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  • il y a 1 semaine
Ce mercredi 14 octobre, Léa Dauphas, chef économiste chez TAC ECONOMICS, a abordé la poursuite de l'accélération de l'inflation américaine et la flambée des exportations de la Chine en septembre, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00BFM Bourse, l'écho du monde.
00:04Avec Léa Dauphaz, bonjour Léa, on est ravis de vous retrouver en direct.
00:07Donc on a ce chiffre d'inflation pris à la consommation.
00:09Ils augmentent sur un an plus qu'attendu, plus 3,7% en septembre,
00:13contre plus 3,6% attendu et surtout hors énergie aussi.
00:16On est au-dessus des attentes, Léa.
00:18Oui, effectivement, le premier facteur c'est bien sûr énergétique.
00:21La hausse des prix de l'essence, 34% sur un an lié au conflit.
00:24Mais vous mentionnez l'inflation sous-jacente, elle accélère de 2,6%.
00:29Et ça ne suffit pas à démontrer une diffusion généralisée du choc énergétique.
00:34Ça confirme que les pressions inflationnistes, elles ne se limitent pas à l'énergie.
00:37Et surtout, ce qu'il faut mettre en parallèle, c'est que cette accélération,
00:40elle intervient dans une économie américaine qui reste particulièrement résiliente.
00:43La croissance, elle continue d'être soutenue par les investissements liés à l'IA
00:47et qui alimentent l'activité, la demande de capitaux et autres.
00:50Et là, ça devient une double contrainte pour la Fed.
00:53Une inflation qui réaccélère, une croissance qui reste suffisamment dynamique
00:56pour limiter les effets restrictifs de la politique monétaire.
00:59Et donc, la Fed, elle va devoir gérer à la fois le choc d'offres inflationnistes,
01:03une demande qui résiste.
01:04Et dans ce contexte, bien sûr, il devient plus difficile de considérer
01:08la hausse des prix comme un phénomène qui est simplement temporaire.
01:11Donc, la question centrale, elle commence déjà à revenir.
01:14C'est celle du degré de restriction monétaire nécessaire pour ramener l'inflation vers 2%.
01:18On voit bien sur la probabilité implicite d'une hausse de taux dès octobre,
01:22elle est repassée de 22% à 45% après la publication.
01:26Et donc, le véritable enjeu maintenant, ça va être de savoir si les marchés
01:29intègrent suffisamment de hausse de taux face à cette combinaison d'inflation
01:33qui est persistante et de croissance qui, elle, reste résiliente.
01:35Oui, le marché est en train de réviser la probabilité de hausse de taux au mois d'octobre,
01:40fin octobre pour la prochaine réunion, dans deux grosses semaines.
01:42Il y a à peu près deux heures, le marché n'anticipait qu'à 22% une hausse de taux
01:45en octobre.
01:46Là, il l'anticipe à 45%.
01:47Donc, on voit que ce chiffre d'inflation a eu un vrai impact sur le marché.
01:50Mais il n'empêche, plusieurs membres de la Fed ont une autre vision,
01:53estimant que ce qui fait pression plus que l'inflation, c'est la dynamique de croissance.
01:58C'était le point de vue hier de Christopher Waller, le numéro 2 de la Fed.
02:01Est-ce que vous partagez cet avis qu'effectivement,
02:03si les taux américains, le disant américain, les bons du trésor se tendent à ce point,
02:07plus que l'inflation, c'est la croissance qui en est la cause ?
02:10Oui, c'est assez cohérent avec ce qu'on observe dans la décomposition des rendements.
02:14Ce qu'on voit, c'est que la remontée des taux longs,
02:16elle provient principalement des taux réels,
02:19plutôt que de la hausse des break-even, donc des anticipations d'inflation à terme.
02:23Et surtout, le principal moteur du mouvement récent,
02:25c'est vraiment cette révision des anticipations de taux courts,
02:28donc de comment va agir la Fed.
02:30La croissance américaine résiste, on vient d'en discuter.
02:32C'est lié, bien sûr, aux effets d'IA,
02:35et donc les investisseurs anticipent une faite qui est plus restrictive
02:37qu'ils ne l'envisageaient auparavant,
02:39notamment par rapport au début de l'année,
02:41ce qui se transmet directement en taux longs.
02:43Moi, ce que j'ajoute à ça, qui est un facteur un peu plus structurel,
02:46c'est toutes ces questions autour de la prime de terme.
02:47Donc la prime de terme, c'est la rémunération supplémentaire
02:51que les investisseurs demandent pour détenir des obligations à long terme,
02:54compte tenu de l'incertitude sur les taux futurs.
02:56Et ce qu'on voit bien, c'est que cette prime,
02:58elle dépend des conditions de financement de la dette américaine,
03:01des déficits structurellement élevés,
03:02une offre importante de titre du Trésor.
03:04Et donc les investisseurs, ils exigent davantage de rémunération
03:09pour absorber ces dettes.
03:10Et donc il faut, bien sûr, hiérarchiser les facteurs.
03:13À ce stade, la hausse récente des taux,
03:15c'est la révision des anticipations de taux courts,
03:17beaucoup moins que la prime de terme.
03:18Et ce que ça veut dire, c'est que le mouvement actuel,
03:21c'est à la fois la réévaluation des perspectives économiques
03:23et monétaires américaines, ce qui devrait donc se poursuivre.
03:26Et à long terme, en plus, les besoins de financement considérable,
03:30et donc tout ça valide une logique de perspective de taux longs,
03:33plus élevée, quelle que soit en réalité ce qu'on voit aujourd'hui
03:36et comment peuvent bouger les anticipations de la fête.
03:39Léa, ce matin, on a quand même eu des nouvelles assez étonnantes
03:42en provenance de Chine.
03:43A priori, on va battre tous les records en termes d'excédents commerciaux.
03:46Les exportations de septembre ont fait plus 36,3%.
03:50D'où sort ce chiffre ?
03:52Alors, effectivement, le chiffre, il est spectaculaire.
03:55Le véritable sujet, et c'est là où il faut en mettre un peu en contexte,
03:59ce n'est pas nouveau, c'est le déséquilibre persistant
04:01entre l'offre industrielle chinoise extrêmement dynamique
04:04et la demande intérieure qui, elle, reste insuffisante.
04:07Donc la Chine a massivement investi dans ses capacités de production,
04:10alors que la consommation des ménages, elle reste pénalisée,
04:12que ce soit l'ajustement immobilier, la faiblesse de la confiance
04:15ou l'épargne de précaution élevée.
04:17Et donc l'excédent commercial chinois, ça reflète un des équilibres macro plus profonds
04:22avec, en fait, une épargne nationale qui est supérieure à l'investissement domestique.
04:26Il ne faut pas nécessairement réduire cette performance au seul surcapacité industrielle.
04:31La Chine, elle a profondément transformé ses avantages comparatifs
04:34et sa compétitivité, elle repose désormais sur des économies d'échelle,
04:38des chaînes de valeur qui sont très intégrées,
04:40cette montée en gamme technologique qui concurrence directement
04:43nos secteurs industriels européens, dans l'auto, l'industrie,
04:47les équipements électriques et la chimie.
04:49Et à cela s'ajoute effectivement cet effet protectionnisme,
04:54réorganisation des échanges mondiaux,
04:55l'effet des politiques commerciales américaines,
04:58elle favorise cette diversification des débouchés chinois
05:01vers l'Europe, vers les émergents.
05:03Pour nous, c'est des conséquences qui sont ambivalentes.
05:06À court terme, effectivement, les importations chinoises,
05:08elles contribuent à contenir les prix des biens manufacturiers,
05:12ça soutient cet effet désinflation.
05:14À moyen terme, c'est une pression sur les marges,
05:17les parts de marché, les décisions d'investissement de nos industriels.
05:20Et donc le risque, en fait, c'est moins celui du déséquilibre commercial chinois
05:24que celui de l'érosion progressive de nos avantages comparatifs européens
05:27avec des conséquences sur la croissance potentielle.
05:30Donc un peu moins de court terme,
05:32mais par contre, des vrais sujets d'enjeux,
05:33la Chine ne rééquilibera pas davantage son modèle vers la demande intérieure.
05:37Tant qu'elle ne le fera pas, on alimentera les tensions commerciales.
05:40Merci, Léa Dauphas pour TAC Economics avec nous cet après-midi.

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