- il y a 12 minutes
Retrouvez le replay du Grand Oral 2027 sur BFMTV.
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00:01Générique
00:07...
00:10Bonsoir à tous, un invité exceptionnel ce soir dans le grand oral BFM TV Le Figaro,
00:15au lendemain de scènes de violence qui ont sidéré la France et qui se poursuivent encore ce soir,
00:20notamment du côté de Paris et de Lyon,
00:22et alors qu'Emmanuel Macron doit prendre la parole ce soir pour s'adresser aux Français.
00:25Bonsoir Edouard Philippe.
00:27Bonsoir.
00:27Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation, votre parole est très attendue,
00:31vous êtes le maire du Havre, on le rappelle, candidat à horizon à la présidentielle et ancien Premier ministre.
00:37Pour vous interroger à notre côté ce soir, Jim Jarras, et bonsoir, rédacteur chef du service public du Figaro.
00:42Marc le rappelait, Edouard Philippe, la France s'est réveillée sous le choc ce matin,
00:46après ces images de chaos, de pillages, des manifestations pour le pouvoir d'achat qui ont totalement dégénéré,
00:51en émeutes urbaines, des mairies, des commissariats attaqués et des magasins payés,
00:56et ces scènes, on les voit encore en direct, qui se poursuivent encore ce soir,
01:01notamment près de la place de la République à Paris, avec encore des commerces attaqués.
01:05J'ai envie de vous demander, on a envie de vous demander, Edouard Philippe,
01:08quel sentiment prédomine chez vous au lendemain de cette journée d'émeutes,
01:13et avec ce qui est encore en train de se passer ce soir ?
01:17Des sentiments mêlés.
01:20D'abord, la colère, la tristesse, l'empathie aussi, devant la situation qu'on a vue sur vos antennes
01:32et dans toutes les images diffusées de gens, de commerçants qui perdent tout,
01:38qui perdent leur magasin, qui perdent leur stock,
01:40qui perdent le magasin dans lequel ils se sont engagés il y a un an, deux ans, trois ans.
01:45La très grande peur aussi, je crois, ressentie par beaucoup de nos concitoyens,
01:51devant le niveau de violence hallucinant qui a été atteint à Marseille, à Paris, à Lyon.
01:58Hier, j'étais au Havre, chez moi.
02:02Les policiers m'ont dit qu'ils n'avaient pas le souvenir, au cours des 25 dernières années,
02:08d'échanges aussi intenses et aussi violents,
02:11avec la petite poignée de casseurs et de pilleurs et de pyromanes
02:16qui ont perturbé la fin de la manifestation.
02:20Le début s'était passé dans l'ordre, comme c'est souvent le cas d'ailleurs au Havre,
02:24encadré par les forces syndicales.
02:26– Mais votre ville a aussi été le témoin des modes urbaines.
02:29– Il n'y a pas eu de pillage chez nous, mais il y a eu une vraie violence,
02:32très choquante, très significative et parfaitement inacceptable.
02:36– Des images à vous soumettre ce soir, Édouard Philippe.
02:39La porte de la mairie de Marseille défoncée, ce buste de Marianne renversé,
02:45la mairie de Limoges incendiée, on le voit ici, son beffroi qui s'est effondré.
02:50Et puis, encore une fois, ces images de pillage, des centaines de magasins dévastés,
02:55à Paris, la capitale, mais aussi un peu partout.
02:58Et ça continue encore ce soir, on parle de Lyon notamment.
03:02Quelles images vous retenez de cette journée de samedi ?
03:05– Qu'est-ce qui vous a le plus choqué, finalement, en tant que citoyen ?
03:09On est tous sidérés un peu sous le choc ce soir.
03:11– Toutes les images sont choquantes.
03:13Les images de charges des effectifs de police par des gens qui balancent des pavés sont choquantes.
03:21Les images de pillage sont insupportables.
03:24Les images de destruction de l'espace public et des biens publics sont insupportables.
03:28Vous parlez, à juste titre, de la mairie de Limoges, brûlées.
03:33On aurait pu citer la mairie d'Angers, on aurait pu citer la mairie de Lille, saccagées.
03:38Rien ne justifie cette violence.
03:40Rien ne justifie ces saccages.
03:42Et on voit bien que la manifestation d'hier,
03:46qui devait faire la jonction entre des lycéens qui revendiquent,
03:49ils ont le droit de le faire.
03:51Et des salariés ou des organisations syndicales
03:54qui considèrent qu'il y a un pouvoir d'achat,
03:55et elles ont le droit de le faire,
03:57s'est transformé progressivement, au fur et à mesure de la journée,
04:02en un affrontement entre des pilleurs et des pyrovans
04:06qui n'ont aucune revendication à formuler,
04:10si ce n'est de mettre à bas l'ordre public,
04:13de venir tester les forces de l'ordre en permanence,
04:16de venir piller lorsqu'ils le peuvent par opportunité.
04:20Tout ça est extrêmement dangereux.
04:22Et c'est dangereux, d'abord parce que le désordre qui prévaut depuis hier
04:26choque, je le crois, tous les Français.
04:29Mais tout ça est dangereux pour notre nation.
04:31Une nation, c'est quelque chose qui se construit avec tout le monde.
04:34Et ce que l'on voit sous nos yeux, consterné.
04:38C'est une division qui est en train de frapper le pays.
04:42C'est un irrespect complet, à la fois de la loi,
04:46de la propriété privée, de l'ordre,
04:48qui sont des domaines sans lesquels on ne bâtit rien.
04:52Il y a donc quelque chose qui n'est pas simplement du désordre,
04:56c'est une remise en cause des fondements, je crois, de la République.
04:59Et brûler une mairie, attaquer des lieux publics,
05:04ça n'est jamais un hasard.
05:05Des lieux de pouvoir.
05:06Ceux qui ont attaqué la mairie de Marseille hier l'ont fait,
05:08d'après l'agence France Presse, au cri de « on prend la Bastille ».
05:11Et on a vu aussi hier des groupes dans Paris tenter de se rapprocher du palais de l'Elysée.
05:16Est-ce qu'à un moment, vous pensez que ces gens-là ont voulu faire vaciller l'État,
05:19ont voulu faire vaciller la République ?
05:21– Je pense qu'il faut bien distinguer, si j'ose dire, des publics différents
05:26dans ces grandes manifestations et dans ces émeutes
05:29auxquelles on a assisté hier et qui, pour certaines d'entre elles, se poursuivent aujourd'hui.
05:33Vous avez des gens qui manifestent.
05:35Ils le font librement, respectant la loi.
05:38– Et ils étaient très nombreux hier.
05:39– Et ils étaient très nombreux, et ils existent, et il faut les respecter.
05:43On peut ne pas être d'accord avec eux, mais il faut les respecter.
05:45– Oui, ils avaient parfaitement le droit de manifester.
05:48Certaines de ces manifestations se sont passées dans l'ordre,
05:51parce qu'elles avaient été déclarées, parce qu'elles ont été bien encadrées.
05:54Et encore une fois, je ne fais jamais l'amalgame entre celles et ceux
05:58qui respectent la loi, y compris quand il s'agit de manifester,
06:01ou de porter des revendications, et ceux qui la foutent au pied.
06:04Ça n'a rien à voir.
06:06Mais il y a aussi, à l'intérieur de ces cortèges, un mélange délétère
06:11entre une ultra-gauche qui a une logique révolutionnaire,
06:14qui veut tout conflictualiser.
06:17Vous connaissez les mots de Jean-Luc Mélenchon.
06:20Il les a répétés plusieurs fois.
06:22Nous voulons tout conflictualiser.
06:24Tout, ce n'est pas moi qui parle, hein.
06:26Tout conflictualiser pour transformer un peuple révolté
06:31en peuple révolutionnaire.
06:33Il y a, dans ceux qui hier ont cassé,
06:38une partie de gens qui veulent mettre à bas l'ordre républicain
06:42et la démocratie.
06:43Est-ce que vous considérez qu'il y avait chez les casseurs des manifestants ?
06:46Et il y a, je voudrais juste terminer,
06:48je vous ai dit qu'il fallait distinguer,
06:50il y a donc des membres extrêmement organisés,
06:53extrêmement déterminés,
06:54d'une ultra-gauche protéiforme,
06:57mais qui se rejoint parfaitement dans sa volonté
06:59de casser l'ordre républicain
07:01et de conflictualiser le plus possible la situation.
07:04Et la responsabilité politique de ces groupes,
07:07et notamment de LFI,
07:08est en la matière, à mon avis, considérable.
07:11Et puis, il y a des pilleurs,
07:14des pilleurs et des pyromanes,
07:15qui considèrent que dès lors que le désordre est là,
07:18il faut le nourrir et en profiter.
07:20Par opportunisme, pour venir ?
07:22Par opportunisme.
07:22Mon sentiment, c'est qu'il y a, entre ces deux groupes,
07:26une alliance presque tactique.
07:28En tout cas, un combat qui se rejoint
07:30pour profiter politiquement ou matériellement
07:33d'un désordre qui nuit à l'ensemble du pays
07:36et qui peut avoir des conséquences,
07:38à mon avis, ravageuses.
07:39Mais c'est ce qui explique pour vous
07:40ce chiffre complètement fou
07:42qui a été donné il y a quelques minutes
07:43du côté de Marseille.
07:4430 000 pilleurs.
07:4530 000 pilleurs.
07:46Pas dans toute la France.
07:4730 000 pilleurs hier à Marseille.
07:50Ça veut dire que ce sont des gens
07:52qui ne sont pas venus que piller,
07:53qui étaient peut-être ailleurs,
07:54qui étaient même peut-être pour certains,
07:56dans le cortège ou dans la ville avant.
07:5830 000 pilleurs pour une seule ville.
07:59Non, mais l'effet d'entraînement
08:01a sans doute été considérable.
08:02Mais je veux insister sur ce qui s'est passé à Marseille.
08:05On a vu beaucoup d'images de Paris.
08:07Je vous interromps juste une seconde,
08:09Edouard Philippe.
08:09Ces images qui nous parviennent en direct,
08:11c'est celles du début d'une cellule de crise
08:13qui se tient en ce moment à l'Elysée.
08:15Avant, et on y reviendra,
08:17la prise de parole du président de la République
08:18à 20 heures ce soir.
08:19Les images qu'on a vues à Marseille,
08:21en plus exactement le peu d'images
08:22qu'on a vues de Marseille,
08:23et celles que j'ai vues moi,
08:24et ce que m'ont dit les contacts
08:26que je peux avoir dans cette ville,
08:28c'est que le niveau de violence,
08:31de dépranation,
08:36je ne peux pas dire autre chose que le niveau,
08:38est hallucinant,
08:39et jamais atteint.
08:40Et encore une fois,
08:42cette violence qui s'exprime,
08:45elle a été nourrie,
08:47elle a été légitimée.
08:49Un certain nombre de responsables politiques
08:51ont expliqué qu'il n'y avait que la violence.
08:53Un certain nombre de responsables politiques,
08:56notamment issus de LFI,
08:58ont expliqué que cette violence était légitime,
09:01car elle était la réaction à une autre violence,
09:04celle de la société telle qu'elle fonctionne.
09:06Mais si on légitime la violence,
09:09en disant au fond,
09:10lorsque vous cassez,
09:11lorsque vous pillez,
09:12lorsque vous exprimez avec violence,
09:13vous n'êtes jamais que dans une forme
09:15de légitime défense,
09:16alors on légitime tout.
09:17Et ça n'est pas la République.
09:19Ça n'est pas la démocratie.
09:21C'est pour ça que j'insiste sur le fait
09:24que la responsabilité politique
09:25de cette ultra-gauche
09:26est extrêmement engagée.
09:28Et j'insiste sur le fait que son projet
09:29n'est pas simplement un projet
09:31de porter des revendications
09:32qui, encore une fois, peuvent s'entendre.
09:34Et pour certaines d'entre elles,
09:35peuvent parfaitement s'entendre.
09:37C'est un projet plus profond,
09:39un projet de conflictualisation,
09:40un projet qui porte une volonté révolutionnaire.
09:43Il faut en être conscient.
09:44Il faut lutter politiquement
09:46contre ce projet.
09:47qui me paraît totalement délétère
09:49pour le pays.
09:50Sans parler de la France insoumise,
09:51sur laquelle on reviendra,
09:53juste courte parenthèse,
09:54vous, vos équipes peut-être,
09:56observe avec attention
09:57les réseaux sociaux.
09:58Ces quelques heures,
10:00il y a des visuels
10:01de prise de la Bastille,
10:03de grandes révolutions
10:05qui se sont passées justement
10:06par la violence,
10:07expliquant finalement
10:07que ça a apporté
10:08une forme de progrès social.
10:09Vous écoutez ça,
10:10vous regardez ces images,
10:11vous vous dites quoi ?
10:12Je vous dis exactement
10:14ce que je suis en train de vous dire.
10:15Le projet de la France insoumise,
10:17c'est une forme de révolution.
10:19Mais qui ne vienne pas
10:19plus de la France insoumise
10:20dans l'espèce.
10:20De rupture,
10:21non mais qui est,
10:22vous avez raison,
10:23mais qui est très portée,
10:25très légitimée.
10:25Vous savez,
10:26dans une révolution,
10:28et c'est le principe
10:28d'une révolution,
10:29vous avez un petit nombre
10:30de gens extrêmement déterminés,
10:32extrêmement bien organisés.
10:33Et vous avez beaucoup d'autres
10:33qui suivent
10:34ou qui sont manipulés.
10:35Ça s'est toujours passé comme ça
10:37et je redoute
10:38que ça puisse se passer comme ça.
10:40Encore un mot.
10:41Le projet de la France insoumise,
10:43c'est celui de mettre à bas
10:44l'ordre tel qu'il fonctionne aujourd'hui,
10:47la République telle qu'elle fonctionne aujourd'hui.
10:49Moi, je ne veux pas rompre avec la République.
10:51Moi, je considère que la démocratie,
10:53elle doit être défendue.
10:54C'est la responsabilité de chacun.
10:55C'est la responsabilité du gouvernement.
10:57On pourra en dire un mot
10:58si vous le voulez bien.
10:58Mais c'est la responsabilité de chacun.
11:00Nous sommes en train,
11:02si nous ne réagissons pas,
11:03de laisser partir quelque chose
11:05qui est constitutif de notre pays,
11:07la démocratie et la République.
11:08Jean-Jérard Asseline.
11:08Édouard Philippe,
11:09on l'a vu il y a quelques secondes,
11:11Emmanuel Macron est arrivé à l'Élysée
11:13avec ses principaux ministres.
11:16Il doit s'exprimer à 20h ce soir.
11:18Que peut-il dire,
11:19que doit-il dire
11:20face à ce déferlement de violence
11:23qu'on a observé ces dernières heures ?
11:27J'ai parfois du mal à commenter
11:30les propos du président de la République
11:31une fois qu'il les a formulés.
11:34Permettez-moi de ne pas les commenter
11:35avant qu'il les formule.
11:36Je ne sais pas ce qu'il va dire.
11:38Vous n'avez pas été consulté, par exemple ?
11:40Je n'ai aucune idée de ce qu'il va dire.
11:42Mais laissez-le parler.
11:43Et puis ensuite, on réagira.
11:45Si vous, vous étiez président de la République,
11:46c'est très facile de dire cela comme ça.
11:47Je pense que je dirais très exactement
11:49ce que je vous ai dit.
11:50Dans notre pays,
11:52l'ordre républicain, ça existe.
11:54La démocratie, ça n'est pas le pillage.
11:56La République, ça n'est pas le pillage.
11:58Il y a des revendications légitimes.
12:00Discutons-en, parlons-en.
12:02Mais jamais, jamais, on ne peut accepter
12:04que des professeurs soient molestés,
12:06que des forces de l'ordre soient attaquées,
12:08que des sapeurs-pompiers,
12:10des pompiers qui viennent aider,
12:12soient mis en cause, frappés.
12:13Ça existe.
12:14Comment voulez-vous accepter cela ?
12:16Comment pouvons-nous même
12:17donner le sentiment, une seconde,
12:20que l'on pourrait accepter cela
12:21au nom d'une violence sociale
12:23qui s'exprimerait ?
12:24Ça n'existe pas.
12:25Nous ne pouvons pas l'accepter.
12:26Concrètement, l'État a à sa disposition
12:28des dispositifs.
12:29Vous êtes très bien placé pour le savoir,
12:31pour lutter contre des situations
12:32comme celle-ci.
12:33Par exemple, l'état d'urgence.
12:35Il peut prononcer l'état d'urgence.
12:36Est-ce que c'est une proposition
12:38qui aurait du sens ce soir,
12:40après ce que vous venez d'observer ?
12:42Avant de se prononcer sur l'état d'urgence,
12:45qui est un dispositif qui existe,
12:50dont je sais qu'il peut permettre
12:52un certain nombre de choses
12:53qui ne sont pas possibles
12:54dans le droit commun
12:55et dont je ne suis pas sûr
12:56que ce qu'il permet soit utile
12:59dans le cas d'espèce.
13:00Mais après tout, n'écartons rien.
13:02C'est une décision qui appartient
13:03au gouvernement et au président
13:05de la République.
13:06Avant de parler de l'état d'urgence,
13:08parlons de ce que l'on peut faire
13:09sans l'état d'urgence.
13:11Regardons et essayons de comprendre
13:13ce qui s'est passé hier.
13:14On a vu l'instrumentation politique
13:17et l'instrumentalisation politique
13:19par l'ultra-gauche et la gauche extrême.
13:22Elle existe, il faut la dénoncer politiquement,
13:25il faut la documenter, elle est là.
13:27Mais il y a aussi une question
13:28de comment est-ce que le gouvernement
13:31s'est informé, c'est-à-dire
13:33comment le renseignement a pu opérer
13:36pour préparer l'événement,
13:37comment le gouvernement s'est préparé
13:39à faire face à cet événement
13:40et ensuite, comment les choses ont fonctionné.
13:42Il y a eu des dysfonctionnements,
13:43c'est ça que vous voulez nous dire ?
13:45Quand on appelle chacun
13:46à prendre ses responsabilités,
13:49l'ultra-gauche,
13:50ceux qui manifestent,
13:52on doit également appeler le gouvernement
13:53à prendre ses responsabilités.
13:55C'est-à-dire ?
13:55C'est-à-dire vérifier que tout a été fait
13:58conformément, que le renseignement
13:59a permis d'évaluer à sa juste mesure
14:02l'intensité des manifestations hier
14:04et le désir de violence
14:05qui s'y est exprimé.
14:07Entre les lignes, on comprend quand même
14:09dans ce que vous nous dites ce soir
14:10que visiblement, pas.
14:12Je pose la question.
14:13Vous posez la question.
14:13Je pose la question
14:14et j'aimerais avoir des réponses
14:16en la matière.
14:17De la même façon,
14:17dans la mobilisation des forces.
14:19Dans la mobilisation des forces.
14:23Je me garderai de donner des leçons
14:24à qui que ce soit
14:25car le maintien de l'ordre
14:26est un exercice redoutablement difficile.
14:28Et vous en avez fait l'expérience
14:29à l'époque des gilets de l'homme.
14:30Et je sais combien c'est délicat.
14:31Donc je ne donne aucune leçon.
14:33Mais je sais que lorsque vous attendez
14:35et lorsque vous redoutez
14:37un affrontement
14:38et un rapport de force très violent,
14:40la meilleure solution,
14:42c'est quand même d'être vous-même
14:43extrêmement fort.
14:45De le montrer auparavant.
14:47De le faire savoir.
14:48Pendant les gilets jaunes.
14:49Et encore une fois,
14:50je ne compare pas
14:51ce que j'ai vu hier
14:52à ce qui a donné lieu
14:54aux gilets jaunes.
14:55Je ne le compare pas.
14:57Pendant les gilets jaunes,
14:58lorsque nous étions certains
15:00que la confrontation allait intervenir,
15:02il y avait des blindés
15:03de la gendarmerie
15:04qui étaient mobilisés.
15:05Il y avait un nombre de forces
15:06qui me paraît très largement supérieur
15:08qui étaient mobilisés.
15:09C'est la raison pour laquelle je dis
15:10est-ce qu'il y a eu ou non
15:12une faille dans le renseignement ?
15:13Et si c'est le cas,
15:14tirons-en les conséquences
15:15et musclons notre jeu
15:16en matière de renseignement.
15:17Est-ce qu'il y a eu ou non
15:20un défaut,
15:21une mauvaise information
15:22ou une mauvaise décision
15:22dans le niveau de force mobilisée ?
15:24Ce sont des choses
15:25que les Français ont le droit de savoir
15:27et des questions
15:28que moi je me pose.
15:29Effectivement.
15:29Et beaucoup de Français
15:30se les posent ces questions.
15:30On a entendu le maire de Marseille,
15:32Benoît Payon, dire
15:33« Je n'avais qu'une seule compagnie de CRS,
15:35c'est-à-dire 85 hommes dans ma ville.
15:37Jusqu'aux émeutes,
15:38j'ai appelé le Premier ministre,
15:39Sébastien Lecornu,
15:40qui m'en a fourni immédiatement
15:41quatre autres. »
15:42On a entendu la maire de Paris,
15:44le maire de Paris dire
15:45« Nous n'avions pas assez de moyens. »
15:47Et d'ailleurs, la CRS8,
15:49la compagnie CRS8,
15:50n'est arrivée qu'à 16 heures hier,
15:51alors que les pillages
15:52avaient commencé depuis plusieurs heures.
15:54Et on a entendu aussi,
15:55Edouard Philippe,
15:56le maire de Limoges,
15:57dont l'hôtel de ville
15:58a donc été incendié hier.
16:00Écoutez ce qu'il dit aujourd'hui
16:01sur ce qui s'est passé hier dans sa ville.
16:04« On a un problème de soutien
16:05de nos forces de l'ordre.
16:06Quand j'entends qu'il n'y a pas eu
16:07de manque de moyens,
16:08c'est faux.
16:09Quand 100% des policiers
16:10que vous avez interrogés
16:11vous disent « À 15h30,
16:12on n'avait plus de grenades,
16:13de désencerclement,
16:13on n'avait plus de munitions,
16:14on était obligés de reculer. »
16:16Ce sont des faits,
16:17des faits étayés.
16:18Donc il y a eu un manquement
16:19à ce niveau-là,
16:20un manquement grave.
16:21Et encore une fois,
16:22je leur dis,
16:23« Il va falloir changer de doctrine. »
16:25Des manquements graves,
16:26Edouard Philippe.
16:26Vous êtes venu ce soir
16:27accompagné de cinq maires,
16:29cinq maires au horizon
16:30qui vous soutiennent,
16:31dont la maire
16:31du 5e arrondissement de Paris.
16:33Les élus, les maires,
16:34ont-ils été abandonnés
16:36dans cette journée
16:37quand on entend
16:37ce témoignage
16:38d'élus en première ligne ?
16:39Les maires,
16:40ils n'ont pas été abandonnés.
16:41La question,
16:42c'est est-ce que des mesures,
16:44est-ce que des bonnes mesures
16:45ont été prises au bon moment ?
16:46Ce que dit le maire de Limoges,
16:48et on comprend
16:49qu'il soit en colère
16:50compte tenu de ce qui est arrivé.
16:52On n'avait plus de munitions.
16:53Ce que dit le maire de Limoges,
16:54c'est qu'il semble
16:56que le matériel nécessaire
16:58n'était pas présent
16:59à l'endroit
16:59où il était nécessaire.
17:01Ça, c'est une question
17:02de préparation.
17:03Et peut-être aussi
17:04de renseignement
17:05avant la manifestation
17:06pour savoir
17:07quel va être
17:07le degré de violence
17:08ou le degré d'intensité.
17:10C'est pour ça
17:11que je parle de renseignement
17:12et ensuite de préparation.
17:14Je crois que le gouvernement,
17:16dans l'effort
17:17de compréhension
17:18et de transparence
17:20dont il va avoir
17:21la responsabilité,
17:22devra dire
17:23ce qu'il en a été
17:24de la préparation
17:24du 17
17:25et devra dire
17:26ce qu'il veut faire
17:28dans le cadre
17:29de la préparation
17:29d'autres manifestations
17:32si elles devaient
17:33se poursuivre.
17:33Sur cet exercice
17:34de diagnostic,
17:35Yalbron Pivet,
17:36la présidente de l'Assemblée,
17:37est favorable
17:38à une commission
17:38d'enquête parlementaire
17:39sur le maintien de l'ordre.
17:40Est-ce que vous pensez
17:41que ça peut être
17:41une bonne idée ?
17:43Moi, je serais favorable
17:43à une commission d'enquête
17:44sur le 17,
17:46c'est-à-dire
17:46sur leur journée d'hier.
17:48Parce que...
17:48Sur l'intégralité, c'est-à-dire ?
17:50Qu'on soit exigeant
17:51avec le gouvernement
17:51et avec l'État,
17:53ça me paraît
17:53la moindre des choses.
17:55Mais dans ce cas-là,
17:56allons au bout.
17:57Demandons-nous
17:58comment on en est arrivé là.
17:59Demandons-nous
18:00si des forces politiques
18:01ont instrumentalisé,
18:03encouragé, manipulé
18:04un certain nombre de gens
18:05pour que, justement,
18:06on en arrive là.
18:07Visons large,
18:07si vous me permettez.
18:08Mais ce que vous sous-entendez
18:10quand même,
18:10avec grande prudence...
18:12Je ne sous-entends rien.
18:12C'est qu'il y a eu
18:14quand même des failles.
18:14Non, je pose la question.
18:15Il y a eu des problèmes
18:15dans le retour du renseignement.
18:17Je dis que lorsqu'on a un...
18:18Pardon.
18:21Personne ne peut se satisfaire
18:22des images
18:22que nous avons vues hier.
18:24D'ailleurs,
18:25personne ne peut dire
18:26ce soir,
18:27vraiment,
18:27ça s'est bien passé.
18:28Non.
18:28Face à une situation difficile,
18:30vraiment,
18:30ça s'est bien passé.
18:31D'accord ?
18:31Personne ne peut le dire.
18:32Donc, quand ça ne se passe pas bien,
18:35je n'accuse personne,
18:36mais je veux comprendre.
18:36Et prendre ses responsabilités ?
18:38Je veux comprendre.
18:38Je veux savoir
18:39ce qui s'est passé,
18:40quelle décision a été prise.
18:41Est-ce que prendre ses responsabilités,
18:43Edouard Philippe ?
18:43Tous les Français le partagent.
18:44Nous voulons tous savoir
18:45pourquoi ça s'est passé comme ça.
18:46Est-ce que prendre ses responsabilités
18:47doit passer par
18:49une démission du ministre de l'Intérieur ?
18:51Est-ce que plusieurs responsables politiques,
18:52je vous pose la question,
18:53Oui, je sais qu'il y a des responsables politiques
18:54qui adorent aller plus vite que la musique.
18:56Est-ce qu'on peut d'abord comprendre ?
18:58Est-ce qu'on peut d'abord savoir
19:00quelles sont les responsabilités de chacun ?
19:02Avant de se dire
19:03comment est-ce qu'on en tire les conséquences ?
19:04Voilà.
19:04Moi, je veux comprendre
19:06ce qui s'est passé.
19:07Et ce que je veux aussi,
19:08c'est comprendre
19:08ce qui va se passer.
19:09C'est-à-dire ce que le gouvernement
19:11va dire
19:12vis-à-vis des forces politiques,
19:13vis-à-vis des lycéens
19:16de ces manifestations,
19:17vis-à-vis des organisations syndicales
19:19et aussi vis-à-vis des casseurs,
19:21des pilleurs, des pyromanes
19:22qui ont utilisé ces manifestations,
19:24qui se sont mêlés à ces manifestations,
19:26qui ont entraîné parfois
19:26certains nombres de manifestants
19:28pour casser et pour piller.
19:30Qu'est-ce qu'on dit ?
19:30Qu'est-ce qu'on fait ?
19:31Est-ce qu'on change la loi ?
19:33J'ai été depuis longtemps
19:34partisan de peines planchées
19:36et de peines minimales.
19:37Les peines planchées,
19:38me dit-on,
19:40ça n'est pas si efficace.
19:41Eh bien, moi, je considère
19:42que ça l'est.
19:42Les peines minimales,
19:43me dit-on,
19:44ça pose des problèmes.
19:45Eh bien, moi, je considère
19:46qu'il faut en faire.
19:47Et je ne pense pas
19:48qu'on puisse rester seulement
19:49dans l'arsenal répressif,
19:50même s'il est important
19:51parce que la République
19:51est mise en cause.
19:52Il faut aussi engager
19:53un processus politique
19:54qui permet de répondre
19:56aux lycéens
19:56qui sont à l'origine
19:57de ce mouvement
19:58et aux questions
19:59relatives au pouvoir d'achat.
20:00Sur l'exercice de diagnostic,
20:01toujours,
20:02un certain nombre
20:03de policiers,
20:03de syndicats
20:04nous ont dit
20:05qu'ils avaient été
20:06désorientés par
20:07peut-être
20:09des décisions contradictoires,
20:11en tout cas,
20:11des signaux contradictoires
20:13au sommet de l'État.
20:14Je pense notamment
20:14à Emmanuel Macron
20:15qui a exigé
20:16une forme d'empathie.
20:18Alors, c'était
20:18au moment du mouvement lycéen.
20:21Est-ce que, finalement,
20:22il a semé le doute
20:24chez les policiers ?
20:26On sait que le syndicat
20:27Alliance, notamment,
20:28a porté plainte
20:28contre l'État
20:30pour mise en danger
20:31d'autrui.
20:36quand on veut
20:37s'adresser
20:39à la jeunesse,
20:41même quand on pense
20:42qu'elle est à côté
20:43de la plaque,
20:46je ne sais pas
20:46ce que je pense,
20:47mais même quand on pense
20:48qu'elle est à côté
20:49de la plaque,
20:49on ne peut pas le faire
20:50seulement avec
20:51l'arsenal répressif.
20:53Et vous le savez tous,
20:54nous le savons tous.
20:55Lorsque des lycéens,
20:56on parle bien de lycéens,
20:58disent
20:59nos perspectives étudiantes
21:01ne sont pas bonnes,
21:02nous ne supportons pas
21:03telle ou telle organisation,
21:05nous avons des problèmes
21:05parce que nous n'avons pas
21:06tous nos professeurs.
21:08On peut évidemment dire
21:09que leurs revendications
21:11sont d'un ordre secondaire
21:13par rapport à des sujets
21:14plus urgents ou plus graves,
21:15mais on ne peut pas
21:16leur opposer seulement
21:18la force et la répression.
21:20Ça n'est pas possible.
21:21Ça n'est pas possible.
21:22Bon.
21:23Je pense que,
21:25peut-être maladroitement,
21:26c'est ce que le président
21:27de la République a voulu dire.
21:29En revanche,
21:30il y a quelque chose
21:31avec lequel il faut être
21:35inexorable,
21:38impitoyable.
21:39C'est que dès lors
21:40que l'on franchit
21:41la ligne de la violence,
21:44de l'agression
21:45vis-à-vis des personnes physiques,
21:47professeurs,
21:48personnel de l'éducation nationale,
21:50policiers, pompiers,
21:51tous dépositaires
21:52de l'autorité publique,
21:53tous participants
21:54au service public,
21:55alors on ne peut pas l'accepter.
21:56On ne peut pas l'accepter.
21:58On ne peut pas faire
21:58comme si ce n'était pas grave,
22:00c'était la réponse
22:00à je ne sais quoi.
22:01Ça n'est pas acceptable.
22:02Mais aux téléspectateurs
22:03qui nous regardent,
22:04Edouard Philippe,
22:05ces images qui nous viennent
22:06encore ce soir en direct,
22:07vous disiez il y a quelques instants
22:09que la République,
22:09ce n'est pas le pillage.
22:11Mais c'est ce qui est en train
22:12de se passer encore une fois
22:13et c'est pour ça que je propose
22:15un certain nombre de modifications.
22:17Je vais parler des peines minimales,
22:18j'ai parlé des peines planchées.
22:20Je pense que dans notre utilisation
22:21de la force face à des pilleurs,
22:25nous pouvons aller plus loin,
22:26nous pouvons utiliser
22:27les nouvelles techniques
22:28qui permettent de marquer
22:29de façon indélébile
22:30ceux qui participent
22:31à des pillages
22:32en projetant un certain nombre
22:33de matières qui restent sur eux,
22:35qui nous permettent
22:35de les retrouver ensuite.
22:36Je pense qu'on peut aller plus loin
22:37dans les villes notamment
22:38où il existe des caméras
22:39pour aller vers la reconnaissance faciale
22:41au moment des émeutes.
22:43Je crois très sérieux.
22:44La République,
22:45ça n'a jamais été la faiblesse.
22:46La démocratie,
22:48pardon pour cette expression,
22:49elle est un peu triviale,
22:50la démocratie,
22:51ce n'est pas le bololo.
22:52Ce n'est pas ?
22:53Ce n'est pas n'importe quoi.
22:54Le bololo,
22:54c'est une expression militaire.
22:55Je ne l'avais pas.
22:56Moi non plus.
22:56C'est parce que vous n'avez pas
22:57fait votre service militaire.
23:00Ça n'est pas le désordre organisé,
23:02la démocratie et la République.
23:03Mais ce qui est en train
23:04de se passer là.
23:05C'est inacceptable.
23:06C'est inacceptable.
23:06C'est inacceptable.
23:07Et c'est pour ça qu'il faut être plus fort.
23:11Ou notre pays comme des ennemis.
23:13Ce n'est pas la guerre.
23:14C'est une question d'ordre et de loi.
23:17Edouard Philippe,
23:17la loi casseur-payeur
23:18qui doit arriver dans quelques jours
23:19à l'Assemblée nationale
23:19est indispensable.
23:20Attendez,
23:20je n'ai pas fini ma question.
23:21Mais moi,
23:21je vous donne ma réponse.
23:22Dans quelques jours
23:23à l'Assemblée nationale,
23:24prévoit de faire payer
23:26non plus seulement ceux qui cassent,
23:28mais ceux qui participent
23:29à un attroupement
23:31pendant lequel il peut y avoir
23:33de la casse ou des pillages.
23:34Ce qui fait tiquer
23:34certains magistrats qui disent
23:36qu'il ne va pas pouvoir,
23:37ça va être difficile
23:37de faire payer quelqu'un
23:39sans être sûr
23:40qu'il a effectivement participé
23:41à ça.
23:42Qu'est-ce que vous en pensez-vous ?
23:43Est-ce qu'il faut aller jusque-là
23:44pour éviter de voir ce qu'on a vu ?
23:45Je fais confiance au Parlement
23:46pour trouver le bon dispositif
23:48et je suis certain
23:49que les magistrats qui tiquent
23:51respectent la loi comme moi.
23:52C'est-à-dire qu'ils font confiance
23:54au Parlement
23:54pour trouver le bon équilibre législatif
23:56et pour faire en sorte
23:57que le dispositif soit adapté.
23:59Et on va ratisser la marche.
23:59Ils ne peuvent pas contester l'idée
24:01qu'une fois que ce sera la loi,
24:02ils l'appliqueront.
24:03Vous êtes d'accord avec moi ?
24:04Probablement.
24:05Je vous trouve timide
24:06quand vous dites probablement.
24:07Ça veut dire qu'on accepte
24:08En tout cas, moi, je suis très ferme là-dessus.
24:09On accepte de ratisser la marche.
24:10Et donc, l'idée de dire
24:11que lorsqu'on est dans un événement
24:12et qu'il y a des casseurs
24:13et que leur responsabilité
24:15doit être engagée,
24:16mais franchement,
24:17franchement, ça gêne qui ?
24:20Où est le problème ?
24:21À partir de quand on dit
24:23« Hum, ouais, c'est vrai,
24:24vous ne payez pas
24:25votre place de stationnement,
24:26on vous colle un forfait
24:28et une amende,
24:29mais alors vous brûlez une mairie,
24:30vous comprenez,
24:31il y a une telle colère
24:32dans la société ? »
24:33Non, mais à partir...
24:36Je ne me départis jamais
24:37d'un certain calme
24:38et d'une certaine modération.
24:40Mais franchement,
24:41venir m'expliquer
24:41que quelqu'un
24:42qui est identifié
24:43comme un casseur
24:45ou comme quelqu'un
24:46qui participe
24:46et qui couvre
24:47à des opérations
24:48de pillage,
24:49de destruction de bains publics,
24:51qui vont ensuite être construits
24:52avec de l'argent public,
24:53ne devrait pas voir
24:54sa responsabilité engagée,
24:56mais les bras mentaux.
24:56Et les parents ?
24:57Et les parents des casseurs ?
24:58Mais lorsqu'on est mineur,
25:00la responsabilité civile des parents
25:01me paraît naturellement
25:03devoir être engagée.
25:03Alors, quand on est majeur,
25:05ce n'est pas nécessairement le cas.
25:06Oui, ça devrait l'être plus.
25:07Et c'est pour ça
25:07qu'une modification législative
25:09me paraît bienvenue.
25:09Jim.
25:10Un mot à nouveau
25:11sur les insoumis.
25:11Vous l'avez évoqué
25:12en début d'émission.
25:14Toute la journée,
25:15hier, Sébastien Lecornu
25:16et Jean-Luc Mélenchon
25:17se sont livrés
25:18à une violente passe d'armes
25:20sur les réseaux sociaux.
25:22Est-ce que vous considérez,
25:23comme le Premier ministre,
25:24que Jean-Luc Mélenchon
25:25a une responsabilité
25:27dans les violences ?
25:28Vous l'avez déjà dit,
25:28mais est-ce que...
25:29D'abord, monsieur,
25:30vous dites une violente passe d'armes.
25:32Ce qui était violent hier,
25:33ce n'était pas la passe d'armes
25:34entre M. Lecornu
25:35et M. Mélenchon.
25:36Ce qui était violent,
25:36c'est ce qui se passait dans la rue.
25:38Ça, c'était violent.
25:38C'est une traduction politique.
25:39Ça, c'était violent.
25:40Qu'il y ait une opposition
25:41entre M. Mélenchon
25:42et M. Lecornu,
25:43elle ne surprend personne.
25:44Qu'il s'exprime
25:45en disant
25:46que l'autre est responsable,
25:47ça ne surprend non plus personne.
25:48Et je pense que M. Mélenchon
25:49a évidemment
25:50une part de responsabilité,
25:51je l'ai dit.
25:52Voilà.
25:53Mais la violence,
25:54elle n'était pas dans le propos.
25:55La violence,
25:55elle est dans les actes
25:57qui se sont déroulés hier,
25:59dans les actes
25:59d'une violence inouïe,
26:00effarante,
26:01qui a choqué tous les Français.
26:03Tous les Français.
26:04Qui les choquent aujourd'hui
26:06et qui va les choquer longtemps.
26:07Sébastien Lecornu,
26:08qui n'a pas non plus hésité
26:08de parler d'un tour de chauffe
26:10avant l'élection présidentielle.
26:13On disait également
26:14que vous aviez été
26:14Premier ministre
26:15au moment de la crise
26:17des Gilets jaunes.
26:1828 week-ends de violence
26:19à l'époque.
26:2028 week-ends.
26:22Des appels à nouveau
26:23à manifester
26:24sont lancés
26:25sur les réseaux sociaux.
26:27Est-ce que vous croyez
26:28une spirale de la violence
26:29jusqu'à l'élection présidentielle ?
26:32Jusqu'au mois d'avril prochain ?
26:34Et finalement,
26:35au candidat que vous êtes,
26:37une tentation
26:38de déstabilisation
26:39de ce scrutin
26:40purement et simplement ?
26:41Est-ce que ce qui est en jeu
26:42là aujourd'hui ?
26:43De votre point de vue ?
26:45Mais ce qui est en jeu,
26:46ce n'est pas simplement
26:46le scrutin présidentiel.
26:48Mais une élection
26:49dont on dit
26:49qu'elle est la plus importante
26:50depuis...
26:50Le scrutin présidentiel,
26:53c'est un moment
26:53de la démocratie.
26:54Un moment important.
26:55Un moment très important
26:57de la démocratie.
26:58Mais ce n'est qu'un moment
26:59de la démocratie.
27:00Ce qui est en cause aujourd'hui,
27:01c'est la démocratie tout court.
27:02Pas simplement
27:03un moment dans six mois.
27:04Un moment tout court,
27:06la démocratie tout court, pardon.
27:07La capacité que chacun a
27:09à considérer que son bien,
27:12sa propriété privée,
27:13doit être respectée
27:14et garantie par l'État.
27:18Vous êtes d'accord avec ça ?
27:19Oui.
27:20C'est dans la déclaration
27:20des droits de l'homme.
27:21C'est l'article qu'en général,
27:23la France insoumise n'aime pas.
27:25Ça, c'est sûr que dire
27:25que la propriété privée
27:26est un droit sacré,
27:27c'est un truc qu'ils n'aiment pas.
27:29Mais ça existe.
27:30C'est aussi important
27:31que le reste
27:31dans la déclaration
27:32des droits de l'homme
27:32du citoyen.
27:33Lorsqu'on voit
27:34des scènes de pillage,
27:35lorsqu'on voit des scènes
27:36de violence,
27:36on voit bien que c'est
27:37la démocratie elle-même,
27:38la République,
27:39qui est mise en cause.
27:40Et donc,
27:41il faut la défendre.
27:42L'État doit la défendre.
27:43Le pire pour un État,
27:44c'est de s'avachir.
27:46Le pire pour un État,
27:47pour la légitimité d'un État,
27:49c'est d'être faible
27:49au point où il peut être bousculé.
27:52Ça, c'est inacceptable.
27:53C'est ce qui est en train de se passer.
27:54Il faut donc rétablir
27:54l'autorité de l'État.
27:55Ça me paraît absolument indispensable
27:57pour rétablir l'ordre
27:58et la démocratie.
28:00Et une fois qu'on a ça,
28:02on peut se poser la question
28:03et elle est difficile.
28:04Comment est-ce qu'on travaille
28:05pour le pouvoir d'achat ?
28:06Moi, j'ai un certain nombre
28:10Mais ça, j'entends.
28:11Mais ma question plus précisément...
28:12C'est une solution.
28:13C'est une solution crédible, d'ailleurs.
28:14La question plus précisément,
28:16c'est la tentation
28:16de venir déstabiliser cette élection
28:19et son déroulement.
28:20Mais je n'ai aucun doute.
28:22On en parlait avant
28:22en préparant cette interview
28:23du deuxième tour.
28:25Le deuxième tour, c'est le 2 mai.
28:26Oui, ça ne m'a pas échappé.
28:27Au lendemain du 1er mai
28:28de la Fête du Travail.
28:29Je n'ai aucun doute, madame,
28:29sur le fait qu'un certain nombre
28:30de personnes qui se présentent
28:32à cette élection
28:32n'ont pas comme souci principal
28:34de préserver la démocratie
28:35et la République
28:36telle qu'elle fonctionne.
28:37Et je le dis clairement.
28:39Et vous le dites clairement.
28:40Hier soir, à 20h,
28:42au moment, j'allais dire,
28:43du pic des émeutes.
28:44Mais non, parce que le pic des émeutes,
28:45il a été toute la nuit.
28:45Le Rassemblement national
28:46a posté une image,
28:48Édouard Philippe,
28:48qui est l'affiche de campagne
28:49de Marine Le Pen.
28:50L'une de ses affiches.
28:51La France apaisée.
28:53Est-ce que c'est, elle,
28:54aujourd'hui,
28:55la grande gagnante
28:55de ce qui s'est passé ?
28:59J'ai toujours pensé
29:00que plus la France insoumise
29:04se radicalisait,
29:05plus elle faisait monter
29:08un état de tension
29:08dans le pays
29:09ou au Parlement.
29:11Un désordre organisé,
29:13une remise en cause
29:14systématique
29:15des institutions
29:16et des usages,
29:17plus l'effet provoqué
29:18était une radicalisation
29:20et un départ
29:22vers la partie
29:23la plus à droite
29:24du spectre politique.
29:28Et il m'arrive de penser
29:31que cet effet est recherché.
29:35Et je dis aux Français,
29:37si vous pensez
29:37qu'à l'occasion
29:39d'un deuxième tour
29:40entre Mme Le Pen
29:41et M. Mélenchon,
29:42vous aurez à choisir
29:43entre l'un et l'autre,
29:44vous vous trompez.
29:45Vous aurez les deux.
29:47Vous aurez l'opposition,
29:48la polarisation
29:48la plus complète
29:51entre Mme Le Pen
29:52et une gauche
29:53qui considérera
29:53que la limite démocratique
29:55n'existe plus
29:56et que donc tout peut être fait
29:57pour remettre en cause.
29:59et je vais vous dire
30:01ce futur-là,
30:02je n'ai pas du tout
30:03envie de ça pour mon pays.
30:04Et c'est une des raisons
30:05pour lesquelles,
30:06politiquement,
30:08techniquement,
30:09j'essaie de proposer
30:10aux Français
30:11quelque chose
30:11qui permette
30:12d'échapper
30:12à cet étau
30:13que je crois mortifère.
30:14Le RN,
30:15c'est le parti de l'ordre
30:15ou pas ?
30:18C'est le parti,
30:20c'est un parti
30:20qui s'affirme
30:21attaché à l'ordre
30:24mais il s'affirme
30:25beaucoup de choses
30:25et quand on regarde
30:26dans le détail
30:26ce qu'il propose,
30:27on est parfois surpris.
30:29Quand vous regardez
30:30le détail des propositions
30:31du RN
30:32qui vous explique
30:33qu'il va remettre
30:34de l'ordre dans les comptes,
30:35vous y voyez en réalité
30:36des chiffres
30:37qui me paraissent grotesques,
30:38des propositions
30:39qui me paraissent dangereuses
30:39pour le pays
30:40et probablement un résultat
30:41qui sera directement contraire
30:43à ce sur quoi
30:43ils se sont engagés.
30:44Marine Le Pen,
30:45ce soir,
30:45s'en prend très directement
30:46à ce qu'elle appelle
30:47le pouvoir macroniste.
30:49Elle dit que c'est un pouvoir
30:50à bout de souffle,
30:51épuisé,
30:52désorienté
30:52et Jordan Bardella
30:54lui aussi exige
30:55la démission
30:56d'Emmanuel Macron.
30:57Est-ce que vous craignez
30:58finalement d'être
31:00vous aussi
31:02emporté
31:02par une certaine forme
31:04de vague de dégagisme
31:05qu'on entend aujourd'hui
31:06qui s'exprime
31:07chez les Français aujourd'hui ?
31:09Écoutez,
31:10moi je suis là
31:11pour dire ce que je crois
31:11et pour dire ce que je pense.
31:13Je suis là pour dire
31:14que le pays a besoin
31:15d'être commandé,
31:16qu'il a besoin
31:17d'avoir des orientations claires
31:18et une majorité absolue
31:19pour pouvoir mettre en œuvre
31:20des orientations claires.
31:22Depuis 2024
31:23et en vérité
31:24depuis 2022,
31:25il n'a plus de majorité.
31:26Depuis 2024,
31:28c'est effrayant
31:29ce qu'il n'a plus de majorité.
31:30Et donc,
31:31aucune décision importante
31:32ne peut être prise.
31:33C'est ce qui fait
31:33aujourd'hui
31:34que l'État
31:35est trop faible
31:36pour gérer cette situation ?
31:37C'est une des raisons.
31:38C'est une des raisons, bien sûr.
31:40Toute la presse internationale,
31:41Édouard Philippe,
31:42fait sa une sur ces violences.
31:44On les voit à l'écran,
31:46on va voir ses unes de presse
31:47qui sont parues évidemment
31:48dans la nuit.
31:48Est-ce que,
31:49de votre point de vue,
31:51l'image de la France
31:52est durablement abîmée
31:53par ce qui est en train
31:54de se produire ?
31:54J'aimerais qu'on m'explique
31:55comment elle pourrait être
31:55améliorée par ces images.
31:57Évidemment qu'elle est abîmée.
31:58Et qui provoque évidemment aussi
31:59des commentaires
32:00comme ça a pu être le cas
32:01au moment de la crise lycéenne
32:02un peu plus tôt
32:03du président américain.
32:05Donald Trump
32:06et ses excès.
32:08Ce que le président américain
32:09pense de nous
32:10m'importe assez peu.
32:11Vraiment ?
32:11Vous en avez mis
32:12serré la main
32:13dans quelques mois.
32:13Ce que le président américain
32:15pense de la France
32:15m'importe assez peu.
32:16Il est le président des États-Unis.
32:18Ce qu'il fait aux États-Unis
32:18est important.
32:19Les décisions qu'il est susceptible
32:20de prendre,
32:21qui nous affectent,
32:22sont importantes.
32:22Mais Marc a raison de dire.
32:23Vous pourrez lui serrer la main
32:25dans quelques mois.
32:25Ce qu'il pense de nous
32:26m'importe assez peu.
32:27Et d'ailleurs,
32:28ce que je pense
32:29de ce qui se passe aux États-Unis
32:31lui importe assez peu.
32:32Ce qui compte,
32:33c'est ce qui se passe
32:34en France.
32:35Ce qui compte,
32:36c'est l'effet que produisent
32:37ces images
32:38sur notre pays.
32:39Et de fait,
32:40l'effet est terrible.
32:42Alors on pourrait se rassurer,
32:43mais je n'irai pas
32:44sur ce chemin en disant
32:45qu'il y a eu des images
32:46terribles aussi en Italie
32:47ce week-end.
32:48Qu'il y a des images terribles
32:50en Argentine
32:51à cause de manifestations
32:52extrêmement violentes
32:53là aussi.
32:55Mais la vérité,
32:56c'est que pour notre image,
32:58pour le rayonnement
32:58de la France,
32:59pour son attractivité
33:01culturelle,
33:02politique,
33:03économique,
33:03touristique,
33:04ces images sont désastreuses
33:05et elles auront un coût.
33:07Au-delà des dégradations
33:08qui sont considérables,
33:10la situation économique
33:11et financière du pays
33:12va s'en trouver
33:12encore plus atteinte.
33:14Est-ce que vous pensez
33:14que les taux vont augmenter
33:15après ce week-end,
33:16après les images
33:17qu'on a vues ?
33:18Les taux d'emprunt
33:19de la France ?
33:19On dit souvent
33:21qu'un des éléments
33:22importants,
33:23s'agissant d'une évolution
33:24des taux,
33:25c'est la confiance.
33:27Je doute que les images
33:28que nous ayons vues hier,
33:30que nous avons vues hier
33:31et que nous avons vues aujourd'hui,
33:34ramènent de la confiance
33:35chez nos prêteurs.
33:37Je crains que le choc
33:38que nous sommes en train
33:39de subir ne renforce
33:41les difficultés,
33:42pas simplement les difficultés
33:43du gouvernement.
33:44Là aussi,
33:44il faut être très clair,
33:45lorsque les taux d'intérêt
33:46augmentent,
33:47c'est un problème
33:48pour le gouvernement,
33:49c'est un problème
33:50pour le budget de l'État.
33:51Mais c'est un problème
33:52pour vous,
33:52c'est un problème pour moi,
33:53c'est un problème pour tout le monde.
33:54Ça rend les investissements
33:55des mairies beaucoup plus chers,
33:56ça rend le prêt immobilier
33:57que vous voulez consentir
33:58beaucoup plus cher,
33:59ça rend tout infiniment plus cher.
34:00C'est un problème
34:01pour nous tous.
34:03Edouard Philippe,
34:04on apprend ce soir
34:04qu'une jeune fille,
34:05une jeune femme de 17 ans
34:06a perdu un oeil.
34:08Hier à Mulhouse,
34:09il y a une enquête
34:09qui a été ouverte
34:10par la police des polices.
34:11Hier, c'est un jeune homme
34:13qui a perdu une main,
34:15semble-t-il,
34:15en ramassant une grenade
34:16du côté de Saint-Étienne.
34:18C'est la deuxième fois
34:18que ça arrive,
34:19la même chose était arrivée
34:20du côté de Lens.
34:20Enquête ouverte,
34:21là encore.
34:22Qu'est-ce que vous répondez
34:24à ceux qui considèrent
34:25qu'il y a, parfois,
34:26des violences policières
34:27en France ?
34:29Ce que je dis,
34:30j'ai mis parfois.
34:32Ce que je dis,
34:33c'est que
34:35dans les événements
34:36d'une violence
34:38et d'une brutalité
34:41aussi intense
34:41que ceux
34:43que nous avons constatés hier,
34:48il est absolument indispensable
34:51que tout fait
34:53qui n'est pas conforme
34:54soit aux usages,
34:55soit au règlement,
34:56soit à la loi,
34:58puisse faire l'objet
34:59d'une enquête.
35:00vous avez dit vous-même
35:01que c'est fait.
35:03On fait l'objet
35:04d'une enquête.
35:05On va voir
35:05si celui qui a lancé
35:07la grenade
35:07l'a lancé à bon droit.
35:10Si elle l'a lancé
35:11conformément
35:12aux règles d'usage.
35:13Et si c'est le cas,
35:15il n'y a pas de problème.
35:18Sauf, évidemment,
35:19le coût absolument
35:20considérable humain
35:21pour celui
35:22qui se retrouve blessé
35:24du fait de cet accident.
35:27Mais je voudrais
35:28qu'on ait bien conscience
35:29que les événements d'hier
35:31ont conduit
35:32probablement
35:33plus d'un millier
35:34de blessures
35:35parfois très graves
35:36chez pas simplement
35:38les forces de l'ordre,
35:40les pompiers.
35:41Pendant les événements
35:42il y a quelques jours
35:43chez les lycéens,
35:44des professeurs
35:44ont été blessés.
35:47Personne n'a envie
35:48que les lycéens
35:50ou les manifestants
35:51ou les policiers
35:51soient blessés.
35:52Mais quand on choisit
35:55d'aller dans des manifestations
35:57et qu'elles tournent
35:58à ce niveau de violence,
36:03je crains qu'imaginer
36:04qu'il ne puisse y avoir
36:05aucun incident
36:07est une vue de l'esprit.
36:08Mais vous n'utilisez pas,
36:09vous,
36:10ce terme de violence policière ?
36:12Je n'utilise pas
36:13ce terme de violence policière
36:14parce qu'il est utilisé
36:15bien souvent
36:16par l'extrême gauche
36:17pour dire qu'elle est systémique.
36:18Avec ?
36:19Il peut y avoir
36:20des actes illégaux
36:22commis par des policiers.
36:23Lorsque c'est le cas,
36:24ils doivent être dénoncés,
36:26sanctionnés,
36:27ça ne me pose aucun problème.
36:28Être exigeant
36:28avec les forces de l'ordre,
36:30c'est dans la nature
36:31du pouvoir politique.
36:32Mais être exigeant
36:33avec les forces de l'ordre,
36:34ça ne veut pas dire
36:35leur contester
36:36le droit d'utiliser
36:38la force
36:38lorsqu'elle est légitime.
36:40Et je suis extrêmement
36:41sensible à ça.
36:41à contrario,
36:42je voudrais vous montrer
36:43une affiche
36:44que vous avez sans doute
36:45vue déjà
36:45dans les manifestations
36:46et peut-être même
36:46chez vous au Havre
36:48puisqu'on la voit partout
36:49ces derniers temps,
36:50à CAB.
36:52Traduction,
36:52tous les,
36:53pardon pour les orechasses,
36:54tous les policiers
36:55sont des bâtards.
36:55On la voit partout
36:56en ce moment
36:57dans beaucoup de cortèges.
36:58C'est devenu
36:59une sorte de cri
37:00de ralliement
37:00chez certains.
37:02Quand vous voyez ces mots
37:03aujourd'hui,
37:04qu'est-ce que vous dites ?
37:06Qu'est-ce que ça dit
37:07du climat
37:08entre une partie
37:08de la jeunesse
37:09et les forces de l'ordre ?
37:10Mais vous voyez bien
37:11que c'est inacceptable.
37:12Vous voyez bien
37:13qu'on ne fera rien
37:13de grand dans cette nation
37:14si les Français
37:15ne s'aiment pas.
37:16Vous voyez bien
37:17que si on dit
37:18le problème,
37:18c'est les jeunes
37:19et le problème,
37:20c'est la police
37:20et le problème,
37:21c'est toujours
37:21quelqu'un d'autre,
37:22qu'est-ce que vous voulez
37:23qu'on fasse en tant que nation ?
37:24Il y a une phrase de...
37:26Pardon,
37:27elle est peut-être
37:27un peu déplacée.
37:27Il y a une phrase très belle
37:28de Pompidou
37:30quand il parle
37:30d'une période
37:31encore plus sombre
37:32que celle que nous vivons
37:33aujourd'hui.
37:33quand il parle
37:33de l'occupation,
37:34il dit que c'est une période
37:35où les Français
37:35ne s'aimaient pas.
37:37C'est une litote.
37:38Et vous avez le sentiment
37:38qu'aujourd'hui,
37:39les Français ne s'aiment plus ?
37:40En tout cas,
37:40ce que je sais,
37:41c'est que quand on oppose
37:42les uns aux autres,
37:44on n'obtient jamais
37:44rien de bon.
37:45Lorsqu'on pense
37:46que les responsables,
37:46c'est toujours
37:47quelqu'un d'autre,
37:48on n'obtient jamais
37:49rien de bon.
37:49Je vous ai dit tout à l'heure
37:51que je considérais
37:51qu'il y avait des responsables politiques,
37:52qu'il y avait une responsabilité
37:54et qu'il fallait les rechercher.
37:55Mais je ne vous ai pas dit
37:56que l'ordre,
37:58ça se passait
37:59contre les lycéens.
38:00Les lycéens ont des préoccupations
38:01et je vais vous dire,
38:03on peut les comprendre,
38:04ils doivent les exprimer,
38:06ils y ont le droit,
38:07ils doivent le faire
38:08dans le calme,
38:09il faut pouvoir apporter
38:10des réponses.
38:10On ne fait rien de grand
38:12dans un pays
38:12si on organise
38:14une confrontation
38:15de chacun contre tous.
38:16Ça ne marche pas.
38:18En revanche,
38:19et je le dis
38:20avec autant de fermeté,
38:21on ne fait rien
38:22dans un pays
38:22si on laisse
38:22le désordre prospérer.
38:24Rien.
38:25La République,
38:26la démocratie,
38:26l'épanouissement de chacun,
38:27ça passe par un retour
38:28à l'ordre,
38:30à un ordre légal,
38:31à un ordre démocratique,
38:32à un ordre juste,
38:34mais à un ordre.
38:35Avec,
38:35si vous êtes,
38:36pardonnez-moi,
38:37juste un lycéen
38:38que vous verriez,
38:39par exemple,
38:40dans votre ville du Havre,
38:40avec ses affiches.
38:41J'en ai à la maison.
38:42Vous en avez à la maison
38:43de l'adolescent
38:44avec ses affiches.
38:44Non, pas avec ses affiches.
38:45Mais vous lui dites quoi ?
38:46Vous dites quoi
38:47à un adolescent,
38:48un lycéen ?
38:49Je leur dis que c'est absurde.
38:50Que c'est absurde.
38:53Le jour où ils sont agressés,
38:55le jour où leurs parents
38:57sont agressés,
38:58ils peuvent avoir besoin
38:59de la police.
38:59La police,
39:00c'est un service public
39:01absolument essentiel
39:02dans un État.
39:03Enfin, je veux dire,
39:05imaginer que la police
39:05est l'adversaire ou l'ennemi,
39:06c'est une dinguerie.
39:07Et pardon,
39:08parce que vous dites à CAB,
39:10alors,
39:11vous avez vu la façon
39:13dont les sapeurs-pompiers
39:13s'entraitaient ?
39:14Il y a quelqu'un
39:14qui pense ici
39:15qu'un sapeur-pompier,
39:16c'est un adversaire
39:17ou un ennemi ?
39:18Mais je veux dire,
39:18on devrait leur dire merci
39:19tous les jours
39:19aux sapeurs-pompiers ?
39:20Mais qu'est-ce qui nourrit ça,
39:22justement ?
39:22Pardonnez-moi encore une fois,
39:23moi,
39:23on est saisis par ces images.
39:26Je pense qu'il y a
39:27un certain nombre de gens
39:27qui ont un intérêt
39:28à nourrir ce ressentiment,
39:30qui ont un intérêt
39:31à nourrir cette colère,
39:32qui ont un intérêt
39:33à faire en sorte
39:33que le ciment social
39:35s'effrite.
39:35Je le crains.
39:36Je vais me dire assez.
39:37Un mot sur le mouvement
39:38des lycéens,
39:39vous avez commencé à en parler.
39:40Au début de ce mouvement,
39:41vous avez eu une formule
39:43que certains ont considérée
39:44comme un peu condescendante
39:45vis-à-vis des lycéens,
39:47leur reprochant de manifester
39:48à cause des menus
39:49à la cantine
39:50ou de leur emploi du temps.
39:51Est-ce qu'avec le recul,
39:52vous vous dites peut-être
39:53que vous êtes peut-être
39:55passé un peu à côté
39:56du début de ce mouvement ?
39:58Franchement,
39:59les menus à la cantine,
40:00c'est important
40:01de bien manger.
40:02Enfin,
40:04dans les cantines publiques françaises,
40:05on mange bien.
40:07Alors,
40:07parfois,
40:07on n'aime pas ce qu'on mange,
40:08parfois,
40:08on pourrait manger plus,
40:09parfois,
40:09on pourrait manger...
40:10Enfin,
40:11est-ce qu'on peut se dire
40:12qu'une question
40:13ou la question
40:14de ce qu'on mange
40:15dans les cantines
40:16ne justifie pas
40:16le blocage d'un établissement ?
40:18En tout cas,
40:18le blocage
40:18de tous les établissements.
40:20Est-ce qu'on peut se dire
40:21que la question
40:21des emplois du temps,
40:23où en effet,
40:23vous avez des lycéens
40:24qui nous disent
40:24qu'on travaille
40:24de 8h à 18h
40:25avec des grands trous
40:26au milieu.
40:26Mais peut-être que...
40:27Ça n'est pas très optimal.
40:28Eh bien,
40:29dans ce cas-là,
40:29réglons le problème.
40:30Moi,
40:30j'ai fait un certain nombre
40:31de propositions...
40:31Peut-être que la violence
40:31qu'on a observée
40:32va au-delà
40:33de ces revendications-là.
40:34Moi,
40:35j'ai fait un certain nombre
40:35de propositions
40:37sur ces questions.
40:38Je considère que
40:39si on veut avoir
40:39des emplois du temps
40:40moins chargés,
40:41il faut avoir
40:42plus de semaines travaillées.
40:43Ah,
40:44moins de vacances,
40:44donc.
40:45Je comprends bien.
40:46Si vous voulez avoir
40:46des emplois du temps
40:47qui soient mieux construits
40:48avec des périodes
40:49d'apprentissage
40:49qui permettent
40:50plus d'apaisement,
40:51plus de transmission
40:52du savoir,
40:53peut-être qu'il faut
40:53accepter l'idée
40:54d'avoir un petit peu
40:55plus de semaines de cours
40:56avec un petit peu
40:56moins d'heures de cours
40:57chaque jour.
40:57Vous rabotez
40:58quelles vacances ?
40:58Les grandes,
40:59l'été ou les petites ?
41:00Et voilà comme ça...
41:02Ah,
41:02il n'y en a que deux.
41:02Il n'y a que deux sortes.
41:03Il y a les grandes
41:03ou les petites.
41:05Discutons-en.
41:06C'est une proposition
41:07du candidat
41:07et sur les questions
41:10plus essentielles
41:12parce qu'elles existent
41:13et parce que je pense
41:14qu'au fond,
41:15ce sont elles
41:16les questions sous-jacentes
41:18qui expliquent
41:19beaucoup plus
41:19que ces questions
41:20d'organisation.
41:22Le malaise,
41:23l'inquiétude
41:23de la jeunesse,
41:24la transformation climatique,
41:26l'intelligence artificielle,
41:28la guerre.
41:29Je suis frappé
41:31chez les amis
41:32de mes enfants.
41:3423,
41:3421,
41:3516 ans.
41:36Que la question
41:36de la guerre,
41:38la question
41:39de la possibilité
41:40d'un affrontement
41:41est une question...
41:42Je vous assure
41:43que personne
41:43ne se la posait
41:44dans ma génération.
41:45Eh bien,
41:45il se la pose
41:45dans cette génération.
41:46C'est une forme
41:47d'angoisse existentielle.
41:48Que l'incapacité
41:49qu'ils ont
41:49à être maîtres
41:50de leur destin
41:51compte tenu
41:51du pays,
41:53de l'Europe
41:54et du monde
41:55tel qu'il fonctionne,
41:56ces questions-là,
41:57si on ne les entend pas,
41:58alors là,
41:59on a un problème
42:00parce qu'elles sont légitimes.
42:01Cette inquiétude-là,
42:02si on ne l'entend pas,
42:04elle est parfaitement légitime.
42:06Et elle est d'ailleurs
42:07difficile à résoudre.
42:08Elle est d'ailleurs
42:09très difficile à résoudre.
42:10Mais ça devrait être
42:12le fondement
42:13de l'action politique.
42:13Le fondement
42:14de l'action politique,
42:15ça devrait être
42:15comment est-ce qu'on prépare
42:16la France de demain ?
42:18Comment est-ce qu'on fait
42:18en sorte que nos enfants
42:20puissent trouver
42:20dans la France de demain
42:21des raisons d'espérer,
42:23des raisons de s'épanouir,
42:24des raisons de créer,
42:25de créer personnellement,
42:26de créer culturellement,
42:27de créer économiquement ?
42:28C'est sale.
42:30Quand il formule ça,
42:31j'entends.
42:31J'entends et je respecte.
42:32Et ça m'inquiète.
42:35Mais franchement,
42:36interdire l'accès
42:37à des établissements,
42:38y compris parfois
42:38par la menace,
42:39y compris parfois
42:40par la violence,
42:41pour des questions
42:41de cantine,
42:43sérieusement.
42:44Hier, il y a eu
42:44entre 550 000
42:46et 800 000 personnes
42:46qui ont manifesté
42:47pacifiquement
42:49contre la vie chère,
42:50pour le pouvoir d'achat.
42:51Est-ce que la réponse
42:51aujourd'hui peut être
42:52uniquement de dire
42:53à ces gens
42:54qui ont du mal
42:55à boucler leur fin de mois
42:55« Désolé,
42:57les caisses sont vides,
42:58on ne pourra pas,
42:59on n'y aura pas de geste
43:00pour le pouvoir d'achat »
43:01ou est-ce que vous pouvez
43:01nous annoncer ce soir
43:02une mesure
43:03de votre programme,
43:04Edouard Philippe,
43:05qui permettra
43:05de redonner
43:07du pouvoir d'achat
43:07à beaucoup de Français ?
43:09Le pouvoir d'achat
43:10des Français
43:10ne viendra pas
43:12par une distribution
43:13d'argent magique.
43:14Qui n'existe pas, donc ?
43:15Il n'y en a plus.
43:16Le déficit de la France...
43:17On a cramé la caisse.
43:18Le déficit de la France,
43:20la dette publique,
43:22la tension sur les marchés
43:23sont telles
43:23que, je vous le dis,
43:25la distribution d'argent
43:26qui viendrait d'ailleurs,
43:27ça n'existe pas.
43:28Donc, qu'est-ce qui reste
43:29comme moyen ?
43:29Probablement faire en sorte
43:30qu'un certain nombre
43:31de choses qui nous coûtent
43:32cher, nous coûtent moins cher.
43:33Le fonctionnement de l'État,
43:35le fonctionnement
43:36de la protection sociale,
43:38probablement.
43:39Et la meilleure façon,
43:41collectivement,
43:42d'être plus prospère,
43:44de gagner du pouvoir
43:45d'achat individuellement,
43:46pour moi,
43:47compte tenu de la situation
43:48dans laquelle on est,
43:49c'est de travailler plus.
43:51Pas de travailler plus
43:52en se ruinant la vie,
43:53de travailler un peu plus
43:54pendant l'année
43:55et un peu plus longtemps.
43:56J'ai fait un certain nombre
43:57de propositions
43:58qui permettent
43:58pour les entreprises
43:59qui, collectivement,
44:00au sein de l'entreprise,
44:01décideraient de travailler
44:02un peu plus longtemps
44:03que le système actuel,
44:05d'avoir un système
44:05qui permettrait
44:06de défiscaliser,
44:07de désocialiser complètement
44:08la rémunération
44:09des salariés.
44:10Qu'est-ce que ça permet ?
44:12Ça permet d'avoir
44:12un gain de pouvoir d'achat
44:13tout à fait considérable.
44:14Vous faites ça
44:15deux heures par semaine
44:17et au bout de douze mois,
44:19vous avez entre
44:211000 et 1200 euros
44:23de plus.
44:24Brut ou net ?
44:25Net.
44:26Bien sûr,
44:27puisque c'est défiscalisé
44:28et désocialisé.
44:29Vous avez raison.
44:30Ça n'a pas suivi
44:31la première partie.
44:32Ce n'est pas grave.
44:33Deux heures en plus
44:33chaque semaine,
44:341000 euros ou 1200 euros.
44:36Vous voyez bien
44:36qu'au salaire moyen
44:37ou au salaire médian,
44:38plus exactement,
44:39ça commence
44:40à devenir intéressant.
44:41Et pourquoi je dis ça ?
44:42Parce que vous savez,
44:45tout le monde sait
44:45que quand la situation
44:47est difficile,
44:47quand on est endetté
44:49et qu'on ne va pas
44:50se séparer de ses dettes
44:51parce que les histoires
44:51de M. Mélenchon,
44:53qui brûlent la dette
44:54en faisant comme si
44:55elle n'existait pas,
44:57ça, ça vous précipite
44:58vers la faillite.
44:59Il va falloir s'en sortir
45:00en travaillant un peu plus.
45:01Et pour ceux
45:02qui ne travaillent pas.
45:03Et on n'est pas obligé.
45:04Attendez, je voudrais terminer.
45:05On n'est pas obligé
45:05de considérer que tout le monde
45:06est égal par rapport au travail.
45:08Il y a des métiers
45:09qui sont plus durs
45:10que d'autres.
45:10Les cadres qui ont plus
45:12de liberté dans leur organisation,
45:13il me semble qu'ils peuvent
45:14faire parfois un peu plus
45:15d'efforts en matière de travail.
45:17Ça, ça me paraît normal,
45:18ça me paraît légitime
45:19de le dire.
45:20Mais moi, je vous propose
45:21un chemin qui nous permet
45:23de redevenir prospères,
45:24pas en faisant des propositions
45:25magiques, pas en faisant
45:26comme Mme Le Pen
45:27en disant, vous allez voir,
45:28on va remettre la retraite
45:29à 62 ans ou à 60 ans,
45:30je ne sais plus,
45:31je ne sais jamais avec elle.
45:32Et ça coûtera 30 milliards
45:34par an en année pleine,
45:36alors que nous sommes déjà
45:37dans un système
45:38totalement déséquilibré.
45:39Moi, ce que je propose
45:41aux Français,
45:42c'est de les regarder
45:42dans les yeux
45:43et de leur dire,
45:44si nous voulons collectivement
45:45nous en sortir,
45:46il va falloir que nous changions
45:47ce qui ne marche pas
45:48et que nous travaillions
45:49un peu plus.
45:50Ce n'est pas le truc
45:51le plus agréable à entendre
45:53parce que tout le monde
45:53aimerait une solution magique
45:55qui ne changerait rien pour soi,
45:56mais c'est comme ça
45:57qu'on va faire.
45:57Vous parlez des solutions magiques
45:58de Marine Le Pen,
45:59mais si on regarde les sondages,
46:01et je pense que vous les regardez
46:02aussi attentivement que nous,
46:03aujourd'hui,
46:05elle est donnée gagnante
46:05dans tous les cas de figure.
46:07Et alors, c'est votre réponse
46:08pour vous, honnêtement.
46:10Qu'est-ce qui peut la faire perdre
46:11au vu de la situation,
46:13encore une fois ?
46:14Alors, le sens de votre question,
46:15madame, c'est de dire
46:15qu'elle est gagnante
46:16dans les sondages.
46:16Donc, on arrête tout ?
46:17On attend ?
46:18Ce n'est pas ce que je vous demande.
46:19Vous n'avez pas entendu
46:20la deuxième partie de ma question.
46:21Qu'est-ce qui, pour vous,
46:22aujourd'hui, Edouard Philippe,
46:23peut la faire battre
46:24et vous faire donc
46:25de fait gagner ?
46:27Mais la campagne.
46:27La campagne.
46:28La campagne.
46:29Qui n'en est qu'à ses débuts.
46:30Bien sûr.
46:31Le premier tour
46:31de l'élection présidentielle,
46:32c'est très exactement
46:33dans six mois.
46:34Exactement, aujourd'hui.
46:35Et donc, pendant six mois,
46:36on va échanger les arguments.
46:37On va regarder les propositions.
46:39On va voir,
46:40on va quantifier,
46:41on va parler aux Français,
46:42on va capter leur attention.
46:44On va leur proposer des solutions.
46:46Et à la fin,
46:47ils vont choisir.
46:47Si vous me dites
46:48qu'aujourd'hui,
46:49elle a déjà gagné
46:50et que ça suffit,
46:51on s'arrête,
46:52on fait l'élection demain matin,
46:54ça veut dire que vous ne croyez pas
46:55à l'intérêt d'une campagne électorale,
46:57à l'intérêt du débat public.
46:58Je suis sûr que vous y croyez.
47:00Et comme moi aussi,
47:00je me permets de vous dire
47:01que cette campagne,
47:02elle doit permettre aux Français
47:03de choisir en connaissance de cause.
47:06Elle est devant dans les sondages ?
47:07Très bien.
47:08C'est un fait.
47:09Enfin, quand je dis très bien,
47:09c'est une façon de parler.
47:10Mais c'est un fait.
47:12Est-ce que ça veut dire
47:13qu'elle a déjà gagné ?
47:14Je ne crois pas.
47:15Même avec ces images.
47:17Vous savez,
47:18ça m'est arrivé dans des sondages
47:19d'être derrière.
47:21Et de gagner derrière.
47:22À la dernière élection municipale,
47:23à l'OAV,
47:23ça m'est arrivé.
47:24Vous voyez,
47:25j'ai été réveillé.
47:26Il vous reste donc six mois
47:27pour rassembler ?
47:28Mais pas seulement un mois.
47:29Il reste pendant six mois
47:30à tous ceux qui veulent dire
47:31des choses aux Français
47:32à faire campagne.
47:33C'est parfaitement légitime.
47:34On voit un candidat
47:35qui émerge cette semaine
47:37après sa victoire à la primaire.
47:38C'est Raphaël Glucksmann.
47:39Il est à un point derrière vous
47:41dans le sondage Elab-BFM
47:43qui est sorti ce matin.
47:45Qu'est-ce que vous lui dites ?
47:47Est-ce que vous pourriez
47:47travailler avec Raphaël Glucksmann ?
47:50Je lui dis bon courage.
47:52Parce que la démocratie,
47:53c'est un bon débat public.
47:54Il est parfaitement légitime
47:55à dire ce qu'il croit,
47:56ce qu'il veut,
47:57avec qui il veut gouverner,
47:59avec quel thème
48:00il entend placer
48:02ses accents toniques
48:03et ses priorités.
48:04Parfaitement légitime.
48:05J'ai beaucoup de respect
48:07pour lui d'ailleurs,
48:07comme pour tous les autres candidats.
48:08Je peux avoir des désaccords vifs
48:10et même des accords
48:11qui parfois confinent à la colère.
48:14C'est le cas avec M. Mélenchon.
48:16Et le désaccord vif
48:17est total sur plein de sujets.
48:19C'est le cas avec Mme Le Pen.
48:21Mais avec M. Glucksmann,
48:23je suis dans une situation
48:24de respecter quelqu'un
48:25qui va faire des propositions.
48:26Je ne les trouve pas
48:27totalement convaincantes,
48:28pour tout vous dire.
48:28Et je n'exclus pas
48:29qu'ils ne trouvent pas
48:30les miennes totalement convaincantes.
48:32C'est les Français
48:32qui choisiront.
48:33Édouard Philippe,
48:33dans un peu plus d'une heure
48:35maintenant,
48:35on en parlait,
48:36le chef de l'État
48:36va s'exprimer.
48:38Ces images,
48:39toujours en direct,
48:40qui nous parviennent
48:40de la capitale,
48:42de désolation.
48:43Peut-être une question
48:44sur la suite de son programme.
48:46Il doit s'envoler
48:47normalement dans la soirée
48:48au Moyen-Orient
48:48pour une tournée
48:49qu'il amènera
48:50du Bahreïn au Qatar.
48:51Est-ce que ce déplacement
48:52au vide,
48:52la situation intérieure
48:54est raisonnable ?
48:56C'est lui qui appartiendra
48:57juger la situation,
48:58ses causes
48:59et les conséquences
49:00qu'il faut en tirer.
49:01Je n'ai aucun commentaire
49:04à faire là-dessus.
49:05Il choisit son emploi du temps.
49:07Il est le président
49:07de la République.
49:09Je considère que...
49:10J'espère qu'il va dire
49:11des choses fortes
49:11aux Français.
49:13Le commentaire
49:14de l'actualité ce soir
49:15par le président
49:16de la République,
49:17s'il se borne à du commentaire,
49:19me paraît dangereux.
49:20Dangereux ?
49:20Ah oui, dangereux.
49:21Il faut des annonces.
49:22Il faut des décisions.
49:23Pas des annonces,
49:24il faut des décisions.
49:25Ce pays,
49:25il a besoin...
49:26Pardon,
49:27il n'a pas besoin
49:27d'être commandé
49:28avec autorité.
49:29Il a besoin
49:29d'être commandé.
49:31Vous voyez ?
49:32Un pays,
49:34un groupe humain,
49:35une entreprise,
49:36une association,
49:38une ville,
49:38un pays,
49:39une nation,
49:40il a besoin
49:40d'être commandé.
49:41C'est-à-dire
49:42de fixer une direction claire
49:43et de dire
49:44comment est-ce qu'on y arrive.
49:45Il se trouve que
49:46dans notre pays,
49:47depuis que les institutions
49:48de la Ve République
49:49ont confié au président
49:50le rôle éminent
49:52de clé de voûte
49:52des institutions,
49:53c'est au président
49:54qu'il appartient de le faire.
49:55Si ce soir,
49:55il s'exprime,
49:56j'espère qu'il sera président.
49:57Merci beaucoup.
49:58Merci Edouard Philippe
49:59d'avoir été ce soir
50:00l'invité du Grand Oral
50:00BFM TV et le Figaro.
50:01Merci au public
50:02qui était avec nous
50:03ce soir encore.
50:04Vous pouvez participer,
50:05sachez-le,
50:06à cette émission,
50:07les avrais,
50:08les autres,
50:09en vous inscrivant
50:10sur weeklap.fr.
50:12Merci beaucoup.
50:13Merci Edouard Philippe.
50:14Merci Jim.