
03:24C'est un peu comme ça que ça a été catégorisé.
03:27Exactement. Ce qui relève, du point de vue de Bercy, le plus de l'aide aux entreprises et ce qui
03:32relève le plus indirectement de l'aide au secteur économique.
03:38Par ailleurs, il y a quelques absents, notamment les collectivités locales, l'investissement local.
03:44Il n'y a pas le pack du train non plus dedans ?
03:46Non, le pack du train n'y est pas, alors que pour le coup, ça correspond quand même à un
03:49dispositif qui vise à pérenniser une détention française de nos entreprises.
03:54Donc, je pense que le chiffrage permet de faire un exercice de transparence et d'apporter au débat.
04:00Mais en tout cas, il n'y a pas d'alerte particulière.
04:03Il n'y a pas de surprise.
04:05Oui, en fait, tout le monde savait à peu près les ordres de grandeur.
04:07Ce qui est intéressant, c'est de les cumuler dans un même document et de pouvoir débattre de ce qu
04:10'on n'intègre ou pas dans le périmètre de ce qu'on considère être des aides aux entreprises.
04:13– Sybille Le Maire, vous aussi, vous réfutez ce terme d'aide aux entreprises ? Rien que le naming est
04:18parfois difficile.
04:19– Moi, j'ai l'impression que c'est une grande pompe de reflux et c'est d'une complexité
04:25sans nom.
04:26Donc, effectivement, sur la question d'aide aux entreprises, est-ce que ce sont véritablement des aides ?
04:30Je mets au défi, au-delà de ces experts ici présents, d'expliquer ça.
04:35Et je reviendrai sur ce terme de pédagogie qui est employé, qui, à mon avis, est au cœur de notre
04:40cohésion sociale,
04:41puisque c'est bien de ça dont on parle aussi, c'est qu'il y a un besoin de pédagogie.
04:44Donc, on ne peut que saluer ce qu'est en train de faire Bercy.
04:47En fait, il faut reprendre les principes sur lesquels on a posé notre modèle social.
04:50En tout cas, en ce qui concerne, bien évidemment, ce qu'ils sont en train de faire,
04:55c'est qu'il y avait cette idée qu'on avait un salaire qui était peut-être moins important du
05:02côté de la fonction publique,
05:03mais du côté des retraites qui étaient plutôt favorables pour eux.
05:05Est-ce que c'est ce principe-là qu'il faut repenser ? C'est aussi cette question-là.
05:08Ça vaut aussi pour le salaire du privé, où il y a une grande incompréhension.
05:13Donc, tout ce qui pourra permettre, et c'est ce sur quoi nous œuvrons, vous ne pouvez pas vous rendre
05:17compte,
05:18lorsqu'on remet la fiche de paye sur la hauteur de 100 euros, on a été venu en parler,
05:22les Français ne comprennent même pas pourquoi est-ce qu'ils récupèrent aussi peu que ça,
05:27c'est-à-dire en moyenne 79 euros, et ne comprennent pas non plus le coût du travail.
05:32Donc, à partir de là, je pense que remettre les intéressés, faire œuvre de pédagogie,
05:37afin qu'on puisse se poser les bonnes questions et arriver à un certain nombre d'éléments de réponse
05:41et de ce point d'équilibre où on a tant de mal à se rencontrer, est une excellente nouvelle.
05:47– Alexandre ?
05:48– Oui, alors moi, je salue aussi l'effort de transparence de Bercy,
05:51mais ça va un petit peu au-delà, c'est-à-dire que sur le poids des retraites dans les
05:56budgets des ministères,
05:57en fait, comme vous le disiez, on le savait déjà, il y avait eu à la fois des chercheurs,
06:01il y avait eu M. Beaufré à la Cour des comptes, il y avait eu l'Institut des politiques publiques
06:04qui avaient fait des rapports, mais ce n'est pas exactement la même chose que Bercy officialise
06:08et reprenne à son compte cette présentation.
06:10– Et pourquoi ?
06:11– Parce que ce qui est important dans cette histoire, c'est de comprendre ce que ça veut dire.
06:17Ça veut dire que quand, par exemple, on se dit qu'on va faire une loi de programmation
06:20pour la recherche pluriannuelle, d'accord ?
06:22Donc, on va faire un investissement d'avenir, on investit dans notre recherche,
06:25on sacralise ces montants.
06:26Et bien maintenant, ce qu'on voit, c'est que dans le budget du ministère de la Recherche,
06:29en fait, il y a, mettons, un tiers, ou je ne sais plus le chiffre exact, qui…
06:33– 20%.
06:34– Voilà, 20% qui part pour des dépenses de retraite, qui sont des dépenses légitimes.
06:38Mais ce que je veux dire, c'est qu'au moment où on pense qu'on investit, mettons,
06:41un milliard dans la recherche, en fait, ce n'est pas tout à fait exactement ça.
06:44Et donc après, parfois, on s'étonne qu'on n'ait pas les résultats
06:46qui correspondent aux investissements qu'on a mis.
06:48Donc, il y a derrière, c'est important de savoir comment est répartie la dépense publique,
06:54parce que ça permet d'expliciter nos choix.
06:55Et donc, ce que ça vient renforcer, c'est le fait que les retraites pèsent énormément
07:00dans nos dépenses publiques.
07:00Donc, là encore, on le savait.
07:02Mais si vous voulez, c'est toujours aussi avec ce souci de pédagogie,
07:06c'est important de bien le comprendre,
07:07parce que ça veut dire que quand on a nos débats de politique économique,
07:11ça repose évidemment tout le sujet de la réforme des retraites,
07:14est-ce qu'il faut travailler plus longtemps ?
07:15Parce que c'est ça aussi qui permet de réduire ce poids-là.
07:18Il n'est pas question, je pense que la mauvaise interprétation,
07:21en revanche, ce serait de dire les retraites des fonctionnaires sont trop élevées.
07:24– Non, ce n'est pas le sujet, en fait.
07:25– Ce n'est pas du tout le sujet.
07:27– Ce n'est vraiment pas du tout le sujet.
07:29Mais en revanche, c'est le poids des retraites dans nos dépenses publiques,
07:33en général, qui est explicité par Bercy.
07:35Les chiffres, on les connaissait.
07:37À la différence, en effet, des aides aux entreprises,
07:38où il y a des débats sur les chiffres, là, je pense qu'il y a des débats,
07:41mais grosso modo, on savait les ordres de grandeur.
07:44En revanche, maintenant, il y a la question de savoir
07:47s'il faut que ça reste dans ses budgets.
07:48– Mais pourquoi c'était secret ?
07:49Parce que là, on a une opération de transparence, Olivier.
07:52– C'est un truc qu'on ne pouvait pas dire avant ?
07:54– Le rapport Beaufray avait quand même, à un moment,
07:57essayé justement de lever le voile en disant
07:59« il y a un éléphant dans la pièce, personne n'en parle,
08:02on parle toujours avec le corps des retraites du privé,
08:05les retraites du public, il y avait un côté un peu tabou.
08:07Pourquoi c'est tabou ? »
08:08Alors, deux choses, d'abord, à cause des montants,
08:10qui sont quand même très spectaculaires,
08:12et la deuxième, et que Bercy ne dévoile pas complètement,
08:15c'est l'ingénierie derrière pour financer tout ça.
08:17Parce que ce que ne dit pas Bercy, au-delà du chiffre,
08:19c'est que pour arriver à ces montants-là,
08:22derrière, on va puiser dans des budgets annexes,
08:25dans l'ingénierie pour financer ça,
08:28ce sujet-là n'a pas encore été abordé.
08:31Mais déjà, c'est très bien que Bercy fasse ce travail de transparence.
08:34Mais c'est un peu la même chose sur les aides aux entreprises.
08:37Fondamentalement, c'est bien de mettre un chiffre.
08:38Mais derrière, je me mets à la place de l'opinion publique,
08:41ils ne comprennent rien.
08:42Ils ont des entrepreneurs qui viennent en permanence derrière vos micros
08:44pour dire, à un moment, on est assommé,
08:47arrêté à un moment la taxe sur notre chiffre d'affaires, etc.
08:50Et dans le même temps, on constate qu'il y a près de 170 milliards d'aides.
08:53Moi, je me mets à la place de l'électeur,
08:55il ne comprend rien du tout.
08:56Et c'est malsain ce débat.
08:58C'est-à-dire que regardez ce qu'on a fait sur les 35 heures.
09:00On a à la fois, à un moment, imposé 11% de gains de product,
09:04d'efforts de productivité aux entreprises.
09:06Et à côté, on a mis des tas d'aides pour essayer de faire en sorte...
09:10Mais donc, vous dites grand risette, c'est-à-dire qu'à un moment donné,
09:12on jette mon culot.
09:13Ce n'est pas simple de faire ça.
09:15Globalement, on ne peut pas à la fois complètement étrangler les entreprises
09:17d'un côté et de l'autre côté, leur apporter 170 milliards.
09:22Sybille ?
09:25Ce sur quoi nous travaillons, c'est d'expliquer
09:27qu'on ne travaille pas à périmètre constant.
09:29En fait, ce qu'on oublie, mais ce que les gens vivent
09:31dans leur quotidien, c'est qu'on vit beaucoup plus longtemps.
09:34Le système, en fait, a été quand même pensé
09:36à un moment où, si j'ai envie de reprendre l'expérience de Bayard,
09:40quand on a créé notre temps en 1968,
09:42on passait en moyenne 15 ans à la retraite.
09:45On passe 10 ans de plus.
09:46Donc, on essaye de mettre des ronds dans des carrés, en fait.
09:48C'est ça, ce qu'il faut expliquer aux gens.
09:49Mais vous qui faites de la pédagogie, notamment économie,
09:52ça, c'est intégré, c'est bon ?
09:54On a compris qu'on était moins nombreux, qu'on vivait plus longtemps ?
09:57D'abord, un, les Français ont très bien compris la question du solde naturel.
10:00Il y a plus de vieux, il y a moins de jeunes.
10:02Ça, c'est une équation qu'ils ont comprise.
10:03Mais ils ont aussi compris qu'ils allaient devoir vivre beaucoup plus longtemps.
10:06On a fait un choix de société qui est de se dire
10:08ce temps supplémentaire qui nous est donné, on le passe à la retraite.
10:12C'est ça, la question qu'il faut qu'on se pose.
10:14Est-ce que ce temps additionnel, il doit être passé à la retraite ?
10:16Ou est-ce qu'on se pose en conscience la question de savoir
10:19comment nous faisons tous pour travailler plus,
10:22pour pouvoir protéger ce système de santé
10:24auquel les Français, toutes les études le démontrent,
10:27sont très attachées ?
10:28Louis-Samuel ?
10:28En fait, comme vous venez de le dire,
10:32la vertu de ce travail de transparence,
10:34c'est de permettre de poser les débats.
10:35Et c'est vrai que sur les aides aux entreprises,
10:36c'est un débat qu'on pose assez peu.
10:38Quand on regarde les programmes présidentiels,
10:40il y en a plusieurs qui disent qu'on va couper les aides aux entreprises.
10:42Vous en avez qui disent qu'on va orienter la moitié des aides aux entreprises.
10:46Edouard Philippe propose de supprimer des aides aux entreprises.
10:4950 milliards est proposé.
10:51Oui, de remplacer ça par des allègements de fiscalité.
10:53Maintenant, je vais défier Edouard Philippe
10:54de préciser ce qu'il va couper dans ces 70 milliards.
10:57Parce qu'en fait, quand on regarde le détail,
10:59c'est quand même, est-ce qu'il va couper les allègements de charges patronales ?
11:00Je ne pense pas.
11:01Est-ce qu'il va couper le crédit d'impôt recherche ?
11:03Je crois qu'il a annoncé qu'il ne le ferait pas.
11:05En fait, quand on regarde bloc par bloc, c'est très compliqué.
11:07Donc, quand on dit les aides aux entreprises...
11:08C'est infiniment que ma prime rénov' !
11:09Oui.
11:12Les aides aux entreprises, c'est un grand agrégat
11:13où on peut se dire qu'on va sabrer.
11:15Mais en fait, quand on regarde le détail,
11:16c'est très compliqué.
11:17Il y a assez peu de choses qu'on peut vraiment supprimer.
11:20Allez-y, Alexandre.
11:20Oui, vous posiez la question tout à l'heure
11:22de la nomenclature aide aux entreprises.
11:25C'est vrai que quand le gros bloc dans les aides aux entreprises,
11:27c'est en effet les allègements de cotisations patronales.
11:30Et ça, au départ, c'est un levier de politique économique
11:32qui vise à stimuler l'emploi des peu qualifiés.
11:35Donc, c'est plutôt une aide aux travailleurs peu qualifiés.
11:37À l'emploi, c'est de la politique publique sur l'emploi.
11:39Donc, c'est vrai que c'est toujours un peu compliqué.
11:41Cette espèce d'opposition entreprise-ménage,
11:43pour moi, elle n'a pas tellement de sens.
11:45En revanche, et donc le périmètre exact
11:47de ce qui est dans les aides aux entreprises,
11:49pour moi, c'est un peu un faux débat, quelque part.
11:51En revanche, au sein de ce qu'on peut mettre
11:54dans ce grand périmètre,
11:56il y a quand même des distinctions.
11:57C'est-à-dire qu'il y a des aides aux entreprises,
11:58par exemple, effectuées par la BPI,
12:00que j'ai pu évaluer dans le cadre de certains travaux,
12:03où on montre que ça, ce qui est très, très rare
12:05pour une politique publique,
12:06c'est carrément autofinancé.
12:07Pourquoi c'est autofinancé ?
12:08Parce que ça permet aux entreprises de croître
12:10d'une façon qu'elles n'auraient pas pu faire.
12:11Et donc, ça fait des recettes fiscales en plus,
12:13parce qu'elles embauchent plus,
12:14elles ont plus de chiffre d'affaires, etc.
12:16Donc ça, c'est des aides aux entreprises
12:17qui ne coûtent pas un centime à l'État.
12:20Donc il faut absolument à la fois les préserver,
12:22puis ça développe notre économie, etc.
12:24À l'inverse, il y a, de mon point de vue,
12:25des aides qui sont plus discutables.
12:27Par exemple, les taux réduits de TVA.
12:29Alors, évidemment, je suis bien consciente
12:31de tous les arguments sur...
12:33Voilà, si on les enlève,
12:34ça va faire du travail dissimulé, etc.
12:35Mais malgré tout, moi, je n'ai pas vu d'études
12:38qui montrent la vertu d'avoir un taux de réduit de TVA
12:41sur la restauration, sur l'hôtellerie, le cinéma, etc.
12:44Donc je sais bien les lobbies derrière,
12:47les secteurs, et voilà.
12:48Mais ça, c'est quand même des aides
12:50qui se chiffrent en milliards, en fait.
12:52Et au départ, pourquoi on veut des taux réduits de TVA ?
12:54Normalement, c'est pour protéger
12:55les ménages les plus modestes de la TVA.
12:57Pour baisser les prix.
12:57On l'a vu que les restaurateurs...
12:59Mais ce n'est pas du tout ce qui se passe
13:00dans certains domaines.
13:02Et donc là, pour moi, ça, c'est des endroits
13:04où on peut aller chercher des économies.
13:06Donc c'est vrai que dans ce grand nombre d'aides
13:07aux entreprises un peu idéologiques,
13:09en fait, il faut aller regarder mesure par mesure
13:11qu'est-ce qui a été évalué,
13:12qu'est-ce qui marche, qu'est-ce qui ne marche pas.
13:15Même sur les emplois peu qualifiés,
13:17il y a eu des tas de rapports,
13:18enfin je me souviens du rapport gallois
13:20sur le sujet qui avait dit
13:21qu'on fait totalement fausse route.
13:22On devrait au contraire, à un moment,
13:25subventionner les aides aux emplois qualifiés
13:27au-delà de, on le disait,
13:29au-delà de 2 SMIC ou 2,5 fois SMIC.
13:31Et aujourd'hui, on fait exactement l'inverse.
13:33En fait, vous avez mille fois raison,
13:34on ne mesure pas à un moment
13:37l'efficacité des aides qu'on apporte aux entreprises.
13:39Et c'est vrai que sur la TVA réduite,
13:40il y a eu beaucoup de chantages.
13:42Il y a quand même une posture des entreprises
13:43qui finit par être un tout petit peu gênante.
13:46C'est-à-dire qu'ils passent leur temps,
13:47on l'a vu sur le quoi qu'il en coûte.
13:48À un moment, vous dites,
13:49on va arrêter les aides, on va couper.
13:50Et là, vous avez tout le monde
13:51qui débarque dans le bureau du ministre des Finances,
13:54Bruno Le Maire.
13:54En disant pas moi.
13:55Bruno Le Maire l'a suffisamment raconté,
13:57quels que soient ses défauts
13:58en termes de gestion publique,
13:59pour dire qu'au moment où il avait voulu couper,
14:05Et Louis-Samuel, sur la question de dire
14:08que ces allègements de charges,
14:09c'est le trou de la Sécu.
14:10C'est-à-dire que ça s'est retrouvé mécaniquement.
14:12On ne peut pas dire qu'il n'y a pas un lien direct.
14:15On a vraiment objectivé ça
14:17et on sait le chiffrer ?
14:19Oui, sur les allègements de charges,
14:21ça coûte extrêmement cher.
14:23D'ailleurs, c'est chiffré dans le...
14:2470 milliards.
14:25Oui, c'est ça, à peu près.
14:2670 milliards.
14:26D'ailleurs, ça fait partie des leviers
14:28sur lesquels le budget de cette année,
14:29le projet de loi de finances,
14:30essaie de jouer pour rapporter,
14:31je crois que c'est 7 milliards d'euros
14:32en modifiant un peu les assiettes.
14:34C'est un coût énorme pour les finances publiques.
14:37Par ailleurs, l'ensemble des bases d'impôts
14:40qui ont été actées sous les deux quinquennats
14:42d'Emmanuel Macron,
14:43c'est à peu près 60 milliards d'euros par an.
14:44Donc, c'est quand même un montant extrêmement important
14:46pour les finances publiques.
14:47Ensuite, je trouve que c'est assez intéressant.
14:49La note du CAE qu'a mentionné Alexandra,
14:52ça apporte une pièce extrêmement utile au débat.
14:54Sur l'évaluation des politiques publiques
14:56sur l'innovation.
14:57De France 2030.
14:58En fait, il y a deux notes qui ont été publiées
15:00ces deux dernières semaines.
15:01D'ailleurs, la concomitance est assez intéressante.
15:03Une note du CAE,
15:04une note de la Direction Générale des entreprises.
15:05Les deux ont à peu près la même conclusion.
15:07C'est-à-dire qu'elles estiment
15:08que le plan France 2030 est extrêmement efficace
15:10sur les brevets, sur l'emploi
15:11et même sur les retombées fiscales
15:12puisque, comme vous le dites,
15:13le plan France 2030, au final,
15:14il s'autofinance.
15:15Et donc, je crois même que le CAE
15:17appelle à refaire un plan dans le même...
15:19Pas surtout.
15:20Je ferai une petite précision.
15:21Je sais, je connais par cœur,
15:22je peux vous l'apprendre.
15:23C'est exactement ce qu'Alexandre va dire.
15:25Ça dépend du périmètre.
15:27En fait, c'est extrêmement intéressant
15:28parce que sur le débat
15:29en matière de politique d'aide aux entreprises,
15:30il y a un peu de vision.
15:31Il y a ceux qui disent
15:32qu'il faut faire des politiques d'aide horizontale.
15:34C'est un peu la vision Édouard Philippe
15:35disant qu'on fait des bases d'impôts
15:38et tout va beaucoup mieux fonctionner
15:40si on réduit un peu les impôts
15:44sur les impôts de production
15:45et d'autres leviers de politique fiscale
15:47qui sont non ciblés,
15:48donc qui concernent tout le monde.
15:50C'est un peu ce qu'on a fait depuis 20 ans.
15:52Enfin, en fait, jusqu'à 2020
15:53où il y a eu un vrai tournant
15:54et où on a acté
15:55qu'on s'orientait plutôt
15:56vers des politiques verticales.
15:58Donc, on fait des vrais choix de filières
15:59et où à la fois en matière d'innovation
16:01et de politique de réindustrialisation,
16:02on choisit d'être beaucoup plus dirigiste.
16:04Et moi, quand j'étais à Bercy
16:05sur le soutien à la filière pharmaceutique,
16:09en fait, je me suis rendu compte
16:09que ce fonctionnement,
16:11il était extrêmement efficace.
16:13Parce que quand on avait présenté à l'époque
16:14une liste de 150 médicaments
16:16qu'on souhaitait rapatrier,
16:17en fait, il y a plein d'entreprises
16:18qui...
16:19J'ai rencontré à peu près toute la filière
16:20pour savoir qu'ils pouvaient faire quoi.
16:21Et en fait, il y a pas mal d'entreprises
16:23qui m'ont dit, en gros,
16:23on peut investir sur tel ou tel médicament
16:25parce que ça correspond à des choses
16:27qu'on sait quasiment faire.
16:29On sait faire une molécule
16:29qui ressemble, etc.
16:31Et quand on discutait
16:32de combien il faudrait mettre
16:33côté État pour le faire,
16:34parfois, il me disait zéro.
16:36Simplement, c'est un objectif
16:37de politique publique de la France
16:38et moi, je suis prêt à faire l'effort.
16:39Donc, c'est intéressant, en fait,
16:40quand on donne une direction...
16:41Mais c'est ça, en fait, il marche.
16:42Quand il y a la direction, Alexandra.
16:43Donc, le passage horizontal-vertical,
16:45tout à fait d'accord.
16:46Le seul élément que je rajoute,
16:47c'est qu'il faut quand même
16:48qu'il y ait un peu une notion
16:48de compétition.
16:49C'est-à-dire qu'en gros,
16:51le vertical, c'est aussi
16:52ce qu'on faisait
16:52en politique industrielle
16:53dans les années 80.
16:54Et là, le problème,
16:56la politique industrielle
16:56a souvent été critiquée pour ça.
16:58C'est parce qu'en fait,
16:59ça peut être vite
16:59l'État qui choisit
17:00les entreprises
17:01et on ne sait pas
17:02si l'État sait très bien faire
17:03pour faire ça
17:04et donner de l'argent public.
17:05Et qui saupoudre.
17:06Voilà, et qui saupoudre.
17:07En revanche,
17:08là, c'est pour ça que...
17:09En revanche, ce qui marche,
17:10c'est qu'en effet,
17:11l'État définit
17:12des priorités stratégiques.
17:13Il est tout à fait légitime
17:14à le faire.
17:14Mais en revanche,
17:15ensuite, il faut qu'il y ait
17:16un peu de compétition
17:17au sein des entreprises
17:18pour remporter notamment
17:19les financements.
17:20Donc c'est pour ça,
17:21sur France 2030,
17:22en effet, on est très très positifs.
17:24On a été extrêmement
17:25agréablement surpris
17:26par notre analyse empirique
17:27en fait des effets
17:30de cet financement public.
17:31Mais on a évalué seulement
17:32les appels à projets compétitifs
17:34de France 2030.
17:35C'est-à-dire que quand il y a
17:36un appel à projets,
17:36des entreprises postulent,
17:37il y a des notes faites
17:38par un jury indépendant.
17:39Voilà, et ensuite,
17:40les meilleures entreprises
17:41sont choisies par un jury
17:42d'experts indépendants
17:43qui met des notes.
17:44L'opposition,
17:45qu'est-ce qui n'est pas
17:46un appel à projets compétitifs ?
17:46C'est ce qu'on appelle
17:47plutôt les aides,
17:48soit guichées,
17:48soit de gré à gré.
17:50Et ça, nous,
17:50on ne l'a pas évalué,
17:51mais je sais qu'il y a eu
17:52des rapports plus critiques
17:53qui suggéraient que
17:54ce n'étaient pas forcément
17:55les bonnes entreprises
17:55qui bénéficiaient de l'argent public.
17:57Et du coup, là,
17:57il peut y avoir des effets d'aubaine.
17:58Donc c'est pour ça que nous,
17:59on dit oui, France 2040,
18:01à fond,
18:03mais en faisant essentiellement
18:04des appels à projets compétitifs.
18:06Olivier ?
18:06Oui, vous citiez
18:07l'industrie pharmaceutique.
18:08Je suis un tout petit peu
18:09quand même étonné
18:09de ce que vous me dites
18:10parce qu'on s'est rendu compte
18:11pendant le Covid
18:12de notre extrême dépendance
18:13à tout ce qui était
18:14principe actif
18:14qui arrivait principalement
18:16de Chine et d'Inde.
18:17Et donc, on s'est dit
18:18on va rapatrier.
18:19Mais dans les faits,
18:20ça ne marche pas.
18:21Dans les faits,
18:21ça ne marche pas.
18:22C'est-à-dire que vous aviez
18:23un champion des principes actifs
18:24qui était sorti de Sanofi
18:25qui s'appelait Eurohappy
18:26qui a été une catastrophe.
18:28Une catastrophe boursière
18:29et même une catastrophe industrielle.
18:31Et donc, in fine,
18:31on avait une pépite.
18:32Cette pépite,
18:33je suis même surpris
18:33que la BPI ne soit pas rentrée
18:35davantage au capital
18:36qui n'a pas été soutenue
18:37qui est aujourd'hui
18:38en état de collapse moyen.
18:40Et fondamentalement,
18:41le rapatriement
18:42de l'activité pharmaceutique
18:44essentielle pour la France
18:45qui devait se faire,
18:46honnêtement,
18:47il ne s'est pas fait.
18:48Il ne s'est pas fait.
18:48Donc, à un moment,
18:49il y a des beaux principes
18:51et je suis enchanté
18:51que le projet 2030 fonctionne bien.
18:55On a enfin une politique publique
18:57qui a l'air de fonctionner.
18:58Mais n'empêche que
18:58quand on regarde filière,
18:59pas filière,
19:00ça ne marche pas par exemple.
19:00Mais est-ce que ce n'est pas
19:01parce que parfois
19:01on ne sait pas faire les choix
19:02et donner des directions claires
19:04en disant
19:05voilà ce qu'on va rapatrier
19:06en étant plus dirigiste ?
19:08En fait,
19:08sur l'industrie pharmaceutique,
19:10on a donné des directions.
19:12On a 1050 médicaments
19:13qu'on souhaite rapatrier.
19:14Aujourd'hui,
19:14il y en a une quarantaine
19:15sur lesquelles on a déjà
19:16engagé des investissements
19:17pour les rapatrier.
19:17Ensuite,
19:18ça prend beaucoup de temps.
19:19Et par ailleurs,
19:19ce dont on parle moins,
19:20et je pense que le babelait,
19:22c'est d'accord
19:23avec ce que vient de l'Olivier,
19:24mais on se prend en même temps
19:26le choc chinois.
19:26C'est-à-dire qu'au même moment,
19:28on souhaite rapatrier
19:29notre filière pharmaceutique,
19:30on met des aides.
19:31Par ailleurs,
19:31au niveau européen,
19:32on a mis en place
19:32un Critical Medicine Act
19:33pour, au plan européen,
19:35protéger nos marchés publics.
19:36Et en même temps,
19:37on fait un accord
19:38de libre-échange avec l'Inde.
19:39En même temps,
19:39on se prend un dumping chinois
19:41sur les produits chimiques,
19:43mais qui touche aussi la pharma
19:44puisque sur l'aspirine,
19:45sur d'autres produits chimiques,
19:46en fait,
19:46on a du dumping
19:47qui est assez objectivé
19:48et sur lequel la Commission
19:49met beaucoup de temps
19:50à entreprendre des actions.
19:52Donc c'est vrai que je pense...
19:53C'est le prix du médicament aussi,
19:54peut-être, non ?
19:54Ce n'est pas ça
19:54qu'ils vous ont dit
19:55parfois, les labos ?
19:56Effectivement,
19:56en fait, on paye...
19:58D'ailleurs, on le voit
19:59dans les objectifs
20:01sur l'objectif de l'ONDAM.
20:03Quand on débat du budget,
20:05on baisse chaque année
20:06l'objectif de dépense
20:07d'assurance maladie.
20:08Donc évidemment,
20:08on renégocie les prix
20:09des médicaments
20:10et on peine à payer
20:11un peu plus cher.
20:12Enfin, ce qu'il faudrait faire,
20:13c'est payer un peu plus cher
20:13les médicaments
20:14s'ils sont fabriqués en France.
20:15On a acté,
20:16y compris dans la loi,
20:16qu'on allait le faire.
20:17Mais pour l'instant,
20:18ça met du temps
20:19à se concrétiser
20:20dans les décisions de...
20:22Sans oublier que personne
20:23ne veut une usine chimique
20:24à côté de chez lui.
20:25Oui, bien sûr.
20:26C'est comme les éoliennes
20:26et les autres sans-queur.
20:27Il ne faut pas oublier ça.
20:28C'est que le NIMBY
20:28Not in my backyard,
20:29vous vous dites
20:30je vais implanter
20:31une usine chimique,
20:32je vais refaire
20:33tel médicament
20:33à côté de chez moi.
20:34Mais s'il y a des émanations
20:35gazières, non ?
20:36Il y a un moment
20:37et puis ça sent mauvais.
20:37Et tout,
20:38personne ne le veut.
20:39Sybille, allez-y.
20:40Non, et pour autant,
20:42les Français sont très attachés
20:44à ce système de santé.
20:45Ils savent qu'il doit être réformé.
20:47C'est intéressant.
20:48Il y a une certaine
20:49forme de résistance.
20:49Mais je pense que ça participe
20:50d'une certaine forme
20:51d'inquiétude
20:52parce qu'il y a
20:52une très grande prise de conscience
20:53que le système
20:54n'est pas soutenable
20:55économiquement.
20:56Et donc, en fait,
20:57je pense qu'il est urgent
20:58d'apporter des éléments
20:59de réponse pour eux.
21:01On a commis une étude
21:02et je vous le donne
21:02en avant-première
21:03parce qu'on va la publier
21:05en novembre.
21:07Les Français souhaitent
21:08avoir plus de transparence
21:09dans le système de santé.
21:11En fait, ils en ont
21:12en quelque sorte marre
21:13de ne pas comprendre
21:15où ça va,
21:16qu'est-ce que ça paye
21:16quand je me casse la jambe,
21:18quand je vais à l'hôpital,
21:19lorsque je vais chez le don.
21:20Mais ils veulent la facture
21:20parce que...
21:21Ils veulent voir.
21:22Voir ne pas payer.
21:24C'est utile.
21:26Je pense que là aussi,
21:27il faut faire preuve
21:27de pédagogie,
21:28de plus de transparence,
21:30que cette carte vitale
21:30est exceptionnelle,
21:31mais au détriment
21:32d'une meilleure compréhension
21:33du système.
21:34Donc, si on veut changer
21:35le système...
21:35Donc, il faut écrire.
21:36Vous passez à l'hôpital,
21:37ça a coûté le temps.
21:38Oui, absolument.
21:40Allez-y, Olivier.
21:40On est en train de mettre
21:41le doigt quand même
21:42sur la schizophrénie française
21:44qu'on voit bien
21:45avec le Mondial de l'Automobile,
21:46la différence entre
21:47la consommation
21:48et la production.
21:49Oui, les Français veulent,
21:50comprennent bien
21:51que le système de santé
21:51doit être réformé.
21:52Ça va se terminer comment ?
21:54Par des importations massives
21:55de produits pharmaceutiques
21:56venus de Chine
21:57parce qu'ils ne seront pas chers.
21:58Comme on a fait sur la voiture,
22:00avec...
22:00Si on décorèle
22:02la vision du consommateur
22:04et la vision du producteur,
22:05on finira par avoir,
22:06comme le veut l'Union Européenne
22:07à un moment,
22:08une nation de consommateurs
22:09qui auront des produits pas chers,
22:11mais ces produits,
22:11ils viendront tous
22:12de Chine et d'Inde.
22:13Je pense qu'on doit faire preuve
22:15aussi de pédagogie là-dessus
22:17et faire oeuvre de prévention,
22:19notamment sur les consommations
22:21de médicaments,
22:22mais aussi sur l'utilisation
22:23de l'hôpital.
22:24Et donc, en fait,
22:25ce terme de prévention
22:26dont on se gargarise tous
22:27est complètement vide de sens
22:29pour les Français.
22:30Donc, on est quand même
22:31assez mauvais sur la vaccination,
22:32mauvais sur le dépistage
22:33et mauvais sur la prévention
22:34en tant que telle.
22:35Donc, je pense qu'il faut
22:37mettre le poids du corps
22:38de ce côté-là
22:40vis-à-vis des personnes
22:41qui, on le voit,
22:43pour le cancer du sein,
22:44il y a une femme sur deux
22:44qui se dépise du cancer du sein.
22:46Donc, je veux dire,
22:47les chiffres sont assez vertigineux
22:48alors qu'on a un accès
22:50formidable à ce dépistage.
22:52Une femme sur deux,
22:52ça ne fait pas beaucoup quand même.
22:54Mais, Sybille,
22:55j'ai l'impression que c'est vous
22:55qui nous amenez l'espoir ce matin
22:56sur la prise de conscience...
22:58Non, alors pas sur le cancer du sein,
22:59mais sur la prise de conscience
23:01des Français.
23:02C'est-à-dire que j'ai l'impression
23:02que vous êtes assez optimiste
23:03sur la capacité des Français
23:05à comprendre qu'il y a un problème
23:06de finances publiques,
23:07qu'à un moment donné,
23:08il faut présenter l'addition
23:09du service de santé,
23:12que les retraites,
23:13ça coûte cher.
23:13Vous dites que les Français
23:14sont prêts à avoir un discours,
23:16je ne sais pas si c'est un discours
23:17de vérité,
23:18mais en tout cas,
23:18être un peu objectifs
23:20sur la situation économique.
23:21Alors, moi,
23:22j'essaye de faire oeuvre
23:22de réconciliation.
23:23Donc, effectivement,
23:24j'essaye d'être optimiste.
23:25C'est remettre les intérêts.
23:27C'est au centre,
23:27en quelque sorte,
23:27parce que c'est eux
23:32un État qui consente
23:32les responsabilités
23:33ou est-ce qu'on participe tous,
23:35c'est ce que nous faisons ce matin,
23:36à essayer d'avoir quand même
23:37une société qui se sent concernée.
23:40Donc, moi,
23:40je suis très attentive
23:41au fait que les Français
23:42se sentent concernés
23:43par nos sujets,
23:43donc essayer de les remettre.
23:45Voilà.
23:46Donc, ils ont compris
23:46plusieurs choses.
23:47Ils ont compris
23:47qu'on vivait plus longtemps
23:49et ça, c'est effectivement
23:50avec une organisation
23:51du temps de travail
23:52qui va devoir être pensée
23:54et c'est là-dessus
23:54sur lequel on met
23:55un poids du corps
23:56qui est insuffisant aujourd'hui.
23:57Donc, sur la retraite,
23:58on a peut-être un espoir
23:58de pouvoir modifier le système ?
24:00J'ai envie de vous dire,
24:01pourquoi est-ce qu'on se concentre
24:03uniquement sur les retraites ?
24:05Moi, je suis complètement sidérée
24:06parce qu'on parle beaucoup
24:08des retraites.
24:09Ce ne sont pas des retraites
24:09dont ils font parler aux Français,
24:10c'est l'organisation du travail.
24:12La retraite n'est qu'une
24:13des conséquences
24:14de cette pensée
24:15qu'on doit avoir
24:15sur l'organisation du travail.
24:16Les Français,
24:17ils sont happés
24:17par une somme de fragilité
24:19qui est venue
24:20et qui est la réalité
24:21de tout un chacun
24:21dans une vie plus longue.
24:23Et ces fragilités,
24:24ça commence par les danses,
24:25ça commence par la monoparentalité.
24:28Et j'ai envie de vous dire,
24:29c'est quand même
24:29assez saisissant
24:30que la dernière innovation sociale,
24:31ça a été le congé paternité.
24:33Mais la seule chose,
24:34c'est que les gens
24:35aujourd'hui dans l'entreprise
24:36ne sont plus uniquement
24:38parents de leurs enfants,
24:39ils sont aussi parents
24:40de leurs parents.
24:41Et donc,
24:42il y a cette réalité-là
24:43qui demande quand même
24:44de repenser
24:45l'organisation du travail.
24:46Il va falloir preuve,
24:47à mon avis,
24:48un tout petit peu
24:49de souplesse de part et d'autre,
24:50d'imagination
24:51et oui, de courage.
24:52Parce qu'on ne va pas
24:53pouvoir continuer ainsi.
24:55Donc, la retraite
24:56n'est qu'un des phénomènes.
24:58Et donc,
24:59en tant que
25:00chef d'entreprise aussi,
25:01notre rôle à tous,
25:03c'est de maintenir
25:04la capacité de projection
25:05de tout à chacun.
25:06Et que cette idée
25:07qu'à 50 ans,
25:08vous êtes en haut
25:08d'un toboggan
25:09et qu'en fait,
25:10je prends ma retraite
25:11parce que j'y ai droit,
25:12ça ne fonctionne pas
25:12et en plus de ça,
25:13ça ne participe pas
25:14d'une meilleure santé
25:16pour tous.
25:16Il y a Bertrand Martineau
25:17qui a fait une chronique
25:18dans les échos la semaine dernière
25:19en disant qu'on ne parle pas
25:20de travail dans cette campagne.
25:23Alors, deux choses.
25:24Sur ce que vous dites
25:26qui est intéressant,
25:26je trouve que c'est
25:27l'émergence des nouveaux
25:28risques sociaux.
25:29Notre modèle social,
25:29il est très pensé
25:30sur les risques
25:31qui existaient déjà en 1945,
25:32c'est-à-dire
25:33accident du travail,
25:35retraite.
25:37Mais la pauvreté,
25:38maintenant,
25:39elle est très concentrée
25:39sur les familles monoparentales.
25:41Il y a en effet
25:41la question de l'aidance,
25:42de la dépendance
25:43qui sont des nouveaux risques
25:44et c'est ça qui est
25:45le plus gros défi
25:46pour notre société
25:47de permettre...
25:50Les risques ont changé.
25:51C'est important.
25:51Les anciens risques demeurent
25:53mais je trouve
25:53qu'ils sont relativement
25:54bien assurés
25:55et pour rebondir
25:56sur la question
25:57de la transparence
25:57des frais de santé,
25:58oui, on est très bien assurés
26:00pour nos frais de santé
26:01et quand on se plaint
26:02en effet du pouvoir d'achat,
26:03c'est vrai qu'il y a
26:04tout à fait des raisons légitimes
26:05de le faire
26:05mais il faut prendre en compte
26:06que chez nous,
26:07il y a toute une capacité
26:08de notre pouvoir d'acheter
26:10qu'on ne matérialise pas
26:11donc on bénéficie quand même
26:13de soins
26:13qui sont parfois onéreux.
26:15Donc on est bien couverts
26:16sur certains risques
26:16il y a d'autres risques
26:17en revanche
26:18qui sont un peu
26:18des angles morts
26:20du système
26:20parce qu'ils n'existaient pas
26:21à l'époque
26:22où le système a été fait.
26:23Les danses par exemple
26:23c'est quelque chose
26:24et la monoparentalité
26:26en sont deux exemples
26:28assez frappants.
26:29Sur le travail,
26:31je pense en effet
26:32que c'est un peu
26:33en absent des campagnes
26:34mais il faut dire
26:34qu'il y a eu beaucoup
26:35l'accent mis sur le travail
26:37dans les deux quinquennats
26:38quand même d'Emmanuel Macron
26:39et donc je pense
26:40que c'est peut-être
26:41aussi pour cette raison
26:42que le sujet
26:42est un petit peu moins central.
26:43Il y a quand même eu
26:44beaucoup de réformes de travail
26:45au cours des dix dernières années
26:47et je pense qu'un des sujets
26:48qu'il faut du coup
26:49vraiment pousser
26:50parce que tout aussi important
26:51voire plus
26:51pour augmenter le PIB
26:52c'est le sujet
26:53de la productivité.
26:54Vous gardez tout Olivier,
26:55nous allons marquer une pause.
26:56Vous ne bougez pas,
26:57les experts on revient.
27:02BFM Business et la Tribune présente.
27:04Débat et controverse.
27:07Les experts.
27:08Leur closier.
27:10Il est dix heures pile
27:11sur BFM Business.
27:12Les experts ça continue.
27:13On est aujourd'hui
27:14avec Louis-Samuel Pilser
27:15aux fonctionnaires enseignants
27:16à Sciences Po
27:16et à Polytechnique
27:17avec Sybille Lemaire
27:18fondatrice du club
27:19Landois,
27:19directrice exécutive
27:20du groupe Bayard,
27:21Alexandra Roulet,
27:22économiste, professeur
27:23à l'INSEAD
27:23et membres du CE
27:24et Olivier Provo
27:25directeur et associé
27:26de Rumeurs Public.
27:27Oui, ils sont quatre.
27:27Je sais, c'est bouleversant
27:28parfois pour nos auditeurs.
27:29Mais oui, ça se passe bien.
27:31Tout le monde respecte
27:32son temps de parole.
27:33Il n'y a pas de problème.
27:34Olivier Provo
27:35qui voulait revenir
27:37sur les questions de travail.
27:38Je voulais rebondir
27:39sur ce que disait Sybille
27:40qui est très vrai.
27:40C'est-à-dire que fondamentalement
27:41il faut repenser
27:42notre organisation du travail
27:43et notre fin de travail
27:44d'une certaine manière.
27:46Mais typiquement,
27:46il y avait une mesure
27:47qui me semblait prometteuse
27:48qui était le cumul
27:49emploi retraite.
27:50Cette mesure,
27:50on l'a tuée
27:51en la limitant à je ne sais plus
27:52je crois que c'est 7000 euros par an.
27:547000 euros par an.
27:55Vous ne faites pas
27:55du cumul emploi retraite
27:56à 7000 euros par an.
27:58Alors que ça pouvait s'adresser
27:59à toutes les personnes concernées.
28:01Un commercial de haut niveau,
28:04un cadre dans une entreprise
28:06qui n'est pas celui
28:07qui subit la pénibilité.
28:08Celui-là,
28:09il aurait été prêt
28:09à travailler 2 ans
28:10ou 3 ans de plus
28:11en touchant sa retraite
28:12et en pouvant continuer
28:13à toucher une rémunération.
28:15On l'a tué le dispositif
28:16pour favoriser quoi ?
28:17La pré-retraite progressive,
28:19c'est-à-dire exactement
28:20l'inverse de ce qu'il faut faire,
28:22faire partir les gens plus tôt.
28:23Et quand vous parlez
28:24aux spécialistes des entreprises,
28:25vous avez aujourd'hui
28:27une espèce de bon retardement
28:28qu'est le CET,
28:30le compte emploitant,
28:31qui est en train
28:32de permettre
28:33d'accumuler des jours
28:34pour partir plus tôt.
28:35On est en train
28:35de favoriser des dispositifs
28:37pour que les gens
28:37quittent plus tôt leur emploi
28:39alors qu'il faudrait
28:39qu'ils y restent plus longtemps.
28:41Louis-Samuel Pilser ?
28:42Oui, sur la retraite,
28:44je pense qu'il faut aussi rappeler
28:45que le cumul emploi retraite
28:47et le fait de partir plus tard,
28:48ça ne pose pas de problème
28:49pour les cadres.
28:49Enfin, moi-même,
28:50je pense que je ne terminerai pas
28:51ma carrière avant 70-75 ans.
28:52Enfin, vous serez toujours
28:55dans les experts,
28:55vous êtes 15 ans,
28:56on en a, il n'y a pas de problème.
28:57On a 8 heures devant nous,
28:58mais en revanche,
28:59il faut aussi souligner
29:00qu'il y a une énorme disparité
29:02en termes d'espérance de vie
29:03entre les cadres et les ouvriers,
29:05entre les plus pauvres
29:05et les plus riches en France.
29:06Il y a une dizaine d'années
29:07d'espérance de vie,
29:08enfin, d'écart d'espérance de vie,
29:10notamment parce que le travail
29:11est pénible
29:11et que pour de nombreuses professions,
29:12en fait,
29:13le fait de ne pas pouvoir
29:15partir à la retraite,
29:16ça se traduit par des personnes
29:18qui n'atteignent jamais
29:18l'âge de la retraite
29:19et qui n'ont jamais accès
29:20à ce temps.
29:21D'où l'importance
29:21de la négociation
29:22sur la pénibilité.
29:23Exactement.
29:24Qu'on n'a pas réussi à avoir.
29:25La pénibilité, en fait,
29:26il faudrait faire un reset du système
29:27et arriver à centrer,
29:28organiser ce système de retraite,
29:29non pas autour du simple âge de départ,
29:33ce fameux âge pivot
29:34qui est aujourd'hui
29:34qui cristallise tous les débats,
29:36mais autour de la pénibilité
29:37des carrières
29:38et arriver à différencier,
29:39enfin,
29:40l'âge de départ à la retraite
29:41d'un ouvrier,
29:41d'un cadre.
29:43Je pense qu'on peut équilibrer
29:44assez facilement
29:45le système de retraite
29:45en faisant partir les cadres
29:46et les personnes
29:47qui ont des carrières
29:47qui ne sont pas pénibles plus tard,
29:49tout en gardant
29:50une forme d'acquisition sociale
29:51pour les ouvriers
29:52et les personnes
29:53qui ont des carrières
29:53qui, pour le coup,
29:54sont pénibles
29:54et qui nécessitent
29:55d'avoir un peu de temps de repos
29:57à un certain moment de leur vie.
29:58Sybille ?
29:59Je pense que la question collective
30:00qu'on doit tous se poser,
30:02en fait,
30:02et je vous rejoins tout à fait
30:03sur la pénibilité,
30:05c'est ça veut dire quoi
30:06vivre sans temps ?
30:07En fait, aujourd'hui,
30:08les enfants qui naissent
30:09vont vivre sans temps.
30:10Donc, à titre individuel,
30:12au niveau de l'organisation
30:13de l'entreprise
30:14et pour une société.
30:15C'est ça notre sujet aujourd'hui.
30:16Et si je le rapporte
30:17effectivement à l'organisation
30:18de l'entreprise,
30:19on reste encore
30:20dans cet idéal commun
30:21de se dire
30:21je nais, je grandis,
30:23je m'éduque, je travaille,
30:24j'arrête de travailler
30:25et je meurs.
30:26La problématique,
30:26possiblement dans une position ascendante,
30:28ce qui fait que nous perdurons
30:30effectivement avec ce système
30:31d'ancienneté,
30:31où je crois dans mon entreprise
30:35avec plus de responsabilités,
30:37plus de salaires.
30:38Le problème aujourd'hui,
30:39c'est qu'on est happé
30:40à titre personnel
30:41par des cycles de vie,
30:42avec des positions ascendantes
30:43et descendantes,
30:43donc pas une seule fois
30:45au moment de la retraite.
30:47Ce que vous voulez dire,
30:47c'est qu'on n'est pas toujours disponible
30:48entre 50 et 55 ans,
30:50qu'il y a des ruptures en fait.
30:51Il y a des ruptures
30:52et donc en fait,
30:53à chaque fois qu'il y a des ruptures,
30:54ça crée des billets,
30:55donc les problématiques
30:56d'absentéisme que nous connaissons,
30:57les problématiques de productivité
30:58de nos entreprises
30:58et donc de compétitivité
31:00et c'est ça
31:00ce qu'il faut absolument repenser.
31:04Donc moi,
31:04j'appelle effectivement
31:05aussi à une transformation culturelle,
31:06donc la transparence
31:07et ce dont on parle
31:08depuis ce matin,
31:09il fait,
31:09mais on ne peut pas
31:11régler le problème
31:13peu de temps autour de 80 ans
31:15à des enfants
31:16qui vont naître jusqu'à 100.
31:17Il y a 20 ans d'écart,
31:18je ne suis pas économiste de renom,
31:19mais il y a quand même
31:20un problème dans le débat.
31:22Et donc,
31:23il faut là aussi
31:24faire preuve d'innovation sociale
31:26sur l'organisation.
31:27Mais il est énorme
31:28le changement que vous demandez.
31:29Déjà,
31:30on vient d'obtenir des entreprises
31:31qu'elles ont compris
31:32qu'on pouvait avoir des enfants,
31:33alors là,
31:34ce n'est pas si vieux.
31:36Je suis d'accord avec vous,
31:38mais ce sont ces écarts
31:39sur lesquels on bute
31:40et donc le travail de pédagogie
31:42qu'on fait ce matin
31:43est urgemment nécessaire
31:44parce qu'en fait,
31:44ça crée une distance
31:45entre les Français
31:47et le système d'organisation
31:48dans lesquels ils jouent.
31:49Et là,
31:50il y a effectivement
31:50un écart qui se creuse
31:52et qui n'est pas souhaitable.
31:53Alessandra ?
31:53Je souscris tout à fait.
31:55C'est vrai qu'en fait,
31:56on a un sujet
31:58de taux d'emploi,
31:59comme on le sait,
32:00et ce qu'il faut
32:00à tout prix éviter,
32:01c'est aussi que les personnes
32:02qui se retrouvent
32:03dans des situations,
32:04soit comme vous le disiez,
32:05d'avoir des jeunes enfants,
32:06soit dans des situations d'aisance,
32:07ça peut aussi être des maladies
32:08parce que maintenant,
32:08il y a l'incidence
32:09de longues maladies
32:10à des âges plus jeunes,
32:12se retire du marché du travail
32:14parce que justement,
32:15ce n'est pas compatible
32:15avec les contraintes
32:16d'une vie professionnelle.
32:17Ça, c'est assez sous-optimal
32:18parce qu'en fait,
32:19quand on se retire
32:20du marché du travail
32:20pendant une période
32:21un peu prolongée,
32:22c'est vraiment assez dur
32:23d'entrer à nouveau.
32:24Et donc,
32:25tout ce qui permet en effet
32:26de permettre aux gens
32:28de rester attachés
32:29au marché du travail,
32:30même si c'est avec une forme
32:31plus modulée,
32:33ça me semble tout à fait souhaitable.
32:35Et l'autre chose que...
32:36En fait, je pense
32:36qu'il y a beaucoup plus
32:37de force de résilience
32:38qu'on ne croit
32:39dans le système.
32:41Même lorsque
32:42je travaillais à l'Elysée,
32:44donc dans un job
32:44vraiment très prenant
32:45au cabinet,
32:46il y avait des personnes
32:48qui prenaient des congés
32:49maternité et paternité
32:50parce qu'on voulait
32:51être un peu exemplaire
32:52au sommet de l'État.
32:53Et en fait,
32:54c'est le genre de job
32:54où on pense que
32:55si quelqu'un n'est pas là
32:56pendant 4 heures,
32:57on ne va pas pouvoir survivre.
32:59Et on arrivait
33:00à survivre
33:01à ces absences.
33:02Donc,
33:03il y avait quand même
33:04de la résilience
33:04dans le système.
33:05Et les choses se passaient,
33:06il y a des équipes,
33:07il y a une capacité
33:08aussi quand même
33:09à joindre les gens
33:09en cas de problème.
33:11Selon les métiers,
33:12cette résilience,
33:13elle prend différentes formes.
33:14Mais ce que je pense,
33:15c'est qu'il faut parfois
33:16être un peu créatif.
33:17Et c'est vrai que
33:18c'est important,
33:19c'est important pour l'égalité
33:20homme-femme,
33:21bien évidemment,
33:22mais ça va en effet,
33:23à mon avis,
33:24bien au-delà.
33:24Et en fait,
33:25c'est aussi un enjeu économique,
33:27pas que social.
33:28Mais ça demande quand même,
33:28Sybille,
33:29une transparence
33:29sur la vie privée
33:30de chacun au travail.
33:31Ce qui n'est pas
33:32forcément simple.
33:33C'est-à-dire que ça demande
33:34de dire,
33:34là je suis malade
33:35ou je suis moins disponible,
33:37je vais avoir deux ans compliqués.
33:39Je suis d'accord.
33:39Ça, c'est pas facile.
33:40Et puis,
33:41il ne faut pas d'abus,
33:41c'est ça le problème.
33:42Je suis d'accord,
33:43mais pour autant,
33:44l'expérience qu'on a
33:45du côté des aidants,
33:45et rappelons,
33:46les aidants,
33:47entre la police et manifestants,
33:49c'est entre 10 et 12 millions,
33:50on n'a pas vraiment le chiffre.
33:51Enfin bref,
33:52parce qu'effectivement,
33:53les gens ne se déclarent pas
33:54nécessairement.
33:55Mais on a vu dans l'entreprise
33:56des personnes qui,
33:57de plus en plus,
33:58et nous,
33:58on travaille énormément là-dessus,
34:00si vous trouvez des lieux,
34:01si vous créez en fait
34:03le contexte
34:04pour donner la possibilité
34:05aux personnes
34:05de pouvoir s'exprimer,
34:06être témoigné
34:07de ces sujets-là,
34:09ça vous permet
34:09de savoir effectivement
34:10de qui vous parlez,
34:12de combien de personnes
34:13vous parlez dans votre entreprise,
34:14et de pouvoir apporter
34:15des éléments de réponse.
34:16Donc ça,
34:17c'est extrêmement important
34:18que les gens le comprennent aussi.
34:20Je voudrais juste dire une chose,
34:21c'est que la question
34:23que ça va tous nous poser collectivement
34:24et sur laquelle la France
34:25est très en retard,
34:26et je suis d'ailleurs étonnée
34:27que les étudiants,
34:28je ne l'ai pas entendu,
34:29en tout cas du côté
34:29des étudiants
34:30en faire une revendication,
34:31c'est l'enjeu de la formation.
34:33Une vie plus longue,
34:34c'est l'adéquation en fait
34:36de votre capacité
34:36à vous former
34:37et de maintenir une formation,
34:38et dans ce que je présentais
34:39tout à l'heure,
34:40on a encore aujourd'hui,
34:41très souvent en France,
34:42deuxième question
34:43qu'on vous pose à un dîner,
34:44tu as fait quoi comme étude,
34:45malgré les âges avancés,
34:47malgré, voilà,
34:48à 50 ans.
34:49Donc je pense que...
34:50C'est juste pour savoir
34:50si vous avez fait polytechnique ou pas.
34:51Dans cette vie plus longue.
34:53Il y a deux catégories de gens,
34:54vous savez.
34:55Mais dans cette vie plus longue,
34:56il va falloir quand même
34:57que nous fassions donner
34:58un poids du corps
34:59beaucoup plus important
35:00sur l'enjeu de la formation
35:02au long cours.
35:03Et c'est vrai
35:03qu'aujourd'hui,
35:05dans Parcoursup,
35:07avons-nous une parfaite adéquation
35:08dans les filières
35:09qui sont proposées
35:10par rapport aux demandes
35:11des entreprises ?
35:12Là aussi,
35:12on pourrait se poser la question.
35:13Olivier.
35:14On a quand même un sujet
35:14très français
35:15que Louis-Samuel soulignait bien,
35:16c'est le problème
35:17du traitement indifférencié.
35:19Globalement,
35:19vous prenez la main
35:20des gens qui partent,
35:21mais comme il le disait,
35:22c'est quand même presque scandaleux
35:24quand on y pense
35:24que quelqu'un
35:25qui a eu un métier pénible
35:26et dix ans d'espérance de vie
35:27en moins
35:28que quelqu'un
35:29qui a eu un métier
35:30de cadre supérieur.
35:32Et ces dix ans-là,
35:33c'est un peu un tabou.
35:34Mais il y a un autre tabou
35:35qui est le rapport
35:36entre la retraite
35:37et les soucis de santé.
35:38Il y a des gens
35:38qui doivent partir en retraite
35:40pour essayer de vivre
35:40le plus longtemps possible.
35:41Mais il y a aussi des gens
35:42quand ils partent en retraite,
35:43regarder les accidents de santé
35:45qui sont liés à des gens
35:46qui avaient des fonctions
35:47très actives
35:48et qui brutalement,
35:49sans avoir préparé leur retraite,
35:50basculent à un moment
35:51dans des problèmes de santé
35:52avec des AVC,
35:53avec des choses comme ça.
35:54Ces sujets-là,
35:54on ne les traite pas
35:55parce qu'on le prend
35:56tout de manière indifférente.
35:57Mais globalement,
35:57on pense les retraités
35:59comme une classe
36:01assez homogène,
36:01ce qui est totalement faux.
36:03Oui, et d'ailleurs,
36:03c'est intéressant
36:04parce que dans les mesures
36:05qui permettent d'équilibrer
36:06le budget de cette année
36:07dans le projet de loi de finances,
36:08on a un gel des hautes retraites.
36:10Alors, quand je regardais le texte,
36:11je me suis rendu compte
36:11que les hautes retraites
36:12pour le gouvernement,
36:13c'est 1260 euros.
36:14Donc, à 1260 euros,
36:16pour l'INSEE, on est pauvre.
36:16Mais c'est pour discuter, ça.
36:17C'est pour laisser un peu d'écume.
36:19C'est vrai,
36:20mais c'est même le symbole.
36:21Pour l'INSEE,
36:22on est pauvre à 1260 euros
36:23et pour le corps nu,
36:24on est riche.
36:24Donc, il y a quand même
36:25une forme de...
36:26Ça permet quand même
36:27de souligner qu'en France,
36:28les retraités, globalement,
36:29ils ne sont pas dans...
36:30Enfin, les retraités
36:31ne sont pas riches en France.
36:328% je crois,
36:32touche plus de 3000.
36:33Ça ne fait pas beaucoup.
36:34Oui.
36:34Enfin, j'avais regardé à l'époque
36:36le gel des hautes retraites
36:37au-dessus de 3000 euros.
36:39Ça rapporte à peu près
36:39à un milliard.
36:40Donc, en fait,
36:41c'est des économies
36:41qui sont vraiment
36:42de bout de chandelle
36:42si on ne cible ces mesures
36:50extrêmement élevées.
36:51Et les marges de manœuvre
36:52qu'on peut avoir
36:52en ciblant les retraités
36:53les plus aisées,
36:54elles sont quand même
36:54relativement réduites.
36:55Ensuite, pour revenir
36:56sur le point que vous avez fait
36:57sur la formation
36:58tout au long de la vie,
36:59je pense qu'il faut quand même
36:59aussi souligner
37:01qu'aujourd'hui,
37:01on n'a plus de pilotes
37:02dans l'avion
37:02parce qu'au moment
37:03où on parle de faire
37:04des économies
37:04sur notre système de retraite,
37:05où on a ces débats
37:06sur l'âge de départ,
37:07au même moment,
37:08on coupe dans les budgets
37:09de la formation professionnelle.
37:10C'est une principale coupe
37:11au budget de cette année.
37:12Les OPCO n'ont plus d'argent.
37:20On a des centres
37:20qui vont fermer
37:21des territoires.
37:21Ça sert à quoi l'AFPA ?
37:22L'AFPA, c'est le principal
37:24établissement public
37:24en matière de formation professionnelle.
37:26Pour plein de territoires,
37:27c'était le seul centre de formation
37:28ou un des deux seuls.
37:30On a des entreprises
37:31qui se retrouvent
37:32sans le plateau technique
37:33qui leur permettait
37:34de former leur soudeur.
37:35Au même moment,
37:38on arrive à fermer
37:39des centres de l'AFPA,
37:40on arrive à couper
37:41le centre d'investissement
37:42dans les compétences.
37:43Exactement.
37:44On a toujours cette politique
37:45des rabots en France
37:46où je pense que
37:47depuis au moins 2024,
37:49en tout cas,
37:49mais je pense que
37:50ça a commencé avant,
37:51la politique française
37:52c'est assez limité
37:53à essayer de trouver
37:54les choses qu'on pouvait raboter.
37:55En fait, au final,
37:56on rabote à peu près tout
37:56sans avoir vraiment de vision
37:58sur ce qu'on essaie
37:58de construire pour l'avenir.
38:00Sauf qu'on a créé
38:00France Compétences.
38:02C'est-à-dire que la France,
38:04dans sa grandeur étatiste,
38:05a créé France Compétences
38:06qui règle tous les problèmes.
38:08Tous les problèmes.
38:09Il n'y a plus le sujet d'AFPA,
38:10il n'y a plus le sujet d'OPCO.
38:11France Compétences est là.
38:12On a fait une nouvelle fois
38:13un machin
38:14qui est censée tout gouverner
38:15et qui ne gouverne rien.
38:17C'est ce qu'on appelle
38:17une agence, c'est ça ?
38:19On peut l'appeler comme ça.
38:20Non, c'est ça,
38:21ça fait partie des mille
38:22de l'agence.
38:23Exactement,
38:23mais du coup,
38:24qui concentre l'argent,
38:25qui concentre les directions,
38:26qui garde tout.
38:27Oui, mais qui redistribue du budget.
38:28Qui redistribue du budget,
38:30mais c'est une perte de temps,
38:31une perte d'efficacité totale
38:32par rapport au système
38:33qui existait avant.
38:34Alexandra ?
38:34Deux points sur la contribution
38:36des retraités
38:37à l'effort de finances publiques.
38:38Je crois que l'idée,
38:38ce n'est pas d'opposer
38:39les générations,
38:40de savoir laquelle est plus favorisée,
38:41mais plutôt de dire
38:42que comme ils ont un poids
38:43électoral très important,
38:44on a eu tendance dans le passé
38:46à justement ne pas du tout
38:47les faire contribuer.
38:48Donc, je pense que l'idée là,
38:49c'est de dire qu'en fait,
38:50compte tenu de l'ampleur
38:51de l'ajustement budgétaire
38:52qu'on doit faire,
38:52il faut que tout le monde contribue,
38:54y compris les retraités,
38:55ce qui est un sujet
38:56toujours très difficile,
38:57d'où les différentes mesures proposées.
39:00Après, sur la formation,
39:01il y a deux choses.
39:01Je pense qu'il ne faut pas oublier
39:03aussi l'importance
39:04de la formation initiale,
39:05malgré tout,
39:06parce que ce qui se passe,
39:07c'est qu'on est dans un monde
39:07où les compétences
39:08qui vont être nécessaires
39:09changent très vite.
39:10Avec l'IA, c'est évident,
39:11je pense, aux yeux de tout le monde.
39:14Et c'est extrêmement dur
39:15de faire des prévisions,
39:16ce n'est pas le gouvernement
39:17qui va pouvoir savoir
39:18quelles compétences
39:19avec certitude vont être nécessaires.
39:21En revanche,
39:21on sait qu'on va devoir
39:22savoir s'adapter.
39:23Et ça, c'est plutôt
39:24des compétences un peu fondamentales.
39:25C'est des compétences
39:26qu'on acquiert
39:26dans notre formation initiale.
39:28Donc, de ce point de vue-là,
39:28c'est vraiment, à mon avis,
39:29très important
39:30d'avoir une politique
39:36concrètement.
39:37Et ensuite, sur la formation
39:38tout au long de la vie,
39:39qui malgré tout
39:39est très importante,
39:41je crois que là aussi,
39:41il faut adopter
39:42une approche très pragmatique
39:43qui consiste à regarder
39:44les formations qui marchent,
39:45les formations qui ne marchent pas.
39:46Parce qu'on a eu tendance
39:47quand même à mettre
39:47beaucoup d'argent public
39:48dans la formation,
39:49même si en effet,
39:50il y a des coups de rabot récemment.
39:52Et une partie de cet argent public
39:53a consisté en fait
39:54à solvabiliser la demande de formation.
39:56C'est-à-dire que les gens
39:57qui voulaient faire une formation,
39:58ils pouvaient parce qu'il y avait
39:58de l'argent public,
39:59c'était subventionné.
40:00Et du coup, le problème,
40:01c'est qu'est-ce qui se passe
40:02côté offre de formation ?
40:03Eh bien, c'est hétérogène.
40:04Donc, il y a des offres
40:05de formation très bien.
40:06Puis, il y a des gens
40:06qui ont plutôt eu
40:07des effets d'aubaine.
40:08C'est-à-dire qu'eux,
40:09ils savaient que, en gros,
40:10l'État envoyait en formation
40:11une formation publique.
40:13Donc, tu crées un organisme
40:14et puis tu montes tes prix,
40:15tes tarifs parce que tu sais
40:15qu'il y a l'argent public
40:16et donc, ça s'appelle une rente.
40:18Et donc, ça, évidemment,
40:18c'est une mauvaise utilisation
40:19de l'argent public.
40:20Donc, il faut savoir trier,
40:22ce qui n'est pas toujours facile
40:23et ce qui nécessite, en fait,
40:24d'avoir une approche empirique
40:25fondée sur les données.
40:27Mais ce que vous dites, quand même,
40:27c'est que pour pouvoir se former
40:28tout au long de sa vie
40:29et notamment avec l'intelligence artificielle,
40:31il faut mettre le paquet
40:31sur l'école
40:32et notamment sur le primaire.
40:34Ah oui.
40:34Si je peux me permettre,
40:35aussi sur les 45 et plus
40:36en entreprise.
40:37Parce que ce qu'on constate,
40:38en tout cas au Club Landois,
40:39parce qu'on a fait les études,
40:40c'est qu'on maintient quand même
40:42une relative formation
40:42jusqu'à environ 45 ans,
40:44ce qui est un peu l'âge pivot.
40:46À partir de 45 ans,
40:48on desserre les taux.
40:48Et donc, en fait, là,
40:49c'est là le début du toboggan.
40:50C'est-à-dire que vous ne formez
40:51pratiquement plus.
40:52Donc, dire aux gens
40:53il serait préférable
40:55que tu puisses te projeter
40:56dans 20 ou 25 ans
40:57de carrière professionnelle,
40:59encore,
41:00c'est compliqué
41:01si ce n'est pas accompagné.
41:02Mais ça, c'est le boulot qui ?
41:03C'est le boulot des boîtes, Sibyl ?
41:04Pardon ?
41:04Ça, c'est le boulot des boîtes ?
41:05Oui.
41:06C'est pas...
41:06Non, non, non.
41:07Je compète ce qui a été dit.
41:08Je pense qu'il y a aussi
41:10un rôle des entreprises
41:11sur la question
41:12de bien faire comprendre
41:15qu'il faut accompagner
41:17cette formation.
41:18Et ce qui est intéressant,
41:19c'est aussi les raisons
41:20pour lesquelles les Français
41:20partaient plus tôt
41:21que les autres pays opérants.
41:22Parce qu'on s'est quand même
41:22posé la question en disant
41:23en fait, il suffit de regarder
41:25quand même pourquoi ce refus.
41:28C'est intéressant
41:28parce que ça vous plaît
41:29de travailler sur le nœud.
41:30Le nœud, c'est que,
41:32oui, les Français ont compris
41:33qu'ils allaient vivre plus longtemps.
41:34Ce en quoi ils ne croient pas,
41:35c'est vivre mieux plus longtemps.
41:37C'est-à-dire qu'on n'a pas nourri le mieux.
41:39Donc, ils sont persuadés
41:40que tout le monde tombe en dépendance
41:42et en état de délabrement avancé
41:44à l'âge de 70 ans.
41:45Donc, ils sont un peu
41:46comme les jeunes, en fait.
41:47C'est pour ça qu'il faut rapprocher
41:48dans les réflexes qu'ils ont.
41:50C'est de se dire,
41:52je pars tant que je peux en profiter.
41:54Donc là, j'ai 10 ans
41:56pour pouvoir en profiter.
41:57Et ils ne se projettent pas
41:59dans cette vie plus longue.
42:00Et c'est un peu comme les jeunes
42:01qui nous disent, en fait,
42:02moi, j'ai un problème
42:02avec le marché du travail aujourd'hui.
42:04Je voudrais pouvoir en profiter
42:05parce que la capacité de projection,
42:07là, il y a un petit brouillard
42:08où je ne suis pas sûre
42:09du pacte de confiance
42:10qu'on a signé collectivement.
42:12Du côté des seigneurs,
42:13c'est un peu ça.
42:13C'est de dire, je pars,
42:14je sais que je suis plutôt
42:15en bonne santé.
42:16Ce qui est étonnant,
42:17c'est que toutes les études européennes
42:18qui ont été faites jusqu'à présent
42:21démontrent qu'un maintien en activité
42:22permet un maintien en bonne santé,
42:24ne serait-ce que pour une question
42:25de lien social, etc.
42:27Donc là, il y a une inadéquation
42:30sur laquelle il va falloir aussi travailler.
42:32Dans la transformation culturelle,
42:33il y a ce cliquet à faire sauter.
42:34Je voudrais juste revenir brièvement
42:36sur qu'est-ce qui relève
42:36de l'entreprise et de l'État
42:37parce que je pense que c'est
42:38une question assez importante.
42:39Par exemple, sur la formation
42:40tout au long de la vie,
42:41en effet, la formation,
42:42normalement, si ça bénéficiait
42:43à l'entreprise,
42:44ça devrait relever plutôt de l'entreprise.
42:45Mais il y a des cas où c'est l'État,
42:47donc évidemment,
42:47tout ce qui est formation initiale,
42:49mais sur la formation au long de la vie,
42:50par exemple, un cas très frappant,
42:51c'est certaines formations
42:53dans les PME,
42:54notamment par exemple
42:54les formations aux compétences IA.
42:56Des pays comme Singapour,
42:57comme la Corée, etc.
43:00Investissent des sommes,
43:01enfin, ça ne coûte pas si cher que ça,
43:03mais quand même, à peu près...
43:04Mais ils considèrent que c'est
43:06de l'intérêt public.
43:06Voilà, parce qu'en fait,
43:07ils considèrent que la PME,
43:08peut-être qu'elle,
43:09elle ne va pas le faire
43:10parce que soit ça lui coûte trop cher,
43:12soit elle ne le connaît pas bien,
43:14donc elle n'est pas trop sûre
43:15de ce qu'il faut faire.
43:15Mais il faut qu'elle le fasse.
43:16Et en fait,
43:17elle serait beaucoup plus productive
43:18si ses salariés
43:19savaient bien utiliser l'IA.
43:21Et donc là,
43:21on peut se dire,
43:22tiens, il y a un rôle
43:23pour la puissance publique
43:23d'aller former des salariés
43:25dans des boîtes
43:26où ça ne va pas...
43:27Elle serait plus productive.
43:29Vous allez me faire une nouvelle aide,
43:30aide à l'intelligence artificielle.
43:31Et donc sur l'IA,
43:32mais en fait,
43:32c'est une aide finalement
43:33à la diffusion de la technologie.
43:37Et nous, encore une fois,
43:38on a quand même un sujet de productivité,
43:39on le sait en France,
43:40en Europe, etc.
43:41Et ce n'est pas que
43:42parce qu'on n'a pas
43:42les grands champions des États-Unis,
43:45c'est aussi parce qu'on utilise
43:46moins ces technologies,
43:47on a moins de même productivité.
43:48Et de ce point de vue-là,
43:50je pense qu'aider
43:50à l'adoption des technologies
43:52en permettant que les salariés
43:54aient la formation adéquate,
43:55c'est assez important.
43:55Olivier ?
43:56Nous, on utilise dans notre entreprise
43:58l'IA de plus en plus,
43:59on forme beaucoup nos salariés.
44:01Nous, on sait globalement
44:03ce qu'ils attendent,
44:04ce qu'attendent nos clients
44:05et globalement comment les former.
44:07Je serais extrêmement inquiet
44:08si l'État français,
44:10que je ne trouve pas
44:10extrêmement efficace,
44:11se mêlait de ça
44:12alors qu'il nous apporte de l'argent.
44:14Pourquoi pas ?
44:14Mais il ne faut pas qu'ils s'emmènent.
44:16Il ne faut pas qu'ils disent...
44:17Formation obligatoire.
44:18C'est vendredi,
44:19de 16h à 18h.
44:21D'accord, mais en tout cas,
44:21qu'ils ne disent pas
44:22qu'il faudrait travailler
44:23sur tel domaine
44:24ou tel domaine ou tel domaine.
44:26Honnêtement, sur l'IA,
44:26on est beaucoup mieux placés
44:27nos salariés comme nous,
44:28employeurs,
44:29pour savoir à un moment
44:30ce dont ont besoin
44:31nos équipes
44:32ou le marché
44:33plutôt que l'État.
44:34Mais dans ce cas-là,
44:35vous n'êtes pas dans le cas
44:36où vous avez besoin de l'État.
44:37Mais il peut y avoir
44:38des cas de figure de...
44:39Je ne peux pas avoir besoin
44:40de l'argent de l'État.
44:41Non, mais il peut y avoir
44:41des PME
44:42où vous n'avez pas
44:43les moyens de le faire.
44:44Voilà, vous ne le faites pas.
44:45Parce que là,
44:45si vous le faites déjà,
44:46en effet,
44:46c'est qu'il n'y a pas besoin
44:47de l'État.
44:47Ça viendra juste faire
44:48un effet d'aubaine, en gros.
44:49Mais sinon,
44:50ça peut permettre
44:51de diffuser davantage.
44:52Louis-Samuel.
44:53Oui, je reviens complètement
44:53ce qu'a dit Alexandra
44:54parce que notre tissu de PME,
44:55aujourd'hui,
44:55il est dans un état...
44:56Le loutil productif
44:57est dans un état d'obsolescence
44:58qui est marqué par les chiffres.
45:00En fait,
45:00quand on regarde
45:01le nombre de robots
45:02par salarié en France
45:03et en Allemagne,
45:04on a deux fois moins
45:05de robots par salarié
45:05dans le tissu de PME industriel.
45:07Donc, évidemment,
45:08pour certaines entreprises
45:09comme la vôtre,
45:10ce n'est pas forcément...
45:11Il n'y a pas beaucoup de robots,
45:11ces rumeurs-vous-mêmes.
45:12Enfin, je ne crois pas.
45:13Pas encore, pas encore.
45:14Mais sur les robots,
45:15on a raté la révolution robotique
45:17pour l'industrie.
45:18Et pour l'IA,
45:19on est en train de la rater.
45:20Donc, je pense qu'il est important
45:21que l'État ait un rôle là-dessus.
45:22Et d'ailleurs,
45:22au projet de loi de finances,
45:23il y a une mesure
45:24que je pense très bonne.
45:25C'est qu'on propose,
45:26enfin, le gouvernement propose
45:27de remettre
45:28le suramortissement robotique
45:29qui avait été mis en place
45:30il y a une dizaine d'années
45:31et qui avait permis
45:32d'accélérer de manière
45:32assez significative
45:33les investissements
45:34des PME françaises
45:35dans la robotique
45:35pour leurs outils productifs.
45:37Et ce crédit d'impôt,
45:39il est même étendu aujourd'hui
45:40aux outils d'IA
45:41qui peuvent être intégrés
45:42à l'outil productif
45:43avec cette vocation,
45:45justement,
45:45d'accélérer la modernisation
45:50c'est-à-dire que
45:51moi, je ne suis pas du tout
45:52anti-Étatiste.
45:53Quand j'entends Alexandra,
45:54quand j'entends Samuel,
45:54on voit bien que l'État
45:55peut faire des choses intelligentes.
45:56Le plan 2030,
45:58le suramortissement
45:59sur la robotique,
45:59ce qu'on aimerait,
46:00c'est que l'État
46:01fasse ça tout le temps.
46:02C'est-à-dire,
46:02à un moment,
46:03le bon choix
46:03l'aide à un moment ciblé
46:05qui permet véritablement
46:07des avancées.
46:08Le problème,
46:09c'est tout le gloubi-boulga
46:10qui est à côté.
46:10C'est-à-dire que fondamentalement
46:11pour 20% de mesures intelligentes
46:13efficaces qui marchent,
46:14il y a 80% de mesures
46:16qui sont en partie inefficaces
46:17et qui nous coûtent,
46:18pour reprendre un mot,
46:19un argent de dingue.
46:20Alors ça nous amène
46:21parfaitement au débat
46:21que je voulais faire
46:22sur les propositions allemandes
46:24de taxer l'intelligence artificielle
46:25pour financer les emplois
46:27qu'elle détruit.
46:27C'est le ministre allemand
46:28du numérique
46:28qui propose une taxe
46:29sur le chiffre d'affaires
46:31généré par l'intelligence artificielle.
46:33Qui doit payer la transition ?
46:35Est-ce qu'il faut aller chercher
46:36l'argent directement
46:37chez Nvidia
46:38ou chez les GAFAM ?
46:39C'est quoi votre position Alexandra ?
46:40Alors je pense que c'est un sujet
46:41donc évidemment compliqué.
46:42Je n'ai pas la réponse
46:43mais c'est une question
46:44qu'il faut se poser
46:45et donc ça va prendre
46:45un tout petit peu de temps
46:46je pense d'aboutir
46:47sur quelle est la bonne façon
46:48d'aller taxer les rentes
46:50générées par l'IA.
46:50Qu'est-ce que je veux dire par là ?
46:51Pour moi, je suis très technophile.
46:53Je pense que par exemple,
46:54je ne pense pas que l'IA
46:55va détruire tant d'emplois que ça
46:57parce que je pense qu'il y a aussi
46:57tout un aspect création
46:59de nouvelles opportunités, etc.
47:00Cela étant, ce qui est sûr
47:02c'est que l'IA rebat les cartes
47:03en termes de distribution
47:05des gains de productivité.
47:06C'est-à-dire que concrètement
47:06il va y avoir des entreprises
47:08qui vont faire des rentes énormes
47:10et qui sont assez difficiles
47:12à aller capter.
47:14Il va y avoir des valeurs
47:15créées par l'IA
47:16qui vont être assez difficiles
47:17à aller taxer en quelque sorte.
47:18Et le problème, c'est que
47:19si du coup on compense
47:20en taxant plus le reste
47:22et là où on prélève déjà
47:24c'est-à-dire le travail
47:26ça va être évidemment
47:27très contre-productif
47:29et ce n'est pas ce qu'on veut faire.
47:30Après, savoir quelle boîte taxer, etc.
47:33Ça, c'est une question
47:34il faut y réfléchir.
47:35Parce que la valeur aujourd'hui
47:36elle est chez Elvidia.
47:38C'est là où...
47:39Et elle est en bourse, non ?
47:41Oui, elle est en bourse.
47:42D'ailleurs, c'est intéressant
47:43parce qu'OpenEye
47:43l'entreprise elle-même
47:45a publié une note
47:46appelant à taxer davantage
47:47le capital
47:47dans la mesure où l'IA
47:48va modifier la répartition
47:49de la valeur.
47:50En effet, je pense que l'IA
47:51ne menace pas tant d'emplois
47:52que ça
47:53mais effectivement
47:54ça va modifier
47:55la répartition de la valeur
47:56entre le travail et le capital
47:57puisque le capital
48:00le travailleur
48:00produit en plus
48:01on a une grande partie
48:02de la valeur
48:03qui va effectivement
48:04partir en dividendes
48:05et en valorisation.
48:06Donc effectivement
48:07si on a une pression de financement
48:08c'est-à-dire qu'on refonde
48:09notre système
48:11fiscal mais total en fait
48:12c'est-à-dire qu'en revoyant
48:13l'ensemble des équilibres.
48:15Complètement.
48:15Et donc je pense en effet
48:16que cette révolution de l'IA
48:18mais a priori
48:19pas tout de suite
48:19mais je pense qu'à terme
48:20il faudra se poser
48:21la question de taxer un peu plus
48:22les revenus du capital
48:24pour permettre
48:25de ne pas faire peser
48:26la charge
48:26sur les travailleurs.
48:29mais je pense que la méthode
48:31qui consistera
48:31à taxer les outils d'IA
48:33ou à taxer les entreprises
48:34je pense que l'outil d'IA
48:35c'est une opportunité
48:36il faut la diffuser
48:37le plus vite possible
48:37et au contraire
48:38il ne faut surtout pas
48:39mettre d'office
48:39pas de taxe robot
48:43Pourquoi pas de taxe robot ?
48:45Globalement ça revient à un moment
48:46à taxer la création de valeur
48:48au lien de taxer
48:50et Louis-Samuel vient de le dire
48:51et Alexandra aussi indirectement
48:52il va y avoir une création
48:53de sur-valeur
48:54elle va se faire au capital
48:56et ce capital
48:56il va se matérialiser comment ?
48:58Sous forme à un moment
48:59de dividendes
49:00ou sous forme de rachat d'actions
49:01ça c'est un moyen
49:02d'aller chercher cette sur-valeur
49:04sans taxer à un moment
49:05le salarié
49:06c'est-à-dire
49:06il faut aller mettre l'argent
49:07là où il faut
49:08et moi je pense que
49:08taxer à un moment le dividende
49:10sur ces boîtes d'IA
49:11qui font des capitalisations
49:12qui sont multipliées
49:13par 10 ou par 100
49:14c'est pas forcément
49:15une mauvaise idée
49:16de même que les rachats d'actions
49:17puisqu'aujourd'hui
49:18au lieu de réinvestir
49:19ils rachètent des actions
49:20pour faire augmenter encore
49:21la valeur des boîtes
49:22ça c'est pas forcément
49:23une mauvaise idée
49:24ça permet d'éviter
49:25de taxer au mauvais endroit
49:27sinon à la fin
49:28c'est le travailleur
49:29que vous allez taxer
49:30Sybille ?
49:31Non juste un point
49:32parce que j'ai entendu
49:32l'IA va pas détruire
49:34tant d'emplois que ça
49:35je pense que
49:36si on se positionne
49:36du côté des jeunes
49:38si
49:39si
49:39ça va détruire
49:40de l'emploi
49:40et on le voit déjà
49:41aujourd'hui
49:42c'est une
49:43on voit que
49:44l'entrée du marché
49:46du travail des jeunes
49:46qui était déjà compliquée
49:48vient se complexifier
49:49d'autant
49:50avec l'arrivée
49:51de l'IA
49:52donc je pense
49:53voilà
49:53et du côté
49:55des personnes
49:56dans l'entreprise
49:57il y a cette inquiétude
49:58en tout état de cause
49:59si c'est le cas
50:00que ça ne détruit pas
50:01du travail
50:02il faut s'en expliquer
50:04et donner des preuves
50:05de ce côté-là
50:06parce que je pense
50:07qu'il y a du côté
50:08du désarroi des jeunes
50:09et du désarroi des personnes
50:10dans les entreprises
50:11ce sentiment
50:13en tout cas réel
50:14et tangible pour eux
50:14que ça va détruire
50:15mais il va y avoir
50:16une transition
50:16en fait par exemple
50:17sur l'emploi
50:18ce qui se passe
50:18c'est qu'il y a eu en effet
50:19je pense que là
50:20il y a eu une période
50:21un tout petit peu
50:21d'incertitude
50:22donc il y a en effet
50:22beaucoup de secteurs
50:23qui gèlent les embauches
50:24des jeunes
50:25mais il y a quand même
50:26d'autres secteurs
50:27qui vont créer des emplois
50:28je ne sais pas
50:28la construction de data center
50:29tout ça
50:30alors ce n'est pas forcément
50:31pour les mêmes personnes
50:32etc.
50:32il y a tout un tas
50:32de toute la question
50:33de l'orientation
50:34qui est importante
50:36mais ce que je veux dire
50:36c'est que si on n'embauche
50:37pas de jeunes
50:38il y a quand même
50:38la question du pipeline
50:39comme on dit
50:40c'est à dire
50:40quels seront les seniors
50:42de demain
50:43les dirigeants
50:44si on n'a pas embauché
50:45de gens qui se forment
50:46dans l'entreprise
50:47donc il va y avoir
50:49des réorganisations
50:50c'est assez difficile
50:51à prévoir
50:52mais si on se fonde
50:53sur les révolutions passées
50:56où il y avait
50:56ces mécanismes
50:57de réallocation
50:58ça n'a pas forcément
50:59souvent on a des craintes
51:01au moment où la technologie
51:02arrive
51:02et in fine
51:03il se passe des choses
51:04qui sont difficiles
51:05d'anticiper
51:06mais c'est pour ça
51:08que moi j'ai un avis
51:08plutôt prudent
51:10je trouve qu'Alexandra
51:11qui nourrit très bien
51:12ce sujet
51:12je dis juste
51:13qu'il y a besoin
51:15de faire pour les jeunes
51:16oeuvres de pédagogie
51:17le problème Sybille
51:18c'est les jeunes là
51:19ceux qui sortent aujourd'hui
51:20qui sont dans une période
51:21de transition
51:22et eux qui se mangent
51:23directement
51:23les baisses de budget
51:25il y a eux
51:26et ceux qui sont aussi
51:27en entreprise
51:27et qui ont l'impression
51:28en fait
51:29que leur capacité
51:29de projection
51:30est assez reniée
51:31mais je trouve
51:32qu'il faut effectivement
51:32apporter des éléments
51:33de réponse
51:33sur cet élément là
51:34alors que mécaniquement
51:36ce qu'on ne dit pas aussi
51:36et ce qu'on n'a pas encore dit
51:37c'est que
51:38dans la décennie 2020-2030
51:39il y a quand même
51:407 millions 4 de personnes
51:41qui vont partir naturellement
51:42du marché du travail
51:42bon
51:43donc
51:44j'ai envie de dire
51:45normalement
51:46mécaniquement
51:47on devrait pouvoir
51:48s'y retrouver
51:49et ça ne le fait pas
51:49donc c'est là où il y a
51:51en fait
51:52il n'y a pas
51:53évidemment de remplacement
51:54et on le sait
51:55systématique
51:56mais il faut répondre
51:57à ces questions là
51:57sur le lien
51:58pour répondre sur ce que
51:59disait Alexandra
52:00elle a tout à fait raison
52:01il y a un certain nombre
52:02de boîtes
52:02qui avaient annoncé
52:03qu'elles gelaient
52:03l'embauche de junior
52:04elles sont revenues
52:05en arrière
52:07elles se sont rendues
52:07compte
52:07très très vite
52:08très très vite
52:09en 6 mois
52:101 an
52:10qu'elles étaient en train
52:11de complètement bouleverser
52:12leur pipe
52:13et qu'elles n'ont
52:14replus de middle
52:15qui avaient annoncé
52:16un gros plan de départ
52:17qui est revenu dessus
52:17en disant
52:18je suis planté
52:18parce qu'il y a un moment
52:20vous avez besoin de middle
52:20et ces middle
52:21ils ont été juniors avant
52:22mais je reprends un exemple
52:23pour rebondir sur ce que
52:24dit Sibyl
52:24très concret
52:25sur un secteur
52:26que je connais bien
52:26qui est le cinéma d'animation
52:28le cinéma d'animation
52:29l'IA est arrivé
52:30elle a tué
52:31tous les gars
52:32qui chez Pixar
52:33dessinaient des brins d'herbe
52:34ceux-là
52:34ils ont tous disparu
52:35en revanche
52:36il y a 30% qui restent
52:37c'est 30%
52:38qui sont capables
52:39de faire des visages
52:40des expressions
52:41du chara design
52:41des choses comme ça
52:42ceux-là ils restent
52:43et ceux-là ils ont des contrats
52:44mais est-ce qu'on commence pas
52:45par faire un brin d'herbe
52:45avant de faire un visage ?
52:47en tout cas ce qui est sûr
52:48c'est que oui ça écrème
52:49sur certains métiers
52:51ça va écrémé
52:51mais ça ne les tue pas
52:52mais en revanche
52:53il y a une sélection
52:53c'est vrai
52:54ça va laisser 30%
52:55alors laissez-moi une minute
52:55pour lui Samuel
52:56parce qu'il reste une minute 40
52:58allez-y
52:58non simplement pour confirmer
52:59qu'il y a une spécificité
53:00de cette nouvelle vague technologique
53:02c'est que ça concerne surtout
53:02les SSP+,
53:03parce que tous les métiers
53:04qu'on a évoqués
53:05c'est pas des ouvriers
53:07c'est plutôt une bonne nouvelle
53:07parce qu'ils ont plus
53:08de capacités de rebond
53:09oui exactement
53:09en fait pour ne donner
53:11qu'un exemple
53:11je recevais il y a quelques semaines
53:13une jeune qui terminait
53:14son MBA à Harvard
53:15et elle me dit
53:16que la plupart de ses camarades
53:16de promotion
53:17sont en difficulté
53:17pour trouver un job
53:18à Harvard
53:20donc c'est vrai que plus on est
53:21à l'INSEAD
53:23on forme aussi des MBA
53:25donc on voit qu'en effet
53:27un gros employeur pour nous
53:28c'est les boîtes de conseil
53:28qui ont un peu gelé les embauches
53:30donc c'est clair
53:30ça pose des problèmes
53:32importants pour nos étudiants
53:33mais on va avoir
53:34beaucoup plus d'étudiants
53:35qui vont créer des apps
53:36créer leur entreprise
53:38essayer de trouver
53:39les opportunités
53:39de business avec l'IA
53:41et donc justement
53:42comme on est sur un public
53:43le public de MBA
53:43c'est un public qualifié
53:44qui est capable de rebondir
53:45je pense que c'est typiquement
53:47les gens qui
53:47bah oui il va y avoir
53:48moins de consultants
53:48à la sortie de MBA
53:49est-ce que c'est mal
53:50est-ce que c'est une mauvaise
53:51ou pas
53:52bon c'est pas
53:52voilà
53:53il va y avoir à mon avis
53:54je suis pas inquiète
53:55fondamentalement
53:56pour nos élèves de MBA
53:57même si en effet
53:58ils vont faire d'autres métiers
53:59je vous laisse
54:0010 secondes Olivier
54:00ah non mais j'étais
54:01mille fois d'accord
54:03avec ce que disait Alexandra
54:04je pense que
54:05ce serait une catastrophe
54:06si ça touchait effectivement
54:08une population productive
54:10qui aurait du mal à rebondir
54:11mais là à un moment
54:12chez des jeunes
54:13qui sont très bien formés
54:14dont le cerveau est bien fait
54:15oui c'est un défi pour eux
54:16c'est moins facile
54:17mais n'empêche que je pense
54:19que cette difficulté
54:20va les rendre encore meilleurs
54:21merci beaucoup
54:22à tous les quatre
54:23dévenus ce matin
54:24dans les experts
54:24dans un instant
54:25l'immobilier
54:26avec Marie-Cœur de Roi
54:26les experts de l'immobilier
54:27on se retrouve demain
54:29pour une nouvelle émission
54:29des experts
54:30à demain
54:34débat et controverses
54:36les experts
54:37sur BFM Business
54:38on se retrouve en ligne
54:40pour une nouvelle émission
54:40qu'on va à faire
54:41on se retrouve en ligne

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